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La Cave du Théâtre
La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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24 juin 2024

Soirée Elémentaires avec Landry du 28/06

 

Elémentaires - Landry Boudot à Pont-du-Château

 

En attendant de trouver des vignes dans le Puy-de-Dôme, Landry achète des raisins (à des amis sérieux, tous en bio) dans d’autres régions. Il va lui-même vendanger et ramène les raisins pour les vinifier dans son hangar à Pont-du-Château. Les vinifications sont peu interventionnistes, tout est en levures indigènes, peu sulfité (seul une cuvée a vu 10mg à la mise et une autre 10mg au pressoir), parfaitement propre, sans aucun défaut œnologique grâce à un travail minutieux. Le style se veut très pur, frais, digeste, léger en alcool sur les rouges comme sur les blancs, avec de belles acidités salivantes.

 

 

 

1 Mutinerie (100% Syrah de Chiroubles) Une syrah au nez sauvage, lardé, garrigue, poivré, thé noir, violette… qui semble annoncer un vin avec beaucoup de caractère. La bouche est étonnamment très légère (un peu moins de 11% !), très ronde, peu tannique, avec une belle texture soyeuse, très digeste et facile à boire.

 

2 La chasse au chagrin (100% grenache du Gard) Le grenache est très clair en couleur, avec un nez très fruité, très fraise, pivoine, un peu bonbon. La bouche est là aussi légère en alcool, toute en fruit, peu tannique, soyeuse avec une petite touche de grappe entière et de végétal noble qui étire la finale.

 

3 Manières (100% gamay de Chiroubles) : un gamay plus sérieux que les rouges précédents, un peu plus fermé, avec plus de matière, plus de puissance, qui va demander un peu de garde dans l’idéal, mais avec peut-être plus de fond. Un style plus sérieux, mais qui reste frais.

 

4 L’Etreinte (100% pinot gris d’Alsace) un nez un peu réduit, fumé, grillé, avec beaucoup de lies qui gêne un peu au départ avant de s’atténuer avec l’aération. La bouche est par contre très énergique, très saline, avec un beau volume, pas très haute en alcool pourtant, longue et salivante, avec des amers nobles en finale.

 

5 Pluie battante (100% chardonnay de Chiroubles) très légère réduction sur lies là aussi, mais derrière on sent un fruité presque exotique, avec des notes d’ananas de plus en plus présentes avec l’aération. La bouche est fruitée, aromatique, moins sur la tension que le pinot gris, moins long mais plus immédiat et plus gourmand.

 

6 Superstition (Macération. Pinot gris d’Alsace + sauvignon d’Anjou) Un vin de macération qui a surpris par sa finesse, un vin très légèrement orange, pas spécialement tannique, qui combien une aromatique fruitée, éclatante à une bouche acidulée et gourmande. Il a surpris même ceux qui jusque-là étaient réfractaires aux vins de macération.

 

7 Second souffle (100% chenin d’Anjou) Un chenin énergique, citronné, avec une bouche tendue, percutante, très salivante, sans manquer de volume. On termine en beauté.

 

+ Fond de cuve de la syrah en Magnum : Pour la science Landry nous sort quelques vins non commercialisés, le fond de la cuve avec les lies, donc très trouble pour cette syrah, dont l’aromatique est encore plus marquée garrigue et sauvage que sur le premier vin, et une bouche avec un peu plus de matière et de mâche, tout en gardant la fraîcheur, d’un niveau exceptionnel.

 

+ Fond de cuve du grenache : moins de différence ici, le grenache n’est pas si trouble que ça, assez proche du deuxième goûté.

 

 

Les Bonus :

Pierre Deville Champagne Primitif (Verzy, 2020+2019 et 2018).

Franck Pascal Champagne Equilibre Cuvée Prestige Brut 1996

Prince Pierre Napoléon Bonaparte, Bleu Impérial  IGP Ile de Beauté Cinsault 2022

Henri Boillot, Volnay 1er cru Les Caillerets 2022

Grant Burge, Barossa Valley The Holy Trinity Grenache Syrah Mourvèdre 2011

Liefmans, Kriek  Brut 2022

Barbeito, Madère Tres Pipas Bastardo Reserva velha Medium dry

Victoire à l’unanimité des deux champagnes et du Madère !

 

 

Un grand merci à tous les participants pour cette dernière du semestre et surtout un grand merci à Landry, qui s’est prêté au jeu très difficile de faire goûter ses vins à des amateurs, qui a osé s’exposer aux critiques mais qui s’en est brillamment tiré en répondant à toutes nos interrogations et surtout avec des vins d’un niveau exceptionnel pour un premier millésime !

Nul doute que c’est un format qui sera reconduit !

 

17 septembre 2021

Soirée Côte-Rôtie du 17/09

Le vignoble de Côte-Rotie s'étend sur un coteau de 9kms environ, sur 3 communes : St-Cyr-sur-le-Rhône, Ampuis et Tupin-et-Semons. On distingue généralement deux secteurs en fonction de leur type de sol : La côte blonde au sud, censée produire des vins plus légers, et la côte brune.

 

 

carte cote rotie

 

 

Les 100% Côte Blonde

1- Christine Vernay, Côte-Rôtie Maison Rouge 2013 : (parcellaire) Couleur assez sombre, nez peu évolué, sur le fruit, légèrement animal. Bouche assez quelconque, un peu lisse, manquant un peu de tout par rapport aux meilleurs vins de la soirée, même si elle n'a pas de défauts particuliers. Un bon vin, mais on en attendait plus.

 

2- Julien Barge, Côte-Rôtie Le Combard 2016 : (parcellaire) Couleur plus claire, nez plus fruits rouges, très frais, beaucoup de poivre, plus floral, moins marqué par l'élevage. Bouche très fine, en tension, avec une très belle trame minérale dans le fond, les tannins sont fins et la finale salivante, très longue. 

 

 

Les 100% Côte Brune

3- François & Fils, Côte-Rôtie Rochins 2018 : (parcellaire) On passe à une couleur bien plus noire, un nez plus mûr, plus solaire en 2018, confiture de fruits noirs, un peu moins sauvage. La bouche reste cependant parfaitement équilibrée, avec de la fraîcheur, beaucoup de fruits noirs, du poivre, une matière épaisse mais des tannins fins, élevage bien intégré. Déjà excellent en l’état et tout l’avenir devant lui. 

 

4- Jean-Michel Gérin, Côte-Rôtie Champin le Seigneur 2017 : (11 parcelles surtout en Côte brune) Couleur légèrement plus claire, nez très toasté, café, marqué par la barrique surchauffée, bouche ronde, lisse, moins concentrée que le précédent et très boisée aussi. Décevant. 

cote rotie jamet

 

Les assemblages des deux Côtes

5- Bonnefond, Côte-Rôtie Colline de Couzou 2016 : (assemblage d'une dizaine de parcelles) On revient sur une robe plus claire, un nez plus « fruits rouges », plus floral, une bouche légère, très fraîche et digeste, peu tannique, mais on y retourne très facilement.

 

6- Rostaing, Côte-Rôtie Ampodium 2017 : (assemblage de 13 parcelles) Couleur plus sombre, très beau nez, très sauvage et marqué grappe entière, avec de la tapenade, de l’anchois, du lard… Bouche très tendue, avec des tannins encore trop serrés en l’état. Un vin très prometteur mais il faudra être patient.

 

7- Gangloff, Côte-Rôtie La Barbarine 2017 : (assemblage Combard, Tupin et Côte Rozier) Couleur assez sombre et brillante, nez "rock 'n roll", éclatant dès l'ouverture, plein de fruit, de notes fumées, un peu animal, léger boisé déjà bien fondu, il part dans tous les sens. La bouche est dans la lignée, mais avec une jolie texture, des tannins fins, une longueur exceptionnelle. Un petit côté aguicheur comme toujours avec les vins du domaine, mais parfaitement maîtrisé et assumé. C'est efficace, tout le monde se régale.

 

8- Jamet, Côte-Rôtie 2012 : (assemblage de 15 lieux-dits) Couleur plus tuilée, déjà un peu évoluée, nez plus en nuances et subtilité que Gangloff, plus sauvage, plus animal, plus sur l'anchois, très salin. Bouche très fine sur ce millésime, avec beaucoup de fraîcheur, de la grappe entière, plus sauvage et épicée dans l'aromatique, tout est parfait, à la bonne place, longueur incroyable. Tout le monde est séduit là aussi, pourtant il fallait passer derrière le Gangloff.

 

Au final, une soirée riche d'enseignement, avec 8 vins très différents en fonction du sol, de l'exposition, du travail à la vigne, de la vinification... Deux "stars" ont brillé : Jamet et Gangloff, ainsi que deux "petits jeunes" : Barge et François.  

 

Merci à tous les participants ! Prochain thème la Corse le 24 septembre.

 

30 septembre 2019

Soirée Vin de Pays/Vin de France du 27/09

Encépagement, aire d'appellation, assemblage, ou simple volonté de la part du producteur : les raisons du "déclassement" des vins hors des AOC sont nombreuses et ne sont pas toujours liées à une question de qualité...

 

1 - Maison Boiteau, IGP Charentais Le Bruleau 2017 : (100% chardonnay) couleur or pâle, nez beurré, vanillé, gourmand. Bouche facile, grasse, beurrée, dans un esprit petit Côte de Beaune, manque juste un peu de longueur.

 

2 - Les Vignes de Paradis, IGP Allobroges Savagnin 2015 : (100% savagnin) Robe plus dorée, nez sur la brioche, le miel, les fruits secs, évoque un champagne un peu évolué, avec une pointe oxydative. Bouche concentrée, avec une belle fraîcheur derrière, de la puissance et de la longueur. Très intéressant.

 

3 - Mas del Périé, Vin de France Les Pièces longues 2017 : (100% chenin sur Cahors) Robe similaire, nez très réduit, même après long carafage, sur l'allumette et l'oeuf pourri, compliqué. La bouche est très différente, énergique, tendue, citronnée, avec beaucoup moins d'arômes réducteurs.

 

4 - Jean-Baptiste Gougis, Vin de France Puy de Joie 2017 : (quasi 100% gamay sur le plateau de Gergovie) Couleur soutenue, nez de cerise, cassis, poivre, réglisse. Bouche puissante, un peu rustique avec des épices et un côté presque "ferrugineux", tannins encore serrés. Beau potentiel, à attendre quelques années si possible.

 

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5 - Terrasse d'Elise, IGP Pays d'Hérault Le Pradel 2017 : (100% cinsault) Couleur rubis, bien plus claire, nez de confiture de fraise, gourmand. Bouche fruitée, confiturée, peu tannique, avec un peu trop d'alcool ressenti sur la finale.

 

6 - Ludovic Engelvin, IGP Gard Clos Serre-Cabanis 2016 : (50% grenache, 50% mourvèdre) Robe grenat, nez de fruits noirs, épices, olives, cuir, garrigues. Bouche très fraîche, tannins de belle qualité, de l'épaisseur et de la longueur. Très belle bouteille. Un domaine qui monte.

 

7 - Trévallon, IGP Alpilles rouge 2009 : (50% syrah, 50% cabernet sauvignon) Robe très sombre, nez bien plus évolué, fruits noirs, cuir, truffe, tabac, la grande classe. Bouche pas très épaisse, plutôt sur la tension avec une belle acidité, des tannins encore un peu serrés, beaucoup de longueur.

 

8 - Grange des Pères, IGP Pays d'Hérault rouge 2015 : (Syrah, mourvèdre, cabernet sauvignon, counoise) On revient sur une couleur plus claire, nez explosif, plein de fruits mûrs, de garrigue, de thym, d'anchois, d'olives. Bouche dans la lignée, moins serrée que le Trévallon, très aromatique avec une grande fraîcheur derrière. La Grange a tenu son rang, sur ce millésime très accessible en ce moment bien qu'encore tout jeune.

 

Bonus - Gourt de Mautens, IGP Vaucluse blanc 2012 : (picpoul, bourboulenc, picardan, roussanne, marsanne, viognier, clairette, grenaches blanc et gris) Robe dorée, nez réduit qui rappelle le vin du Mas del Périé, là aussi on reconnait plus le travail sur la réduction que la région. Bouche intéressante, plus tendue, moins opulente que par le passé avec ce domaine. Merci Olivier pour la bouteille.

 

9 - Domaine Sérol, Vin Mousseux Turbullent : (pétillant naturel 100% gamay) couleur "rose bonbon" avec une mousse blanche épaisse, nez de bonbon à la fraise, bouche vive, pointe de sucre, peu d'alcool, très rafraîchissante, parfait pour conclure la soirée.

 

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Merci à tous pour cette excellente soirée. On se retrouve mi-octobre pour l'Allemagne.

 

19 octobre 2019

Soirée Allemagne du 18/10

Après l'Autriche, direction l’Allemagne : pays en plein essor, en partie grâce au réchauffement climatique, mais aussi grâce à une nouvelle génération de vignerons qui ont notamment remis au goût du jour les rieslings secs et les pinots noirs.

 

La dégustation a été construite en 3 étapes : des rieslings secs de la zone « Est » (Rheingau, Rheinhessen, Palatinat), une pause avec quelques pinots noirs (Baden vs Moselle), puis des rieslings de la zone « Ouest » (Moselle, Nahe) placés en dernier pour leur côté généralement sucré et léger en alcool. 

 

carte_allemagne1

 

 

 

PALATINAT (PFALZ)

Région immense et ultra dynamique du sud de l'Allemagne, avec beaucoup de producteurs en bio. On y produit de grands rieslings secs (Von Buhl, Rebholz, Christmann, Bürklin-Wolf...) et quelques très beaux pinots noirs (F. Becker...)

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PALATINAT 2 

1   Von Buhl – Riesling Jesuitengarten GG 2012 (AP n°19) : Couleur or pâle, nez qui pétrole légèrement, un peu de miel, mirabelle, agrumes, touches florales. Bouche avec une belle minéralité, tendue, fruitée, élégante, finale sur le citron vert de longueur moyenne. On commence fort. TB+.

 

2   Von Buhl – Riesling Pechstein GG 2012 (AP n°21) : (Même producteur, même année, même travail, seul le sol change. Parcelle juste en-dessous du volcan « Pechsteinkopf », sols plus riches en basalte et moins sableux que ceux du Jesuitengarten) Couleur bien plus dorée, nez plus mûr, fruits exotiques, pas de pétrole. Bouche plus opulente, moins d’acidité, fruité plus mûr, plus d'épaisseur, notes poivrées, finale plus longue, mais manque un peu de tension et d’élégance. Très différent. Peut-être moins adapté à nos palais français. TB.

 

 

RHEINGAU

Région historique, plutôt petite en terme de volumes, au climat chaud, les parcelles étant principalement exposés au sud, le long du Rhin. On y trouve de grands rieslings secs et sucrés, quelques pinots noirs aussi. La région manque un peu de dynamisme et reste porté par les "gros" (Breuer, Johannisberg, Weil).

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3   Georg Breuer – Riesling Berg Schlossberg 2005 (AP n°1) : (sols d'ardoises et sables) Couleur dorée, nez très complexe, encore jeune, pointe fumée, miel, fruits jaunes et fruits exotiques, riche et solaire. Bouche opulente, encore plus épaisse que le Pechstein, plus miellée, mais aussi plus d'acidité dans le fond qui lui permet de ne pas tomber dans la lourdeur, même si on sent que ça se joue à pas grand chose. Finale encore plus longue, presque poivrée. Très belle bouteille. Merci Jean-Paul ! TB++.

 

 

RHEINHESSEN

A l'instar du Palatinat, région grande et plus dynamique que le Rheingau, spécialisé dans le riesling sec et le pinot noir, portée par deux chefs de file : Klaus Peter Keller et Wittmann.

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4   Wittmann – Riesling Kirchspiel GG 2017 (AP n°17) : (sols calcaires) Couleur or pâle, nez un peu fermé, fruits jaunes, miel, tilleul, camomille, fleurs blanches. Bouche avec de l’épaisseur, bien marquée tilleul aussi, très belle acidité dans le fond, beaucoup de minéralité, de profondeur et de longueur, avec une finale crayeuse et saline. Un vin un peu jeune qui manque de complexité à l’heure actuelle, mais à l’équilibre parfait. TB+.

 

 

BADEN

Grande région, toute en long, au sud de l'Allemagne. Climat chaud propice au pinot noir, entre autres, sur les sols volcaniques du Kaiserstuhl (Salwey, F. Keller, Johner, Schneider...) ou un peu plus loin sur des sols argilo-calcaires (Huber, Wassmer...)

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5   Bernhard Huber – Spätburgunder Malterdinger 2016 (AP n°5) : (sols argilo-calcaires) Couleur rubis brillante, nez de bonbon à la cerise, un peu de fraise, pivoine. Bouche légère, aérienne, pas de tannins, tout en petit fruit légèrement sucré, très gourmande et facile à boire, pas très long, mais on y retourne facilement. TB.

 

 

MOSELLE

Grande région historique, au climat froid, où l'on récolte les raisins bien plus tardivement que dans les régions précédentes. Avec l'humidité du fleuve, ces derniers ont tendance à botrytiser. On y trouve principalement des rieslings sucrés et légers en alcool, mais aussi et de plus en plus quelques pinots noirs et quelques rieslings secs ou plutôt quasiment secs (5à9gr environ). Sols de divers types d'ardoises.

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6   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten ** 2013 (AP n°14) : (sols d'ardoises) Couleur claire avec des reflets marrons, nez avec une pointe de caillou fumé, kirsch, confiture de fraise, rose, pointe d'élevage caramel. La bouche est délicate, soyeuse, beaucoup de fruit, confiture de fraise, assez solaire avec une belle fraîcheur derrière, bonne longueur, mais il est surclassé par le suivant. A noter qu'une ouverture à midi pour le soir sans carafage lui fait beaucoup de bien. TB+.

 

7   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten *** 2011 (AP n°80) : Couleur claire avec des reflets marrons voire tuilés encore plus marqués, nez légèrement animal, cuir, du sous-bois, un lardé-fumé digne d'une belle Côte-Rôtie et beaucoup de fruit. Bouche épaisse, soyeuse, élevage parfaitement intégré, sur les arômes du nez, avec peut-être plus de fruit encore (fraise écrasée, cerise) et moins d'évolution. Les 14% ne se sentent absolument pas. Superbe longueur. Comme le précédent, à ouvrir bien à l'avance. Merci Fred pour la bouteille ! TB++.

 

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8   Schloss Lieser – Riesling Helden Spätlese Trocken 2016 (AP n°5) : (sols d'ardoises) Couleur or pâle, nez compliqué, sur la bonbonne de gaz, l’allumette, même après 4-5h d carafe. La bouche est moins marquée par la réduction, sur le citron, pas trop austère grâce à 7-8gr de SR probablement, avec une bonne tension, mais peu de volume. B.

 

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9   Dr. Loosen – Riesling Ürziger Wüzgarten Kabinett 2017 (AP n°5) : (sols d'ardoises rouges) Couleur presque translucide, nez de raisins blancs, melon, fruits blancs bien mûrs. Bouche légère, bien sucrée (70gr ?), à l’équilibre tenu grâce au gaz carbonique assez présent plus que par l’acidité, peu de longueur, mais très digeste et facile avec ses 8% d’alcool. B+.

 

 

NAHE

Toute petite région en terme de volumes, au climat relativement froid, aux sols très variés, où l'on produit de grands rieslings secs comme sucrés (Dönnhoff, Diel, Schäfer-Fröhlich, Schönleber...)

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10   Dönnhoff – Riesling Oberhauser Brücke Spätlese 2016 (AP n°11) : (sols d'ardoises, sables et une partie volcanique) Couleur presque translucide, nez très élégant, sur les fruits blancs, le thé vert, les agrumes, pointe de résine. Bouche légère, aérienne à 8,5% d'alcool, très fruitée, mais avec une profondeur minérale que n'avait pas le Loosen. Il est plus élégant, équilibré et bien plus long, on y retourne sans cesse. TB+.

 

 

MOSELLE

11   Dr. Thanisch – Riesling Berncasteler Doctor Auslese 1992 (AP n°14) : bouchon…

 

11bis  Günther Steinmetz – Riesling Brauneberger Juffer Auslese ** 2006 (AP n°16) : bouteille de remplacement, couleur or profond, nez d'abricot sec, miel, coing. Bouche épaisse, concentrée, sur la pâte de fruit, mais qui reste très digeste grâce à une belle acidité et un faible taux d'alcool. Parfait pour finir. Merci Fred ! TB+.

 

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molitor klostergarten

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1 octobre 2020

Soirée Australie (09/10)

Si l'Australie est environ 14 fois plus grande que la France, son vignoble, entièrement réparti au sud du pays, reste relativement petit avec 146 000 hectares (contre 118 000 juste pour le Bordelais par exemple). Les vins produits sont variés, les climats et les sols également. La syrah, suivie par le chardonnay et le cabernet sauvignon sont de loin les cépages les plus répandus. Mais la viticulture y est en pleine mutation, comme en Californie. On assiste de plus en plus à une recherche de qualité, de fraîcheur, d'expression du terroir, avec un travail plus poussé à la vigne et de plus en plus de biodynamie. 

cartes australie

 

Les blancs : 4 grands classiques australiens

 

1 - Tahbilk, 1927 Vines Marsanne 2011 - Nagambie Lakes, Goulburn valley (Victoria) : (grand domaine créé en 1860 qui possède probablement les plus vieilles marsannes du monde. Elevage en cuves puis en bouteilles, commercialisation au bout de 6ans environ) Couleur très claire pour une marsanne de 2011, nez légèrement miellé, avec de la cire, de la résine, du citron, très différent des marsannes du Rhône. La bouche est plutôt vive et fraîche, minérale, légère, pas du tout grasse avec une longueur moyenne.

 

2 - Grosset, Polish Hill riesling 2018 - Clare Valley (Southern Australia) : (petit domaine de 20 hectares créé en 1981, certifié bio. Sols de schistes au nord de la Clare valley, parcelle à 470m d'altitude. Elevage en cuves) Robe presque translucide, nez très typé riesling, avec des terpènes, du citron vert. Bouche puissante par rapport au suivant, plus concentrée, sèche, austère, avec une finle très longue sur l'amertume des zestes d'agrumes. Un beau riesling mais encore un peu jeune.

 

3 - Henschke, Julius riesling 2017 - Eden Valley (Southern Australia) : (très ancien et très grand domaine plutôt spécialisé dans les syrahs, en biodynamie. Sols de sables, graviers et argiles. Elevage cuves) Robe translucide aussi, nez peut-être plus simple mais plus expressif, très porté sur le citron. Bouche vive, moins épaisse, légèrement perlante, plus légère en alcool (11,5% ici contre 12,7% sur le Grosset), plus facile à boire, avec un côté presque désaltérant. Un riesling plutôt dans l'esprit allemand, alors que le Grosset était plus proche de certains rieslings français. Merci Stan pour la bouteille !

 

4 - Leeuwin Estate, Art series chardonnay 2016 - Margaret River (Western Australia) : (domaine des années 1970 d'une cinquantaine d'hectares. Sols de gneiss et de graves, non irrigués. Elevage en barriques neuves françaises) Couleur légèrement dorée, nez de chardonnay bourguignon, légèrement vanillé et toasté, miellé, avec des fruits jaunes, des notes florales. En bouche le bois est bien intégré, puissante, épaisse, beurrée, sans être trop mûre, belle acidité dans le fond. Finale assez longue sur un côté plus minéral et des agrumes. Beau chardonnay à l'élevage poussé et à l'avenir très prometteur.

leeuwin

 

 

Les vins rouges : nouvelle et ancienne générations

 

5 - Ochota Barrels, Mark of Caïn pinot meunier 2019 - Adélaïde Hills (Southern Australia) : (Créé en 2008, domaine "peu interventionniste" de 5 hectares environ. Elevage en vieux fûts français avec une petite partie de vendange entière) Couleur framboise, très claire. Nez sur la cerise, le bonbon anglais, avec des notes amyliques (certains évoquent un beaujolais nouveau). Bouche très légère (11,6% d'alcool), peu épaisse, sans tannins, un jus de fruit facile à boire, finale assez courte, mais qui a le mérite d'être pleine de fraîcheur, à l'opposé du stéréotype australien.

 

6 - Sailor seeks horse, Pinot noir 2017 - Huon valley (Tasmanie) : (domaine de 6,5 hectares créé en 2005. Elevage en vieux fûts, 15% de vendange entière. Sols de sables, limons et argiles non irrigués) Couleur rubis, nez désagréable avec une forme de réduction tenace, sur le chou notamment. Bouche légère et fraîche, qui ne pinote pas vraiment et reste très simple. Peut-être une bouteille en dedans. En tout cas, pas représentative de cette région prometteuse.

