Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
Changement de concept pour cette nouvelle soirée : Bastien Migeon, vigneron à Enval et Châteaugay est venu pour nous présenter ses vins. Il s'est prêté à cet exercice difficile, a affronté les critiques et les nombreuses questions en tout genre. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en est tiré avec brio, aussi bien par ses réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de ses vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes avec beaucoup d'attention.
Prima chardonnay 2025 : chardonnay sur le fruit, plutôt pêche, abricot, avec un élevage cuve pour préserver le maximum de fraîcheur, peu de gras. Plutôt typé apéritif.
Mont Oriol pinot noir 2024 : Couleur très claire, nez très floral, sur la rose et la pivoine, les petits fruits rouges. Bouche aérienne, toute en finesse, légère en alcool, peu tannique, très florale, avec la finesse et la pureté du pinot des anciens temps sur ce millésime frais, sans manquer de longueur. Délicieux et dangereusement buvable.
Tiétà gamays d'Auvergne 2024 : On sent une trame commune sur ce millésime frais, avec là aussi un vin léger et une aromatique particulièrement florale. Le gamay donne tout de même un peu plus de couleur et de corps que le pinot noir, avec une finale finement épicée. Lui aussi a fait l'unanimité.
Rouges-gorges 2024 : (merlot-gamay) La trame commune du millésime frais est présente aussi, avec un vin léger et floral. Le merlot apporte un peu plus de structure et de tannins que dans les précédents, même si on reste sur un vin de fruit, à boire dans la jeunesse.
Mont Oriol pinot noir 2023 : Changement complet de profil, on passe sur un millésime très solaire, de 12% à un bon 14,5% en moyenne sur les 2023, un pinot surprenant au sens où il est de couleur foncé, avec beaucoup de corps, des aromes de fruits noirs confiturés, on le placerait bien plus au sud à l'aveugle. Logique lorsqu'on ne triche pas avec les millésimes (pas de chaptalisation sur les 2024 ni d'acidification sur les 2023 chez Bastien).
Tiétà gamays d'Auvergne 2023 : Là aussi un vin puissant, solaire, charpenté, mais l'acidité naturelle des vieux gamays d'Auvergne lui permet de garder un excellent équilibre, avec une aromatique plus orientée fraise confiturée et des notes poivrées en finale. Un vin qui a déjà bien progressé en un an, délicieux aujourd'hui et avec encore du potentiel de garde.
Et quelques bonus pour finir, avec une préférence pour le Schistes 2017 d'Arretxea face au Grès 2017 et pour l'Hermitge rouge 2020 de Sorrel face au Châteauneuf Colombis 2017 de Saint-Préfert.
Comme pour les soirées consacrées aux vins du Chili, les informations proviennent principalement du South American Wine Guide d'Amanda Barnes.
Chiffres clés
- 200 000 hectares plantés. 5e producteur du monde, le 1er d’Amérique du Sud.
- Historiquement un pays avec une très grosse consommation locale et peu d’export. Mais changement depuis les années 2000. Aujourd’hui 10e pays exportateur, vers USA, UK, Brésil, Canada, Mexique.
- Peu de bio, contrairement au Chili.
- Environ 80% vins rouges.
- 52% de vignes en pergola (souvent pour plus de rendements)
- Irrigation par submersion souvent, ou systèmes de goutte à goutte pour les domaines plus récents.
Les régions du Nord au Sud
Calchaqui Valleys et Catamarca Valleys : Peu de vignes par rapport au reste du pays. Très solaire, pour compenser la vigne peut monter jusqu’à 3000m d’altitude à La Salta. Beaucoup de torrontes notamment.
La Rioja Valleys : 3e plus grande province du pays, elle aussi en perte de vitesse. Beaucoup de torrontes notamment. Région solaire, beaucoup de vignes en pergola, moyennement voire peu qualitatives. Comme pour San Juan et Mendoza, plus intéressant en terme de climat et de géologie lorsqu’on monte dans les Andes à l’Ouest.
San Juan : 2e plus grande province du pays. Particulièrement touché par le vent de Foehn « Zonda ». Région avec beaucoup de raisins de table. Climat globalement plus chaud qu’à Mendoza. Beaucoup de syrah et de malbec aussi. A noter l’IG Pedernal au sud de San Juan bénéficie d’un climat plus frais, et de sols calcaires très intéressants.
Mendoza : près de 70% du vin du pays. Région immense et très hétérogène. On peut passez d'un indice Winkler I à l'Ouest à un indice Winkler III à l'est, c'est-à-dire passer du climat de la Champagne à celui du Languedoc en 40kms ! Même si l’ensoleillement augmente en journée, l’amplitude thermique est plus forte, les vins gardent donc plus d’acidité. Les vignes bénéficient de l’eau des glaciers, les sols sont plus caillouteux, les vins plus frais, plus en tension, avec moins de rondeur. Des rendements plus bas donnant des vins plus concentrés.
- L’Est est en perte de vitesse, même si on assiste à un retour des vieux cépages, comme les criollas.
- Maipú est une grande région historique, proche de Mendoza, produisant beaucoup de malbec, souvent ronds et solaires, bon marché.
- Luján de Cuyo est la région du malbec (même s’il y a aussi de beaux cabernets), avec de vieilles vignes malheureusement en danger à cause de l’extension de la banlieue de Mendoza. Vins plutôt solaires et en rondeur sur l’IG Agrelo et sur l’IG Perdriel, plus de fraîcheur sur l’IG Las Compuertas au Nord-Ouest plus haute en altitude (1000m).
- Uco Valley (29000 ha) est la meilleure région du pays, plus à l’Ouest, la plus haute en altitude, la plus fraîche de Mendoza. Elle s’est vraiment développée dans les années 2000, même si on peut y trouver des vignes centenaires par endroits. Tupungato (10 000 ha) et ses 12 sous-régions dont Gualtallary (2300ha de vignes) qui possède les meilleurs terroirs avec de grands malbecs plus en tension, façon « Barolo », de grands blancs sur calcaires et même des effervescents. El Perral ou La Carrera donnent aussi des grands vins. Comme souvent les appellations sont hétérogènes, allant d’altitude autour de 900m à l’Est à 1500 à l’Ouest. Tunuyan (9 800 ha) monte peut-être à peine moins haut, Los Chacayes (1000ha) est la meilleure des 9 sous-régions, là aussi variée, plus fraîche en allant vers l’Ouest, mais globalement plus intéressante pour ses vins rouges. San Pablo qui touche Gualtallary donne les meilleurs vins blancs. San Carlos moins connu car plus éloigné de Mendoza, plus froid, plus gélif, est tout de même digne d’intérêt notamment pour son IG Paraje Altamira.
Patagonie : Climat plus frais, mais reste très sec (200mm/an) donc irrigué. Principalement sur la rive du Rio Negro, plus fraîche où l’on trouve des chardonnays, pinots noirs etc… La partie Ouest, Neuquen, est un peu plus solaire, on peut y trouver des malbecs par exemple.
Chubut : partie sud de la Patagonie. Plantation récentes. Vignobles les plus au sud du Monde avec Otronia (45,3e parallèle). Froid et humide, pas besoin d’irriguer.
Système d’appellation
- des DOC (seulement 2), - des GI (106 pour le moment, qui sont de plus en plus classées par terroir même si elles restent hétérogènes. - des IPO (indication of Provenance)
Histoire
- 16e siècle : premières vignes emmenées par les Espagnols
- 19e siècle : Immigration massive de Français et d’italiens. Beaucoup de vignes (pas forcément dans les plus hautes altitudes).
