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La Cave du Théâtre

La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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7 mai 2026

Horaires d'ouverture

 

La Cave du Théâtre

 

Cyril Sartre & Tomy Dupieux

 

7 rue Nestor Perret, 63000 Clermont-Ferrand

 

04 73 39 09 65

 

la-cave-du-theatre@orange.fr

 

Cave du Restaurant La Régalade

Meilleure carte des vins de France Terre de Vins 2022 et 2026

Meilleure carte des vins de France Star Wine List 2024 et 2025

Finaliste Meilleure carte du Monde Star Wine List 2024 et 2025

 

 

Horaires d'ouverture 

mardi : 14h30-19h

mercredi : 10h-12h et 14h30-19h

jeudi : 10h-12h et 14h30-19h

vendredi 10h-12h et 14h30-19h

samedi : 10h-19h

Fermeture les 1, 8 et 14 mai

 

 

Vins & Spiritueux

 

Verrerie & Accessoires

 

Soirées Dégustation (sur programme ou privatisation)

 

Livraison possible dans toute la France avec UPS 

 ...

 

5 mai 2026

Nouveautés mars-avril 2026

 

 

Auvergne : Bérioles, Ribeyrou/Coteau Libre, Clos de Breuilly, Terres Bariolées, Grosbot-Barbara et Montgeorge, Migeon, Elémentaires, Lapilli, Chemins de l'arkose, Montel, Henri Chauvet...

 

Loire : Dagueneau, Ecotard, La Madone, Sérol, Vacheron, Hauts Baigneux.

 

Alsace : Boxler, Deiss...

 

Rhône : Saladin, Rostaing, Charvin, H. Bonneau, Jasmin, David Reynaud, Féraud, Ouréa, Jamet, Graillot, Grenier, Combier...

 

Bourgogne : Duroché, Barthod, Y. Clerget, Cottenceau, Trapet, Méo-Camuzet, J. Carillon, Alex Moreau, Arlaud, Bouzereau, Croix, Claude Dugat, Rollin, Bachelet-Monnot, Pierrick Bouley, Dureuil-Janthial, JM Boillot, Chagnoleau, Dubuet, A. Jobard, Pattes Loup...

 

Beaujolais : Burgaud, Lapierre, Valma.

 

Champagne : Egly-Ouriet, Lassaigne, Tarlant.

 

Jura : Fumey-Chatelain, Tissot...

 

Savoie : Ardoisières, Giachino, Fils Ch. Trosset, Grange d'Ernest...

 

Provence : Hauvette, Tempier...

 

Corse : Clos Venturi.

 

Sud-Ouest : Camin Larredya, Cosse Maissonneuve, Da Ros, Féréol...

 

Languedoc-Roussillon : Réserve d'O, Clos Marie, Cassagne et Vitailles, Castigno, Clos Constantin...

 

Vins étrangers : Riccitelli, G. Negri, Stella di Campalto, Birichino, Chacra, Racines, Littorai, Maçanita, Wasenhaus, Unterlind, C et D. Beck, Storm, Lourens, Nanclares, Marcarini, Burlotto, Philine Isabelle, Frontonio, Minimalist, Phelan Farm, Sandhi, Domaine de la Côte, Divella...

 

"Bières" : Brasserie Mosaïque.

 

Spiritueux : Cognac Tercinier, Vereine du Forez, Lavantureux Framboise et Cassis, Roulot Abricot...

 

 

 

 

2 mai 2026

Programme Soirées Dégustation et Sommaire des Comptes rendus

 

 

 

 

Sommaire des comptes rendus de soirée

 

 

 

2026

Soirées Madère (20/03 et 24/04)

Soirée avec Lapilli et Elémentaires (27/03)

Soirée avec Bastien Migeon (13/03)

Soirées Argentine (27/02 et 06/03)

Soirées Saint-Aubin, Beaune et Savigny (16, 23 et 30/01)

 

 

2025

Soirées Mansengs/pas Mansengs et Grenache/pas Grenache (21/11, 28/11 et 05/12)

Soirées Vins du Chili (10/10, 07/11 et 14/11)

Soirées Coups de cœur (26/09 et 03/10) 

Soirées Nuits-St-Georges (12 et 19/09)

Soirée caisse INEDIT de Benoît Montel (27/06)

Soirées chenin/pas chenin et gamay/pas gamay ? (16/05, 23/05 et 13/06)

Soirées Allemagne, le retour (04 et 11/04)

Soirées Coups de cœur de l'année (21 et 28/03)

Soirées A la recherche de l'umami (14/02 et 14/03)

Soirées Vosne-Romanée (24/01 et 07/02)

Soirée Barolo, le retour (17/01)

 

 

2024

Soirées Afrique du Sud (22/11, 29/11, 06/12)

Soirées Grands vins inconnus (08 et 15/11)

Soirées Les Grands vins des petits (04 et 11/10)

Soirées Les Petits vins des grands (20 et 27/09)

Soirée Elémentaires avec Landry (28/06)

Soirées chardo/pas chardo ? syrah/pas syrah ? (31/05, 07/06 et 14/06)

Soirées Auvergne (03 et 24/05)

Soirée Coups de Cœur (06/04)

Soirées Espagne (15 et 22/03)

Soirées Prestige (09/02 et 08/03)

Soirées Saints (19 et 26/01)

 

 

2023

Soirées Vignerons de Champagne, le retour (24/11 et 01/12)

Soirée Thème mystère (17/11)

Soirée Portugal (13/10)

Soirées Monts (29/09 et 06/10)

Soirées Chablis (15 et 22/09)

Soirées pinot/pas pinot ? (09 et 16/06)

Soirées Terroirs d'Alsace (12/05 et 02/06)

Soirée Coups de cœur (31/03)

Soirées Gevrey-Chambertin, le retour (17 et 24/03)

Soirée Grèce (24/02)

Soirées "Clos" (20 et 27/01)

 

 

2022

Soirées Chambolle-Musigny, le retour (25/11 et 02/12)

Soirée Suisse (18/11)

Soirées Stars vs Futures Stars (7 et 14/10)

Soirées Chenins de Loire (23 et 30/09)

Soirées Coups de Cœur (10, 17 et 24/06)

Soirée Rhum Prestige (08/04)

Soirée Barbaresco (01/04)

Soirées Chassagne et Puligny-Montrachet (11, 18 et 25/03)

Soirée Vignerons de Champagne (04/03)

 

 

2021

Soirées Meursault (26/11 et 03/12)

Soirée Coups de cœur de l'année (19/11)

Soirée Whisky d'Anthologie (05/11)

Soirée Toscane - Montalcino (15/10)

Soirées Anthologie (01 et 08/10)

Soirée Corse (24/09)

Soirée Côte-Rôtie (17/09)

Soirée Nouvelle-Zélande (17/06)

 

 

2020

Soirée Australie (09/10)

Soirée Gevrey-Chambertin (25/09)

Soirée Jura (11/09)

Soirée Nouvelle Génération de Californie (19/06)

Soirée Chambolle-Musigny (05/06)

Soirée Whisky d'Anthologie (21/02)

Soirée Méditerranée (07/02)

Soirées Verticale Grange des Pères (23 et 24/01)

 

 

2019

Soirée d'Anthologie n°2 (29/11)

Soirée Rhône Sud (15/11)

Soirée Allemagne (18/10)

