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La Cave du Théâtre

La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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7 décembre 2025

Horaires d'ouverture

 

La Cave du Théâtre

 

Cyril Sartre & Tomy Dupieux

 

7 rue Nestor Perret, 63000 Clermont-Ferrand

 

04 73 39 09 65

 

la-cave-du-theatre@orange.fr

 

Cave du Restaurant La Régalade

Meilleure carte des vins de France Terre de Vins 2022

Meilleure carte des vins de France Star Wine List 2024 et 2025

Finaliste Meilleure carte du Monde Star Wine List 2024 et 2025

 

 

Horaires d'ouverture 

mardi : 14h30-19h

mercredi : 10h-12h et 14h30-19h

jeudi : 10h-12h et 14h30-19h

vendredi 10h-12h et 14h30-19h

samedi : 10h-19h

Ouverture dimanche 14 et 21 décembre 10h30 - 17h

Ouverture lundi 15 14h30-19h, lundi 22 10h-19h

 

 

Vins & Spiritueux

 

Verrerie & Accessoires

 

Soirées Dégustation (sur programme ou privatisation)

 

Livraison possible dans toute la France avec UPS 

 ...

 

6 décembre 2025

Nouveautés septembre-décembre 2025

 

Auvergne : Clos de Breuilly, Grosbot-Barbara, Chemins de l'Arkose, Grands pans, Elémentaires, Tricot, Migeon, Bérioles, Montel...

 

Loire : Sérol, Guiberteau, Grouas, Boudignon, Clos de l'Epinay, Bel Air, A. Lambert, Taille aux loups, Bretaudeau, Noblaie, Valbrun, Villeneuve, Dagueneau.

 

Alsace : Trimbach, Trapet...

 

Rhône : Graillot, Terre des chardons, Mont Olivet, Darnaud, Combier, Sorrel, Barge, Saladin, Rostaing, Charvin...

 

Bourgogne : De Montille, Duroché, Mortet, Coffinet-Duvernay, JM Boillot, Pattes Loup, Hubert Lamy, Cheveau, T. Liger-Belair, Barthod, Moingeon, H. Magnien, Y. Clerget, La Pierre Ronde, Pierre Guillemot, Bouvier, Berthaut-Gerbet, Cottenceau, Trapet, Méo-Camuzet, J. Carillon, Alex Moreau, Arlaud...

 

Beaujolais : T. Liger-Belair, Armand Laffond, Burgaud, Marrans, Lapierre, Valma...

 

Champagne : Suenen, Agrapart, Sélèque, Chartogne-Taillet, Laculle, Calsac, Bérêche, Renoir, Frères Mignon...

 

Jura : Fumey-Chatelain, Tissot...

 

Savoie : Ardoisières, Giachino, Fils Ch. Trosset, Vullien...

 

Corse : Abbatucci, Vaccelli...

 

Bordeaux : Hélène Ponty, Croix Toulifaut...

 

Provence : Cibonne, Hauvette...

 

Sud-Ouest : Hegaldaka, Babylone, Lajibe (négoce)...

 

Languedoc-Roussillon : Oratoire St Jean d'Aureilhan, Roc des Anges, Chabanon, Terrasse d'Elise, Cassagne et Vitailles, Prieuré St Jean de Bébian, Montcalmès, Mas des Brousses, Reserve d'O, Escalette...

 

Vins étrangers : Riccitelli, G. Negri, Stella di Campalto, Ca' di Press, Birichino, Chacra, Giovanni Rosso, Racines, D. Savage, Baettig, Otronia, Littorai, Maçanita, Wasenhaus, Unterlind, C et D. Beck, Kilburg, Eymann, Burklin-Wolf, Storm, Lourens, Nanclares, Marcarini, Philine Isabelle...

 

Poirés : Eric Bordelet.

 

"Bières" : Brasserie Mosaïque.

 

Spiritueux : Lagavulin, Talisker, Nusbaumer, Foursquare, Chartreuse, Verveine du Forez, Hampden Great House 2025...

 

 

 

 

4 décembre 2025

Programme Soirées Dégustation et Sommaire des Comptes rendus

 

Prochain programme début janvier 2026

 

 

 

Sommaire des comptes rendus de soirée

 

2025

Soirées Mansengs/pas Mansengs et Grenache/pas Grenache (21/11, 28/11 et 05/12)

Soirées Vins du Chili (10/10, 07/11 et 14/11)

Soirées Coups de cœur (26/09 et 03/10) 

Soirées Nuits-St-Georges (12 et 19/09)

Soirée caisse INEDIT de Benoît Montel (27/06)

Soirées chenin/pas chenin et gamay/pas gamay ? (16/05, 23/05 et 13/06)

Soirées Allemagne, le retour (04 et 11/04)

Soirées Coups de cœur de l'année (21 et 28/03)

Soirées A la recherche de l'umami (14/02 et 14/03)

Soirées Vosne-Romanée (24/01 et 07/02)

Soirée Barolo, le retour (17/01)

 

 

2024

Soirées Afrique du Sud (22/11, 29/11, 06/12)

Soirées Grands vins inconnus (08 et 15/11)

Soirées Les Grands vins des petits (04 et 11/10)

Soirées Les Petits vins des grands (20 et 27/09)

Soirée Elémentaires avec Landry (28/06)

Soirées chardo/pas chardo ? syrah/pas syrah ? (31/05, 07/06 et 14/06)

Soirées Auvergne (03 et 24/05)

Soirée Coups de Cœur (06/04)

Soirées Espagne (15 et 22/03)

Soirées Prestige (09/02 et 08/03)

Soirées Saints (19 et 26/01)

 

 

2023

Soirées Vignerons de Champagne, le retour (24/11 et 01/12)

Soirée Thème mystère (17/11)

Soirée Portugal (13/10)

Soirées Monts (29/09 et 06/10)

Soirées Chablis (15 et 22/09)

Soirées pinot/pas pinot ? (09 et 16/06)

Soirées Terroirs d'Alsace (12/05 et 02/06)

Soirée Coups de cœur (31/03)

Soirées Gevrey-Chambertin, le retour (17 et 24/03)

Soirée Grèce (24/02)

Soirées "Clos" (20 et 27/01)

 

 

2022

Soirées Chambolle-Musigny, le retour (25/11 et 02/12)

Soirée Suisse (18/11)

Soirées Stars vs Futures Stars (7 et 14/10)

Soirées Chenins de Loire (23 et 30/09)

Soirées Coups de Cœur (10, 17 et 24/06)

Soirée Rhum Prestige (08/04)

Soirée Barbaresco (01/04)

Soirées Chassagne et Puligny-Montrachet (11, 18 et 25/03)

Soirée Vignerons de Champagne (04/03)

 

 

2021

Soirées Meursault (26/11 et 03/12)

Soirée Coups de cœur de l'année (19/11)

Soirée Whisky d'Anthologie (05/11)

Soirée Toscane - Montalcino (15/10)

Soirées Anthologie (01 et 08/10)

Soirée Corse (24/09)

Soirée Côte-Rôtie (17/09)

Soirée Nouvelle-Zélande (17/06)

 

 

2020

Soirée Australie (09/10)

Soirée Gevrey-Chambertin (25/09)

Soirée Jura (11/09)

Soirée Nouvelle Génération de Californie (19/06)

Soirée Chambolle-Musigny (05/06)

Soirée Whisky d'Anthologie (21/02)

Soirée Méditerranée (07/02)

Soirées Verticale Grange des Pères (23 et 24/01)

 

 

2019

Soirée d'Anthologie n°2 (29/11)

Soirée Rhône Sud (15/11)

Soirée Allemagne (18/10)

Soirée Vin de Pays/Vin de France (27/09)

Soirée Côte de Nuits (24/05)

Soirée Sud-Ouest (29/03)

Soirée Crozes-Hermitage et Saint-Joseph (08/03)

Soirée Biodynamie (01/02)

Soirée Wachau (25/01)

 

 

2018

Soirée d'Anthologie (30/11)

Soirée Côte de Beaune (16/11)

Soirée Vins du Larzac (19/10)

Soirée 2015 (28/09)

Soirées Prestige (08 et 15/06)

Soirée Vigneronnes (18/05)

Soirée Initiation (06/04)

Soirée Whisky (23/03)

Soirée Barolo (16/03)

Soirée Loire (09/03)

Soirée Rhum (09/02)

Soirée Pinot noir (26/01)

 

 

2017

Soirée Champagne (15/12)

Soirée Bourgogne (10/11)

Soirée Rhône (20/10)

Soirée Languedoc (22/09)

 

2 décembre 2025

Soirées Mansengs/pas Mansengs et Grenache/pas Grenache ? (21/11, 28/11 et 05/12)

 

Les mansengs (petit et gros généralement assemblés) ont été présenté comme des cépages donnant des vins au taux d'alcool élevé, à l'acidité très élevée, avec de la couleur et du corps. Le grenache donne lui des vins clairs en couleur, à l'alcool élevé, peu tanniques et peu acides. Mais attention aux pièges !