- 1950-1970 : apogée du vin en Argentine, avec 350 000 ha et une conso de 92 L/ha ! (200 000 ha et 18L/ha aujourd’hui)
- 1980’ : Crise, période de la Guerre sale (l’armée et Jorge Rafael Videla contre Isabel Peron et le peuple)
- 1990’ : début des exportations, en prenant exemple sur le Chili, période néolibérale de Carlos Nemen. Les œnologues comme Paul Hobbs, François Lurton ou Michel Rolland (puis Robert Parker ensuite) arrivent dans les années 1990.
- 2001 : crise économique. Le peso argentin est très faible, ce qui rend les vins très compétitifs à l’export.
- 2000’ : le malbec devient à la mode, les vins s’orientent vers la qualité désormais.
- 2020’ : de plus en plus de vins de terroir, moins standardisés.
Les Cépages
Malbec (45 K hectares), Cereza (26 K), Bonarda = douce noire (18 K), Cabernet sauvignon (14 K), Criolla grande (13K), Syrah, Torrontes, Pedro Gimenez, Chardonnay, Tempranillo, Merlot, Moscatel, Pinot noir, Sauvignon, Chenin, Sangiovese, Cabernet franc, Criolla chica = pais ou listan prieto, Sémillon...
Le malbec : emmené par les français au 19e siècle avant le phylloxéra, c’est donc un malbec qui n’est plus tout à fait celui de la France actuelle. Dans les années 2000 beaucoup de plantation de malbecs très productifs, souvent greffés. Mais depuis quelques années beaucoup de sélections massales à partir de vieilles vignes. Il y a donc plusieurs malbecs. C’est un cépage idéal pour mettre en avant les différents terroirs, d’un style très rond et confituré à un style plus tendu et minéral à Gualtallary. Si dans les années 2000 les vinifications avaient tendance à masquer les terroirs avec beaucoup de bois neuf et des macérations poussées, c’est de moins en moins le cas, avec des vinifications moins interventionnistes et des contenants plus neutres (en béton par exemple)
Problèmes rencontrés
- Peu de phylloxéra (probablement à cause du sable et de l’irrigation), les vignes peuvent être greffées ou franches de pied.
- Peu de mildiou (beaucoup de vent, le « Zonda »)
- Beaucoup d'esca et de nématodes.
- Beaucoup de gel
- Le problème majeur reste la sécheresse. Peu d'eau de ce côté de la Cordillère (effet de Foehn). Très majoritairement irrigué.
Les Blancs
Altar Uco, Edad Moderna (sauvignon/chardonnay) 2023 El Peral et Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Juan Pablo Michelini à Tupungato. Projet en parallèle de son activité dans le domaine familial, Vina Zorzal, plus classique. Ici raisins de El Peral, San José et Gualtallary. 75% sauvignon et 25% chardonnay. 1200m en moyenne. Elevage 9 mois en béton. Sols en partie calcaires) Couleur claire, nez fruité, plutôt marqué sauvignon, sur les agrumes. Bouche fraîche, vive, fruitée, pas beaucoup de corps, mais c’est élégant, sans exubérance, avec une finale salivante. Parfait pour commencer.
Escala Humana, Semillon Credo 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Ayelen et German Masera en 2015. German travaille en parallèle comme œnologue chez Matias Michelini. vignes de 1902 à El Peral, Uco Valley. 1200m d’altitude. Elevage en vieux fûts. 12,5%) Couleur dorée, nez bien typé sémillon, miellé, floral, acacia. Bouche en rondeur, léger beurré, miellée, fruits jaunes, manque un peu de tension mais le taux d’alcool peu élevé lui permet de rester digeste.
Canopus, Blanco Viejas Vinas semillon 2022 La Consulta, Valle de Uco-Mendoza : (domaine de 10ha en biodynamie, créé en 2009 par l’ancien journaliste de guerre Gabriel Dvoskin, à El Cepillo, au sud de la vallée d’Uco, lieu particulièrement frais. Vinifications avec peu voire pas de sulfites. Ici 100% sémillon de La Consulta sur ce millésime. Une partie en macération. 12,4%) Couleur légèrement orange, trouble, nez discret sur le melon, les agrumes confits. Bouche très légère, maigre, assez plate, la macération est légère, peu de longueur, un côté dilué. Par contre c’est frais et facile à boire. Peut-être une bouteille sans.
Catena Zapata, Adrianna Vineyard White Bones chardonnay 2022 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (domaine historique de Nicola Catena Zapata puis sa fille Laura Catena qui possède aussi les domaines Nico et Luca désormais. Un des pionniers de Mendoza. 200 hectares aujourd’hui. Vinifié par Alejandro Vigil (El Enemigo, Casa Vigil…). White bones « recouvert de dépôts calcaires ainsi que d'ossements d'animaux fossilisés - vestiges d'une rivière qui traversait la région.» 2,2 ha à 1450m . 13 % AT: 8.2 gr/L pH: 3.2. 12-16 mois en 100% en fûts français de 2e, 3e et 4e remplissage) Couleur or pâle, nez ultra expressif, très herbacé, sauge, lavande, thym, menthol, genépi, orangette, tellement violent au premier nez qu’il nous repousse presque, puis on y retourne avec curiosité. La bouche est sur les mêmes arômes, plutôt fraîche et tendue, pas de gras, peu d’élevage, assez longue. Un OVNI, tout le monde a du mal à savoir s’il aime ou non tant le vin est déstabilisant. Il doit pouvoir permettre de beaux accords à table.
Otronia, 45° Rugientes Corte Blancas (pinot gris, chardo, gewurz) 2019 Chubut : (Otronia est le producteur phare de la région de Chubut. Le vignoble occupe une cinquantaine d’ha dans l’extrême sud de la province, à Sarmiento, sur les rives du lac Musters appelé « Otrón » par les anciens colons, à 300 m d’altitude. Vignoble le plus au sud du monde ! Beaucoup de gel. Sols souvent calcaires. Le projet est né en 2008, mais premiers millésimes autour de 2017, le temps de tout planter. Ici assemblage de plusieurs parcelles. Entrée de gamme par rapport aux « blocks ») Couleur dorée, nez très fruité, très exotique, pourrait faire penser à un liquoreux, ananas, mangue, miel, pas vraiment marqué par le litchi/rose du gewurz. La bouche garde ce fruité, vive et légère en alcool, facile à boire, de longueur moyenne.
Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3) Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer.
Riccitelli, Old Vines Semillon 2023 Rio Negro, Patagonie : (reprend la suite de son père Jorge Ricitelli en 2009. Situé à Las Compuertas. Une cinquantaine d’hectares sur plusieurs sites à Mendoza + 17 ha en Patagonie depuis 2015, en bio. Ici 100% sémillon, vignes des années 60, franc de pied, Allen et Ingeniero Huergo sur le Rio Negro. Sols limoneux. Macération de 2 jours environ suivant les millésimes. Vieux fûts et cuves béton) Couleur dorée, nez de cire, miel, acacia, fruits jaunes, mais aussi un peu fruits secs, bouche très droite, encore plus que le Certezas, riche en extraits secs, très longue et salivante, la légère macération donne du volume, de la texture aussi, tout en restant bien intégrée. Superbe blanc, plutôt gastronomique.
Michelini i Mufatto, Certezas semillon 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Domaine créé en 2008 par Andrea Mufatto, Gerardo Michelini, et leur fils Manuel Michelini. Ils possèdent aussi un domaine dans le Bierzo et un en Uruguay. Ici vignes à El Peral, Mendoza, vignes de 120ans, sols sables argiles et graves. 1300m altitude. 50% pressé en grappes entières, Elevage en 500 et 1000L. Une petite partie sous voile. 12,5%) Couleur dorée, nez complexe de miel, acacia, tilleul, abricot, pêche, brioche. La bouche est à la fois dense, large, mais aussi fraîche avec peu d’alcool et une bonne acidité, la touche de voile est discrète mais apporte une forme de salinité à la finale. Très beau vin.
