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La Cave du Théâtre

La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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4 octobre 2025

Soirées Coup de cœur de l'année (26/09 et 03/10)

 

De Montille, Bourgogne blanc Clos du Château 2022 : (vignes sous le Château de Puligny) chardonnay peu marqué par l’élevage, dans un style épuré, mais tout de même marqué par le millésime solaire, lui donnant des notes de fruits presque exotiques, avec une bonne acidité qui équilibre bien le vin.

 

Prieuré St Jean de bébian, Languedoc blanc 2022 : (roussanne/vermentino, 36mois d’élevage sur lies totales en vieux fûts, en nature) Bien dans le style du « nouveau » Bébian, plus coloré que le précédent, un peu trouble, un nez très marqué par le grillé des lies, beaucoup d’extraits secs, de citron confit, très proche d’un Ganevat par exemple. Bouche très énergique, beaucoup de peps et de volume, pas du tout de lourdeur, impressionnant pour des roussannes de Pézenas, le vin demanderait à se fondre encore un peu dans l’idéal, mais déjà excellent, avec beaucoup d’umami, et très prometteur, dans un style qui peut diviser.

 

 

Hegaldaka, Irouléguy blanc 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante.


Antonio Maçanita, Douro Os Caniveis Letra F 2022 : (plus de 17 cépages, vieilles vignes en altitude dans un secteur frais) Couleur claire, nez plein de fruits des bois, des épices, violette. Bouche légère en alcool, peu de tannins, beaucoup de fruits et d’épices, pas forcément très longue, mais très facile à boire.

 

Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, très gourmand et facile à boire.

 

U Stiliccionu, Ajaccio Kalliste 2019 : (sciaccarellu + nielluciu) Couleur plutôt soutenue pour un sciaccarellu majoritaire, nez de fruits rouges, avec un début d’évolution, un côté cuir, goudron, un peu dans l’esprit d’un Barolo. Bouche assez légère en alcool pour un sciaccarellu, avec une acidité plus élevée que la moyenne, un côté plus sauvage que Vacelli ou Abatucci, mais qui reste maîtrisé, moins de rondeur, plus d’allonge. Différent, mais tout aussi bon.

 

 

Domaine des Grouas, Anjou rouge Les Bergeons 2022 : beaucoup de gaz et de réduction à l’ouverture, mieux après carafage, mais on sent que ce n’est pas en place. Un peu la même impression sur le grolleau Métamorphose. Les Graou 2023 se sont mieux présentés.

 

Unterlind, Trittenheimer Apotheke riesling kabinett AP02 2023 : (nouveau domaine créé par Heiner et Veronika Bollig, maître de chai d’Egon Müller) Couleur très claire, nez très épuré, citronné, peu de pétrole. Bouche très fine, cristalline, on se demande où sont les sucres, pas un gros volume, mais tout en fraîcheur et en sensation minérale, ultra digeste, parfait pour finir.

 

 

Maçanita, Letra F 2023 : (la petite cuvée) très proche de la cuvée Canivéis 2022 de la semaine précédente.

 

Max Kilburg, Ohligsberg pinot noir 2023 : pinot noir allemand sérieux, frais, à l'acidité élevée, sensation minérale assez rare sur un rouge, avec du fond, salivant, bon potentiel de garde. Un peu trop austère pur certains.

 

Timo Mayer, Yarra Valley sangiovese 2021 : couleur très claire, nez très fraise écrasée, un peu truffe à l'ouverture. Bouche très suave, gourmande, soyeuse, florale et pleine de fraise écrasée, certains pensent aux sciaccarellu corses, d'autres à la Pialade.

 

Oratoire St Jean d'Aureilhan 2022 : couleur beaucoup plus sombre, nez éclatant de fruits noirs, épices, un peu fumé, olive, cuir. Bouche avec un fruité gourmand, mûr, une texture soyeuse, la main de fer dans un gant de velours, déjà très bon en l'état et un gros potentiel de garde.

 

3 octobre 2025

Visite au domaine Marie et Vincent Tricot à Orcet

 

Marie et Vincent Tricot sont des historiques du vin naturel en Auvergne. Comme Jean Maupertuis par exemple, ce sont des vins réguliers, toujours propres, vendus à prix sages, par des vignerons qui sont restés humbles et discrets, malgré le succès que peuvent rencontrer leurs vins dans certains pays.

 

 

Le domaine s'étend sur environ 5 hectares, quasiment d'un seul tenant, à Orcet, sur la route des Martres-de-Veyre, sur des sols sédimentaires avec des dépôts volcaniques. Vincent et Marie se sont rencontrés dans le Beaujolais, lorsque Vincent travaillait au domaine Pierre Cotton. Après un stage au Chili et au Château de Nages en Costières de Nîmes, ils se sont installés en 2002 en Auvergne, récupérant un domaine entièrement bio depuis 1971, entouré de céréaliers en bio également, ce qui est rare dans le secteur. Le domaine est bien sûr certifié bio depuis le début, intégralement sans sulfites depuis 2011. Les élevages se font en cuves, fûts (pas mal de fûts d'occasion chauffe très douce de chez Louis Latour) ou amphores en grès de Limoges (porosité légère).

 

2025 a été un millésime solaire, avec deux épisodes de canicule coup sur coup, et beaucoup de sécheresse. Chez les Tricot la vigne a bien résisté, les rendements restent corrects, et le tri un peu moins drastique que dans les secteurs les plus chauds de l'appellation. Les réserves emmagasinés en hiver et au début du printemps ont joué un rôle important, et le travail des sols également.

 

Les 2024 seront embouteillés en novembre 2025 soit un peu plus tard que d'habitude (sauf les petites cuvées "de fruit" qui ont déjà été mises en bouteilles).

 

 

 

Blancs

 

Rasséréné 2023 sur fût (il reste un fût qui sera assemblé avec les 2024 probablement) : sauvignon avec un peu de muscat, marqué par une légère macération, énergique, pas trop aromatique, belle allonge avec de beaux amers.

2024 : sauvignon plus marqué, un peu plus pamplemousse rose, les deux devraient bien s'assembler.

 

Escargot chardonnay 2024 : chardonnay assez classique, gras, encore un peu d'élevage, manque un poil d'allonge.

 

Désiré 2025 aligoté : cette année solaire, suivie de pluies qui ont dilué les raisins, l'aligoté a un profil aromatique manquant un peu de peps. Plutôt bon, mais ce n'est pas le profil habituel de la cuvée, elle sera probablement assemblée.

 

White Light 2025 : chardonnay/muscat et du coup aligoté cette année, pour voir ce que donnerait cet assemblage, le muscat domine encore, on reste donc sur le profil des années précédentes, aromatique, apéritif, pas trop écœurant non plus, car vif, peu d'alcool et plutôt fin pour du muscat.

 

Désiré 2023 en bouteille : en effet un profil plus vif et citronné, pas très long, mais frais.

 

 

Rosé

Rosé 2025 : encore un peu de sucres, coloré cette année, plutôt gourmand, plein de fruit.

 

 

Rouges

petites fleurs 2025 gamay d'auvergne en carbo : carbo sur le fruit, gourmande, on pourrait déjà le sortir comme ça en primeur.

 

plusieurs pinots 2024 sur fûts et amphores, plus ou moins égrappés et plus ou moins extraits, mais tous d'un beau fruité, frais, avec de belles acidités sur ce millésime. Ils rentreront dans l'assemblage des 3 Bonhommes et dans l'assemblage des Milans.

 

syrah 2025 (vigne plantée en 2021, exposition sud, syrah du Rhône) syrah vendangé plus tard que les gamays et les pinot ici en Auvergne, syrah foncée, mais tout est plus foncé en 2025, florale, très violette, plutôt fraîche, pas très élevée en alcool, tannins fins. Encore une preuve que le cépage se plaît bien ici. Il rentrera probablement dans l'assemblage des Milans (ou de la Côte Ouest).

 

parcelle des Marcottes 2024, vieux pinots en pente, plus solaire, plus puissant et un peu plus extrait, rentre dans l'assemblage de la Côte Ouest désormais, cuvée faite avec les raisins les plus mûrs en général.