Soirée Vin de Pays/Vin de France (27/09)

Soirée Côte de Nuits (24/05)

Soirée Sud-Ouest (29/03)

Soirée Crozes-Hermitage et Saint-Joseph (08/03)

Soirée Biodynamie (01/02)

Soirée Wachau (25/01)

 

 

2018

Soirée d'Anthologie (30/11)

Soirée Côte de Beaune (16/11)

Soirée Vins du Larzac (19/10)

Soirée 2015 (28/09)

Soirées Prestige (08 et 15/06)

Soirée Vigneronnes (18/05)

Soirée Initiation (06/04)

Soirée Whisky (23/03)

Soirée Barolo (16/03)

Soirée Loire (09/03)

Soirée Rhum (09/02)

Soirée Pinot noir (26/01)

 

 

2017

Soirée Champagne (15/12)

Soirée Bourgogne (10/11)

Soirée Rhône (20/10)

Soirée Languedoc (22/09)

 

24 avril 2026

Soirées Madère (20/03 et 24/04)

 

Madère est un petit archipel d'îles (dont l'île principale se nomme aussi Madère), appartenant au Portugal et situé dans l'Océan Atlantique.

 

 

 

C'est un archipel au climat subtropical humide (soumise à l'anticyclone des Açores et au Gulf Stream), où il ne fait jamais très froid, mais jamais très chaud non plus, avec beaucoup de vent et énormément de pluie sur la partie Nord de l'Ile principale. Il s'agit aussi d'un volcan, culminant à 1862m d'altitude.

 

 

Les vignes ne sont plantées que sur les bords de l'île. Les cépages secs comme le sercial sont généralement plantés sur les secteurs les plus froids et vendangés en dernier, contrairement à la malvoisie plantée sur les secteurs plus chauds. 

Il y a à l'heure actuelle 7-8 producteurs, qui achètent les raisins à environ 2000 viticulteurs (seul H&H possède une quinzaine d'hectares), pour un total de 500 hectares environ. Chaque producteur récupère donc des raisins d'un peu partout sur l'île.

 

Les sols sont donc volcaniques, on distingue : le saibro (un tuf rouge décomposé), le cascalho (un sol caillouteux), la pedra mole (un tuf jaune sableux) et les massapes (littéralement « coup de pied », une argile issue de la décomposition d'un tuf sombre).

 

 

Les vignes sont historiquement plantées en pergola, ce qui permet une double culture (de la patate douce par exemple), mais depuis quelques années on peut aussi trouver des vignes en VSP (= palissage) comme sur la photo du bas.

 

 

 

Les cépages 

On peut aussi trouver du Bastardo (=trousseau) et il y a longtemps du Moscatel (= muscat). Le Tinta Negra est de loin le cépage le plus planté, il sert pour toutes les entrées de gamme. Le boal et le sercial sont les plus rares et donneraient les vins les plus complexes, sans parler du Terrantez quasiment disparu car très sensible aux maladies ou au botrytis.

 

 

Histoire 

Lors des voyages en bateau (environ 16e siècle), les vins étaient fortifiés à 20% d'alcool pour la conservation. Mais on s'est aussi rendu compte que plus ils passaient de temps proche de l'Equateur, sur la route pour le Brésil ou les Indes, à des températures avoisinant les 50°, meilleurs ils étaient. D'où la méthode moderne unique au monde qui consiste à faire chauffer les vins.

 

 

Fabrication

En fonction du taux de sucre que l'on veut obtenir, les vins sont mutés à l'alcool de vin à 96°, ce qui va stopper la fermentation (au 1er-2e jour environ pour les plus sucrés, après une semaine pour les plus secs) et permettre d'obtenir des vins à environ 20% d'alcool. 

Les vins sont ensuite chauffés soit par la méthode de l'estufagem (quelques semaines dans des cuves), soit par la méthode plus noble mais plus longue du canteiro (quelques années en fût dans un endroit chaud, le plus souvent sous les toits).

L'élevage se poursuit ensuite en fût de chêne (les "pipas") qui font le plus souvent autour de 500L, sans ouillage. D'Oliveiras est l'un des rares producteurs de l'île à n'utiliser que du chêne américain. On dit généralement qu'après mutage/chauffe/élevage oxydatif les vins ne vieillissent plus une fois embouteillés et ne bougent pas après ouverture de la bouteille.

 

Les vins sont généralement bus dans des verres à vin blanc, à des températures qui sont plutôt celles des vins rouges (16-19°).

 

Depuis quelques années, il existe aussi des vins blancs et des vins rouges non fortifiés, produits soit sur l'île principale soit sur celle de Porto Santo. Les vins n'ont pas la DOP Madère, mais la DOP Madeirense. Le climat permet enfin de produire de tels vins, même s'ils restent très légers en alcool, mais c'est aussi clairement un effet de mode.

 

 

 

Soirée 1

 

1 Barbeito, Vinhas do Farrobo Bastardo 2022 : (100% trousseau) rouge très léger (10%), très clair en couleur, proche d’un rosé, fait sur le Nord de l’île principale, très framboise, groseille et floral. Bouche légère, acidulée, quand même texturée, assez courte mais très digeste, presque désaltérante.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (Porto Santo est une île légèrement plus chaude et humide, aux sols sédimentaires. Les vignes sont très proches du sol, dans le sable, pour éviter le vent) blanc vif et citronné, légèrement plus haut en alcool que le précédent (12%), avec un élevage sur lies léger, peu de corps, mais une finale salivante avec une sensation saline.

 

3 Barbeito, Madère Rainwater Reserva 5ans (demi-sec) : Entrée de gamme à l’univers des Madère, dans un style facile (Rainwater viendrait de l’eau qui pouvait imbiber les fûts lorsqu’ils étaient à l’air libre), en rondeur, avec peu d’acidité, pas mal de sucre pour un demi-sec, sur des notes de toffee, la finale est un peu courte, l’alcool se ressent un peu. Pas mauvais, mais très loin du niveau des suivants.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) :  couleur ambrée, nez très différent du précédent, beaucoup plus chocolat noir, café, noix, cannelle, date… Bouche très punchy, pas très riche en sucre, avec une très belle acidité, peut-être pas le plus complexe de la soirée mais l’équilibre est parfait, avec une sensation de fraîcheur et de vin digeste malgré les 20%, l’ampleur et la longueur des grands Madère.

 

5 D’Oliveiras, Madère Sercial 1969 emb. 2018 (sec) : couleur acajou, nez plus marqué par le temps en fût, encore plus « noir », proche d’un vieux whisky du Speyside en fût de sherry, peu de fruit, mais très riche en café, encaustique, polish, cire, tabac, boîte à cigare, girofle. La bouche est légèrement plus sèche que le verdelho 2007, mais de peu, un peu plus en rondeur avec un peu moins d’acidité, plus complexe, mais un peu moins aérien, il demande plus de temps, longueur exceptionnelle là aussi.

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 2006 emb. 2024 (demi-doux) : un boal qui semble encore un peu fermé, compact, puissant et riche, probablement encore un peu jeune pour un boal, en tout cas dans cette séquence-là.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : couleur acajou, très beau nez sur le café, la noisette, la noix, un côté menthol/eucalyptus. Comme le Verdelho 2007 c’est surtout l’équilibre qui est parfait sur cette version. La bouche est assez riche en sucre, mais avec une acidité très élevée, beaucoup de fraîcheur, et presque un côté aérien sur ce Madère, sans perdre en intensité et en longueur. Une nouvelle grande bouteille. Signe que les Verdelho et les Malvoisie nécessitent moins de temps que les Boal ou les sercial réputés plus nobles.