 

Pour plus de lisibilité, les vins des 3 soirées ont été regroupés par région.

 

 

Les Blancs

 

Hegaldaka - Irouléguy 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, à l'Est de St Jean Pied de Port. petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante. Probablement le mieux équilibré des trois Irouléguy du soir. Le manseng est vite identifié.

 

Xubialdea, Irouléguy blanc Ardan Harri 2022 : (à Lasse, sud de St Jean Pied de Port. Petit et gros manseng) Couleur or, nez un peu plus solaire que le précédent, avec plus d'extraits secs, une touche de noisette. Bouche qui attaque avec une belle acidité, la finale est un peu plus chaleureuse, on sent le millésime un peu plus solaire. Un joli manseng vite identifié aussi.

 

Goienetxea, Irouléguy Malda 2023 : (à St Etienne de Baïgorry, petit et gros manseng) Couleur plus foncée, nez de fruits exotiques, mais aussi de poire, touche pomme blett, miel, cire. Très jolie bouche, un peu plus "libre" que les précédents, mais parfaitement propre, un peu plus de volume et de largeur peut-être, l'équilibre reste bon, aucune lourdeur en finale. Encore un très joli vin de la nouvelle génération basque. Merci Kévin.

 

Domaine de Valbrun Léo Charruau - Saumur blanc Clos du Moulin 2023 : (ouvert à la dernière minute pour changer un autre chenin mais sur 2022) Couleur claire, nez d'agrumes, poire, encore un peu d'élevage. Bouche légère en alcool, de la vivacité en attaque, mais de la rondeur et de l'élevage sur la fin de bouche, vite identifié comme n'étant pas du manseng, mais le chenin a été difficile à reconnaître dans la série. Très différent du 2022.

 

F. Pinon - Vouvray solera : (demi-sec, solera 2018-2021) Couleur or, le nez est sur l'ananas, les fruits exotiques, il peut faire penser à du manseng. La bouche est un peu moins élevée en alcool et moins acide à la fois, mais l'aromatique a été trompeuse.

 

Coco Farm & Winery, Cantata di Montagna 2020 : (petit manseng, préfecture de Tochigi) Couleur or pâle, légèrement trouble, nez marqué par les lies, grillé, citron confit, pas vraiment de fruits exotiques. Bouche vive, perlante, qui manque un peu de corps et d'alcool pour être un manseng en théorie, beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Tout le monde est perdu bien évidemment.

 

Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.

 

Philine Isabelle, Langhe chardonnay 2023 : (à Barolo, sur Preda) couleur claire, nez floral, peu d'élevage, petite note exotique, bouche avec moins de corps et mois d'acidité que les mansengs, assez simple.

 

Trapet, Riesling RQWR 2011 : (riesling, à Riquewihr, demi-sec) Couleur or, nez marqué par les terpènes, fruits jaunes mûrs, presque exotique, miel. Bouche assez large pour un riesling, avec de l'opulence et de la puissance, manque un peu d'acidité pour être un manseng. Vite identifié par le côté pétrolé.

 

Tenuta delle Tere Nere, Etna bianco calderara sottana 2023 : (100% carricante) couleur or, nez qui a fait penser à du manseng, fruits exotiques, un peu miellé. Une fois l'étiquette découverte, la bouche était sur un profil plus "minéral", un peu plus frais et en tension, avec un peu de lies. Joli piège. Merci Michel.

 

Lajibe (négoce Mansengs et Co.), Mansengs Vin de France 2023 : couleur or profond un peu trouble, nez très puissant, marqué par le grillé des lies, le citron confit, les extraits secs, clairement travaillé en nature-autolyse, beaucoup pensent au Jura façon Ganevat etc..., bouche énergique, légèrement perlante, avec du volume, de l'acidité, aromatique très marquée par les lies, finale umami salivante. Ceux qui connaissaient le domaine ont vite retrouvé le style, pour les autres un vin déconcertant difficile à placer en Jurançon tant il diffère des autres vins de la soirée. Une interprétation différente, qui a fait débat.

 

Domaine des Féréol, Jurançon sec Françoise 2023 : couleur claire pour un manseng, nez de poire, quelques fruits jaunes et noisette avec l'ouverture, zestes d'agrumes, acacia. Bouche très énergique, avec du peps, de la fraîcheur, sans manquer de corps, un joli fruité, et beaucoup d'allonge. Coup de cœur unanime, qui n'a pas été simple à placer par contre, car moins solaire que la moyenne des mansengs.

 

Camin Larredya, La Virada Jurançon sec 2016 : couleur or profond, nez de fruits exotiques, papaye, mangue, miel, cire, noisette, déjà bien évolué... Bouche avec de la puissance et de l'acidité à la fois, vite identifié comme un très beau manseng, avec un peu d'évolution, pile à point.

 

Camin Larredya, Jurançon Le Grain des copains 2022 : couleur or, nez sur l'ananas, le miel. Bouche très digeste, peu sucrée (environ 45gr) avec une bonne acidité, un sucre aérien, très facile pour finir.

 

 

 

Les Rouges

 

Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache, à Aniane) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, 14% d'alcool, très gourmand et facile à boire. Tout le monde reconnait le grenache.

 

Terrasse d'Elise, Hauts de Carol's 2020 : (100% cinsault) Couleur un peu plus foncée, nez très fruits rouges sucrés, garrigue, bouche avec de la puissance mais bien équilibrée, les 15% ne se sentent pas, peu tannique, très gourmande, et longue. Très belle bouteille. Un joli piège, placé en grenache, y compris par moi-même... Bien joué Fred !

 

Réserve d'O, Bachi-Bouzouc IGP Pays d'Hérault : (100% grenache, à Aniane) un grenache légèrement plus foncé et puissant que le précédent, même si on reste sur une cuvée sur le fruit. Un peu moins de sucrosité, un style gourmand, peu tannique et efficace là aussi, bien typé grenache.

 

Féraud, Claux Guillard Vin de France 2023 : (100% grenache, à St Geniès de Comolas, Gard) Couleur claire, nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine. Bouche avec un tout petit peu plus d'acidité et de tannins que la cuvée G une révélation, mais pas suffisamment non plus pour tromper sur le cépage. Ca reste rond, gourmand, sur un fruité légèrement sucré, très bien équilibré. Après un peu plus d'hésitation, le grenache est identifié.

 

Ouréa, Gigondas 2023 : (grenache, sud de Gigondas) Couleur à peine plus foncée, un grenache en infusion, très fin, aérien, assez léger en alcool pour Gigondas (13,5%), très fraise écrasée, et herbes aromatiques, déjà très accessible et prêt à boire, coup de cœur unanime. Vite placé sur du grenache mais pas forcément sur cette appellation-là.

 

Saladin, Haut-Brissan Côtes du Rhône 2023 : (100% grenache, à St Marcel d'Ardèche) Couleur très claire sur ce millésime, nez très marqué par la rose, presque trop pour certains. Bouche en dentelle, aérienne, sans manquer de corps. Le grenache n'a pas forcément été décelé.

 

Saladin, Paul Côtes du Rhône 2023 : (90% grenache, 10% clairette) couleur très claire, nez de fraise écrasée, petite sucrosité, bouche très gourmande, ronde, soyeuse, clairement le côté solaire du grenache, sans lourdeur. ite identifié. Coup de cœur unanime.

 

Marcarini, Barolo 2021 : (à La Morra) Couleur claire, nez de fruits rouges, rose, goudron, menthol. La bouche a de la puissance, des tannins et une acidité trop marqués pour être du grenache, beaucoup de longueur et de fraîcheur, encore un peu trop austère à ce stade.

 

M. Lapierre, Morgon MMXXIV : (100% gamay, vieilles vignes du domaine) plus sombre en couleur, un gamay sur le fruit, ultra croquant et juteux, peu tannique, très fin et frais sur ce millésime, pas encore très complexe à ce stade, mais parfaitement exécuté, offrant beaucoup de plaisir en l'état. Clairement pas du grenache.

 

R. Demougeot, Pommard 2018 : Couleur claire, nez de fruits rouges plus frais et moins sucrés que les grenaches, un peu de ronce, des notes de torréfaction liées à l'élevage. Bouche légère, aérienne, tannins très fins, une bonne acidité pour 2018, un pommard avec beaucoup de finesse, vite placé sur du pinot.

 

Nicolas-Jay (Méo-Camuzet en Oregon), Ensemble pinot noir 2021 Willamette Valley : couleur sombre pour un pinot, nez avec un élevage torréfié encore un peu marqué, un joli fruité derrière. Bouche soyeuse, en rondeur, avec du corps mais moins d'alcool que sur les grenaches. Joli vin, encore un peu jeune dans l'idéal. Le piège a été vite trouvé aussi.