 

 

Non goûtés ce jour-là MC (avec du pineau d'aunis), Rouge lux (gamay), bulleversante (pet' nat blanc) et le vin paillé (non produit depuis plus de 10ans)

 

 

 

Fiches techniques

 

Petites fleurs 2024 : 100% gamay d'Auvergne, vignes d'environ 50ans exposés ouest, 400m d'altitude. Grappes entières. 8jours de carbo puis élevage en cuve fibre. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Milans 2024 : 40% pinot noir, 35% gamay, 25% syrah (plantées en 2021). Gamay et syrah en grappe entière. Pinot égrappé à 75% environ. Elevage foudres et fûts. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Petit rouge de la Côte Ouest 2023 : 100% gamay d'Auvergne. Vignes de 1972 et 1964. Expo ouest. Egrappage à 80%. Mêmes raisins que Petites fleurs mais vendangés 10jours plus tard + vieilles vignes de gamay (Ex-Marcottes). Elevage jarre en grès, fûts et foudres 11mois.

 

Rasséréné 2023 : 100% sauvignon, 1 parcelle en pressurage direct et 1 en carbo. Elevage 11 mois en jarre en grès.

 

19 septembre 2025

Soirées Nuits-St-Georges (12 et 19/09)

 

Si Nuits-Saint-Georges a la réputation de donner des vins plus durs que Vosne-Romanée ou Chambolle-Musigny qui sont dans le prolongement du même coteau, c'est avant tout pour la présence du calcaire de Comblanchien.

 

En effet, celui-ci est affleurant dans la partie sud et la partie centrale de l'appellation, où l'on peut percevoir les carrières de calcaire sur le haut du coteau. Cependant la partie Nord de l'appellation possède des sols plus proches de ceux de Vosne-Romanée, avec plusieurs couches de marnes, argiles et calcaires avant de tomber dans le calcaire de Comblanchien. Les vins produits ici sont en général plus fins au niveau de la structure tannique.

 

Il faut aussi prendre en compte la présence de deux combes : la combe du Meuzin qui traverse le village et plus au sud la combe des Vallerots. Ces combes apportent des courants d'air frais, des éboulis caillouteux et des expositions différentes.

 

Comme toujours la hauteur sur le coteau a une importance primordiale.

 

A noter, quelques climats avec des argiles rouges (riches en fer), plutôt au centre de l'appellation.

 

Enfin, on peut constater que les parcelles centrales sont généralement possédées par des vignerons du village de Nuits-St-Georges, alors que les parcelles du Nord appartiennent le plus souvent à des vignerons de Vosne-Romanée. A tel point, que l'on a parfois avancé qu'il y avait deux types de Nuits-St-Georges : ceux des Vosniens et ceux des Nuitons. Quoi qu'il en soit, les styles de vinification ont un rôle très important, comme toujours, de même que les millésimes.

 

Au final, peu de vins nous ont semblé coller au stéréotype Nuits-St-Georges. Le choix avait été fait de mettre en avant le Nord de l'appellation, plus en finesse donc, avant tout car les millésimes disponibles étaient un peu trop récents pour mettre l'accent sur le centre de l'appellation, surtout en dégustation pure. 

 


1 JF. Mugnier, 1er cru clos de la Maréchale blanc 2021 : chardonnay tendu, citronné, austère, très calcaire, pas un gros volume, un peu mieux en se réchauffant avec des notes briochées. Jolie finale assez longue et salivante, mais un plaisir limité en l'état.


2 Méo-Camuzet F&S, 2022 (bas de combe + grandes vignes) : vin coloré, reflets violets, nez très expressif, fruits noirs, vanille, violette. Bouche très gourmande, texturée, ronde, fruité mûr un peu confituré et vanillé, pas beaucoup d'allonge, encore un peu de bois, bien dans le style du domaine.


3 Edouard Confuron, Aux allots 2022 : un style quasi opposé au précédent, un peu de couleur quand même, fruité plus clair et un peu de ronce, végétal, bouche qui n'a pas un gros volume, pas de travail de texture, mais grosse allonge, plus en acidité, avec une finale salivante umami qui donne envie d'y revenir, joli style.

 

Bonus Friedrich Becker, Heydenreich pinot noir 2016 (Allemagne-Palatinat) : un vin beaucoup plus clair que les autres, où on a eu l'impression d'un climat plus frais, plus d'acidité, mais beaucoup d'élégance, sur des petits fruits rouges, une touche d'élevage viande fumée. On part vite plus au Nord que la Bourgogne. Une cuvée qui a paru très élégante, avec peu d'extraction pour un grand cru de Friedrich Becker. Très accessible en l'état, un vin qui a fait l'unanimité. Merci Michel.


4 Thibault Liger-Belair, La Charmotte 2017 : couleur très claire, nez très floral, beaucoup de rose, de baies rouges. Bouche en dentelle, aérienne, au fruité éclatant, très florale aussi, très "vosnienne" disent certains, probablement marquée par la vinification en infusion avec une partie de grappes entières, ce n'est pas très dense, mais c'est le vin qui offre le plus de plaisir immédiat. 


5 Jean Grivot, 1er cru Aux Boudots 2017 : couleur sombre, nez marqué par l'élevage, café, bouche mûre, confiturée, boisée, assez ronde mais sans beaucoup d'allonge. 


6 Henri Gouges, 1er cru Clos des Porrets St Georges 2021 : un domaine qui a changé de style récemment, ce vin en était la preuve, fini les vins très durs du passé, ce Porrets 2021 a montré un très joli fruité, très épuré, peu de bois, une bouche élégante, pas forcément de volume ni de texture mais beaucoup d'allonge avec une finale très calcaire.

 

 

7 Sylvain Cathiard, 1er cru Aux Murgers 2017 : couleur parmi les plus sombres, un vin qui semblait persque parfait, combinant fruité et floral ainsi que des notes de cuir, voire tabac, beaucoup de volume mais des tannins très fins, un fruité mûr et une belle acidité, de la longueur.


8 Robert Chevillon, 1er cru Les Chaignots 2010 : enfin un Nuits-St-Georges qui collait au stéréotype de l'appellation, avec des tannins plus fermes, un côté plus terreux, cuir, presque encore trop jeune pour ce 2010, probablement dû au style traditionnel du domaine puisque les Chaignots est une parcelle proche de Vosne. Merci Bertrand.


9 Château de Puligny, 1er cru Clos des grandes vignes 2005 : couleur assez claire et peu évoluée pour 2005, nez de fruits rouges, semble avoir eu un élevage poussé, bouche jeune, sur le fruit peu tannique, étonnante pour 2005, plutôt facile à boire, sans grand fond. 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 JF. Mugnier, 1er cru clos de la Maréchale blanc 2014 : on retrouve le côté frais et tendu du 2021, mais un peu plus fondu ici, le chardonnay bourguignon se sent déjà un peu plus, avec peut-être un peu plus de volume et moins d'austérité, encore tout jeune.


2 Manuel Olivier, 2019 (aux allots) : robe assez claire pour un 2019, nez fruité et épicé, bouche assez simple, plutôt légère et facile, sans la profondeur des vins suivants. 


3 Méo-Camuzet F&S, 2022 (bas de combe + grandes vignes) : vin coloré, reflets violets, nez très expressif, fruits noirs, vanille, violette. Bouche très gourmande, texturée, ronde, fruité mûr un peu confituré et vanillé, pas beaucoup d'allonge, encore un peu de bois, bien dans le style du domaine.


4 Jean Grivot, 1er cru Aux Boudots 2016 : un 2016 qui s'est bien mieux goûté que le 2017 de la semaine précédente, moins d'élevage, plus de fraîcheur dans le fond et beaucoup plus d'allonge. 


5 Sylvain Cathiard, 1er cru Aux Thorey 2017 : par rapport aux Murgers 2017 de la semaine précédente, un vin plus fermé, encore un peu serré, qui va demander du temps. 

