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La Cave du Théâtre
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  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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27 mai 2024

Soirées Vins d'Auvergne (03 et 24/05)

 

 

Une introduction exhaustive ainsi que les comptes rendus de nos visites chez les vignerons des Côtes d’Auvergne sont disponibles ici :

Les visites en Auvergne

 

 

 

 

Pour bien comprendre les différences avec l’AOC Sant-Pourçain, voici quelques éléments de comparaison :

 

L’AOC Saint-Pourçain fait environ 600 hectares répartis sur 19 communes et 20kms de long contre 400 hectares sur 53 communes et 80 kms de long pour l’AOC Côtes d’Auvergne qui est donc plus étalée et encore plus hétérogène.

 

On compte une vingtaine de producteurs à Saint-Pourçain contre une petite cinquantaine dans les Côtes d’Auvergne, où les exploitations sont donc en moyenne bien plus petites.

 

Le climat est aussi bien différent, beaucoup plus chaud et sec dans les Côtes d’Auvergne protégées par les Monts du Sancy (effet de Foehn). Il y a en moyenne 200mm/an de pluie supplémentaire à Saint-Pourçain. Cela explique en partie la meilleure réussite des blancs à Saint-Pourçain et les expérimentations comme les blancs de noirs, les vins de macération, etc... dans le Puy-de-Dôme.

 

L’encépagement est différent également avec la présence du Tressallier à Saint-Pourçain et l’arrivée de nouveaux cépages plus sudistes comme la syrah en IGP Puy-de-Dôme par exemple.

 

Enfin, les sols sont eux aussi en partie différents : on trouve du granite, de l’argilo-calcaire et du sable dans les deux appellations mais les sols volcaniques à proprement parler ne se trouvent qu’à certains endroits des Côtes d’Auvergne.

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°1

 

 

1 Terres Bariolées, Côtes d’Auvergne Les Suquets 2022 (100% chardonnay, à Chalus) : couleur or pâle un peu trouble, nez un peu fermentaire, levure, poire, agrumes. La bouche est assez simple, manquant un peu d’énergie et de tension sur ce millésime solaire dans le Puy-de-Dôme. Un vin qui se goûtait mieux il y a 6 mois finalement. 

 

2 Les Bérioles, Vin de France Autochtone 2021 (100% tressallier, à Cesset) : Couleur or, nez sur les agrumes, floral, à peine miellé, début d’évolution que l’on a senti avec l’ouverture vers des fruits plus exotiques. La bouche combine un très beau volume à une belle tension, aussi long que large, il s’est bien ouvert lui qui était un peu austère il y a un an, avec du fruit et aussi une sensation de minéralité sur la fin de bouche, finale très longue et salivante. Déjà excellent en l’état et un grand vin dans un an ou deux qui a fait l’unanimité.

 

3 Grosbot-Barbara, Vin de France Clos Jacques Chevallier 2018 (75% chardonnay + tressallier, pinot gris, à Cesset) : Couleur or pâle, nez déjà bien évolué, peut-être un peu trop pour 2018, avec un côté beurre rance. La bouche est très jolie, grasse et beurrée mais elle a aussi gardé une bonne fraîcheur et de la longueur. Un peu frustrant au final, la bouteille a probablement évolué un peu trop vite et se goûtait beaucoup mieux il y a un an ou deux. Le vin reste plutôt bon, mais pas au niveau espéré. 

 

4 Bastien Migeon, Côtes d’Auvergne Châteaugay Tiétà 2022 (75% gamay, 25% pinot noir) : couleur assez claire pour un gamay majoritaire, un nez plein de fruit et de pivoine, cerise, framboise. La bouche attaque avec ce joli fruité, puis elle se durcit sur la finale, sur des notes « volcaniques » de cendre et de fumée qui étaient plus discrètes il y a quelques mois. Le terroir est en train de ressortir, il apporte une certaine complexité mais a un peu trop resserré le vin peut-être. Ça reste d’un très bon niveau, surtout pour un premier millésime. 

 

5 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir + gamay, à Cesset) : Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées. 

 

6 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. 

 

7 Renards des Côtes, Vin de France Cheire de Poule 2022 (100% gamay, à Sayat) : dès l’ouverture de cette bouteille c’est très marqué vernis à ongle (acétate d’éthyle) et encore pire avec l’ouverture, le vin ne sera pas bu. Etonnant, car d'autres bouteilles de la même cuvée se goûtaient très bien.

 

8 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. 

 

9 Benoît Montel, IGP Puy-de-Dôme Sang des volcans 2020 (100% syrah, à St Bonnet-près-Riom) : couleur très sombre aussi, un nez sur les fruits noirs, le cacao, petite touche d’élevage vanillé. La bouche est légèrement plus puissante et plus dense que le précédent, l’élevage fût a bien arrondi les tannins, un style plus civilisé et plus en rondeur, la finale a quand même gardé une bonne acidité qui donne une allonge bienvenue. Jolie syrah là aussi, qui profite bien de ses deux ans de plus en bouteille. 

 

10  Coteau Libre, Coteau rouge 2022 (80% syrah + gamay, pinot à Saint-Privat du Dragon) : une bouteille prélevée en cours d’élevage, couleur très sombre, un nez très typé syrah du Rhône, très lardé, un peu sanguin, violette, anchois, olive, toute petite volatile. Bouche plus puissante que les précédents, mais aussi un peu plus d’allonge avec à la fois plus d’acidité et de tannins, moins de rondeur, plus de salinité aussi, un côté umami en finale, très salivant. Pour des vignes plantées en 2020 tout le monde s’est accordé à dire qu’il y avait un vrai terroir et un style à part. Très intéressant. 

 

11 Annie Sauvat, Vin de France Syrius 2018 : (Vin de paille, 100% gamay à Boudes) : couleur framboise, nez très purée de fraise, fruits rouges, un peu vineux. Bouche avec un bel équilibre, pas trop sucrée, une bonne acidité, beaucoup de fruit, reste assez frais et digeste. Parfait pour finir. Merci Seb ! 

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°2

 

 

1 Jean Wambergue, IGP Val de Loire-Allier Initial Tressallier 2022 (100% tressallier, à Saulcet) Couleur claire, nez sur le citron, les agrumes, à peine floral. Bouche vive, tendue, traçante, légère en alcool, citronnée, belle acidité qui réveille les papilles, sensation minérale et bonne longueur. Jean a choisi de ne pas faire la malo, peut-être un bon choix en 2022. Parfait pour débuter et mettre en appétit. 

 

2 Grosbot-Barbara, Saint-Pourçain Les Maltotes 2022 (50% chardonnay, 50% tressallier, à Montord) Un style complètement opposé, couleur plus marquée, nez beurré, encore jeune, sur des notes d’élevage vanille, coco, fruité plus mûr. La bouche est ronde, grasse, ample, boisée, mais heureusement l’acidité du tressallier s’impose en fin de bouche empêchant le vin de tomber dans la lourdeur en l’étirant juste ce qu’il faut. Un vin de gastronomie, qui séduit toujours l’assemblée. 

 

3 Les Bérioles, Vin de France Intrépide 2017 (100% chardonnay, à Cesset) Jean nous a ressorti un 2017 pour l’occasion, couleur bien dorée, nez très bourguignon, floral, fruits jaunes, beurré. En bouche l’attaque est grasse, large, encore en pleine forme, très vite l’acidité plus élevée que dans le vin précédent étire le vin, qui finit un peu plus austère mais plus long, sur des amers nobles. Très joli vin aussi, qui a l’avantage d’être à son apogée. 

 

4 Terres bariolées, Vin de France Sables de grès 2022 (100% chardonnay muscaté en macération, à Chalus) Couleur entre ambre et orange, plutôt limpide (sauf le fond de bouteille). Joli nez, exubérant, légèrement marqué par la rose, mais aussi, abricot, pêche, miel, semble proche d’un beau nez de liquoreux. La bouche est bien sûr sèche, sur des arômes de fruits secs et de fruits confits, de la rose, quelques tannins et quelques amers mais très fins pour ce vin orange qui reste accessible, complexe, avec beaucoup de peps. Par rapport au chardonnay de la semaine précédente qui manquait un peu de tension on voit là tout l’intérêt de la macération : aller chercher l’équilibre sur les amers et les tannins pour compenser le manque d’acidité. C’est réussi ! Bien sûr c’était un OVNI pour beaucoup ce soir-là, il a donc divisé l’assemblée.

 

5 Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc.

 

6 Terres d’Ocre, Vin de France Les Cailloux Pinot noir 2022 (100% pinot noir, à Châtel-de-Neuvre) Couleur framboise, nez plein de petits fruits rouges, éclatant, gourmand, marqué par la grappe entière aussi, clairement floral, pas très loin du côté bonbon mais il s’arrête juste où il faut. Bouche infusée, très pure, toute en fruit, acidulée, florale, toute en élégance, longueur moyenne mais on y retourne très facilement. (A carafer ou secouer un peu car il y a une pointe de gaz à l’ouverture - mais personne ne l’a senti du coup). 

 

7 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir, 40% gamay, à Cesset) Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées.

 

8 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay, à Boudes) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. 

 

9 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France Les terrasses 2022 (100% syrah, à Montpeyroux) : couleur claire pour une syrah, nez à peine réduit à l’ouverture au nez puis il s’ouvre sur des fruits noirs, un peu lardé. Bouche légère, facile à boire, peu d’alcool (12%), avec des tannins fins, très digeste, manque juste un peu de longueur dans cette série. On voit en tout cas clairement l’intérêt de la syrah en Auvergne, aujourd’hui très bien adaptée sur nos coteaux exposés sud. 

 

10 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme Syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. 

 

11 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France 54-55 (100% plantet ou 54-55, pet’nat’ rosé, à Montpeyroux) : un pet’ nat’ à base d’hybrides. A ouvrir 1-2h à l’avance ou à carafer car la bulle est très présente à l’ouverture et pas de soucis, couleur rose foncé trouble, nez gourmand fraise, framboise, bouche légère, facile, simple mais efficace, impression d’une toute petite sucrosité. Parfait pour finir sur une note rafraîchissante. 

 

 

 

Désolé auprès des producteurs dont nous n’avions plus rien en stock ou dont les premiers vins ne sont pas encore tout à fait sortis, et que nous aurions pourtant beaucoup aimé faire goûter… Nous comptons bien y remédier l’an prochain. Et au vu de l'engouement des participants à ces deux soirées, nul doute qu'il y en aura d'autres.

 

6 décembre 2024

Soirées Afrique du Sud (22/11, 29/11 et 06/12)

 

Les Vins d'Afrique du Sud

 

 

 

L'Afrique du sud est un vignoble très solaire et sec : Stellenbosch est sur le 34e parallèle (=sud de l’Espagne). On plante donc là où le climat est méditerranéen. Les vignes sont au sud, en montagne (500-600m pour le plus haut), sur la côte atlantique et autour de False Bay où l'on trouve un vent frais surnommé le « cape doctor ».

 

 

 

 

Histoire :

17e siècle les Hollandais arrivent en Afrique du Sud. Ils plantent les premières vignes.

19e siècle (jusqu’au phylloxéra) gros développement du vignoble, grâce aux Anglais qui occupent l’Afrique du Sud.

1948-1991 : L'Apartheid freine les exportations.

Après 1991 : Reprise de exportations. Beaucoup de grandes marques. On plante beaucoup, on favorise les rouges, le volume, les cépages internationaux.

Années 2000 : Swartland Revolution grâce à Eben Sadie, Mullineux, Badenhorst, Porseleinberg.

 

 

Quelques Chiffres :

9e producteur mondial avec 92 000 hectares. (Environ taille de Bordeaux).

Aujourd’hui 55% vins blancs et 45% vins rouges. (Dans les années 1990 80% de blancs !) Etonnant pour un pays chaud.

Près de 30% des vignes ont moins de 10ans.

Consommation locale : 6,6 L moyenne /an / habitant (44 L en France). La bière est de loin n°1 en Afrique du Sud. Mais les chiffres sont en hausse. Localement on boit surtout des vins bas de gamme, mais là aussi c’est en train de changer : de plus en plus de vins Premium et des Consommateurs de mieux en mieux éduqués.

Export : Moitié d’export / Moitié conso locale. Export Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas. Grosse partie de vins en vracs (sauvignon, chenin et chardonnay en tête).

 

 

Cépages :

Chenin (19%), Cabernet Sauvignon, colombard et sauvignon (11%), le Shiraz (10%) chardonnay et pinotage (7%), merlot (6%).

Pays où est planté le plus de chenin blanc au monde. 16 827 ha en 2021.

Le cépage Pinotage ; il est unique à l'Afrique du Sud. Il a été développé en 1925 par le professeur Perold à l'université de Stellenbosch, et est un croisement entre le Pinot Noir et l'Hermitage (Cinsaut).

 

 

 

Soirée n°1

 

 

1 Chris Alheit, WO Western Cape Hereafter here chenin 2022 : (Domaine créé en 2010 de 21ha basé à Walker Bay, mais travaillant dans différentes régions, une partie en négoce et une partie en vignes personnelles. Spécialisé dans le chenin, plutôt autour du Cap. 100% chenin. Jeunes vignes du Swartland, Piekenierskloof, the Bottelary, Polkadraai, Paardeberg et Tygerberg. Pressurage grappes entières. Fermentation et élevage barriques anciennes 12 mois, puis 6 mois en cuves sur lies fines. 13,2% vol.)  Couleur dorée, nez de fruits exotiques et fruits jaunes, miel. La bouche est bien équilibrée entre le fruité mûr et un travail sur la fraîcheur, avec de la vivacité, pas vraiment de gras, pas trop d’alcool ni trop de volume. Belle entrée de gamme, pas très complexe mais quand même un peu de longueur, le vin reste frais, fruité, facile à boire, parfait pour commencer.

 

2 Eben Sadie, WO Swartland Skerpioen 2022 (chenin, palomino) : (Créé en 2000 par Eben Sadie, après plusieurs années passées un peu partout en Europe et notamment à Terroir Al Limit. Style « européen ». Achats de raisins, sur 38 parcelles, surtout dans le Swartland, toutes en biodynamie. 50% chenin, 50% palomino Entre Dwarskerbos et Eland Bay Vignes de 1946 65ans à 2kms de l’Atlantique, 30m altitude. 2000 pieds / ha. Sols calcaires et un peu de sable. Fermentation et Elevage 1an foudres anciens acacia et chêne)  Couleur or, nez de fruits du verger mûrs, miel, acacia, touche fumée, subtil mais il pourra gagner en complexité avec le temps. La bouche présente un très beau volume, mûre, sans être alcooleuse, avec une très belle acidité qui porte le vin très loin, la finale est très longue, salivante, avec une sensation de salinité et de minéralité.

 

3 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge chardonnay 2022 : (Après 12 ans chez Hamilton Russell, Hannes Storm a planté des vignes en 2008 et premier millésime du domaine en 2012. 330m alt. Vignes de 2009. Parcelle 1,1ha est. 7500 pieds /ha. Sols d’ardoise riches en argile. Elevage 8 mois en barriques françaises de 228l. 32% neuves. 10% du vin est élevé en amphore. 13% vol.)  Couleur or pâle, nez très chardonnay bourguignon au départ, fruits jaunes, beurré, brioché, toasté, avec l’ouverture de plus en plus ananas voire mangue qui détournent un peu de la Bourgogne car pour le reste c’est du classique. La bouche est très bien faite, classique, avec de la rondeur, du gras, du fruit mûr, et une belle acidité derrière, encore un peu d’élevage vanillé à intégrer. La longueur est là. Très beau chardonnay, auquel on peut juste reprocher de manquer un peu d’originalité.

 

 

4 Reyneke, WO Stellenbosch Reserve white 2021 (sauvignon) : (vaste domaine en biodynamie, sur le secteur de Polkadraii, à l’ouest de Stellenbosch. Elevage 80% fûts neufs)   Couleur or pâle, nez de sauvignon mûr, buis, agrumes, touche fumée, assez proche d’un joli sauvignon de Loire, pas du tout typé Nouvelle-Zélande par exemple, l’élevage est discret. La bouche est très vive en attaque, là aussi on a du mal à croire qu’il y a eu de la barrique neuve, frais, demi-corps, mais la finale retombe assez vite, l’acidité s’arrêtant en milieu de bouche, et il n’y a plus grand-chose derrière pour prendre le relais (un vin acidifié ?). Dommage car le nez et l’attaque étaient très prometteurs. 

 

5 Lukas Van Loggerenberg, WO Franschoek Lötter cinsault 2021 : (Créé en 2016 à Paarl, après un voyage dans la Loire au domaine de la Chevalerie notamment. Au début il ne voulait faire que du cabernet franc et du chenin, mais il y a aussi un peu de syrah et de cinsault aussi désormais. Petit domaine qui travaille sur la fraîcheur, peu interventionniste, pas de bois neuf. Vignes plantées en 1932 par Koos Lötter. Climat frais. Sols granits décomposés et grès. 100% égrappé. Elevage œuf béton. Juste sulfité à la mise. 12,5%)    Couleur grenat, soutenue pour un cinsault, le nez est très délicat, très pivoine, fruits rouges, orangette, épices, petite sucrosité gourmande. La bouche est légère en alcool, fraîche, acidulée, florale, aérienne, facile à boire, elle manque juste un peu de longueur. 