 

Clos Venturi, AOC Corse Altare rouge 2023 : (100% sciaccarellu, à Ponte Leccia) Couleur très claire, nez de grenadine, pivoine, fraise. Bouche en dentelle, très gourmande, tannins très fins, pas beaucoup d'alcool ressenti, globalement pas placé sur un grenache. Très belle bouteille.

 

Zuria, Spinella 2022 : (70% sciaccarellu, minustellu, carcajolu, nielluciu, à Bonifacio) Couleur plus foncée, nez qui pourrait faire grenache, fruits rouges, garrigue... Bouche moins en rondeur, avec plus de tension, à la fois du corps et beaucoup de fraicheur, tannins soyeux, très belle bouteille aussi. Merci Arno.

 

Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, carignan, Sta Cruz Mountains) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier.

 

Casa Blanca, Lluminari 2018 Collioure : (70% grenache, syrah, carignan) Un vin plus coloré que les autres, plus puissant, plus marqué par les fruits noirs, la viande fumé, le café, plus de tannins aussi, mais l'équilibre est bon, il reste frais avec une bonne longueur. On sent le sud, mais pas forcément une majorité de grenache. Merci AS.

 

Terres de Fagayra, Maury grenat 2018 : (grenache) Un VDN à base de grenache, parfait pour terminer en douceur, pas trop sucré ni trop alcooleux pour un VDN, très bien équilibré, pas de lourdeur.

 

 

 

Merci à tous pour ces 3 belles soirées qui clôturent l'année en beauté. Rendez-vous en 2026 !

 

17 novembre 2025

Les Visites en Auvergne

 

Les Visites en Auvergne

Introduction

Cartographie des sols

 

 

Sommaire (du Nord au Sud, et par portrait)

 

 

Bastien Migeon à Enval

Benoît Montel à Riom

Thierry Renard à Clermont

Jean Maupertuis à St-Georges/Allier

Marie et Vincent Tricot à Orcet

Les grands pans (Corinne et Jean-Marie) à Saint-Sandoux

Lapilli (Elsa et Géraud) à Corent

Simon Bousquet à Corent

Elémentaires (Landry) à Corent

Chemins de l'Arkose (Audrey et Yvan) à Montpeyroux

Terres Bariolées (Claire et Edo) à Chalus

Henri Chauvet à Boudes

+

Domaine des Trouillères aux Martres-de-Veyre

Miolanne à Neschers

Lisa Le Postec à Aulhat-Flat

Distillerie Volcanique à Brassac-les-Mines

L'eau qui dort à Lempdes-sur-Allagnon

Chlo d'Auzit à Massiac

Coteau Libre à Lavoûte-Chilhac

Brasserie Mosaïque à Riotord

...

 

14 novembre 2025

Soirées Vins du Chili (10/10, 07/11 et 14/11)

 

Commençons par rendre à César ce qui appartient à César. La majorité des informations ci-dessous proviennent de l'exceptionnel South America Wine Guide de la MW Amanda Barnes.

 

 

Le Chili est un pays légèrement plus grand que la France en terme de superficie, ce qui implique une grande diversité de paysages et de terroirs, entre les plages du Pacifique, les montagnes des Andes, les volcans, le désert d'Atacama, l'Antarctique, l'île de Paques...

 

 

C'est un pays quelque peu coupé du monde, ce qui a l'avantage de l'avoir toujours épargné du phylloxéra. Des scènes cocasses ont lieu dans les aéroports où la douane est intransigeante avec tous les végétaux potentiellement contaminateurs... Les vignes plus que centenaires et franches de pied sont nombreuses au Chili. C'est un pays qui vit un peu dans l'ombre du voisin, l'Argentine, avec lequel il est souvent comparé, même s'il y a des différences notables, notamment cette longue Côte Pacifique très fraîche.

 

 

C'est un pays tout en longueur, environ 4500kms par 200, ce qui implique un éloignement très important (en terme de distance mais aussi de culture, de climat...) du nord et du sud par rapport à Santiago et au centre du pays, beaucoup plus industrialisé. 

 

Et pourtant au niveau climatique, comme le dit Amanda Barnes, l'axe Nord-Sud est beaucoup moins important que l'axe Est-Ouest, à l'instar de la Californie par exemple. En effet, on distingue 3 zones au Chili :

- Costa : la côte Pacifique, fraîche et très humide grâce aux courants de Humboldt. On y trouve le pinot noir, le chardonnay, le sauvignon...

- Entre Cordilleras : la zone centrale, la plus chaude et la plus sèche, celle où l'on trouve le plus de vignes même si les vignobles se déplacent de plus en plus sur les secteurs frais. On y trouve beaucoup de cépages rhodaniens (syrah, grenache...) et bordelais (cabernet sauvignon...).

- Andes : la cordillère, plus en altitude, à nouveau plus fraîche donc, qui abrite plutôt des cépages bordelais. Les vignes en altitude ne sont pas du tout majoritaires au contraire de l'Argentine.

 

Ces trois mentions correspondent à une terminologie officielle mais rien n'oblige un producteur à le mentionner. C'est d'ailleurs assez rare, même si depuis peu la mention "Costa" se voit de plus en plus pour indiquer un vin sur la fraîcheur.

 

Il y a au Chili des régions, des sous-régions, des municipalités... et un système de DO (Dénomination d'origine). Une DO peut correspondre à tout, il y en a donc d'immenses, comme de très petites. Elles sont souvent plus politiques que climatiques. La plupart des DO sont grandes et englobent des vignes aussi bien de la Costa, de l'Entre Cordilleras ou des Andes. Mais peu à peu un travail est en train d'être fait pour que les DO respectent mieux les climats et les terroirs.

 

 

 

Les régions du Nord au Sud :

 

Atacama : la vigne ne sert que pour le Pisco.

Coquimbo : (Elqui et Limari) Beaucoup de vignes pour le pisco. Région très chaude où il faut aller soit sur la Côte soit monter dans les Andes (Alcohuaz).

Aconcagua : (San Antonio, Casablanca, Aconcagua) Région solaire, avec quelques grands cabernets et quelques grands groupes (Sena, Montes…) mais tout de même moins que dans la Vallée Centrale. Plus récemment beaucoup de vignes sur la Côte pour produire des vins plus frais, (sauvignon, pinot noir...) sur Casablanca et San Antonio.

Vallée centrale : (Maipo, Cachapoal, Colchagua avec la DO Apalta, Maule) La région principale du Chili, près de 80% des vignes. Beaucoup de cabernet dans l’Entre Cordilleras. Vins premium sur Colchagua, Cachapoal… Tandis que Maule a plutôt la réputation de faire du volume à bas prix, même si c’est en train de changer doucement.

Sud : (Itata, Bio-Bio, Malleco) très différent de la Vallée centrale, pas de grosses structures, pas d’industrialisation. Historiquement aussi, peuples qui ont toujours refusé le colonialisme. Plus de 10 000 viticulteurs, mais moins de 2 ha en moyenne. Une région historique du vin avec de vieilles vignes, mais complètement tombé dans l’oubli à partir des années 1970. Elle renaît aujourd’hui, notamment car il y fait plus frais, il n'y a pas besoin d’irriguer. Les jeunes « natures » s’installent ici, mais on voit aussi les grosses structures du Centre commencer à investir dans des vignobles.

 

 

 

Chiffres clés :

9 millions d’hectolitres. Environ 7e pays producteur de vin, juste derrière l’Argentine. Le Chili était même juste devant une année. Chiffres en forte hausse (si on regarde sur 20ans).  

Beaucoup d’’export, 5e mondial : Chine en premier, Royaume-Uni, USA, Brésil… Peu de consommation locale.

Environ 75% du pays en bio !

 

 

 

Histoire :

16e siècle : la vigne est emmené par les espagnols, avec notamment le país, aussi appelé criolla/mission/listan prieto que l'on trouve encore aux Canaries par exemple.

19e siècle : beaucoup de français d'où les cépages bordelais (merlot, cabernet, carménère, sémillon...)

1930’ à 1960’ : Prohibition. Chute énorme alors alors qu’il y avait beaucoup d’hectares de vignes jusque là.

1962-1973 : gouvernement qui redistribue les terres. Alors qu’elles appartenaient jusque là à des grands groupes très riches. 60% des terres sont redistribuées aux classes pauvres, ce qui explique qu'il y beaucoup de viticulteurs avec de toutes petites surfaces encore aujourd'hui.


1973-1990 : Pinochet au pouvoir (placé par les USA). Certains riches propriétaires arrivent à récupérer leurs terres. Beaucoup de forêts de pins et d’eucalyptus plantés, surtout dans le Sud.  Ouverture à l’import et à l’export. Mais récession dans les années 1980, et consommation locale encore en baisse. 67 000 hectares en 1985 chiffre le plus bas depuis presque toujours.