 

7 - Josh Cooper, Doug’s vineyard pinot noir 2018 - Macedon Ranges (Victoria) : (premier millésime en 2012. Fils des Cooper-domaine Cobaw Ridge. Achat de raisins aux meilleurs "grape growers", ici la famille Newnham. Exposition nord-nord-est, 500m d'altitude. Sols de basalte. Forte proportion de grappe entière. Elevage fûts français dont une faible proportion de fûts neufs) Couleur rubis, trouble. Très beau nez expressif, envoûtant, sur la pivoine, la fraise, épices orientales, un côté grappes entières suffisamment mûres. Bouche très fraîche, fruitée, tannins fins, très pure aussi (peu sulfitée peut-être) dans un style proche des "IPOB" californiens avec ce très bel équilibre entre fruit confituré et végétal noble. Très belle longueur. Semble déjà à point en l'état.

 

8 - Bass Philipp, Pinot noir estate 2015 - Gippsland (Victoria) : (La légende du pinot noir australien. Créé par Philipp Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Philipp, certifié biodynamie. Le pinot noir "estate" est une parcelle de 4 hectares, en haute densité pour l'Australie (8500pieds/hectare), non irriguée, orientée nord-est, sur des sols limoneux et volcaniques, parfois assmblée avec la parcelle "Leongatha". Elevage en fûts français dont 60% de fûts neufs. 100% egrappé. Non filtré) Couleur encore plus claire que le précédent, trouble aussi. Nez envoûtant, très pur aussi tout en étant différent, plus sur la fraise confiturée ici, la rose, plus gourmand, peut-être encore plus évident, sans trait végétal. Bouche toute en finesse, en gourmandise, ronde, peu tannique, belle épaisseur, juste ce qu'il faut de fraîcheur, tout semble évident et à la bonne place, du velours, il rappelle - ou appelle - le style du Gevrey le plus fin, avec en plus beaucoup de longueur. Son statut de légende locale n'est pas usurpé.

bass philipp

 

9 - By Farr, Tout près Pinot noir 2015 - Geelong (Victoria) : (Créé en 1994 par Gary Farr, rejoint récemment par son fils Nick. Tous les deux ont fait leurs classes chez Dujac, Au bon climat et Cristom. "Tout près" a été planté en 2001 à très haute densité (7300 pieds/hectare), d'où son nom. Plus haut en altitude que les autres parcelles du domaine, sols volcaniques, graviers, loams et sables. 100% grappe entière et 100% fûts neufs) Couleur sombre pour un pinot, nez de fruits noirs, cuir, encore dominé par son élevage légèrement toasté et vanillé. Bouche puissante, épaisse, très longue, gros potentiel mais clairement taillé pour la garde. A revoir dans quelques années.

 

10 - Luke Lambert, Nebbiolo 2017 - Yarra Valley (Victoria) : (Petit domaine créé en 2005. Cuvée provenant de Jansz vineyard et Denton vineyard. Sols en partie granitiques. Elevage en vieux foudres de Slavonie comme les Barolos traditionnels) Couleur rubis foncé, nez qui évoque bien le nebbiolo, fruits rouges, cerise, pointe balsamique, un peu plus confituré peut-être. Idem en bouche où on a l'impression de voir un petit nebbiolo, facile d'accès, sans trop de tannins, à peine plus arrondi que dans le Piémont, mais à la finale assez courte.

 

11 - Ben Glaetzer, Anaperenna 2006 - Barossa Valley (Southern australia) : (Vieux domaine historique du Nord de la Barossa. 82% syrah et 18% cabernet sauvignon. Sols de limons argilo-sableux sur socle calcaire. Elevage en fûts français et américains neufs) Couleur très sombre et évoluée, nez sur le chocolat noir, le café, la prune, le cuir, très extrait et encore boisé, avec une petite touche oxydative maîtrisée, certains évoquent un vieux porto vintage. Bouche puissante, très marquée café et chocolat noir, un peu de fruits à l'eau-de-vie, avec une bonne fraîcheur dans le fond finalement. La finale très longue n'est finalement pas si lourde qu'on aurait pu le présager au nez, avec un joli côté mentholé/eucalyptus. Un vin qui a divisé l'assemblée, "too much" pour certains, "exceptionnel d'intensité" pour d'autres.

 

12 - Giaconda, Warner Shiraz 2006 - Beechworth (Victoria) : (Petit domaine créé au début des années 1980 par Rick Kinzbrunner, certifié bio en 2018. Sols de granite en altitude. Exposition solaire au nord. Irrigation certaines années seulement. Une partie de vendange entière. Elevage de 2ans en fûts français à 40% neufs) Couleur sombre aussi, mais moins tuilée, nez de fruits noirs, de thé fumé, de réglisse, encore jeune, moins expressif mais plus subtil que le précédent. Bouche moins épaisse, plutôt en fraîcheur et en tension, surtout derrière le Glaetzer, très marqué par le thé noir, qui manque d'un peu de complexité par rapport aux meilleurs millésimes de cette cuvée, mais d'une très belle longueur. Un style déjà plus proche des syrahs françaises tout en gardant sa propre identité.

 

13 - Wynn’s, John Riddock cabernet sauvignon 1998 - Coonawara (Southern australia) : (John Riddock est le pionnier de la région où il a planté des vignes en 1891 avant d'en revendre une partie à ce qui allait ensuite devenir Wynn's. Grande cuvée de ce domaine historique, sur des sols typiques de "terra rossa" chargés en fer. Elevage en fûts français) Bouchon parfait, couleur grenat, pas si évoluée pour un 1998. Très beau nez, pointe de poivron "mûr" au départ, cassis, notes balsamiques, cuir, réglisse, bois précieux, rappelle un grand Margaux ou St Julien en plus fruité et plus gourmand. Bouche du même niveau, complexe, évoluée, tout en restant très fraîche, encore fruitée, "il y a tout dans ce vin", jusqu'à sa très longue finale. On finit en beauté.

glaetzer

 

Au final une soirée d'un excellent niveau d'ensemble avec des vins très variés qui ont convaincu l'assemblée. Dommage qu'ils soient si difficiles à trouver pour la plupart... On finit tranquillement avec un excellent champagne Vignes de Montgueux de Jacques Lassaigne pour les plus téméraires. Merci Patrice ! 

 

Prochaine étape : les coups de coeur de l'année le 6 novembre. On croise les doigts...

 

28 septembre 2020

Soirée Gevrey-Chambertin du 25/09

Avec ses 408 hectares, l'appellation Gevrey-Chambertin est la plus grande de la Côte de Nuits. Si les vins ont la réputation d'être puissants, "masculins", c'est avant tout pour des raisons historiques, mais la réalité est bien plus complexe... Comme Chambolle-Musigny c'est une appellation à combe, avec des sols variés, des expositions variées, des altitudes variées... En ajoutant à cela les styles de vinification et les "effets millésime", on aboutit à des vins très hétérogènes.

 

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet : http://monocepage.com/gevrey-chambertin-breffage/

carte gevrey chambertin

 

Les Gevrey « de la Combe » 

1 Berthaut-Gerbet, Gevrey-Chambertin 2017 : (Les Crais et La Burie) Robe qui fait très jeune encore un peu violette, très beau nez expressif, sur la cerise avec une légère sucrosité, très gourmand, bouche pleine de fruit, aux tannins fins, avec de la fraîcheur. Un vin tout en finesse, très facile à boire.

 

2 Fourrier, Gevrey-Chambertin Vieille Vigne 2017 : (95% champerrier, 5% Combe du dessus) Couleur très claire, à peine trouble. Nez éclatant, envoûtant, plein de framboise, de fraise, de rose, tout en délicatesse. Bouche du même niveau, évidente, où tout est à la bonne place, très fruitée, florale, tannins insensibles, texture de velours, on pourrait se resservir sans cesse. A l’opposé du stéréotype Gevrey-Chambertin (un peu comme Reynaud à Châteauneuf). La magie Fourrier a encore opéré.

 

3 Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin 2015 : (les crais, creux brouillard, clos prieur bas, en champs, les cercueils, 1e cru perrières, 1e cru les etournelles, 1e cru craipillots) Couleur plus sombre que le précédent, nez qu’il faut aller chercher un peu plus, plus puissant, plus de fruits noirs. En bouche on retrouve la finesse de Rousseau combinée au côté solaire/confituré du millésime, plus concentré que le précédent, avec une superbe longueur pour un village, mais on sent qu’il aurait besoin de quelques années supplémentaires pour s’exprimer complètement.

 

Secteur nord ou « secteur St-Jacques » 

4 Dominique Gallois, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Goulots 2014 : le vin en-dessous dans cette soirée, avec des tanins un peu verts et une matière un peu trop fluette. Difficile pour lui dans cette soirée où tout le reste s’est montré d’un haut niveau.

 

5 Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 2012 : Couleur sombre, nez de fuits noirs, légèrement confituré, à peine torréfié. C'est surtout la bouche qui impressionne comme souvent chez Mortet avec une matière épaisse et une texture de velours, très belle longueur, avec juste ce qu'il faut de fraîcheur pour Lavaux et 2012.

 

6 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 2000 : Couleur bien tuilée, nez animal, cuir, fourrure, viande fumée, sous-bois, kirsch, on rentre vraiment dans les arômes tertiaires. La bouche est peu épaisse, mais noble et très complexe, encore assez longue. Un vin à son apogée.

 

7 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos St Jacques 2007 : (bu à l'aveugle) Vin sombre, très beau nez sur le cuir, le tabac, les fruits noirs, encore jeune. Bouche puissante, massive, encore des tannins un peu durs, mais grosse matière et grosse longueur, surtout pour 2007, on a l'impression d'être sur un grand millésime qui demande quelques années de garde supplémentaires. Mais il ira certainement plus loin que le précédent. Merci Bertrand !

fourrier rousseau

 

Secteur sud ou « secteur des grands crus » 

8 Marchand-Tawse, Gevrey-Chambertin 1er cru Fonteny 2012 : Couleur sombre, nez duquel se dégage une impression de fraîcheur, presque mentholé, plutôt sur les fruits noirs, un peu confituré. Bouche épaisse, tannins soyeux, proche du Lavaux de Mortet, avec plus de fraîcheur mais peut-être un peu plus simple. 

 

9 Trapet, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Prieur 2011 : On repasse sur une robe rubis, bien plus claire, comme souvent avec Trapet, le nez est sur les petits fruits rouges, la pivoine. La bouche fait un peu maigre, mais toute en tension, en longueur, très fraîche, avec un côté végétal noble apporté par la vendange entière, une impression de minéralité. Un vin peu démonstratif, mais avec beaucoup de fond, plus difficile à comprendre. Il a divisé l'assemblée.

 

10 Pierre Damoy, Chambertin Grand cru 2003 : Couleur très sombre, nez chocolaté, fumé, torréfié, kirsché, un peu de cuir et de sous-bois, belle complexité. Bouche massive, encore marquée par son élevage torréfié, puissante, qui appelle un plat en sauce ou qui peut se suffire à lui-même, presque comme un vin de dessert. Finale très longue, sur le café, le chocolat, la prune, presque pruneau même. Le stéréotype du Gevrey puissant arrive enfin, sans trop de surprises pour un Damoy sur une année chaude. Que de chemin parcouru depuis la première série !

 

Bonus

Henri Boillot, Puligny-Montrachet 1er cru Clos de la mouchère 2018 : un chardonnay encore légèrement marqué par son élevage grillé, avec une belle matière en bouche, et une finale très longue, minérale, bien tendue, surtout pour 2018. Déjà très bon, et probablement encore bien meilleur dans quelques années pour les plus patients. Merci Vincent !

 

Merci à tous pour cette soirée qui s'est révélée exceptionnelle. Prochaine étape : l'Australie !

 

29 mars 2019

Soirée sud-ouest du 29/03/2019

Le sud-ouest est une région viticole immense, qui s'étend sur 13 départements avec en tout 29 AOC et 13 IGP. Impossible donc de trouver une unité dans ce vignoble aux climats, aux sols et aux cépages variés. Du coup, nous avons choisi un vin pour chaque grande appellation, avec aussi quelques petites surprises...

 

carte sud ouest

 

1 - Domaine Labranche-Laffont, Pacherenc-du-Vic-Bilh sec 2016 : (50% gros manseng, 50% petit manseng) Couleur dorée, nez plein de fruits exotiques, citron vert, un peu de miel. Bouche vive, tendue, minérale, très fruitée, élégante, belle longueur, ça commence fort.

 

2 - Domaine Bordaxuria, Irouléguy Blanc 2015 : (60% gros manseng, 40% petit manseng) Aromatique proche du précédent au nez, mais bouche qui semble plus puissante, plus large, avec une amertume plus marquée en bouche. Il appelle probablement des fromages (chèvre, brebis) un peu plus affinés. Belle bouteille aussi, mais qui a un peu plus divisé l'assemblée.

 

3 - Domaine Plageoles, Gaillac Rouge "Braucol" 2016 : (100% braucol ou fer servadou) Couleur très claire, nez de petits fruits rouges, réglisse, poivre, un peu de réduction encore malgré un long carafage. Bouche légère, fruitée, épicée, mais vraiment très courte. Une bouteille pas en forme...

 

4 - Bodega Amalaya, Valle Calchaqui "Tinto de Corte" 2015 : (vin argentin, 85% malbec + tannat, syrah) Pirate sud-américain aux cépages du sud-ouest qui se révélera finalement très différent... Couleur sombre, nez de fruits noirs, épices, un côté lardé/fumé, olives. Bouche puissante, une pointe d'alcool pour certains, sur les arômes du nez, assez longue, aux tannins fondus. Un vin argentin plein de caractère loin des versions standardisés toute en rondeur boisée/vanillée qu'on rencontre trop souvent dans ce pays. Merci Olivier pour cette bouteille.

 

5 - Domaine Elian Da Ros, Côtes du Marmandais « Chante coucou » 2015 : (50% merlot, 20% cabernet sauvignon, 20% malbec, 10% syrah) Couleur sombre, nez de fruits noirs compotés, réglisse, épices, notes végétales, menthol, un peu animal aussi, très complexe. Bouche un peu moins causante (à attendre ?), mais elle est élégante, plus que ce que laissait présager le nez, avec une belle texture, des tannins fins. Bonne longueur. Très beau vin, attention à le carafer quelques heures.

 

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6 - Domaine Mouthes le Bihan, Côtes de Duras Rouge "Les Apprentis" 2014 : (85% merlot, 15% cabernet franc) Couleur sombre, nez sur la confiture de fraise, le cassis, encore un peu boisé/vanillé, à attendre encore quelques années. Très belle bouche, moins marquée par l'élevage, texture soyeuse, beaucoup de fruits confiturés, belle acidité dans le fond et finale assez longue. 

 

7 - Château Montus, Madiran "La Tyre" 2007 : (98% tannat) Couleur noire comme l'encre, nez de cacao, moka, pruneau, épices (girofle). Bouche puissante, encore bien jeune, très concentrée, avec une belle texture à l'attaque, ça manque d'un peu de fruit, de fraîcheur et d'élégance pour certains. La finale est très longue, mais un peu astringente. Petite surprise à la levée de la chaussette, tout le monde attendait un peu plus de la "grande" cuvée du domaine.

 

8 - Domaine Cosse Maisoneuve, Cahors "Les Laquets" 2000 : (100% malbec) On revient à une couleur bien plus claire, nez de fruits rouges, kirsch, boite à cigare, sous-bois, encore jeune pour son âge. Bouche élégante avec une belle acidité dans le fond, du fruits, des arômes tertiaires, pas forcément très épaisse, mais avec beaucoup de longueur. Excellent vin, à son apogée. Merci Fred pour cette bouteille.

 

9 - Les Jardins de Babylone, Jurançon moelleux 2012 : (100% petit manseng) Couleur très claire pour un liquoreux, nez sur l'ananas, les fruits exotiques, un peu de miel. C'est surtout la bouche qui est incroyable, fraîche, élégante, digeste, parfait équilibre sucre/acidité, finale très longue sur l'ananas, un peu de truffe. Même les plus réticents aux vins sucrés ont avoué pouvoir tomber la bouteille, un signe qui ne trompe pas. Grand vin !

 

10 - Domaine Camin Larredya, Vin de France L'Iranja 2015 : (vin orange fait à Jurançon, 100% petit manseng, 25gr SR/L, élevage oxydatif en amphore) Couleur orange bien sûr, nez de mangue, noix, noisette, fruits exotiques et fruits secs, caramel beurre salé pour certains seulement. Bouche puissante, avec de l'acidité, de l'amertume, les quelques grammes de sucres se sentent assez peu mais suffisent à ne pas rendre le vin trop austère. Il y a eu débat sur la finale, courte pour certains, très longue pour d'autre. Un OVNI !

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Merci à tous pour cette excellente soirée. On se retrouve en mai pour la soirée Côte de Nuits avec un gros programme (Mugnier, Dujac, Arlaud, Ponsot, Mortet, Méo-Camuzet...)

 

26 mars 2024

Soirées Vins d'Espagne (15 et 22/03)

 

Introduction - Viticulture 

 

- Surface : 955 000 ha en 2022, pour 35,7 millions d’hectolitres. Numéro 1 en surface viticole, environ 3e en quantité (proche de la France, l'Italie et la Chine).

- 1er exportateur mondial.  Numéro 1 du vin en vrac, même si l’Espagne se tourne de plus en plus vers du « qualitatif ».

- Peu de vignerons indépendants : on différencie souvent les viticulteurs (65% des exploitations font moins de 0,5ha. Moyenne totale 1,5ha de vignes par exploitation) des bodegas. 

- N°1 du bio.

- Plus de 600 cépages. Dans l’ordre : airen, tempranillo, bobal, grenache, mourvèdre, maccabeu-viura, cayetana blanca, cabernet sauvignon, palomino, syrah, alicante, verdejo, merlot, muscat d’alexandrie, warello, PX, mencia, parellada, chardonnay, mauzuelo-carignan, alvarinho…

- Elevages : Joven = 6mois, Crianza (24mois dont au mois 6en fût), Reserva = 36mois, Gran Reserva 60mois. Pour les blancs et rosés 18, 24 et 48mois.

- Le système d’appellation :

             - Vino (anciennement Vino de Mesa)

             - IGP (anciennement Vino De la Tierra)

             - DOP avec les alternatives possibles VCIG, DO, DOP, DOCa (Priorat et Rioja), Vino de Pago (grands crus)

- Latitude : Entre 43,5 et 36°. Une viticulture du sud donc, bien en-dessous du fameux 45e parallèle. Il va falloir compenser cette chaleur grâce à deux éléments :

- L’altitude : l’Espagne est le pays le plus montagneux d’Europe.

- L’eau : Océan Atlantique, mer Méditerranée et les fleuves Ebre, Taje, Duero...

A lire : La formidable affirmation des grands vins d’Espagne par Pierre Citerne (RVF n°649)

 

 

 

Les principales régions - Des paysages variés

 

- Galice : « L’Espagne verte », « la Bretagne espagnole ». Région fraîche, extrêmement pluvieuse (jusqu’à 1500mm/an). Sols de schistes et de granit le long des fleuves Miño et Sil. Des blancs très frais sur la Côte Ouest à base d’albariño. De plus en plus de chaleur lorsqu’on rentre dans les terres : des blancs un peu plus mûrs à base de godello et des rouges à base de mencia et de vieux cépages autochtones. Viticulture en pergola parfois, ou en terrasse sur les pentes vertigineuses.

 

- Catalogne : secteur qui bénéficie à la fois d’un climat méditerranéen à l’est et d’altitude. Quelques jolis vins effervescents (cava), des blancs secs (cépage xarello notamment) et les grands vins rouges du Priorat (grenache, carignan…)

 

- Rioja, Castille-et-Leon (Ribera del Duero, Toro, Rueda) : climat continental, très rude en hiver, très chaud en été. Compensé par l’altitude (surtout Ribera del Duero). Rouges puissants à base du cépage tempranillo avec des élevages longs en fût. Quelques jolis blancs aussi sur Rueda (verdejo) et Rioja (viura-maccabeu). La région historique, mais globalement en perte de vitesse.

 

- Sierra de Gredos : montagnes sur les hauteurs du nord-ouest de Madrid, où les vins peuvent sortir en DO Mentrida, Vinos de Madrid… Principalement des grenaches à près de 1000m d’altitude. Nouvelle génération.

 

- Andalousie : zone la plus chaude d’Espagne, spécialisée dans les VDN (le mutage n'est plus obligatoire depuis peu). On essaye de bénéficier des courants d’air frais marins venant du sud-ouest. Sols de craie : "albariza". Cépage palomino (parfois PX) pour les blancs secs, et Moscatel et PX pour les sucrés. Quelques vins non mutés blancs et rouges en progression.

 

- Les îles : quelques jolis vins volcaniques sur les Canaries avec de vieux cépages autochtones. En progression sur Majorque également.

 

 

 

Soirée n°1

 

1 Cantalapiedra (Castille-et-Leon), VT Castilla-y-Leon Majuelo del Chiviritero 2021 : (domaine qui vinifie depuis 2014 7ha sur les 20ha qu’il possède de longue date, à La Seca (Rueda). 700m d’altitude, 100% verdejo. Sols de galets, argile et calcaire, vignes d’environ 40ans sur cette parcelle. Elevage vieux fûts puis cuves. Vinif proche du nature.)       Couleur dorée, nez citron confit, petite volatile, levure, floral. La bouche est très propre, citronnée aussi, avec du volume, de plus en plus en se réchauffant, une bonne acidité qui lui permet de garder l’équilibre, une finale sur les amers, mais il reste assez simple.

2 Suertes del Marques (Canaries), DO Tenerife Vidonia 2020 : (domaine de 11ha + 15ha négoce créé en 2006. Tendance nature. 100% listan blanco ou palomino, Vignes à Las Suertes, La Florida et La Mocana sur argiles. Elevage 11mois en foudres de 2500L et fûts de 500L.)    Nez très fumé, un peu soufré, réduit, volcanique, qui a tendance à s’accentuer avec l’aération. C’est mieux en bouche où ce côté fumé est moins dominant, jolies notes citronnées, salines, très énergique, très long et salivant. 

3 Nanclares y Prieto (Galice), DO Rias Baixas A Graña 2021 : (domaine de 5ha bio né en 1993, 100% albariño d’environ 30ans à Sanxenxo sur sols de granit et sables. Elevage de 9mois 75% fûts de châtaigniers non neufs et 25% cuves inox)     Nez un peu timide à l’ouverture, puis se développe sur des fruits exotiques et des agrumes. Très belle bouche avec du volume, presque un peu de gras pour cet alvarinho qui voit le fût, mais il garde une grosse acidité, fruits exotiques à l’attaque, la finale est plus zestée, avec de beaux amers, très longue. Très beau vin. 

4 Envinate (Galice), Vino (Ribeira Sacra) Lousas Vinas de Aldea 2020 : (Créé par 4 amis œnologues en 2005, explorateurs de parcelles rares en Galice et aux Canaries. Vinif nature, grappe entière, vieux fûts, sols d’ardoise. Cépages mencia + brancellao, merenzao, mouraton, alicante…)     Pas si clair que ça pour un Envinate qui peuvent parfois être encore plus infusés, très beau nez très fleuri, éclatant, pleine de fraise et de poivre aussi. La bouche est un beau jus de fruit très frais, pivoine, poivre et fumé, nature très propre, pas très long, mais très élégant et facile à boire. 

 

5 Comando G (Sierra de Gredos), DO Vinos de Madrid La Bruja de Rozas 2021 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis : Marcel Isart, Fernando Garcia Alonso de Marananos et Daniel Jimenez-Landi. Travail en biodynamie, parcellaires, moyenne de 1000m d'altitude, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, grenaches infusés, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise.)      Couleur très claire, nez très réduit à l’ouverture, bien mieux après 5h de carafe. Grenache infusé, très framboise, fraise, pivoine, aromatique élégante, mais fin de bouche encore très serrée, qui semble un peu jeune. 

6 Bodegas Frontonio (Aragon), Vino (Valdejalon) El Jardin de las Iguales 2020 : domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 96% grenache, 4% macabeu. Vignes de 100ans, 700m d’altitude. Sols d’ardoise et calcaire. Expo Nord. 100% grappe entière, 3mois de macération. Elevage fûts 465L.    Couleur ultra claire et limpide, brillante, nez de rose, de fraise, orangette, épices du souk, bouche en dentelle, pas très épaisse, toute en allonge et en subtilité, raffinée, qui gagnera en complexité avec le temps, mais elle est déjà excellente en l’état, très longue, fraîche, un grenache aérien. 

7 Bodega Cerron (Murcie), DO Jumilla La Servil 2021 : domaine familial de 30ha, bio depuis 1989 et bioD 2021, 95% mourvèdre 5% vieux cépages locaux. vignes de 1954 non greffées, 960m d’altitude, sols calcaires. Egrappé à 80%, fermentation en cuve bois, élevage en foudres 14 mois. Non collé, non filtré, 40mg SO2 total.       Couleur sombre derrière les grenaches, nez de fruits noirs, réglisse, cuir, violette. Très belle bouche qui semble très fine pour un jeune mourvèdre, avec une acidité haute (ph 3,4) qui équilibre bien les 14,9% d’alcool, vraie sensation minérale et calcaire, pas beaucoup de rondeur, mais de l’allonge et de la fraîcheur, très beau style. 