 

6 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge pinot noir 2020 : (cuvée avec les vignes les plus élevées, plus frais et plus tannique de Ridge) 300-350m 1,2ha Est. 7à8000 pieds/ha sur schistes argileux, planté en 2008. Egrappage, macération à froid pendant 10 jours, Elevage 11 mois en barriques françaises de 228l. 16% neuves. 13% alc.)   Couleur très claire, à peine rouillée, nez de pinot un peu fumé, qui me rappelle des expressions que nous avons déjà eu en Allemagne ou en Suisse, avec un côté viande des grisons, mais aussi kirsch, début d’évolution, sous-bois, épices, encore un peu d’élevage. Bouche avec des tannins fins, du fruit, un élevage fumé, beau volume, de la fraîcheur, des notes végétales en milieu de bouche surtout, finale assez longue, avec une belle allonge, presque un peu fumée/salée, sans lourdeur. 

 

7 Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2016 (tinta barroca) : (à côté de Malmesbury, à côté d’un gare ferroviaire désaffectée d’où son nom. 135m altitude. 2500 pieds / ha. Vignes de 1974 sur granit et sables. 28hL/ha. 50% VE. 30 jours de fermentation en cuves béton + 13 mois d’élevage en foudres)  Couleur rubis, un peu trouble mais peu évoluée. Très joli nez, qui fait de suite penser à du nebbiolo, avec de la rose, des fruits rouges, un côté goudron, tabac, encore tout jeune. La bouche est fraîche, pas très épaisse, mais toute en allonge, avec une finale acidulée, aux tannins qui font claquer la langue sur le palais mais sans assécher, faisant saliver, sensation saline qui donne envie d’y revenir. Belle découverte pour tout le monde.

 

8 Kanonkop, WO Stellenboesch Pinotage 2013 : (Kanonkop « coup de canon » 100ha créé en 1910 par la famille Sauer. Au pied des montagnes du Simonsberg, 10km au nord de la ville de Stellenbosch. Uniquement des cépages rouges. Pinotage = croisement du pinot et du cinsault en 1925 à l’université de Stellenbosch. Elevage 1an et demi fûts français dont environ 2/3 fûts neufs)   Couleur sombre, peu évoluée. Nez de fruits noirs, cassis, pruneau, sous-bois, élevage encore un peu marqué, épices, café, cacao. Bouche toute en rondeur, avec de la sucrosité, encore jeune, confiturée, gourmande, l’alcool est enrobé, les tannins aussi, le tout donne l’impression d’un vin fondu, gourmand, et au final digeste et presque facile à boire dans un style tout en largeur, à l’opposé du précédent. 

 

9 Mullineux, WO Swartland Granite syrah 2021 : (« Moulin à eau ». Créé en 2007 par Chris et sa femme Andrea. Ils se sont rencontrés lors de stages en France (Rhône sud, Bandol, champagne). Membre de la Swartland Revolution. Achat de raisin juste sur la gamme Kloof Street. Granit sur la montagne de Paardeberg. 100% grappe entière, fermentation et macération longue en 500L.  Puis élevage 12mois en 500L dont 25% neufs, puis 9 mois de foudres)  Couleur très noire, nez de syrah noble, cassis, mûre, violette, graphite, élevage parfaitement intégré. La bouche a beaucoup de volume, belle acidité, noble mais encore très jeune, avec des tannins serrés en finale, beaucoup de fond et de longueur mais clairement trop jeune en l’état. Probablement un grand vin dans 10ans.

 

 

 

Soirée n°2

 

 

1 Chris Alheit, WO Paardeberg (Swartland) Fire by night 2022 (chenin) : (à Nuwedam, Paardeberg, 300-350m alt. Sols granits décomposés. Plantées entre 1972 et 1985. Non irrigué. 2 500 Pieds / Ha, taille gobelet. Pressurage grappes entières, fermentation et élevage en barriques neutre et cuves ciment ovoïde. 12,5%) Couleur claire, nez discret, agrumes, miel, floral. La bouche est très fraîche, très minérale, très élégante, encore un peu fermée, mieux après carafage, elle manque d’un peu de volume, mais c’est long, salivant, caillouteux, très joli style, juste un peu trop austère en l’état. 

 

2 Eben Sadie, WO Swartland Palladius 2021 (chenin, grenache Blanc, marsanne, roussanne, viognier, sémillon, colombard, verdellho et palomino) : (17 vignobles autour de Paardeberg, Piketberg & Santa Helena Bay planté entre 1900 et 2000 altitude et terroirs variés. Sols granits + sables et grès. vinification en amphores et cuves béton ovoïdes. Elevage 12 mois sur lies dans les mêmes contenants puis 12 mois en foudres) Couleur or, nez d’abricot, fruits blancs, miel, semble assez mûr mais sans lourdeur. La bouche est bien plus puissante que le précédent, avec un gros volume, mais aussi une grosse acidité, pas de bois, beau fruité à l’attaque plutôt gourmand pêche, abricot, la fin de bouche se retend, plus minérale, plus agrumes, très longue, salivante. Là aussi c’est encore un peu jeune probablement mais le vin se livre déjà. Très bel équilibre.

 

3 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2022 (chardonnay) : voir soirée n°1

 

4 Lourens, WO Piekenierskloof Lua Ilse Grenache 2022 : (domaine créé en 2016 à Paarl par Franco Lourens ancien bras droit de Chris Alheit (qui a aussi travaillé chez Vasse Felix, Ramay, Matassa…) Il partage son chai avec Van Loggerenberg. Lua Ilse est le nom de sa fille, premier millésime en 2019. 100% grenache non greffé à Piekenierskloof (Swartland), élevage fûts non neufs de 500L. 25% grappe entière)  Couleur rubis, nez un peu pinot, infusé, fruits rouges, framboise, pivoine, très élégant et éclatant. La bouche est plus typée grenache, mais sans aucune lourdeur, ronde, fruité rouge sucré, peu de tannins, très floral et élégant, frais, manque juste un poil d’allonge pour être parfait, mais il offre beaucoup de plaisir en l’état.

 

5 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2020 (pinot noir) : voir soirée n°1

 

6 Kanonkop, WO Stellenboesch Kadette pinotage 2021 : (Kadette = les seconds vins, avec du négoce et des vignes plus jeunes. Elevage 1an fûts français de 225L de 2e et 3e remplissage) Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, le chocolat, peu de bois par rapport aux cuvées supérieures. Bouche gourmande, toute en rondeur, avec un fruité un peu sucré, ça reste assez simple mais bien réalisé techniquement pour cette entrée de gamme classique.

 

7 Stark-Condé, WO Jonkershoek Valley Stellenbosch syrah 2018 : (Jonkerschoek valley sud-est de Stellenbosch. De 100à600m. Domaine créé en 1989 sur 240 ha dont 40 de vignes. Ici 3 parcelles. 98% syrah 1% roussanne 1% viognier. 10% grappe entière. Sols granit décomposé et argile. 20mois fûts chêne français 300L 10% neufs. 14%.) Une syrah très noire, au nez très cassis, mûre, un peu de violette. La bouche est très ronde, un peu sucrée, gourmande, pas très boisée par rapport aux grandes cuvées du domaine. La finale n’a pas la longueur ni le fond des précédents, mais c’est une entrée de gamme typique, bien vinifiée.

 

8 Eben Sadie, WO Swartland Columella 2021 (syrah, mourvèdre, grenache, carignan, cinsault et tinta barocca) : (A Paardeberg, Kasteelbarg, Malmesbury, Piquetberg, donc altitudes et terroirs variés. Granite + ardoises, graviers. Fermentation en cuves béton ouvertes de 3300 l sous levures indigènes pendant 3 semaines. Macération post-fermentaire de 3 semaines supplémentaires avant transfert en barriques. Elevage 12 mois en barriques de chêne français (5% neuf) puis 12 mois en foudres) Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, l’orangette, les épices, la cannelle, la violette, le pin. Bouche élégante pour un rhône blend à 14%, avec des tannins souples, peu extraits, du volume, une grosse acidité, un fruité très pur, moins épicé que le nez. C’est surtout la finale qui est intéressante, comme tous les Sadie, très fraîche, salivante, même sensation saline. C’est bien sûr trop jeune, le vin demande à gagner en complexité, mais il se livre déjà bien. 

 

9 Klein Constantia, WO Constantia 2019 (muscat à petits grains) : (150ha environ, créé vers 1680. Fûts de chêne français et hongrois 500L dont 50% neufs. En Moyenne 160-170gr SR) Couleur or profond, nez exubérant, très aromatique, miel, litchi, rose, abricot. La bouche est haute en alcool (14%) pour un liquoreux, très dense, elle manque un peu d’acidité pour équilibrer le tout.

 

 

 

 

Soirée n°3

 

 

1 David & Nadia, WO Swartland Plat’Bos chenin 2021 : (David et sa femme Nadia Sadie (aucun lien avec Eben Sadie) ont fondé leur domaine à Siebritskloof dans la montagne de Paardeberg, au cœur du Swartland en 2010. Viticulture bio. 50% domaine/50% négoce. Plat’Bos : Parcellaire, le plus frais du domaine. David & Nadia gèrent la vigne depuis 2013. 1,8ha, bio, sols de granite. Vignes de 1981, vendanges en 3 fois, début février. Vendages précoces. Expo nord. Elevage veux fûts. 11,5% vol)  Couleur claire, nez un peu fermé, agrumes, poire, zestes citron vert. Bouche légère en alcool, tendue, peu de volume, très épurée, presque un peu trop, sensation minérale intéressante, très fraîche, semble un peu bloquée. L’équilibre est intéressant, mais un peu jeune. Ne se livre pas complètement. Assez proche du Fire by night de C. Alheit.

 

2 Eben Sadie, WO Swartland Skerpioen 2022 (50% chenin, 50% palomino) : voir soirée n°1

 

3 Thorne & Daughters, WO Swartland Paper Kite 2021 (95% sémillon blanc, 5% sémillon gris) : (En 2008, à leur retour en Afrique du Sud, John rejoint le domaine Thelema puis Iona mais il rêve de lancer son propre négoce. C'est chose faite en 2012, tout en travaillant en parallèle avec ses amis Chris Alheit et Finlayson. Achat de raisins et fermages dans plusieurs secteurs. Basé à Bot River, False Bay. Paper Kite : Vignes de 1963 sur Paardeberg (Swartland), vieux fûts 500-600L Stockinger. Sur granite. 12,9%vol.)    Couleur dorée, nez grillé, marqué par les lies, derrière du miel, fruits jaunes, coing. La bouche est bien équilibrée, mûre, avec du volume, peu de bois, belle acidité dans le fond, toujours marquée par les lies. La finale manque un peu de longueur et de fond par rapport aux deux précédents.

 

4 Duncan Savage, WO Western Cape Savage white 2022 (75% sauvignon blanc, 25% sémillon) : (Ancien winemaker de Cape Point vineyard, il monte en parallèle son négoce en 2011, s’agrandit peu à peu, et vole désormais de ses propres ailes. Tout est encore en achat de raisins. Son chai est à Salt River, au Cap, mais les raisins viennent de plusieurs régions. Style sur la finesse et la fraîcheur. White : raisins de Stellenbosch, the Overberg and Villiersdorp. Pressé grappe entière, 10mois fûts français de 500L dont 20% neufs)  Couleur claire, nez marqué par le sauvignon au départ, buis, agrumes, sans excès de sous-maturité ni de surmaturité, très « ligérien ». La bouche est un peu différente, très beau volume, énergique, pêche, miel, cire, un léger gras sans être marqué par le bois, finale longue, salivante.

 

 

5 Donovan Rall, WO Western Cape cinsault 2022 : (ancien assistant d’Eben Sadie, il crée son domaine en 2008. Vinif peu interventionniste. 15ha environ. Swartland. Cinsault : Raisins de Darling, et un peu Swartland. 80à100% grappes entières, élevage en cuves béton pendant 6 mois. 12,5%. Vignes de 1952 et 1982) Couleur claire, nez plein de fruit, fraise, framboise, petite sucrosité, un peu bonbon primeur encore, épices, garrigue. Bouche très légère, peu de tannins, glisse tout seul, pas très complexe, mais très efficace, une entrée de gamme parfaitement réalisée, pleine de fruit et de fraîcheur.

 

6 Duncan Savage, WO Darling Thief in the night 2022 (grenache) : (grenache à Piekenierskloof, même parcelle que la cuvée Soldaat d’Eben Sadie. 20% grappe entière, Elevage foudre. Vignoble en altitude, sur grès. 13%.) Couleur rubis, nez éclatant, plein de fraise écrasée, pivoine, poivre. La bouche est très gourmande, fruitée, tannins souples, plus de volume que le cinsault de Rall, le côté poivré/épicé apporte un surcroit de complexité à ce jus de fruit, ça reste très frais et en plus il y a une certaine longueur. Coup de cœur unanime.

 

7 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2020 (pinot noir) : voir soirée n°1

 

8 Damascene, WO Swartland syrah 2021 : (créé en 2019 par Jean Smit et David Curl, après un passage en Californie, chez Stéphane Ogier, chez Badenhorst puis plusieurs années chez Boekenhoutskloof. . Basé à Elgin. Raisins du Swartland, Cederberg et Stellenbosch. Style « rhodanien ». Swartland : 3 parcelles, granit, schiste et argile, majorité schiste. 11mois cuves bois 2000L. Environ 70% VE)  Couleur sombre, nez élégant mais qu’il faut aller chercher, fruits noirs, violette, zan, graphite. Bouche tendue, fraîche, un peu fermée, austère, mais très noble, beaucoup de finesse, on sent qu’on a voulu privilégier la fraîcheur ici. Manque de gourmandise dans la série par comparaison, mais un style intéressant, très fin et frais pour le Swartland. Il a divisé l’assemblée.

 

9 Lismore, WO Cape South Coast syrah 2017 : (En 2000, Samantha O'Keefe quitte sa Californie pour venir vivre en Afrique du Sud. Elle déniche une ferme à Greyton, un village isolé entouré de montagnes (dans la région de l'Overberg au nord de Walker Bay) et décide d'y planter des vignes (elle est la seule à le faire dans cet endroit). Premier millésime en 2008. Syrah 2017 : (30 % de fruits Greyton plantés sur des sols de schiste lourd (schiste décomposé) sans irrigation, et de 70 % de fruits Elgin sur des sols de grès et de schiste.) Fermentation avec 40% grappes entières en cuves à l'air libre et avec 60% égrappées en cuves bois de 5000 litres. Elevage sur 9 mois en vieilles cuves de 3000 litres.)   Couleur plus claire que le précédent, à peine évoluée, nez plus animal, surtout au départ, plus mûr, plus marqué fruits rouges, il me rappelle du sangiovese par exemple, pas très typé syrah en tout cas. Superbe bouche, plus puissante que le précédent, plus de volume, de gourmandise, fruité très pur, grosse acidité dans le fond qui équilibre le tout, grain de tannins fins et belle longueur. Très joli, dans un style Bruello tradi je trouve. A point.

 

Bonus Faury Saint-Joseph Les ribaudes 2022 : couleur sombre contours violets, encore jeune. Nez de fruits noirs confiturés, léger lardé, olive. Bouche avec beaucoup de volume, des tannins encore présents même s’ils sont de qualité, épicé, pas forcément très haut en alcool mais une sensation de richesse, de maturité très élevée, avec un fruité confituré. Bu à l’aveugle derrière les deux syrahs sud-africaines, personne ne pense à la France et évoque un climat bien plus solaire que celui de l’Afrique du Sud… Comme quoi le style « old world vs new world » est bel et bien démodé.

 

10 Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2022 (tinta barroca) : couleur rubis foncé, superbe nez très élégant de pivoine, mûre, framboise, fruité très pur, très floral aussi, éclatant. La bouche, comme sur le 2016, pourrait faire penser à un nebbiolo, mais avec un peu moins d’alcool, pas beaucoup de corps, mais beaucoup de pureté, de tension, quelques petits tannins qui donnent beaucoup d’allonge, toujours cette finale très acidulée, saline, qui donne envie d’y retourner sans cesse. Un vin d’esthète, déjà délicieux.

 

 

 

Conclusion

Les participants ont été bluffé du niveau global des vins, lors des trois soirées. Il faut bien sûr être prudent : il s’agissait là des meilleurs producteurs du pays, très bien sélectionnés par nos importateurs en France. On ne peut donc pas vraiment dire que les vins étaient représentatifs de ce qui est produit globalement dans le pays.