 

 


6 Anne Gros, Damodes 2013 : couleur très claire, peu d'évolution pour un 2013, encore plein de petits fruits rouges acidulés, très frais, on sent le millésime plus froid que les précédents, pas beaucoup de volume, mais très digeste, facile à boire, presque rafraîchissant, un vin qui offre beaucoup de plaisir. Merci Fred !


7 Arnoux-Lachaux, 2019 : (6 parcelles) Couleur plus foncée que le Anne Gros mais assez claire par rapport aux autres, un vin complètement différent, un nez de fruits rouges confiturés, de pot-pourri et de rose. Une bouche qui évoque presque un grenache, dense, mûre, très florale, tannins fondus, mais avec l'acidité du pinot, on sent la concentration à la vigne, et ensuite les vinif en grappe entière avec peu d'extraction, peu de bois neuf, beaucoup de longueur. Coup de cœur unanime.


8 Henri Gouges, 1er cru Clos des Porrets St Georges 2021 : un domaine qui a changé de style récemment, ce vin en était la preuve, fini les vins très durs du passé, ce Porrets 2021 a montré un très joli fruité, très épuré, peu de bois, une bouche élégante, pas forcément de volume ni de texture mais beaucoup d'allonge avec une finale très calcaire.

 

9 Thibault Liger-Belair, Belle Croix 2018 : un vin à l'opposé de Charmotte 2017, plus puissant, plus mûr, avec un peu de réduction, des notes animales, moins d'élégance.

27 juin 2025

Soirée Caisse INEDIT de Benoît Montel du 27/06

 

La caisse INEDIT de Benoît Montel nous a permis de déguster un même vin, vieilli dans 6 contenants différents : une expérience rare et très enrichissante.

 

 

Outre l’impact des différents contenants sur le goût et l’équilibre des vins, l’exercice permet aussi de réfléchir au type d’élevage qui sera le plus adapté à l’avenir en tenant compte du réchauffement climatique (avec notamment des acidités de plus en plus faibles).

 

Il s’agit de son chardonnay 2022, récolté sur le lieu-dit Bourrassol, entre Châteaugay et Ménétrol, une parcelle plutôt solaire, exposée sud-est, sur sols argilo-calcaire avec un peu de basalte, vignes plantées en 1999. Les raisins ont été récoltés début septembre, à environ 13%, en pressurage direct grappe entière dans un pressoir pneumatique horizontal. Après un débourbage de 48h à froid, le vin a enchaîné fermentation alcoolique puis fermentation malolactique en cuve inox, pendant 6 semaines environ. Il y a eu un léger sulfitage après malo (puis un second à la mise en bouteille).


C’est à ce moment-là que le vin a été transféré dans les divers contenants, pour 9 mois, sans interventions (pas de bâtonnage par exemple).

 

 

 

I Cuve inox : (contenant le plus neutre, pratique et économique, pas de porosité, pas d’aromatisation) Le vin est à peine moins doré que les suivants, un nez de fleurs blanches et fruits jaunes. La bouche présente de la vivacité à l’attaque, pas de travail de texture, on a même l’impression d’un très léger perlant au départ mais qui disparait vite. On apprécie son côté vif et frais au départ, le vin perd un peu de son intérêt au fur et à mesure qu’il se réchauffe.


N Porcelaine : (un œuf en ballon de rugby de 500L. Fait à partir d’une argile blanche riche en kaolinite. La plus chère des céramiques, fragile. Pas de porosité, pas d’aromatisation, mais un brassage et une proportion de lies plus importants que sur la cuve inox) Couleur à peine plus dorée, nez qui semble un peu plus mûr. Bouche plus large à l’attaque, au départ on a une impression d’un vin plus élevé en alcool que le précédent, puis avec l’ouverture il semble plus complexe et gagne en intérêt.


E grès : (amphore de 500L en forme d’œuf. Fait à partir d’une argile riche en silice, à cuisson élevée, 1100 à 1300°. La porosité est faible, pas d’aromatisation, brassage des lies, come sur toutes les amphores il y a aussi une inertie thermique bien qu’elles ne soient pas enterrées ici) Couleur proche du précédent, le nez est un peu plus marqué par les agrumes confits, mûr mais moins miellé que d’autre. La bouche semble plus « caillouteuse », donnant une vraie sensation minérale, avec une impression d’acidité plus élevée, sans perdre en volume, finale avec de beaux amers, presque des petits tannins, beaucoup d’allonge, plus de fraîcheur et de longueur. Le gagnant du soir à l’unanimité. Benoît avait prévenu l’an dernier à la sortie de la caisse « Le grès demande toujours un peu de temps, la première année c’est le plus compliqué avec des amers trop marqués, mais ensuite c’est souvent celui qui s’impose ».


D terre cuite : (amphore de 500L. Cuisson d’une argile plutôt rouge, entre 800 et 1000°. Forte porosité ici. Pas d’aromatisation) Couleur un poil plus dorée, nez qui semble riche, fruits jaunes mûrs, presque exotiques. Bouche avec du volume, de la gourmandise, elle manque un poil d’acidité derrière le précédent, mais c’est très bon aussi.


I fût d’acacia : (fût de 228L neuf de chez Meyrieux, l’acacia a un grain plus serré que le chêne, il est donc moins poreux, il est aussi plus pauvre en vanilline et marque moins les vins. Très efficace sur les vins blancs, on le voit apparaitre de plus en plus, parfois en assemblage avec d’autres contenants, parfois en fût hybride avec une douelle sur deux chêne/acacia)  Couleur un peu plus claire, nez un peu plus miellé, petite touche vanillée légère. La bouche a une belle texture à l’attaque avec un léger gras, elle a gardé une bonne acidité, petite sucrosité gourmande, la finale est bien moins marquée par le bois que le suivant. Un contenant intéressant.


T fût de chêne : (fût de 228L neuf, chauffe blonde, tonnellerie Meyrieux. Forte porosité et aromatisation forte) Couleur à peine plus foncée, le nez est tout de suite plus vanillé, pas spécialement toasté ici. La bouche est très jolie à l’attaque, soyeuse, gourmande, avec une petite sucrosité vanillée, un fruité mûr, la finale est par contre un peu trop arrondie par l’élevage, on reste sur cette sensation vanillée. Cependant le bois a déjà été bien absorbé depuis l’an dernier, on sent qu’il ne manque que deux/trois ans de plus pour en faire un joli vin d’inspiration bourguignonne à l’ancienne.

 

 

Un grand merci à Benoît pour cette belle opportunité. C’était une première pour la plupart des participants est tout le monde a trouvé la dégustation à la fois enrichissante et d’un très bon niveau. Si le grès s’est imposé ce soir-là, la prudence reste de mise : en fonction du vin choisi, du millésime, du temps d’élevage, de l’âge auquel on boit les vins, du moment (à table ? l’été ?), etc… tous les contenants peuvent avoir leur intérêt. Sans oublier non plus qu’il y a la possibilité d’assembler plusieurs d’entre eux. Ce qui est sûr c’est qu’il y a des différences marquées, voire très marquées sur le grès et le chêne, entre les vins. La seule façon de mieux comprendre l’importance de l’élevage est de multiplier ce genre d’expérience. Alors vivement les prochaines caisses Benoît ! Pour les 2025 peut-être ?

 

 


A Lire : Le Rouge et le Blanc n°154 sur les amphores. « En fonction des minéraux utilisés et de leur proportion, du temps et de la température de cuisson, de la présence ou non d’une cire en surface, de la taille, de la forme, de la provenance, si elles sont ensuite enterrées ou non, etc… » on comprend que l’amphore est un terme générique qui renvoie à des réalités très différentes les unes des autres, avec une porosité allant notamment de 0 à 30%. Il y aurait généralement une montée des acides volatils plus faible que sur les fûts de chêne.
 