1990-début 2000 : les investisseurs étrangers commencent à arriver, même si l’ouverture a commencé sous Pinochet. Miguel Torres arrive en 1979. On modernise, et on regarde comment faire du volume. Contrat avec la Chine en 2006 qui deviendra en 2016 le pays numéro 1 de l’export. Le Chili devient un peu trop « market-driven », Errazuriz exporte 95% de sa production. Des grands groupes possèdent des milliers d’hectares et donc fixent les règles et les prix du raisin.  Au début des années 2000 image de vins pas chers, bon marché, peu qualitatifs.  Des tournées et concours sont alors organisés (Jugement de Berlin en 2004) et quelques vins Premium remportent des 100/100 ce qui commence à changer un peu l’image du pays.  


Aujourd’hui : pays en pleine mutation, beaucoup d’association pour remettre en avant les vieilles vignes, les terroirs oubliés, moins d’irrigation, plus de qualité, de « terroir », des vins moins internationalisés etc… Donc un pays très "nouveau" mais avec un patrimoine de vieilles vignes.
 

 

 

Les cépages (très internationaux du coup...) :

Cabernet Sauvignon (40,053 ha), Sauvignon Blanc (15,224 ha), Merlot (11,366 ha), Chardonnay (10,920 ha), Carmenère (10,837 ha), País (10,443 ha), Syrah (7,400 ha), Pedro Jiménez (4,892 ha), Moscatel de Alejandría (4,298 ha), Pinot Noir (4,179 ha), Malbec (2,362 ha), Cabernet Franc (1,692 ha), Cinsault (928 ha), Carignan (927 ha), Petit Verdot (905 ha), Viognier (761 ha), Semillon (701 ha)
 

 

 

Problèmes rencontrés (ils rappellent l'année 2025 en France...) :

 

- Tremblements de terre.  

- Sécheresse (85% du pays est irrigué).  Certains domaines n'ont pas eu assez d'eau pour irriguer toutes leurs parcelles ces dernières années, ils ont dû en sacrifier certaines. La situation devient compliquée, beaucoup migrent vers la côte et vers le sud.

- Feu de forêts.  

- Nématodes = des vers qui transmettent un virus responsable du court-noué : pour lutter contre cette maladie et pour contrôler la vigueur, les plantations récentes sont quasiment toutes greffées sur porte-greffe américain comme chez nous.
 

 

 

 

La dégustation 

 

Le choix a été fait de goûter principalement des projets récents, ayant pour but de remettre en avant les terroirs, des vins non standardisés, mais aussi des vins plutôt orientés sur la finesse et la fraîcheur et issus de vignes non irriguées. Bref, la nouvelle génération Chilienne, qui est en train de faire bouger le paysage viticole du pays.

 

 

Les blancs

 

Vina Tabali, Talinay Chardonnay Caliza 2022 DO Valle del Limari : (à Talinay, à 12kms de la côte, dans le calcaire. 29e parallèle Sud. Mais courants d’air frais du Pacifique, « camanchaca » donc très frais et humide. 1000mm d’eau par an. Ce sont les chardonnays les plus tendus et austères du pays. Ils y font des Sparkling avec Thiénot. Parcelle de 0,7ha plantée en 2006 à 5000 pieds/ha. Elevage 10mois fûts de chêne français non neufs. Pas de malo. Domaine créé en 2002. Aujourd’hui 150 hectares sur plusieurs sites)  Couleur très claire, nez qui à l'ouverture sauvignonne légèrement, un peu de lies, bien mieux avec une bonne ouverture, à mi-chemin entre Sancerre et Chablis, léger buis, fruits jaunes qui se développent avec l'ouverture, un côté presque "coquille d'huître", pierre humide, cire. Bouche très droite, tendue, un peu austère, grosse sensation minérale, légère en alcool (12,5%), pas du tout de gras, quand même du corps et de la longueur, on sent sur la finale que c'est encore jeune et soufré, un gros vin parti pour durer. Le côté "Costa" annoncé est très présent même si bien sûr la vinif aide un peu aussi...

 

 

RETA, Chardonnay Quebrada seca 2020 DO Valle del Limari : (Marcelo Retamal, célèbre œnologue, qui faisait notamment les vins de Vinedos de Alcohuaz. Il crée un domaine en 2019 : 3 parcelles les plus qualitatives du pays selon lui, un chardonnay et un pinot à Limari, un rouge dans le Maule. Désormais des projets en Espagne.  Ici 4,4 hectares, 236m altitude, 25kms de l’océan. Vignes plantées en 1993 franches de pied. Elevage 24 mois fûts de chêne français non neufs)  On rentre un peu dans les terres par rapport au précédent et à peine plus au Nord, couleur bien dorée, nez beurré, fruits jaunes plus mûr, plus miellé. Bouche plus puissante (13,5% vs 12,5%) avec plus de gras, très beaunois dans l'esprit, on sent que la malo a été faite ici. La finale reste cependant fraîche avec une impression de salinité. Pas de lourdeur. (Un Saint-Aubin sur gamay 2015 de Moingeon bu juste après était proche jusqu'à la finale plus pataude.) Niveau proche du précédent, dans un style opposé, celui-ci est à boire par contre.

 

 

Garces Silva, Amayna sauvignon Cordon Huinca 2023 DO Vallée de Leyda : (à 14kms du Pacifique. 7000 pieds/ha. Granit. 70% en cuves. 13,8. Ph 3,11. AT 7,1. SR 1,24) Un sauvignon clair en couleur, variétal, sur le buis et le pamplemousse, qui a le mérite d'être frais, tendu, avec une acidité élevée, tout en ayant de la concentration.

 

 

Bouchon Family, Block series semillon 2021 DO Maule : (à Batuco, vignes de 80ans, 30kms océan, 187m altitude, sols de granit. 50% cuves sur lies et 50% barriques 6mois. Vieux domaine familial. Presque 160ha sur 3 vignobles.) Couleur claire, nez très marqué par les lies, grillé, pétard. Bouche citronnée, lies, légère en alcool (12,5%), un peu diluée, pas grand fond derrière l'autolyse. Par contre c'est frais et digeste. Travaillé en légère sous-maturité façon semillon de la Hunter Valley en Australie.

 

Bouchon Family, País salvaje blanco 2022 DO Maule Secano Interior : (Vignes sauvages dans les arbres, très petits rendements. Vendanges avec des échelles, jusqu’à 6m de haut début avril. On suppose que des oiseaux ont semé des raisins depuis les parcelles voisines. A Mingre, 45kms du Pacifique. 193m altitude. Vignes d’environ 120ans. Il y aurait eu une mutation de certains país rouges en país blancs, premier millésime des rouges en 2015 et des blancs en 2016. Sols granits et limons sableux. Fermentation en levures indigènes. Elevage en amphore. Bio. Non filtré. 11,5%) Clair en couleur, nez sur la poire, les agrumes, floral. Bouche légère en alcool, fraîche, bonne acidité, très rafraîchissant et facile à boire, fruitée et florale, pas très complexe ni très long, mais parfait pour commencer.

 

 

Roberto Henriquez, Torrontel super estrella 2022 Wine of Chile : (Créé en 2015 sur 7 hectares dans le sud du pays à Bio Bio et Itata, sur la cordillère de Nahuelbuta. Figure du nouveau mouvement des vins naturels, notamment passé chez Mosse en Anjou. Secteur frais, vignes non irriguées. Vieux cépages. Vieilles vignes de torontes et un peu de sémillon. 15 jours de macération. 10,5%) Couleur assez claire pour une macération, nez très pinède, résine, garrigue, puis légèrement muscaté. Bouche très légère en alcool, la macération est légère, manque un peu de corps et d'intensité, mais très frais et facile à boire, aromatique plaisante sans lourdeur, parfaitement propre, assez "soft" pour un vin orange. Longueur moyenne.

 

 

Arcana, Semillon 2020 DO Valle del Itata : (Vignes de plus de 120-150ans, élevage vieux fûts sur lies fines 11mois. A Coelemu, sur des sols granitiques et quartzés, à environ 20kms de l’océan. dirigé par Alberto Barra. Né du concept de « wine coworking » imaginé par François Massoc, Arcana bénéficie d’un espace de travail collaboratif situé à Quillón, dans la région de Nublé) Couleur dorée, nez très sémillon, miel, fruits jaunes, cire, acacia. Bouche sur les mêmes arômes, avec du corps mais aussi une bonne acidité pour un semillon, on sent le climat frais, la finale est assez longue, sur des amers assez marqués, qui donnent encore plus de relief pour certains, un peu trop marqués pour d'autres. Globalement une belle découverte. La bouteille de la semaine suivante a une petite oxydation.