 

Ce qui a frappé en premier, c’est la fraîcheur. Aucun vin n’était lourd. Quasiment aucun ne dépassait les 14%, avec une moyenne plutôt autour des 13% et des taux d’acidité globalement élevés. Il faut croire que la viticulture est parfaitement adaptée à ce climat solaire, d’autant plus que la majorité des vins provenait du Swartland, sans irrigation ni acidification. Les cépages, les clones/massales, les porte-greffes, les densités, les rendements, l’effeuillage… semblent parfaitement maîtrisés chez cette nouvelle génération de vignerons sud-africains. Il y aurait probablement beaucoup de leçons à en tirer pour nos vignobles du sud de la France…

 

Si l’on doit vraiment trouver à redire, les vins n’ont dans l’ensemble pas paru très originaux. Tout était très propre, techniquement bien maîtrisé, pas particulièrement d’excès de bois, mais dans des styles connus, que l’on pourrait qualifier « d’européen ». Bien sûr, les cépages utilisés ne permettent pas la même originalité qu’en Grèce ou au Portugal.

 

Il y a donc de l’optimisme à avoir sur les vins sud-africains. Certes, ici aussi les conditions climatiques sont de plus en plus compliqués (peu d’eau, des orages rares mais de plus en plus violents…) mais cette génération qui a seulement une dizaine d’années d’expérience, progresse à une vitesse fulgurante.

 

16 novembre 2024

Soirées Grands Vins inconnus (08 et 15/11)

 

Le but de cette soirée était de sortir des sentiers battus et de montrer qu'il y a de très grands vins partout sur la planète si l'on prend la peine de chercher.

 

La sélection mélangeait quelques cépages/régions/pays rares, des cuvées méconnues de producteurs qui eux nous sont familiers, des vignerons célèbres dans leur pays mais que l'on croise assez peu en France ou encore des vins que nous n'avions encore jamais goûtés à la cave. Donc bien évidemment, tous ne sont pas inconnus pour tout le monde.

 

Il y a tellement de vins que nous aurions pu faire goûter dans cette soirée... Les frapatto d'Occhipinti, Le Col du Loup, La Solera de Bretaudeau, Kollwentz, Antigone, Beau Paysage, Wongamat, les chasselas de Ziereisen, Jardin de las Iguales, Comando G, Compania dos profetas, Njord, les vieux Corbineau ou Lenoir, les Epinays, Chemin de Croix, Rockford basket press, Twardowski, La Rochette, Il Guercio.... Mais aussi des Madère, Xérès, vins allemands... mais ils auront ou ils ont déjà eu leur soirée à part. Bref, il a fallu faire des choix. Sans compter qu'il y a aussi beaucoup de vins que nous ne connaissons pas nous-mêmes, mais difficile de les faire goûter du coup :)
 

 

 

 

Soirée n°1

 

1 Vino Gross (Slovénie), Iglic furmint 2019 : (Jeune domaine créé par Maria et Michael Gross (autrichiens) dans le village de Gorca, région de Haloze, à l’est de la Slovénie. Terrasses argilo-calcaire en pente. Clones de furmint achetés à Szepsy en 2008. 350-400m altitude. Elevage 12 mois gros fûts + 4 mois cuve inox. 13%. 60% vignes ont 13ans  40% 38ans) Couleur or, nez un peu typé riesling, résine, hydrocarbure, citron confit, miel. Bouche avec un peu de gaz à l’ouverture, mais sinon ne semble pas spécialement nature, très droite, énergique, sensations minérales et salines, très citron confit, quelques fruits plus mûrs avec l’ouverture, pas une grosse complexité aromatique mais une finale impressionnante de longueur et d’intensité, semble encore tout jeune. L’équilibre est parfait. Ça commence fort. 

 

2 Camin Larredya, Jurançon sec Costa Blanca 2021 : (côte calcaire. 75% petit manseng, 15% camaralet 15% lauzet. Elevage œuf en grès) Couleur or nez, nez d’abord sur la poire puis de plus en plus sur les fruits exotiques, acacia. Bouche avec une certaine gourmandise, fruits exotiques frais, presque une impression d’un peu de sucre, mais aussi une grosse acidité, des amers très nobles, semble déjà à point, très complexe, très long et salivant. Tout s’équilibre parfaitement, les 14% ne se sentent que par le volume en bouche, finale interminable. 

 

3 Takahiko (Japon), Nana Tsu Mori pinot noir 2018 : (île d’Hokkaïdo. Ville de Yoichi. 4,5ha environ. Nana tsu mori = les 7 forets car 7 types d’arbre sur le domaine. Takahiko Soga a créé le domaine en 2010, Microbiologiste à Tokyo puis il a travaillé sur le domaine Coco Farm Winery, il a ensuite voyagé en Bourgogne et Jura. Planté à 3000 pieds/ha seulement sur des sols de graves et de sables reposant sur un substrat volcanique. Beaucoup de neige en hiver, ce qui protège du gel, puis des étés chauds et secs. Vendanges fin-octobre. Travail en grappe entière, fermentations en cuves, au froid, avec inertage CO2. Puis élevage en barriques françaises dont 10% neuves. Très peu de sulfites) Couleur très claire, nez incroyable de rose, pot-pourri, petits fruits, tendance nature au sens éclatant, d'une grande pureté, il me rappelle Bizot, les Horées ou autres très grands bourgognes. La bouche est un peu en-dessous, légère, un poil maigre, acidulé, trait végétal, facile à boire, mais manque une pointe de maturité pour être très grand. 

 

 

 

4 Passopisciaro (Sicile), Etna Contrada Rampante 2018 : (100% nerello mascalese, parcellaire le plus en altitude du domaine, à Castiglione sur le versant Nord de l’Etna. Vignes centenaires. Elevage vieux foudres) Couleur claire et à peine rouillée, façon nebbiolo. Nez bourguignon de petits fruits rouges, floral, mais aussi une petite touche fumée et réglissée. Bouche qui présente peu de corps, légère en alcool sur ce millésime compliqué, finale sur de petits tannins serrés et salivants, mais plutôt fins pour un jeune Passopiciaro. C’est très bon, mais ce n’est pas la plus belle bouteille du domaine. 

 

5 Ernst Triebaumer (Autriche), Burgenland Blaufränkisch ried Mariental 2015 : (100% blaufränkisch, à Rust, sur le lac de Neusiedl. Sols calcaires. Elevage en 500L) Couleur noire, nez solaire, café, fruits noirs, tabac, lardé, végétal noble, encore un peu d’élevage, entre syrah cabernet et tempranillo. La bouche qui s’annonçait très riche présente finalement une certaine forme de finesse, avec des tannins enrobés, une bonne acidité derrière le café et les fruits noirs, déjà un début d’évolution sous-bois. Bien fait, dans un style plus traditionnel que les autres vins du jour. 

 

6 Abbatucci, Monte Mare 2022 : (100% sciaccarellu. Vignes pulvérisées à l’eau de mer. Elevage demi-muids et œuf béton) Couleur rubis brillante, nez très confiture de fraise, grenadine, épices exotiques, badiane. Bouche toute en rondeur, 15% d’alcool qui ne se sentent pas du tout, plein de fruits rouges sucrés, texture soyeuse, la finale reste fraîche et saline. Plus de corps que la cuvée Faustine, plus frais et aérien que le cuvée Monte Bianco même si on ressent clairement un air de famille. 

 

7 Bodega Cerron (Espagne), Jumilla El Cerrico 2016 : (100% airen. Vignes préphylloxériques à 900m d’altitude. Fermentation en jarres en terre cuite. Elevage en fûts de 500L puis en cuves) Couleur dorée, nez grillé, beurré, très bourguignon au départ, des fruits plus mûrs dans le fond. Bouche légère en alcool (12%) pour le sud de l’Espagne, acidité basse, sur les arômes du nez, manque un peu d’intensité et de tension dans la série. 

 

8 Gravner (Italie), IGT Venezia-Giulia Ribolla Gialla 2014 : (à Oslavia, dans le Collio. Légende du vin orange. 6 mois de macération suivis de 6ans d’élevage en foudres) Couleur orange aux reflets roses, nez complexe mais moyennement expressif pour un vin orange, encore tout jeune, abricot, melon, réglisse, pin, rose, touche fumée… La bouche présente des tannins fins pour une macération, sur les arômes du nez, élégant, très propre, mais presque trop, il manque un peu d’intensité, impression que le vin ne se livre pas encore totalement par rapport aux meilleures bouteilles du domaine. Le fond regoûté le lendemain à température ambiante semblait justement plus intense. 

 

9 Brännland (Suède), Iscider 2023 : cidre de glace suédois, tranquille même s’il y a un léger perlant, environ 170gr de SR, 9,5% d’alcool, très aérien, frais, rafraîchissant grâce à son acidité très élevée. Superbe équilibre.

 

Bonus : D&B Milutinovic (Serbie), Ausbruch 2001 : (Sila, Petra et Pinot blanc, enrichi avec menthe, aubépine etc… 16,5%) Une curiosité pour finir, un liquoreux encore jeune très marqué par la menthe et une impression de plantes médicinales qui donnent de la fraîcheur. Un OVNI. Merci Bertrand pour la découverte.

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Thibaud Boudignon, Savennières Clos de la Hutte Franc de pied 2020 : (élevage en wine globe) Couleur claire, nez assez simple et aromatique, pêche, agrumes, floral, trait végétal. Bouche légère en alcool, vive et fruitée, demi-corps, assez simple en l’état, beaucoup de finesse mais presque trop peut-être, longueur moyenne. Petite déception à la levée de la chaussette, c’est bon, mais les fans du producteur et du Clos de la Hutte classique en attendaient plus.

 

2 Dagueneau, Pouilly-fumé Intouchables 2019 : (fié gris ou sauvignon gris) Cuvée très particulière de Dagueneau, avec une couleur à peine saumonée, le nez est sur les agrumes, les fruits rouges, notes fumées, pas spécialement marqué sauvignon. La bouche est magnifique, puissante en alcool (14%) mais cela se ressent uniquement dans l’intensité du vin, c’est mûr, avec du corps, pas d’élevage ressenti, et surtout une très grosse acidité qui équilibre le tout, finale très longue, salivante. Très beau vin.

 

3 Kusuda (Nouvelle-Zélande), Martinborough syrah 2019 : (Saleyard vineyard 1,1ha à 40m altitude. Vignes de 1992. Rendements 20hl/ha.  Sols alluvionnaires argiles, graves. 10% VE. Préfermentaire à froid. Elevage 22mois en fûts dont 29% fûts neufs. 1905 bouteilles)  Couleur sombre, nez marqué syrah, poivré, fruits noirs, légèrement animal, violette. La bouche est très fine, avec des tannins soyeux, légère en alcool, l’aromatique est sauvage comme au nez, mais le vin semble très fin en même temps, facile à boire, encore un peu d’élevage, beaucoup de rondeur, mais pas de sucrosité. Joli vin, mais très différent de la dernière bouteille bue qui faisait un peu cinsault en comparaison.

 

 

 

4 Cassagne et Vitailles, Les Crouzets 2021 : (100% grenache, Languedoc-Montpeyroux. Issue d’une parcelle âgée de 50 ans, sol de graves argileuses) Couleur très claire, infusée, magnifique nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine, pétales de rose, pur, éclatant. La bouche est très fine, toute en fruit et en fleur, avec une touche de gourmandise à peine sucrée, mais sans lourdeur. Il y a quand même du volume, un toucher de bouche soyeux et de la longueur. Sublime.

 

5 Justine Vigne, Vin de France Yoga 2022 : (Lieu-dit Le Serret, Vaucluse. Vignes de 1986 et 1978. Sols sable argile calcaire et gypse. Grappe entière. Vinifié sans sulfites en cuve puis élevage en jarre) Couleur sombre, nez sauvage de tapenade, olive, notes animales, violette, peu de doute sur la syrah. La bouche réussit à garder beaucoup d’éclat, du fruit, de la fraîcheur, des tannins très fins, semble déjà prête à boire. Attention toutefois un vin à dégazer, mais à ne pas trop aérer non plus. 

 

6 Kutch, Sonoma Coast Bohan vineyard pinot noir 2021 : (achat de raisins à la famille Bohan qui fournit aussi Failla, Flowers, Sandlands, Arnot Roberts. 400m altitude. 4,5kms de l’océan. Vignes de 1972. Sols de grès, sable avec un peu d’argile « Goldridge ». 50% VE, fûts non neufs.) Couleur assez sombre pour un pinot, nez très fin et délicat, sur la cerise rouge principalement, très typé pinot, même s’il n’est pas encore parfaitement ouvert. La bouche est très belle, pinot à la fois fin et sérieux, fruité, acidulé, encore un peu de tannins mais de qualité, il demande un peu de temps, encore un peu jeune, mais beaucoup de fond et un équilibre parfait, sans aucune sucrosité, pas du tout « nouveau monde » là aussi. 

 

7 Valentini, Trebbiano d’Abruzzes 2018 : (100% bombino bianco par la légende des Abruzzes) Couleur dorée, nez marqué par les lies, grillé/fumé, avec aussi des notes citronnées, brioche, épices, floral. La bouche est aussi marquée par les lies, plutôt en finesse et tension sur ce millésime, on sent que c’est encore jeune bien sûr, mais déjà noble et distingué, avec du fond, juste un peu trop en réduction sur lies pour le moment.

 

Bonus :

Charles Dufour, Liqueur de Comptoir Mistelle L2010 : le nez sent clairement le marc, pas de doute possible sur la mistelle (Vin de Liqueur), joli fruité, beaucoup de mirabelle surtout, touche d’amande, brioche. Bouche avec pas mal de sucres, l’alcool est bien intégré, l’équilibre est bon, c’est très gourmand, pas trop lourd, très bien fait.   Le Nid, Moulin à Vent 2018 : bouchon   Clos de Gat, Chardonnay Judean Hills 2016 : chardonnay déjà bien évolué, miellé, tertiaire, beurré, élevage poussé mais désormais intégré, mais la bouche a gardé une belle acidité, pas de lourdeur ni de sucrosité, plutôt bien fait.  Calem, Porto Vintage 1985 : Couleur sombre, un vintage encore tout jeune, puissant, qui n’a pas encore mangé ses sucres, intense, long, et chaleureux.   Fleury, Champagne Blanc de Noirs : champagne vineux, bulle fine, mûre, marqué pinot noir, peu dosé (3gr) sans tomber non plus dans l’austérité. 

 

 

 

Un très beau niveau global, et au final on se rend compte qu'on ne peut pas échapper à la loi des séries, au contexte de dégustation et à l'aveugle également peut-être. Par effet de comparaison, certains vins surnagent et d'autres souffrent de l'effet de séquence, alors qu'ils s'en seraient probablement mieux tirés dans une autre série ou bus seuls. Mais c'est le jeu !

 

15 mai 2024

Visite au domaine Les Grands Pans à Saint-Sandoux

 

Visite au domaine Les Grands Pans à Saint-Sandoux

 

 

Corinne et Jean-Marie Bonny, passionnés de vin depuis longtemps, ont réalisé leur rêve : devenir vigneron. Ne trouvant pas de parcelle idéale à reprendre, ils ont fini par planter eux-mêmes des vignes ; un choix qui demande beaucoup de temps, d’argent et d’énergie mais c’était le seul moyen d’obtenir le résultat dont ils avaient toujours rêvé.

En 2017, la mairie de Saint-Sandoux leur propose une parcelle en friche depuis au moins la seconde guerre mondiale, d’un peu plus d’1 hectare, à Saint-Sandoux, de l’autre côté de l’autoroute, face à Veyre-Monton et à Corent, juste au-dessus de la parcelle de blanc de leurs amis de l’Arbre Blanc.

 

 

   Le travail a été colossal entre le défrichage, le nettoyage, l'amendement, l'engrais vert, le labour, les plantations. Détails et photos sur le site du domaine https://grandspans.fr/notre-histoire/

 

 

En 2019 la parcelle est enfin plantée, 5500 plants (dans l’idéal 6000 bouteilles les années où tout ira bien) 2/3 de pinot noir sur la gauche, 1/3 savagnin sur la droite. Jean-Marie est un grand amateur de vins du Jura, des vins jaunes mais pas uniquement. Les sols argilo-calcaires ici sont adéquats pour le savagnin, le climat aussi, et ça peut être une bonne réponse au manque d’acidité des derniers millésimes. Comme il y a beaucoup de calcaire actif, la vigne a été greffée sur fercal. Les pinots sont des massales avec une grande diversité génétique, idem pour les savagnins sélectionnés chez le pépiniériste Guillaume dans le Jura. Tout est taillé guyot-poussard.

 

D'après le site du domaine : «  La taille Guyot-Poussard que nous tentons de mettre en place est une forme de taille douce. Les coupes annuelles doivent être ordonnées de telle sorte que les plaies de taille aient des surfaces réduites et soient situées sur la face supérieure des rameaux. En dehors de cette zone, le bois est sain et sans plaie. La sève circule alors librement. En outre, deux bras sont construits, la baguette portant les fruits est ainsi alternée chaque année. Chaque plant étant différent, cette taille est très chronophage, mais passionnante. Heureusement, Caroline du domaine de l’arbre blanc nous conseille et nous corrige patiemment. L’ambition est évidemment de mettre en place une vigne vigoureuse et de limiter le dépérissement des pieds. » 

 

 

La parcelle est très pentue, exposée sud très légèrement à l’est, solaire, très lumineuse le matin, protégée des vents d’Ouest. Ici, il n’a pas gelé en 2024 contrairement à tout le sud de Clermont, probablement grâce à ce soleil très matinal, peut-être aussi grâce aux haies et au fait de ne pas être trop bas dans la plaine. L’autre avantage ici c’est que la pression des maladies fongiques est faible, il y a peu de vignes autour, pour le moment 2 à 3 traitements par an suffisent.