8 Alberto Orte Bodegas Poniente (Andalousie), DO Jerez Palo Cortado VORS : winemaker, explorateur et spécialiste des vieux cépages travaillant en Andalousie, Galice… 100% palomino fino du vignoble bio d’El Ajibe, solera de 30ans de moyenne. Elevage sous voile puis oxydatif ensuite.      Couleur ambre foncé, nez plus oxydatif, noix, fruits secs, café, bouche qui a gardé un peu de fruit, mélange subtil d’oxydatif et de fruits encore frais, c’est plutôt sur l’élégance pour un palo cortado. Mais il garde surtout une ampleur exceptionnelle avec ses 21% d’alcool et son acidité énorme, une longueur interminable. 

Bonus

Baztango Xurie (Pays basque), Vino Kiribil 2022 (Txakoli) : (courbu, mansengs riesling).   Robe trouble, nez un peu typé nature, pomme blett, simple. C’est mieux en bouche, avec beaucoup d’énergie à l’attaque, vif, tonique, sur la pomme et le citron, pas un gros volume, mais une bonne maturité tout en gardant du peps. 

Remelluri -Telmo Rodriguez (Rioja), DOCa Rioja blanco 2017 : (Rioja alavesa, 9 cépages, plutôt rhône blend)    Changement complet de registre, robe dorée, nez très pêche, abricot, un peu de beurre, de caramel. Bouche avec du volume, du gras, puissante, moins acide, plus opulente que les précédents, sur les arômes du nez, bonne longueur mais il appelle la table. Un millésime moins tendu que 2019 ou 2016 de mémoire.

Bodega Contador (Rioja), DOCa Rioja Predicador 2015 : (93% tempranillo, grenache, mazuelo, graciano)  Couleur sombre, nez boisé, fumé, fruits noirs, début d’évolution tabac, sous-bois. Bouche encore jeune, puissante, boisée, fruits noirs confits, bonne longueur. Un style plus traditionnel qui tranche avec les vins précédents. 

Sant Josep Cooperativa Clot d’Encis (Catalogne), DO Terra Alta Clot Ranci solera 1962-2023 : (grenache blanc) couleur claire et orangée, nez qui fait assez jeune, à peine oxydatif, beaucoup de fruit comme de l’abricot surtout, voire de la pêche, la bouche est étonnante aussi, facile d’accès, les 17% d’alcool ne se sentent pas, c’est frais, très fruité pour un vieux ranci, avec une belle allonge acidulée. 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Enric Soler (Catalogne), DO Penedes Nun Vinya dels Taus 2020 : (domaine bio de 1,5ha créé en 2004 par ce professeur d’œnologie de Barcelone. 100% xarello, vignes de 70ans, sols argilo-calcaires. Elevage 8mois fûts dont 50% neufs)    Couleur or pâle, nez encore un peu marqué par son élevage, très bourguignon dans l'esprit, beurré, légèrement toasté et vanillé. La bouche est plus jolie et moins marquée, avec une belle tension, des agrumes, une finale longue et fraîche plus minérale sur des amers nobles. Un beau vin, encore un peu trop jeune, qui a eu besoin d'une longue ouverture.

2 Veronica Ortega (Castille-et-Leon), DO Bierzo Cal 2020 : (domaine de 5ha bio créé en 2012. 100% godello. 650m d’altitude sur calcaire. Elevage 14mois vieux fûts et amphores)      Couleur or pâle, moins brillante que le précédent, nez qui fait penser à un chenin, sur la poire, la pomme au four, le citron. Bouche énergique, peu d'alcool (12,5°), en fraîcheur, travaillée plutôt en réduction, un peu nature mais parfaitement propre, pas un gros volume, mais une finale fraîche et minérale, citronnée, zestée.

3 Palacio de Fefinanes (Galice), DO Rias Baixas Ano III 2016 : (grand domaine créé en 1928, achat de raisins. 100% albarino sur sols de granit, élevage long en cuve puis en bouteille)     Couleur dorée, nez plein de fruits exotiques très mûrs, miel, presque beurré, exubérant. La bouche reprend ces fruits très mûrs, avec du volume mais une belle acidité qui vient étirer l'ensemble et l'empêcher d'être lourd, belle longueur plutôt sur les agrumes. Joli vin, à son apogée, dans un style plus exubérant et moins en tension que Nanclares.

4 Bodegas Ponce (Castille-La Manche), DO Manchuela Pino 2021 : (17ha + 18ha en fermage bio et bioD. Vieilles vignes. 100% bobal 900m d’altitude sur calcaires. Elevage 11 mois en demi-muids de 600L)      Couleur grenat, contours violets. Le nez évoque un gamay avec de la mûre, cerise, cassis, violette. La bouche est très fruitée, florale, élégante, fraîche avec ses 12,5% d’alcool, étirée par une belle acidité qui lui donne de la longueur et une sensation minérale, quelques petits tannins en fin de bouche accentue l’allonge du vin. Très joli bobal d’altitude. 

 

5 Telmo Rodriguez (Galice), DO Valdeorras O Diviso 2018 : (flying winemaker et explorateur en Galice, Rioja… vieilles vignes 80% mencia + merenzao, souson, grenache… sur granit entre 700 et 800m, en partie exposé nord. Egrappé, Elevage en demi-muids 600L)    Couleur grenat, le nez évoque cette fois-ci la syrah avec du poivre, des fruits noirs, de la violette, des notes lardées. La bouche reprend cette aromatique avec une texture soyeuse, tannins fins, de la fraîcheur, pas très haut en alcool (13,5%), finale poivrée assez longue. Très beau vin.

6 Comando G (Madrid), DO Vinos de Madrid La Brena 1er cru 2020 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis. Travail en biodynamie, parcellaire, 1060m d'altitude, expo nord, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, 100% grenache de 60ans, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise)       Couleur ultra claire, de l’infusion extrême, superbe nez sur la rose, la fraise, la framboise, presque des fruits exotiques à la manière d’un blanc. La bouche attaque sur la finesse, le fruit, la fraîcheur, très peu de volume, elle s’étire longuement, sur des tannins serrés mais de qualité qui donnent de l’allonge, sensation minérale fortement présente pour ce vin d’esthète, qui peut être difficile à comprendre. 

7 Frontonio (Aragon), Vino La Cerqueta 2021 : (domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 630m d’altitude sur ardoise, 100% grenache de 75ans, grappe entière. Elevage divers fûts)           Comparaison intéressante avec le Comando G, couleur rubis, très claire en soi mais beaucoup plus foncé que le précédent, nez très fraise, cerise rouge, un peu bonbon, pivoine aussi. La bouche est très fine aérienne, mais toute en rondeur, sans tannins, offrant déjà beaucoup de plaisir, un peu plus immédiat et gourmand mais un peu plus court en finale par rapport au Comando G. 

8 La rioja alta (Rioja), DOCa Rioja Gran Reserva 904 2011 : (vieux domaine de 400ha + 300 en négoce, 90% tempranillo 10% graciano. Elevage 4ans en fûts de chêne américain)   Couleur sombre, nez très coconut, vanille et fruits noirs, aussi un début d’évolution tabac et sous-bois. En bouche aussi l’élevage domine, les tannins sont bien arrondis par le bois, c’est encore jeune, il y a un peu de fruit et une acidité quand même présente. La finale est longue mais sur la sucrosité de l’élevage. Il fait son effet au départ, mais peut devenir assez vite écœurant.

9 Equipo Navazos (Andalousie), DO Jerez La bota de palo cortado n°121 : (Jeune embouteilleur indépendant et sélectionneur de fûts. 100% palomino fino. Vendange 2010. Sur Sanlucar. Elevage sous voile puis oxydatif)         Couleur ambre clair aux reflets oranges, un nez qui a gardé beaucoup de fruit sur ce jeune palo cortado, très abricot sec, orange, noisette. La bouche est élégante, peu élevée en alcool (18%) pour un palo cortado, tendue et acidulée, très longue et très saline, très umami. Superbe. Mais un petit cran en-dessous du Poniente en terme d'intensité et de longueur.     

 

Merci à tous pour ces deux excellentes soirées qui nous auront permis de voir tout le potentiel de la nouvelle génération espagnole.

 

7 février 2025

Soirées Vosne-Romanée (24/01 et 07/02)

 

Avec ses 150 hectares (400 pour Gevrey) et ses 8 Grands crus, Vosne-Romanée peut être considérée comme la plus rare et la plus prestigieuse des appellations de la Côte de Nuits.

 

Si comme toujours la pente, la hauteur sur le coteau (plus argileux en bas-plus caillouteux en haut), une combe (celle de Concoeur en l’occurrence), etc… expliquent les différences entre les parcelles, ici plus qu’ailleurs il est difficile de généraliser par secteur tant deux parcelles voisines peuvent donner des vins opposés, La Tâche et la Romanée-Conti étant l’exemple le plus flagrant.

 

Pour approfondir le sujet : https://monocepage.com/vosne-romanee-mise-en-situtation/

 

 

 

Soirée Vosne-Romanée n°1

 

 

1 Sylvain Cathiard, Vosne-Romanée 2017 : (6 parcelles, égrappé) Couleur assez sombre pour un 2017 mais moins que les suivants. Un nez légèrement toasté à l’ouverture, puis sur les fruits rouges et noirs et les épices. Une bouche finalement parmi les plus fines de la soirée, en tension, peu d’élevage ressenti, les tannins sont fins, pas un gros volume mais beaucoup d’allonge et de longueur pour un village. Ça commence fort. 

 

2 Mugneret-Gibourg, Vosne-Romanée La Colombière 2019 : (égrappé, 25% fûts neufs) Couleur très sombre, nez crème de cassis, confiture de mûre, un peu d’élevage vanillé. Bouche en rondeur et en gourmandise, beau volume et texture soyeuse travaillée par l’élevage, petite sucrosité, fruits noirs et vanille. Très joli dans son style, tout en largeur, à l’opposé du précédent qui était en longueur.

 

3 T. Liger-Belair, Vosne-Romanée Aux Réas 2018 : (égrappé, 50% fûts neufs sur cette cuvée, dévers qui donne une expo quasi sud) Couleur légèrement plus claire que le précédent, mais ça reste foncé pour du pinot, légèrement trouble. Nez très élégant, sur la rose, le pot-pourri, les petits fruits rouges. En bouche, l’élevage semble complètement absorbé, pas d’excès de chaleur ou de maturité pour ce 2018, tout en élégance et en noblesse, plus floral que les autres, il semble un peu plus à point aussi. Coup de cœur unanime. 

 

4 Amélie Berthaut, Vosne-Romanée 1er Cru Petits Monts 2020 : (petite proportion de grappes entières) Couleur très sombre aussi, un nez réduit, animal, fruits noirs. Bouche encore serrée, bonne acidité dans le fond, élevage déjà absorbé, mais clairement trop jeune et pas tout en fait en place. On ne reconnaît pas la finesse habituelle d’Amélie.

 

5 Hudelot-Noëllat, Vosne-Romanée 1er Cru Les Beaumonts 2018 : (égrappé) Couleur rubis, nez de fruits rouges type cerise croquante, élevage vanillé encore marqué. Bouche toute en rondeur, texturée, aux tannins soyeux, impression de sucrosité vanillée, gourmand mais pas beaucoup d’allonge.

 

6 Jean Grivot, Vosne-Romanée 1er Cru Beaux Monts 2015 : (égrappé) Couleur grenat, un peu trouble, nez qui demande du temps, surtout derrière le Hudelot-Noëllat bien plus exubérant, plus sauvage ici, fruits noirs, épices, presque un côté olive, ronce. La bouche est fraîche, surtout pour 2015, pas un gros volume, mais noble avec de la fraîcheur et de l’allonge, un peu plus de tannins. Un joli style, mais une impression que le vin ne se livre pas encore totalement. 

 

7 De Montille, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Malconsorts 2008 : (100% grappes entières) Couleur très claire, légèrement tuilée, premier nez évolué, sur le sous-bois, l’humus, mais le fruit arrive vite, les notes florales aussi, avec l’ouverture il nous semblera presque jeune, très rose, pot-pourri, façon Romanée-Conti, ronce, petits fruits rouges. Bouche en dentelle, pas un gros volume, mais très subtile et très longue, le raffinement bourguignon à son paroxysme, sans le côté froid de certains 2008 ni de le côté serré de certains vieux De Montille, l’équilibre est parfait. Il a l’unanimité, il a surclassé tout le monde ce soir-là. 

 

8 Arlaud, Echezeaux Grand Cru 2021 : (égrappé. Dans Les Treux) Couleur rubis, brillante, nez un peu réduit à l’ouverture, mais parfait après quelques minutes dans le verre, petits fruits rouges, floral, élégant, classique, encore simple bien sûr, surtout derrière le Malconsorts. La bouche est en dentelle, très fruitée, florale, déjà accessible, il y a quand même un beau volume pour 2021, du fond. Bref, très bien né. Il ne lui manque plus qu’à se complexifier avec le temps. 

 

Et en bonus un joli champagne de Girard-Bonnet, A mi-chemin base 2021, tendu et crayeux.

 

 

 

Soirée Vosne-Romanée n°2

 

 

1 Edouard Confuron, Vosne-Romanée Hautes Maizières 2021 : couleur sombre pour 2021, un peu de réduction et de gaz au départ, bien mieux après carafage, fruits noirs, ronce, à peine animal. Bouche mûre pour 2021, beau fruité, il y a de l’acidité dans le fond, des tannins encore un peu présents. Il a mis beaucoup de temps à se détendre. Probablement encore un peu jeune. 

 

2 Arnoux-Lachaux, Vosne-Romanée Hautes Maizières 2014 : couleur tuilée, nez très tertiaire, sous-bois. La bouche fait bien plus jeune, encore serrée, austère, un peu façon nebbiolo, manque un peu de gourmandise. 

 

3 Hudelot-Noellat, Vosne-Romanée 2016 (Bossières) : couleur claire, nez de fruits rouges et pivoine, bouche très fruitée, gourmande, tannins fins, l’élevage est bien intégré, gros plaisir immédiat. 

 

4 Mugneret-Gibourg, Vosne-Romanée 2019 (chalandins, croix blanche, pré de la folie, champs goudin) : proche de la Colombière de la semaine précédente, couleur très sombre, nez crème de cassis, confiture de mûre, un peu d’élevage vanillé. Bouche en rondeur et en gourmandise, beau volume et texture soyeuse travaillée par l’élevage, petite sucrosité, fruits noirs et vanille. Très joli dans son style, tout en largeur. 

 

5 Jean Grivot, Vosne-Romanée 1er Cru Les Beaux Monts 2015 : (égrappé) Couleur grenat, un peu trouble, nez qui demande du temps, fruits noirs, épices, presque un côté olive, ronce. La bouche est fraîche, surtout pour 2015, pas un gros volume, mais noble avec de la fraîcheur et de l’allonge, des tannins fins. Surtout beaucoup de longueur et de profondeur. Impression que le vin se livre mieux que la semaine dernière, pourtant préparé de la même manière. 

 

 

6 Sylvain Cathiard, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Reignots 2017 : couleur grenat, nez encore sur un fruité primaire sans aucune trace d’évolution, beaucoup de pureté, pas beaucoup d’élevage par rapport aux Cathiard du passé. La bouche est du velours, beaucoup de fruit, de finesse, du fond, de longueur, il manque juste un peu de complexité aromatique qui viendra avec le temps. Un grand en devenir. 

 

7 Bruno Clavelier, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Brulées 2016 : couleur claire, nez pur et encore jeune, de fruits rouges acidulés, de ronce, de pivoine. La bouche est énergique, plus d’acidité que dans les autres vins, elle fait claquer la langue avec quelques tannins encore mais qui allongent beaucoup, une sensation de minéralité et de caillou plus forte que sur les autres vins, un très joli style, qui a divisé. 

 

8 Arnaud Baillot, Echezeaux Grand Cru 2021 : couleur claire, un nez grillé, torréfié, avec de la réduction et encore pas mal d’élevage. C’est un peu mieux en bouche, mais elle semble assez mûre pour 2021, encore de l’élevage grillé, beau volume et tannins soyeux, mais clairement trop jeune et dans une phase compliquée. 

 

Et quelques jolis bonus, H. Boillot Puligny Clos de la Mouchère 2013 pile à point, Vacheron Sancerre rouge La Belle dame 1999 encore en pleine forme, et un Patrimonio blanc Suspiri 2023 un peu trop aromatique mais avec une belle fraîcheur.

 

 

Au final, deux soirées lors desquelles les « villages » s’en sont très bien tirés, même sur des millésimes jeunes, donnant l’impression d’être de très bons rapport qualité/prix. Certains premiers crus étaient exceptionnels, d’autres tout proches de le devenir avec un peu plus de garde. Ce sont les Echezeaux qui ont un peu déçu. L’effet millésime a comme souvent paru prépondérant, probablement plus que le climat.

 

Un grand merci à tous les participants, et aux bonus, vivement la prochaine session : Nuits-St-Georges !

 

 

6 décembre 2019

Nouveautés Décembre 2019

 

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Bourgogne : Arlaud, Berthaut-Gerbet, Boillot JM, Bouvier, Bouzereau M., Carillon F., Chartron, Chevillon, Comtes Lafon, Croix, Dureuil-Janthial, Dujac, Dussort, Faure, Feuillet, Fourrier, Hudelot-Noëllat, Jobard A., Lambrays, Lamy H., Lignier-Michelot, Pernot-Belicard, Pico, Pillot, Ponsot, Prunier-Bonheur, Ramonet, Tribut, Vaupré...

Beaujolais : Dutraive, Burgaud, Lardy...

Champagne : Egly-Ouriet, Dhondt-Grellet, Roederer, Barrat-Masson, Billecart-Salmon, Delamotte...

Languedoc-Roussillon : Terrasse d'Elise, Pierre Vaïsse, Chabanon, Le Loup blanc, Lauzeta, Peyre Rose, Roc des Anges...

Rhône : Combier, Saint-Cosme, Darnaud, Gonon, Charvin, Saladin, Equis, Clos Mont-Olivet...

Loire : Delaporte, Dagueneau, Taille aux loups...

Bordeaux : Château Le Calicé, Château Haut-Beauséjour, Château Pichon-Longueville Comtesse, Château Coutet, Château Larcis-Ducasse...

Sud-Ouest : Combel-la-Serre, Dagueneau, Boiteau...

Savoie : Ardoisières, Fils de Charles Trosset, Barlet, Vullien...

Alsace : Weinbach...

Jura : Macle, Carlines...

Etranger : Cerreto Libri, Olivier Rivière, Willi Schaefer, Fritz Haag...

Whisky : Glendronach 12ans, Glendronach 15ans, Talisker Distiller's Edition, Ardbeg Uigeadail, Springbank 10ans, Jura 12ans, Clynelish 2008 Coffret...

Rhum : Worthy Park Single Estate, Hampden Trewlany 46% et Overproof, Mezan Jamaïca XO, Doorly's XO, Foursquare Premise, Bally 7ans...

Cognac, Armagnac : Tercinier, L'Encantada Armagnac 25ans Brut de fût, Cassaigne Armagnacs 1990, 1980, 1970 et 1960.

Spiritueux : Chartreuse, Marc et Abricot domane Roulot, Aalborg aquavit...

 

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17 janvier 2025

Soirée Barolo, le retour (17/01)

 

Le rendez-vous était pris depuis plusieurs mois, voire quelques années pour certains : réunir toutes nos plus belles bouteilles de Barolo afin de vivre une soirée mythique entre passionnés du Piémont. Ayant personnellement appris tout ce que je sais de cette appellation grâce au document pdf (je le transmets volontiers par mail aux intéressés) de Nicolas Herbin, ancien caviste en Suisse et désormais consultant pour Origine 1980, je décide de lui faire un mail, sans vraiment y croire… « Avec grand plaisir, l’occasion fait le larron » ! Très accessible et toujours prêt à transmettre, Nicolas sera donc notre douzième homme.

 

Nos caves étant principalement remplies de « traditionnalistes » (élevages en foudres et non en barriques pour simplifier), nous n’aurons que des représentants de ce style, avec pour la plupart une volonté de travailler sur la finesse et une majorité de crus sur l’Ouest de Barolo, la partie de l’ère tortonienne, donnant des vins globalement un peu plus souples que sur la partie Est (avec de belles exceptions bien sûr).

 

Les notes sont à relativiser, car quelque part tout était exceptionnel ce soir-là, c'est surtout un moyen de hiérarchiser nos préférences.

 

Les vins ont été pour la plupart ouverts le matin pour le soir, servis en Riedel superleggero syrah à 18° environ. Il fallait bien ça, les vins se sont encore mieux comportés après quelques minutes dans le verre.

 

 

1 Ca’ di Press, Barolo di Monforte 2019 : (à Monforte, parcelle Perno) Couleur claire, nez de fruits rouges confiturés et de fleurs. Bouche en finesse pour Monforte et 2019, déjà accessible même s’il y a encore un peu de tannins sur la finale, un joli style, traditionnel propre et maîtrisé, élégant. Belle introduction. TB.

 

2 Giacosa, Barolo Falletto 2012 : (à Serralunga) Couleur assez sombre, nez fruits noirs, menthol, eucalyptus, goudron, tabac, épices. Bouche comme souvent chez Giacosa qui manque un brin de folie à mon goût, maîtrisée, complexe, avec des tannins fins, mais qui manque un peu d’intensité. C’est très bon, mais en-dessous des suivants. TB.

 

 

 

3 Accomasso, Barolo 2012 : (à La Morra, parcelle Rocche dell’Annunziata) Couleur claire, un peu tuilée, nez fruité, floral, légèrement terreux et sous-bois. Bouche toute en finesse et en rondeur pour Accomasso, où on sent le « petit » millésime mais pile à point, avec beaucoup de gourmandise, des tannins fins, gros plaisir immédiat. Pour chipoter il manque un poil de longueur par rapport aux tout meilleurs du soir. TB++.

 

4 Borgogno, Barolo Cannubi 2013 : (à Barolo)   Couleur claire, nez étonnant, pastèque, litchi, fraise haribo, amylique, ça sent les fermentations à froid, peut-être même le levurage, ce qui serait très étonnant pour le domaine. On émet pas mal d’hypothèses, mais on ne sait pas trop. La bouche est ronde, facile, fruité bonbon, monolithique et de longueur moyenne. B-.

 

5 Vajra, Barolo Bricco delle Viole 2013 : (à Barolo) Couleur assez sombre, magnifique nez, très classique, floral, goudron, myrtille, épices, réglisse, une bouche un poil en-dessous du nez, où on sent la parcelle en altitude, le terroir tardif sur un millésime frais, il y a du menthol, des notes presque végétales, mais nobles, la finale serre juste un peu trop, avec des tannins moins gras que les suivants. Mais un sentiment de noblesse, de « beauté froide ». TB+.

 

6 Burlotto, Barolo Monvigliero 2014 : (à Verduno, un des très rares Barolo en grappe entière même sur ce millésime très pluvieux. Foudres français ici et non de Slavonie) Couleur très claire, nez très « Monvigliero » de fraise écrasée et de rose. La bouche est en dentelle, quasiment pas de tannins, fraise écrasée, rose, éclatant, avec un sentiment de perfection, tout est à la bonne place, beaucoup de gourmandise, tout en gardant du fond et juste ce qu’il faut de l’acidité du nebbiolo pour un rendu très aérien. Exceptionnel.

heureusement, nous avions le "Masnaghetti" sous la main

 

 

7 G. Mascarello, Barolo Monprivato 2009 : (à Castiglione) Couleur très claire, un peu tuilée, nez plus évolué que le précédent mais très beau aussi, fruits rouges confiturés mais un peu plus cuits, pot-pourri, léger sous-bois. Bouche fantastique, plus jeune que le nez, tannins fins et fruité gourmand bien présent, un peu moins sucré que le Monvigliero, plus d’acidité, plus « Barolo », beaucoup de fond, une belle allonge, touche quinine, la grande classe du Monprivato, équilibre parfait entre finesse et structure. Il ne tome jamais dans la lourdeur même sur ce millésime solaire. TB++.

 

8 G. Rosso, Barolo Vigna Rionda Ester Canale 2018 : (à Serralunga. Vieilles vignes héritées de la légende Tommaso Canale) Couleur très claire, le nez le plus bourguignon, petits fruits rouges, pivoine, framboise, cerise, ça pinote. Bouche ultra élégante, fruité éclatant, tannins très fins, pas forcément un gros volume mais sans que ce soit gênant, toujours ce fruit éclatant d’un grand bourgogne mais avec une tension et une sensation minérale derrière qui allonge loin. Bien sûr il va gagner en complexité avec le temps, mais quel délice en l’état, et quel style ! TB++.

 

9 G. Rinaldi, Barolo Tre Tine 2016 : (à Barolo, parcelles Le Coste, Cannubi San Lorenzo et Ravera) Couleur moyenne, à l’ouverture le nez est joli, avec de la rose, de la griotte, petite volatile au départ, balsamique, la bouche semble plutôt bien équilibrée et assez fine, mais la volatile ne cesse de prendre de la place, jusqu’à prendre même toute la place, le fond de verre ne semble pas très propre même. C’est la déception du soir pour moi. B.