Les Rouges
Otronia, 45° Rugientes pinot noir 2019 Chubut : (50% égrappé. Elevage 1an et demi en foudres de chêne français et cuves béton) Couleur très claire, à peine rouillée. Nez de petits fruits rouges, groseilles, airelles, pivoine, notes végétales. Bouche très légère, peu de corps, peu de tannins, acidité élevée, tout en fruit et en fraîcheur, pas très loin d’un rosé. Très digeste et facile à boire, on sent clairement le climat froid. Intéressant à goûter, les nouveaux millésimes du projet ont déjà bien progressé. Un domaine à suivre.
Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6) Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante.
Nico (Laura Catena), Grand-Père pinot noir 2020 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : (projet de Laura Catena, en parallèle de sa célère Bodega Catena Zapta, avec l’œnologue Roy Urvieta. Sélectaions massales bourguignonnes commencées vers 2008, mais le domaine commence vraiment en 2016. Situé à Tupungato (Villa Bastias et Gualtallary), zone fraîche de la vallée de Uco. Projet avec 5 parcelles présentées comme des climats en Bourgogne. Ici : 2 hectares plantés en 1993 Clone Dijon 115 à Villa Bastías, sols argiles et graves) Couleur rubis claire, nez très engageant, expressif, qui pinote clairement sur la fraise, la cerise, un peu d’élevage vanillé. Bouche gourmande aussi, fruits rouges un peu sucrés, toute en rondeur, léger boisé, avec du corps mais pas trop d’alcool, manque un peu de tension en finale.
Nico (Laura Catena), Grand-Mère pinot noir 2022 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : Même esprit que le Grand-Père 2020, un peu plus mûr et solaire ici peut-être, l’élevage est déjà bien intégré pour 2022, joli pinot aussi dans un style rond et gourmand.
Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela Los Nidos (bonarda, barbera, grignolino…) 2021 Calingasta valley, San Juan : (Domaine à Barreal, créé par Sebastian Zuccardi, qui possède aussi le célèbre domaine Zuccardi à Mendoza, et ses associés en 2011. Partie Ouest de San Juan, à 1500m d’altitude. Vignes en pergola. Vinifs peu interventionnistes. Ici : Paraje Hilario,1.2 acres, planté en 1940. Grappe entière. 8 mois œuf béton. 85% bonarda ou douce noire, 15% Barbera, Grignolino, et autres cépages complantés non identifiés) Couleur très sombre, probablement des cépages teinturiers dedans, nez très réduit à l’ouverture mieux après carafage, fruits noirs confiturés, café, notes animales. Bouche rustique, puissante, tannique, avec des arômes très mûrs mais une bonne acidité derrière, le vin manque d’élégance pour la plupart des dégustateurs, de précision également.
Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela La Totora criolla chica 2021 Calingasta valley, San Juan : (Cépage criolla chica ou pais ou listan prieto) Couleur rosé foncé, contours un peu orangés. Nez très fruité et floral, fraise, pivoine, un peu orange sanguine, façon Tavel de l’Anglore par exemple. La bouche a de la puissance (14,5%), du corps pour un rosé, plus d’acidité et de tension qu’un Tavel, avec des petits tannins qui allongent le finale. Il reste du coup très digeste et facile à boire, plus précis que la cuvée Los Nidos.
Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton) Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin.
Altos Las Hormigas, Malbec 2019 Paraje Altamira, Valle de Uco-Mendoza : (domaine créé en 1988, avec notamment Attilio Pagli un précurseur du malbec argentin dans les années 1990, lui qui était pourtant venu à la base pour développer le sangiovese. Consulté par le géologue Pedro Parra. Environ 200 hectares aujourd’hui. En bio. Un jardin en biodiversité a été créé dans les années 2010. Période vin boisée dans les années 90-2000, vin beaucoup plus terroir désormais. Ici Paraje Altamira : 20mois élevage 50% foudres non toastées 3500L , 50% cuves béton. 30% VE. Sols granit galets et graviers recouverts de calcaire, 1200m d’altitude) Couleur pas trop sombre pour un malbec, nez d’herbes grillées, fruits noirs, épices, chocolat, orange sanguine. Bouche fraîche, élégante, pas très élevée en alcool, acidité moyenne, tannins plutôt souples, semble prêt à boire. Très typique de Paraje Altamira, frais et élégant, mais presque un peu trop sage, manquant un peu d’intensité et de longueur par rapport au Chacayes.
Riccitelli, Malbec Vino de Los Chacayes 2019 Los Chacayes, Valle de Uco-Mendoza : (1500m partie la plus à l’ouest, un peu de calcaires, sables et graviers calcaires. 30% VE, fermente en cuve béton puis 16mois foudres de chêne français. 14% 7,4gr AT) Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, le café, la violette, les herbes aromatiques, intense. Bouche à la fois très mûre et très dense, avec une grosse acidité derrière qui équilibre bien le tout, les tannins sont encore bien présents sans être secs, c’est très long, encore un peu jeune dans l’idéal.
Riccitelli, Cabernet Franc sobre suelos calcareos 2021 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Guatallary, dans la vallée d'Uco, à 1 400 mètres d'altitude, plutôt partie Ouest, sur des sols calcaires composés de gravier et de sable fin. Egrappé. Fermente en cuves béton levures indigènes, élevage 1an fûts de chêne non neufs) Couleur très sombre, le nez rappelle bien le cabernet franc, légèrement poivronné et végétal, cassis, une petite touche herbes grillées en plus. Très belle bouche, juteuse, avec une acidité élevée, beaucoup de fraîcheur, de la tension, très salivante.
Riccitelli, Old vines Bastardo 2022 Rio Negro, Patagonie : (100% trousseau, vignes des années 1960, franc de pied, une partie de grappes entières, fûts français) Couleur claire, contours violets, nez plein de fruits rouges et noirs, un peu de violette, pas d’élevage ressenti. La bouche semble légère en alcool, avec une belle acidité, beaucoup de fruits, peu de tannins, quand même du corps, à la façon d’un beau pinot, avec une belle allonge. Très beau vin, très élégant, déjà très accessible ainsi et avec un potentiel de garde.
Conclusion
Quelques très beaux vins. Dans l'ensemble beaucoup de fraîcheur (les vins ont été choisis dans cette optique là). Peut-être un meilleur niveau que le Chili à l'heure actuelle, avec plus de moyens. Mais le Chili a peut-être un peu plus de potentiel pour l'avenir avec une plus grande diversité de terroir, sa longue côte très fraîche, sa possibilité de ne pas irriguer.
Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.
Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.
De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.
Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.
Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.
Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.
Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.
PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.
Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.
Savigny-lès-Beaune
Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuse. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.
Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.
JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.
P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.
Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.
Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !
Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !
Beaune
L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.
Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.
De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.
Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.
Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.
Les mansengs (petit et gros généralement assemblés) ont été présenté comme des cépages donnant des vins au taux d'alcool élevé, à l'acidité très élevée, avec de la couleur et du corps. Le grenache donne lui des vins clairs en couleur, à l'alcool élevé, peu tanniques et peu acides. Mais attention aux pièges !
Pour plus de lisibilité, les vins des 3 soirées ont été regroupés par région.
Les Blancs
Hegaldaka - Irouléguy 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, à l'Est de St Jean Pied de Port. petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante. Probablement le mieux équilibré des trois Irouléguy du soir. Le manseng est vite identifié.
Xubialdea, Irouléguy blanc Ardan Harri 2022 : (à Lasse, sud de St Jean Pied de Port. Petit et gros manseng) Couleur or, nez un peu plus solaire que le précédent, avec plus d'extraits secs, une touche de noisette. Bouche qui attaque avec une belle acidité, la finale est un peu plus chaleureuse, on sent le millésime un peu plus solaire. Un joli manseng vite identifié aussi.