 

 

 

Le travail à la vigne est bio, certifié. Jean-Marie est un passionné de biodiversité : il y a des haies tout autour, des composts sont réalisés en bas de la parcelle, les couverts végétaux sont déjà magnifiques après 4ans, avec beaucoup d’avoine, des coquelicots… Pas de labour, piochage de l’intercep. La vigne est palissée très haute pour avoir à la fois de la photosynthèse et le maximum d’ombre. Ebourgeonnage sévère sur ces jeunes vignes. Le savagnin se comporte très bien pour le moment, « il cherche toujours à monter, il est plus simple à gérer que le pinot qui a toujours besoin d’être redressé lui ». D’ailleurs tous les manquants sont replantés en savagnin, Jean-Marie regrette presque de ne pas en avoir planté un peu plus…

 

 

 

La Cave

 

Direction Veyre-Monton, dans le garage pour le moment. Mais un bâtiment est en construction à Saint-Sandoux pour l’avenir.

L’hygiène est parfaite, Jean-Marie y accorde beaucoup d’importance, nécessaire lorsqu’on travaille en nature.

Les raisins rentrent très tôt des vendanges, c’est l’avantage de travailler sur une petite surface. Sur une année chaude comme 2023, tout était rentré à 10h. Peu de vignerons peuvent se le permettre. C’est pour cette raison que le domaine n’a pas vraiment prévu de s’agrandir…

Tout passe dans le petit pressoir vertical, « c’est pratique parce qu’on voit ce qu’on fait, et parce que les jus traversent les rafles, ils sont en quelque sorte filtrés ».

 

Il y a ensuite un inertage dans la carboglace et tout part dans des cuves inox. Les blancs sont sur lies, il n’y a pas de bourbes en sortie de pressoir pour le moment.

Les rouges sont travaillés grappe entière, une sorte de semi-carbo avec une macération préfermentaire. Les jus de goutte vont dans une cuve et les jus de presse dans l’autre.

A l’heure actuelle les 2023 sont encore dans les cuves, ils attendent la mise en bouteille des 2022 en juin pour prendre leur place dans les fûts non neufs de chez Olivier Leflaive où Jean-Marie a un peu travaillé. Ce sont donc des élevages longs. « Ça c’est l’avantage d’être tous les deux doubles-actifs avec Corinne, quand tu n’as pas la pression financière et que tu peux te permettre de prendre le temps, ça change tout. Il faut le reconnaître, c’est une chance que nous avons ».

Tout est en levures indigènes, avec des pieds de cuve (sauf le cas du vin de voile), pour le moment aucun vin n’a eu besoin d’être sulfité que ce soit les 2022 ou les 2023. Le rouge 2022 verra probablement 10mg à la mise, mais ce sera décidé en fonction des analyses au labo.

Les levures du savagnin sous voile ont été sélectionnées avec l’INRA où Jean-Marie a ses entrées puisqu’il y travaille. Mais en faisant des essais sur des petites dames-jeannes on se rend compte que le savagnin même en Auvergne fait spontanément du voile !

Tout est embouteillé avec vide d’air, bouchons liège de qualité, dans l’optique d’une bonne garde.

 

 

 

Les 2022 sur fût

 

Tout est là !

 

228L de blanc, 300L de rouge et un fût de vin jaune qui sera mis en bouteille dans 2-3ans probablement (non goûté car difficile de toucher à un vin de voile en cours d’élevage). Il devrait y avoir le double de bouteilles en 2023 et on espère le triple en 2024.

Pas vraiment de volatile à l’analyse, pourtant le vigneron n’y est pas complètement hostile lorsqu’elle s’intègre bien dans l’équilibre du vin.

 

Résonance Savagnin 2022 : couleur or pâle, un nez un peu sur la retenue en l’état, il ne laisse pas présager d’une telle bouche. L’attaque est énergique, très bien équilibrée entre une matière dense, surtout pour d’aussi jeunes vignes, et une acidité élevée. Les 14% d’alcool ne se sentent que par le volume et l’intensité pendant que le pH très bas (2,9 en 2022 ! il y aura environ 3,1 en 2023) équilibre le vin, le porte très loin, sur une finale saline très longue. Le profil rappelle clairement de beaux savagnins ouillés du Jura, comme les Notes bleues par exemple. C’est parfaitement propre. Déjà un des plus jolis blancs d’Auvergne dès le premier millésime. Bien sûr c’est un vin de gastronomie, qui avec de telles « mensurations » n’est probablement pas fait pour tout le monde. Il faut clairement aimer la tension. Mais l’élevage long l’a quand même bien patiné. J’ai hâte de le revoir avec quelques années et aussi de voir le 2023.

 

Magnétique Pinot noir 2022 : un peu le contraire du précédent, un pinot clair en couleur, léger (entre 12,5 et 13%), acidulé, aux tannins souples, qui n’est pas maigre pour autant, mais très digeste, sur la griotte, la groseille, avec aussi une note fumée bien présente, typique des 2022 apparemment puisqu’on retrouve la même chez l’Arbre Blanc sur ce millésime-là. Pour le moment les deux s’équilibrent bien. Il va être important que le fumé ne prenne pas trop les devants par rapport au fruit je pense. Un pinot élégant, frais, qui devrait s’aborder facilement en jeunesse.

 

 

Un grand merci à Jean-Marie pour la visite. Je venais au départ pour la curiosité de goûter les premiers savagnins d’Auvergne, et force est de constater que c’est une vraie réussite. Le pinot est lui aussi très intéressant sur cette très belle parcelle parfaitement « jardinée ». Mais le savagnin par son originalité, et surtout les pH qu’il peut donner aux vins tout en gardant volume et longueur m’a semblé ce jour-là la meilleure réponse au réchauffement climatique qui est le grand problème des blancs d’Auvergne à l’heure actuelle.

 

Le savagnin : l’avenir de l’Auvergne ? Et pourquoi pas ? Il me semble en tout cas bien mieux adapté que le chardonnay !

 

23 juin 2020

Soirée Nouvelle Génération de Californie (19/06)

Le thème de la soirée proposait de partir à la découverte du mouvement IPOB, In Pursuit of balance ("A la recherche de l'équilibre"). Ce "mouvement" est né en 2011, lors d'une conférence dans laquelle Rajat Parr prônait que pour trouver l'équilibre, les vins californiens devaient désormais avoir moins d'alcool et plus d'acidité. Il a ensuite été rejoint par d'autres vignerons partageant la même philosophie. S'il n'y a pas de règles précises, on remarque tout de même une philosophie commune : moins d'alcool, moins de sucre, plus de fraîcheur, le pinot noir et le chardonnay sont majoritaires, le travail est souvent bio et biodynamique, le parcellaire et le vin de terroir ("sense of place") est mis en avant, les boisés sont moins marqués, les extractions moins poussés, les vins plus digestes et plus vite prêts à boire. La plupart des vignerons sont passés par la Bourgogne, région qui leur sert de modèle. 

 

Les vins sont principalement situés dans les zones les plus fraîches, là où le brouillard est le plus important, le fameux "Morning fog" : Sonoma County (avec les AVA Sonoma Coast et Russian River) et plus récemment Santa Barbara County (avec l'AVA Santa Rita Hills).

sonoma map

 

 

La dégustation commençait par 7 pinots noirs de jeunes domaines (en comptant Williams Selyem certes plus ancien mais longtemps considéré comme en avance sur son temps) comparés à deux vins plus "old school". Idem ensuite pour les blancs avec un chardonnay IPOB opposé à des chardonnays à l'ancienne.

 

 

1 - Anthill Farms, pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : Couleur rubis foncé, nez très expressif plein de fruits rouges légèrement confiturés. La bouche est très facile, ronde, fruitée, un peu sucrée, peu de tannins, une petite pointe d’orangette sur la finale. Un vin gourmand, mais auquel il manque la fraîcheur et la profondeur par rapport aux parcellaires du domaine. B+.

anthill farms

 

 

2 - Littorai, The Pivot pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : Une robe très claire, très beau nez plutôt expressif, sur la cerise, la framboise, la rose, élevage bien intégré. Bouche avec beaucoup de fruit, de fraîcheur, une vraie trame minérale dans le fond. Quelques petits tannins qui allongent encore plus ce vin. Très belle longueur. Beaucoup d’élégance, dans un style très bourguignon. Largement au niveau d’un bon premier cru de Côte de Nuits. TB++.

littorai pivot 2016

 

 

3 - Failla, Lola pinot noir 2015 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : Couleur à peine plus sombre, on revient sur un vin proche du Anthill Farms, très gourmand, facile, boisé à peine plus marqué même si ça reste léger. Bouche un peu trop sucrée, avec de l’orangette là aussi et un peu plus d’amertume en finale. Ca manque un peu de tension. Le millésime chaud n’aide probablement pas. B.

failla

 

 

4 - Domaine de la Côte, Bloom’s field 2016 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County) : Couleur très sombre pour un pinot, premier nez plutôt désagréable, légèrement animal et surtout marqué par un boisé toasté. Mieux en bouche, légèrement toasté, grosse matière, fruits noirs, cerises, olives, presque anchois, bonne acidité dans le fond qui permet de maintenir un certain équilibre. Belle longueur, mais ça ne fait pas dans la finesse. Le vin possède un gros caractère : il divise et fait beaucoup parler, il met une « vraie baffe » à certains, d’autres le trouvent vite écœurant. On a l’impression que par rapport aux autres nous ne sommes pas tout à fait dans le « add nothing »…  l’extraction est poussée, le boisé aussi, même si en effet il n’y a pas trop d’alcool et une bonne acidité. TB-.

domaine de la cote

 

 

5 - Williams Selyem, Westside road neighbors pinot noir 2013 AVA Russian River (Sonoma County) :  Robe plutôt sombre, un nez plus fermé que les autres, qu’il faut aller chercher, plutôt orienté fruits noirs, un peu de cuir, plus sérieux, moins éclatant, élevage parfaitement fondu. Ca se confirme en bouche : le vin fait plus sérieux et plus austère que les autres, taillé pour la garde, très grosse matière (probablement un gros tri sur ce millésime « généreux »), superbe acidité dans le fond. L’équilibre est parfait mais on sent que le vin ne veut pas se livrer complètement au niveau aromatique, beaucoup de longueur. Le vin qui a le plus gros potentiel dans le temps, mais pas le meilleur ce soir-là. Peut-être difficile pour lui de passer dans une série de jeunes pinots « éclatants », conçus pour être bus jeunes pour la plupart. TB+.

williams selyem westside road 2013

 

 

6 - Hirsch, San Andreas fault pinot noir 2014 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : Robe très claire, nez assez ouvert, tout en élégance, framboise, rose, fraise. Bouche en dentelle, qui ne met pas une claque mais où tout est à la bonne place, pas très épaisse, très fraîche, fruitée, peu tannique, belle trame minérale derrière, peu d’alcool, très bourguignon lui aussi. Bonne longueur. Semble prêt à boire. TB++.

hirsch

 

 

7 - Rhys, Horseshoe vineyard pinot noir 2010 AVA Sta. Cruz Mountains (Santa Cruz County) : Une couleur assez claire mais très évoluée, presque rouille. Un nez qui tranche avec tout le reste, très marqué pot-pourri, orange sanguine, anchois, cuir, le nom de « Reynaud » est très vite évoqué. La bouche est dans le même registre, assez évoluée mais très classe, fraîche, peu d’alcool, saline, fruitée, très marqué pot-pourri encore, rose fânée, une aromatique assez sudiste mais un équilibre très « nordiste » qui donne au final un vin complexe, élégant et gourmand à la fois, sur lequel on a envie de revenir sans cesse. Un grand vin là aussi. TB++.

rhys horseshoe pinot 2010

 

 

8 - Bonny Doon, Cigare volant rouge 2010 : La couleur reste plutôt claire, peu évoluée. Le nez fait très grenache, fraise sucrée, épices du souk, menthol, orangette. Bouche pas trop alcooleuse, fruitée, assez sucrée, peu de tannins, encore jeune. Longueur moyenne. Pas mal fait même si le côté sucré écoeure assez vite. B+.

 

 

9 - Shafer, One Point five cabernet sauvignon 2009 AVA Stag’s Leap District (Napa County) : Couleur noire comme l’encre, nez de confiture de cassis, vanille, coco, élevage encore bien présent, un peu de menthol derrière. Bouche puissante, boisée, confiturée, très bodybuildée, avec une finale très lourde sur l’alcool, où les 15,3% se sentent bien. On frôle le 100/100 Parker. Un vin d’une autre époque, où il parait bien impossible de finir son verre pour nos palais habitués à un autre style. Moyen.

 

soiree ipob

 

 

Les blancs

 

10 - Sandhi wines, Rita’s crown chardonnay 2014 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County) : Couleur dorée, nez très marqué par l'autolyse (réduction bourguignonne, ou élevage sur lies sans oxygénation), ça sent l'allumette dans toute la pièce, on a du mal à trouver autre chose. En bouche on comprend mieux l'intérêt de cette vinification, très grosse énergie, c'est tendu, grosse longueur, parti pour durer longtemps, pas de gras, pas de beurré. On est exactement dans ce que l'on voit apparaître de plus en plus en Côte de Beaune. Il faut vraiment aimer ce parti pris. Certains ont adoré, d'autres détesté. TB-.

sandhi ritas crown

 

 

11 - Paul Hobbs, chardonnay 2016 AVA Russian River (Sonoma County) :  Couleur or pâle, nez plus élégant sur l'ananas, les fruits jaunes bien mûrs, un léger beurré, à peine vanillé. Ca se gâte en bouche où le vn fait très rond, peu d'acidité, l'alcool se sent vite. Dès que le vin se réchauffe, l'élevage se fait trop présent, avec une finale amère et alcooleuse. B-.

 

12 - Kistler, Chardonnay Les Noisetiers 2008 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : Couleur très dorée aussi. Le nez fait très beurré, caramel, noisette, vanille, praliné, on sent que c'est fatigué. La bouche confirme, très grasse et très ronde, plus beaucoup d'acidité, finale uniquement sur l'alcool. Là aussi, la personne qui a apporté la bouteille nous dit qu'elle a mal vieilli, d'autres ont mieux goûté. 

 

Bonus

Marimar Estate, San Miguel Vineyard Albarino 2017 Russian River Valley (Sonoma County) : Couleur presque translucide, nez plein de fruits, pêche, fruits exotiques, presque un côté muscaté. Bouche fraîche, légère, un peu perlante, un côté riesling mosellan. Assez court, mais très facile à boire. B+.

 

soiree ipob blanc

 

 

Le niveau des pinots noirs a épaté tout le monde. Si deux d'entre eux avaient une sucrosité un peu trop marquée, quatre vins rivalisent sans problème avec de très grands Bourgognes. Seul le domaine de la Côte a montré un boisé un peu trop imposant ce jour-là bizarrement. S'ils rivalisent avec les vins français niveau qualité, ils sont généralement encore plus chers malheureusement. Les vins sont souvent apparus comme faciles à boire dans la jeunesse, travaillés pour cela. Les chardonnays ont été plus décevants, nous avons eu le choix entre les deux extrêmes : des vins trop boisés, lourds et trop "oxygénés" ou un vin trop "réduit" a contrario. Un juste milieu serait l'idéal...  

 

 

Le IPOB est officiellement terminé (https://punchdrink.com/articles/what-the-end-of-ipob-means-for-ca-wine-culture-wars/) mais nul doute que leur philosophie va perdurer tant la communication de Rajat Parr et Jasmine Hirsch a fait d'émules. Il y a de nombreuses leçons à tirer de ces vins, tant le soleil est ici bien géré. Le vignoble de Bourgogne par exemple, planté à l'opposé sur bien des points, va désormais devoir s'en inspirer...

 

 

Merci à tous les participants de cette belle soirée. Prochain thème "exotique" : l'Australie !

 

6 avril 2024

Soirée Coups de Coeur du 06/04

 

Soirée Coups de cœur 

 

Les coups de cœur de cette année ont en commun d’être des expressions fraîches, pures (peu boisées) et élégantes de cépages et de terroirs pourtant très sudistes pour la plupart d’entre eux. Preuve en est une fois de plus qu’il y a de grands vins partout sur la planète et que la caricature Ancien Monde/Nouveau Monde ne tient plus. Malgré le bouleversement climatique, il est encore possible de faire de jolis vins dans des secteurs très ensoleillés à condition d’adapter sa viticulture.