 

10 Bartolo Mascarello, Barolo 2015 : (à Barolo, Canubbi, Rue, Rocche dell'Annunziata, Monrobiolo di Bussia, Nelso) Couleur moyenne, nez magnifique, fleurs séchées, goudron, réglisse, tabac, balsamique, herbes aromatiques, toute petite volatile mais qui est bien intégrée à l’ensemble et ne s’amplifiera pas. La bouche est encore jeune, puissante, tannique, me rappelle l’Accomasso 2015 bu récemment, il y a du fond, un grand vin en devenir sans nul doute, mais moins de plaisir immédiat ce soir-là. TB+.

 

11 Cavallotto, Barolo Riserva Vignolo 2008 : (à Castiglione) Couleur sombre, nez évolué, sur le thé noir, la viande fumée, très différent des autres. La bouche est encore puissante, massive, à l’ancienne. Un vin qui a bien joué son rôle de faire-valoir pour le suivant, mais pas plus. B+.

 

12 G. Conterno, Barolo Riserva Monfortino 2008 : (à Serralunga, parcelle Francia) Une couleur parmi les plus sombres de la soirée, le nez est exceptionnel dès le départ, combinant un fruité intense, noir et rouge à des notes très nobles d’herbes, de balsamique, de pot-pourri, réglisse, fumé. La bouche, comme le nez, est la synthèse de tout ce que nous avons eu de mieux jusqu’ici, combinant finesse et structure, avec une attaque plutôt large et soyeuse, et une finale qui allonge très loin, avec de l’acidité, des tannins de qualité, le vin semble sur un plateau, excellent aujourd’hui, parti pour durer des années. D’entrée, Nicolas qui a surtout eu l’occasion de boire des vieux Monfortino reconnait le style de la cuvée, « ça goûte Monfortino, même jeune ». Un grand terroir, sublimé. Il fallait réussir à passer derrière tous ces grands vins : la légende a été à la hauteur de sa réputation. Exceptionnel.

 

 

 

 

Un grand merci à tous les participants de cette soirée exceptionnelle, et notamment à Nicolas pour toutes ses explications et anecdotes, mais aussi pour avoir transmis sa passion pour cette si belle région. En espérant bien évidemment que ce ne soit pas la dernière…

 

9 mars 2024

Soirées Prestige du 09/02 et 08/03

 

 

Soirée n°1

 

1 Vincent Latour - Meursault 1er cru Perrières 2018 : on débute par un Meursault classique, bien fait, au nez beurré, légèrement vanillé. La bouche est grasse, épaisse, beurrée, florale, elle se retend sur la fin, finassant plus minérale et sans lourdeur.

 

2 Bernard Millot - Puligny-Montrachet Les Corvées 2020 : on continue sur un second chardonnay, encore jeune, bien moins de gras, peu d’élevage, la bouche est sur la tension, beaucoup pensent plus à la Loire qu’à la Bourgogne d’ailleurs, encore un peu soufré, avec une finale très minérale qui allonge bien. Joli aussi, dans un style très différent. Merc Kevin ! 

 

3 Ganevat - Côtes du Jura chardonnay Les Grandes Teppes VV 2018 : couleur dorée et trouble, nez typique du domaine, fruits un peu bletts au départ, citron confit, volatile élevée. C’est surtout en bouche qu’il est intéressant, très énergique, explosif, toujours ce côté citron confit, volatile (acide acétique) qui donne encore plus de peps, fond minéral, beaucoup de longueur, finale umami, très salivante. Un Ovni, qui du coup a divisé les opinions.

 

4 Château Rayas - Châteauneuf-du-Pape blanc 2007 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or avec une intensité qui vire presque au fluo, le nez s’ouvre sur des notes étonnantes de carambar, avec une impression de sucrosité gourmande, puis de la pêche, abricot, miel, fleurs blanches, complexe. La bouche est puissante, probablement élevée en alcool, gros volume, complexe, sur les arômes du nez, pas beaucoup d’acidité, avec du gras, à peine beurrée, finale très longue dans un style plus rond et réchauffant que la série de chardonnay, il appelle la table.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille - Volnay 1er cru Les Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Château Giscours - Margaux 1988 : (65% CS, 30% merlot, 5% CF) Couleur sombre et tuilée, nez fumé, chocolaté, sous-bois, champignon, fruits rouges compotés, cigare, très noble. La bouche est encore relativement jeune pour l’âge du vin, les tannins sont très fins désormais, manque peut-être d’un peu de soyeux de texture, mais très noble, frais, encore du fruit, très long. Il a fait l’unanimité, comme souvent avec les Bordeaux à point. 

 

8 Grange des Pères - IGP Hérault 2016 : (40% syrah, mourvèdre, CS, counoise) Couleur sombre, nez très « Grange » anchois, olive, garrigue, fruits noirs. Bouche qui combien intensité, puissance et fraîcheur, les tannins sont fins, dans une phase très ouverte. Délicieux.

 

9 Henri Bonneau - Les Rouliers Vin de France : (lot 0921) Couleur plus claire, nez plus confituré, fruits rouges presque sucrés, épices. La bouche est très ronde, suave, à l’alcool probablement élevé mais contrebalancé par une forme de sucrosité, des tannins très fins, il passe sans difficulté derrière la Grange, le style est un peu plus lisse et plus propre que les Bonneau du passé, mais toujours délicieux. Merci Pilou !

 

10 Joliette - Vin de France 2013 : (11 gr SR/L) Couleur ambrée, nez de caramel, cannelle, noisette, petite touche oxydative, fruits secs, pas vraiment d’ananas ou ce genre de fruits frais pour Jurançon. La bouche est sur la tension, puissante, intense, avec une très belle acidité, mais c’est un Ovni, pas beaucoup de fruits, plutôt dans le style d’un oxydatif, tendu, quasi sec, avec beaucoup de longueur. Il s’ouvre dans le verre, sur du miel, de l’encaustique, très complexe. Lui aussi, un style très particulier qui a divisé.

 

11 Frédéric Savart - Champagne Blanc de Blancs : (dég déc 2023. Chardonnay sur Ecueil et Trepail. 2 gr) On termine sur une note de légèreté, un blanc de blancs à la bulle très fine, très facile, élégant, dont la sucrosité fait un peu plus que 2gr, c’est gourmand en même temps. Parfait pour finir en beauté.

 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Laculle Frères, Champagne Bourdon 2018 : (100% chardonnay, parcelle à Chervey, Côte des Bar. Malo faite. Elevage en cuves bois. Non dosé) couleur claire, nez élégant de fruits blancs, floral, pas très marqué par les lies. Bouche avec des bulles fines, sur la tension avec une jolie amertume qui donne du caractère.

 

2 Roulot, Bourgogne aligoté 2020 : couleur claire, nez de pomme verte, citron, petite touche d'élevage grillé sur lies. Bouche peu épaisse, citronnée, tendue, rafraîchissante, longueur moyenne. Merci Céline ! 

 

3 Albert Grivault, Meursault Clos des Perrières 2020 : couleur or avec des reflets verts, nez beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes, pointe de sucrosité gourmande. Bouche avec un joli gras à l'attaque, beurrée, encore un peu d'élevage mais la fin de bouche se retend sur une très belle acidité, sensation minérale, la finale est très longue et pas du tout pataude. Excellent vin, déjà étonnamment très accessible.

 

4 Rayas, Châteauneuf du Pape blanc 2012 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or, nez évolué de cire, de miel, d'abricot, de pêche. La bouche est élégante, fruitée, miellée, du volume, peu d'élevage, avec une acidité plutôt basse, l'alcool se sent un peu en finale.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille Volnay 1er cru Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Rostaing, Côte-Rôtie La Landonne 2012 : couleur un peu tuilée évoluée déjà, nez lardé, cuir, animal. Bouche sur la tension, pas de travail sur la texture, les tannins sont plutôt fins pour un Rostaing, beaucoup de longueur et de fraîcheur, très marqué par la grappe entière. Pile à point dans ce "petit" millésime. Délicieux. Merci Olivier ! 

 

8 Clos Venturi, Chemin de croix 2020 : (sciaccarellu Corse) Couleur grenat clair, nez éclatant dès l'ouverture, fruits des bois, framboise, cranberry, notes de pivoine, réglisse, en se réchauffant un peu garrigue et menthol. Bouche pleine de fruits et de fleurs, éclatante aussi, très fraîche, tannins fins, il se comporte mieux à l'ouverture servi un peu fais, en se réchauffant il tire sur un grenache un peu rond avec l'alcool qui ressort. La finale est très longue, toujours de la fraîcheur et de l'élégance, un peu plus épicée. Merci Arnaud ! 

 

9 Pichon Longueville Comtesse, Pauillac 1986 : (62% CS  35% Merlot  3%CF) Couleur sombre et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, cuir, le fruit à du mal à sortit. C'est mieux en bouche, encore fraîche, avec une certaine austérité, noble, mais à aller chercher, manque une touche de gourmandise. 

 

10 Grange des Pères, IGP Hérault 2017 : par rapport au 2016 bien plus chaleureux, chocolaté, encore un peu jeune probablement.

 

11 Albert Mann, riesling grand cru Schlossberg L’Epicentre SGN 2018 : nez plein de fruits exotiques, miel, bouche à l'équilibre parfait, personne ne devine qu'il y a autant de sucre grâce à une superbe acidité dans le fond, c'est long et très digeste.

 

25 janvier 2020

Soirées Verticale Grange des Pères (23 et 24/01)

Les vins ont été servis dans l’ordre décroissant, en partant de 2014 pour finir en beauté avec 2007. Les bouteilles ont été ouvertes en début d’après-midi pour le soir, avec carafage en fin d'après-midi pour essayer de détendre 2013 et 2010.

 

 

Les rouges

(syrah, mourvèdre + cabernet sauvignon, counoise. Elevage de 2ans en barriques, dont 1/3 de fûts neufs)

 

2014 et 2012 : deux millésimes plutôt frais et légers, aux rendements pourtant faibles (drosophiles sur les mourvèdres en 2014, grêle en 2012) qui ont donné des vins facilement abordables en jeunesse, très expressifs à l’heure actuelle. Ce sont les deux bouteilles sur lesquelles l’aromatique « Grange des Pères » (tapenade, anchois, thym, laurier…) est la plus marquée. Tout le monde s’est régalé, bien que les vins ne soient probablement pas encore à leur apogée.

 

2013 et 2010 : deux millésimes assez proches, considérés comme de grands millésimes par la critique, qui possèdent à la fois concentration et fraîcheur. Cependant, les vins sont apparus trop jeunes, fermés, austères, par comparaison avec les précédents bien évidemment : il va falloir être patient. Le 2010 du vendredi (ouvert plus longtemps à l'avance car il a fallu remplacer une bouteille bouchonnée le jeudi...) semblait beaucoup plus évolué avec un nez presque truffé. Deviendront-ils grands un jour ? Réponse dans quelques années…

 

2008 : un vin un peu à part, léger, frais, déjà bien évolué sur ce « petit » millésime, non dénué d’un certain charme, mais qui manque d’intensité, surtout coincé entre 2009 et 2007.

 

2011, 2009 et 2007 : le tiercé gagnant, 2011 en tête, suivi de près par 2007, puis 2009. Des vins solaires, voire confituré pour 2009 surtout la bouteille du vendredi, mais sans jamais manquer de fraîcheur, avec de belles acidités dans le fond, qui viennent tous les trois d’entrer sur leur plateau de maturité, et devraient y rester encore pas mal d’années. 2011 a peut-être bénéficié d’être le seul vin servi en magnum...

 

De l’avis de tous, l’effet millésime a été frappant, tant les vins différaient les uns des autres, tout en gardant un niveau d’ensemble particulièrement élevé. Forcément, lorsque le travail se fait à la vigne plus qu'à la cave, il ne peut en être autrement.

 

 

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Le bonus : le blanc

(Roussanne + marsanne. Elevage en demi-muids, dont 1/3 de fûts neufs)

 

Pour terminer en beauté, un blanc du domaine était proposé à la dégustation. Le 2011 du jeudi est apparu marqué par une « réduction bourguignonne » d’élevage sur lies, à la Lalou-Bize Leroy, moins opulent, plus énergique que le suivant, mais un peu court. 2010 est beaucoup plus ample, plus puissant, plein de miel et de fruits jaunes, plus long aussi, avec peut-être un peu d'alcool en se réchauffant. L'opposition était un peu la même que sur un Meursault "old school" pour 2010 vs "Nouvelle génération" pour 2011. Les deux vins ont intéressé, voire déstabilisé par leur originalité, mais ont moins convaincu que les rouges.

 

 

Merci à tous les participants de ces deux soirées mémorables, et toutes nos excuses à ceux qui n'ont malheureusement pas pu s'inscrire. Prochaine date : Méditerranée le 7 février !

 

11 mars 2024

Visite au domaine Bastien Migeon à Châtel-Guyon

 

Visite au domaine Bastien Migeon

 

 

Tout nouveau domaine créé en 2022 par Bastien Migeon. Après un BTS viti-oeno en Bourgogne et son apprentissage chez Pierre Goigoux, Bastien a répondu a un appel d'offre lancé par la mairie pour reprendre les vignes du village vigneron historique d'Enval, non classé en AOC Côtes d'Auvergne car les vignes historiques n'étaient pas déclarées.

 

En parallèle de son activité d'employé viticole chez Philippe Heyraud, Bastien s'est lancé d'abord sur un fermage de près d'1 ha sur Châteaugay (cuvée Tiétà - premier millésime en 2022). 

 

Il a ensuite récupéré en fermage plusieurs petites parcelles (environ 1,5ha en tout) sur Enval, Châteaugay, Riom et Saint-Bonnet-près-Riom (premier millésime en 2023).

 

 

 

Une des parcelles d'Enval, merlot à droite (les bâtons en bois), gamay au centre et pinot noir à gauche. A 50cm de profondeur on tombe dans du calcaire lacustre, quelques basaltes sur le dessus. Exposition Est. Les sols viennent d'être labourés. Les vignes étaient en mauvais état mais après 2 saisons de taille, un peu d'engrais organiques et quelques "grattages" des sols, il y a une nette amélioration. Les merlots sont taillés en cordon de royat, les gamays et les pinots en guyot-poussard. Le but est de convertir le domaine en bio dès que possible.

 

 

 

Les plantations

 

En 2024 un demi-hectare de syrah sera planté sur Enval (en IGP), terroir un peu plus frais que Châteaugay, à 450m d'altitude, clones de Côte-Rôtie 471 et le nouveau clone 188. Environ 4700 pieds/ha en 2m * 0,90m dans le sens de la pente donc Nord-sud. Sols très sableux avant de tomber dans des marnes. Exposition sud. Face à nous (photo du haut), le versant Nord de Châteaugay et la ville de Riom à gauche. La photo du bas a été prise quelques semaines plus tard.

 

 

 

Une nouvelle parcelle d'un demi-hectare prête à accueillir du viognier et du côt l'an prochain. Base de granit avec au-dessus du basalte et de l'argile. Exposition sud. Nous sommes juste au-dessus de la parcelle de la précédente photo et pourtant les sols sont différents. Les côt seront des massales de Touraine.

 

 

Une autre parcelle en friche devrait accueillir des massales de pinot noir de Sancerre l'an prochain et plusieurs projets de plantation sont en cours pour essayer à terme d'atteindre environ 5ha dans l'idéal.

 

 

 

 

La dégustation des 2023

 

Tous les 2023 sont 100% cuves. Année de sécheresse. Petits rendements ici aussi. Le chardonnay est déjà en bouteille, pour les rouges il faudra attendre juin-juillet environ.

 

 

 

chardonnay Prima : (sur Enval et Riom, cuve de 200L, pas de malo. Sols calcaires expo sud à Riom) Un chardonnay au nez fruité, mûr, très pêche, abricot, des accents de viognier (mais moins qu'il y a quelques semaines me dit Bastien). Bouche épaisse, concentrée, pas trop haute en alcool, grasse, acidité moyenne. Une jolie longueur. L'équilibre reste bon, mais dans un registre plus rhodanien que bourguignon.

 

pinot noir Mont-Oriol : (Enval, St Bonnet terroirs proches d'Enval, et environ la moitié à Riom sur argilo-calcaires plein sud. 50% grappe entière) un pinot concentré, coloré, au nez un peu confit, caramel, une bouche puissante, solaire, (environ 14,5%) qui a encore besoin de s'affiner. Regoûté en bouteille quelques mois plus tard, il s'est effectivement affiné, il a gardé une belle fraîcheur et son côté caramel a totalement disparu.

 

gamay Tiétà : (à Châteaugay, 100% gamay cette année. Egrappé car rapport peau-jus compliqué. 19 hL/ha cette année) Là aussi c'est très coloré, concentré, un bon 14,5%, mais les vieux gamays d'Auvergne ont réussi à donner une belle acidité, l'équilibre est bon, les tannins sont déjà bien arrondis, il y a du corps, de la longueur, un fruit noir très mûr, le profil est plutôt languedocien. Rien à voir avec le 2022 mais c'est très bon. Regoûté en bouteille, c'est le vin le plus puissant et le plus concentré de la gamme, très bon mais à mettre en cave quelques années.

 

gamay-merlot Rouge-gorge : (à Enval, 40% gamay, 60% merlot et un rang de cabernet sauvignon. Merlot égrappé, 40% grappe entière sur le gamay, d'abord vinifiés séparément) On retrouve la concentration, la couleur, mais le merlot d'Enval apporte une certaine fraîcheur, une forme de végétal noble, une acidité plus haute, peut-être un peu plus de tannins aussi mais ils donnent de l'allonge. Regoûté en bouteille, c'est le vin le plus léger (12,5%) et le plus frais, un peu plus simple que les deux précédents mais aussi plus immédiat et plus facile à boire.

 

 

Les 2024

Peu de gel ici, contrairement à la majorité des Côtes d'Auvergne. Le millésime est marqué par le climat froid de l'année, avec en moyenne 2% d'alcool en moins qu'en 2023. Les mêmes cuvées ont été produites : blanc, rosé, Rouges-gorges, Mont Oriol, Tiétà. Des vins aériens, sur le fruit, très floraux, légers, très digestes, à boire avant les 2023 dans la mesure du possible. Bastien vient de récupérer Le Clos d'Yvan Bernard à Blanzat. Il devrait bientôt posséder suffisamment d'hectares pour arrêter son activité d'employé viticole et se consacrer à 100% à son domaine.

 

 

 

Le 2022

 

Cuvée Tiéta (= têtu) 2022 : 75% gamay d'Auvergne centenaire sur la roche, coulée volcanique, et 25% pinot noir. Exposition sud sud-ouest, pas une grosse pente. 30% de grappe entière. Elevage 25% fûts non neufs et 75% cuves fibres. Entre 35 et 40mg SO2 total. 

Couleur rubis avec des contours violets, le nez sent plus le gamay que le pinot, cerise, violette, toute petite note amylique, pas d'élevage ressenti. La bouche est très fruitée, belle fraîcheur, pas du tout confite pour 2022, un beau volume, l'acidité dans le fond tient bien le vin, surtout une très belle finale avec des tannins fins et racés et une impression d'allonge minérale assez longue. Très beau niveau, surtout pour un premier millésime.

migeon bastien tiéta

 

 

 

Nul doute que cette dégustation en appellera beaucoup d'autres. Bien sûr, Bastien doit faire face à tous les problèmes des jeunes vignerons : vignes à remettre en état, manque de matériel et de moyen, manque de temps car il faut travailler à côté... Mais on sent un vigneron passionné, discret, travailleur mais surtout très professionnel, ayant réfléchi à tous les aspects de sa viticulture, capable de répondre à toutes nos questions avec science et humilité. Nous avons hâte de voir ce qu'il nous réserve à l'avenir.

 

29 janvier 2026

Soirées Saint-Aubin, Beaune et Savigny (16, 23 et 30/01)

 

Saint-Aubin

 

 

 

 

Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.

 

 

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.


De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.


Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.


Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.


Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.


Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.


PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.


Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.

 

 


Savigny-lès-Beaune

 

 

Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuse. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.

 

 

Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.


JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.


P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.


Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.


Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !


Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !

 

 


Beaune

 

 

L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.

 

 

Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.


De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.


Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.


Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.

 

 

6 mars 2026

Soirées Argentine (27/02 et 06/03)

 

Soirée Argentine

 

 

 

Comme pour les soirées consacrées aux vins du Chili, les informations proviennent principalement du South American Wine Guide d'Amanda Barnes.

 

 

Chiffres clés 


- 200 000 hectares plantés. 5e producteur du monde, le 1er d’Amérique du Sud. 
- Historiquement un pays avec une très grosse consommation locale et peu d’export. Mais changement depuis les années 2000. Aujourd’hui 10e pays exportateur, vers USA, UK, Brésil, Canada, Mexique.
- Peu de bio, contrairement au Chili.
- Environ 80% vins rouges.
- 52% de vignes en pergola (souvent pour plus de rendements)
- Irrigation par submersion souvent, ou systèmes de goutte à goutte pour les domaines plus récents.

 

 

 

 

Les régions du Nord au Sud 


Calchaqui Valleys et Catamarca Valleys : Peu de vignes par rapport au reste du pays. Très solaire, pour compenser la vigne peut monter jusqu’à 3000m d’altitude à La Salta. Beaucoup de torrontes notamment.


La Rioja Valleys : 3e plus grande province du pays, elle aussi en perte de vitesse. Beaucoup de torrontes notamment. Région solaire, beaucoup de vignes en pergola, moyennement voire peu qualitatives. Comme pour San Juan et Mendoza, plus intéressant en terme de climat et de géologie lorsqu’on monte dans les Andes à l’Ouest.


San Juan : 2e plus grande province du pays. Particulièrement touché par le vent de Foehn « Zonda ». Région avec beaucoup de raisins de table. Climat globalement plus chaud qu’à Mendoza. Beaucoup de syrah et de malbec aussi. A noter l’IG Pedernal au sud de San Juan bénéficie d’un climat plus frais, et de sols calcaires très intéressants.


Mendoza :  près de 70% du vin du pays. Région immense et très hétérogène. On peut passez d'un indice Winkler I à l'Ouest à un indice Winkler III à l'est, c'est-à-dire passer du climat de la Champagne à celui du Languedoc en 40kms ! Même si l’ensoleillement augmente en journée, l’amplitude thermique est plus forte, les vins gardent donc plus d’acidité. Les vignes bénéficient de l’eau des glaciers, les sols sont plus caillouteux, les vins plus frais, plus en tension, avec moins de rondeur. Des rendements plus bas donnant des vins plus concentrés.
     - L’Est est en perte de vitesse, même si on assiste à un retour des vieux cépages, comme les criollas. 
     - Maipú est une grande région historique, proche de Mendoza, produisant beaucoup de malbec, souvent ronds et solaires, bon marché.
    - Luján de Cuyo est la région du malbec (même s’il y a aussi de beaux cabernets), avec de vieilles vignes malheureusement en danger à cause de l’extension de la banlieue de Mendoza. Vins plutôt solaires et en rondeur sur l’IG Agrelo et sur l’IG Perdriel, plus de fraîcheur sur l’IG Las Compuertas au Nord-Ouest plus haute en altitude (1000m). 
    - Uco Valley (29000 ha) est la meilleure région du pays, plus à l’Ouest, la plus haute en altitude, la plus fraîche de Mendoza. Elle s’est vraiment développée dans les années 2000, même si on peut y trouver des vignes centenaires par endroits. Tupungato (10 000 ha) et ses 12 sous-régions dont Gualtallary (2300ha de vignes) qui possède les meilleurs terroirs avec de grands malbecs plus en tension, façon « Barolo », de grands blancs sur calcaires et même des effervescents. El Perral ou La Carrera donnent aussi des grands vins. Comme souvent les appellations sont hétérogènes, allant d’altitude autour de 900m à l’Est à 1500 à l’Ouest.     Tunuyan (9 800 ha) monte peut-être à peine moins haut, Los Chacayes (1000ha) est la meilleure des 9 sous-régions, là aussi variée, plus fraîche en allant vers l’Ouest, mais globalement plus intéressante pour ses vins rouges. San Pablo qui touche Gualtallary donne les meilleurs vins blancs.    San Carlos moins connu car plus éloigné de Mendoza, plus froid, plus gélif, est tout de même digne d’intérêt notamment pour son IG Paraje Altamira.


Patagonie : Climat plus frais, mais reste très sec (200mm/an) donc irrigué. Principalement sur la rive du Rio Negro, plus fraîche où l’on trouve des chardonnays, pinots noirs etc… La partie Ouest, Neuquen, est un peu plus solaire, on peut y trouver des malbecs par exemple.


Chubut : partie sud de la Patagonie. Plantation récentes. Vignobles les plus au sud du Monde avec Otronia (45,3e parallèle). Froid et humide, pas besoin d’irriguer.