 

 

 

Les rouges

 

Leo Erazo, A Los vinateros bravos, País volcanico 2022 DO Itata : (Projet récent, après une expérience en Europe Leo Erazo est revenu à ses sources. collaboration avec de petits farmers sur cette gamme. Très vieilles vignes en gobelets, non irrigués, bio, vinifiés quasi en nature. Vignes de 200ans, sur basalte, 200m altitude, exposition nord. Egrappé. Elevage cuve ciment. sulfites à la mise seulement)  Couleur très claire, nez de petits fruits rouges type canneberge, des épices, réglisse, touche végétale, avec aération le côté fumé arrive, il me rappelle Envinate par exemple. Bouche légère en alcool, sans tannins, typée jus de fruit nature, le côté épicé et le fond fumé donnent un peu de relief, pointe de volatile. Finale assez courte. Le vin a divisé : découverte très sympa pour certains, d'autres ont eu du mal avec le côté "sauvage" de ce país.

 

 

Bouchon, País salvaje 2022 DO Maule Secano Interior : (vignes sauvages comme sur le blanc, égrappage et pressurage avec la "zaranda" traditionnelle en bambou qui permet un pressurage doux convenant bien au cépage) Couleur très claire, nez très fruité de framboise, groseille, pivoine, quelques épices. Bouche légère, 12%, infusée, peu tannique, fruitée et florale, assez simple mais facile à boire et très plaisante.

 

 

Laberinto, Arcillas país 2022 DO Lago colbún  : (emblème du Labyrinthe = diversité, complexité et harmonie de nos vins. La forme circulaire c’est aussi le tout, une démarche holistique… » Viti régénérative. Vignes plantées en 1993 par Rafael Tirado, à l'extrémité est de Maule, à près de 600m d'altitude, sur le lac Colbún (un des seuls domaine de la DO), sur des sols volcaniques. Il a appris chez Veramonte, puis quelques stages chez Marionnet, Terrebrune... Il quitte Veramonte en 2007 pour se consacrer à Laberinto. 23hectares. Ici 0,7ha plantés sud, sols volcaniques, 550m altitude, secteur Maiten. 30% VE. Elevage cuves béton et amphores) Couleur très claire, joli nez de cranberry, réglisse, petits fruits rouges, fumé. Bouche plus austère que le nez, qui avec l'ouverture va perdre un peu de son fruité pour laisser place au fumé et un côté presque ferrugineux.


 

Baettig, pinot noir Los Parientes 2023 DO Traiguén (Malleco) : (projet de Francisco Baettig – winemaker pour Errazuriz, Chadwik… et Carlos de Carlos. Vignes plantées en 2013 à Los Suizos, sols volcaniques, à 600kms au sud de Santiago. Donc climat frais et humide, pas d’irrigation. Traiguen = chutes d’eau. 1084mm d’eau par an. 38e parallèle sud. 9ha de pinot, 6,4ha de chardo principalement greffés, clones français. 8% grappes entières. Elevage 10mois en fûts français 300L dont 10% neufs)  Couleur pinot classique, rubis, brillante. Nez classique fruits rouges, cerise, floral, très bourguignon, pas de chaleur ni de sucrosité. Idem en bouche, pinot fruité, très bourguignon, très cadré, bien fait, on peut juste lui reprocher de ne pas nous avoir assez fait voyager.

 

 

Clos des fous, Subsollum pinot noir 2015 : (projet créé en 2008 par Pedro Parra, François Massoc, Albert Cussen et Paco Leyton. Projet de revitalisation de vignobles anciens, non irrigués, avec de vieilles vignes, en bio. Aujourd’hui environ 47 hectares sur 6 vignobles. Ici 75% sur l’Aconcagua (sur la Côte) sur sols calcaires et 25% au sud (Traiguén) sur sols volcaniques. Une partie de grappes entières. 15%) Couleur de pinot, mais ça s'arrête là, nez beaucoup plus mûr et sur des fruits compotés. Bouche puissante, dense, encore jeune, toute en rondeur, avec peu d'acidité et des tannins complètement enrobés, quand même une bonne longueur, mais un vin qui manque de fraîcheur.

 

 

Casas de Bucamelu, pinot noir fosiles 2020 DO Vallée de Leyda : (créé en 2008 sur un très vieux « ranch ». 9kms du Pacifique. Sols calcaires, bio. Elevage foudres de chêne français. 13,5%. Ph 3,35) Couleur sombre pour un pinot, nez avec des arômes toastées, café, fruits compotés. Bouche toute en rondeur, peu tannique, peu d'acidité pour un pinot, plutôt gourmand avec une petite sucrosité, un peu l'opposé du Baettig dans le style, assez simple.

 

 

Pedro Parra, Monk cinsault 2021 DO Itata : (Pedro Parra possède un Master en aménagement du territoire viticole et un doctorat, il aurait creusé plus de 22000 fosses pédologiques. Il a notamment été membre du Clos des Fous. Il a été consultant pendant 15ans, pour Comando G, Roulot, Comte Liger Belair, Marengo, Zuccardi, Altos las hormigas… avant de créer son domaine tout récemment. Tous ses vins sont sur des sols granitiques dans le sud du Chili. Ici un seul vignoble à Tinajacura, région de Guarilihue Alto, planté en 1995 (environ 25kms de l'océan). Sols sablo-limoneux, riches en fer, granites oxydés et quartz. Fermentation en cuves levures indigènes. Elevage cuves en bois 11mois. Hommage au musicien Thelenous Monk) Couleur sombre pour du cinsault, nez de chocolat, fruits noirs, eucalyptus, herbes aromatiques, semble annoncer un vin mûr et chaleureux. La bouche ne l'est pas tant que ça, de corps moyen, avec une bonne acidité, "seulement" 13,5 d'alcool, une sensation d'attaque veloutée puis d'une fine de bouche austère avec une allonge sur l'acidité et les tannins intéressantes qui donne une certaine fraîcheur et une sensation de minéralité, mais l'ensemble parait plus dissocié qu'harmonieux à ce stade, même si ça se joue à pas grand chose et qu'il y a pas mal de qualité aussi. A voir avec quelques années de plus.

 

 

Garage Wine co., Cabernet franc Las Higueras vineyard Lot#112 2019 DO Maule : (Domaine de Pilar Miranda Avendaño et Derek + le scientifique Docteur Alvaro Peña. Créé en 2001. Viticulture régénérative. Domaine de 34ha environ mais qui revend une partie des raisins, ne gardant que le meilleur. Plusieurs projets aussi d’achats à des farmers, à Maule, Itata et Maipo. Membre de plusieurs associations comme Vigno qui remet en avant les veux carignans. Ici 8ha travaillés par le domaine, vignes de 116ans, vieux gobelets, sables alluviaux, graviers, galets roulés, 2ans en vieux fûts, proche de Linares, au sud de Maule, 165m altitude mais au pied des Andes) Couleur sombre, nez avec un peu d'évolution, fruits noirs, tabac, chocolat, réglisse. Bouche légère en alcool, peu tannique, mais du corps et une aromatique assez sauvage, une touche végétale/épicée qui lui donne du caractère, pas vraiment de poivron, plutôt réglisse et herbes aromatiques, un peu garrigue, avec une finale assez longue qui garde une belle acidité. Très intéressant.


Garage Wine co., Truquilemu Vineyard Carignan field-blend Lot #107 2019 : (Proche du Pacifique. Zone la plus fraîche de Maule. Ici 90% carignan + syrah pais et autres complantés, 75ans minimum. Sols granits avec quartz et sable. Sulfitage après malo seulement. 2ans fût, 3e remplissage ou plus. Achat de raisins bio. 13,5%. Ph 3,2. AT 6,69) Couleur sombre, nez élégant, floral, fruits noirs, herbes grillées, bouche très juteuse, tannins fins, beaucoup de fruit et de floral, très elle acidité qui équilibre le fruité mûr, beaucoup de finesse, surtout pour un carignan, pas spécialement animal, très précis et long.

 

 

RETA, Romelio 2020 DO Maule : (vignes de 1945 franc de pied, malbec complanté avec un peu de pais et de carignan, 59m altitude, à Limavida, 36km du Pacifique, non irrigué. 70% VE. 30jours macération, 26mois fûts français 228L de 3e et 4e remplissage. Sol granit décomposé. 13,5%, 6,62AT)  Couleur sombre, un peu tuilée, nez de fruits noirs, violette, épices, cannelle. Bouche un peu plus puissante que les autres rouges, avec du corps et encore un peu de tannins, encore un peu jeune, aromatique intéressante, à la fois mûre, épicée, mais avec de l'acidité dans le fond et une bonne longueur, très florale et élégante. Un bon potentiel. Quelque part entre les malbecs de Cosse Maisonneuve et ceux de Riccitelli.