 

 

1 Baettig (Chili), Traiguén Los Parientes chardonnay 2021 :  (Jeune et petit domaine créé par 2 amis. Planté en 2013 à 600kms au sud de Santiago, province de Malleco. 38e parallèle. Sols volcaniques ici. Clones français, non irrigué. Pressé grappe entière, 16mois fûts français 400L 20 à 30% neufs suivant les années) Couleur or pâle, un nez exotique, ananas, gourmand, contraste avec une bouche tendue, plus sur les agrumes, très peu de bois ressenti, belle finale fraîche et salivante. 

 

2 Domaine des Notes bleues (Cédric Mottet), Arbois savagnin ouillé 2020 : (version 12 mois d’élevage) Couleur dorée et trouble, nez très finement oxydatif malgré l’ouillage, citron confit, agrumes mûrs. Bouche énergique, un peu moins oxydative que le nez, qui combine expression jurassienne assez classique et finesse. 

 

3 Arnaud Baillot, Pernand-Vergelesses A ma fille Mahaut 2022 : Couleur très claire, nez de petits fruits rouges, pivoine. Bouche légère, peu d’alcool, peu de tannins, pas un gros volume, jus de fruit acidulé très frais, qui glisse tout seul. Il ressemble plus à un 2021 qu’à un 2022 finalement. 

 

4 RETA (Chili), Valle del Limari Quebrada chalinga Pinot noir 2021 : (Domaine créé en 2019 par l’œnologue légendaire Marcelo Retamal qui a sélectionné les trois meilleurs terroirs du Chili selon lui. Ici  400kms au nord de Santiago mais proche de l’Océan. Vignes plantées francs de pied en 2006. Sols granitiques avec des dépôts calcaires. 50% grappe entière. Elevage 16 mois dans des fûts bourguignons 228L de 3e et 5e remplissage) Couleur rubis avec des contours un peu gris, plus foncé que le précédent. Un nez élégant, qui pinote sur les fruits rouges, petite touche fumée, épices, ronce. La bouche est fraîche, avec un beau volume, des tannins fins, combine un fruité mûr et une belle acidité, semble avoir un beau potentiel de garde tout en étant déjà approchable maintenant, la grappe entière se sent et lui apporte une forme de noblesse. Très joli vin. 

 

5 Cassagne et Vitailles, Vin de France Nimalaya 2021 : (vieux carignans du Languedoc, argilo-calcaires sur Montpeyroux et St Saturnin.) Couleur sombre, nez de fruits noirs, très propre, avec une petite touche amylique, encore jeune et sur le fruit. La bouche est très élégante, peu d’alcool, très fraîche, aucun boisé, plein de fruit avec une belle acidité dans le fond apportant une sensation minérale. 

 

6 Arnot-Roberts (Californie), Lodi Kirchenmann vineyard Zinfandel 2021 : (Domaine créé en 2001 par deux amis. Sols limons granitiques et sableux, raisins achetées à Sandlands. Vigne franche de pied de 1915. Un peu de grappe entière ici.) Couleur sombre, nez sur le cassis, la mûre, petite touche violette et eucalyptus. Bouche très élégante pour un zinfandel, peu d’alcool, tannins fins, peu de bois ressenti, un fruité gourmand à peine sucré et derrière une belle acidité pour ce cépage qui donne là aussi une sensation de minéralité. 

 

7 Antonio Madeira (Portugal), Dao Vinhas Velhas branco 2020 : (15% Arinto, 15% Bical, 15% Cercial, 15% Encruzado, 15% Fernao Pires, 15% Siria, 10% Autres. A 600m d’altitude sur granit dans la Serra da Estrela. Moitié 500L moitié cuve.) Retour au blanc pour le fromage, couleur or pâle et trouble, nez d’abord sur l’autolyse grillé, puis fruits bletts, notes florales, un peu brouillon. Jolie bouche énergique, tendue, minérale, citronnée, anisée, florale, à la finale salivante. 

 

8 Mas Karolina, Maury rouge 2021 : (100% grenache, 17% vol, 90gr SR.) Couleur sombre, nez plein de fruits, mûre, crème de cassis. Bel équilibre en bouche où les 17% ne se sentent pas, les 90gr de sucres non plus, plein de fruits noirs frais. Assez simple mais toujours très efficace pour finir. 

 

Bonus Mesquida Mora, VT Mallorca Gorgollassa d’Es Monjos 2022 : (1/3 grappe entière) Vieux cépage autochtone de Majorque, le gorgollassa, un vin très simple par rapport aux autres de la soirée mais qui a le mérite d’être léger en alcool (12,5%) et peu tannique. 

 

5 mars 2024

Visite au domaine Lisa Le Postec à Aulhat-Flat

 

Visite au domaine Lisa Le Postec à Aulhat-Flat

 

Lisa s’est installée en novembre 2022 à Aulhat-Flat. Elle n’est pas inconnue en Auvergne puisqu’elle vinifie les vins de négoce L’Eau qui dort à Lempdes-sur-Allagnon avec son compagnon Paul Aublet, qui lui s’occupe en parallèle du domaine Coteau Libre (visite à venir…)

 

Son parcours peut être écouté sur cet excellent podcast : https://podcast.ausha.co/l-invitation/2-lisa-le-postec-devenir-vigneronne. Pour résumer, après avoir fait architecture et biologie, Lisa obtient son DNO (diplôme d’œnologue). Elle est donc très bien formée à faire du vin « techno » à la base, avant de se tourner vers le nature. Elle fait plusieurs stages à l’étranger (USA, Argentine et Nouvelle-Zélande) dans des entreprises de tailles très différentes, puis en France, notamment à Bordeaux chez Montrose et d’autres, avant d'être employée chez Patrick Bouju en Auvergne.

 

Lisa a récupéré les vignes de Fred (Frédéric Jacob), un agriculteur qui revendait ses raisins à la coopérative.  Elle possède désormais 2,2ha sur le coteau sud de la butte d’Ybois : environ 1ha de pinot gris, des gamays (60% gamay beaujolais, 40% gamays d’Auvergne) et des chardonnays. C’est un coteau solaire, à 550m d'altitude, ouvert et donc très exposé au vent. Lisa a pour projet de replanter quelques arbres. Il y aura peut-être la possibilité par la suite de planter sur la face nord ou est de la butte…

 

                       La parcelle de chardonnay est à gauche des pinots gris, légèrement en contrebas.

 

 

L’ensemble du coteau est basaltique, avec de l’argile et du calcaire également. Les sols sont un peu plus calcaires sur les chardonnays.

 

A noter l’excellent projet d’étude des sols financer par la Fédé, qui doit passer chez Lisa prochainement, ainsi que chez tous ceux qui en font la demande (à condition d’être en AOC Côtes d’Auvergne) :

https://www.tikographie.fr/2024/02/08/cartographier-le-vignoble-2-2-comment-la-science-des-sols-peut-repondre-au-changement-climatique/

https://www.tikographie.fr/2024/02/06/cartographier-le-vignoble-1-2-une-tariere-dans-la-neige/

 

 

La plupart des vignes ont été plantées par Fred, son prédécesseur. Les pinots gris sont de 2007 et 2012, les gamays beaujolais de 2007. Les gamays d’Auvergne ont entre 60 et 80ans, 1 rang sur 2 a été arraché pour que ce soit mécanisable. Tout est donc désormais en 2,20m * 1m soit environ 5000 pieds/ha. Le porte-greffe fercal est majoritaire.

 

Lisa a eu la chance de récupérer de très belles vignes, en bon état, par rapport à ce qu’on peut voir dans ce genre de situation. Certes il y avait tout de même un traitement systémique par an et la taille n'était pas toujours parfaite (Lisa est passée a une taille douce physiologique), mais les sols ne sont pas tassés, il y avait beaucoup de fumier déversé chaque année ce qui a donné des sols riches en matière organique, sans déficit d’azote, les rendements étaient limités autour de 35hL/ha etc… « Et Fred est toujours dans le coin prêt à aider. La transition se passe vraiment bien. »

 

                                                                         La parcelle de pinot gris

 

                   La parcelle de gamay. Les gamays beaujolais ont souffert de la sécheresse en 2023, bien plus que les autres cépages.  Les gamays d'Auvergne sont tout au fond à gauche de la photo.

 

 

 

La cave 

 

Une nouvelle cuverie est en construction. Une partie des vinif du négoce L'eau qui dort sera peut-être vinifiée ici l'an prochain avant d'être élevée à Lempdes. L'isolation est en cours. "Heureusement, le département aide beaucoup les jeunes qui veulent s'installer en Côtes d'Auvergne, il faut le signaler".

 

 

La cave provisoire où sont élevés les 2023. L'idée est de tout regrouper sur un même lieu, dans la nouvelle cuverie pour l'an prochain. Les fûts sont de tailles et provenances diverses. Mais il y a pas mal de demi-muids, une majorité provient du château Couhins à Pessac où Lisa a un bon filon. 

 

 

Les 2023 sur fût

 

Pas de SO2. Certification bio à venir. Les vins seront embouteillés sous azote, probablement au printemps pour les 3 premiers, plus tard pour le dernier. Tout est en grappes entières.

 

"Les Clovias" Gamays d'auvergne/gamays beaujolais 2023 : gamays encore un peu serrés, mais le froid n’aide pas, très beau fruité derrière, plutôt noir, épices, il y a un vrai fond minéral, beau potentiel.

 

"Chez Léo" Gamay/pinot gris comacérés : (1/3 gamay et 2/3 Pinot Gris) du coup un rouge très clair, jus de fruit, tannins très souples, mais avec un beau volume, ultra facile à boire, qui glisse tout seul, manquerait un poil d'acidité en finale pour être parfait à mon goût, mais carton assuré avec ce vin.

 

"Les Coutayres" Pinot gris 1 mois de macération : un orange qui a une couleur plutôt rose/marron étonnante, un ovni avec une macération qui ne semble finalement pas trop poussée, beau volume, tannins fins pour un orange, avec un beau fruité, pas trop d’amers en finale, très différent des oranges alsaciens. A voir en bouteille ce que ça peut donner.

 

Chardonnay : il reste encore 6gr de SR, l’embouteillage n’est pas prévu avant fin 2024, voire un peu plus pour lui. Chardonnay aromatique, coloré, puissant, avec un gros volume, encore un peu de sucre, pas une grosse acidité, clairement taillé pour la table, il a besoin d’un peu d’élevage encore. Prometteur.

 

Tous les vins sont parfaitement propres à ce stade, aucune souris, brett ou autre défaut. Aucun boisé marqué non plus. Vivement les premières bouteilles !

 

 

Un grand merci à Lisa pour l'accueil et la dégustation. Si l'aventure n'en est qu'à son début avec les tâtonnements que cela implique obligatoirement sur les lieux de vinif, le matériel etc... on sent déjà une grande maitrise. Nul doute que la formation solide en œnologie, les nombreux stages, les voyages, les rencontres variées et l'activité de négoce en parallèle ont formé cette vigneronne paradoxalement aussi jeune qu'expérimentée.

 

Pour l’anecdote : les vignes viennent d’être bénies par l’Archevêque de Clermont. De bon augure pour la suite !

https://www.lamontagne.fr/aulhat-flat-63500/actualites/des-sarments-au-sacrement-pourquoi-l-archeveque-de-clermont-etait-il-dans-les-vignes-d-une-productrice-du-puy-de-dome_14462383/

 

 

2 décembre 2025

Soirées Mansengs/pas Mansengs et Grenache/pas Grenache ? (21/11, 28/11 et 05/12)

 

Les mansengs (petit et gros généralement assemblés) ont été présenté comme des cépages donnant des vins au taux d'alcool élevé, à l'acidité très élevée, avec de la couleur et du corps. Le grenache donne lui des vins clairs en couleur, à l'alcool élevé, peu tanniques et peu acides. Mais attention aux pièges !

 

Pour plus de lisibilité, les vins des 3 soirées ont été regroupés par région.

 

 

Les Blancs

 

Hegaldaka - Irouléguy 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, à l'Est de St Jean Pied de Port. petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante. Probablement le mieux équilibré des trois Irouléguy du soir. Le manseng est vite identifié.

 

Xubialdea, Irouléguy blanc Ardan Harri 2022 : (à Lasse, sud de St Jean Pied de Port. Petit et gros manseng) Couleur or, nez un peu plus solaire que le précédent, avec plus d'extraits secs, une touche de noisette. Bouche qui attaque avec une belle acidité, la finale est un peu plus chaleureuse, on sent le millésime un peu plus solaire. Un joli manseng vite identifié aussi.

 

Goienetxea, Irouléguy Malda 2023 : (à St Etienne de Baïgorry, petit et gros manseng) Couleur plus foncée, nez de fruits exotiques, mais aussi de poire, touche pomme blett, miel, cire. Très jolie bouche, un peu plus "libre" que les précédents, mais parfaitement propre, un peu plus de volume et de largeur peut-être, l'équilibre reste bon, aucune lourdeur en finale. Encore un très joli vin de la nouvelle génération basque. Merci Kévin.

 

Domaine de Valbrun Léo Charruau - Saumur blanc Clos du Moulin 2023 : (ouvert à la dernière minute pour changer un autre chenin mais sur 2022) Couleur claire, nez d'agrumes, poire, encore un peu d'élevage. Bouche légère en alcool, de la vivacité en attaque, mais de la rondeur et de l'élevage sur la fin de bouche, vite identifié comme n'étant pas du manseng, mais le chenin a été difficile à reconnaître dans la série. Très différent du 2022.

 

F. Pinon - Vouvray solera : (demi-sec, solera 2018-2021) Couleur or, le nez est sur l'ananas, les fruits exotiques, il peut faire penser à du manseng. La bouche est un peu moins élevée en alcool et moins acide à la fois, mais l'aromatique a été trompeuse.

 

Coco Farm & Winery, Cantata di Montagna 2020 : (petit manseng, préfecture de Tochigi) Couleur or pâle, légèrement trouble, nez marqué par les lies, grillé, citron confit, pas vraiment de fruits exotiques. Bouche vive, perlante, qui manque un peu de corps et d'alcool pour être un manseng en théorie, beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Tout le monde est perdu bien évidemment.

 

Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.

 

Philine Isabelle, Langhe chardonnay 2023 : (à Barolo, sur Preda) couleur claire, nez floral, peu d'élevage, petite note exotique, bouche avec moins de corps et mois d'acidité que les mansengs, assez simple.

 

Trapet, Riesling RQWR 2011 : (riesling, à Riquewihr, demi-sec) Couleur or, nez marqué par les terpènes, fruits jaunes mûrs, presque exotique, miel. Bouche assez large pour un riesling, avec de l'opulence et de la puissance, manque un peu d'acidité pour être un manseng. Vite identifié par le côté pétrolé.

 

Tenuta delle Tere Nere, Etna bianco calderara sottana 2023 : (100% carricante) couleur or, nez qui a fait penser à du manseng, fruits exotiques, un peu miellé. Une fois l'étiquette découverte, la bouche était sur un profil plus "minéral", un peu plus frais et en tension, avec un peu de lies. Joli piège. Merci Michel.

 

Lajibe (négoce Mansengs et Co.), Mansengs Vin de France 2023 : couleur or profond un peu trouble, nez très puissant, marqué par le grillé des lies, le citron confit, les extraits secs, clairement travaillé en nature-autolyse, beaucoup pensent au Jura façon Ganevat etc..., bouche énergique, légèrement perlante, avec du volume, de l'acidité, aromatique très marquée par les lies, finale umami salivante. Ceux qui connaissaient le domaine ont vite retrouvé le style, pour les autres un vin déconcertant difficile à placer en Jurançon tant il diffère des autres vins de la soirée. Une interprétation différente, qui a fait débat.

 

Domaine des Féréol, Jurançon sec Françoise 2023 : couleur claire pour un manseng, nez de poire, quelques fruits jaunes et noisette avec l'ouverture, zestes d'agrumes, acacia. Bouche très énergique, avec du peps, de la fraîcheur, sans manquer de corps, un joli fruité, et beaucoup d'allonge. Coup de cœur unanime, qui n'a pas été simple à placer par contre, car moins solaire que la moyenne des mansengs.

 

Camin Larredya, La Virada Jurançon sec 2016 : couleur or profond, nez de fruits exotiques, papaye, mangue, miel, cire, noisette, déjà bien évolué... Bouche avec de la puissance et de l'acidité à la fois, vite identifié comme un très beau manseng, avec un peu d'évolution, pile à point.

 

Camin Larredya, Jurançon Le Grain des copains 2022 : couleur or, nez sur l'ananas, le miel. Bouche très digeste, peu sucrée (environ 45gr) avec une bonne acidité, un sucre aérien, très facile pour finir.

 

 

 

Les Rouges

 

Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache, à Aniane) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, 14% d'alcool, très gourmand et facile à boire. Tout le monde reconnait le grenache.