 

8 D’Oliveiras, Madère Tinta Negra 1998 emb. 2021 (doux) : robe acajou, quelques reflets rouges, nez de chocolat noir, café, un côté fruits rouges également. Bouche sucrée, avec un peu moins d’acidité que la malvoisie, un peu plus vineuse et en rondeur avec un peu moins d’allonge.

 

 

 

Soirée 2

 

1 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Tinta Negra dos Villoes 2024 : (100% tinta negra sur l’île de Madère. 10%) rouge très léger, fruité et floral, acidulé, simple et facile à boire.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (pressé grappes entières, 10mois d’élevage en cuves inox. Sols sables et calcaires ici) Blanc plus sérieux que le rouge précédent, tendu, avec une autolyse plus marquée que sur la bouteille de la soirée précédente, un peu pus énergique et salin.

 

3 D’Oliveiras, Madère Sercial 1990 emb. 2022 (sec) : très belle bouteille dans un style austère, qui a semblé plus sec et punchy que le 1969 de la précédente soirée.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : derrière le Sercial 1990, le vin a d'abord semblé un peu alcooleux. Mieux sur la fin de la dégustation. Mais un peu moins de plaisir pris que sur la bouteille de la semaine précédente.

 

5  Henriques & Henriques, Madère Verdelho 1934 emb. 1960’s ? (demi-sec) : un bonus hors-norme, d'une couleur brun orangé, le nez est fruité sur la marmelade d'orange, l'abricot sec, le miel, avec une petite évolution sous-bois/fumé, une volatile un peu plus haute qui rappelle certains oxy catalans. La bouche est par contre très fondue, pas très acide mais pas très sucrée non plus, en rondeur, plus gourmand et moins violent que les D'Oliveiras, moins de peps, mais aussi moins d'allonge saline, un côté facile à boire ici. A la fois jeune par son côté fruité et son relativement peu de temps en fût (et probablement aussi des fûts de chêne français qui boostent moins l'élevage que chez D'Oliveiras) et à la fois comme patiné par le temps en bouteille. Comme quoi, à l'image des spiritueux on pourrait parler d'OBE (old bottling effect) après autant d'année, avec une sensation de rondeur (perte d'alcool et d'acidité). Merci Michel !

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 1988 emb. 2018 (demi-doux) : très belle bouteille, pas trop sucrée pour un Boal, équilibre parfait entre gourmandise sucrée et tension acidulée, longueur interminable.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2003 emb. 2020 (doux) : une belle bouteille mais qui aura été surclassée par la suivante, un peu plus de fruit et de rondeur ici mais moins d'intensité.

 

8 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : comme lors de la soirée précédente, une très grande bouteille qui a fait l'unanimité.

 

9 Niepoort, Porto Vintage Quinta do Passadouro 1995 : le strict opposé du Madère, avec des raisins rouges, un élevage court d'environ 2ans en fût, sans oxydation, et sans la ""chauffe". Un porto sur les fruits rouges et le chocolat, qui semble un peu simple, voire même un peu fatigué derrière les Madère.
 

 

 

Quelques accords mets/vins

Du plus sec au plus sucré : poisson grillé, saumon fumé, sushi, tartare cabillaud/bœuf sauce balsamique, salade balsamique, manchuego/fromages secs, olives/tapenades. Viande en sauce type soja, érable, caramel, miel, Madère. Vieilles mimolettes, pâtes persillées. Dessert chocolat, café, noix. Cigares...

 

 

Conclusion

Une découverte pour la plupart des participants, qui ont été marqué par l'intensité, la complexité et les longueurs en bouche exceptionnelles avec lesquelles les vins non fortifiés ne peuvent rivaliser. Le tour de force des grands Madère est aussi de rester digeste, frais, et ne saturent pas le palais grâce à leur acidité élevée et leur absence de tannins, et ce malgré un taux d'alcool autour de 20%.

 

27 mars 2026

Soirée Rencontre avec Lapilli et Elémentaires (27/03)

 

On poursuit les soirées-rencontres avec la nouvelle génération de vignerons auvergnats. Cette fois-ci Géraud du domaine Lapilli et Landry du domaine Elémentaires sont venus nous présenter leurs vins. Ils se sont prêtés à cet exercice difficile, ont affronté les critiques et les nombreuses questions. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils s'en sont tirés avec brio, aussi bien par leurs réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de leurs vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes de ces deux domaines.

 

 


Lapilli

Visite et histoire du domaine ici

 

Fleur de pente (80% pinot noir-20% gamay) 2024 : une cuvée très expressive dès l’ouverture, très fruitée, légère en alcool sur ce millésime, aérienne, aux tannins fins, le pinot domine clairement avec une touche florale également. Très accessible et facile à boire.

 

Meïzou (60% gamay-40% pinot noir) 2024 : une cuvée très expressive aussi, très fruitée, un peu plus de corps et de puissance que le précédent, plus de caractère, tout en gardant la touche fraîche du millésime 2024, probablement un peu moins de plaisir immédiat mais plus de potentiel de garde.

 

Meïzou 2023 : profil très différent du précédent, on sent le millésime plus solaire, plus de puissance et de corps, fruité plus mûr, le tour en carafe lui a fait du bien, beaucoup de longueur, le vin a gardé ce qu’il faut d’acidité pour rester équilibré. Très joli vin, qui se goûte encore bien mieux qu’il y a un an. C’est aussi très prometteur de voir que les vins seront encore meilleurs avec un peu de bouteille ou avec des élevages prolongés à l’avenir.

 

Demain (gamay d’Auvergne) 2024 : un pur gamay au profil plus sérieux, avec beaucoup de tension et de profondeur, au fruité moins immédiat. Les tannins sont un peu plus présents mais sans être asséchants, la finale est très longue. Très beau vin, à attendre encore quelques années dans l'idéal.

 

Nord & blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2024 : un OVNI, dans un style différent du 2023, couleur plus saumonée, petite touche oxydative sur ce millésime (ouillage 1 fois par mois plutôt qu’1 fois par semaine à une certaine période), très complexe, il doit finir de se mettre en place, des notes de pomme verte, de noix, de fruits jaunes type abricot, de rose. La bouche est sur la tension, avec une sensation saline en finale, très salivant, très beau volume, tout en restant frais et avec peu d’alcool. Il devrait permettre d’excellents accords à table.

 

Nord & Blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2023 : profil un peu plus facile d’accès derrière le 2024, mais un an de plus en bouteille lui a permis de se poser, de gagner en complexité et en équilibre. C’est le seul vin du domaine (et d’Auvergne ?) qui n’est pas plus solaire en 2023 qu’en 2024, profil plus en réduction sur lies, noble, petite touche grillée, floral, brioché, aromatique proche d’un champagne blanc de noirs, avec une très belle longueur.

 

 


Elémentaires

Visite et histoire du domaine ici

 

 

L’après-minuit (cinsault) 2024 : on attaque par un cinsault du Gard, tout en fruit et en gourmandise, en rondeur, peu d’acidité, peu de tannins, avec un fruité légèrement sucré, il reste bien équilibré surtout grâce à son taux d’alcool peu élevé (12%).