 

 

 

Système d’appellation

- des DOC (seulement 2), - des GI (106 pour le moment, qui sont de plus en plus classées par terroir même si elles restent hétérogènes.  - des IPO (indication of Provenance)

 

 

 

Histoire 


- 16e siècle : premières vignes emmenées par les Espagnols  
- 19e siècle : Immigration massive de Français et d’italiens. Beaucoup de vignes (pas forcément dans les plus hautes altitudes).
- 1950-1970 : apogée du vin en Argentine, avec 350 000 ha et une conso de 92 L/ha !   (200 000 ha et 18L/ha aujourd’hui)
- 1980’ : Crise, période de la Guerre sale (l’armée et Jorge Rafael Videla contre Isabel Peron et le peuple)
- 1990’ : début des exportations, en prenant exemple sur le Chili, période néolibérale de Carlos Nemen. Les œnologues comme Paul Hobbs, François Lurton ou Michel Rolland (puis Robert Parker ensuite) arrivent dans les années 1990.
- 2001 : crise économique. Le peso argentin est très faible, ce qui rend les vins très compétitifs à l’export.
- 2000’ : le malbec devient à la mode, les vins s’orientent vers la qualité désormais.
- 2020’ : de plus en plus de vins de terroir, moins standardisés.

 

 

 

Les Cépages 


Malbec (45 K hectares), Cereza (26 K), Bonarda = douce noire (18 K), Cabernet sauvignon (14 K), Criolla grande (13K), Syrah, Torrontes, Pedro Gimenez, Chardonnay, Tempranillo, Merlot, Moscatel, Pinot noir, Sauvignon, Chenin, Sangiovese, Cabernet franc, Criolla chica = pais ou listan prieto, Sémillon...

Le malbec : emmené par les français au 19e siècle avant le phylloxéra, c’est donc un malbec qui n’est plus tout à fait celui de la France actuelle. Dans les années 2000 beaucoup de plantation de malbecs très productifs, souvent greffés. Mais depuis quelques années beaucoup de sélections massales à partir de vieilles vignes. Il y a donc plusieurs malbecs. C’est un cépage idéal pour mettre en avant les différents terroirs, d’un style très rond et confituré à un style plus tendu et minéral à Gualtallary. Si dans les années 2000 les vinifications avaient tendance à masquer les terroirs avec beaucoup de bois neuf et des macérations poussées, c’est de moins en moins le cas, avec des vinifications moins interventionnistes et des contenants plus neutres (en béton par exemple)
 

 


Problèmes rencontrés 


- Peu de phylloxéra (probablement à cause du sable et de l’irrigation), les vignes peuvent être greffées ou franches de pied. 
- Peu de mildiou (beaucoup de vent, le « Zonda »)
- Beaucoup d'esca et de nématodes. 
- Beaucoup de gel
- Le problème majeur reste la sécheresse. Peu d'eau de ce côté de la Cordillère (effet de Foehn). Très majoritairement irrigué.

 

 

 

 

Les Blancs

 

Altar Uco, Edad Moderna (sauvignon/chardonnay) 2023 El Peral et Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Juan Pablo Michelini à Tupungato. Projet en parallèle de son activité dans le domaine familial, Vina Zorzal, plus classique. Ici raisins de El Peral, San José et Gualtallary. 75% sauvignon et 25% chardonnay. 1200m en moyenne. Elevage 9 mois en béton. Sols en partie calcaires)  Couleur claire, nez fruité, plutôt marqué sauvignon, sur les agrumes. Bouche fraîche, vive, fruitée, pas beaucoup de corps, mais c’est élégant, sans exubérance, avec une finale salivante. Parfait pour commencer.

 

Escala Humana, Semillon Credo 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Ayelen et German Masera en 2015. German travaille en parallèle comme œnologue chez Matias Michelini. vignes de 1902 à El Peral, Uco Valley.  1200m d’altitude. Elevage en vieux fûts. 12,5%)  Couleur dorée, nez bien typé sémillon, miellé, floral, acacia. Bouche en rondeur, léger beurré, miellée, fruits jaunes, manque un peu de tension mais le taux d’alcool peu élevé lui permet de rester digeste.

 

Canopus, Blanco Viejas Vinas semillon 2022 La Consulta, Valle de Uco-Mendoza : (domaine de 10ha en biodynamie, créé en 2009 par l’ancien journaliste de guerre Gabriel Dvoskin, à El Cepillo, au sud de la vallée d’Uco, lieu particulièrement frais. Vinifications avec peu voire pas de sulfites. Ici 100% sémillon de La Consulta sur ce millésime. Une partie en macération. 12,4%) Couleur légèrement orange, trouble, nez discret sur le melon, les agrumes confits. Bouche très légère, maigre, assez plate, la macération est légère, peu de longueur, un côté dilué. Par contre c’est frais et facile à boire. Peut-être une bouteille sans.

 


Catena Zapata, Adrianna Vineyard White Bones chardonnay 2022 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (domaine historique de Nicola Catena Zapata puis sa fille Laura Catena qui possède aussi les domaines Nico et Luca désormais. Un des pionniers de Mendoza. 200 hectares aujourd’hui. Vinifié par Alejandro Vigil (El Enemigo, Casa Vigil…). White bones  « recouvert de dépôts calcaires ainsi que d'ossements d'animaux fossilisés - vestiges d'une rivière qui traversait la région.» 2,2 ha à 1450m . 13 %   AT: 8.2 gr/L  pH: 3.2. 12-16 mois en 100% en fûts français de 2e, 3e et 4e remplissage)   Couleur or pâle, nez ultra expressif, très herbacé, sauge, lavande, thym, menthol, genépi, orangette, tellement violent au premier nez qu’il nous repousse presque, puis on y retourne avec curiosité. La bouche est sur les mêmes arômes, plutôt fraîche et tendue, pas de gras, peu d’élevage, assez longue. Un OVNI, tout le monde a du mal à savoir s’il aime ou non tant le vin est déstabilisant. Il doit pouvoir permettre de beaux accords à table. 

 


Otronia, 45° Rugientes Corte Blancas (pinot gris, chardo, gewurz) 2019 Chubut : (Otronia est le producteur phare de la région de Chubut. Le vignoble occupe une cinquantaine d’ha dans l’extrême sud de la province, à Sarmiento, sur les rives du lac Musters appelé « Otrón » par les anciens colons, à 300 m d’altitude. Vignoble le plus au sud du monde ! Beaucoup de gel. Sols souvent calcaires. Le projet est né en 2008, mais premiers millésimes autour de 2017, le temps de tout planter. Ici assemblage de plusieurs parcelles. Entrée de gamme par rapport aux « blocks »)    Couleur dorée, nez très fruité, très exotique, pourrait faire penser à un liquoreux, ananas, mangue, miel, pas vraiment marqué par le litchi/rose du gewurz. La bouche garde ce fruité, vive et légère en alcool, facile à boire, de longueur moyenne.

 

 

Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3)  Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer.

 

 

Riccitelli, Old Vines Semillon 2023 Rio Negro, Patagonie : (reprend la suite de son père Jorge Ricitelli en 2009. Situé à Las Compuertas. Une cinquantaine d’hectares sur plusieurs sites à Mendoza + 17 ha en Patagonie depuis 2015, en bio.  Ici 100% sémillon, vignes des années 60, franc de pied, Allen et Ingeniero Huergo sur le Rio Negro. Sols limoneux. Macération de 2 jours environ suivant les millésimes. Vieux fûts et cuves béton)  Couleur dorée, nez de cire, miel, acacia, fruits jaunes, mais aussi un peu fruits secs, bouche très droite, encore plus que le Certezas, riche en extraits secs, très longue et salivante, la légère macération donne du volume, de la texture aussi, tout en restant bien intégrée. Superbe blanc, plutôt gastronomique.

 


Michelini i Mufatto, Certezas semillon 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Domaine créé en 2008 par Andrea Mufatto, Gerardo Michelini, et leur fils Manuel Michelini. Ils possèdent aussi un domaine dans le Bierzo et un en Uruguay. Ici vignes à El Peral, Mendoza, vignes de 120ans, sols sables argiles et graves. 1300m altitude. 50% pressé en grappes entières, Elevage en 500 et 1000L. Une petite partie sous voile. 12,5%)  Couleur dorée, nez complexe de miel, acacia, tilleul, abricot, pêche, brioche. La bouche est à la fois dense, large, mais aussi fraîche avec peu d’alcool et une bonne acidité, la touche de voile est discrète mais apporte une forme de salinité à la finale. Très beau vin.

 

 

Les Rouges

 

Otronia, 45° Rugientes pinot noir 2019 Chubut : (50% égrappé. Elevage 1an et demi en foudres de chêne français et cuves béton) Couleur très claire, à peine rouillée. Nez de petits fruits rouges, groseilles, airelles, pivoine, notes végétales. Bouche très légère, peu de corps, peu de tannins, acidité élevée, tout en fruit et en fraîcheur, pas très loin d’un rosé. Très digeste et facile à boire, on sent clairement le climat froid. Intéressant à goûter, les nouveaux millésimes du projet ont déjà bien progressé. Un domaine à suivre.

 

 

Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6)  Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante.

 

 

Nico (Laura Catena), Grand-Père pinot noir 2020 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : (projet de Laura Catena, en parallèle de sa célère Bodega Catena Zapta, avec l’œnologue Roy Urvieta. Sélectaions massales bourguignonnes commencées vers 2008, mais le domaine commence vraiment en 2016. Situé à Tupungato (Villa Bastias et Gualtallary), zone fraîche de la vallée de Uco. Projet avec 5 parcelles présentées comme des climats en Bourgogne. Ici : 2 hectares plantés en 1993  Clone Dijon 115 à Villa Bastías, sols argiles et graves)  Couleur rubis claire, nez très engageant, expressif, qui pinote clairement sur la fraise, la cerise, un peu d’élevage vanillé. Bouche gourmande aussi, fruits rouges un peu sucrés, toute en rondeur, léger boisé, avec du corps mais pas trop d’alcool, manque un peu de tension en finale.

 

Nico (Laura Catena), Grand-Mère pinot noir 2022 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : Même esprit que le Grand-Père 2020, un peu plus mûr et solaire ici peut-être, l’élevage est déjà bien intégré pour 2022, joli pinot aussi dans un style rond et gourmand.

 


Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela Los Nidos (bonarda, barbera, grignolino…) 2021 Calingasta valley, San Juan : (Domaine à Barreal, créé par Sebastian Zuccardi, qui possède aussi le célèbre domaine Zuccardi à Mendoza, et ses associés en 2011. Partie Ouest de San Juan, à 1500m d’altitude. Vignes en pergola. Vinifs peu interventionnistes. Ici : Paraje Hilario,1.2 acres, planté en 1940. Grappe entière. 8 mois œuf béton. 85% bonarda ou douce noire, 15% Barbera, Grignolino, et autres cépages complantés non identifiés)   Couleur très sombre, probablement des cépages teinturiers dedans, nez très réduit à l’ouverture mieux après carafage, fruits noirs confiturés, café, notes animales. Bouche rustique, puissante, tannique, avec des arômes très mûrs mais une bonne acidité derrière, le vin manque d’élégance pour la plupart des dégustateurs, de précision également.

 

Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela La Totora criolla chica 2021 Calingasta valley, San Juan : (Cépage criolla chica ou pais ou listan prieto)  Couleur rosé foncé, contours un peu orangés. Nez très fruité et floral, fraise, pivoine, un peu orange sanguine, façon Tavel de l’Anglore par exemple. La bouche a de la puissance (14,5%), du corps pour un rosé, plus d’acidité et de tension qu’un Tavel, avec des petits tannins qui allongent le finale. Il reste du coup très digeste et facile à boire, plus précis que la cuvée Los Nidos.

 

 


Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin.


 

 

Altos Las Hormigas, Malbec 2019 Paraje Altamira, Valle de Uco-Mendoza : (domaine créé en 1988, avec notamment Attilio Pagli un précurseur du malbec argentin dans les années 1990, lui qui était pourtant venu à la base pour développer le sangiovese. Consulté par le géologue Pedro Parra. Environ 200 hectares aujourd’hui. En bio. Un jardin en biodiversité a été créé dans les années 2010. Période vin boisée dans les années 90-2000, vin beaucoup plus terroir désormais. Ici Paraje Altamira : 20mois élevage 50% foudres non toastées 3500L , 50% cuves béton. 30% VE.  Sols granit galets et graviers recouverts de calcaire, 1200m d’altitude) Couleur pas trop sombre pour un malbec, nez d’herbes grillées, fruits noirs, épices, chocolat, orange sanguine. Bouche fraîche, élégante, pas très élevée en alcool, acidité moyenne, tannins plutôt souples, semble prêt à boire. Très typique de Paraje Altamira, frais et élégant, mais presque un peu trop sage, manquant un peu d’intensité et de longueur par rapport au Chacayes.

 


Riccitelli, Malbec Vino de Los Chacayes 2019 Los Chacayes, Valle de Uco-Mendoza : (1500m partie la plus à l’ouest, un peu de calcaires, sables et graviers calcaires.  30% VE, fermente en cuve béton puis 16mois foudres de chêne français. 14%  7,4gr AT)  Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, le café, la violette, les herbes aromatiques, intense. Bouche à la fois très mûre et très dense, avec une grosse acidité derrière qui équilibre bien le tout, les tannins sont encore bien présents sans être secs, c’est très long, encore un peu jeune dans l’idéal.


Riccitelli, Cabernet Franc sobre suelos calcareos 2021 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Guatallary, dans la vallée d'Uco, à 1 400 mètres d'altitude, plutôt partie Ouest, sur des sols calcaires composés de gravier et de sable fin. Egrappé. Fermente en cuves béton levures indigènes, élevage 1an fûts de chêne non neufs) Couleur très sombre, le nez rappelle bien le cabernet franc, légèrement poivronné et végétal, cassis, une petite touche herbes grillées en plus. Très belle bouche, juteuse, avec une acidité élevée, beaucoup de fraîcheur, de la tension, très salivante.

 

Riccitelli, Old vines Bastardo 2022 Rio Negro, Patagonie : (100% trousseau, vignes des années 1960, franc de pied, une partie de grappes entières, fûts français) Couleur claire, contours violets, nez plein de fruits rouges et noirs, un peu de violette, pas d’élevage ressenti. La bouche semble légère en alcool, avec une belle acidité, beaucoup de fruits, peu de tannins, quand même du corps, à la façon d’un beau pinot, avec une belle allonge. Très beau vin, très élégant, déjà très accessible ainsi et avec un potentiel de garde.

 

 

Conclusion

Quelques très beaux vins. Dans l'ensemble beaucoup de fraîcheur (les vins ont été choisis dans cette optique là). Peut-être un meilleur niveau que le Chili à l'heure actuelle, avec plus de moyens. Mais le Chili a peut-être un peu plus de potentiel pour l'avenir avec une plus grande diversité de terroir, sa longue côte très fraîche, sa possibilité de ne pas irriguer.

 

24 juin 2025

Cartographie des sols

 

 

Cartographie du Vignoble des Côtes d’Auvergne par l’IFV (Institut Français de la Vigne)

 

 

Sous l’impulsion de la Fédération des Côtes d’Auvergne et de l’association des Vins Volcaniques VINORA (https://volcanic-origin.com/) qui présentait son nouveau label « Volcanic Origin », l’IFV a été mandaté pour cartographier le vignoble.


Le projet complet est expliqué ici : https://www.tikographie.fr/2024/02/08/cartographier-le-vignoble-2-2-comment-la-science-des-sols-peut-repondre-au-changement-climatique/


Les résultats devraient être disponibles fin 2025 sur la plateforme E-Terroir.

 

Le 24 juin 2025, Véronique Genevois et Etienne Goulet de l’IFV étaient présents à Vulcania, lors de l’événement organisé par Vinora, pour livrer le résultat de leurs recherches. 

 

 

 

Dans quel but ?


L’objectif principal de cette étude est de comprendre les différents terroirs d’Auvergne, à la fois au niveau géologique, mais aussi pédologique (les premiers centimètres du sol) et topographique (altitude, vent…)
En fonction des résultats, une réflexion plus précise pourra être menée sur le choix des cépages, des clones et des porte-greffes, avec en ligne de mire le réchauffement climatique qui impose une remise en question.
En fonction de la quantité d’eau disponible, de la vigueur de la parcelle, de la précocité… les vignerons auront des informations essentielles sur la façon de travailler la vigne.


Le but est aussi de favoriser l’installation de nouveaux vignerons. L’objectif affiché par la Fédération des Côtes d’Auvergne est de doubler la surface de l’AOC. Pour cela, les communes sont aussi sensibilisées et intégrées dans le circuit, notamment pour un accès plus simple à la constructibilité des chais. Dans l’idéal, la Fédération pourrait obtenir des terres (en friche ou non) et ensuite les revendre aux nouveaux viticulteurs afin de simplifier les démarches administratives ou l’accès aux prêts. 


Enfin, un vocabulaire commun, plus précis, devrait peu à peu s’imposer.

 

 

 

La Cartographie


1215 points de sondage sur 489 hectares (les terres en AOC + quelques parcelles appartenant à des particuliers ou à des mairies) ! C’est donc un travail colossal qui a été mené, parfaitement objectif, avec une précision rarement atteinte pour ce genre d'exercice. Une carte avec une échelle inférieure au 1/5000e devrait donc être disponible sous peu.


Non seulement les types de sol et de sous-sol seront disponibles, mais aussi les « quantités de sol » avant de tomber dans le sous-sol, la quantité d’eau, la vigueur, la présence ou non de carbonate de calcium (très utile pour les porte-greffes).

 


Le classement a été établi en fonction de  :


5 grandes formations géologiques simplifiées : formation du socle géologique, dépôts sédimentaires, formations issues des édifices pépéritiques, formations volcaniques, formations superficielles-dépôts d’alluvions et de colluvions.

 

Ce qui a abouti à 18 « Groupes Terroir » : voir schéma.

 

 


Puis ces groupes terroirs ont été classés en fonction de la présence ou non de carbonate de calcium (présent s’il y a du calcaire, absent si le sol est purement volcanique), en distinguant le sol et le sous-sol.

 


Ensuite, les sols ont été classés en fonction de leur milieu pédologique, c’est-à-dire le nombre de centimètres de « terre », l’horizon organo-minéral avant de tomber dans la roche. Ce qui permet de montrer le potentiel en eau et le potentiel vigueur de la parcelle.

 

 


Enfin, ces groupes ont été une dernière fois divisés en fonction de l’influence volcanique, en 4 catégories (aucune influence, faible influence, forte influence et 100% volcanique). Comme on peut le voir sur le schéma, le nombre d’hectares de sols purement sédimentaires reste dominant, devant les sols à forte influence volcanique.

 

 

Ce qui aboutit au final à « 100 Unités de Terroir ».

 

 

En conclusion, Véronique Genevois et Etienne Goulet ont insisté sur le fait d’avoir rarement vu autant de diversité sur une aussi petite surface. Il y a parfois une hétérogénéité très forte sur une même parcelle. Très logiquement, plus on approfondit l’étude, plus on se rend compte de la complexité des sols, avec de nombreuses parcelles où volcanisme et sédimentaire se sont mélangés au fil du temps dans des proportions très variables. Pour finir, comme l’a dit Gaétan Bouvier : « Encore une raison pour le sommelier, si besoin était, de faire preuve d’humilité face à la complexité qui se cache derrière une bouteille de vin ».

 

Un grand merci à Véronique Genevois, Etienne Goulet et l’IFV pour ce travail remarquable.

 

 

On aboutira à des cartes comme celles-ci sur E-Terroir : ici la face nord  de Corent sur le mode "influence du volcanisme", et l'on pourra switcher sur les modes "Eau", "profondeur de sol" etc....

 

 

13 mars 2026

Soirée Rencontre avec Bastien Migeon (13/03)

 

Changement de concept pour cette nouvelle soirée : Bastien Migeon, vigneron à Enval et Châteaugay est venu pour nous présenter ses vins. Il s'est prêté à cet exercice difficile, a affronté les critiques et les nombreuses questions en tout genre. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en est tiré avec brio, aussi bien par ses réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de ses vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes avec beaucoup d'attention. 

 

 

 

Le parcours du vigneron et une visite des vignes sont disponibles ici : /2024/03/visite-au-domaine-bastien-migeon-a-chatel-guyon.html

 

 

Les vins dégustés 

 

Prima chardonnay 2025 : chardonnay sur le fruit, plutôt pêche, abricot, avec un élevage cuve pour préserver le maximum de fraîcheur, peu de gras. Plutôt typé apéritif.

 

Mont Oriol pinot noir 2024 : Couleur très claire, nez très floral, sur la rose et la pivoine, les petits fruits rouges. Bouche aérienne, toute en finesse, légère en alcool, peu tannique, très florale, avec la finesse et la pureté du pinot des anciens temps sur ce millésime frais, sans manquer de longueur. Délicieux et dangereusement buvable.

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2024 : On sent une trame commune sur ce millésime frais, avec là aussi un vin léger et une aromatique particulièrement florale. Le gamay donne tout de même un peu plus de couleur et de corps que le pinot noir, avec une finale finement épicée. Lui aussi a fait l'unanimité.

 

Rouges-gorges 2024 : (merlot-gamay) La trame commune du millésime frais est présente aussi, avec un vin léger et floral. Le merlot apporte un peu plus de structure et de tannins que dans les précédents, même si on reste sur un vin de fruit, à boire dans la jeunesse.

 

Mont Oriol pinot noir 2023 : Changement complet de profil, on passe sur un millésime très solaire, de 12% à un bon 14,5% en moyenne sur les 2023, un pinot surprenant au sens où il est de couleur foncé, avec beaucoup de corps, des aromes de fruits noirs confiturés, on le placerait bien plus au sud à l'aveugle. Logique lorsqu'on ne triche pas avec les millésimes (pas de chaptalisation sur les 2024 ni d'acidification sur les 2023 chez Bastien).

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2023 : Là aussi un vin puissant, solaire, charpenté, mais l'acidité naturelle des vieux gamays d'Auvergne lui permet de garder un excellent équilibre, avec une aromatique plus orientée fraise confiturée et des notes poivrées en finale. Un vin qui a déjà bien progressé en un an, délicieux aujourd'hui et avec encore du potentiel de garde.

 

Et quelques bonus pour finir, avec une préférence pour le Schistes 2017 d'Arretxea face au Grès 2017 et pour l'Hermitge rouge 2020 de Sorrel face au Châteauneuf Colombis 2017 de Saint-Préfert.

 

5 février 2024

Visite au domaine Lapilli à Authezat

 

Domaine Lapilli (Elsa et Géraud)

 

 

Elsa et Géraud se sont installés en Auvergne en 2023. Après un BTS viti-oeno à Mâcon et de nombreuses expériences dans toute la France (Guillot-Broux, Guillemot-Michel, Gramenon, Pierre Frick, Garrelière et d’autres exploitations plus « quantitatives »), ils ont eu l’opportunité de revenir sur les terres de Géraud plutôt que sur le Cognaçais d’Elsa et de reprendre le domaine Marc Pradier.

 

 

 

Ils possèdent 5ha de vignes répartis en 5 parcelles :

- Sur le puy de Marmant (Veyre-Monton) : gamay, pinot noir, chardonnay sur sols argilo-calcaires riches en argiles avec quelques pierres volcaniques.

- Sur le Puy de Tobize (Martres-de-Veyre) : gamay, pinot noir, chardonnay, exposition sud-est, sols proches de ceux de Marmant.

- Sur Corent Nord : gamays d’Auvergne, le haut de la parcelle a été planté en 1964, le bas a été planté majoritairement en 1988. Les porte-greffes sont variés ici, c’était la parcelle test de Marc Pradier. Sols de marnes calcaires + quelques basaltes, pépérites, pouzzolane et lapilli (une petite pierre formée de cendres volcaniques).

- Sur Corent Sud, 2 parcelles, une de pinot noir en haut de coteau et une de gamay (gamays beaujolais et gamays d’auvergne de 30ans environ) en allant sur l’ouest. Projet d'une plantation supplémentaire de blancs.

 

 

A noter aussi 30ares de terre vierge sur Corent sud, où le domaine pourra planter à l’avenir. Le choix du/des cépages n’est pas fixé, mais ce sera du blanc, Elsa et Géraud en possédant très peu.

 

 

lapill marmant

Haut de la parcelle à Corent-Nord. Le Puy de Marmant est à gauche (la parcelle de Lapilli juste à droite du Puy). Les vignes du Puy de Tobize sont à droite juste au-dessus des habitations.

 

 

 La parcelle du Puy de Marmant. Corent est donc en face cette fois-ci, légèrement sur la droite. Beaucoup de vent dans cette parcelle, ce qui lui a permis de ne pas être trop impacté par le mildiou et l'oïdium en 2024.

 

 

 

Les jeunes vignerons se considèrent comme chanceux d’avoir pu récupérer des vignes en Auvergne, et des vignes bio depuis 2010, bien entretenues. Ce qui ne veut pas dire qu’il y a rien à faire, loin de là. Seul l’intercep était travaillé, un labour au cheval a donc été réalisé pour éliminer le chiendent qui faisait concurrence. Des préparations à base de prêle, de la P500 et P501 ont été pulvérisées (pas de certif BioD à court terme mais pourquoi pas un jour), quelques bois de taille broyés et mis au sol, etc… Il y aura probablement des semis par la suite pour récupérer un peu plus d’azote notamment.