 

Terrasse d'Elise, Hauts de Carol's 2020 : (100% cinsault) Couleur un peu plus foncée, nez très fruits rouges sucrés, garrigue, bouche avec de la puissance mais bien équilibrée, les 15% ne se sentent pas, peu tannique, très gourmande, et longue. Très belle bouteille. Un joli piège, placé en grenache, y compris par moi-même... Bien joué Fred !

 

Réserve d'O, Bachi-Bouzouc IGP Pays d'Hérault : (100% grenache, à Aniane) un grenache légèrement plus foncé et puissant que le précédent, même si on reste sur une cuvée sur le fruit. Un peu moins de sucrosité, un style gourmand, peu tannique et efficace là aussi, bien typé grenache.

 

Féraud, Claux Guillard Vin de France 2023 : (100% grenache, à St Geniès de Comolas, Gard) Couleur claire, nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine. Bouche avec un tout petit peu plus d'acidité et de tannins que la cuvée G une révélation, mais pas suffisamment non plus pour tromper sur le cépage. Ca reste rond, gourmand, sur un fruité légèrement sucré, très bien équilibré. Après un peu plus d'hésitation, le grenache est identifié.

 

Ouréa, Gigondas 2023 : (grenache, sud de Gigondas) Couleur à peine plus foncée, un grenache en infusion, très fin, aérien, assez léger en alcool pour Gigondas (13,5%), très fraise écrasée, et herbes aromatiques, déjà très accessible et prêt à boire, coup de cœur unanime. Vite placé sur du grenache mais pas forcément sur cette appellation-là.

 

Saladin, Haut-Brissan Côtes du Rhône 2023 : (100% grenache, à St Marcel d'Ardèche) Couleur très claire sur ce millésime, nez très marqué par la rose, presque trop pour certains. Bouche en dentelle, aérienne, sans manquer de corps. Le grenache n'a pas forcément été décelé.

 

Saladin, Paul Côtes du Rhône 2023 : (90% grenache, 10% clairette) couleur très claire, nez de fraise écrasée, petite sucrosité, bouche très gourmande, ronde, soyeuse, clairement le côté solaire du grenache, sans lourdeur. ite identifié. Coup de cœur unanime.

 

Marcarini, Barolo 2021 : (à La Morra) Couleur claire, nez de fruits rouges, rose, goudron, menthol. La bouche a de la puissance, des tannins et une acidité trop marqués pour être du grenache, beaucoup de longueur et de fraîcheur, encore un peu trop austère à ce stade.

 

M. Lapierre, Morgon MMXXIV : (100% gamay, vieilles vignes du domaine) plus sombre en couleur, un gamay sur le fruit, ultra croquant et juteux, peu tannique, très fin et frais sur ce millésime, pas encore très complexe à ce stade, mais parfaitement exécuté, offrant beaucoup de plaisir en l'état. Clairement pas du grenache.

 

R. Demougeot, Pommard 2018 : Couleur claire, nez de fruits rouges plus frais et moins sucrés que les grenaches, un peu de ronce, des notes de torréfaction liées à l'élevage. Bouche légère, aérienne, tannins très fins, une bonne acidité pour 2018, un pommard avec beaucoup de finesse, vite placé sur du pinot.

 

Nicolas-Jay (Méo-Camuzet en Oregon), Ensemble pinot noir 2021 Willamette Valley : couleur sombre pour un pinot, nez avec un élevage torréfié encore un peu marqué, un joli fruité derrière. Bouche soyeuse, en rondeur, avec du corps mais moins d'alcool que sur les grenaches. Joli vin, encore un peu jeune dans l'idéal. Le piège a été vite trouvé aussi.

 

Clos Venturi, AOC Corse Altare rouge 2023 : (100% sciaccarellu, à Ponte Leccia) Couleur très claire, nez de grenadine, pivoine, fraise. Bouche en dentelle, très gourmande, tannins très fins, pas beaucoup d'alcool ressenti, globalement pas placé sur un grenache. Très belle bouteille.

 

Zuria, Spinella 2022 : (70% sciaccarellu, minustellu, carcajolu, nielluciu, à Bonifacio) Couleur plus foncée, nez qui pourrait faire grenache, fruits rouges, garrigue... Bouche moins en rondeur, avec plus de tension, à la fois du corps et beaucoup de fraicheur, tannins soyeux, très belle bouteille aussi. Merci Arno.

 

Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, carignan, Sta Cruz Mountains) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier.

 

Casa Blanca, Lluminari 2018 Collioure : (70% grenache, syrah, carignan) Un vin plus coloré que les autres, plus puissant, plus marqué par les fruits noirs, la viande fumé, le café, plus de tannins aussi, mais l'équilibre est bon, il reste frais avec une bonne longueur. On sent le sud, mais pas forcément une majorité de grenache. Merci AS.

 

Terres de Fagayra, Maury grenat 2018 : (grenache) Un VDN à base de grenache, parfait pour terminer en douceur, pas trop sucré ni trop alcooleux pour un VDN, très bien équilibré, pas de lourdeur.

 

 

 

Merci à tous pour ces 3 belles soirées qui clôturent l'année en beauté. Rendez-vous en 2026 !

 

24 juin 2024

Soirée Elémentaires avec Landry du 28/06

 

Elémentaires - Landry Boudot à Pont-du-Château

 

En attendant de trouver des vignes dans le Puy-de-Dôme, Landry achète des raisins (à des amis sérieux, tous en bio) dans d’autres régions. Il va lui-même vendanger et ramène les raisins pour les vinifier dans son hangar à Pont-du-Château. Les vinifications sont peu interventionnistes, tout est en levures indigènes, peu sulfité (seul une cuvée a vu 10mg à la mise et une autre 10mg au pressoir), parfaitement propre, sans aucun défaut œnologique grâce à un travail minutieux. Le style se veut très pur, frais, digeste, léger en alcool sur les rouges comme sur les blancs, avec de belles acidités salivantes.

 

 

 

1 Mutinerie (100% Syrah de Chiroubles) Une syrah au nez sauvage, lardé, garrigue, poivré, thé noir, violette… qui semble annoncer un vin avec beaucoup de caractère. La bouche est étonnamment très légère (un peu moins de 11% !), très ronde, peu tannique, avec une belle texture soyeuse, très digeste et facile à boire.

 

2 La chasse au chagrin (100% grenache du Gard) Le grenache est très clair en couleur, avec un nez très fruité, très fraise, pivoine, un peu bonbon. La bouche est là aussi légère en alcool, toute en fruit, peu tannique, soyeuse avec une petite touche de grappe entière et de végétal noble qui étire la finale.

 

3 Manières (100% gamay de Chiroubles) : un gamay plus sérieux que les rouges précédents, un peu plus fermé, avec plus de matière, plus de puissance, qui va demander un peu de garde dans l’idéal, mais avec peut-être plus de fond. Un style plus sérieux, mais qui reste frais.

 

4 L’Etreinte (100% pinot gris d’Alsace) un nez un peu réduit, fumé, grillé, avec beaucoup de lies qui gêne un peu au départ avant de s’atténuer avec l’aération. La bouche est par contre très énergique, très saline, avec un beau volume, pas très haute en alcool pourtant, longue et salivante, avec des amers nobles en finale.

 

5 Pluie battante (100% chardonnay de Chiroubles) très légère réduction sur lies là aussi, mais derrière on sent un fruité presque exotique, avec des notes d’ananas de plus en plus présentes avec l’aération. La bouche est fruitée, aromatique, moins sur la tension que le pinot gris, moins long mais plus immédiat et plus gourmand.

 

6 Superstition (Macération. Pinot gris d’Alsace + sauvignon d’Anjou) Un vin de macération qui a surpris par sa finesse, un vin très légèrement orange, pas spécialement tannique, qui combien une aromatique fruitée, éclatante à une bouche acidulée et gourmande. Il a surpris même ceux qui jusque-là étaient réfractaires aux vins de macération.

 

7 Second souffle (100% chenin d’Anjou) Un chenin énergique, citronné, avec une bouche tendue, percutante, très salivante, sans manquer de volume. On termine en beauté.

 

+ Fond de cuve de la syrah en Magnum : Pour la science Landry nous sort quelques vins non commercialisés, le fond de la cuve avec les lies, donc très trouble pour cette syrah, dont l’aromatique est encore plus marquée garrigue et sauvage que sur le premier vin, et une bouche avec un peu plus de matière et de mâche, tout en gardant la fraîcheur, d’un niveau exceptionnel.

 

+ Fond de cuve du grenache : moins de différence ici, le grenache n’est pas si trouble que ça, assez proche du deuxième goûté.

 

 

Les Bonus :

Pierre Deville Champagne Primitif (Verzy, 2020+2019 et 2018).

Franck Pascal Champagne Equilibre Cuvée Prestige Brut 1996

Prince Pierre Napoléon Bonaparte, Bleu Impérial  IGP Ile de Beauté Cinsault 2022

Henri Boillot, Volnay 1er cru Les Caillerets 2022

Grant Burge, Barossa Valley The Holy Trinity Grenache Syrah Mourvèdre 2011

Liefmans, Kriek  Brut 2022

Barbeito, Madère Tres Pipas Bastardo Reserva velha Medium dry

Victoire à l’unanimité des deux champagnes et du Madère !

 

 

Un grand merci à tous les participants pour cette dernière du semestre et surtout un grand merci à Landry, qui s’est prêté au jeu très difficile de faire goûter ses vins à des amateurs, qui a osé s’exposer aux critiques mais qui s’en est brillamment tiré en répondant à toutes nos interrogations et surtout avec des vins d’un niveau exceptionnel pour un premier millésime !

Nul doute que c’est un format qui sera reconduit !

 

17 septembre 2021

Soirée Côte-Rôtie du 17/09

Le vignoble de Côte-Rotie s'étend sur un coteau de 9kms environ, sur 3 communes : St-Cyr-sur-le-Rhône, Ampuis et Tupin-et-Semons. On distingue généralement deux secteurs en fonction de leur type de sol : La côte blonde au sud, censée produire des vins plus légers, et la côte brune.

 

 

carte cote rotie

 

 

Les 100% Côte Blonde

1- Christine Vernay, Côte-Rôtie Maison Rouge 2013 : (parcellaire) Couleur assez sombre, nez peu évolué, sur le fruit, légèrement animal. Bouche assez quelconque, un peu lisse, manquant un peu de tout par rapport aux meilleurs vins de la soirée, même si elle n'a pas de défauts particuliers. Un bon vin, mais on en attendait plus.

 

2- Julien Barge, Côte-Rôtie Le Combard 2016 : (parcellaire) Couleur plus claire, nez plus fruits rouges, très frais, beaucoup de poivre, plus floral, moins marqué par l'élevage. Bouche très fine, en tension, avec une très belle trame minérale dans le fond, les tannins sont fins et la finale salivante, très longue. 

 

 

Les 100% Côte Brune

3- François & Fils, Côte-Rôtie Rochins 2018 : (parcellaire) On passe à une couleur bien plus noire, un nez plus mûr, plus solaire en 2018, confiture de fruits noirs, un peu moins sauvage. La bouche reste cependant parfaitement équilibrée, avec de la fraîcheur, beaucoup de fruits noirs, du poivre, une matière épaisse mais des tannins fins, élevage bien intégré. Déjà excellent en l’état et tout l’avenir devant lui. 

 

4- Jean-Michel Gérin, Côte-Rôtie Champin le Seigneur 2017 : (11 parcelles surtout en Côte brune) Couleur légèrement plus claire, nez très toasté, café, marqué par la barrique surchauffée, bouche ronde, lisse, moins concentrée que le précédent et très boisée aussi. Décevant. 

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Les assemblages des deux Côtes

5- Bonnefond, Côte-Rôtie Colline de Couzou 2016 : (assemblage d'une dizaine de parcelles) On revient sur une robe plus claire, un nez plus « fruits rouges », plus floral, une bouche légère, très fraîche et digeste, peu tannique, mais on y retourne très facilement.

 

6- Rostaing, Côte-Rôtie Ampodium 2017 : (assemblage de 13 parcelles) Couleur plus sombre, très beau nez, très sauvage et marqué grappe entière, avec de la tapenade, de l’anchois, du lard… Bouche très tendue, avec des tannins encore trop serrés en l’état. Un vin très prometteur mais il faudra être patient.

 

7- Gangloff, Côte-Rôtie La Barbarine 2017 : (assemblage Combard, Tupin et Côte Rozier) Couleur assez sombre et brillante, nez "rock 'n roll", éclatant dès l'ouverture, plein de fruit, de notes fumées, un peu animal, léger boisé déjà bien fondu, il part dans tous les sens. La bouche est dans la lignée, mais avec une jolie texture, des tannins fins, une longueur exceptionnelle. Un petit côté aguicheur comme toujours avec les vins du domaine, mais parfaitement maîtrisé et assumé. C'est efficace, tout le monde se régale.

 

8- Jamet, Côte-Rôtie 2012 : (assemblage de 15 lieux-dits) Couleur plus tuilée, déjà un peu évoluée, nez plus en nuances et subtilité que Gangloff, plus sauvage, plus animal, plus sur l'anchois, très salin. Bouche très fine sur ce millésime, avec beaucoup de fraîcheur, de la grappe entière, plus sauvage et épicée dans l'aromatique, tout est parfait, à la bonne place, longueur incroyable. Tout le monde est séduit là aussi, pourtant il fallait passer derrière le Gangloff.

 

Au final, une soirée riche d'enseignement, avec 8 vins très différents en fonction du sol, de l'exposition, du travail à la vigne, de la vinification... Deux "stars" ont brillé : Jamet et Gangloff, ainsi que deux "petits jeunes" : Barge et François.  

 

Merci à tous les participants ! Prochain thème la Corse le 24 septembre.

 

30 septembre 2019

Soirée Vin de Pays/Vin de France du 27/09

Encépagement, aire d'appellation, assemblage, ou simple volonté de la part du producteur : les raisons du "déclassement" des vins hors des AOC sont nombreuses et ne sont pas toujours liées à une question de qualité...

 

1 - Maison Boiteau, IGP Charentais Le Bruleau 2017 : (100% chardonnay) couleur or pâle, nez beurré, vanillé, gourmand. Bouche facile, grasse, beurrée, dans un esprit petit Côte de Beaune, manque juste un peu de longueur.

 

2 - Les Vignes de Paradis, IGP Allobroges Savagnin 2015 : (100% savagnin) Robe plus dorée, nez sur la brioche, le miel, les fruits secs, évoque un champagne un peu évolué, avec une pointe oxydative. Bouche concentrée, avec une belle fraîcheur derrière, de la puissance et de la longueur. Très intéressant.

 

3 - Mas del Périé, Vin de France Les Pièces longues 2017 : (100% chenin sur Cahors) Robe similaire, nez très réduit, même après long carafage, sur l'allumette et l'oeuf pourri, compliqué. La bouche est très différente, énergique, tendue, citronnée, avec beaucoup moins d'arômes réducteurs.

 

4 - Jean-Baptiste Gougis, Vin de France Puy de Joie 2017 : (quasi 100% gamay sur le plateau de Gergovie) Couleur soutenue, nez de cerise, cassis, poivre, réglisse. Bouche puissante, un peu rustique avec des épices et un côté presque "ferrugineux", tannins encore serrés. Beau potentiel, à attendre quelques années si possible.

 

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5 - Terrasse d'Elise, IGP Pays d'Hérault Le Pradel 2017 : (100% cinsault) Couleur rubis, bien plus claire, nez de confiture de fraise, gourmand. Bouche fruitée, confiturée, peu tannique, avec un peu trop d'alcool ressenti sur la finale.

 

6 - Ludovic Engelvin, IGP Gard Clos Serre-Cabanis 2016 : (50% grenache, 50% mourvèdre) Robe grenat, nez de fruits noirs, épices, olives, cuir, garrigues. Bouche très fraîche, tannins de belle qualité, de l'épaisseur et de la longueur. Très belle bouteille. Un domaine qui monte.

 

7 - Trévallon, IGP Alpilles rouge 2009 : (50% syrah, 50% cabernet sauvignon) Robe très sombre, nez bien plus évolué, fruits noirs, cuir, truffe, tabac, la grande classe. Bouche pas très épaisse, plutôt sur la tension avec une belle acidité, des tannins encore un peu serrés, beaucoup de longueur.

 

8 - Grange des Pères, IGP Pays d'Hérault rouge 2015 : (Syrah, mourvèdre, cabernet sauvignon, counoise) On revient sur une couleur plus claire, nez explosif, plein de fruits mûrs, de garrigue, de thym, d'anchois, d'olives. Bouche dans la lignée, moins serrée que le Trévallon, très aromatique avec une grande fraîcheur derrière. La Grange a tenu son rang, sur ce millésime très accessible en ce moment bien qu'encore tout jeune.

 

Bonus - Gourt de Mautens, IGP Vaucluse blanc 2012 : (picpoul, bourboulenc, picardan, roussanne, marsanne, viognier, clairette, grenaches blanc et gris) Robe dorée, nez réduit qui rappelle le vin du Mas del Périé, là aussi on reconnait plus le travail sur la réduction que la région. Bouche intéressante, plus tendue, moins opulente que par le passé avec ce domaine. Merci Olivier pour la bouteille.