Goienetxea, Irouléguy Malda 2023 : (à St Etienne de Baïgorry, petit et gros manseng) Couleur plus foncée, nez de fruits exotiques, mais aussi de poire, touche pomme blett, miel, cire. Très jolie bouche, un peu plus "libre" que les précédents, mais parfaitement propre, un peu plus de volume et de largeur peut-être, l'équilibre reste bon, aucune lourdeur en finale. Encore un très joli vin de la nouvelle génération basque. Merci Kévin.
Domaine de Valbrun Léo Charruau - Saumur blanc Clos du Moulin 2023 : (ouvert à la dernière minute pour changer un autre chenin mais sur 2022) Couleur claire, nez d'agrumes, poire, encore un peu d'élevage. Bouche légère en alcool, de la vivacité en attaque, mais de la rondeur et de l'élevage sur la fin de bouche, vite identifié comme n'étant pas du manseng, mais le chenin a été difficile à reconnaître dans la série. Très différent du 2022.
F. Pinon - Vouvray solera : (demi-sec, solera 2018-2021) Couleur or, le nez est sur l'ananas, les fruits exotiques, il peut faire penser à du manseng. La bouche est un peu moins élevée en alcool et moins acide à la fois, mais l'aromatique a été trompeuse.
Coco Farm & Winery, Cantata di Montagna 2020 : (petit manseng, préfecture de Tochigi) Couleur or pâle, légèrement trouble, nez marqué par les lies, grillé, citron confit, pas vraiment de fruits exotiques. Bouche vive, perlante, qui manque un peu de corps et d'alcool pour être un manseng en théorie, beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Tout le monde est perdu bien évidemment.
Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.
Philine Isabelle, Langhe chardonnay 2023 : (à Barolo, sur Preda) couleur claire, nez floral, peu d'élevage, petite note exotique, bouche avec moins de corps et mois d'acidité que les mansengs, assez simple.
Trapet, Riesling RQWR 2011 : (riesling, à Riquewihr, demi-sec) Couleur or, nez marqué par les terpènes, fruits jaunes mûrs, presque exotique, miel. Bouche assez large pour un riesling, avec de l'opulence et de la puissance, manque un peu d'acidité pour être un manseng. Vite identifié par le côté pétrolé.
Tenuta delle Tere Nere, Etna bianco calderara sottana 2023 : (100% carricante) couleur or, nez qui a fait penser à du manseng, fruits exotiques, un peu miellé. Une fois l'étiquette découverte, la bouche était sur un profil plus "minéral", un peu plus frais et en tension, avec un peu de lies. Joli piège. Merci Michel.
Lajibe (négoce Mansengs et Co.), Mansengs Vin de France 2023 : couleur or profond un peu trouble, nez très puissant, marqué par le grillé des lies, le citron confit, les extraits secs, clairement travaillé en nature-autolyse, beaucoup pensent au Jura façon Ganevat etc..., bouche énergique, légèrement perlante, avec du volume, de l'acidité, aromatique très marquée par les lies, finale umami salivante. Ceux qui connaissaient le domaine ont vite retrouvé le style, pour les autres un vin déconcertant difficile à placer en Jurançon tant il diffère des autres vins de la soirée. Une interprétation différente, qui a fait débat.
Domaine des Féréol, Jurançon sec Françoise 2023 : couleur claire pour un manseng, nez de poire, quelques fruits jaunes et noisette avec l'ouverture, zestes d'agrumes, acacia. Bouche très énergique, avec du peps, de la fraîcheur, sans manquer de corps, un joli fruité, et beaucoup d'allonge. Coup de cœur unanime, qui n'a pas été simple à placer par contre, car moins solaire que la moyenne des mansengs.
Camin Larredya, La Virada Jurançon sec 2016 : couleur or profond, nez de fruits exotiques, papaye, mangue, miel, cire, noisette, déjà bien évolué... Bouche avec de la puissance et de l'acidité à la fois, vite identifié comme un très beau manseng, avec un peu d'évolution, pile à point.
Camin Larredya, Jurançon Le Grain des copains 2022 : couleur or, nez sur l'ananas, le miel. Bouche très digeste, peu sucrée (environ 45gr) avec une bonne acidité, un sucre aérien, très facile pour finir.
Les Rouges
Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache, à Aniane) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, 14% d'alcool, très gourmand et facile à boire. Tout le monde reconnait le grenache.
Terrasse d'Elise, Hauts de Carol's 2020 : (100% cinsault) Couleur un peu plus foncée, nez très fruits rouges sucrés, garrigue, bouche avec de la puissance mais bien équilibrée, les 15% ne se sentent pas, peu tannique, très gourmande, et longue. Très belle bouteille. Un joli piège, placé en grenache, y compris par moi-même... Bien joué Fred !
Réserve d'O, Bachi-Bouzouc IGP Pays d'Hérault : (100% grenache, à Aniane) un grenache légèrement plus foncé et puissant que le précédent, même si on reste sur une cuvée sur le fruit. Un peu moins de sucrosité, un style gourmand, peu tannique et efficace là aussi, bien typé grenache.
Féraud, Claux Guillard Vin de France 2023 : (100% grenache, à St Geniès de Comolas, Gard) Couleur claire, nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine. Bouche avec un tout petit peu plus d'acidité et de tannins que la cuvée G une révélation, mais pas suffisamment non plus pour tromper sur le cépage. Ca reste rond, gourmand, sur un fruité légèrement sucré, très bien équilibré. Après un peu plus d'hésitation, le grenache est identifié.
Ouréa, Gigondas 2023 : (grenache, sud de Gigondas) Couleur à peine plus foncée, un grenache en infusion, très fin, aérien, assez léger en alcool pour Gigondas (13,5%), très fraise écrasée, et herbes aromatiques, déjà très accessible et prêt à boire, coup de cœur unanime. Vite placé sur du grenache mais pas forcément sur cette appellation-là.
Saladin, Haut-Brissan Côtes du Rhône 2023 : (100% grenache, à St Marcel d'Ardèche) Couleur très claire sur ce millésime, nez très marqué par la rose, presque trop pour certains. Bouche en dentelle, aérienne, sans manquer de corps. Le grenache n'a pas forcément été décelé.
Saladin, Paul Côtes du Rhône 2023 : (90% grenache, 10% clairette) couleur très claire, nez de fraise écrasée, petite sucrosité, bouche très gourmande, ronde, soyeuse, clairement le côté solaire du grenache, sans lourdeur. ite identifié. Coup de cœur unanime.
Marcarini, Barolo 2021 : (à La Morra) Couleur claire, nez de fruits rouges, rose, goudron, menthol. La bouche a de la puissance, des tannins et une acidité trop marqués pour être du grenache, beaucoup de longueur et de fraîcheur, encore un peu trop austère à ce stade.
M. Lapierre, Morgon MMXXIV : (100% gamay, vieilles vignes du domaine) plus sombre en couleur, un gamay sur le fruit, ultra croquant et juteux, peu tannique, très fin et frais sur ce millésime, pas encore très complexe à ce stade, mais parfaitement exécuté, offrant beaucoup de plaisir en l'état. Clairement pas du grenache.
R. Demougeot, Pommard 2018 : Couleur claire, nez de fruits rouges plus frais et moins sucrés que les grenaches, un peu de ronce, des notes de torréfaction liées à l'élevage. Bouche légère, aérienne, tannins très fins, une bonne acidité pour 2018, un pommard avec beaucoup de finesse, vite placé sur du pinot.