 

Mutinerie (syrah) 2024 : syrah de Chiroubles dans le Beaujolais, au profil encore plus frais et léger que l’an dernier, moins de 10% d’alcool ici, mais le vin n’est pas maigre pour autant, avec une aromatique de syrah classique, sur les fruits noirs, la violette, qui commence à larder un peu, quasiment pas de tannins. Dangereusement buvable.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2024 : sur ce millésime frais, le vin semble néanmoins un peu plus gras et dense que l’an passé, sans être plus élevé en alcool, très belle texture, beau fruité, semble plutôt tond et gourmand à l’attaque mais la finale commence à se retendre et à montrer une dimension saline très intéressante et prometteuse pour l’avenir de ce vin.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2023 : profil très différent du précédent, travaillé en réduction, plus marqué par les lies, avec des notes grillées, bouche plus en tension, plus énergiques, moins de gras, moins de fruit et de gourmandise aussi, plus citronnée.

 

Suivre l’Est (gewurztraminer) 2024 : un gewurz sec, qui évite très bien l’écueil du trop variétal (rose, litchi), plutôt sur les fruits exotiques, les épices, avec une belle tension, et une sensation saline très marquée en finale. Il a réussi à convaincre les plus sceptiques.

 


On finit avec quelques Bonus : Sottu Scala 2021 de U Stiliccionu et la Framboise de Lavantureux.
 

13 mars 2026

Soirée Rencontre avec Bastien Migeon (13/03)

 

Changement de concept pour cette nouvelle soirée : Bastien Migeon, vigneron à Enval et Châteaugay est venu pour nous présenter ses vins. Il s'est prêté à cet exercice difficile, a affronté les critiques et les nombreuses questions en tout genre. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en est tiré avec brio, aussi bien par ses réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de ses vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes avec beaucoup d'attention. 

 

 

 

Le parcours du vigneron et une visite des vignes sont disponibles ici : /2024/03/visite-au-domaine-bastien-migeon-a-chatel-guyon.html

 

 

Les vins dégustés 

 

Prima chardonnay 2025 : chardonnay sur le fruit, plutôt pêche, abricot, avec un élevage cuve pour préserver le maximum de fraîcheur, peu de gras. Plutôt typé apéritif.

 

Mont Oriol pinot noir 2024 : Couleur très claire, nez très floral, sur la rose et la pivoine, les petits fruits rouges. Bouche aérienne, toute en finesse, légère en alcool, peu tannique, très florale, avec la finesse et la pureté du pinot des anciens temps sur ce millésime frais, sans manquer de longueur. Délicieux et dangereusement buvable.

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2024 : On sent une trame commune sur ce millésime frais, avec là aussi un vin léger et une aromatique particulièrement florale. Le gamay donne tout de même un peu plus de couleur et de corps que le pinot noir, avec une finale finement épicée. Lui aussi a fait l'unanimité.

 

Rouges-gorges 2024 : (merlot-gamay) La trame commune du millésime frais est présente aussi, avec un vin léger et floral. Le merlot apporte un peu plus de structure et de tannins que dans les précédents, même si on reste sur un vin de fruit, à boire dans la jeunesse.

 

Mont Oriol pinot noir 2023 : Changement complet de profil, on passe sur un millésime très solaire, de 12% à un bon 14,5% en moyenne sur les 2023, un pinot surprenant au sens où il est de couleur foncé, avec beaucoup de corps, des aromes de fruits noirs confiturés, on le placerait bien plus au sud à l'aveugle. Logique lorsqu'on ne triche pas avec les millésimes (pas de chaptalisation sur les 2024 ni d'acidification sur les 2023 chez Bastien).

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2023 : Là aussi un vin puissant, solaire, charpenté, mais l'acidité naturelle des vieux gamays d'Auvergne lui permet de garder un excellent équilibre, avec une aromatique plus orientée fraise confiturée et des notes poivrées en finale. Un vin qui a déjà bien progressé en un an, délicieux aujourd'hui et avec encore du potentiel de garde.

 

Et quelques bonus pour finir, avec une préférence pour le Schistes 2017 d'Arretxea face au Grès 2017 et pour l'Hermitge rouge 2020 de Sorrel face au Châteauneuf Colombis 2017 de Saint-Préfert.

 

6 mars 2026

Soirées Argentine (27/02 et 06/03)

 

Soirée Argentine

 

 

 

Comme pour les soirées consacrées aux vins du Chili, les informations proviennent principalement du South American Wine Guide d'Amanda Barnes.

 

 

Chiffres clés 


- 200 000 hectares plantés. 5e producteur du monde, le 1er d’Amérique du Sud. 
- Historiquement un pays avec une très grosse consommation locale et peu d’export. Mais changement depuis les années 2000. Aujourd’hui 10e pays exportateur, vers USA, UK, Brésil, Canada, Mexique.
- Peu de bio, contrairement au Chili.
- Environ 80% vins rouges.
- 52% de vignes en pergola (souvent pour plus de rendements)
- Irrigation par submersion souvent, ou systèmes de goutte à goutte pour les domaines plus récents.

 

 

 

 

Les régions du Nord au Sud 


Calchaqui Valleys et Catamarca Valleys : Peu de vignes par rapport au reste du pays. Très solaire, pour compenser la vigne peut monter jusqu’à 3000m d’altitude à La Salta. Beaucoup de torrontes notamment.


La Rioja Valleys : 3e plus grande province du pays, elle aussi en perte de vitesse. Beaucoup de torrontes notamment. Région solaire, beaucoup de vignes en pergola, moyennement voire peu qualitatives. Comme pour San Juan et Mendoza, plus intéressant en terme de climat et de géologie lorsqu’on monte dans les Andes à l’Ouest.


San Juan : 2e plus grande province du pays. Particulièrement touché par le vent de Foehn « Zonda ». Région avec beaucoup de raisins de table. Climat globalement plus chaud qu’à Mendoza. Beaucoup de syrah et de malbec aussi. A noter l’IG Pedernal au sud de San Juan bénéficie d’un climat plus frais, et de sols calcaires très intéressants.