 

9 - Domaine Sérol, Vin Mousseux Turbullent : (pétillant naturel 100% gamay) couleur "rose bonbon" avec une mousse blanche épaisse, nez de bonbon à la fraise, bouche vive, pointe de sucre, peu d'alcool, très rafraîchissante, parfait pour conclure la soirée.

 

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Merci à tous pour cette excellente soirée. On se retrouve mi-octobre pour l'Allemagne.

 

19 octobre 2019

Soirée Allemagne du 18/10

Après l'Autriche, direction l’Allemagne : pays en plein essor, en partie grâce au réchauffement climatique, mais aussi grâce à une nouvelle génération de vignerons qui ont notamment remis au goût du jour les rieslings secs et les pinots noirs.

 

La dégustation a été construite en 3 étapes : des rieslings secs de la zone « Est » (Rheingau, Rheinhessen, Palatinat), une pause avec quelques pinots noirs (Baden vs Moselle), puis des rieslings de la zone « Ouest » (Moselle, Nahe) placés en dernier pour leur côté généralement sucré et léger en alcool. 

 

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PALATINAT (PFALZ)

Région immense et ultra dynamique du sud de l'Allemagne, avec beaucoup de producteurs en bio. On y produit de grands rieslings secs (Von Buhl, Rebholz, Christmann, Bürklin-Wolf...) et quelques très beaux pinots noirs (F. Becker...)

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1   Von Buhl – Riesling Jesuitengarten GG 2012 (AP n°19) : Couleur or pâle, nez qui pétrole légèrement, un peu de miel, mirabelle, agrumes, touches florales. Bouche avec une belle minéralité, tendue, fruitée, élégante, finale sur le citron vert de longueur moyenne. On commence fort. TB+.

 

2   Von Buhl – Riesling Pechstein GG 2012 (AP n°21) : (Même producteur, même année, même travail, seul le sol change. Parcelle juste en-dessous du volcan « Pechsteinkopf », sols plus riches en basalte et moins sableux que ceux du Jesuitengarten) Couleur bien plus dorée, nez plus mûr, fruits exotiques, pas de pétrole. Bouche plus opulente, moins d’acidité, fruité plus mûr, plus d'épaisseur, notes poivrées, finale plus longue, mais manque un peu de tension et d’élégance. Très différent. Peut-être moins adapté à nos palais français. TB.

 

 

RHEINGAU

Région historique, plutôt petite en terme de volumes, au climat chaud, les parcelles étant principalement exposés au sud, le long du Rhin. On y trouve de grands rieslings secs et sucrés, quelques pinots noirs aussi. La région manque un peu de dynamisme et reste porté par les "gros" (Breuer, Johannisberg, Weil).

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3   Georg Breuer – Riesling Berg Schlossberg 2005 (AP n°1) : (sols d'ardoises et sables) Couleur dorée, nez très complexe, encore jeune, pointe fumée, miel, fruits jaunes et fruits exotiques, riche et solaire. Bouche opulente, encore plus épaisse que le Pechstein, plus miellée, mais aussi plus d'acidité dans le fond qui lui permet de ne pas tomber dans la lourdeur, même si on sent que ça se joue à pas grand chose. Finale encore plus longue, presque poivrée. Très belle bouteille. Merci Jean-Paul ! TB++.

 

 

RHEINHESSEN

A l'instar du Palatinat, région grande et plus dynamique que le Rheingau, spécialisé dans le riesling sec et le pinot noir, portée par deux chefs de file : Klaus Peter Keller et Wittmann.

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4   Wittmann – Riesling Kirchspiel GG 2017 (AP n°17) : (sols calcaires) Couleur or pâle, nez un peu fermé, fruits jaunes, miel, tilleul, camomille, fleurs blanches. Bouche avec de l’épaisseur, bien marquée tilleul aussi, très belle acidité dans le fond, beaucoup de minéralité, de profondeur et de longueur, avec une finale crayeuse et saline. Un vin un peu jeune qui manque de complexité à l’heure actuelle, mais à l’équilibre parfait. TB+.

 

 

BADEN

Grande région, toute en long, au sud de l'Allemagne. Climat chaud propice au pinot noir, entre autres, sur les sols volcaniques du Kaiserstuhl (Salwey, F. Keller, Johner, Schneider...) ou un peu plus loin sur des sols argilo-calcaires (Huber, Wassmer...)

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5   Bernhard Huber – Spätburgunder Malterdinger 2016 (AP n°5) : (sols argilo-calcaires) Couleur rubis brillante, nez de bonbon à la cerise, un peu de fraise, pivoine. Bouche légère, aérienne, pas de tannins, tout en petit fruit légèrement sucré, très gourmande et facile à boire, pas très long, mais on y retourne facilement. TB.

 

 

MOSELLE

Grande région historique, au climat froid, où l'on récolte les raisins bien plus tardivement que dans les régions précédentes. Avec l'humidité du fleuve, ces derniers ont tendance à botrytiser. On y trouve principalement des rieslings sucrés et légers en alcool, mais aussi et de plus en plus quelques pinots noirs et quelques rieslings secs ou plutôt quasiment secs (5à9gr environ). Sols de divers types d'ardoises.

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6   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten ** 2013 (AP n°14) : (sols d'ardoises) Couleur claire avec des reflets marrons, nez avec une pointe de caillou fumé, kirsch, confiture de fraise, rose, pointe d'élevage caramel. La bouche est délicate, soyeuse, beaucoup de fruit, confiture de fraise, assez solaire avec une belle fraîcheur derrière, bonne longueur, mais il est surclassé par le suivant. A noter qu'une ouverture à midi pour le soir sans carafage lui fait beaucoup de bien. TB+.

 

7   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten *** 2011 (AP n°80) : Couleur claire avec des reflets marrons voire tuilés encore plus marqués, nez légèrement animal, cuir, du sous-bois, un lardé-fumé digne d'une belle Côte-Rôtie et beaucoup de fruit. Bouche épaisse, soyeuse, élevage parfaitement intégré, sur les arômes du nez, avec peut-être plus de fruit encore (fraise écrasée, cerise) et moins d'évolution. Les 14% ne se sentent absolument pas. Superbe longueur. Comme le précédent, à ouvrir bien à l'avance. Merci Fred pour la bouteille ! TB++.

 

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8   Schloss Lieser – Riesling Helden Spätlese Trocken 2016 (AP n°5) : (sols d'ardoises) Couleur or pâle, nez compliqué, sur la bonbonne de gaz, l’allumette, même après 4-5h d carafe. La bouche est moins marquée par la réduction, sur le citron, pas trop austère grâce à 7-8gr de SR probablement, avec une bonne tension, mais peu de volume. B.

 

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9   Dr. Loosen – Riesling Ürziger Wüzgarten Kabinett 2017 (AP n°5) : (sols d'ardoises rouges) Couleur presque translucide, nez de raisins blancs, melon, fruits blancs bien mûrs. Bouche légère, bien sucrée (70gr ?), à l’équilibre tenu grâce au gaz carbonique assez présent plus que par l’acidité, peu de longueur, mais très digeste et facile avec ses 8% d’alcool. B+.

 

 

NAHE

Toute petite région en terme de volumes, au climat relativement froid, aux sols très variés, où l'on produit de grands rieslings secs comme sucrés (Dönnhoff, Diel, Schäfer-Fröhlich, Schönleber...)

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10   Dönnhoff – Riesling Oberhauser Brücke Spätlese 2016 (AP n°11) : (sols d'ardoises, sables et une partie volcanique) Couleur presque translucide, nez très élégant, sur les fruits blancs, le thé vert, les agrumes, pointe de résine. Bouche légère, aérienne à 8,5% d'alcool, très fruitée, mais avec une profondeur minérale que n'avait pas le Loosen. Il est plus élégant, équilibré et bien plus long, on y retourne sans cesse. TB+.

 

 

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11   Dr. Thanisch – Riesling Berncasteler Doctor Auslese 1992 (AP n°14) : bouchon…

 

11bis  Günther Steinmetz – Riesling Brauneberger Juffer Auslese ** 2006 (AP n°16) : bouteille de remplacement, couleur or profond, nez d'abricot sec, miel, coing. Bouche épaisse, concentrée, sur la pâte de fruit, mais qui reste très digeste grâce à une belle acidité et un faible taux d'alcool. Parfait pour finir. Merci Fred ! TB+.

 

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1 octobre 2020

Soirée Australie (09/10)

Si l'Australie est environ 14 fois plus grande que la France, son vignoble, entièrement réparti au sud du pays, reste relativement petit avec 146 000 hectares (contre 118 000 juste pour le Bordelais par exemple). Les vins produits sont variés, les climats et les sols également. La syrah, suivie par le chardonnay et le cabernet sauvignon sont de loin les cépages les plus répandus. Mais la viticulture y est en pleine mutation, comme en Californie. On assiste de plus en plus à une recherche de qualité, de fraîcheur, d'expression du terroir, avec un travail plus poussé à la vigne et de plus en plus de biodynamie. 

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Les blancs : 4 grands classiques australiens

 

1 - Tahbilk, 1927 Vines Marsanne 2011 - Nagambie Lakes, Goulburn valley (Victoria) : (grand domaine créé en 1860 qui possède probablement les plus vieilles marsannes du monde. Elevage en cuves puis en bouteilles, commercialisation au bout de 6ans environ) Couleur très claire pour une marsanne de 2011, nez légèrement miellé, avec de la cire, de la résine, du citron, très différent des marsannes du Rhône. La bouche est plutôt vive et fraîche, minérale, légère, pas du tout grasse avec une longueur moyenne.

 

2 - Grosset, Polish Hill riesling 2018 - Clare Valley (Southern Australia) : (petit domaine de 20 hectares créé en 1981, certifié bio. Sols de schistes au nord de la Clare valley, parcelle à 470m d'altitude. Elevage en cuves) Robe presque translucide, nez très typé riesling, avec des terpènes, du citron vert. Bouche puissante par rapport au suivant, plus concentrée, sèche, austère, avec une finle très longue sur l'amertume des zestes d'agrumes. Un beau riesling mais encore un peu jeune.

 

3 - Henschke, Julius riesling 2017 - Eden Valley (Southern Australia) : (très ancien et très grand domaine plutôt spécialisé dans les syrahs, en biodynamie. Sols de sables, graviers et argiles. Elevage cuves) Robe translucide aussi, nez peut-être plus simple mais plus expressif, très porté sur le citron. Bouche vive, moins épaisse, légèrement perlante, plus légère en alcool (11,5% ici contre 12,7% sur le Grosset), plus facile à boire, avec un côté presque désaltérant. Un riesling plutôt dans l'esprit allemand, alors que le Grosset était plus proche de certains rieslings français. Merci Stan pour la bouteille !

 

4 - Leeuwin Estate, Art series chardonnay 2016 - Margaret River (Western Australia) : (domaine des années 1970 d'une cinquantaine d'hectares. Sols de gneiss et de graves, non irrigués. Elevage en barriques neuves françaises) Couleur légèrement dorée, nez de chardonnay bourguignon, légèrement vanillé et toasté, miellé, avec des fruits jaunes, des notes florales. En bouche le bois est bien intégré, puissante, épaisse, beurrée, sans être trop mûre, belle acidité dans le fond. Finale assez longue sur un côté plus minéral et des agrumes. Beau chardonnay à l'élevage poussé et à l'avenir très prometteur.

leeuwin

 

 

Les vins rouges : nouvelle et ancienne générations

 

5 - Ochota Barrels, Mark of Caïn pinot meunier 2019 - Adélaïde Hills (Southern Australia) : (Créé en 2008, domaine "peu interventionniste" de 5 hectares environ. Elevage en vieux fûts français avec une petite partie de vendange entière) Couleur framboise, très claire. Nez sur la cerise, le bonbon anglais, avec des notes amyliques (certains évoquent un beaujolais nouveau). Bouche très légère (11,6% d'alcool), peu épaisse, sans tannins, un jus de fruit facile à boire, finale assez courte, mais qui a le mérite d'être pleine de fraîcheur, à l'opposé du stéréotype australien.

 

6 - Sailor seeks horse, Pinot noir 2017 - Huon valley (Tasmanie) : (domaine de 6,5 hectares créé en 2005. Elevage en vieux fûts, 15% de vendange entière. Sols de sables, limons et argiles non irrigués) Couleur rubis, nez désagréable avec une forme de réduction tenace, sur le chou notamment. Bouche légère et fraîche, qui ne pinote pas vraiment et reste très simple. Peut-être une bouteille en dedans. En tout cas, pas représentative de cette région prometteuse.

 

7 - Josh Cooper, Doug’s vineyard pinot noir 2018 - Macedon Ranges (Victoria) : (premier millésime en 2012. Fils des Cooper-domaine Cobaw Ridge. Achat de raisins aux meilleurs "grape growers", ici la famille Newnham. Exposition nord-nord-est, 500m d'altitude. Sols de basalte. Forte proportion de grappe entière. Elevage fûts français dont une faible proportion de fûts neufs) Couleur rubis, trouble. Très beau nez expressif, envoûtant, sur la pivoine, la fraise, épices orientales, un côté grappes entières suffisamment mûres. Bouche très fraîche, fruitée, tannins fins, très pure aussi (peu sulfitée peut-être) dans un style proche des "IPOB" californiens avec ce très bel équilibre entre fruit confituré et végétal noble. Très belle longueur. Semble déjà à point en l'état.

 

8 - Bass Philipp, Pinot noir estate 2015 - Gippsland (Victoria) : (La légende du pinot noir australien. Créé par Philipp Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Philipp, certifié biodynamie. Le pinot noir "estate" est une parcelle de 4 hectares, en haute densité pour l'Australie (8500pieds/hectare), non irriguée, orientée nord-est, sur des sols limoneux et volcaniques, parfois assmblée avec la parcelle "Leongatha". Elevage en fûts français dont 60% de fûts neufs. 100% egrappé. Non filtré) Couleur encore plus claire que le précédent, trouble aussi. Nez envoûtant, très pur aussi tout en étant différent, plus sur la fraise confiturée ici, la rose, plus gourmand, peut-être encore plus évident, sans trait végétal. Bouche toute en finesse, en gourmandise, ronde, peu tannique, belle épaisseur, juste ce qu'il faut de fraîcheur, tout semble évident et à la bonne place, du velours, il rappelle - ou appelle - le style du Gevrey le plus fin, avec en plus beaucoup de longueur. Son statut de légende locale n'est pas usurpé.

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9 - By Farr, Tout près Pinot noir 2015 - Geelong (Victoria) : (Créé en 1994 par Gary Farr, rejoint récemment par son fils Nick. Tous les deux ont fait leurs classes chez Dujac, Au bon climat et Cristom. "Tout près" a été planté en 2001 à très haute densité (7300 pieds/hectare), d'où son nom. Plus haut en altitude que les autres parcelles du domaine, sols volcaniques, graviers, loams et sables. 100% grappe entière et 100% fûts neufs) Couleur sombre pour un pinot, nez de fruits noirs, cuir, encore dominé par son élevage légèrement toasté et vanillé. Bouche puissante, épaisse, très longue, gros potentiel mais clairement taillé pour la garde. A revoir dans quelques années.

 

10 - Luke Lambert, Nebbiolo 2017 - Yarra Valley (Victoria) : (Petit domaine créé en 2005. Cuvée provenant de Jansz vineyard et Denton vineyard. Sols en partie granitiques. Elevage en vieux foudres de Slavonie comme les Barolos traditionnels) Couleur rubis foncé, nez qui évoque bien le nebbiolo, fruits rouges, cerise, pointe balsamique, un peu plus confituré peut-être. Idem en bouche où on a l'impression de voir un petit nebbiolo, facile d'accès, sans trop de tannins, à peine plus arrondi que dans le Piémont, mais à la finale assez courte.

 

11 - Ben Glaetzer, Anaperenna 2006 - Barossa Valley (Southern australia) : (Vieux domaine historique du Nord de la Barossa. 82% syrah et 18% cabernet sauvignon. Sols de limons argilo-sableux sur socle calcaire. Elevage en fûts français et américains neufs) Couleur très sombre et évoluée, nez sur le chocolat noir, le café, la prune, le cuir, très extrait et encore boisé, avec une petite touche oxydative maîtrisée, certains évoquent un vieux porto vintage. Bouche puissante, très marquée café et chocolat noir, un peu de fruits à l'eau-de-vie, avec une bonne fraîcheur dans le fond finalement. La finale très longue n'est finalement pas si lourde qu'on aurait pu le présager au nez, avec un joli côté mentholé/eucalyptus. Un vin qui a divisé l'assemblée, "too much" pour certains, "exceptionnel d'intensité" pour d'autres.