25 juin 2025

Notre restaurant : La Régalade à Clermont-Ferrand

 

Juste à côté de la Cave, vous trouverez notre restaurant. Carte des vins visible dans le lien ci-dessous (mise à jour 01/2026) :

 

 carte des vins janvier 2026 La Régalade

 

 

carte regalade restaurant

 

Meilleure carte des vins de France Terre de Vins 2022

Meilleure carte des vins de France Star Wine List 2024 et 2025

Finaliste meilleure carte des vins du monde Star Wine List 2024 et 2025

 

 

 

24 juin 2025

Cartographie des sols

 

 

Cartographie du Vignoble des Côtes d’Auvergne par l’IFV (Institut Français de la Vigne)

 

 

Sous l’impulsion de la Fédération des Côtes d’Auvergne et de l’association des Vins Volcaniques VINORA (https://volcanic-origin.com/) qui présentait son nouveau label « Volcanic Origin », l’IFV a été mandaté pour cartographier le vignoble.


Le projet complet est expliqué ici : https://www.tikographie.fr/2024/02/08/cartographier-le-vignoble-2-2-comment-la-science-des-sols-peut-repondre-au-changement-climatique/


Les résultats devraient être disponibles fin 2025 sur la plateforme E-Terroir.

 

Le 24 juin 2025, Véronique Genevois et Etienne Goulet de l’IFV étaient présents à Vulcania, lors de l’événement organisé par Vinora, pour livrer le résultat de leurs recherches. 

 

 

 

Dans quel but ?


L’objectif principal de cette étude est de comprendre les différents terroirs d’Auvergne, à la fois au niveau géologique, mais aussi pédologique (les premiers centimètres du sol) et topographique (altitude, vent…)
En fonction des résultats, une réflexion plus précise pourra être menée sur le choix des cépages, des clones et des porte-greffes, avec en ligne de mire le réchauffement climatique qui impose une remise en question.
En fonction de la quantité d’eau disponible, de la vigueur de la parcelle, de la précocité… les vignerons auront des informations essentielles sur la façon de travailler la vigne.


Le but est aussi de favoriser l’installation de nouveaux vignerons. L’objectif affiché par la Fédération des Côtes d’Auvergne est de doubler la surface de l’AOC. Pour cela, les communes sont aussi sensibilisées et intégrées dans le circuit, notamment pour un accès plus simple à la constructibilité des chais. Dans l’idéal, la Fédération pourrait obtenir des terres (en friche ou non) et ensuite les revendre aux nouveaux viticulteurs afin de simplifier les démarches administratives ou l’accès aux prêts. 


Enfin, un vocabulaire commun, plus précis, devrait peu à peu s’imposer.

 

 

 

La Cartographie


1215 points de sondage sur 489 hectares (les terres en AOC + quelques parcelles appartenant à des particuliers ou à des mairies) ! C’est donc un travail colossal qui a été mené, parfaitement objectif, avec une précision rarement atteinte pour ce genre d'exercice. Une carte avec une échelle inférieure au 1/5000e devrait donc être disponible sous peu.


Non seulement les types de sol et de sous-sol seront disponibles, mais aussi les « quantités de sol » avant de tomber dans le sous-sol, la quantité d’eau, la vigueur, la présence ou non de carbonate de calcium (très utile pour les porte-greffes).

 


Le classement a été établi en fonction de  :


5 grandes formations géologiques simplifiées : formation du socle géologique, dépôts sédimentaires, formations issues des édifices pépéritiques, formations volcaniques, formations superficielles-dépôts d’alluvions et de colluvions.

 

Ce qui a abouti à 18 « Groupes Terroir » : voir schéma.

 

 


Puis ces groupes terroirs ont été classés en fonction de la présence ou non de carbonate de calcium (présent s’il y a du calcaire, absent si le sol est purement volcanique), en distinguant le sol et le sous-sol.

 


Ensuite, les sols ont été classés en fonction de leur milieu pédologique, c’est-à-dire le nombre de centimètres de « terre », l’horizon organo-minéral avant de tomber dans la roche. Ce qui permet de montrer le potentiel en eau et le potentiel vigueur de la parcelle.

 

 


Enfin, ces groupes ont été une dernière fois divisés en fonction de l’influence volcanique, en 4 catégories (aucune influence, faible influence, forte influence et 100% volcanique). Comme on peut le voir sur le schéma, le nombre d’hectares de sols purement sédimentaires reste dominant, devant les sols à forte influence volcanique.

 

 

Ce qui aboutit au final à « 100 Unités de Terroir ».

 

 

En conclusion, Véronique Genevois et Etienne Goulet ont insisté sur le fait d’avoir rarement vu autant de diversité sur une aussi petite surface. Il y a parfois une hétérogénéité très forte sur une même parcelle. Très logiquement, plus on approfondit l’étude, plus on se rend compte de la complexité des sols, avec de nombreuses parcelles où volcanisme et sédimentaire se sont mélangés au fil du temps dans des proportions très variables. Pour finir, comme l’a dit Gaétan Bouvier : « Encore une raison pour le sommelier, si besoin était, de faire preuve d’humilité face à la complexité qui se cache derrière une bouteille de vin ».

 

Un grand merci à Véronique Genevois, Etienne Goulet et l’IFV pour ce travail remarquable.

 

 

On aboutira à des cartes comme celles-ci sur E-Terroir : ici la face nord  de Corent sur le mode "influence du volcanisme", et l'on pourra switcher sur les modes "Eau", "profondeur de sol" etc....

 

 

13 juin 2025

Soirées chenin/pas chenin et gamay/pas gamay ? (16/05 23/05 et 13/06)

 

 

Afin d'aider les deux équipes, quelques indications ont été données sur les cépages du soir. Le chenin (de Loire) a été présenté comme un cépage donnant des vins avec peu d'alcool, peu de corps et une acidité généralement élevée. La plus grande difficulté résidant probablement dans les multiples facettes que peut prendre ce cépage... Le gamay a lui été présenté comme un cépage coloré, avec une acidité élevée, d'alcool et de corps moyens, généralement peu tannique, même si les exceptions sont comme toujours nombreuses...

 

 

 

 

Les blancs

 

Grange Tiphaine, Montlouis-sur Loire Clef de sol 2023 : chenin au nez aromatique, floral, bouche légère, déjà très accessible, facile, qui manque un peu de longueur en comparaison des suivants. Mais une bonne mise en bouche. Vite placé sur un chenin.

 

Grange Tiphaine, Montlouis sur Loire Les Epinays 2022 : un peu moins aromatique que le 2023, plus sur la poire, bouche avec plus de volume, plus de puissance, on sent le millésime plus riche, avec plus de potentiel de garde aussi. Un peu trop riche pour être placé en chenin pour la plupart.


Julien Vedel, Vouvray Le Compte Marc 2023 : (parcelle de 0,2 ha, vignes centenaires sur la première côte de Vouvray, pas de malo) chenin un peu plus doré, nez plus mûr, plus concentré, bouche à la fois plus mûre, sur les agrumes et le coing, plus volumineuse mais aussi plus tendue, plus d’acidité et de longueur ici, tout en restant sur un petit 12 d’alcool. Très bel équilibre, surtout pour 2023. Déjà accessible avec un tour en carafe mais bon potentiel de garde aussi.

 


Château Yvonne, Saumur Le Gory 2021 : (parcellaire à Parnay) couleur encore plus dorée, nez avec un peu d’élevage ici, légèrement beurré, un peu plus marqué poire/pomme au four que le précédent. Bouche avec du gras mais aussi beaucoup de tension, de profondeur, des extraits secs. Un grand vin, dans un style un peu bourguignon en l’état, gastronomique, qui aurait besoin d’encore un peu plus de garde dans l’idéal.

 

Château Yvonne, Saumur blanc 2023 : couleur or, nez de fruits mûrs, coing. Bouche mûre aussi au niveau aromatique, plutôt légère en alcool par contre, élégante, avec une sensation minérale marquée en finale.


Pierre et Louis Trapet, Meursault Les Vireuils 2021 : couleur plus claire, nez avec un peu d’élevage, un peu plus de lies et de grillé que le précédent, une aromatique un peu plus chardonnay. Bouche avec de la tension, on sent le secteur frais de Vireuils, le millésime, mais aussi la volonté de ne pas trop bâtonner. L’équilibre est très bon entre largeur et longueur. Belle bouteille, là aussi taillée pour la garde.