Mendoza :  près de 70% du vin du pays. Région immense et très hétérogène. On peut passez d'un indice Winkler I à l'Ouest à un indice Winkler III à l'est, c'est-à-dire passer du climat de la Champagne à celui du Languedoc en 40kms ! Même si l’ensoleillement augmente en journée, l’amplitude thermique est plus forte, les vins gardent donc plus d’acidité. Les vignes bénéficient de l’eau des glaciers, les sols sont plus caillouteux, les vins plus frais, plus en tension, avec moins de rondeur. Des rendements plus bas donnant des vins plus concentrés.
     - L’Est est en perte de vitesse, même si on assiste à un retour des vieux cépages, comme les criollas. 
     - Maipú est une grande région historique, proche de Mendoza, produisant beaucoup de malbec, souvent ronds et solaires, bon marché.
    - Luján de Cuyo est la région du malbec (même s’il y a aussi de beaux cabernets), avec de vieilles vignes malheureusement en danger à cause de l’extension de la banlieue de Mendoza. Vins plutôt solaires et en rondeur sur l’IG Agrelo et sur l’IG Perdriel, plus de fraîcheur sur l’IG Las Compuertas au Nord-Ouest plus haute en altitude (1000m). 
    - Uco Valley (29000 ha) est la meilleure région du pays, plus à l’Ouest, la plus haute en altitude, la plus fraîche de Mendoza. Elle s’est vraiment développée dans les années 2000, même si on peut y trouver des vignes centenaires par endroits. Tupungato (10 000 ha) et ses 12 sous-régions dont Gualtallary (2300ha de vignes) qui possède les meilleurs terroirs avec de grands malbecs plus en tension, façon « Barolo », de grands blancs sur calcaires et même des effervescents. El Perral ou La Carrera donnent aussi des grands vins. Comme souvent les appellations sont hétérogènes, allant d’altitude autour de 900m à l’Est à 1500 à l’Ouest.     Tunuyan (9 800 ha) monte peut-être à peine moins haut, Los Chacayes (1000ha) est la meilleure des 9 sous-régions, là aussi variée, plus fraîche en allant vers l’Ouest, mais globalement plus intéressante pour ses vins rouges. San Pablo qui touche Gualtallary donne les meilleurs vins blancs.    San Carlos moins connu car plus éloigné de Mendoza, plus froid, plus gélif, est tout de même digne d’intérêt notamment pour son IG Paraje Altamira.


Patagonie : Climat plus frais, mais reste très sec (200mm/an) donc irrigué. Principalement sur la rive du Rio Negro, plus fraîche où l’on trouve des chardonnays, pinots noirs etc… La partie Ouest, Neuquen, est un peu plus solaire, on peut y trouver des malbecs par exemple.


Chubut : partie sud de la Patagonie. Plantation récentes. Vignobles les plus au sud du Monde avec Otronia (45,3e parallèle). Froid et humide, pas besoin d’irriguer.

 

 

 

Système d’appellation

- des DOC (seulement 2), - des GI (106 pour le moment, qui sont de plus en plus classées par terroir même si elles restent hétérogènes.  - des IPO (indication of Provenance)

 

 

 

Histoire 


- 16e siècle : premières vignes emmenées par les Espagnols  
- 19e siècle : Immigration massive de Français et d’italiens. Beaucoup de vignes (pas forcément dans les plus hautes altitudes).
- 1950-1970 : apogée du vin en Argentine, avec 350 000 ha et une conso de 92 L/ha !   (200 000 ha et 18L/ha aujourd’hui)
- 1980’ : Crise, période de la Guerre sale (l’armée et Jorge Rafael Videla contre Isabel Peron et le peuple)
- 1990’ : début des exportations, en prenant exemple sur le Chili, période néolibérale de Carlos Nemen. Les œnologues comme Paul Hobbs, François Lurton ou Michel Rolland (puis Robert Parker ensuite) arrivent dans les années 1990.
- 2001 : crise économique. Le peso argentin est très faible, ce qui rend les vins très compétitifs à l’export.
- 2000’ : le malbec devient à la mode, les vins s’orientent vers la qualité désormais.
- 2020’ : de plus en plus de vins de terroir, moins standardisés.

 

 

 

Les Cépages 


Malbec (45 K hectares), Cereza (26 K), Bonarda = douce noire (18 K), Cabernet sauvignon (14 K), Criolla grande (13K), Syrah, Torrontes, Pedro Gimenez, Chardonnay, Tempranillo, Merlot, Moscatel, Pinot noir, Sauvignon, Chenin, Sangiovese, Cabernet franc, Criolla chica = pais ou listan prieto, Sémillon...

Le malbec : emmené par les français au 19e siècle avant le phylloxéra, c’est donc un malbec qui n’est plus tout à fait celui de la France actuelle. Dans les années 2000 beaucoup de plantation de malbecs très productifs, souvent greffés. Mais depuis quelques années beaucoup de sélections massales à partir de vieilles vignes. Il y a donc plusieurs malbecs. C’est un cépage idéal pour mettre en avant les différents terroirs, d’un style très rond et confituré à un style plus tendu et minéral à Gualtallary. Si dans les années 2000 les vinifications avaient tendance à masquer les terroirs avec beaucoup de bois neuf et des macérations poussées, c’est de moins en moins le cas, avec des vinifications moins interventionnistes et des contenants plus neutres (en béton par exemple)
 

 


Problèmes rencontrés 


- Peu de phylloxéra (probablement à cause du sable et de l’irrigation), les vignes peuvent être greffées ou franches de pied. 
- Peu de mildiou (beaucoup de vent, le « Zonda »)
- Beaucoup d'esca et de nématodes. 
- Beaucoup de gel
- Le problème majeur reste la sécheresse. Peu d'eau de ce côté de la Cordillère (effet de Foehn). Très majoritairement irrigué.

 

 

 

 

Les Blancs

 

Altar Uco, Edad Moderna (sauvignon/chardonnay) 2023 El Peral et Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Juan Pablo Michelini à Tupungato. Projet en parallèle de son activité dans le domaine familial, Vina Zorzal, plus classique. Ici raisins de El Peral, San José et Gualtallary. 75% sauvignon et 25% chardonnay. 1200m en moyenne. Elevage 9 mois en béton. Sols en partie calcaires)  Couleur claire, nez fruité, plutôt marqué sauvignon, sur les agrumes. Bouche fraîche, vive, fruitée, pas beaucoup de corps, mais c’est élégant, sans exubérance, avec une finale salivante. Parfait pour commencer.

 

Escala Humana, Semillon Credo 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Ayelen et German Masera en 2015. German travaille en parallèle comme œnologue chez Matias Michelini. vignes de 1902 à El Peral, Uco Valley.  1200m d’altitude. Elevage en vieux fûts. 12,5%)  Couleur dorée, nez bien typé sémillon, miellé, floral, acacia. Bouche en rondeur, léger beurré, miellée, fruits jaunes, manque un peu de tension mais le taux d’alcool peu élevé lui permet de rester digeste.

 

Canopus, Blanco Viejas Vinas semillon 2022 La Consulta, Valle de Uco-Mendoza : (domaine de 10ha en biodynamie, créé en 2009 par l’ancien journaliste de guerre Gabriel Dvoskin, à El Cepillo, au sud de la vallée d’Uco, lieu particulièrement frais. Vinifications avec peu voire pas de sulfites. Ici 100% sémillon de La Consulta sur ce millésime. Une partie en macération. 12,4%) Couleur légèrement orange, trouble, nez discret sur le melon, les agrumes confits. Bouche très légère, maigre, assez plate, la macération est légère, peu de longueur, un côté dilué. Par contre c’est frais et facile à boire. Peut-être une bouteille sans.

 


Catena Zapata, Adrianna Vineyard White Bones chardonnay 2022 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (domaine historique de Nicola Catena Zapata puis sa fille Laura Catena qui possède aussi les domaines Nico et Luca désormais. Un des pionniers de Mendoza. 200 hectares aujourd’hui. Vinifié par Alejandro Vigil (El Enemigo, Casa Vigil…). White bones  « recouvert de dépôts calcaires ainsi que d'ossements d'animaux fossilisés - vestiges d'une rivière qui traversait la région.» 2,2 ha à 1450m . 13 %   AT: 8.2 gr/L  pH: 3.2. 12-16 mois en 100% en fûts français de 2e, 3e et 4e remplissage)   Couleur or pâle, nez ultra expressif, très herbacé, sauge, lavande, thym, menthol, genépi, orangette, tellement violent au premier nez qu’il nous repousse presque, puis on y retourne avec curiosité. La bouche est sur les mêmes arômes, plutôt fraîche et tendue, pas de gras, peu d’élevage, assez longue. Un OVNI, tout le monde a du mal à savoir s’il aime ou non tant le vin est déstabilisant. Il doit pouvoir permettre de beaux accords à table. 