 

 

Vinedos de Alcohuaz, Tococo syrah 2021 DO Valle del Elqui : (30e parallèle ! Domaine créé en 2005, 20hectares aujourd’hui. 100mm eau/an. Grande amplitude thermique. Vignes plantées en 2009 85% syrah à 1788m et 15% petite syrah à 2200m. 12jours macération, grappe entière en lagares pour moins extraire car la peau est épaisse à ces latitudes. Elevage 18mois foudres. Sols de granit. 12,5%, ph3,52. 6,03AT. Marcelo Retamal était l’œnologue jusqu’à l’an dernier)  Couleur sombre, nez très marqué syrah, lardé, violette, cassis, un peu toasté, surtout à l'ouverture, moins par la suite. Très bel équilibre en bouche, peu d'alcool, acidité élevée, tannins fins, aromatique sauvage, florale, épicée, végétal noble, herbes aromatiques, viandé, finale salivante, très beau vin, qui combine vraiment ce sentiment de soleil/altitude du lieu.

 

 

Las Ninas, Tacon Alto 2002 DO Colchagua : (80% syrah + merlot, sur Apalta) Couleur sombre, nez sur le café, le tabac, la viande fumée, quelques fruits noirs, encore un peu d'élevage. Bouche puissante, encore jeune pour 2002, tannins gras et enrobés par l'alcool et le temps en bouteille, le vin manque un peu de fruit et de fraîcheur mais il y a de la longueur. Intéressant à goûter. On a le sentiment qu'il ne fallait pas l'ouvrir en jeunesse, mais sa puissance et son élevage poussé lui ont permis de traverser le temps. Merci Fred.

 

 

 

 

Conclusion : les deux chardonnays ont survolé la dégustation, d'un très beau niveau. On peut à la limite leur reprocher de ne pas être très originaux pour nos palais français. Ce sont probablement les meilleurs chardonnays du pays (avec celui de Baettig). Même si les autres vins étaient plus simples, tout le monde a apprécié leur fraîcheur. Les rouges nous ont plus fait voyager que les blancs, globalement un petit cran en-dessous mais plus originaux, avec des pinots noirs plus solaires que ce que nous connaissons du cépage et au contraire des carignans malbecs et syrahs plus frais. Les taux d'acidité sont vraiment très élevés sur les fiches techniques de ces derniers rouges, même s'ils ne se ressentent pas vraiment à la dégustation : ce sont des équilibres différents, ils compensent l'ensoleillement plus élevé. Le niveau global du pays commence à devenir très intéressant, certes encore un peu en-dessous de ce que nous avons eu récemment dans nos soirées Afrique du Sud ou Australie par exemple, mais il y a un vrai charme et une identité propre qui est en train d'être retrouvée et qui annonce un très bel avenir aux vins chiliens.

 

4 octobre 2025

Soirées Coup de cœur de l'année (26/09 et 03/10)

 

De Montille, Bourgogne blanc Clos du Château 2022 : (vignes sous le Château de Puligny) chardonnay peu marqué par l’élevage, dans un style épuré, mais tout de même marqué par le millésime solaire, lui donnant des notes de fruits presque exotiques, avec une bonne acidité qui équilibre bien le vin.

 

Prieuré St Jean de bébian, Languedoc blanc 2022 : (roussanne/vermentino, 36mois d’élevage sur lies totales en vieux fûts, en nature) Bien dans le style du « nouveau » Bébian, plus coloré que le précédent, un peu trouble, un nez très marqué par le grillé des lies, beaucoup d’extraits secs, de citron confit, très proche d’un Ganevat par exemple. Bouche très énergique, beaucoup de peps et de volume, pas du tout de lourdeur, impressionnant pour des roussannes de Pézenas, le vin demanderait à se fondre encore un peu dans l’idéal, mais déjà excellent, avec beaucoup d’umami, et très prometteur, dans un style qui peut diviser.

 

 

Hegaldaka, Irouléguy blanc 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante.


Antonio Maçanita, Douro Os Caniveis Letra F 2022 : (plus de 17 cépages, vieilles vignes en altitude dans un secteur frais) Couleur claire, nez plein de fruits des bois, des épices, violette. Bouche légère en alcool, peu de tannins, beaucoup de fruits et d’épices, pas forcément très longue, mais très facile à boire.

 

Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, très gourmand et facile à boire.

 

U Stiliccionu, Ajaccio Kalliste 2019 : (sciaccarellu + nielluciu) Couleur plutôt soutenue pour un sciaccarellu majoritaire, nez de fruits rouges, avec un début d’évolution, un côté cuir, goudron, un peu dans l’esprit d’un Barolo. Bouche assez légère en alcool pour un sciaccarellu, avec une acidité plus élevée que la moyenne, un côté plus sauvage que Vacelli ou Abatucci, mais qui reste maîtrisé, moins de rondeur, plus d’allonge. Différent, mais tout aussi bon.

 

 

Domaine des Grouas, Anjou rouge Les Bergeons 2022 : beaucoup de gaz et de réduction à l’ouverture, mieux après carafage, mais on sent que ce n’est pas en place. Un peu la même impression sur le grolleau Métamorphose. Les Graou 2023 se sont mieux présentés.

 

Unterlind, Trittenheimer Apotheke riesling kabinett AP02 2023 : (nouveau domaine créé par Heiner et Veronika Bollig, maître de chai d’Egon Müller) Couleur très claire, nez très épuré, citronné, peu de pétrole. Bouche très fine, cristalline, on se demande où sont les sucres, pas un gros volume, mais tout en fraîcheur et en sensation minérale, ultra digeste, parfait pour finir.

 

 

Maçanita, Letra F 2023 : (la petite cuvée) très proche de la cuvée Canivéis 2022 de la semaine précédente.

 

Max Kilburg, Ohligsberg pinot noir 2023 : pinot noir allemand sérieux, frais, à l'acidité élevée, sensation minérale assez rare sur un rouge, avec du fond, salivant, bon potentiel de garde. Un peu trop austère pur certains.

 

Timo Mayer, Yarra Valley sangiovese 2021 : couleur très claire, nez très fraise écrasée, un peu truffe à l'ouverture. Bouche très suave, gourmande, soyeuse, florale et pleine de fraise écrasée, certains pensent aux sciaccarellu corses, d'autres à la Pialade.

 

Oratoire St Jean d'Aureilhan 2022 : couleur beaucoup plus sombre, nez éclatant de fruits noirs, épices, un peu fumé, olive, cuir. Bouche avec un fruité gourmand, mûr, une texture soyeuse, la main de fer dans un gant de velours, déjà très bon en l'état et un gros potentiel de garde.

 

3 octobre 2025

Visite au domaine Marie et Vincent Tricot à Orcet

 

Marie et Vincent Tricot sont des historiques du vin naturel en Auvergne. Comme Jean Maupertuis par exemple, ce sont des vins réguliers, toujours propres, vendus à prix sages, par des vignerons qui sont restés humbles et discrets, malgré le succès que peuvent rencontrer leurs vins dans certains pays.

 

 

Le domaine s'étend sur environ 5 hectares, quasiment d'un seul tenant, à Orcet, sur la route des Martres-de-Veyre, sur des sols sédimentaires avec des dépôts volcaniques. Vincent et Marie se sont rencontrés dans le Beaujolais, lorsque Vincent travaillait au domaine Pierre Cotton. Après un stage au Chili et au Château de Nages en Costières de Nîmes, ils se sont installés en 2002 en Auvergne, récupérant un domaine entièrement bio depuis 1971, entouré de céréaliers en bio également, ce qui est rare dans le secteur. Le domaine est bien sûr certifié bio depuis le début, intégralement sans sulfites depuis 2011. Les élevages se font en cuves, fûts (pas mal de fûts d'occasion chauffe très douce de chez Louis Latour) ou amphores en grès de Limoges (porosité légère).

 

2025 a été un millésime solaire, avec deux épisodes de canicule coup sur coup, et beaucoup de sécheresse. Chez les Tricot la vigne a bien résisté, les rendements restent corrects, et le tri un peu moins drastique que dans les secteurs les plus chauds de l'appellation. Les réserves emmagasinés en hiver et au début du printemps ont joué un rôle important, et le travail des sols également.

 

Les 2024 seront embouteillés en novembre 2025 soit un peu plus tard que d'habitude (sauf les petites cuvées "de fruit" qui ont déjà été mises en bouteilles).

 

 

 

Blancs

 

Rasséréné 2023 sur fût (il reste un fût qui sera assemblé avec les 2024 probablement) : sauvignon avec un peu de muscat, marqué par une légère macération, énergique, pas trop aromatique, belle allonge avec de beaux amers.

2024 : sauvignon plus marqué, un peu plus pamplemousse rose, les deux devraient bien s'assembler.

 

Escargot chardonnay 2024 : chardonnay assez classique, gras, encore un peu d'élevage, manque un poil d'allonge.