 

 

Les vignes sont toujours taillées en guyot simple mais désormais le bras change de côté tous les ans. On observe déjà plus de vigueur sur la plupart d'entre elles. Les jeunes plants peuvent être taillés en cordon ou en gobelet, greffés majoritairement sur porte-greffes 1103-paulsen. Les plants sont généralement des massales provenant d’un pépiniériste alsacien. Les vignes sont tressées.

 

lapilli bas de parcelle

 

 

 

La dégustation

 

Si à l’heure actuelle le chai est aux Martres-de-Veyre, un nouveau chai est en construction et devrait être opérationnel fin 2024 à Authezat.

 

 

Tous les 2023 sont prélevés du matin sur cuves ou sur fûts. Les trois premiers vins devraient être embouteillés au printemps 2024, les suivants l’été 2024. Lorsque ce sera possible le domaine travaillera sans intrants, sans collage ni filtration. Mais les vins doivent être propres avant tout, le domaine ne s’interdit pas une dose minime de SO2 si vraiment nécessaire. L’important est surtout pour eux de ne pas sulfiter au départ pour laisser travailler les levures indigènes. Des analyses en labo sont faites régulièrement ainsi que des observations au microscope.

 

 

- Les Gamays du bas Corent-Nord : (semi-carbo, 5jours de macération. Elevage cuve fibre. 12% parcelle la plus fraîche. 20mg de SO2 après malo ici car la volatile était trop haute) Couleur claire, jus infusé, plein de petits fruits rouges, bouche tendue, acidulée, peu épaisse, très fraîche et digeste. Regoûtée à la fin des notes poivrées sont apparues, plus complexe, impression « terroir », il y a quand même ce qu’il faut de matière pour passer en dernier. Un carton assuré cet été.

 

- Marmant : (70% gamay, 30% pinot noir, vignes de 25à35ans. Vendangées et élevées ensemble le 8 septembre. Macération de 9jours en grappe entière. Cuve inox. Encore 7gr de SR) porté sur les fruits noirs un peu sucrés, gourmand, aux tannins souples, assez rond et facile sur ce terroir très argileux.

 

- Sur La Ville : (parcelle au-dessus des Martres-Tobize. 70% pinot noir, 30% gamay, vendangés ensemble aussi, grappe entière, en cuve inox. Encore 10gr de SR. Sols proches du précédent, mais les petites baies des pinots ont un rapport jus/rafle différent des gamays. Là aussi à peine sulfité car danger de bretts)  Couleur sombre, bouche un peu plus tendue par une acidité volatile plus élevée que dans le précédent, finale plus serrée, pas en place, à revoir dans quelques mois.

 

- Corent Sud 100% pinot noir : (vignes de 30ans environ, parcelles haute sur le coteau qui étonnamment a bien résisté à la sécheresse, 13,5%, grappe entière, fermentation en cuve inox, 10jours macération puis élevage en fûts corréziens de 228L de 2à3 vins) Joli nez très bourguignon avec un beau fruité, floral. Bouche encore un peu serrée, phase dans laquelle la finale est un peu marquée par le fût, mais très belle allonge, tannins encore un peu présents, il y a du fond, sérieux, frais pour 2023.

 

- Corent Sud 100% gamay les plats : (là aussi la parcelle n’a pas trop souffert de la sécheresse, vendanges au 16 septembre, 14%, gamays du beaujolais et d’auvergne de 30ans environ. Grappe entière. 10jours macération cuves inox, élevage cuve inox) Pas en place en ce moment avec une petite souris en finale, à revoir dans quelques mois.

 

- Gamay blanc de Noirs Corent nord : (en fûts de 15ans environ de chez Denogent + une cuve pour l’ouillage. Pressurage direct grappe entière) couleur saumonée, nez légèrement frangipane, brioche. Bouche avec du volume, vineuse, petits amers. Intéressant.

 

- Chardonnay : (sur Marmant et sur la ville. Pressurage direct grappe entière. Fermentation et Elevage en fût. Ouillage avec le blanc de noirs. Encore un peu de SR) Beau volume, belle texture, pas une grosse tension millésime 2023 oblige, plutôt typé Rhône nord sans être pataud non plus.

 

 

Il n’est jamais simple de tirer des conclusions d’une première dégustation de vins non finis, prélevés sur cuve/fût et en février donc servis froids. Il y a cependant des signes qui ne trompent pas : des vignes qui étaient bien entretenues et qui sont en meilleur état encore après un an seulement, de beaux terroirs avec une variété de sols et d’exposition, beaucoup de sérieux et de rigueur à la vigne comme à la cave, une grosse expérience dans plusieurs régions avec une excellente culture vin et des contacts, la volonté de faire des vins de terroir, digestes, sur la fraîcheur, natures si possible mais sans dogmatisme. Ce qui m’a le plus impressionné avec Lapilli, c’est qu’après quelques mois d’installation seulement, on sait où l’on va. Le planning a été pensé minutieusement et il est respecté. Les vins ne sortiront pas trop tôt, le chai arrive, plus tard ce seront les fûts puis les nouvelles plantations etc… Tout ça avec beaucoup de recul dans l’analyse également, sans s’interdire des changements, des adaptations en fonction des millésimes, des situations. Un domaine à suivre de très près dans les années à venir…

 

 

 

 

Les premières cuvées en bouteille

 

Brume 2023 : (Sol : limoneux-sableux, colluvions volcaniques (pépérite, basalte)  Localisation : Puy de Corent  Vignes : 30 à 60 ans  Exposition : nord, 15% de pente  Cépages : Gamay d’Auvergne  Vinification : macération semi-carbonique 5 jours grappes entières, cuve fibre, levures indigènes, non collé, sulfitage SO2 20mg/l en fin de fermentation.)   Un gamay clair, léger, plein de fruit, très digeste.


Lapilli Garden 2023 : (Sol : argilo-calcaire, colluvions volcaniques (pépérites, basalte, pouzzolane) Localisation : Puy de Corent  Vignes : 30 ans  Exposition : sud, 17% de pente  Cépages : Pinot Noir  Vinification : macération 10 jours grappes entières, cuve inox, levures indigènes, non collé, sulfitage SO2 2g/hl en fin de fermentation, élevage 9 mois en fûts de chêne 228L.)    Un pinot noir sérieux, avec de la couleur, du volume et un bon potentiel de garde.


Demain 2023 : (Sol : argilo-calcaire, colluvions volcaniques (pépérites, basalte, pouzzolane)  Localisation : Puy de Corent  Vignes : 30 ans   Exposition : sud-ouest, 20% de pente   Cépages : Gamay d’Auvergne et Gamay Beaujolais     Vinification : macération 10 jours grappes entières, cuve inox, levures indigènes, non collé, non filtré, sans SO2 ajouté.)     Un gamay sérieux, mûr, puissant, à attendre encore un peu, avec un bon potentiel de garde là aussi.


Nord & Blanc 2023 : (Sol : limoneux-sableux, colluvions volcaniques (pépérite, basalte)  Localisation : Puy de Corent  Vignes : 50 à 60 ans   Exposition : nord, 15% de pente   Cépages : Gamay d’Auvergne   Vinification : pressurage direct, vinification en vieux fûts bourguignons de 228L, levures indigènes, non collé, sans SO2 ajouté.)    Un blanc de noirs "tranquille", à peine saumoné, très frais, tendu, précis, qui combine fraîcheur et volume.

 

 

 

Sorties de décembre 2024

 

Rêve Mieux 2023 : (Sol : marno-calcaire, Localisation : Puy de Marmant et Tobize, Vignes : 15 ans,  Exposition : sud-est, 20% de pente; Cépages : Chardonnay.  Vinification : pressurage direct grappes entières, vinification en vieux fûts bourguignons de 228L, levures indigènes, non collé, sans SO2 ajouté)  Un chardonnay énergique, sur le citron confit, avec une très légère volatile qui lui donne du peps. L'équilibre est bon, aucune lourdeur pour 2023.

 

Meïzou 2023 : (Sol : marno-calcaire (sédiments du bassin de la Limagne), projections de pépérites (rencontre explosive de l’eau et du magma) et basalte (roche sombre et compacte de magma refroidi rapidement). Localisation : Puy de Marmant (Veyre-Monton) Vignes : 20 ans Exposition : Est, 20% de pente Cépages : assemblage 60% Gamay, 40% Pinot Noir Vinification : co-macération 8 jours grappes entières, cuve inox, levures indigènes, non collé, non filtré, sans SO2 ajouté)   Plus coloré et bien plus marqué gamay que le suivant, avec un début d'évolution déjà, semble plus puissant mais avec des tannins fins lui aussi.

 

Fleur de Pente 2023 : (Sol : marno-calcaire, projections volcaniques (pépérites, basalte). Localisation : Puy de Tobize (les-Martres-de-Veyre) Vignes : 15 à 40 ans Exposition : sud-est, 15% de pente Cépages : assemblage 70% Pinot Noir, 30% Gamay Vinification : co-macération 8 jours grappes entières, cuve inox, levures indigènes, non collé, non filtré, 2 g/hl ajouté en fin de fermentation) Plus marqué pinot que le précédent, léger, fruité, tannins souples, gourmand et facile à boire.
 

 

 

 

 

Les 2024 sur fûts et cuves : Un millésime plus frais et très prometteur : moins d'alcool, moins de couleur, plus d'acidité. Peu de rendements à cause du gel. Les vins ont gagné en précision, pas du tout de volatile sur ce millésime. Les blancs on gagné en tension, les rouges sont juteux et éclatants. Elsa et Géraud vont pouvoir prolonger les élevages. Le nouveau chai à Authezat devrait être prêt en 2026/2027. Pas de gros changements au niveau des cuvées : Lapilli Garden et Demain devraient une nouvelle fois donner des grands vins de terroir, Meïzou et Fleur de Pente seront plus sur le fruit et à boire dans la jeunesse. Sortie en mars 2026 pour la plupart des cuvées, sauf Lapilli Garden et Rêve Mieux 2024 qui ne sortiront que début 2027.

Dégustation des 2024 ici

 

9 février 2024

Visite au domaine Elémentaires à Pont-du-Château

 

Elémentaires - Landry Boudot (Pont-du-Château)

 

En allant visiter Elémentaires, je me retrouvai face à une nouvelle problématique du néo-vigneron auvergnat : comment trouver des vignes ? En effet, le marché est complètement saturé, la liste d’attente de la Safer est longue comme un bras, les vignerons qui arrivent à l’âge de la retraite ont déjà retrouvé preneurs, certains coopérateurs préfèrent revendre à des céréaliers. Même le fermage est très compliqué… Il reste la solution de planter des vignes mais il faut avoir les reins solides entre le prix du défrichage, des plantations et des trois ans d’attente minimum pour les premières vendanges. Pour beaucoup, la seule solution c’est le négoce.

 

 

Landry s’est installé en Auvergne en juin 2023. Après un poste de caviste sur Lyon et un BTS viti-oeno en Bourgogne, il trouve un stage chez Jean-Marc Pillot. Il passe ensuite 3 ans chez Zind-Humbrecht, où il apprend beaucoup à la vigne comme à la cave, notamment avec le chef de culture, Alexandre Guth, expert, entre autres, de la biodynamie. Il tire de là son exigence, et sa passion des grands vins blancs. Au fil des rencontres sur des salons, il trouve des vignerons prêts à lui vendre un peu de raisins bio pour commencer. Il trouve ensuite un bout de hangar en location à Pont-du-Château, petit mais parfaitement équipé, idéal en attendant de trouver des vignes et de s’installer à côté.

elementaires

 

 

 

Les Vins

 

Uniquement des 2023. Embouteillage prévu dans 2 mois, début avril, pour toutes les cuvées normalement. Tous les raisins sont bio. Deux cuvées de blanc ont vu une pointe de SO2, tout le reste est sans intrants mais parfaitement propre. Il y aura peut-être 10mg de SO2 à la mise en bouteille, mais à voir selon les cuvées et s’il y a possibilité ou non de faire le vide d’air à la mise. Landry a parfaitement conscience que sur un premier millésime il sera attendu au tournant, aucune déviance ne sera tolérée.

 

Les bouchons et les bouteilles ont déjà été commandés. « Contrairement à ce que l’on pense souvent, la majorité des problèmes ne provient pas des bouchons mais du verre. C’est souvent que lorsqu’on commande des bouteilles avec un goulot de 19mm on se retrouve avec du 19,8 ou 19,9mm, si tu as un bouchon 24mm c’est foutu, il faut du 25 voire du 26, et encore si le diamètre du goulot est le même tout du long ! Là le fournisseur me garantit le diamètre d’ouverture. Pour le bouchon ce qui est important, c’est la largeur et pas la longueur. »

 

 

1 Mutinerie (1 cuve 430L et 2 fûts)

100% syrah sur cuve fibre. Jeunes vignes sur Chiroubles à 450m d’altitude. Vendangé début octobre. 11%. Egrappé. 7j macération : un nez très marqué syrah, lardé, violette, poivre, anchois, bouche juteuse, tannins souples, frais, facile, quand même une bonne matière et de la texture pour un vin en cuve à 11%, délicieux.

le même sur un fût de 10ans Radoux : nez plus discret, ça syrahte moins, belle rondeur en bouche avec une finale qui garde une bonne allonge.

le même fût des Hospices de 3 vins : boisé un peu marqué, encore plus de rondeur, celui-ci pinote clairement en l’état.

assemblage des trois : au départ un nez discret, pas de boisé ressenti, la bouche est ronde, facile, aux tannins souples. Regoûté après une bonne heure d’aération, le nez rappelle la cuve, très syrah, la bouche explose de poivre, de lardé, de violette, elle garde une certaine rondeur à l’attaque et une allonge saline en finale. Très joli.

 

 

2 La chasse au chagrin (1 cuve)

100% grenache du Gard du domaine du petit oratoire en biodynamie. 60% jeunes vignes sur sablo-limoneux et 40% de VV sur loess. 12,5%. Travail en mille-feuilles : les couches de VV sont grappes entières, les jeunes vignes foulées. Pendant 13jours 15min de remontage en tout et pas de pigeage. Elevage cuve inox :  grenache clair en couleur, léger, souple, jus de fruit, pivoine, fraise, grenadine, à peine amylique mais ça a plutôt tendance à s’estomper, très juteux et facile à boire, parfaitement propre. Le style me rappelle un Magnon 2022 bu la veille par exemple.

 

 

3 Manières (1cuve)

100% gamay sur Chiroubles cru Javernand sur granit rose, exposition est, donc parcelle assez fraîche comme tous les raisins choisis par Landry. 60% de VV et 40% jeunes vignes. 12,7%. 1 seule cuve car 100 caisses : « c’est ce que peut contenir un camion frigorifique, tout simplement ». Comme le précédent, millefeuilles de 6 couches pendant 15jours avec grappes entières sur les VV.  Un gamay sérieux, un peu fermé au nez au départ, bouche avec un joli fruité mais surtout un fond graphite intéressant, finale sur la tension, belle allonge, encore un peu serrée mais noble. Regoûté après les blancs, le nez a gagné en fruit, très ouvert, très nette, finale précise toujours sur ce fond graphite. Très joli mais il va probablement demander du temps par rapport aux deux premiers.

 

 

4 L’étreinte (2 fûts)

- 100% pinot gris sur Niedermorschwihr, sous le Sommerberg, sur un fût de 7 vins, 11,8%. Un pinot gris assez rond, floral, avec un léger beurré, pas trop haut en alcool ce qui le laisse digeste, pas une grosse acidité, mais la finale a une jolie salinité.

- le même avec un bâtonnage (pH aussi autour des 3,19 avec une acidité autour de 4gr/L H2SO4). Plus citronné, plus tendu, marqué réduction sur lies un peu grillé brioché, petits amers, plus à mon goût.

 

 

5 Pluie battante (3 fûts)

- 100% chardonnay sur Chiroubles (granit). 11,6%. pH 3,52. Acidité 5,5gr H2SO4. Volatile 0,17gr H2SO4. Un peu réducteur au départ, bouche assez ronde, qui manque un peu de tension.

- le même sur un autre fût, élevé en partie sur lies de syrah. Plus de gras mais aussi une attaque un peu plus nerveuse, impression peut-être faussée de vinosité.

3eme fût moitié chardonnay moitié pinot gris, avec beaucoup de bourbes de pinot gris. Plus réduit, mais aussi plus vif, garde quand même du gras, amers en finale qui donnent de l’allonge.

Assemblage final. Un assemblage utile, qui accentue les qualités et gomme un peu les défauts. Le nez est discret mais moins réduit, la bouche a réussi à garder une bonne acidité sans perdre en texture et rondeur.

 

 

6 Second souffle (4 fûts)

chenin d’Anjou (+ quelques grappes de sauvignon) à Chanzeaux vers Rablay-sur-Layon, comme tous les blancs pressé grappes entières, grosse oxygénation des moûts avec le pressoir utilisé. Assemblage des fûts avec 1h45 d’ouverture.  Nez un peu fermé, superbe bouche tendue, saline, à peine autolyse, citron confit, petite volatile qui donne du peps, rappelle clairement le style Labet, Brétèches, Grandes vignes etc…

le même juste au moment de l’assemblage. Etonnamment encore plus ouvert et plus éclatant, juste une pointe de gaz. Délicieux. « C’est plutôt bon signe qu’il se referme à l’ouverture. Plutôt que de s’oxyder, il se protège en se refermant sur lui-même, tant mieux ! »

 

 

7 Superstition

(Macération 1 amphore terre cuite 600L, fabriquée en Toscane, parois épaisses, mais quand même très poreuse, surtout dans le hangar un peu sec)

40% pinot gris avec 4 semaines ½ de macération + 50% sauvignon d’Anjou et pinot gris ajoutés au bout d’une semaine. Couleur plus saumonée qu’orangée, joli nez fruits exotiques, frangipane. La bouche est élégante pas très tannique, impression d’une macération légère, très bon.

le même avec 2h30 d’ouverture. Très propre aussi, pas de trace d’oxydation.

 

 

 

Pour un premier millésime, les vins sont impressionnants ! Tout semble qualitatif, parfaitement maîtrisé, sans aucune déviance. J’en viens à me poser la question : est-il plus simple de faire des grands vins avec du négoce d’un peu partout en France ou avec ses propres vignes en Auvergne lorsqu’on débute ? C’est une vraie question, dont nous aurons la réponse lorsque Landry vinifiera des Côtes d’Auvergne.

 

Et ce sera le cas à partir du millésime 2025 puisque Landry vient de récupérer les vignes de Simon Bousquet sur Corent + une parcelle qui sera plantée en 2027 encore au-dessus des vignes de Simon (avec du pinot gris et un peu de gamay probablement). Souhaitons-lui bonne chance pour la suite…

 

 

 

Sur les 2024, le grenache est remplacé par un cinsault dont les raisins proviennent du même domaine dans le Gard. Un gewurz sec (grand cru Pfingstberg de Camille Braun) et un auxerrois seront aussi présents (provenance du domaine Charlotte Boxler). Fini le chardonnay et la macération. Mais un chardonnay 2023 très particulier arrivera-façon Valette... Goûtés juste avant mise en bouteille, prévue mi-avril 2025, on sent le millésime plus frais sur toutes les cuvées bien sûr. Mais l'équilibre est là et les vins ont encore gagné en précision, avec notamment des blancs légèrement moins marqués par la réduction sur lies.

Dégustation des 2024 ici

 

27 mars 2026

Soirée Rencontre avec Lapilli et Elémentaires (27/03)

 

On poursuit les soirées-rencontres avec la nouvelle génération de vignerons auvergnats. Cette fois-ci Géraud du domaine Lapilli et Landry du domaine Elémentaires sont venus nous présenter leurs vins. Ils se sont prêtés à cet exercice difficile, ont affronté les critiques et les nombreuses questions. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils s'en sont tirés avec brio, aussi bien par leurs réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de leurs vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes de ces deux domaines.

 

 


Lapilli

Visite et histoire du domaine ici

 

Fleur de pente (80% pinot noir-20% gamay) 2024 : une cuvée très expressive dès l’ouverture, très fruitée, légère en alcool sur ce millésime, aérienne, aux tannins fins, le pinot domine clairement avec une touche florale également. Très accessible et facile à boire.

 

Meïzou (60% gamay-40% pinot noir) 2024 : une cuvée très expressive aussi, très fruitée, un peu plus de corps et de puissance que le précédent, plus de caractère, tout en gardant la touche fraîche du millésime 2024, probablement un peu moins de plaisir immédiat mais plus de potentiel de garde.

 

Meïzou 2023 : profil très différent du précédent, on sent le millésime plus solaire, plus de puissance et de corps, fruité plus mûr, le tour en carafe lui a fait du bien, beaucoup de longueur, le vin a gardé ce qu’il faut d’acidité pour rester équilibré. Très joli vin, qui se goûte encore bien mieux qu’il y a un an. C’est aussi très prometteur de voir que les vins seront encore meilleurs avec un peu de bouteille ou avec des élevages prolongés à l’avenir.

 

Demain (gamay d’Auvergne) 2024 : un pur gamay au profil plus sérieux, avec beaucoup de tension et de profondeur, au fruité moins immédiat. Les tannins sont un peu plus présents mais sans être asséchants, la finale est très longue. Très beau vin, à attendre encore quelques années dans l'idéal.

 

Nord & blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2024 : un OVNI, dans un style différent du 2023, couleur plus saumonée, petite touche oxydative sur ce millésime (ouillage 1 fois par mois plutôt qu’1 fois par semaine à une certaine période), très complexe, il doit finir de se mettre en place, des notes de pomme verte, de noix, de fruits jaunes type abricot, de rose. La bouche est sur la tension, avec une sensation saline en finale, très salivant, très beau volume, tout en restant frais et avec peu d’alcool. Il devrait permettre d’excellents accords à table.

 

Nord & Blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2023 : profil un peu plus facile d’accès derrière le 2024, mais un an de plus en bouteille lui a permis de se poser, de gagner en complexité et en équilibre. C’est le seul vin du domaine (et d’Auvergne ?) qui n’est pas plus solaire en 2023 qu’en 2024, profil plus en réduction sur lies, noble, petite touche grillée, floral, brioché, aromatique proche d’un champagne blanc de noirs, avec une très belle longueur.

 

 


Elémentaires

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L’après-minuit (cinsault) 2024 : on attaque par un cinsault du Gard, tout en fruit et en gourmandise, en rondeur, peu d’acidité, peu de tannins, avec un fruité légèrement sucré, il reste bien équilibré surtout grâce à son taux d’alcool peu élevé (12%).

 

Mutinerie (syrah) 2024 : syrah de Chiroubles dans le Beaujolais, au profil encore plus frais et léger que l’an dernier, moins de 10% d’alcool ici, mais le vin n’est pas maigre pour autant, avec une aromatique de syrah classique, sur les fruits noirs, la violette, qui commence à larder un peu, quasiment pas de tannins. Dangereusement buvable.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2024 : sur ce millésime frais, le vin semble néanmoins un peu plus gras et dense que l’an passé, sans être plus élevé en alcool, très belle texture, beau fruité, semble plutôt tond et gourmand à l’attaque mais la finale commence à se retendre et à montrer une dimension saline très intéressante et prometteuse pour l’avenir de ce vin.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2023 : profil très différent du précédent, travaillé en réduction, plus marqué par les lies, avec des notes grillées, bouche plus en tension, plus énergiques, moins de gras, moins de fruit et de gourmandise aussi, plus citronnée.

 

Suivre l’Est (gewurztraminer) 2024 : un gewurz sec, qui évite très bien l’écueil du trop variétal (rose, litchi), plutôt sur les fruits exotiques, les épices, avec une belle tension, et une sensation saline très marquée en finale. Il a réussi à convaincre les plus sceptiques.

 


On finit avec quelques Bonus : Sottu Scala 2021 de U Stiliccionu et la Framboise de Lavantureux.
 

5 avril 2025

Visite de la Brasserie Mosaïque à Riotord

 

 

Visite de la Brasserie Mosaïque à Riotord (Haute-Loire)

 

 

 

Si le nombre de vignerons qui s’installent en Auvergne est en pleine explosion, il en va de même pour les brasseries artisanales. Parmi celles-ci, une à particulièrement retenu mon attention : la Brasserie Mosaïque, créée début 2022 par Or Zagury, à Riotord, pour sa démarche locale et naturelle, pour sa philosophie et ses convictions, tout autant que pour la qualité de ses produits.

 

Rencontrer Or et sa brasserie c’est une expérience qui ne peut vous laisser indifférent, une expérience percutante dont vous ne sortez pas indemne, qui vous fait réfléchir sur la place de l’homme dans la nature et son rapport au temps, qui remet en question tout ce en quoi vous croyiez et qui bouleverse votre existence. 

 

Dans son passé, Or a beaucoup voyagé, il connait les plantes, les fruits, les animaux, les montagnes et les rivières, dans de nombreux pays. Il a beaucoup expérimenté aussi, « J’ai fait fermenter tout ce que je pouvais » me dit-il. Il a été équithérapeute, mais aussi conseiller en œnologie et viticulture pour un grand groupe d’importation de vin. Son rôle était de dénicher de petits domaines travaillant plus « proprement », mais aussi de guider les domaines déjà partenaires vers une viticulture durable ainsi que de les aider dans leur gestion des fermentations en levures indigènes. Mais le monde du vin ne lui permettait pas d’aller jusqu’au bout du « naturel », il a donc été le chercher dans la bière de fermentation spontanée.