 

Cottenceau, Montagny 1er cru Les bassets 2022 : chardonnay bourguignon très classique, avec encore pas mal d'élevage et de grillé, du corps, du gras, vite identifié (plutôt Côte de Beaune), encore trop jeune en l'état mais avec un beau potentiel.

 

 

Clos de l’Epinay, Vouvray La Houssaie 2020 : (vin naturel) le vin a eu besoin d'un bon carafage, un peu de gaz à l'ouverture, puis très bien quelques heures plus tard, coloré et trouble, nez plutôt orienté coing, fruits mûrs avec une touche de lies. Bouche par contre très droite, très calcaire, légère en alcool, salivante. Le chenin a été trouvé facilement.

 

Bessin, Chablis 1er Cru Montmains 2022 : (100% montmains, exposition sud-est, élevage fûts et cuves) un Chablis très légèrement beurré, sur une aromatique classique, dans un style élégant, avec une acidité moyennement élevée sur ce millésime solaire, encore jeune avec un peu d'élevage, globalement placé sur un chardonnay.

 

Can Rafols dels Caus, Penedes chenin La calma 2021 : (2,5ha exposé nord-est, sols calcaires, élevage 6 mois en fûts sur lies puis 2ans en bouteille) Couleur or pâle, nez très marqué cire, encaustique, brioche, lies, fruits jaunes, très Priorat blanc ou maccabeu catalan dans le style. Bouche avec du corps, une bonne acidité, très longue, et salivante, peut encore vieillir. Un très beau vin, difficile à placer sur du chenin...

 

Domaine de Villeneuve, Saumur Les Cormiers 2021 : couleur or, nez étonnamment beurré pour la cuvée, la bouche est elle plus tendue et traçante, plus caillouteuse et typique de ce qu'on attendait. La finale manquait un peu d'intensité sur cette bouteille.

 

Les Vignes oubliées, Languedoc blanc 2023 : (grenache, clairette, roussanne, carignan blanc) Couleur or pâle, nez aromatique, fruité, sensation d'un fruit un peu plus sucré que sur les chenins même s'il tourne autour de la poire et du floral. Bouche avec plus de corps et d'alcool, même si derrière une bonne acidité pour le sud permet de garder un bel équilibre, très peu d'élevage bois désormais sur cette cuvée par rapport au passé. Joli vin, quand même identifié comme un peu plus sudiste que les chenins.

 

Eric Morgat, Savennières Fidès 2014 : une bouteille malheureusement oxydée.

 

Ludovic Chanson, Montlouis sur Loire Les Cabotines 2018 : couleur très dorée, nez de coing, poires mûres, fruits presque exotiques, miel, cire, début d'évolution. Bouche à la fois mûre et riche mais avec une bonne acidité derrière, on sent qu'il est à son apogée aujourd'hui, beaucoup ont eu tendance à partir plus au sud sur ce millésime solaire, plutôt bien géré. Merci C.


Clos Naudin Foreau, Vouvray méthode traditionnelle Extra-Brut 2019, bulle sèche et tendue, un peu vineuse, qui a bien rempli son rôle de réveiller les papilles à ce moment-là de la soirée.

 

Huet, Vouvray méthode traditionnelle Brut 2017 : couleur or, nez de coing, ananas, fruits jaunes. Bouche avec un fruité mûr, peu de bulles, une bonne acidité, très gourmand et facile à boire, un peu de sucrosité, un style complètement opposé au précédent, mais très bon aussi.

 

Domaine du Matin calme, Coteaux de l’Aubance 2022 : (95gr SR) Couleur or profond, nez très coing, ananas, on peut hésiter avec du manseng. Bouche fraîche, pleine de fruits frais, bonne acidité, légère en alcool, très joli sucre.

 

Schäfer-Fröhlich, Felseneck riesling kabinett 2020 : là aussi le vin remplit bien son rôle pour finir sur une note de fraîcheur, son équilibre avec ses 8% d'alcool font vite partir sur un riesling allemand.

 

 

 

 

Les rouges


Maison Bonnard, Bugey gamay Les Arcs 2023 : (à Crept, carbo, élevage cuve) On commence les rouges avec un gamay très clair en couleur, floral, plein de fruit, un peu bonbon sans aller trop loin, petite touche poivrée, bouche légère, aérienne, éclatante, pas beaucoup de volume ni une grande longueur mais très efficace.


Clos Constantin, Kaolinite vin de France 2023 : (élevage cuve béton, syrah sur calcaire et argiles kaolin à Argelliers, en grappes entières) Syrah très pure, lardée, violette, poivre, légère en alcool et fraîche pour le sud, plutôt typée Rhône nord, avec une belle texture et beaucoup d’allonge. Magnifique.


Desvignes, Morgon Javernières 2010 : (Semi-carbonique. Neuf mois cuves ciment) Couleur sombre, pas vraiment évoluée pour 2010, nez encore jeune, pas vraiment sur le fruit de la jeunesse, mais plutôt sur du cuir. Bouche avec du volume, une certaine puissance, mais des tannins fins, encore jeune et avec une bonne fraîcheur. Très beau vin, qui appelle la table. Il a déstabilisé tous ceux qui n’ont pas l’habitude des beaux gamays avec un peu d’âge. Merci Bertrand.

 


Michelini i Muffato, Bierzo En el camino 2022 : (cépage mencia moitié cuves bois moitié cuves inox. 30% grappes entières) Couleur sombre, contours violets. Nez de fruits noirs et poivre. Bouche légère en alcool, un peu plus tannique que nos gamays du soir peut-être, mais sinon assez proche, joli piège.

 

Dupré Goujon, Côte de Brouilly 6.3.1 2020 : (3 terroirs, en fûts et demi-muids. Semi-carbo) Couleur sombre, nez fruits noirs et cuir, réglisse. Bouche avec du corps, un fruité juteux, encore quelques tannins, de la fraîcheur, de la longueur mais encore un peu jeune. Globalement placé plus au sud, pour ce vin qui comme le Desvignes est plutôt classique d'un joli cru du Beaujolais, des vins que nous connaissons mal pour la plupart.


Clos du Rouge-Gorge, Côtes Catalanes 2019, nez un peu réduit/animal, jolie bouche avec peu d’alcool et beaucoup de fraîcheur pour le Roussillon, un joli piège ! Merci PN.


La Madone, Côtes du Forez gamay sur volcan vieilles vignes 2024, gamay léger sur ce millésime, déjà très accessible très floral et plein de fruit, frais, avec de la gourmandise. Le gamay a été trouvé facilement.

 

 

Domaine Valma, Fleurie Labourons Face B 2023 : (en semi-carbo) Couleur plus sombre que la Madone un peu trouble, nez un peu réduit au départ, bien mieux après carafage. Superbe bouche surtout, très beau fruité, juteux, acidulé, tannins très fins, floral aussi, avec beaucoup d'allonge, salivant.

 

Héritage du Pic St Loup, Guilhem Gaucelm 2021 : (syrah + grenache) Couleur très sombre, nez très syrah, lardé, violette, olives, anchois, typé Rhône nord. De même en bouche, très sauvage, typé syrah grappe entière à la Graillot/Gonon d'autant plus qu'il n'y a pas beaucoup d'alcool sur ce millésime, une très belle acidité dans le fond. Déjà excellente n l'état et beau potentiel de garde également.

 

Henri Magnien, Aloxe-Corton 1er Cru La coutière 2021 : couleur très claire, un peu tuilée déjà. Joli nez fruits rouges avec des notes d'élevage toasté encore présentes. Bouche suave, en rondeur, avec un beau volume et de la maturité pour 2021, encore un peu boisé toasté et vanillé, à attendre encore un peu, mais il y a du fond, prometteur. Vite identifié en pinot noir.

 


JM. Bouley, Volnay 2020, très beau pinot dans une bonne phase, avec de la maturité et de la densité, un beau fruité et des tannins fins. Le pinot a vite été reconnu. Plus compliqué la deuxième soirée.

 

 

 

Merci à tous les participants de ces trois belles soirées. On se retrouve avec le même plaisir à partir de septembre désormais !
 