 


Otronia, 45° Rugientes Corte Blancas (pinot gris, chardo, gewurz) 2019 Chubut : (Otronia est le producteur phare de la région de Chubut. Le vignoble occupe une cinquantaine d’ha dans l’extrême sud de la province, à Sarmiento, sur les rives du lac Musters appelé « Otrón » par les anciens colons, à 300 m d’altitude. Vignoble le plus au sud du monde ! Beaucoup de gel. Sols souvent calcaires. Le projet est né en 2008, mais premiers millésimes autour de 2017, le temps de tout planter. Ici assemblage de plusieurs parcelles. Entrée de gamme par rapport aux « blocks »)    Couleur dorée, nez très fruité, très exotique, pourrait faire penser à un liquoreux, ananas, mangue, miel, pas vraiment marqué par le litchi/rose du gewurz. La bouche garde ce fruité, vive et légère en alcool, facile à boire, de longueur moyenne.

 

 

Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3)  Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer.

 

 

Riccitelli, Old Vines Semillon 2023 Rio Negro, Patagonie : (reprend la suite de son père Jorge Ricitelli en 2009. Situé à Las Compuertas. Une cinquantaine d’hectares sur plusieurs sites à Mendoza + 17 ha en Patagonie depuis 2015, en bio.  Ici 100% sémillon, vignes des années 60, franc de pied, Allen et Ingeniero Huergo sur le Rio Negro. Sols limoneux. Macération de 2 jours environ suivant les millésimes. Vieux fûts et cuves béton)  Couleur dorée, nez de cire, miel, acacia, fruits jaunes, mais aussi un peu fruits secs, bouche très droite, encore plus que le Certezas, riche en extraits secs, très longue et salivante, la légère macération donne du volume, de la texture aussi, tout en restant bien intégrée. Superbe blanc, plutôt gastronomique.

 


Michelini i Mufatto, Certezas semillon 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Domaine créé en 2008 par Andrea Mufatto, Gerardo Michelini, et leur fils Manuel Michelini. Ils possèdent aussi un domaine dans le Bierzo et un en Uruguay. Ici vignes à El Peral, Mendoza, vignes de 120ans, sols sables argiles et graves. 1300m altitude. 50% pressé en grappes entières, Elevage en 500 et 1000L. Une petite partie sous voile. 12,5%)  Couleur dorée, nez complexe de miel, acacia, tilleul, abricot, pêche, brioche. La bouche est à la fois dense, large, mais aussi fraîche avec peu d’alcool et une bonne acidité, la touche de voile est discrète mais apporte une forme de salinité à la finale. Très beau vin.

 

 

Les Rouges

 

Otronia, 45° Rugientes pinot noir 2019 Chubut : (50% égrappé. Elevage 1an et demi en foudres de chêne français et cuves béton) Couleur très claire, à peine rouillée. Nez de petits fruits rouges, groseilles, airelles, pivoine, notes végétales. Bouche très légère, peu de corps, peu de tannins, acidité élevée, tout en fruit et en fraîcheur, pas très loin d’un rosé. Très digeste et facile à boire, on sent clairement le climat froid. Intéressant à goûter, les nouveaux millésimes du projet ont déjà bien progressé. Un domaine à suivre.

 

 

Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6)  Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante.

 

 

Nico (Laura Catena), Grand-Père pinot noir 2020 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : (projet de Laura Catena, en parallèle de sa célère Bodega Catena Zapta, avec l’œnologue Roy Urvieta. Sélectaions massales bourguignonnes commencées vers 2008, mais le domaine commence vraiment en 2016. Situé à Tupungato (Villa Bastias et Gualtallary), zone fraîche de la vallée de Uco. Projet avec 5 parcelles présentées comme des climats en Bourgogne. Ici : 2 hectares plantés en 1993  Clone Dijon 115 à Villa Bastías, sols argiles et graves)  Couleur rubis claire, nez très engageant, expressif, qui pinote clairement sur la fraise, la cerise, un peu d’élevage vanillé. Bouche gourmande aussi, fruits rouges un peu sucrés, toute en rondeur, léger boisé, avec du corps mais pas trop d’alcool, manque un peu de tension en finale.

 

Nico (Laura Catena), Grand-Mère pinot noir 2022 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : Même esprit que le Grand-Père 2020, un peu plus mûr et solaire ici peut-être, l’élevage est déjà bien intégré pour 2022, joli pinot aussi dans un style rond et gourmand.

 


Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela Los Nidos (bonarda, barbera, grignolino…) 2021 Calingasta valley, San Juan : (Domaine à Barreal, créé par Sebastian Zuccardi, qui possède aussi le célèbre domaine Zuccardi à Mendoza, et ses associés en 2011. Partie Ouest de San Juan, à 1500m d’altitude. Vignes en pergola. Vinifs peu interventionnistes. Ici : Paraje Hilario,1.2 acres, planté en 1940. Grappe entière. 8 mois œuf béton. 85% bonarda ou douce noire, 15% Barbera, Grignolino, et autres cépages complantés non identifiés)   Couleur très sombre, probablement des cépages teinturiers dedans, nez très réduit à l’ouverture mieux après carafage, fruits noirs confiturés, café, notes animales. Bouche rustique, puissante, tannique, avec des arômes très mûrs mais une bonne acidité derrière, le vin manque d’élégance pour la plupart des dégustateurs, de précision également.

 

Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela La Totora criolla chica 2021 Calingasta valley, San Juan : (Cépage criolla chica ou pais ou listan prieto)  Couleur rosé foncé, contours un peu orangés. Nez très fruité et floral, fraise, pivoine, un peu orange sanguine, façon Tavel de l’Anglore par exemple. La bouche a de la puissance (14,5%), du corps pour un rosé, plus d’acidité et de tension qu’un Tavel, avec des petits tannins qui allongent le finale. Il reste du coup très digeste et facile à boire, plus précis que la cuvée Los Nidos.

 

 


Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin.


 

 

Altos Las Hormigas, Malbec 2019 Paraje Altamira, Valle de Uco-Mendoza : (domaine créé en 1988, avec notamment Attilio Pagli un précurseur du malbec argentin dans les années 1990, lui qui était pourtant venu à la base pour développer le sangiovese. Consulté par le géologue Pedro Parra. Environ 200 hectares aujourd’hui. En bio. Un jardin en biodiversité a été créé dans les années 2010. Période vin boisée dans les années 90-2000, vin beaucoup plus terroir désormais. Ici Paraje Altamira : 20mois élevage 50% foudres non toastées 3500L , 50% cuves béton. 30% VE.  Sols granit galets et graviers recouverts de calcaire, 1200m d’altitude) Couleur pas trop sombre pour un malbec, nez d’herbes grillées, fruits noirs, épices, chocolat, orange sanguine. Bouche fraîche, élégante, pas très élevée en alcool, acidité moyenne, tannins plutôt souples, semble prêt à boire. Très typique de Paraje Altamira, frais et élégant, mais presque un peu trop sage, manquant un peu d’intensité et de longueur par rapport au Chacayes.