 

« La nature est circulaire, la vigne est rectiligne ! » me dit-il, ou plutôt elle est devenue culturelle, au sens où elle est transformée par l’homme. Le « nature » ce n’est pas une question de sulfites/pas sulfites, c’est d’abord une question de viticulture. Lorsque l’on plante un pied tous les mètres en suivant une ligne tracée au laser, on est déjà sorti du naturel. Si en plus on lui coupe la tête tous les ans, si on le greffe, car c’est un pied sujet à maladie qui va donc nécessiter de nombreux traitements chimiques (au mieux soufre et cuivre) et qui a une espérance de vie relativement limitée, peut-on encore parler de « vin naturel » ?

 

L’objectif ultime de Brasserie Mosaïque est justement d’être au plus proche du « nature », tout en ayant la plus basse consommation possible en électricité et en eau.

 

 

Tout commence ici, à plus de 1000m d’altitude, en Haute-Loire, même si l’Ardèche n’est pas très loin. Si Or a choisi cette montagne, c’est pour sa source d’eau, non traitée, et possédant un ph bas, un peu en-dessous de 6, l’idéal pour brasser.

 

 

La visite de la Brasserie Mosaïque se poursuit par les composts, point de départ (ou point d’arrivée ?) du cycle naturel. Ici, il n’y a pas de déchets.

 

 

Ensuite, place aux levures. Celles-ci sont ramassées à côté de la brasserie, sur des troncs d’arbre, des fleurs, des fruits, etc… Ce sont de très vieilles variétés de levure, qui assurent des fermentations parfaites. Elles sont ensuite développées et si le résultat est satisfaisant, multipliées et stockées au frigo, parfois plusieurs années. C'est ensuite "au feeling" que Or choisit ses levures pour chaque batch, mais il commence à voir un peu mieux désormais ce que chaque type de levure peut apporter. "C'est avant tout une question de saison" me dit-il. Les levures dépendent notamment des populations d'insectes, ce ne sont pas les mêmes au printemps qu'à l'automne, il y a clairement une saisonnalité, facteur clé de ses bières.

 

 

Tout est bio : les malts proviennent de Malt'in Pott dans le Rhône-Alpes et les houblons du paysan allemand Eissmann. Cependant, des houblons viennent d'être plantées près de la rivière à côté de la Brasserie : on devrait être sur du 100% local à partir de 2027.

 

 

 

 

La dégustation

 

Bière vermentino, mirabelle... sur cuve inox : beaucoup de fruit, vif, entre prune et abricot, déjà très bon.

Bière avec des pinots noirs de Daniel Sage sur amphore : là aussi déjà très bon, plus vineuse, beaucoup de peps.

Bière 10 types de malt, fruits rouges, fleurs de fenouil sur céramique : celle-ci est vraiment dingue, rooibos, caramel, sucre brun, fenouil au nez. Bouche plus sèche, anisée, fruits rouges, thé, va permettre de très beaux accords à table.

Les 3 bières sont en cours de première fermentation, avec un peu de gaz donc. Contrairement au vin où il est difficile de goûter pendant la fermentation alcoolique, ici tout est délicieux et semble déjà bon à être embouteillé ! Bien sûr, tout sera embouteillé avec juste un peu de sucre pour la seconde fermentation en bouteille (ou plus rarement la 1e fermentation peut se finir en bouteille).

On peut trouver divers contenants, notamment des amphores en terre cuite de Ligurie et des œufs en céramique de chez Clayver, les mêmes que chez Arnoux-Lachaux par exemple. Le brassage des lies prend ici tout son sens, tant elles sont nombreuses et jouent un rôle primordial.

 

 

 

En bouteille (quasiment tout est sur une base de 2023)

 

Toutes les bières gagnent à être ouvertes à l’avance. Elles ont toutes une excellente tenue à l’air sur plusieurs jours sans aucun risque de déviance. Et toutes gagnent à vieillir quelques années supplémentaires en cave.

 

Ce sont principalement des bases 2023, avec des élevages de 2à8 mois + plusieurs mois en bouteille avant commercialisation. Dans l’idéal, Or aimerait prolonger encore plus le temps de vieillissement « sur lattes ». Un des problèmes du vin naturel est de commercialiser trop tôt. Pierre Overnoy le disait, "pour faire du nature, il faut du temps". Il faut laisser travailler les levures, puis les lies. On ne peut pas accélérer le temps de la nature sans chimie.

 

Toutes les bières sont sèches, contrairement à la plupart des bières qui contiennent 5-10 grammes de SR. L’effervescence est légèrement moins forte que dans la majorité des bières, par contre elle ne faiblit pas avec les années en bouteille. Aucune bière ne dépasse les 3% d’alcool, pour garder un milieu entièrement levurien et non bactérien, ce qui évite toute déviance bactérienne type souris etc… Bien qu’à 3%, les bières sont étonnantes de densité grâce au travail des lies, ce qui renforce aussi la saveur umami des finales, salivantes et appétentes. Elles ne manquent jamais de peps grâce à leur acidité élevée, avec parfois une petite touche aigre (comme une sorte de volatile) mais qui reste toujours bien intégrée dans le fond. Elles sont du coup très digestes. Bien sûr, aucune filtration ni pasteurisation.

 

 

 

La gamme "classique"

 

Into the Wild : (malt d'orge, malt de blé et flocons de 5 céréales. Houblons allemands. Levures de raisins, pruniers, groseille et tronc de chêne. 2 mois de fermentation + 2 mois de fermentation en bouteille. Elevage dame-jeanne, fût de chêne, fût de châtaignier, amphore en grès)  Couleur or, à prendre comme une porte d'entrée de la gamme, avec un travail "presque uniquement" sur les levures, pour voir ce qu'elles apportent. Bière légère, un peu maigre peut-être par rapport au reste de la gamme, mais fraîche, citronnée, avec une belle acidité, plutôt une bière de soif, pour l'été, ou pour accompagner des légumes crus. Après 24-48h d’ouverture elle gagne en fruité et en gourmandise sans perdre en vivacité, avec des notes d'origan.

Life is like a box of chocolate, you never knox what you're gonna get : (malts, avoine, seigle, houblons. Levures sur fleurs de pêcher, groseille maquereau, tronc de bouleau. 2 mois de fermentation en terre cuite et fût de chêne + 2 mois en bouteille)  Couleur brun-orange, nez un peu plus "mûr", sur l'orange, les agrumes confits, le côté céréales est un peu moins marqué. Bouche avec beaucoup de peps et de fraîcheur, petite touche "sour", sur l'orange confite, notes caramélisées, avec plus de corps et de longueur que la précédente, quelques jolis amers en finale. 

Knockin’ on heaven’s door : (10 types de malts + macération à froid de 2 malts torréfiés, houblons. Levures sur fleur de griottes, fleur de prunier, groseille à maquereau verte. 2 mois de fermentation en terre cuite et fût de chêne + 2 mois de fermentation en bouteille) Couleur plus ambrée, nez où l'on sent le côté torréfié, caramélisé, rooibos. Bouche sur le café, le chocolat, avec plus de corps, mais sans lourdeur, rien à voir avec un stout, beaucoup d'acidité ici, même s'il y en a probablement moins que dans la précédente, avec l'ouverture les agrumes ressortent. Plus hivernale, elle appelle la table (balsamique, plats avec sauce soja, sirop d'érable... un peu les mêmes accords qu'avec un madère sec).

 

 

Et la gamme plus "expérimentale"

 

Ready or not here I come You can’t hide : (malts, avoine, pommes, coing, houblons. Levures de marc de roussanne, viognier. 6 mois de fermentation et de macération avec les fruits en fûts et inox + 4 mois en bouteilles) Influence des fruits pas trop marquée ici, bière qui semble avoir moins d'acidité que les précédentes, base qui semble un peu plus torréfiée, un style où on sent la rondeur de la roussanne, peut-être plus facile d’accès, moins percutant.

It’s something unpredictable but in the end It’s right : (sarrasin, houblon, cerise. Sans gluten. Levures sur lies de baco, gamay, grenache, syrah. 3 mois de fermentation et de macération avec les cerises et les lies en grès, dame-jeanne et fût de chêne + 4 mois de fermentation en bouteille) Couleur brune, nez très marqué par le sarrasin, très céréalier, avec un côté toasté et torréfié aussi, cerise confite. Comme souvent chez Mosaïque, si le nez est plutôt gourmand, la bouche surprend par sa vivacité et sa sécheresse, ce qui renforce le côté percutant, toujours sur le sarrazin avec quelques amers et des cerises griottes. Là aussi, à mettre à table.

Lemon Tree Ancienne version : (malt, avoine, pomme, coing, safran, fleurs de sauge ananas, houblons, lies de viognier et pinot blanc. Elevage en fût de chenin. 6 mois de fermentation et macération avec les fruits et les plantes + 4 mois en bouteille) Couleur or, nez fruité, très abricot, pêche, épices. Bouche très vive, punchy, fraîche, désaltérante, avec une grosse longueur salivante.

Lemon Tree version coing : (petit changement de recette sur ce nouveau batch avec beaucoup plus de coing) La couleur est bien plus sombre, le nez moins punchy-agrumes, mais plus mûr, pâte de coing, rooibos, caramel. Bouche bien sèche, un peu moins punchy que l'ancienne version, plus marquée fruits confits, plus hivernale.

Country road takes me home : (malts, houblons et cépages hybrides non déterminées. Levures des raisins hybrides. Macération carbonique de grappe entière pendant 3 jours. 8 mois de fermentation et macération en grès + 3 mois de fermentation en bouteille) Une version un peu plus facile d'accès que celle de l'an dernier qui était plus punchy et un peu plus aigre, plus vineuse aussi, celle-ci semble un peu plus sage en l'état, mais à voir dans un an... Son caractère vineux plus marqué que sur les autres devraient permettre des accords différents.

Down to the River (rivière) : (malts, houblons + 70 fruits et plantes de bord de rivière. Levures sur fleurs de griottiers et prunes vertes. 6 mois fermentation et macération en fût + 4 mois en bouteille) Couleur qui tire sur le marron, très beau nez, expressif et complexe, plein de mélisse, cannelle, plantes de Montagne (évoque une rivière en altitude), menthol, miel. Bouche avec beaucoup de peps et une très jolie texture, très dense et intense pour 3%, beaucoup de longueur, acidulée, plus sur la fraîcheur des plantes, que l’attaque qui est plus miellée. Grandiose ! La version "Montagne" bue il y a quelques mois était beaucoup plus marquée chartreuse, origan etc... avec les mêmes qualités de bouche. Le comparatif s'annonce exceptionnel dans quelques années !

Cherry blossom girl : (levures de fleurs de griottes. Divers malts et houblons. Cuve de moût de bière en refroidissement sous le griottier en face de la brasserie pendant 24h. 1e fermentation en fût de chenin d’Anjou pendant 8 mois + 2 mois de fermentation en bouteille) Couleur blonde, nez très floral et céréalier, plus "neutre" que River. Superbe bouche avec une sorte de rondeur miellée à l'attaque, cire, fleurs, puis l'acidité arrive en fin de bouche pour étirer la finale avec beaucoup d'umami.

Cidre 2024 : (4 variétés de pomme. Vieilli en fût de pinot noir d’Henri Chauvet) Couleur rose foncé un peu fluo et trouble en l’état, nez étrange de bonbon, voire malabar, on s’attend à du sucre. La bouche est sèche, percutante, amère, très légère en alcool aussi. Déroutant.

Hydromel : (avec des lies de vin, en cours de fermentation) c'est le seul qui ne se goûte pas très bien en l'état, un hydromel à 2%, mais c'est normal sur du miel me dit Or, il faut toujours beaucoup plus de temps pour que ça fermente, il faut juste être patient.

Un essai est en cours de fermentation de riz en collaboration avec des brasseurs de saké japonais !

 

Attention qu’ici chaque batch est unique, en fonction des levures, des plantes ou des fruits disponibles. Il est donc tout à fait possible de tomber sur une version différente ayant pourtant la même étiquette ! Il est impossible de demander à la nature d’être identique, elle est en perpétuelle mouvement.

 

Etiquettes par Moshe Kassirer, certifiés éco-responsables, comme les bouteilles.

 

 

Mosaïque c'est aussi un modèle économique à part, avec des bières qui ne coûtent pas cher à produire et qui ne sont pas vendues cher, (pas de foncier, peu de taxes à 3% d'alcool, pas de risques de gel/grêle sur sa parcelle, possibilité d'augmenter/ralentir facilement la production...) et qui pose la question : vendre un vin "nature" 100, 200 ou 300€ a-t-il vraiment un sens ?

 

 

Et si Or avait tout compris, s’il avait trouvé le moyen d’obtenir tous les avantages du vin naturel sans les défauts potentiels ? Ou est-ce un tort de ma part de vouloir comparer ce monde des fermentations spontanées à l’univers du vin. Me voilà complètement déboussolé. Dans quelques heures je dois reprendre les dégustations, et je me demande bien comment est-ce que je vais pouvoir faire après cette rencontre si enrichissante…

 

 

17 décembre 2023

Visite au domaine Benoît Montel

 

Après ses études viti-oeno en Bourgogne, Benoît est revenu à Riom pour créer son propre domaine en 1999. Il possède désormais 10ha de vignes de Chanturgue à St Bonnet-près-Riom + une partie d'achat de raisins. A partir de 2023 les vins du domaine sont certifiés bio, vendangés à la main, vinifiés en levures indigènes. Les doses de sulfites ont également diminué. Toutes ces améliorations se sont faites sans que les prix n'augmentent réellement. Félicitons Benoît pour tout le travail accompli, car c'est ici que l'on trouve les meilleurs rapports qualité/prix avec des vins d'une régularité exemplaire dans toutes les couleurs et sur de nombreux secteurs.

 

Notons aussi, en plus de la vaste gamme classique, de nombreuses cuvées expérimentales comme le montre la dégustation ci-dessous : vins en amphores, sans sulfites, macération, nouveaux cépages, immersion de fûts ou de bouteilles (dont une partie des fonds revient à une association caritative) mais aussi la formation de jeunes vignerons.

 

 

 

 

Portes Ouvertes fin 2023 - Une partie de la gamme

 

Les vins sont goûtés un peu froid en température, ce qui peut faire ressortir les tannins, mais globalement ce sont des vins sur le fruit, assez peu tanniques. Très belle réussite en 2022 qui combine maturité avec de bonnes acidités sur les gamays et les syrahs.

 

montel 2022

 

La faille 2022 : (syrah, fût enterré dans les vignes, sans SO2) léger, fruité, facile, ne fait pas très syrah mais c'est très bon.

 

En aparté 2022 : (syrah en cuve, même parcelle, achat à P. Heyraud à Cormède) syrah facile, tannins souples, mais plus de couleur ici, plus poivré, plus typé syrah.

 

GPS 2022 : (gamay pinot syrah) un peu réducteur ce jour-là, semble un peu végétal.

 

Madargue 2022 : gamay léger, simple, fruité, facile, manque un peu de concentration par rapport aux autres.

 

L’esprit des Papilles 2022 : (pour le club Les Papilles) syrah légère, facile, fruitée, légèrement poivrée, entre La faille et En Aparté.

 

Game Over 2022 : (Cépage gamaret, jeunes vignes, Benoît le présente comme un cépage fruité, moins rustique que le gamay) aromatique sur des fruits rouges mûrs, acidité élevée qui équilibre bien le tout, avec une finale encore un peu serrée, on sent qu’on est encore sur des vignes assez jeunes, mais prometteur.

 

Coulée de Lave 2022 : (gamay) plus coloré, fruits noirs un peu confiturés et poivrés, assez rond et gourmand, sans manquer de fond, déjà parfaitement en place.

 

Châteaugay Bourrassol 2022 : (100% gamay) coloré, un peu moins confituré que le précédent, donc tannins qui ressortent à peine plus, c’est frais, fruité, quand même assez long. 

 

Châteaugay VV 2022 : (Gamay en fût) en pleine prise de bois, très vanillé. A revoir dans quelques mois.

 

Sang des volcans II 2022 : (petite syrah ou serine. fût, amphore et cuve. achat à P. Heyraud à Cormède) style un peu austère mais noble, serine avec une acidité élevée, tendue, un peu serré, plus végétale que le suivant, mais finale qui allonge loin, presque saline (umami).

 

Sang des Volcans I 2022 : (syrah, à St Bonnet près Riom) un peu plus mûr et plus en largeur, plus gourmand et plus accessible tout de suite, joli fond aussi, un peu moins salin en finale.

 

Lueurs 2022 : (syrah + viognier) semble moins mûr et un peu serré, le côté « blanc » semble un peu dissocié. Le même en 2023 est excellent, dans un esprit Côte-Rôtie, en un peu plus léger et aux tannins plus fins, au fruité éclatant. Le viognier, même à 8%, marque beaucoup ici.

 

Châteaugay Bourrassol MAG 2020 : nez assez évolué, fruits noirs un peu sous-bois et chocolat, bouche encore jeune, fruitée, souple, facile.

 

Châteaugay VV MAG 2020 : plus d’acidité, tannins encore serrés, encore un peu jeune.

 

 

 

 

Les Blancs : le même vin, 100% chardonnay issu de Châteaugay Bourrassol, fermenté en cuve puis élevage de 9mois dans 6 contenants différents. Exercice très intéressant. Bien sûr chardonnay + 2022 + Bourrassol (parcelle solaire exposé sud) = vins aux acidités assez basses. Justement Benoit cherche le meilleur contenant pour l’avenir.

 

montel inedit

 

I (en cuves inox) : (pas de porosité) chardonnay rond et fruité, manque un peu de tension, déjà un peu évolué, mûr.

 

N (amphore porcelaine) : (un petit œuf en fait. Pas de porosité. Sur les amphores : inertie thermique plus importante qu'en fût. Brassage des lies différent. Pas d'aromatisation) semble plus gras, avec une attaque plus large mais il a gardé plus de peps, plus de longueur, fruité mûr presque exotique mais gourmand, très accessible dès maintenant, sans tomber dans la lourdeur. Comme s’il avait les avantages du bois sans les inconvénients.

 

E (amphore grès) : (porosité légère) plus fermé, demande plus de temps, mûr aussi, avec de la matière, moins d’acidité que le précédent mais il trouve son équilibre sur les amers, avec une finale très intéressante, plus "gastronomique", un joli contenant taillé pour des vins de garde.

 

D (amphore terre cuite) : (porosité forte) assez rond, beau fruité, un peu moins mûr, manque un peu de peps. Facile.

 

I (fût d’acacia) : (porosité plus faible que le chêne) le fût marque un peu avec des notes très exotiques, un côté rhum mais dans le bon sens, gourmand, vanille, goyave, ça garde une bonne acidité, le plus gourmand de tous, sans tomber dans la lourdeur, déjà prêt.

 

T (fût de chêne) : (porosité forte, aromatique marquée) très marqué boisé vanillé, gras, rond, manque d’acidité.

 

Très intéressant, car les deux contenants les plus répandus, cuve inox et fût de chêne, ne sont clairement pas les meilleurs…

 

 

 

Expression 2022 : (l’assemblage des 6 contenants) fruité, facile, proche de l’élevage cuve. 

 

Avenir 2022 : (vin orange, chardonnay 2mois macération) joli vin orange, nez presque de liquoreux, bouche bien sèche, élégante, fine, pas trop tannique, propre, joli fruit, du peps en bouche, amers nobles en finale. 

 

Double face : (méthode trad chardonnay) très fruits exotiques, brut assez sucré, rond, facile. 

 

Pet Nat viognier De bulles en blanc : non goûté.

 

Les Abysses volcaniques : non goûté. (chardonnay vinifié sans soufre, élevage 2ans en barriques, dans le Lac Pavin, à 25m de profondeur, à 4°, dans le noir total)

 

Leucate : non goûté. (chardonnay vieilli en fût chêne et acacia et amphores grès et terre cuite. Puis 2ans en bouteille dans un parc à huîtres à Leucate)

 

Red Pin's : pinot noir qui remplace En Aparté pinot noir à partir de 2025. Achat à Cormède. Pinot léger, plein de fruit.

 

...

 

 

Bourrassol, entre Châteaugay et Ménétrol

 

 

24 avril 2026

Soirées Madère (20/03 et 24/04)

 

Madère est un petit archipel d'îles (dont l'île principale se nomme aussi Madère), appartenant au Portugal et situé dans l'Océan Atlantique.

 

 

 

C'est un archipel au climat subtropical humide (soumise à l'anticyclone des Açores et au Gulf Stream), où il ne fait jamais très froid, mais jamais très chaud non plus, avec beaucoup de vent et énormément de pluie sur la partie Nord de l'Ile principale. Il s'agit aussi d'un volcan, culminant à 1862m d'altitude.

 

 

Les vignes ne sont plantées que sur les bords de l'île. Les cépages secs comme le sercial sont généralement plantés sur les secteurs les plus froids et vendangés en dernier, contrairement à la malvoisie plantée sur les secteurs plus chauds. 

Il y a à l'heure actuelle 7-8 producteurs, qui achètent les raisins à environ 2000 viticulteurs (seul H&H possède une quinzaine d'hectares), pour un total de 500 hectares environ. Chaque producteur récupère donc des raisins d'un peu partout sur l'île.

 

Les sols sont donc volcaniques, on distingue : le saibro (un tuf rouge décomposé), le cascalho (un sol caillouteux), la pedra mole (un tuf jaune sableux) et les massapes (littéralement « coup de pied », une argile issue de la décomposition d'un tuf sombre).

 

 

Les vignes sont historiquement plantées en pergola, ce qui permet une double culture (de la patate douce par exemple), mais depuis quelques années on peut aussi trouver des vignes en VSP (= palissage) comme sur la photo du bas.

 

 

 

Les cépages 

On peut aussi trouver du Bastardo (=trousseau) et il y a longtemps du Moscatel (= muscat). Le Tinta Negra est de loin le cépage le plus planté, il sert pour toutes les entrées de gamme. Le boal et le sercial sont les plus rares et donneraient les vins les plus complexes, sans parler du Terrantez quasiment disparu car très sensible aux maladies ou au botrytis.

 

 

Histoire 

Lors des voyages en bateau (environ 16e siècle), les vins étaient fortifiés à 20% d'alcool pour la conservation. Mais on s'est aussi rendu compte que plus ils passaient de temps proche de l'Equateur, sur la route pour le Brésil ou les Indes, à des températures avoisinant les 50°, meilleurs ils étaient. D'où la méthode moderne unique au monde qui consiste à faire chauffer les vins.

 

 

Fabrication

En fonction du taux de sucre que l'on veut obtenir, les vins sont mutés à l'alcool de vin à 96°, ce qui va stopper la fermentation (au 1er-2e jour environ pour les plus sucrés, après une semaine pour les plus secs) et permettre d'obtenir des vins à environ 20% d'alcool. 

Les vins sont ensuite chauffés soit par la méthode de l'estufagem (quelques semaines dans des cuves), soit par la méthode plus noble mais plus longue du canteiro (quelques années en fût dans un endroit chaud, le plus souvent sous les toits).

L'élevage se poursuit ensuite en fût de chêne (les "pipas") qui font le plus souvent autour de 500L, sans ouillage. D'Oliveiras est l'un des rares producteurs de l'île à n'utiliser que du chêne américain. On dit généralement qu'après mutage/chauffe/élevage oxydatif les vins ne vieillissent plus une fois embouteillés et ne bougent pas après ouverture de la bouteille.

 

Les vins sont généralement bus dans des verres à vin blanc, à des températures qui sont plutôt celles des vins rouges (16-19°).

 

Depuis quelques années, il existe aussi des vins blancs et des vins rouges non fortifiés, produits soit sur l'île principale soit sur celle de Porto Santo. Les vins n'ont pas la DOP Madère, mais la DOP Madeirense. Le climat permet enfin de produire de tels vins, même s'ils restent très légers en alcool, mais c'est aussi clairement un effet de mode.

 

 

 

Soirée 1

 

1 Barbeito, Vinhas do Farrobo Bastardo 2022 : (100% trousseau) rouge très léger (10%), très clair en couleur, proche d’un rosé, fait sur le Nord de l’île principale, très framboise, groseille et floral. Bouche légère, acidulée, quand même texturée, assez courte mais très digeste, presque désaltérante.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (Porto Santo est une île légèrement plus chaude et humide, aux sols sédimentaires. Les vignes sont très proches du sol, dans le sable, pour éviter le vent) blanc vif et citronné, légèrement plus haut en alcool que le précédent (12%), avec un élevage sur lies léger, peu de corps, mais une finale salivante avec une sensation saline.