Nicolas-Jay (Méo-Camuzet en Oregon), Ensemble pinot noir 2021 Willamette Valley : couleur sombre pour un pinot, nez avec un élevage torréfié encore un peu marqué, un joli fruité derrière. Bouche soyeuse, en rondeur, avec du corps mais moins d'alcool que sur les grenaches. Joli vin, encore un peu jeune dans l'idéal. Le piège a été vite trouvé aussi.
Clos Venturi, AOC Corse Altare rouge 2023 : (100% sciaccarellu, à Ponte Leccia) Couleur très claire, nez de grenadine, pivoine, fraise. Bouche en dentelle, très gourmande, tannins très fins, pas beaucoup d'alcool ressenti, globalement pas placé sur un grenache. Très belle bouteille.
Zuria, Spinella 2022 : (70% sciaccarellu, minustellu, carcajolu, nielluciu, à Bonifacio) Couleur plus foncée, nez qui pourrait faire grenache, fruits rouges, garrigue... Bouche moins en rondeur, avec plus de tension, à la fois du corps et beaucoup de fraicheur, tannins soyeux, très belle bouteille aussi. Merci Arno.
Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, carignan, Sta Cruz Mountains) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier.
Casa Blanca, Lluminari 2018 Collioure : (70% grenache, syrah, carignan) Un vin plus coloré que les autres, plus puissant, plus marqué par les fruits noirs, la viande fumé, le café, plus de tannins aussi, mais l'équilibre est bon, il reste frais avec une bonne longueur. On sent le sud, mais pas forcément une majorité de grenache. Merci AS.
Terres de Fagayra, Maury grenat 2018 : (grenache) Un VDN à base de grenache, parfait pour terminer en douceur, pas trop sucré ni trop alcooleux pour un VDN, très bien équilibré, pas de lourdeur.
Merci à tous pour ces 3 belles soirées qui clôturent l'année en beauté. Rendez-vous en 2026 !
Commençons par rendre à César ce qui appartient à César. La majorité des informations ci-dessous proviennent de l'exceptionnel South America Wine Guide de la MW Amanda Barnes.
Le Chili est un pays légèrement plus grand que la France en terme de superficie, ce qui implique une grande diversité de paysages et de terroirs, entre les plages du Pacifique, les montagnes des Andes, les volcans, le désert d'Atacama, l'Antarctique, l'île de Paques...
C'est un pays quelque peu coupé du monde, ce qui a l'avantage de l'avoir toujours épargné du phylloxéra. Des scènes cocasses ont lieu dans les aéroports où la douane est intransigeante avec tous les végétaux potentiellement contaminateurs... Les vignes plus que centenaires et franches de pied sont nombreuses au Chili. C'est un pays qui vit un peu dans l'ombre du voisin, l'Argentine, avec lequel il est souvent comparé, même s'il y a des différences notables, notamment cette longue Côte Pacifique très fraîche.
C'est un pays tout en longueur, environ 4500kms par 200, ce qui implique un éloignement très important (en terme de distance mais aussi de culture, de climat...) du nord et du sud par rapport à Santiago et au centre du pays, beaucoup plus industrialisé.
Et pourtant au niveau climatique, comme le dit Amanda Barnes, l'axe Nord-Sud est beaucoup moins important que l'axe Est-Ouest, à l'instar de la Californie par exemple. En effet, on distingue 3 zones au Chili :
- Costa : la côte Pacifique, fraîche et très humide grâce aux courants de Humboldt. On y trouve le pinot noir, le chardonnay, le sauvignon...
- Entre Cordilleras : la zone centrale, la plus chaude et la plus sèche, celle où l'on trouve le plus de vignes même si les vignobles se déplacent de plus en plus sur les secteurs frais. On y trouve beaucoup de cépages rhodaniens (syrah, grenache...) et bordelais (cabernet sauvignon...).
- Andes : la cordillère, plus en altitude, à nouveau plus fraîche donc, qui abrite plutôt des cépages bordelais. Les vignes en altitude ne sont pas du tout majoritaires au contraire de l'Argentine.
Ces trois mentions correspondent à une terminologie officielle mais rien n'oblige un producteur à le mentionner. C'est d'ailleurs assez rare, même si depuis peu la mention "Costa" se voit de plus en plus pour indiquer un vin sur la fraîcheur.
Il y a au Chili des régions, des sous-régions, des municipalités... et un système de DO (Dénomination d'origine). Une DO peut correspondre à tout, il y en a donc d'immenses, comme de très petites. Elles sont souvent plus politiques que climatiques. La plupart des DO sont grandes et englobent des vignes aussi bien de la Costa, de l'Entre Cordilleras ou des Andes. Mais peu à peu un travail est en train d'être fait pour que les DO respectent mieux les climats et les terroirs.
Les régions du Nord au Sud :
Atacama : la vigne ne sert que pour le Pisco.
Coquimbo : (Elqui et Limari) Beaucoup de vignes pour le pisco. Région très chaude où il faut aller soit sur la Côte soit monter dans les Andes (Alcohuaz).
Aconcagua : (San Antonio, Casablanca, Aconcagua) Région solaire, avec quelques grands cabernets et quelques grands groupes (Sena, Montes…) mais tout de même moins que dans la Vallée Centrale. Plus récemment beaucoup de vignes sur la Côte pour produire des vins plus frais, (sauvignon, pinot noir...) sur Casablanca et San Antonio.
Vallée centrale : (Maipo, Cachapoal, Colchagua avec la DO Apalta, Maule) La région principale du Chili, près de 80% des vignes. Beaucoup de cabernet dans l’Entre Cordilleras. Vins premium sur Colchagua, Cachapoal… Tandis que Maule a plutôt la réputation de faire du volume à bas prix, même si c’est en train de changer doucement.
Sud : (Itata, Bio-Bio, Malleco) très différent de la Vallée centrale, pas de grosses structures, pas d’industrialisation. Historiquement aussi, peuples qui ont toujours refusé le colonialisme. Plus de 10 000 viticulteurs, mais moins de 2 ha en moyenne. Une région historique du vin avec de vieilles vignes, mais complètement tombé dans l’oubli à partir des années 1970. Elle renaît aujourd’hui, notamment car il y fait plus frais, il n'y a pas besoin d’irriguer. Les jeunes « natures » s’installent ici, mais on voit aussi les grosses structures du Centre commencer à investir dans des vignobles.
Chiffres clés :
9 millions d’hectolitres. Environ 7e pays producteur de vin, juste derrière l’Argentine. Le Chili était même juste devant une année. Chiffres en forte hausse (si on regarde sur 20ans).
Beaucoup d’’export, 5e mondial : Chine en premier, Royaume-Uni, USA, Brésil… Peu de consommation locale.
Environ 75% du pays en bio !
Histoire :
16e siècle : la vigne est emmené par les espagnols, avec notamment le país, aussi appelé criolla/mission/listan prieto que l'on trouve encore aux Canaries par exemple.
19e siècle : beaucoup de français d'où les cépages bordelais (merlot, cabernet, carménère, sémillon...)
1930’ à 1960’ : Prohibition. Chute énorme alors alors qu’il y avait beaucoup d’hectares de vignes jusque là.
1962-1973 : gouvernement qui redistribue les terres. Alors qu’elles appartenaient jusque là à des grands groupes très riches. 60% des terres sont redistribuées aux classes pauvres, ce qui explique qu'il y beaucoup de viticulteurs avec de toutes petites surfaces encore aujourd'hui.
1973-1990 : Pinochet au pouvoir (placé par les USA). Certains riches propriétaires arrivent à récupérer leurs terres. Beaucoup de forêts de pins et d’eucalyptus plantés, surtout dans le Sud. Ouverture à l’import et à l’export. Mais récession dans les années 1980, et consommation locale encore en baisse. 67 000 hectares en 1985 chiffre le plus bas depuis presque toujours.