 

Désiré 2025 aligoté : cette année solaire, suivie de pluies qui ont dilué les raisins, l'aligoté a un profil aromatique manquant un peu de peps. Plutôt bon, mais ce n'est pas le profil habituel de la cuvée, elle sera probablement assemblée.

 

White Light 2025 : chardonnay/muscat et du coup aligoté cette année, pour voir ce que donnerait cet assemblage, le muscat domine encore, on reste donc sur le profil des années précédentes, aromatique, apéritif, pas trop écœurant non plus, car vif, peu d'alcool et plutôt fin pour du muscat.

 

Désiré 2023 en bouteille : en effet un profil plus vif et citronné, pas très long, mais frais.

 

 

Rosé

Rosé 2025 : encore un peu de sucres, coloré cette année, plutôt gourmand, plein de fruit.

 

 

Rouges

petites fleurs 2025 gamay d'auvergne en carbo : carbo sur le fruit, gourmande, on pourrait déjà le sortir comme ça en primeur.

 

plusieurs pinots 2024 sur fûts et amphores, plus ou moins égrappés et plus ou moins extraits, mais tous d'un beau fruité, frais, avec de belles acidités sur ce millésime. Ils rentreront dans l'assemblage des 3 Bonhommes et dans l'assemblage des Milans.

 

syrah 2025 (vigne plantée en 2021, exposition sud, syrah du Rhône) syrah vendangé plus tard que les gamays et les pinot ici en Auvergne, syrah foncée, mais tout est plus foncé en 2025, florale, très violette, plutôt fraîche, pas très élevée en alcool, tannins fins. Encore une preuve que le cépage se plaît bien ici. Il rentrera probablement dans l'assemblage des Milans (ou de la Côte Ouest).

 

parcelle des Marcottes 2024, vieux pinots en pente, plus solaire, plus puissant et un peu plus extrait, rentre dans l'assemblage de la Côte Ouest désormais, cuvée faite avec les raisins les plus mûrs en général.

 

 

Non goûtés ce jour-là MC (avec du pineau d'aunis), Rouge lux (gamay), bulleversante (pet' nat blanc) et le vin paillé (non produit depuis plus de 10ans)

 

 

 

Fiches techniques

 

Petites fleurs 2024 : 100% gamay d'Auvergne, vignes d'environ 50ans exposés ouest, 400m d'altitude. Grappes entières. 8jours de carbo puis élevage en cuve fibre. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Milans 2024 : 40% pinot noir, 35% gamay, 25% syrah (plantées en 2021). Gamay et syrah en grappe entière. Pinot égrappé à 75% environ. Elevage foudres et fûts. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Petit rouge de la Côte Ouest 2023 : 100% gamay d'Auvergne. Vignes de 1972 et 1964. Expo ouest. Egrappage à 80%. Mêmes raisins que Petites fleurs mais vendangés 10jours plus tard + vieilles vignes de gamay (Ex-Marcottes). Elevage jarre en grès, fûts et foudres 11mois.

 

Rasséréné 2023 : 100% sauvignon, 1 parcelle en pressurage direct et 1 en carbo. Elevage 11 mois en jarre en grès.

 

19 septembre 2025

Soirées Nuits-St-Georges (12 et 19/09)

 

Si Nuits-Saint-Georges a la réputation de donner des vins plus durs que Vosne-Romanée ou Chambolle-Musigny qui sont dans le prolongement du même coteau, c'est avant tout pour la présence du calcaire de Comblanchien.

 

En effet, celui-ci est affleurant dans la partie sud et la partie centrale de l'appellation, où l'on peut percevoir les carrières de calcaire sur le haut du coteau. Cependant la partie Nord de l'appellation possède des sols plus proches de ceux de Vosne-Romanée, avec plusieurs couches de marnes, argiles et calcaires avant de tomber dans le calcaire de Comblanchien. Les vins produits ici sont en général plus fins au niveau de la structure tannique.

 

Il faut aussi prendre en compte la présence de deux combes : la combe du Meuzin qui traverse le village et plus au sud la combe des Vallerots. Ces combes apportent des courants d'air frais, des éboulis caillouteux et des expositions différentes.

 

Comme toujours la hauteur sur le coteau a une importance primordiale.

 

A noter, quelques climats avec des argiles rouges (riches en fer), plutôt au centre de l'appellation.

 

Enfin, on peut constater que les parcelles centrales sont généralement possédées par des vignerons du village de Nuits-St-Georges, alors que les parcelles du Nord appartiennent le plus souvent à des vignerons de Vosne-Romanée. A tel point, que l'on a parfois avancé qu'il y avait deux types de Nuits-St-Georges : ceux des Vosniens et ceux des Nuitons. Quoi qu'il en soit, les styles de vinification ont un rôle très important, comme toujours, de même que les millésimes.

 

Au final, peu de vins nous ont semblé coller au stéréotype Nuits-St-Georges. Le choix avait été fait de mettre en avant le Nord de l'appellation, plus en finesse donc, avant tout car les millésimes disponibles étaient un peu trop récents pour mettre l'accent sur le centre de l'appellation, surtout en dégustation pure. 

 


1 JF. Mugnier, 1er cru clos de la Maréchale blanc 2021 : chardonnay tendu, citronné, austère, très calcaire, pas un gros volume, un peu mieux en se réchauffant avec des notes briochées. Jolie finale assez longue et salivante, mais un plaisir limité en l'état.


2 Méo-Camuzet F&S, 2022 (bas de combe + grandes vignes) : vin coloré, reflets violets, nez très expressif, fruits noirs, vanille, violette. Bouche très gourmande, texturée, ronde, fruité mûr un peu confituré et vanillé, pas beaucoup d'allonge, encore un peu de bois, bien dans le style du domaine.


3 Edouard Confuron, Aux allots 2022 : un style quasi opposé au précédent, un peu de couleur quand même, fruité plus clair et un peu de ronce, végétal, bouche qui n'a pas un gros volume, pas de travail de texture, mais grosse allonge, plus en acidité, avec une finale salivante umami qui donne envie d'y revenir, joli style.

 

Bonus Friedrich Becker, Heydenreich pinot noir 2016 (Allemagne-Palatinat) : un vin beaucoup plus clair que les autres, où on a eu l'impression d'un climat plus frais, plus d'acidité, mais beaucoup d'élégance, sur des petits fruits rouges, une touche d'élevage viande fumée. On part vite plus au Nord que la Bourgogne. Une cuvée qui a paru très élégante, avec peu d'extraction pour un grand cru de Friedrich Becker. Très accessible en l'état, un vin qui a fait l'unanimité. Merci Michel.


4 Thibault Liger-Belair, La Charmotte 2017 : couleur très claire, nez très floral, beaucoup de rose, de baies rouges. Bouche en dentelle, aérienne, au fruité éclatant, très florale aussi, très "vosnienne" disent certains, probablement marquée par la vinification en infusion avec une partie de grappes entières, ce n'est pas très dense, mais c'est le vin qui offre le plus de plaisir immédiat. 


5 Jean Grivot, 1er cru Aux Boudots 2017 : couleur sombre, nez marqué par l'élevage, café, bouche mûre, confiturée, boisée, assez ronde mais sans beaucoup d'allonge. 


6 Henri Gouges, 1er cru Clos des Porrets St Georges 2021 : un domaine qui a changé de style récemment, ce vin en était la preuve, fini les vins très durs du passé, ce Porrets 2021 a montré un très joli fruité, très épuré, peu de bois, une bouche élégante, pas forcément de volume ni de texture mais beaucoup d'allonge avec une finale très calcaire.

 

 

7 Sylvain Cathiard, 1er cru Aux Murgers 2017 : couleur parmi les plus sombres, un vin qui semblait persque parfait, combinant fruité et floral ainsi que des notes de cuir, voire tabac, beaucoup de volume mais des tannins très fins, un fruité mûr et une belle acidité, de la longueur.


8 Robert Chevillon, 1er cru Les Chaignots 2010 : enfin un Nuits-St-Georges qui collait au stéréotype de l'appellation, avec des tannins plus fermes, un côté plus terreux, cuir, presque encore trop jeune pour ce 2010, probablement dû au style traditionnel du domaine puisque les Chaignots est une parcelle proche de Vosne. Merci Bertrand.


9 Château de Puligny, 1er cru Clos des grandes vignes 2005 : couleur assez claire et peu évoluée pour 2005, nez de fruits rouges, semble avoir eu un élevage poussé, bouche jeune, sur le fruit peu tannique, étonnante pour 2005, plutôt facile à boire, sans grand fond. 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 JF. Mugnier, 1er cru clos de la Maréchale blanc 2014 : on retrouve le côté frais et tendu du 2021, mais un peu plus fondu ici, le chardonnay bourguignon se sent déjà un peu plus, avec peut-être un peu plus de volume et moins d'austérité, encore tout jeune.