 

5 mai 2025

Peyre Rose Cave du Théâtre 2025

 

 

Cistes 2015

Belle Léone 2015

Marlène n°3 2015

Oro 2011

étaient en dégustation. Tous ont été embouteillés en 2022. (Pas de récolte de blanc en 2010)

 

 

Encore merci à Marlène et Raphaël pour leur venue, et peut-être à l'année prochaine !

 

11 avril 2025

Soirées Allemagne (04 et 11/04)

 

Photos de : https://www.vdp.de/en/the-wines/vineyardonline

 

 

Soirée Allemagne n°1

 

 

1 David & Charlotte Beck, HuesWii pinot noir 2020   Baden : (Domaine de 2ha créé en 2015 à Jechtingen, biodynamie. Juste un peu sulfité à la mise si besoin. Sols lœss et volcaniques sur plusieurs parcelles ici. Majorité de grappe entière, élevage en vieux fûts) Très belle entrée de gamme, pinot sur le fruit, juteux, gourmand, frais, tannins fins, pas le plus complexe, mais gros plaisir.

 

2 Daniel Twardowski, Pinot Noix Ardoise 2018   Moselle : (3,5ha sur le grand cru Höfberg, Expo sud, sur le Dhron, sols d’ardoises rouges. Premier millésime en 2011 avec des massales de pinot bourguignon. 30-40% grappe entière, 10-20% fûts neufs environ) Couleur un peu plus claire que le précédent, nez plus bourguignon, mêlant fraise, cerise, ronce, à des notes légères d’élevage vanillé, toasté qui ne dominent pas. Bouche à laquelle certains ont reproché une acidité un peu trop élevée, quelques amers également, un côté un peu froid et austère mais noble et frais, élevage bien intégré en bouche. Différent des 2016 et 2017 qui semblaient plus en rondeur et « sucrosité ».

 

3 Keller, Weissburgunder & chardonnay 2023 (AP 07)   Rheinhessen : (cuvée d’entrée de gamme de la légende allemande du riesling sec. Plusieurs parcelles, majorité d’argilo-calcaire. 60% pinot blanc 40% chardonnay environ. Elevage 2/3 en cuves et 1/3 vieux fûts)  Couleur claire, nez citronné, floral, petite touche abricot. Bouche très fraîche, pas beaucoup de corps ni d’alcool, pas de gras, en tension et en fraîcheur, parfait pour réveiller les papilles.

 

4 Falkenstein, Sonnenberg riesling kabinett trocken 2022 (AP 09 Munny)   Sarre : (sur ardoises grises, foudre de 1000L, le numéro 9 surnommé Munny. 10,5% vol.  Ramassé « kabinett » mais presque tout fermente et finit sec ou quasi. Le domaine n’est pas membre du VdP, il n’a donc pas les mêmes règles)  Couleur très claire, nez un peu pétrole, citron, un peu plus de fruits avec ouverture. Bouche laser, très droite, cristalline, ciselée, probablement 5-6gr de sucres qui l’empêchent d’être austère, finale très « minérale », salivante, surtout ultra digeste. Coup de cœur unanime.

 

5 Peter Lauer, Kupp GG riesling 2021 (AP 18)    Sarre : (à 5kms du précédent, GG = grand cru sec, le Kupp du village d’Ayl ici, style plus opulent. 13% vol. Elevage foudres. Malo faite en général chez Lauer. Bio aussi) Couleur plus dorée, nez plus fruits exotiques, ananas, miel, moins de pétrole. Bouche avec plus de volume, moins d’acidité, probablement plus complexe mais forcément moins digeste que le précédent. Très bien fait, dans un style opposé. Chacun a eu sa préférence.

 

6 Schäfer-Fröhlich, Schiefergestein Bockenauer riesling trocken 2020 (AP 13)    Nahe :  (jeunes vignes du grand cru Felseneck, qui ont désormais 20-30ans tout de même, sols d’ardoises, un peu de volcanisme pas loin. Elevage foudre, sans malo)  Couleur claire, nez un peu pétrole, citron vert, très « riesling », bouche très droite, beau volume, noble, austère, citron, pétrole, classique, efficace, encore jeune, beau niveau, surtout pour une entrée de gamme.

 

7 Georg Breuer, Berg Rottland riesling 2017 (AP 05)   Rheingau : (légende des vins secs du Rheingau, grand cru sec sur les bords du Rhin. Plein sud. Sols ardoises avec quartzite, graviers et lœss. En foudres. Pas de malo) Couleur dorée, nez avec un début d’évolution très noble sur la cire, petite touche miellée, pétrole léger, beaux fruits jaunes, mirabelle, le plus « alsacien » pour certains. Bouche qui combine volume, fraîcheur et tension, aromatique noble et complexe, même un peu de gourmandise avec probablement 5gr de sucres résiduels bien intégrés, semble à point mais le sera pour encore trop longtemps. Très grand vin.

 

8 Max Kilburg, Ohligsberg riesling kabinett 2017 (AP 18)   Moselle : (jeune vigneron formé chez Julian Haart, premier millésime en 2015. Parcelle grand cru. Schistes gris bleu et quartzite, expo ouest-sud-ouest) Couleur or, joli nez avec un peu d’évolution déjà. Bouche digeste car très légère en alcool, sucres autour des 50gr, manque un poil d’acidité pour être parfait.

 

+ Egon Müller, Scharzhofberger spätlese riesling 1990 (AP 16)   Sarre : Couleur or profond, nez très complexe et changeant, encaustique, menthol, eucalyptus, plantes de montagne, fruits secs, très frais. La bouche a mangé pas mal de se sucres, elle goûte presque demi-sec désormais, plutôt en demi-corps au départ avec un bel équilibre sur les amers, puis elle gagne en volume avec une petite touche presque beurrée sur le fond de verre, très noble, digeste, frais et gourmand, un très grand vin pour tout le monde, même à l’aveugle. Merci Michel !

 

Fritz Haag, Brauneberger Juffer auslese riesling Goldkapsel 2007 (AP 22)  Moselle : Couleur or, nez très miel, coing, abricot, fruits exotiques, pâte de fruit, très joli. Beau volume en bouche, sirupeuse, très légère en alcool (7,5%), un joli vin mais qui a un peu de mal à passer derrière le Egon Müller, qui manque probablement d’un peu d’acidité aussi. Merci Bertrand !

 

 

 

Soirée n°2 Allemagne

 

 

1 Julius Höfflin, pinot noir Vulkanstoff 2022  Baden : (18ha en bio sur le Kaiserstuhl, à Bötzingen. Le fils Julius est revenu au domaine après 2015. 50% grappes entières, macération courte en infusion, puis élevage en barriques non neuves 18 mois. 21 mg/l de SO² total) Couleur très claire, nez très élégant, très floral, petits fruits rouges acidulés, bouche légère, fraîche, manque un peu de volume, mais très facile à boire.

 

2 David & Charlotte Beck, pinot noir Eichert 2020  Baden : (parcellaire, Vignes de 1982 et 1984 sur téphrites (volcanique), 100% grappes entières, macérations 20 jours, élevage 22 mois barriques françaises 228L, non soutiré, non collé, non filtré)    Plus coloré que le précédent, nez très bourguignon qui pinote, beaucoup de fruit, élevage subtil dans le fond. Bouche qui attaque avec de la rondeur, de la gourmandise, une belle texture, puis qui se retend sur la finale avec une belle allonge. Un grand pinot, déjà prêt à boire.

 

3 Keller, Weissburgunder & chardonnay 2023 (AP 07)  Rheinhessen : comme la semaine précédente, une entrée de gamme sur la fraîcheur, salivante, avec un petit grillé des lies cette fois-ci, ainsi que des notes qui rappellent l’ananas au fur et à mesure que le vin prend l’air et se réchauffe.

 

4 Julian Haart, Mosel riesling 2021 (AP 02)  Moselle : Robe très claire, nez un peu réduit à l’ouverture, puis très citronné, fumé. Bouche très droite, minérale, citronnée, qui manque un peu de volume. Entrée de gamme assez simple, mais fraîche et digeste.