 


Riccitelli, Malbec Vino de Los Chacayes 2019 Los Chacayes, Valle de Uco-Mendoza : (1500m partie la plus à l’ouest, un peu de calcaires, sables et graviers calcaires.  30% VE, fermente en cuve béton puis 16mois foudres de chêne français. 14%  7,4gr AT)  Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, le café, la violette, les herbes aromatiques, intense. Bouche à la fois très mûre et très dense, avec une grosse acidité derrière qui équilibre bien le tout, les tannins sont encore bien présents sans être secs, c’est très long, encore un peu jeune dans l’idéal.


Riccitelli, Cabernet Franc sobre suelos calcareos 2021 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Guatallary, dans la vallée d'Uco, à 1 400 mètres d'altitude, plutôt partie Ouest, sur des sols calcaires composés de gravier et de sable fin. Egrappé. Fermente en cuves béton levures indigènes, élevage 1an fûts de chêne non neufs) Couleur très sombre, le nez rappelle bien le cabernet franc, légèrement poivronné et végétal, cassis, une petite touche herbes grillées en plus. Très belle bouche, juteuse, avec une acidité élevée, beaucoup de fraîcheur, de la tension, très salivante.

 

Riccitelli, Old vines Bastardo 2022 Rio Negro, Patagonie : (100% trousseau, vignes des années 1960, franc de pied, une partie de grappes entières, fûts français) Couleur claire, contours violets, nez plein de fruits rouges et noirs, un peu de violette, pas d’élevage ressenti. La bouche semble légère en alcool, avec une belle acidité, beaucoup de fruits, peu de tannins, quand même du corps, à la façon d’un beau pinot, avec une belle allonge. Très beau vin, très élégant, déjà très accessible ainsi et avec un potentiel de garde.

 

 

Conclusion

Quelques très beaux vins. Dans l'ensemble beaucoup de fraîcheur (les vins ont été choisis dans cette optique là). Peut-être un meilleur niveau que le Chili à l'heure actuelle, avec plus de moyens. Mais le Chili a peut-être un peu plus de potentiel pour l'avenir avec une plus grande diversité de terroir, sa longue côte très fraîche, sa possibilité de ne pas irriguer.

 

29 janvier 2026

Soirées Saint-Aubin, Beaune et Savigny (16, 23 et 30/01)

 

Saint-Aubin

 

 

 

 

Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.

 

 

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.


De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.


Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.


Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.


Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.


Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.


PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.


Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.

 

 


Savigny-lès-Beaune

 

 

Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuse. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.

 

 

Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.


JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.


P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.


Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.


Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !


Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !

 

 


Beaune

 

 

L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.

 

 

Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.


De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.


Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.


Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.

 

 

2 décembre 2025

Soirées Mansengs/pas Mansengs et Grenache/pas Grenache ? (21/11, 28/11 et 05/12)

 

Les mansengs (petit et gros généralement assemblés) ont été présenté comme des cépages donnant des vins au taux d'alcool élevé, à l'acidité très élevée, avec de la couleur et du corps. Le grenache donne lui des vins clairs en couleur, à l'alcool élevé, peu tanniques et peu acides. Mais attention aux pièges !

 

Pour plus de lisibilité, les vins des 3 soirées ont été regroupés par région.

 

 

Les Blancs

 

Hegaldaka - Irouléguy 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, à l'Est de St Jean Pied de Port. petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante. Probablement le mieux équilibré des trois Irouléguy du soir. Le manseng est vite identifié.

 

Xubialdea, Irouléguy blanc Ardan Harri 2022 : (à Lasse, sud de St Jean Pied de Port. Petit et gros manseng) Couleur or, nez un peu plus solaire que le précédent, avec plus d'extraits secs, une touche de noisette. Bouche qui attaque avec une belle acidité, la finale est un peu plus chaleureuse, on sent le millésime un peu plus solaire. Un joli manseng vite identifié aussi.

 

Goienetxea, Irouléguy Malda 2023 : (à St Etienne de Baïgorry, petit et gros manseng) Couleur plus foncée, nez de fruits exotiques, mais aussi de poire, touche pomme blett, miel, cire. Très jolie bouche, un peu plus "libre" que les précédents, mais parfaitement propre, un peu plus de volume et de largeur peut-être, l'équilibre reste bon, aucune lourdeur en finale. Encore un très joli vin de la nouvelle génération basque. Merci Kévin.

 

Domaine de Valbrun Léo Charruau - Saumur blanc Clos du Moulin 2023 : (ouvert à la dernière minute pour changer un autre chenin mais sur 2022) Couleur claire, nez d'agrumes, poire, encore un peu d'élevage. Bouche légère en alcool, de la vivacité en attaque, mais de la rondeur et de l'élevage sur la fin de bouche, vite identifié comme n'étant pas du manseng, mais le chenin a été difficile à reconnaître dans la série. Très différent du 2022.

 

F. Pinon - Vouvray solera : (demi-sec, solera 2018-2021) Couleur or, le nez est sur l'ananas, les fruits exotiques, il peut faire penser à du manseng. La bouche est un peu moins élevée en alcool et moins acide à la fois, mais l'aromatique a été trompeuse.

 

Coco Farm & Winery, Cantata di Montagna 2020 : (petit manseng, préfecture de Tochigi) Couleur or pâle, légèrement trouble, nez marqué par les lies, grillé, citron confit, pas vraiment de fruits exotiques. Bouche vive, perlante, qui manque un peu de corps et d'alcool pour être un manseng en théorie, beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Tout le monde est perdu bien évidemment.

 

Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.

 

Philine Isabelle, Langhe chardonnay 2023 : (à Barolo, sur Preda) couleur claire, nez floral, peu d'élevage, petite note exotique, bouche avec moins de corps et mois d'acidité que les mansengs, assez simple.

 

Trapet, Riesling RQWR 2011 : (riesling, à Riquewihr, demi-sec) Couleur or, nez marqué par les terpènes, fruits jaunes mûrs, presque exotique, miel. Bouche assez large pour un riesling, avec de l'opulence et de la puissance, manque un peu d'acidité pour être un manseng. Vite identifié par le côté pétrolé.

 

Tenuta delle Tere Nere, Etna bianco calderara sottana 2023 : (100% carricante) couleur or, nez qui a fait penser à du manseng, fruits exotiques, un peu miellé. Une fois l'étiquette découverte, la bouche était sur un profil plus "minéral", un peu plus frais et en tension, avec un peu de lies. Joli piège. Merci Michel.

 

Lajibe (négoce Mansengs et Co.), Mansengs Vin de France 2023 : couleur or profond un peu trouble, nez très puissant, marqué par le grillé des lies, le citron confit, les extraits secs, clairement travaillé en nature-autolyse, beaucoup pensent au Jura façon Ganevat etc..., bouche énergique, légèrement perlante, avec du volume, de l'acidité, aromatique très marquée par les lies, finale umami salivante. Ceux qui connaissaient le domaine ont vite retrouvé le style, pour les autres un vin déconcertant difficile à placer en Jurançon tant il diffère des autres vins de la soirée. Une interprétation différente, qui a fait débat.