1990-début 2000 : les investisseurs étrangers commencent à arriver, même si l’ouverture a commencé sous Pinochet. Miguel Torres arrive en 1979. On modernise, et on regarde comment faire du volume. Contrat avec la Chine en 2006 qui deviendra en 2016 le pays numéro 1 de l’export. Le Chili devient un peu trop « market-driven », Errazuriz exporte 95% de sa production. Des grands groupes possèdent des milliers d’hectares et donc fixent les règles et les prix du raisin. Au début des années 2000 image de vins pas chers, bon marché, peu qualitatifs. Des tournées et concours sont alors organisés (Jugement de Berlin en 2004) et quelques vins Premium remportent des 100/100 ce qui commence à changer un peu l’image du pays.
Aujourd’hui : pays en pleine mutation, beaucoup d’association pour remettre en avant les vieilles vignes, les terroirs oubliés, moins d’irrigation, plus de qualité, de « terroir », des vins moins internationalisés etc… Donc un pays très "nouveau" mais avec un patrimoine de vieilles vignes.
Problèmes rencontrés (ils rappellent l'année 2025 en France...) :
- Tremblements de terre.
- Sécheresse (85% du pays est irrigué). Certains domaines n'ont pas eu assez d'eau pour irriguer toutes leurs parcelles ces dernières années, ils ont dû en sacrifier certaines. La situation devient compliquée, beaucoup migrent vers la côte et vers le sud.
- Feu de forêts.
- Nématodes = des vers qui transmettent un virus responsable du court-noué : pour lutter contre cette maladie et pour contrôler la vigueur, les plantations récentes sont quasiment toutes greffées sur porte-greffe américain comme chez nous.
La dégustation
Le choix a été fait de goûter principalement des projets récents, ayant pour but de remettre en avant les terroirs, des vins non standardisés, mais aussi des vins plutôt orientés sur la finesse et la fraîcheur et issus de vignes non irriguées. Bref, la nouvelle génération Chilienne, qui est en train de faire bouger le paysage viticole du pays.
Les blancs
Vina Tabali, Talinay Chardonnay Caliza 2022 DO Valle del Limari : (à Talinay, à 12kms de la côte, dans le calcaire. 29e parallèle Sud. Mais courants d’air frais du Pacifique, « camanchaca » donc très frais et humide. 1000mm d’eau par an. Ce sont les chardonnays les plus tendus et austères du pays. Ils y font des Sparkling avec Thiénot. Parcelle de 0,7ha plantée en 2006 à 5000 pieds/ha. Elevage 10mois fûts de chêne français non neufs. Pas de malo. Domaine créé en 2002. Aujourd’hui 150 hectares sur plusieurs sites) Couleur très claire, nez qui à l'ouverture sauvignonne légèrement, un peu de lies, bien mieux avec une bonne ouverture, à mi-chemin entre Sancerre et Chablis, léger buis, fruits jaunes qui se développent avec l'ouverture, un côté presque "coquille d'huître", pierre humide, cire. Bouche très droite, tendue, un peu austère, grosse sensation minérale, légère en alcool (12,5%), pas du tout de gras, quand même du corps et de la longueur, on sent sur la finale que c'est encore jeune et soufré, un gros vin parti pour durer. Le côté "Costa" annoncé est très présent même si bien sûr la vinif aide un peu aussi...
RETA, Chardonnay Quebrada seca 2020 DO Valle del Limari : (Marcelo Retamal, célèbre œnologue, qui faisait notamment les vins de Vinedos de Alcohuaz. Il crée un domaine en 2019 : 3 parcelles les plus qualitatives du pays selon lui, un chardonnay et un pinot à Limari, un rouge dans le Maule. Désormais des projets en Espagne. Ici 4,4 hectares, 236m altitude, 25kms de l’océan. Vignes plantées en 1993 franches de pied. Elevage 24 mois fûts de chêne français non neufs) On rentre un peu dans les terres par rapport au précédent et à peine plus au Nord, couleur bien dorée, nez beurré, fruits jaunes plus mûr, plus miellé. Bouche plus puissante (13,5% vs 12,5%) avec plus de gras, très beaunois dans l'esprit, on sent que la malo a été faite ici. La finale reste cependant fraîche avec une impression de salinité. Pas de lourdeur. (Un Saint-Aubin sur gamay 2015 de Moingeon bu juste après était proche jusqu'à la finale plus pataude.) Niveau proche du précédent, dans un style opposé, celui-ci est à boire par contre.
Garces Silva, Amayna sauvignon Cordon Huinca 2023 DO Vallée de Leyda : (à 14kms du Pacifique. 7000 pieds/ha. Granit. 70% en cuves. 13,8. Ph 3,11. AT 7,1. SR 1,24) Un sauvignon clair en couleur, variétal, sur le buis et le pamplemousse, qui a le mérite d'être frais, tendu, avec une acidité élevée, tout en ayant de la concentration.
Bouchon Family, Block series semillon 2021 DO Maule : (à Batuco, vignes de 80ans, 30kms océan, 187m altitude, sols de granit. 50% cuves sur lies et 50% barriques 6mois. Vieux domaine familial. Presque 160ha sur 3 vignobles.) Couleur claire, nez très marqué par les lies, grillé, pétard. Bouche citronnée, lies, légère en alcool (12,5%), un peu diluée, pas grand fond derrière l'autolyse. Par contre c'est frais et digeste. Travaillé en légère sous-maturité façon semillon de la Hunter Valley en Australie.
Bouchon Family, País salvaje blanco 2022 DO Maule Secano Interior : (Vignes sauvages dans les arbres, très petits rendements. Vendanges avec des échelles, jusqu’à 6m de haut début avril. On suppose que des oiseaux ont semé des raisins depuis les parcelles voisines. A Mingre, 45kms du Pacifique. 193m altitude. Vignes d’environ 120ans. Il y aurait eu une mutation de certains país rouges en país blancs, premier millésime des rouges en 2015 et des blancs en 2016. Sols granits et limons sableux. Fermentation en levures indigènes. Elevage en amphore. Bio. Non filtré. 11,5%) Clair en couleur, nez sur la poire, les agrumes, floral. Bouche légère en alcool, fraîche, bonne acidité, très rafraîchissant et facile à boire, fruitée et florale, pas très complexe ni très long, mais parfait pour commencer.
Roberto Henriquez, Torrontel super estrella 2022 Wine of Chile : (Créé en 2015 sur 7 hectares dans le sud du pays à Bio Bio et Itata, sur la cordillère de Nahuelbuta. Figure du nouveau mouvement des vins naturels, notamment passé chez Mosse en Anjou. Secteur frais, vignes non irriguées. Vieux cépages. Vieilles vignes de torontes et un peu de sémillon. 15 jours de macération. 10,5%) Couleur assez claire pour une macération, nez très pinède, résine, garrigue, puis légèrement muscaté. Bouche très légère en alcool, la macération est légère, manque un peu de corps et d'intensité, mais très frais et facile à boire, aromatique plaisante sans lourdeur, parfaitement propre, assez "soft" pour un vin orange. Longueur moyenne.
Arcana, Semillon 2020 DO Valle del Itata : (Vignes de plus de 120-150ans, élevage vieux fûts sur lies fines 11mois. A Coelemu, sur des sols granitiques et quartzés, à environ 20kms de l’océan. dirigé par Alberto Barra. Né du concept de « wine coworking » imaginé par François Massoc, Arcana bénéficie d’un espace de travail collaboratif situé à Quillón, dans la région de Nublé) Couleur dorée, nez très sémillon, miel, fruits jaunes, cire, acacia. Bouche sur les mêmes arômes, avec du corps mais aussi une bonne acidité pour un semillon, on sent le climat frais, la finale est assez longue, sur des amers assez marqués, qui donnent encore plus de relief pour certains, un peu trop marqués pour d'autres. Globalement une belle découverte. La bouteille de la semaine suivante a une petite oxydation.