 

5 Wittmann, Morstein GG riesling 2019 (AP 19)  Rheinhessen : Couleur or, nez riche, fruits jaunes, cédrat, thé vert, eucalyptus, complexe. Bouche opulente à l’attaque, fruité mûr, très camomille, miel, tilleul, fruits jaunes, finale avec une bonne acidité et des amers zestés de citron vert marqués qui appellent la table. Gros vin, encore un peu jeune dans l’idéal.

 

6 Georg Breuer, Berg Roseneck riesling 2017 (AP 07)  Rheingau : comme la semaine précédente, peut-être la bouteille de la soirée, moins d’opulence que le Wittmann, plus de tension, prêt à boire aujourd’hui, même s’il y a aussi un gros potentiel de garde, début d’évolution noble sur la cire (moins que le Berg Rottland), il combine fruité, minéralité, volume et longueur, très grand riesling.

 

7 Schäfer-Frohlich, Felseneck riesling kabinett 2020 (AP 24)  Nahe : (8%. 50gr SR) robe très claire, nez un peu réduit, fumé, citronné, bouche tranchante, très droite, fraîche, grosse sensation minérale, très digeste et salivant.

 

8 Emrich-Schönleber, Frühlingsplätzchen riesling auslese 2019  (AP 19)  Nahe : (8%, 120gr SR) Couleur dorée, nez très fruits exotiques, ananas, coing, mangue, miel. Bouche ultra digeste et fraîche avec peu d’alcool et une belle acidité dans le fond, la magie des sucres allemands.

 

+ Lena Macht, Sekt Mythos Réserve 2020 Brut Nature  Rheinhessen : méthode traditionnelle avec pinot noir, chardonnay, pinot meunier, très champenois dans l’esprit, avec une vendange mûre, une attaque crémeuse, plutôt typée joli blanc de blancs, une bulle très fine et une finale salivante. Très belle bulle.

 

5 avril 2025

Visite de la Brasserie Mosaïque à Riotord

 

 

Visite de la Brasserie Mosaïque à Riotord (Haute-Loire)

 

 

 

Si le nombre de vignerons qui s’installent en Auvergne est en pleine explosion, il en va de même pour les brasseries artisanales. Parmi celles-ci, une à particulièrement retenu mon attention : la Brasserie Mosaïque, créée début 2022 par Or Zagury, à Riotord, pour sa démarche locale et naturelle, pour sa philosophie et ses convictions, tout autant que pour la qualité de ses produits.

 

Rencontrer Or et sa brasserie c’est une expérience qui ne peut vous laisser indifférent, une expérience percutante dont vous ne sortez pas indemne, qui vous fait réfléchir sur la place de l’homme dans la nature et son rapport au temps, qui remet en question tout ce en quoi vous croyiez et qui bouleverse votre existence. 

 

Dans son passé, Or a beaucoup voyagé, il connait les plantes, les fruits, les animaux, les montagnes et les rivières, dans de nombreux pays. Il a beaucoup expérimenté aussi, « J’ai fait fermenter tout ce que je pouvais » me dit-il. Il a été équithérapeute, mais aussi conseiller en œnologie et viticulture pour un grand groupe d’importation de vin. Son rôle était de dénicher de petits domaines travaillant plus « proprement », mais aussi de guider les domaines déjà partenaires vers une viticulture durable ainsi que de les aider dans leur gestion des fermentations en levures indigènes. Mais le monde du vin ne lui permettait pas d’aller jusqu’au bout du « naturel », il a donc été le chercher dans la bière de fermentation spontanée.

 

« La nature est circulaire, la vigne est rectiligne ! » me dit-il, ou plutôt elle est devenue culturelle, au sens où elle est transformée par l’homme. Le « nature » ce n’est pas une question de sulfites/pas sulfites, c’est d’abord une question de viticulture. Lorsque l’on plante un pied tous les mètres en suivant une ligne tracée au laser, on est déjà sorti du naturel. Si en plus on lui coupe la tête tous les ans, si on le greffe, car c’est un pied sujet à maladie qui va donc nécessiter de nombreux traitements chimiques (au mieux soufre et cuivre) et qui a une espérance de vie relativement limitée, peut-on encore parler de « vin naturel » ?

 

L’objectif ultime de Brasserie Mosaïque est justement d’être au plus proche du « nature », tout en ayant la plus basse consommation possible en électricité et en eau.

 

 

Tout commence ici, à plus de 1000m d’altitude, en Haute-Loire, même si l’Ardèche n’est pas très loin. Si Or a choisi cette montagne, c’est pour sa source d’eau, non traitée, et possédant un ph bas, un peu en-dessous de 6, l’idéal pour brasser.

 

 

La visite de la Brasserie Mosaïque se poursuit par les composts, point de départ (ou point d’arrivée ?) du cycle naturel. Ici, il n’y a pas de déchets.

 

 

Ensuite, place aux levures. Celles-ci sont ramassées à côté de la brasserie, sur des troncs d’arbre, des fleurs, des fruits, etc… Ce sont de très vieilles variétés de levure, qui assurent des fermentations parfaites. Elles sont ensuite développées et si le résultat est satisfaisant, multipliées et stockées au frigo, parfois plusieurs années. C'est ensuite "au feeling" que Or choisit ses levures pour chaque batch, mais il commence à voir un peu mieux désormais ce que chaque type de levure peut apporter. "C'est avant tout une question de saison" me dit-il. Les levures dépendent notamment des populations d'insectes, ce ne sont pas les mêmes au printemps qu'à l'automne, il y a clairement une saisonnalité, facteur clé de ses bières.

 

 

Tout est bio : les malts proviennent de Malt'in Pott dans le Rhône-Alpes et les houblons du paysan allemand Eissmann. Cependant, des houblons viennent d'être plantées près de la rivière à côté de la Brasserie : on devrait être sur du 100% local à partir de 2027.

 

 

 

 

La dégustation

 

Bière vermentino, mirabelle... sur cuve inox : beaucoup de fruit, vif, entre prune et abricot, déjà très bon.

Bière avec des pinots noirs de Daniel Sage sur amphore : là aussi déjà très bon, plus vineuse, beaucoup de peps.

Bière 10 types de malt, fruits rouges, fleurs de fenouil sur céramique : celle-ci est vraiment dingue, rooibos, caramel, sucre brun, fenouil au nez. Bouche plus sèche, anisée, fruits rouges, thé, va permettre de très beaux accords à table.

Les 3 bières sont en cours de première fermentation, avec un peu de gaz donc. Contrairement au vin où il est difficile de goûter pendant la fermentation alcoolique, ici tout est délicieux et semble déjà bon à être embouteillé ! Bien sûr, tout sera embouteillé avec juste un peu de sucre pour la seconde fermentation en bouteille (ou plus rarement la 1e fermentation peut se finir en bouteille).

On peut trouver divers contenants, notamment des amphores en terre cuite de Ligurie et des œufs en céramique de chez Clayver, les mêmes que chez Arnoux-Lachaux par exemple. Le brassage des lies prend ici tout son sens, tant elles sont nombreuses et jouent un rôle primordial.

 

 

 

En bouteille (quasiment tout est sur une base de 2023)

 

Toutes les bières gagnent à être ouvertes à l’avance. Elles ont toutes une excellente tenue à l’air sur plusieurs jours sans aucun risque de déviance. Et toutes gagnent à vieillir quelques années supplémentaires en cave.

 

Ce sont principalement des bases 2023, avec des élevages de 2à8 mois + plusieurs mois en bouteille avant commercialisation. Dans l’idéal, Or aimerait prolonger encore plus le temps de vieillissement « sur lattes ». Un des problèmes du vin naturel est de commercialiser trop tôt. Pierre Overnoy le disait, "pour faire du nature, il faut du temps". Il faut laisser travailler les levures, puis les lies. On ne peut pas accélérer le temps de la nature sans chimie.