 

Domaine des Féréol, Jurançon sec Françoise 2023 : couleur claire pour un manseng, nez de poire, quelques fruits jaunes et noisette avec l'ouverture, zestes d'agrumes, acacia. Bouche très énergique, avec du peps, de la fraîcheur, sans manquer de corps, un joli fruité, et beaucoup d'allonge. Coup de cœur unanime, qui n'a pas été simple à placer par contre, car moins solaire que la moyenne des mansengs.

 

Camin Larredya, La Virada Jurançon sec 2016 : couleur or profond, nez de fruits exotiques, papaye, mangue, miel, cire, noisette, déjà bien évolué... Bouche avec de la puissance et de l'acidité à la fois, vite identifié comme un très beau manseng, avec un peu d'évolution, pile à point.

 

Camin Larredya, Jurançon Le Grain des copains 2022 : couleur or, nez sur l'ananas, le miel. Bouche très digeste, peu sucrée (environ 45gr) avec une bonne acidité, un sucre aérien, très facile pour finir.

 

 

 

Les Rouges

 

Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache, à Aniane) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, 14% d'alcool, très gourmand et facile à boire. Tout le monde reconnait le grenache.

 

Terrasse d'Elise, Hauts de Carol's 2020 : (100% cinsault) Couleur un peu plus foncée, nez très fruits rouges sucrés, garrigue, bouche avec de la puissance mais bien équilibrée, les 15% ne se sentent pas, peu tannique, très gourmande, et longue. Très belle bouteille. Un joli piège, placé en grenache, y compris par moi-même... Bien joué Fred !

 

Réserve d'O, Bachi-Bouzouc IGP Pays d'Hérault : (100% grenache, à Aniane) un grenache légèrement plus foncé et puissant que le précédent, même si on reste sur une cuvée sur le fruit. Un peu moins de sucrosité, un style gourmand, peu tannique et efficace là aussi, bien typé grenache.

 

Féraud, Claux Guillard Vin de France 2023 : (100% grenache, à St Geniès de Comolas, Gard) Couleur claire, nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine. Bouche avec un tout petit peu plus d'acidité et de tannins que la cuvée G une révélation, mais pas suffisamment non plus pour tromper sur le cépage. Ca reste rond, gourmand, sur un fruité légèrement sucré, très bien équilibré. Après un peu plus d'hésitation, le grenache est identifié.

 

Ouréa, Gigondas 2023 : (grenache, sud de Gigondas) Couleur à peine plus foncée, un grenache en infusion, très fin, aérien, assez léger en alcool pour Gigondas (13,5%), très fraise écrasée, et herbes aromatiques, déjà très accessible et prêt à boire, coup de cœur unanime. Vite placé sur du grenache mais pas forcément sur cette appellation-là.

 

Saladin, Haut-Brissan Côtes du Rhône 2023 : (100% grenache, à St Marcel d'Ardèche) Couleur très claire sur ce millésime, nez très marqué par la rose, presque trop pour certains. Bouche en dentelle, aérienne, sans manquer de corps. Le grenache n'a pas forcément été décelé.

 

Saladin, Paul Côtes du Rhône 2023 : (90% grenache, 10% clairette) couleur très claire, nez de fraise écrasée, petite sucrosité, bouche très gourmande, ronde, soyeuse, clairement le côté solaire du grenache, sans lourdeur. ite identifié. Coup de cœur unanime.

 

Marcarini, Barolo 2021 : (à La Morra) Couleur claire, nez de fruits rouges, rose, goudron, menthol. La bouche a de la puissance, des tannins et une acidité trop marqués pour être du grenache, beaucoup de longueur et de fraîcheur, encore un peu trop austère à ce stade.

 

M. Lapierre, Morgon MMXXIV : (100% gamay, vieilles vignes du domaine) plus sombre en couleur, un gamay sur le fruit, ultra croquant et juteux, peu tannique, très fin et frais sur ce millésime, pas encore très complexe à ce stade, mais parfaitement exécuté, offrant beaucoup de plaisir en l'état. Clairement pas du grenache.

 

R. Demougeot, Pommard 2018 : Couleur claire, nez de fruits rouges plus frais et moins sucrés que les grenaches, un peu de ronce, des notes de torréfaction liées à l'élevage. Bouche légère, aérienne, tannins très fins, une bonne acidité pour 2018, un pommard avec beaucoup de finesse, vite placé sur du pinot.

 

Nicolas-Jay (Méo-Camuzet en Oregon), Ensemble pinot noir 2021 Willamette Valley : couleur sombre pour un pinot, nez avec un élevage torréfié encore un peu marqué, un joli fruité derrière. Bouche soyeuse, en rondeur, avec du corps mais moins d'alcool que sur les grenaches. Joli vin, encore un peu jeune dans l'idéal. Le piège a été vite trouvé aussi.

 

Clos Venturi, AOC Corse Altare rouge 2023 : (100% sciaccarellu, à Ponte Leccia) Couleur très claire, nez de grenadine, pivoine, fraise. Bouche en dentelle, très gourmande, tannins très fins, pas beaucoup d'alcool ressenti, globalement pas placé sur un grenache. Très belle bouteille.

 

Zuria, Spinella 2022 : (70% sciaccarellu, minustellu, carcajolu, nielluciu, à Bonifacio) Couleur plus foncée, nez qui pourrait faire grenache, fruits rouges, garrigue... Bouche moins en rondeur, avec plus de tension, à la fois du corps et beaucoup de fraicheur, tannins soyeux, très belle bouteille aussi. Merci Arno.

 

Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, carignan, Sta Cruz Mountains) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier.

 

Casa Blanca, Lluminari 2018 Collioure : (70% grenache, syrah, carignan) Un vin plus coloré que les autres, plus puissant, plus marqué par les fruits noirs, la viande fumé, le café, plus de tannins aussi, mais l'équilibre est bon, il reste frais avec une bonne longueur. On sent le sud, mais pas forcément une majorité de grenache. Merci AS.

 

Terres de Fagayra, Maury grenat 2018 : (grenache) Un VDN à base de grenache, parfait pour terminer en douceur, pas trop sucré ni trop alcooleux pour un VDN, très bien équilibré, pas de lourdeur.

 

 

 

Merci à tous pour ces 3 belles soirées qui clôturent l'année en beauté. Rendez-vous en 2026 !

 

17 novembre 2025

Les Visites en Auvergne

 

Les Visites en Auvergne

Introduction

Cartographie des sols

 

 

Sommaire (du Nord au Sud, et par portrait)

 

 

Bastien Migeon à Enval

Benoît Montel à Riom

Thierry Renard à Clermont

Jean Maupertuis à St-Georges/Allier

Marie et Vincent Tricot à Orcet

Les grands pans (Corinne et Jean-Marie) à Saint-Sandoux

Lapilli (Elsa et Géraud) à Corent

Simon Bousquet à Corent

Elémentaires (Landry) à Corent

Chemins de l'Arkose (Audrey et Yvan) à Montpeyroux

Terres Bariolées (Claire et Edo) à Chalus

Henri Chauvet à Boudes

+

Domaine des Trouillères aux Martres-de-Veyre

Miolanne à Neschers

Lisa Le Postec à Aulhat-Flat

Distillerie Volcanique à Brassac-les-Mines

L'eau qui dort à Lempdes-sur-Allagnon

Chlo d'Auzit à Massiac

Coteau Libre à Lavoûte-Chilhac

Brasserie Mosaïque à Riotord

...

 

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