Les rouges
Leo Erazo, A Los vinateros bravos, País volcanico 2022 DO Itata : (Projet récent, après une expérience en Europe Leo Erazo est revenu à ses sources. collaboration avec de petits farmers sur cette gamme. Très vieilles vignes en gobelets, non irrigués, bio, vinifiés quasi en nature. Vignes de 200ans, sur basalte, 200m altitude, exposition nord. Egrappé. Elevage cuve ciment. sulfites à la mise seulement) Couleur très claire, nez de petits fruits rouges type canneberge, des épices, réglisse, touche végétale, avec aération le côté fumé arrive, il me rappelle Envinate par exemple. Bouche légère en alcool, sans tannins, typée jus de fruit nature, le côté épicé et le fond fumé donnent un peu de relief, pointe de volatile. Finale assez courte. Le vin a divisé : découverte très sympa pour certains, d'autres ont eu du mal avec le côté "sauvage" de ce país.
Bouchon, País salvaje 2022 DO Maule Secano Interior : (vignes sauvages comme sur le blanc, égrappage et pressurage avec la "zaranda" traditionnelle en bambou qui permet un pressurage doux convenant bien au cépage) Couleur très claire, nez très fruité de framboise, groseille, pivoine, quelques épices. Bouche légère, 12%, infusée, peu tannique, fruitée et florale, assez simple mais facile à boire et très plaisante.
Laberinto, Arcillas país 2022 DO Lago colbún : (emblème du Labyrinthe = diversité, complexité et harmonie de nos vins. La forme circulaire c’est aussi le tout, une démarche holistique… » Viti régénérative. Vignes plantées en 1993 par Rafael Tirado, à l'extrémité est de Maule, à près de 600m d'altitude, sur le lac Colbún (un des seuls domaine de la DO), sur des sols volcaniques. Il a appris chez Veramonte, puis quelques stages chez Marionnet, Terrebrune... Il quitte Veramonte en 2007 pour se consacrer à Laberinto. 23hectares. Ici 0,7ha plantés sud, sols volcaniques, 550m altitude, secteur Maiten. 30% VE. Elevage cuves béton et amphores) Couleur très claire, joli nez de cranberry, réglisse, petits fruits rouges, fumé. Bouche plus austère que le nez, qui avec l'ouverture va perdre un peu de son fruité pour laisser place au fumé et un côté presque ferrugineux.
Baettig, pinot noir Los Parientes 2023 DO Traiguén (Malleco) : (projet de Francisco Baettig – winemaker pour Errazuriz, Chadwik… et Carlos de Carlos. Vignes plantées en 2013 à Los Suizos, sols volcaniques, à 600kms au sud de Santiago. Donc climat frais et humide, pas d’irrigation. Traiguen = chutes d’eau. 1084mm d’eau par an. 38e parallèle sud. 9ha de pinot, 6,4ha de chardo principalement greffés, clones français. 8% grappes entières. Elevage 10mois en fûts français 300L dont 10% neufs) Couleur pinot classique, rubis, brillante. Nez classique fruits rouges, cerise, floral, très bourguignon, pas de chaleur ni de sucrosité. Idem en bouche, pinot fruité, très bourguignon, très cadré, bien fait, on peut juste lui reprocher de ne pas nous avoir assez fait voyager.
Clos des fous, Subsollum pinot noir 2015 : (projet créé en 2008 par Pedro Parra, François Massoc, Albert Cussen et Paco Leyton. Projet de revitalisation de vignobles anciens, non irrigués, avec de vieilles vignes, en bio. Aujourd’hui environ 47 hectares sur 6 vignobles. Ici 75% sur l’Aconcagua (sur la Côte) sur sols calcaires et 25% au sud (Traiguén) sur sols volcaniques. Une partie de grappes entières. 15%) Couleur de pinot, mais ça s'arrête là, nez beaucoup plus mûr et sur des fruits compotés. Bouche puissante, dense, encore jeune, toute en rondeur, avec peu d'acidité et des tannins complètement enrobés, quand même une bonne longueur, mais un vin qui manque de fraîcheur.
Casas de Bucamelu, pinot noir fosiles 2020 DO Vallée de Leyda : (créé en 2008 sur un très vieux « ranch ». 9kms du Pacifique. Sols calcaires, bio. Elevage foudres de chêne français. 13,5%. Ph 3,35) Couleur sombre pour un pinot, nez avec des arômes toastées, café, fruits compotés. Bouche toute en rondeur, peu tannique, peu d'acidité pour un pinot, plutôt gourmand avec une petite sucrosité, un peu l'opposé du Baettig dans le style, assez simple.
Pedro Parra, Monk cinsault 2021 DO Itata : (Pedro Parra possède un Master en aménagement du territoire viticole et un doctorat, il aurait creusé plus de 22000 fosses pédologiques. Il a notamment été membre du Clos des Fous. Il a été consultant pendant 15ans, pour Comando G, Roulot, Comte Liger Belair, Marengo, Zuccardi, Altos las hormigas… avant de créer son domaine tout récemment. Tous ses vins sont sur des sols granitiques dans le sud du Chili. Ici un seul vignoble à Tinajacura, région de Guarilihue Alto, planté en 1995 (environ 25kms de l'océan). Sols sablo-limoneux, riches en fer, granites oxydés et quartz. Fermentation en cuves levures indigènes. Elevage cuves en bois 11mois. Hommage au musicien Thelenous Monk) Couleur sombre pour du cinsault, nez de chocolat, fruits noirs, eucalyptus, herbes aromatiques, semble annoncer un vin mûr et chaleureux. La bouche ne l'est pas tant que ça, de corps moyen, avec une bonne acidité, "seulement" 13,5 d'alcool, une sensation d'attaque veloutée puis d'une fine de bouche austère avec une allonge sur l'acidité et les tannins intéressantes qui donne une certaine fraîcheur et une sensation de minéralité, mais l'ensemble parait plus dissocié qu'harmonieux à ce stade, même si ça se joue à pas grand chose et qu'il y a pas mal de qualité aussi. A voir avec quelques années de plus.
Garage Wine co., Cabernet franc Las Higueras vineyard Lot#112 2019 DO Maule : (Domaine de Pilar Miranda Avendaño et Derek + le scientifique Docteur Alvaro Peña. Créé en 2001. Viticulture régénérative. Domaine de 34ha environ mais qui revend une partie des raisins, ne gardant que le meilleur. Plusieurs projets aussi d’achats à des farmers, à Maule, Itata et Maipo. Membre de plusieurs associations comme Vigno qui remet en avant les veux carignans. Ici 8ha travaillés par le domaine, vignes de 116ans, vieux gobelets, sables alluviaux, graviers, galets roulés, 2ans en vieux fûts, proche de Linares, au sud de Maule, 165m altitude mais au pied des Andes) Couleur sombre, nez avec un peu d'évolution, fruits noirs, tabac, chocolat, réglisse. Bouche légère en alcool, peu tannique, mais du corps et une aromatique assez sauvage, une touche végétale/épicée qui lui donne du caractère, pas vraiment de poivron, plutôt réglisse et herbes aromatiques, un peu garrigue, avec une finale assez longue qui garde une belle acidité. Très intéressant.