 

3 Barbeito, Madère Rainwater Reserva 5ans (demi-sec) : Entrée de gamme à l’univers des Madère, dans un style facile (Rainwater viendrait de l’eau qui pouvait imbiber les fûts lorsqu’ils étaient à l’air libre), en rondeur, avec peu d’acidité, pas mal de sucre pour un demi-sec, sur des notes de toffee, la finale est un peu courte, l’alcool se ressent un peu. Pas mauvais, mais très loin du niveau des suivants.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) :  couleur ambrée, nez très différent du précédent, beaucoup plus chocolat noir, café, noix, cannelle, date… Bouche très punchy, pas très riche en sucre, avec une très belle acidité, peut-être pas le plus complexe de la soirée mais l’équilibre est parfait, avec une sensation de fraîcheur et de vin digeste malgré les 20%, l’ampleur et la longueur des grands Madère.

 

5 D’Oliveiras, Madère Sercial 1969 emb. 2018 (sec) : couleur acajou, nez plus marqué par le temps en fût, encore plus « noir », proche d’un vieux whisky du Speyside en fût de sherry, peu de fruit, mais très riche en café, encaustique, polish, cire, tabac, boîte à cigare, girofle. La bouche est légèrement plus sèche que le verdelho 2007, mais de peu, un peu plus en rondeur avec un peu moins d’acidité, plus complexe, mais un peu moins aérien, il demande plus de temps, longueur exceptionnelle là aussi.

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 2006 emb. 2024 (demi-doux) : un boal qui semble encore un peu fermé, compact, puissant et riche, probablement encore un peu jeune pour un boal, en tout cas dans cette séquence-là.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : couleur acajou, très beau nez sur le café, la noisette, la noix, un côté menthol/eucalyptus. Comme le Verdelho 2007 c’est surtout l’équilibre qui est parfait sur cette version. La bouche est assez riche en sucre, mais avec une acidité très élevée, beaucoup de fraîcheur, et presque un côté aérien sur ce Madère, sans perdre en intensité et en longueur. Une nouvelle grande bouteille. Signe que les Verdelho et les Malvoisie nécessitent moins de temps que les Boal ou les sercial réputés plus nobles.

 

8 D’Oliveiras, Madère Tinta Negra 1998 emb. 2021 (doux) : robe acajou, quelques reflets rouges, nez de chocolat noir, café, un côté fruits rouges également. Bouche sucrée, avec un peu moins d’acidité que la malvoisie, un peu plus vineuse et en rondeur avec un peu moins d’allonge.

 

 

 

Soirée 2

 

1 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Tinta Negra dos Villoes 2024 : (100% tinta negra sur l’île de Madère. 10%) rouge très léger, fruité et floral, acidulé, simple et facile à boire.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (pressé grappes entières, 10mois d’élevage en cuves inox. Sols sables et calcaires ici) Blanc plus sérieux que le rouge précédent, tendu, avec une autolyse plus marquée que sur la bouteille de la soirée précédente, un peu pus énergique et salin.

 

3 D’Oliveiras, Madère Sercial 1990 emb. 2022 (sec) : très belle bouteille dans un style austère, qui a semblé plus sec et punchy que le 1969 de la précédente soirée.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : derrière le Sercial 1990, le vin a d'abord semblé un peu alcooleux. Mieux sur la fin de la dégustation. Mais un peu moins de plaisir pris que sur la bouteille de la semaine précédente.

 

5  Henriques & Henriques, Madère Verdelho 1934 emb. 1960’s ? (demi-sec) : un bonus hors-norme, d'une couleur brun orangé, le nez est fruité sur la marmelade d'orange, l'abricot sec, le miel, avec une petite évolution sous-bois/fumé, une volatile un peu plus haute qui rappelle certains oxy catalans. La bouche est par contre très fondue, pas très acide mais pas très sucrée non plus, en rondeur, plus gourmand et moins violent que les D'Oliveiras, moins de peps, mais aussi moins d'allonge saline, un côté facile à boire ici. A la fois jeune par son côté fruité et son relativement peu de temps en fût (et probablement aussi des fûts de chêne français qui boostent moins l'élevage que chez D'Oliveiras) et à la fois comme patiné par le temps en bouteille. Comme quoi, à l'image des spiritueux on pourrait parler d'OBE (old bottling effect) après autant d'année, avec une sensation de rondeur (perte d'alcool et d'acidité). Merci Michel !

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 1988 emb. 2018 (demi-doux) : très belle bouteille, pas trop sucrée pour un Boal, équilibre parfait entre gourmandise sucrée et tension acidulée, longueur interminable.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2003 emb. 2020 (doux) : une belle bouteille mais qui aura été surclassée par la suivante, un peu plus de fruit et de rondeur ici mais moins d'intensité.

 

8 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : comme lors de la soirée précédente, une très grande bouteille qui a fait l'unanimité.

 

9 Niepoort, Porto Vintage Quinta do Passadouro 1995 : le strict opposé du Madère, avec des raisins rouges, un élevage court d'environ 2ans en fût, sans oxydation, et sans la ""chauffe". Un porto sur les fruits rouges et le chocolat, qui semble un peu simple, voire même un peu fatigué derrière les Madère.
 

 

 

Quelques accords mets/vins

Du plus sec au plus sucré : poisson grillé, saumon fumé, sushi, tartare cabillaud/bœuf sauce balsamique, salade balsamique, manchuego/fromages secs, olives/tapenades. Viande en sauce type soja, érable, caramel, miel, Madère. Vieilles mimolettes, pâtes persillées. Dessert chocolat, café, noix. Cigares...

 

 

Conclusion

Une découverte pour la plupart des participants, qui ont été marqué par l'intensité, la complexité et les longueurs en bouche exceptionnelles avec lesquelles les vins non fortifiés ne peuvent rivaliser. Le tour de force des grands Madère est aussi de rester digeste, frais, et ne saturent pas le palais grâce à leur acidité élevée et leur absence de tannins, et ce malgré un taux d'alcool autour de 20%.

 

11 mars 2024

Visite au domaine Henri Chauvet à Boudes

 

Visite au domaine Henri Chauvet à Boudes

 

 

« Dès ton premier millésime, tu devras frapper un grand coup » avait dit JL. Chave à Laurent Vaillé selon la légende. Les premiers vins d’Henri étaient encore dans les fûts que les collègues nous prévenaient déjà : « Allez voir ce qu'il se passe à Boudes, c’est extraordinaire, mais surtout ne trainez pas, il sera bientôt trop tard ! »

 

En effet, une nouvelle page des Côtes d’Auvergne était en train de s’écrire. Avec le départ à la retraite d’Annie Sauvat et d’Annie Charmensat à Boudes, l’ancienne génération laissait sa place à la nouvelle. Et avec tous les jeunes vignerons qui s’installent en 2022 et 2023 en « bio tendance nature » pour schématiser, Henri se retrouve, sans rien avoir demandé, comme chef de file et ambassadeur des nouveaux vins de la région.

 

Henri Chauvet a racheté le domaine Sauvat en 2021. Il a été formé chez Jérôme Bressy (Gourt de Mautens) et Thierry Allemand où en plus d’acquérir une grosse expérience à la vigne et en cave, il a pu construire son futur réseau de distribution. Henri est surtout un grand amateur de vin, qui a rendu visite à quasiment tous les bons vignerons dans toutes les régions de France.

 

Disons-le d'emblée : dès les 2021, les vins ont atteint un niveau que l'on n'avait encore jamais vu dans la région. Les 2022 et 2023 sont encore meilleurs, et nul doute qu'avec tout ce qui est mis en place les millésimes suivants vont encore progresser. Ils combinent pureté, fruité, gourmandise, précision, profondeur et surtout expression du terroir comme je l'ai rarement vu sur fût, toutes régions comprises.

 

C'est qu'Henri se donne les moyens de ses ambitions. A chaque étape, il choisit ce qu'il y a de mieux : meilleurs tonneliers, massales de chez Bérillon (6€ HT le plant !), bouchons Francisco Sagrera comme ceux de la Romanée-Conti par exemple, travail au cheval sur 7ha pour le moment avec 2 prestataires (6000€ / ha), greffe en place pour une partie, 4 employés en hiver et 8 au printemps (10 en comptant le labour au cheval), nouveau chai, étiquettes de Jules Maillard, bio et levures indigènes bien sûr, etc... Il se pose aussi des questions sur ce qui pourrait lui permettre de progresser encore plus, demande conseils aux meilleurs (Valette, Ganevat, Allemand...) sur les questions de la biodynamie, des semis, du soufre volcanique, de l'inertage... Il n'est pas fermé sur ces questions mais tout sera minutieusement expérimenté avant d'être appliqué.

 

Le domaine est entièrement sur Boudes. Il fait environ 10 hectares (6 de gamay, 3 de pinot et 1 de chardo) auxquels il faudra ajouter les plantations de 2023 : 0,5ha de syrah sur échalas à haute densité et 1 ha de cabernets francs avec quelques cabernets sauvignons et quelques clairettes à 600m d’altitude sur une coulée de basalte. L’an prochain il faudra aussi ajouter deux belles parcelles en luzerne depuis plusieurs années qui viennent d’être défrichées afin de planter en tout 1,5ha de blanc en complantation (Savagnin, chenin, maccabeu, roussanne, vermentino, chardonnay et sauvignon sont réservés chez Lilian Bérillon). Et un projet encore plus ambitieux est en cours. L'idéal pour lui serait d'arriver aux alentours de 12ha.

 

Le domaine était autrefois en conventionnel, avec beaucoup de produits chimiques et de gros rendements, mais Annie Sauvat avait entrepris un début de conversion vers le bio depuis 5 ans environ. Il y avait donc du mieux, ce qui permettra à Henri de gagner du temps. S'il faut retravailler les sols, la taille, etc... il a notamment pu récupérer une majorité de vieux gamays d'Auvergne sur de beaux terroirs.

 

 

 

Un tour dans les vignes

 

On commence par le coteau historique, à la sortie du village. Expo sud-ouest. Sélection massale de pinot noir de Pommard sur porte-greffes SO4. Entre les bâtons au premier plan, un porte-greffe américain (le 140) prêt à être greffé sur place. Ces pinots rentrent dans la cuvée Vie Ordinaire. Tout au fond à gauche les chardonnays de la cuvée A fleur de peau. Entre les deux la parcelle de gamay De cendre et d'âme. Les terrasses tout en haut appartiennent au domaine Pelissier. Tout est taillé en guyot-poussard désormais (sauf les syrahs sur échalas qui sont en gobelets) et non plus en guyot simple, avec une taille douce, de "bon sens".

 

 

Toujours le coteau historique, mais à l'entrée du village. A gauche les gamays de Tout là haut, à droite une autre parcelle de pinot noir.

 

 

Sur le coteau historique, au centre. Plantations de cabernet francs. Des massales de Trotanoy, Vieux Certan, quelques Loire aussi, achetées chez Bérillon. Environ 600m d'altitude donc au-delà de la limite de l'AOC ! Là aussi sols volcaniques, exposition sud.

 

 

Plantation des syrahs sur échalas (pour une meilleure photosynthèse et donc une meilleure maturité), juste en dessous des cabernets francs. Ce sont des massales de chez Clape et Chave achetées chez Bérillon. Densité 8600 pieds/ha environ, 1,40m * 1m. Les porte-greffes sont variés sur les nouvelles plantations.

 

 

Toujours le coteau historique exposé sud, à peine à droite et sous les syrahs, le cœur de la parcelle de pinot noir qui rentre dans Vie ordinaire. Sur notre gauche il y a de nombreux genévriers et églantiers. Ont-ils une influence sur les aromatiques ? Ici 1,6ha sur basalte, un peu de marnes rouges à gauche, plus calcaire sur notre droite.

 

 

Cette fois-ci on passe de l'autre côté du village, sur le "plat", nous ne sommes donc plus sur le coteau volcanique, mais sur des argiles rouges reposant sur un bloc calcaire. Ici les gamays de la cuvée Rouge. Il y a environ 70% de vieux gamays d'Auvergne et 30% de gamays beaujolais, ce dernier est mûr quinze jours plus tôt ! Pour le moment juste un peu d'engrais organiques, les sols sont dans une phase de repos, de "remise à zéro" après laquelle Henri essayera divers semis et engrais verts.

 

 

A peine plus loin, la parcelle des chardonnays de Froussard, quelques pinots à gauche et quelques gamays à droite et sous la cabane, qui entrent dans la Huppe. Sols très différents, ici granit décomposé en sous-sol avec quartz, feldspath et mica et argiles rouges en surface.

 

 

 

 Les millésimes

 

2024 : Une année marquée par le gel, puis par le mildiou. Finalement Henri s'en sort mieux que prévu avec un peu moins de 20hL/ha. Vendanges du 20 sep au 11 oct avec beaucoup de tri. Une année à l'ancienne avec des vins à un petit 12%, mais la qualité s'annonce présente.

2023 : Année marquée par une très forte sécheresse, à Boudes pire qu'ailleurs dans les Côtes d'Auvergne.... Au final de très petits rendements. Henri a eu peur de friser la catastrophe, il a du coup acheté un peu de raisin (même si le négoce ce n'est pas son truc, mais quand on n'a pas le choix...) Il s'en sort tout de même avec presque 30hL, "inespérés" juste avant les vendanges où il pensait avoisiner les 10hL. Par contre une bonne partie des nouvelles plantations de mai est morte de la sécheresse, il va falloir recommencer... Un gros tri a été fait : toute une parcelle de pinot noir a été laissée au sol ! Les vins s'annoncent cependant frais avec des ph qui sont restés étonnamment bas, un peu à mi-chemin entre 2022 et 2021 (un peu plus proche de 2022 tout de même) au sens où il y a encore plus de profondeur que dans les 2022, encore plus de tension, et légèrement moins de rondeur. 

2022 : un printemps très sec mais de l'eau est finalement tombée l'été. Un millésime "caviar", comme Henri a rarement vu même dans le Rhône, l'état sanitaire était parfait. Le millésime a donné des vins déjà très accessibles, avec de beaux volumes, plus en rondeur que les 2021. Un côté "sexy" sans manquer de fond pour autant sur les beaux terroirs. Les ph étaient paradoxalement plus bas que sur les 2021.

2021 : millésime très pluvieux, frais. Afin de bien comprendre tous ses terroirs Henri avait vinifié et commercialisé les vins parcelle par parcelle. Le millésime a donné des vins de garde, très marqués par la grappe entière, sur la tension, avec moins de volume et moins de rondeur que 2022, mais les vins ont beaucoup de profondeur. Un millésime pour amateurs avertis.

 

Henri chauvet

Les 2021 et 2022 on été vinifiés au domaine Sauvat (ci-dessus), les 2023 dans le nouveau chai (ci-dessous) : vinifications au rez-de-chaussée, élevages et stockage au sous-sol.

 

 

 

 

Les 2023 sur fût (passage fin 2023 + quelques compléments de mars 2024)

 

 

Toutes les malo sont déjà finies. Quelques fûts sont encore en fermentation alcoolique avec un peu de sucres. Tout est en grappes entières. Pas de collage ni de filtration. Très léger sulfitage si vraiment nécessaire à la mise en bouteille. Mise avec vide d'air. Pas de "cuvées de printemps" sur les 2023, les élevages vont être prolongés, probablement jusqu'à début 2025.

 

 

Vie Ordinaire pinot noir : (sur un vieux Seguin Moreau 300L) superbe jus, racé, mûr, avec de la concentration bien équilibré par une haute acidité. Ca donne le ton des 2023 d'entrée.

 

Abrupts 1er lot sur basalte et marnes bleues : (sur un Seguin Moreau. Expo est) ça tire sur la syrah, poivré, avec une grosse allonge. Equilibre superbe avec un 14 d'alcool et un pH autour de 3,3. Vraie impression de vin terroir avec beaucoup de fond déjà. Un côté umami en finale comme souvent dans les vins d'Henri sur les sols volcaniques.

 

Abrupts 2e lot sur basalte et marnes rouges (sur un Rousseau 500L un peu plus récent. expo sud sur le coteau historique) fait plus gamay, plus en largeur, très baies sauvages. A peine plus d'alcool que le précédent, pourtant on aurait plutôt dit le contraire.

 

Si possible l'élevage durera 18mois, mais à voir avec le temps... Les deux seront probablement assemblés, à confirmer aussi. En 2023 malo en fût (pas comme 2022)

 

De Cendre et d'âme 1er lot 70%gamay/30% pinot : (parcelle vinifié en dehors d'Abrupts cette année car expo Ouest et sols basalte et calcaire plus "féminin et plus crayeux") Goûté sur un vieux fût François Frères, très typé pinot, plus serré, tout en allonge, 13% d'alcool ici.

 

De cendre et d'âme 2e lot  100% gamay : (sur un fût Taransaud) plus réduit, plus typé gamay, plutôt 13,8% alc., plus en largeur même si on retrouve cette finale crayeuse. Les deux devraient bien se compléter. Volatile "naturelle" assez haute à l'analyse mais qui ne se sent pas du tout, allonge le vin, comme souvent chez Henri.

A voir désormais si après élevage les Cendre et d'Ame iront ou non dans Abrupts....

 

Au chant de la Huppe : (argile rouge, calcaire, granit rose. Que du gamay cette année, les pinots ont été laissés par terre car trop confits) Fait gamay fruité, un peu moins en place ce jour-là, semble avoir plus d'acidité, ce qui n'est pas le cas à l'analyse, sûrement moins de volume.

 

Au chant de la Huppe sur le foudre 35HL : l'élevage est plus marqué, plus large, moins d'acidité. une touche végétale aussi ici. Les deux devraient bien se compléter.

foudre 35hL

 

 

Abrupts vendangés 15j plus tard : (à 15,5-16°, à la Bonneau !) dans un fût neuf Rousseau, il reste 10-12gr de SR, très concentré bien sûr, mais il y a de l'acidité derrière, à voir... En mars encore un peu de sucres, le bois le marque encore un peu (c'est bien le seul chez Henri) mais la bouche s'est bien affinée. Dans l'assemblage il fera du bien.

 

Négoce Carignan du Roussillon : (vignes de 95ans entre Lézignan et Minervois, en biodynamie. Henri a été vendanger lui-même, tôt) 14% d'alcool, grappe entière, même acidité que les gamay, un Carignan très fin, tendu, sanguin, racé, pas du tout confit. Incroyable. En mars un peu plus réducteur, dans une phase plus compliquée.

 

Négoce Carignan en rosé de saignée : encore 50gr de SR dans la cuve, à voir, mais ce sera un rosé de table en tout cas.

 

Négoce pinot noir de S... : acheté à des personnes de confiance, joli nez floral, pivoine, mais bouche maigre, étriquée et finale du coup serrée, mais à voir dans quelques mois, sera sûrement très floral et fin, par contre moins de volume et sera assez simple par rapport à tous les autres vins. Quand on sait que c'est 7* le prix du précédent à l'achat... En mars il s'est détendu, semble moins étriqué, en bonne voie.

 

Froussard : (chardo sur argiles rouges et granit rose) que du fût en 2023, goûté sur un Rousseau, reste 1gr de SR, fait un peu Rhône nord avec du volume, assez mûr, 13,5%, pas une grosse tension. Henri réfléchit à tenter un Vin de Voile sur quelques fûts... Regoûté en mars il a déjà gagné en tension, comme lui a dit Ganevat ce sera un grand vin mais il a besoin de 2ans1/2 voire 3ans d'élevage.

 

Macération 2023 : (goûté à 6 semaines, le "pire" moment nous dit Henri car c'est là le plus amer. Passé ce pic, ça va redescendre. Fera entre 3 et 6mois de macération) Réduction fumé, en effet très amer, gentiane, quinine, mais une certaine finesse, et du peps, intéressant à table.

 

 

 

En bouteille

 

Vie ordinaire 2022 : pinot noir incroyable, fraise écrasée, figue, un peu fumé lardé, anchois, orange et pêche confiturés. Texture très soyeuse, semble très ouvert, un peu exubérant, mais en même temps peu élevé en alcool et assez frais, finale acidulée. Me rappelle les meilleurs Rajat Parr ou certains pinots de Baden. Exceptionnel.

 

Abrupts 2022 : joli gamay, bien sûr plus sérieux derrière le pinot, fruits noirs, notes fumées et minérales de terroir, pointe racinaire, à aller chercher, mais beaucoup de fond, probablement plus de longueur, avec une grosse tension salivante, de l'umami, à carafer mais il peut déjà s'approcher, tannins fins, très propre, pas de bois ressenti. TB++.

 

 

 

 

Fiches techniques des 2022

 

À fleur de peau 2022 - 100% chardonnay (magnum) : Une toute petite parcelle d’un peu plus de 20 ares avec des vieux chardonnays dans une très forte pente à la sortie du village. Une dominante de basalte plus ou moins décomposé avec des calcaires fractionnés. 1 semaine de macération en grappes entières puis un pressurage pneumatique très long. 9 mois d’élevage dans des vieux fûts de 400 l et de 228 l. Non levuré - Non débourbé - Non bâtonné - Non collé - Non filtré. 1,5 g/hl de soufre à la mise comme les suivants car les bouteilles allaient être déplacés de l’ancien chai vers le nouveau.

 

Froussard 2022 - 100% chardonnay : Une parcelle située dans un hameau très proche de Boudes avec des vieux chardonnays issus d’une sélection massale bourguignonne. Une dominante d’argile rouge très riche en oxyde de fer avec une décomposition minérale granitique. Les raisins ont été directement pressé (pas de foulage). 9 mois d’élevage dans des fûts neufs de 500 l (50%) et des vieux fûts de 228 l (50%). Il s’agit de bois de la forêt de Tronçais qui ont subi un séchage long (36 à 48 mois) avec une chauffe très légère. Tonnellerie Rousseau. Non levuré - Non débourbé - Non bâtonné - Non collé - Non filtré. 

 

Rouge 2022 - 100% gamay (Ensauvagés en 2021) : Une parcelle composée essentiellement avec des vieux gamays d’Auvergne et des gamays beaujolais. On peut également trouver quelques autres variétés de gamay en quantité limitée. Une dominante d’argile rouge très riche en oxyde de fer avec un bloc calcaire affleurant. 12 à 15 jours de macération en grappes entières dans des grandes cuves en inox. Uniquement des remontages au seau pour mouiller le chapeau. 9 mois d’élevage dans des vieux fûts de 300 l et de 228 l. Non levuré - Non collé - Non filtré. 

 

Vie ordinaire 2022 - 100% pinot noir (Entre chien et loup en 2021) : deux parcelles : une grande parcelle dans le cœur du coteau historique du village avec une dominante très volcanique et une petite parcelle avec le soleil levant où il y a des restes de bombes volcaniques et des marnes bleues. 12 à 15 jours de macération en grappes entières dans des grandes cuves en inox. Uniquement des remontages au seau pour mouiller le chapeau. 9 mois d’élevage dans des fûts neufs de 500 l (35%) et des vieux fûts de 228 l (65%). Bois de la forêt de Tronçais qui ont subi un séchage long (36 à 48 mois) avec une chauffe très légère. Tonnellerie Rousseau. Non levuré - Non collé - Non filtré. 
 

Abrupts 2022 - 100% gamay (Tout là-haut, Envol et De cendre et d'âme en 2021) : assemblage de tous les plus beaux terroirs de gamay du coteau historique de Boudes (dans des très fortes pentes). Le basalte règne en maître avec différents types de marnes (essentiellement, elles sont bleues). 4 semaines de macération en grappes entières dans des grandes cuves tronconiques en bois. Quelques pigeages aux pieds (un pour lancer la fermentation, un pour consolider la bonne cinétique fermentaire et un pour extraire les plus beaux éléments des raisins). 9 mois d’élevage dans des vieux fûts de 300 l et de 228 l.

 

+ 3 cuvées de printemps : Au chant de la Huppe gamay-pinot (auparavant A l'aube), Contre-Nature gamay, et Qui sait ? gamay en blanc de noirs tranquille - la partie en vin effervescent est encore sur lattes.

 

 

 

 

Fiches techniques des 2023 (qui sortiront tous en mars 2025) 

Tous non levurés, non collés, non filtrés, sulfités à la mise entre 1 et 1,5 g/HL

 

Abrupts 100% gamay, Vie Ordinaire 100% pinot noir, De Cendre et d'âme 70% gamay-30% pinot noir, Au chant de la huppe 100% gamay (les raisins de la cuvée Le Rouge sont inclus ici), Au Crible 100% chardonnay (remplace A Fleur de peau, macération plus longue), négoce Ciel à perdre 100% carignan, négoce En attendant la pluie 100% pinot noir de Bourgogne

 

 

Fiches techniques des 2024 + quelques 2023 (sortie avril 2026)

Vie Ordinaire 2024 gamay et un peu de pinot, à cause du gel assemblage de tous les rouges du domaine. A fleur de peau 2023 chardonnay 24mois fûts+6mois jarres. Qui sait Blanc de Noirs 2022 pét nat 100% gamay. Braconnage 2024 100% gamay des Coteaux du Lyonnais. Echappée belle 2024 90% pinot noir d'Alsace et un peu de pinot gris. Entre chien et loup 2024 rosé de Boudes en pressurage direct 50% pinot noir 50% chardonnay. Ce qu'il en reste 2024 100% gamay avec les raisins de Simon Bousquet à Corent. Désordre du jour 2023 rosé de saignée 100% carignan de la Livinière.

 

 

 

Un grand merci à Henri pour les visites et les dégustations. Vivement la suite !

 

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