2 Manuel Olivier, 2019 (aux allots) : robe assez claire pour un 2019, nez fruité et épicé, bouche assez simple, plutôt légère et facile, sans la profondeur des vins suivants. 


3 Méo-Camuzet F&S, 2022 (bas de combe + grandes vignes) : vin coloré, reflets violets, nez très expressif, fruits noirs, vanille, violette. Bouche très gourmande, texturée, ronde, fruité mûr un peu confituré et vanillé, pas beaucoup d'allonge, encore un peu de bois, bien dans le style du domaine.


4 Jean Grivot, 1er cru Aux Boudots 2016 : un 2016 qui s'est bien mieux goûté que le 2017 de la semaine précédente, moins d'élevage, plus de fraîcheur dans le fond et beaucoup plus d'allonge. 


5 Sylvain Cathiard, 1er cru Aux Thorey 2017 : par rapport aux Murgers 2017 de la semaine précédente, un vin plus fermé, encore un peu serré, qui va demander du temps. 

 

 


6 Anne Gros, Damodes 2013 : couleur très claire, peu d'évolution pour un 2013, encore plein de petits fruits rouges acidulés, très frais, on sent le millésime plus froid que les précédents, pas beaucoup de volume, mais très digeste, facile à boire, presque rafraîchissant, un vin qui offre beaucoup de plaisir. Merci Fred !


7 Arnoux-Lachaux, 2019 : (6 parcelles) Couleur plus foncée que le Anne Gros mais assez claire par rapport aux autres, un vin complètement différent, un nez de fruits rouges confiturés, de pot-pourri et de rose. Une bouche qui évoque presque un grenache, dense, mûre, très florale, tannins fondus, mais avec l'acidité du pinot, on sent la concentration à la vigne, et ensuite les vinif en grappe entière avec peu d'extraction, peu de bois neuf, beaucoup de longueur. Coup de cœur unanime.


8 Henri Gouges, 1er cru Clos des Porrets St Georges 2021 : un domaine qui a changé de style récemment, ce vin en était la preuve, fini les vins très durs du passé, ce Porrets 2021 a montré un très joli fruité, très épuré, peu de bois, une bouche élégante, pas forcément de volume ni de texture mais beaucoup d'allonge avec une finale très calcaire.

 

9 Thibault Liger-Belair, Belle Croix 2018 : un vin à l'opposé de Charmotte 2017, plus puissant, plus mûr, avec un peu de réduction, des notes animales, moins d'élégance.

27 juin 2025

Soirée Caisse INEDIT de Benoît Montel du 27/06

 

La caisse INEDIT de Benoît Montel nous a permis de déguster un même vin, vieilli dans 6 contenants différents : une expérience rare et très enrichissante.

 

 

Outre l’impact des différents contenants sur le goût et l’équilibre des vins, l’exercice permet aussi de réfléchir au type d’élevage qui sera le plus adapté à l’avenir en tenant compte du réchauffement climatique (avec notamment des acidités de plus en plus faibles).

 

Il s’agit de son chardonnay 2022, récolté sur le lieu-dit Bourrassol, entre Châteaugay et Ménétrol, une parcelle plutôt solaire, exposée sud-est, sur sols argilo-calcaire avec un peu de basalte, vignes plantées en 1999. Les raisins ont été récoltés début septembre, à environ 13%, en pressurage direct grappe entière dans un pressoir pneumatique horizontal. Après un débourbage de 48h à froid, le vin a enchaîné fermentation alcoolique puis fermentation malolactique en cuve inox, pendant 6 semaines environ. Il y a eu un léger sulfitage après malo (puis un second à la mise en bouteille).


C’est à ce moment-là que le vin a été transféré dans les divers contenants, pour 9 mois, sans interventions (pas de bâtonnage par exemple).

 

 

 

I Cuve inox : (contenant le plus neutre, pratique et économique, pas de porosité, pas d’aromatisation) Le vin est à peine moins doré que les suivants, un nez de fleurs blanches et fruits jaunes. La bouche présente de la vivacité à l’attaque, pas de travail de texture, on a même l’impression d’un très léger perlant au départ mais qui disparait vite. On apprécie son côté vif et frais au départ, le vin perd un peu de son intérêt au fur et à mesure qu’il se réchauffe.


N Porcelaine : (un œuf en ballon de rugby de 500L. Fait à partir d’une argile blanche riche en kaolinite. La plus chère des céramiques, fragile. Pas de porosité, pas d’aromatisation, mais un brassage et une proportion de lies plus importants que sur la cuve inox) Couleur à peine plus dorée, nez qui semble un peu plus mûr. Bouche plus large à l’attaque, au départ on a une impression d’un vin plus élevé en alcool que le précédent, puis avec l’ouverture il semble plus complexe et gagne en intérêt.


E grès : (amphore de 500L en forme d’œuf. Fait à partir d’une argile riche en silice, à cuisson élevée, 1100 à 1300°. La porosité est faible, pas d’aromatisation, brassage des lies, come sur toutes les amphores il y a aussi une inertie thermique bien qu’elles ne soient pas enterrées ici) Couleur proche du précédent, le nez est un peu plus marqué par les agrumes confits, mûr mais moins miellé que d’autre. La bouche semble plus « caillouteuse », donnant une vraie sensation minérale, avec une impression d’acidité plus élevée, sans perdre en volume, finale avec de beaux amers, presque des petits tannins, beaucoup d’allonge, plus de fraîcheur et de longueur. Le gagnant du soir à l’unanimité. Benoît avait prévenu l’an dernier à la sortie de la caisse « Le grès demande toujours un peu de temps, la première année c’est le plus compliqué avec des amers trop marqués, mais ensuite c’est souvent celui qui s’impose ».


D terre cuite : (amphore de 500L. Cuisson d’une argile plutôt rouge, entre 800 et 1000°. Forte porosité ici. Pas d’aromatisation) Couleur un poil plus dorée, nez qui semble riche, fruits jaunes mûrs, presque exotiques. Bouche avec du volume, de la gourmandise, elle manque un poil d’acidité derrière le précédent, mais c’est très bon aussi.


I fût d’acacia : (fût de 228L neuf de chez Meyrieux, l’acacia a un grain plus serré que le chêne, il est donc moins poreux, il est aussi plus pauvre en vanilline et marque moins les vins. Très efficace sur les vins blancs, on le voit apparaitre de plus en plus, parfois en assemblage avec d’autres contenants, parfois en fût hybride avec une douelle sur deux chêne/acacia)  Couleur un peu plus claire, nez un peu plus miellé, petite touche vanillée légère. La bouche a une belle texture à l’attaque avec un léger gras, elle a gardé une bonne acidité, petite sucrosité gourmande, la finale est bien moins marquée par le bois que le suivant. Un contenant intéressant.


T fût de chêne : (fût de 228L neuf, chauffe blonde, tonnellerie Meyrieux. Forte porosité et aromatisation forte) Couleur à peine plus foncée, le nez est tout de suite plus vanillé, pas spécialement toasté ici. La bouche est très jolie à l’attaque, soyeuse, gourmande, avec une petite sucrosité vanillée, un fruité mûr, la finale est par contre un peu trop arrondie par l’élevage, on reste sur cette sensation vanillée. Cependant le bois a déjà été bien absorbé depuis l’an dernier, on sent qu’il ne manque que deux/trois ans de plus pour en faire un joli vin d’inspiration bourguignonne à l’ancienne.

 

 

Un grand merci à Benoît pour cette belle opportunité. C’était une première pour la plupart des participants est tout le monde a trouvé la dégustation à la fois enrichissante et d’un très bon niveau. Si le grès s’est imposé ce soir-là, la prudence reste de mise : en fonction du vin choisi, du millésime, du temps d’élevage, de l’âge auquel on boit les vins, du moment (à table ? l’été ?), etc… tous les contenants peuvent avoir leur intérêt. Sans oublier non plus qu’il y a la possibilité d’assembler plusieurs d’entre eux. Ce qui est sûr c’est qu’il y a des différences marquées, voire très marquées sur le grès et le chêne, entre les vins. La seule façon de mieux comprendre l’importance de l’élevage est de multiplier ce genre d’expérience. Alors vivement les prochaines caisses Benoît ! Pour les 2025 peut-être ?

 

 


A Lire : Le Rouge et le Blanc n°154 sur les amphores. « En fonction des minéraux utilisés et de leur proportion, du temps et de la température de cuisson, de la présence ou non d’une cire en surface, de la taille, de la forme, de la provenance, si elles sont ensuite enterrées ou non, etc… » on comprend que l’amphore est un terme générique qui renvoie à des réalités très différentes les unes des autres, avec une porosité allant notamment de 0 à 30%. Il y aurait généralement une montée des acides volatils plus faible que sur les fûts de chêne.
 

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