 

Toutes les bières sont sèches, contrairement à la plupart des bières qui contiennent 5-10 grammes de SR. L’effervescence est légèrement moins forte que dans la majorité des bières, par contre elle ne faiblit pas avec les années en bouteille. Aucune bière ne dépasse les 3% d’alcool, pour garder un milieu entièrement levurien et non bactérien, ce qui évite toute déviance bactérienne type souris etc… Bien qu’à 3%, les bières sont étonnantes de densité grâce au travail des lies, ce qui renforce aussi la saveur umami des finales, salivantes et appétentes. Elles ne manquent jamais de peps grâce à leur acidité élevée, avec parfois une petite touche aigre (comme une sorte de volatile) mais qui reste toujours bien intégrée dans le fond. Elles sont du coup très digestes. Bien sûr, aucune filtration ni pasteurisation.

 

 

 

La gamme "classique"

 

Into the Wild : (malt d'orge, malt de blé et flocons de 5 céréales. Houblons allemands. Levures de raisins, pruniers, groseille et tronc de chêne. 2 mois de fermentation + 2 mois de fermentation en bouteille. Elevage dame-jeanne, fût de chêne, fût de châtaignier, amphore en grès)  Couleur or, à prendre comme une porte d'entrée de la gamme, avec un travail "presque uniquement" sur les levures, pour voir ce qu'elles apportent. Bière légère, un peu maigre peut-être par rapport au reste de la gamme, mais fraîche, citronnée, avec une belle acidité, plutôt une bière de soif, pour l'été, ou pour accompagner des légumes crus. Après 24-48h d’ouverture elle gagne en fruité et en gourmandise sans perdre en vivacité, avec des notes d'origan.

Life is like a box of chocolate, you never knox what you're gonna get : (malts, avoine, seigle, houblons. Levures sur fleurs de pêcher, groseille maquereau, tronc de bouleau. 2 mois de fermentation en terre cuite et fût de chêne + 2 mois en bouteille)  Couleur brun-orange, nez un peu plus "mûr", sur l'orange, les agrumes confits, le côté céréales est un peu moins marqué. Bouche avec beaucoup de peps et de fraîcheur, petite touche "sour", sur l'orange confite, notes caramélisées, avec plus de corps et de longueur que la précédente, quelques jolis amers en finale. 

Knockin’ on heaven’s door : (10 types de malts + macération à froid de 2 malts torréfiés, houblons. Levures sur fleur de griottes, fleur de prunier, groseille à maquereau verte. 2 mois de fermentation en terre cuite et fût de chêne + 2 mois de fermentation en bouteille) Couleur plus ambrée, nez où l'on sent le côté torréfié, caramélisé, rooibos. Bouche sur le café, le chocolat, avec plus de corps, mais sans lourdeur, rien à voir avec un stout, beaucoup d'acidité ici, même s'il y en a probablement moins que dans la précédente, avec l'ouverture les agrumes ressortent. Plus hivernale, elle appelle la table (balsamique, plats avec sauce soja, sirop d'érable... un peu les mêmes accords qu'avec un madère sec).

 

 

Et la gamme plus "expérimentale"

 

Ready or not here I come You can’t hide : (malts, avoine, pommes, coing, houblons. Levures de marc de roussanne, viognier. 6 mois de fermentation et de macération avec les fruits en fûts et inox + 4 mois en bouteilles) Influence des fruits pas trop marquée ici, bière qui semble avoir moins d'acidité que les précédentes, base qui semble un peu plus torréfiée, un style où on sent la rondeur de la roussanne, peut-être plus facile d’accès, moins percutant.

It’s something unpredictable but in the end It’s right : (sarrasin, houblon, cerise. Sans gluten. Levures sur lies de baco, gamay, grenache, syrah. 3 mois de fermentation et de macération avec les cerises et les lies en grès, dame-jeanne et fût de chêne + 4 mois de fermentation en bouteille) Couleur brune, nez très marqué par le sarrasin, très céréalier, avec un côté toasté et torréfié aussi, cerise confite. Comme souvent chez Mosaïque, si le nez est plutôt gourmand, la bouche surprend par sa vivacité et sa sécheresse, ce qui renforce le côté percutant, toujours sur le sarrazin avec quelques amers et des cerises griottes. Là aussi, à mettre à table.

Lemon Tree Ancienne version : (malt, avoine, pomme, coing, safran, fleurs de sauge ananas, houblons, lies de viognier et pinot blanc. Elevage en fût de chenin. 6 mois de fermentation et macération avec les fruits et les plantes + 4 mois en bouteille) Couleur or, nez fruité, très abricot, pêche, épices. Bouche très vive, punchy, fraîche, désaltérante, avec une grosse longueur salivante.

Lemon Tree version coing : (petit changement de recette sur ce nouveau batch avec beaucoup plus de coing) La couleur est bien plus sombre, le nez moins punchy-agrumes, mais plus mûr, pâte de coing, rooibos, caramel. Bouche bien sèche, un peu moins punchy que l'ancienne version, plus marquée fruits confits, plus hivernale.

Country road takes me home : (malts, houblons et cépages hybrides non déterminées. Levures des raisins hybrides. Macération carbonique de grappe entière pendant 3 jours. 8 mois de fermentation et macération en grès + 3 mois de fermentation en bouteille) Une version un peu plus facile d'accès que celle de l'an dernier qui était plus punchy et un peu plus aigre, plus vineuse aussi, celle-ci semble un peu plus sage en l'état, mais à voir dans un an... Son caractère vineux plus marqué que sur les autres devraient permettre des accords différents.

Down to the River (rivière) : (malts, houblons + 70 fruits et plantes de bord de rivière. Levures sur fleurs de griottiers et prunes vertes. 6 mois fermentation et macération en fût + 4 mois en bouteille) Couleur qui tire sur le marron, très beau nez, expressif et complexe, plein de mélisse, cannelle, plantes de Montagne (évoque une rivière en altitude), menthol, miel. Bouche avec beaucoup de peps et une très jolie texture, très dense et intense pour 3%, beaucoup de longueur, acidulée, plus sur la fraîcheur des plantes, que l’attaque qui est plus miellée. Grandiose ! La version "Montagne" bue il y a quelques mois était beaucoup plus marquée chartreuse, origan etc... avec les mêmes qualités de bouche. Le comparatif s'annonce exceptionnel dans quelques années !

Cherry blossom girl : (levures de fleurs de griottes. Divers malts et houblons. Cuve de moût de bière en refroidissement sous le griottier en face de la brasserie pendant 24h. 1e fermentation en fût de chenin d’Anjou pendant 8 mois + 2 mois de fermentation en bouteille) Couleur blonde, nez très floral et céréalier, plus "neutre" que River. Superbe bouche avec une sorte de rondeur miellée à l'attaque, cire, fleurs, puis l'acidité arrive en fin de bouche pour étirer la finale avec beaucoup d'umami.

Cidre 2024 : (4 variétés de pomme. Vieilli en fût de pinot noir d’Henri Chauvet) Couleur rose foncé un peu fluo et trouble en l’état, nez étrange de bonbon, voire malabar, on s’attend à du sucre. La bouche est sèche, percutante, amère, très légère en alcool aussi. Déroutant.

Hydromel : (avec des lies de vin, en cours de fermentation) c'est le seul qui ne se goûte pas très bien en l'état, un hydromel à 2%, mais c'est normal sur du miel me dit Or, il faut toujours beaucoup plus de temps pour que ça fermente, il faut juste être patient.

Un essai est en cours de fermentation de riz en collaboration avec des brasseurs de saké japonais !

 

Attention qu’ici chaque batch est unique, en fonction des levures, des plantes ou des fruits disponibles. Il est donc tout à fait possible de tomber sur une version différente ayant pourtant la même étiquette ! Il est impossible de demander à la nature d’être identique, elle est en perpétuelle mouvement.

 

Etiquettes par Moshe Kassirer, certifiés éco-responsables, comme les bouteilles.

 

 

Et si Or avait tout compris, s’il avait trouvé le moyen d’obtenir tous les avantages du vin naturel sans les défauts potentiels ? Ou est-ce un tort de ma part de vouloir comparer ce monde des fermentations spontanées à l’univers du vin. Me voilà complètement déboussolé. Dans quelques heures je dois reprendre les dégustations, et je me demande bien comment est-ce que je vais pouvoir faire après cette rencontre si enrichissante…

 

 

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