Garage Wine co., Truquilemu Vineyard Carignan field-blend Lot #107 2019 : (Proche du Pacifique. Zone la plus fraîche de Maule. Ici 90% carignan + syrah pais et autres complantés, 75ans minimum. Sols granits avec quartz et sable. Sulfitage après malo seulement. 2ans fût, 3e remplissage ou plus. Achat de raisins bio. 13,5%. Ph 3,2. AT 6,69) Couleur sombre, nez élégant, floral, fruits noirs, herbes grillées, bouche très juteuse, tannins fins, beaucoup de fruit et de floral, très elle acidité qui équilibre le fruité mûr, beaucoup de finesse, surtout pour un carignan, pas spécialement animal, très précis et long.
RETA, Romelio 2020 DO Maule : (vignes de 1945 franc de pied, malbec complanté avec un peu de pais et de carignan, 59m altitude, à Limavida, 36km du Pacifique, non irrigué. 70% VE. 30jours macération, 26mois fûts français 228L de 3e et 4e remplissage. Sol granit décomposé. 13,5%, 6,62AT) Couleur sombre, un peu tuilée, nez de fruits noirs, violette, épices, cannelle. Bouche un peu plus puissante que les autres rouges, avec du corps et encore un peu de tannins, encore un peu jeune, aromatique intéressante, à la fois mûre, épicée, mais avec de l'acidité dans le fond et une bonne longueur, très florale et élégante. Un bon potentiel. Quelque part entre les malbecs de Cosse Maisonneuve et ceux de Riccitelli.
Vinedos de Alcohuaz, Tococo syrah 2021 DO Valle del Elqui : (30e parallèle ! Domaine créé en 2005, 20hectares aujourd’hui. 100mm eau/an. Grande amplitude thermique. Vignes plantées en 2009 85% syrah à 1788m et 15% petite syrah à 2200m. 12jours macération, grappe entière en lagares pour moins extraire car la peau est épaisse à ces latitudes. Elevage 18mois foudres. Sols de granit. 12,5%, ph3,52. 6,03AT. Marcelo Retamal était l’œnologue jusqu’à l’an dernier) Couleur sombre, nez très marqué syrah, lardé, violette, cassis, un peu toasté, surtout à l'ouverture, moins par la suite. Très bel équilibre en bouche, peu d'alcool, acidité élevée, tannins fins, aromatique sauvage, florale, épicée, végétal noble, herbes aromatiques, viandé, finale salivante, très beau vin, qui combine vraiment ce sentiment de soleil/altitude du lieu.
Las Ninas, Tacon Alto 2002 DO Colchagua : (80% syrah + merlot, sur Apalta) Couleur sombre, nez sur le café, le tabac, la viande fumée, quelques fruits noirs, encore un peu d'élevage. Bouche puissante, encore jeune pour 2002, tannins gras et enrobés par l'alcool et le temps en bouteille, le vin manque un peu de fruit et de fraîcheur mais il y a de la longueur. Intéressant à goûter. On a le sentiment qu'il ne fallait pas l'ouvrir en jeunesse, mais sa puissance et son élevage poussé lui ont permis de traverser le temps. Merci Fred.
Conclusion : les deux chardonnays ont survolé la dégustation, d'un très beau niveau. On peut à la limite leur reprocher de ne pas être très originaux pour nos palais français. Ce sont probablement les meilleurs chardonnays du pays (avec celui de Baettig). Même si les autres vins étaient plus simples, tout le monde a apprécié leur fraîcheur. Les rouges nous ont plus fait voyager que les blancs, globalement un petit cran en-dessous mais plus originaux, avec des pinots noirs plus solaires que ce que nous connaissons du cépage et au contraire des carignans malbecs et syrahs plus frais. Les taux d'acidité sont vraiment très élevés sur les fiches techniques de ces derniers rouges, même s'ils ne se ressentent pas vraiment à la dégustation : ce sont des équilibres différents, ils compensent l'ensoleillement plus élevé. Le niveau global du pays commence à devenir très intéressant, certes encore un peu en-dessous de ce que nous avons eu récemment dans nos soirées Afrique du Sud ou Australie par exemple, mais il y a un vrai charme et une identité propre qui est en train d'être retrouvée et qui annonce un très bel avenir aux vins chiliens.
De Montille, Bourgogne blanc Clos du Château 2022 : (vignes sous le Château de Puligny) chardonnay peu marqué par l’élevage, dans un style épuré, mais tout de même marqué par le millésime solaire, lui donnant des notes de fruits presque exotiques, avec une bonne acidité qui équilibre bien le vin.
Prieuré St Jean de bébian, Languedoc blanc 2022 : (roussanne/vermentino, 36mois d’élevage sur lies totales en vieux fûts, en nature) Bien dans le style du « nouveau » Bébian, plus coloré que le précédent, un peu trouble, un nez très marqué par le grillé des lies, beaucoup d’extraits secs, de citron confit, très proche d’un Ganevat par exemple. Bouche très énergique, beaucoup de peps et de volume, pas du tout de lourdeur, impressionnant pour des roussannes de Pézenas, le vin demanderait à se fondre encore un peu dans l’idéal, mais déjà excellent, avec beaucoup d’umami, et très prometteur, dans un style qui peut diviser.
Hegaldaka, Irouléguy blanc 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante.
Antonio Maçanita, Douro Os Caniveis Letra F 2022 : (plus de 17 cépages, vieilles vignes en altitude dans un secteur frais) Couleur claire, nez plein de fruits des bois, des épices, violette. Bouche légère en alcool, peu de tannins, beaucoup de fruits et d’épices, pas forcément très longue, mais très facile à boire.
Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, très gourmand et facile à boire.
U Stiliccionu, Ajaccio Kalliste 2019 : (sciaccarellu + nielluciu) Couleur plutôt soutenue pour un sciaccarellu majoritaire, nez de fruits rouges, avec un début d’évolution, un côté cuir, goudron, un peu dans l’esprit d’un Barolo. Bouche assez légère en alcool pour un sciaccarellu, avec une acidité plus élevée que la moyenne, un côté plus sauvage que Vacelli ou Abatucci, mais qui reste maîtrisé, moins de rondeur, plus d’allonge. Différent, mais tout aussi bon.
Domaine des Grouas, Anjou rouge Les Bergeons 2022 : beaucoup de gaz et de réduction à l’ouverture, mieux après carafage, mais on sent que ce n’est pas en place. Un peu la même impression sur le grolleau Métamorphose. Les Graou 2023 se sont mieux présentés.
Unterlind, Trittenheimer Apotheke riesling kabinett AP02 2023 : (nouveau domaine créé par Heiner et Veronika Bollig, maître de chai d’Egon Müller) Couleur très claire, nez très épuré, citronné, peu de pétrole. Bouche très fine, cristalline, on se demande où sont les sucres, pas un gros volume, mais tout en fraîcheur et en sensation minérale, ultra digeste, parfait pour finir.
Maçanita, Letra F 2023 : (la petite cuvée) très proche de la cuvée Canivéis 2022 de la semaine précédente.
Max Kilburg, Ohligsberg pinot noir 2023 : pinot noir allemand sérieux, frais, à l'acidité élevée, sensation minérale assez rare sur un rouge, avec du fond, salivant, bon potentiel de garde. Un peu trop austère pur certains.
Timo Mayer, Yarra Valley sangiovese 2021 : couleur très claire, nez très fraise écrasée, un peu truffe à l'ouverture. Bouche très suave, gourmande, soyeuse, florale et pleine de fraise écrasée, certains pensent aux sciaccarellu corses, d'autres à la Pialade.
Oratoire St Jean d'Aureilhan 2022 : couleur beaucoup plus sombre, nez éclatant de fruits noirs, épices, un peu fumé, olive, cuir. Bouche avec un fruité gourmand, mûr, une texture soyeuse, la main de fer dans un gant de velours, déjà très bon en l'état et un gros potentiel de garde.