 

12 - Giaconda, Warner Shiraz 2006 - Beechworth (Victoria) : (Petit domaine créé au début des années 1980 par Rick Kinzbrunner, certifié bio en 2018. Sols de granite en altitude. Exposition solaire au nord. Irrigation certaines années seulement. Une partie de vendange entière. Elevage de 2ans en fûts français à 40% neufs) Couleur sombre aussi, mais moins tuilée, nez de fruits noirs, de thé fumé, de réglisse, encore jeune, moins expressif mais plus subtil que le précédent. Bouche moins épaisse, plutôt en fraîcheur et en tension, surtout derrière le Glaetzer, très marqué par le thé noir, qui manque d'un peu de complexité par rapport aux meilleurs millésimes de cette cuvée, mais d'une très belle longueur. Un style déjà plus proche des syrahs françaises tout en gardant sa propre identité.

 

13 - Wynn’s, John Riddock cabernet sauvignon 1998 - Coonawara (Southern australia) : (John Riddock est le pionnier de la région où il a planté des vignes en 1891 avant d'en revendre une partie à ce qui allait ensuite devenir Wynn's. Grande cuvée de ce domaine historique, sur des sols typiques de "terra rossa" chargés en fer. Elevage en fûts français) Bouchon parfait, couleur grenat, pas si évoluée pour un 1998. Très beau nez, pointe de poivron "mûr" au départ, cassis, notes balsamiques, cuir, réglisse, bois précieux, rappelle un grand Margaux ou St Julien en plus fruité et plus gourmand. Bouche du même niveau, complexe, évoluée, tout en restant très fraîche, encore fruitée, "il y a tout dans ce vin", jusqu'à sa très longue finale. On finit en beauté.

glaetzer

 

Au final une soirée d'un excellent niveau d'ensemble avec des vins très variés qui ont convaincu l'assemblée. Dommage qu'ils soient si difficiles à trouver pour la plupart... On finit tranquillement avec un excellent champagne Vignes de Montgueux de Jacques Lassaigne pour les plus téméraires. Merci Patrice ! 

 

Prochaine étape : les coups de coeur de l'année le 6 novembre. On croise les doigts...

 

28 septembre 2020

Soirée Gevrey-Chambertin du 25/09

Avec ses 408 hectares, l'appellation Gevrey-Chambertin est la plus grande de la Côte de Nuits. Si les vins ont la réputation d'être puissants, "masculins", c'est avant tout pour des raisons historiques, mais la réalité est bien plus complexe... Comme Chambolle-Musigny c'est une appellation à combe, avec des sols variés, des expositions variées, des altitudes variées... En ajoutant à cela les styles de vinification et les "effets millésime", on aboutit à des vins très hétérogènes.

 

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet : http://monocepage.com/gevrey-chambertin-breffage/

carte gevrey chambertin

 

Les Gevrey « de la Combe » 

1 Berthaut-Gerbet, Gevrey-Chambertin 2017 : (Les Crais et La Burie) Robe qui fait très jeune encore un peu violette, très beau nez expressif, sur la cerise avec une légère sucrosité, très gourmand, bouche pleine de fruit, aux tannins fins, avec de la fraîcheur. Un vin tout en finesse, très facile à boire.

 

2 Fourrier, Gevrey-Chambertin Vieille Vigne 2017 : (95% champerrier, 5% Combe du dessus) Couleur très claire, à peine trouble. Nez éclatant, envoûtant, plein de framboise, de fraise, de rose, tout en délicatesse. Bouche du même niveau, évidente, où tout est à la bonne place, très fruitée, florale, tannins insensibles, texture de velours, on pourrait se resservir sans cesse. A l’opposé du stéréotype Gevrey-Chambertin (un peu comme Reynaud à Châteauneuf). La magie Fourrier a encore opéré.

 

3 Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin 2015 : (les crais, creux brouillard, clos prieur bas, en champs, les cercueils, 1e cru perrières, 1e cru les etournelles, 1e cru craipillots) Couleur plus sombre que le précédent, nez qu’il faut aller chercher un peu plus, plus puissant, plus de fruits noirs. En bouche on retrouve la finesse de Rousseau combinée au côté solaire/confituré du millésime, plus concentré que le précédent, avec une superbe longueur pour un village, mais on sent qu’il aurait besoin de quelques années supplémentaires pour s’exprimer complètement.

 

Secteur nord ou « secteur St-Jacques » 

4 Dominique Gallois, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Goulots 2014 : le vin en-dessous dans cette soirée, avec des tanins un peu verts et une matière un peu trop fluette. Difficile pour lui dans cette soirée où tout le reste s’est montré d’un haut niveau.

 

5 Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 2012 : Couleur sombre, nez de fuits noirs, légèrement confituré, à peine torréfié. C'est surtout la bouche qui impressionne comme souvent chez Mortet avec une matière épaisse et une texture de velours, très belle longueur, avec juste ce qu'il faut de fraîcheur pour Lavaux et 2012.

 

6 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 2000 : Couleur bien tuilée, nez animal, cuir, fourrure, viande fumée, sous-bois, kirsch, on rentre vraiment dans les arômes tertiaires. La bouche est peu épaisse, mais noble et très complexe, encore assez longue. Un vin à son apogée.

 

7 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos St Jacques 2007 : (bu à l'aveugle) Vin sombre, très beau nez sur le cuir, le tabac, les fruits noirs, encore jeune. Bouche puissante, massive, encore des tannins un peu durs, mais grosse matière et grosse longueur, surtout pour 2007, on a l'impression d'être sur un grand millésime qui demande quelques années de garde supplémentaires. Mais il ira certainement plus loin que le précédent. Merci Bertrand !

fourrier rousseau

 

Secteur sud ou « secteur des grands crus » 

8 Marchand-Tawse, Gevrey-Chambertin 1er cru Fonteny 2012 : Couleur sombre, nez duquel se dégage une impression de fraîcheur, presque mentholé, plutôt sur les fruits noirs, un peu confituré. Bouche épaisse, tannins soyeux, proche du Lavaux de Mortet, avec plus de fraîcheur mais peut-être un peu plus simple. 

 

9 Trapet, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Prieur 2011 : On repasse sur une robe rubis, bien plus claire, comme souvent avec Trapet, le nez est sur les petits fruits rouges, la pivoine. La bouche fait un peu maigre, mais toute en tension, en longueur, très fraîche, avec un côté végétal noble apporté par la vendange entière, une impression de minéralité. Un vin peu démonstratif, mais avec beaucoup de fond, plus difficile à comprendre. Il a divisé l'assemblée.

 

10 Pierre Damoy, Chambertin Grand cru 2003 : Couleur très sombre, nez chocolaté, fumé, torréfié, kirsché, un peu de cuir et de sous-bois, belle complexité. Bouche massive, encore marquée par son élevage torréfié, puissante, qui appelle un plat en sauce ou qui peut se suffire à lui-même, presque comme un vin de dessert. Finale très longue, sur le café, le chocolat, la prune, presque pruneau même. Le stéréotype du Gevrey puissant arrive enfin, sans trop de surprises pour un Damoy sur une année chaude. Que de chemin parcouru depuis la première série !

 

Bonus

Henri Boillot, Puligny-Montrachet 1er cru Clos de la mouchère 2018 : un chardonnay encore légèrement marqué par son élevage grillé, avec une belle matière en bouche, et une finale très longue, minérale, bien tendue, surtout pour 2018. Déjà très bon, et probablement encore bien meilleur dans quelques années pour les plus patients. Merci Vincent !

 

Merci à tous pour cette soirée qui s'est révélée exceptionnelle. Prochaine étape : l'Australie !

 

29 mars 2019

Soirée sud-ouest du 29/03/2019

Le sud-ouest est une région viticole immense, qui s'étend sur 13 départements avec en tout 29 AOC et 13 IGP. Impossible donc de trouver une unité dans ce vignoble aux climats, aux sols et aux cépages variés. Du coup, nous avons choisi un vin pour chaque grande appellation, avec aussi quelques petites surprises...

 

carte sud ouest

 

1 - Domaine Labranche-Laffont, Pacherenc-du-Vic-Bilh sec 2016 : (50% gros manseng, 50% petit manseng) Couleur dorée, nez plein de fruits exotiques, citron vert, un peu de miel. Bouche vive, tendue, minérale, très fruitée, élégante, belle longueur, ça commence fort.

 

2 - Domaine Bordaxuria, Irouléguy Blanc 2015 : (60% gros manseng, 40% petit manseng) Aromatique proche du précédent au nez, mais bouche qui semble plus puissante, plus large, avec une amertume plus marquée en bouche. Il appelle probablement des fromages (chèvre, brebis) un peu plus affinés. Belle bouteille aussi, mais qui a un peu plus divisé l'assemblée.

 

3 - Domaine Plageoles, Gaillac Rouge "Braucol" 2016 : (100% braucol ou fer servadou) Couleur très claire, nez de petits fruits rouges, réglisse, poivre, un peu de réduction encore malgré un long carafage. Bouche légère, fruitée, épicée, mais vraiment très courte. Une bouteille pas en forme...

 

4 - Bodega Amalaya, Valle Calchaqui "Tinto de Corte" 2015 : (vin argentin, 85% malbec + tannat, syrah) Pirate sud-américain aux cépages du sud-ouest qui se révélera finalement très différent... Couleur sombre, nez de fruits noirs, épices, un côté lardé/fumé, olives. Bouche puissante, une pointe d'alcool pour certains, sur les arômes du nez, assez longue, aux tannins fondus. Un vin argentin plein de caractère loin des versions standardisés toute en rondeur boisée/vanillée qu'on rencontre trop souvent dans ce pays. Merci Olivier pour cette bouteille.

 

5 - Domaine Elian Da Ros, Côtes du Marmandais « Chante coucou » 2015 : (50% merlot, 20% cabernet sauvignon, 20% malbec, 10% syrah) Couleur sombre, nez de fruits noirs compotés, réglisse, épices, notes végétales, menthol, un peu animal aussi, très complexe. Bouche un peu moins causante (à attendre ?), mais elle est élégante, plus que ce que laissait présager le nez, avec une belle texture, des tannins fins. Bonne longueur. Très beau vin, attention à le carafer quelques heures.

 

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6 - Domaine Mouthes le Bihan, Côtes de Duras Rouge "Les Apprentis" 2014 : (85% merlot, 15% cabernet franc) Couleur sombre, nez sur la confiture de fraise, le cassis, encore un peu boisé/vanillé, à attendre encore quelques années. Très belle bouche, moins marquée par l'élevage, texture soyeuse, beaucoup de fruits confiturés, belle acidité dans le fond et finale assez longue. 

 

7 - Château Montus, Madiran "La Tyre" 2007 : (98% tannat) Couleur noire comme l'encre, nez de cacao, moka, pruneau, épices (girofle). Bouche puissante, encore bien jeune, très concentrée, avec une belle texture à l'attaque, ça manque d'un peu de fruit, de fraîcheur et d'élégance pour certains. La finale est très longue, mais un peu astringente. Petite surprise à la levée de la chaussette, tout le monde attendait un peu plus de la "grande" cuvée du domaine.

 

8 - Domaine Cosse Maisoneuve, Cahors "Les Laquets" 2000 : (100% malbec) On revient à une couleur bien plus claire, nez de fruits rouges, kirsch, boite à cigare, sous-bois, encore jeune pour son âge. Bouche élégante avec une belle acidité dans le fond, du fruits, des arômes tertiaires, pas forcément très épaisse, mais avec beaucoup de longueur. Excellent vin, à son apogée. Merci Fred pour cette bouteille.

 

9 - Les Jardins de Babylone, Jurançon moelleux 2012 : (100% petit manseng) Couleur très claire pour un liquoreux, nez sur l'ananas, les fruits exotiques, un peu de miel. C'est surtout la bouche qui est incroyable, fraîche, élégante, digeste, parfait équilibre sucre/acidité, finale très longue sur l'ananas, un peu de truffe. Même les plus réticents aux vins sucrés ont avoué pouvoir tomber la bouteille, un signe qui ne trompe pas. Grand vin !

 

10 - Domaine Camin Larredya, Vin de France L'Iranja 2015 : (vin orange fait à Jurançon, 100% petit manseng, 25gr SR/L, élevage oxydatif en amphore) Couleur orange bien sûr, nez de mangue, noix, noisette, fruits exotiques et fruits secs, caramel beurre salé pour certains seulement. Bouche puissante, avec de l'acidité, de l'amertume, les quelques grammes de sucres se sentent assez peu mais suffisent à ne pas rendre le vin trop austère. Il y a eu débat sur la finale, courte pour certains, très longue pour d'autre. Un OVNI !

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Merci à tous pour cette excellente soirée. On se retrouve en mai pour la soirée Côte de Nuits avec un gros programme (Mugnier, Dujac, Arlaud, Ponsot, Mortet, Méo-Camuzet...)

 

26 mars 2024

Soirées Vins d'Espagne (15 et 22/03)

 

Introduction - Viticulture 

 

- Surface : 955 000 ha en 2022, pour 35,7 millions d’hectolitres. Numéro 1 en surface viticole, environ 3e en quantité (proche de la France, l'Italie et la Chine).

- 1er exportateur mondial.  Numéro 1 du vin en vrac, même si l’Espagne se tourne de plus en plus vers du « qualitatif ».

- Peu de vignerons indépendants : on différencie souvent les viticulteurs (65% des exploitations font moins de 0,5ha. Moyenne totale 1,5ha de vignes par exploitation) des bodegas. 

- N°1 du bio.

- Plus de 600 cépages. Dans l’ordre : airen, tempranillo, bobal, grenache, mourvèdre, maccabeu-viura, cayetana blanca, cabernet sauvignon, palomino, syrah, alicante, verdejo, merlot, muscat d’alexandrie, warello, PX, mencia, parellada, chardonnay, mauzuelo-carignan, alvarinho…

- Elevages : Joven = 6mois, Crianza (24mois dont au mois 6en fût), Reserva = 36mois, Gran Reserva 60mois. Pour les blancs et rosés 18, 24 et 48mois.

- Le système d’appellation :

             - Vino (anciennement Vino de Mesa)

             - IGP (anciennement Vino De la Tierra)

             - DOP avec les alternatives possibles VCIG, DO, DOP, DOCa (Priorat et Rioja), Vino de Pago (grands crus)

- Latitude : Entre 43,5 et 36°. Une viticulture du sud donc, bien en-dessous du fameux 45e parallèle. Il va falloir compenser cette chaleur grâce à deux éléments :

- L’altitude : l’Espagne est le pays le plus montagneux d’Europe.

- L’eau : Océan Atlantique, mer Méditerranée et les fleuves Ebre, Taje, Duero...

A lire : La formidable affirmation des grands vins d’Espagne par Pierre Citerne (RVF n°649)

 

 

 

Les principales régions - Des paysages variés

 

- Galice : « L’Espagne verte », « la Bretagne espagnole ». Région fraîche, extrêmement pluvieuse (jusqu’à 1500mm/an). Sols de schistes et de granit le long des fleuves Miño et Sil. Des blancs très frais sur la Côte Ouest à base d’albariño. De plus en plus de chaleur lorsqu’on rentre dans les terres : des blancs un peu plus mûrs à base de godello et des rouges à base de mencia et de vieux cépages autochtones. Viticulture en pergola parfois, ou en terrasse sur les pentes vertigineuses.

 

- Catalogne : secteur qui bénéficie à la fois d’un climat méditerranéen à l’est et d’altitude. Quelques jolis vins effervescents (cava), des blancs secs (cépage xarello notamment) et les grands vins rouges du Priorat (grenache, carignan…)

 

- Rioja, Castille-et-Leon (Ribera del Duero, Toro, Rueda) : climat continental, très rude en hiver, très chaud en été. Compensé par l’altitude (surtout Ribera del Duero). Rouges puissants à base du cépage tempranillo avec des élevages longs en fût. Quelques jolis blancs aussi sur Rueda (verdejo) et Rioja (viura-maccabeu). La région historique, mais globalement en perte de vitesse.

 

- Sierra de Gredos : montagnes sur les hauteurs du nord-ouest de Madrid, où les vins peuvent sortir en DO Mentrida, Vinos de Madrid… Principalement des grenaches à près de 1000m d’altitude. Nouvelle génération.

 

- Andalousie : zone la plus chaude d’Espagne, spécialisée dans les VDN (le mutage n'est plus obligatoire depuis peu). On essaye de bénéficier des courants d’air frais marins venant du sud-ouest. Sols de craie : "albariza". Cépage palomino (parfois PX) pour les blancs secs, et Moscatel et PX pour les sucrés. Quelques vins non mutés blancs et rouges en progression.

 

- Les îles : quelques jolis vins volcaniques sur les Canaries avec de vieux cépages autochtones. En progression sur Majorque également.

 

 

 

Soirée n°1

 

1 Cantalapiedra (Castille-et-Leon), VT Castilla-y-Leon Majuelo del Chiviritero 2021 : (domaine qui vinifie depuis 2014 7ha sur les 20ha qu’il possède de longue date, à La Seca (Rueda). 700m d’altitude, 100% verdejo. Sols de galets, argile et calcaire, vignes d’environ 40ans sur cette parcelle. Elevage vieux fûts puis cuves. Vinif proche du nature.)       Couleur dorée, nez citron confit, petite volatile, levure, floral. La bouche est très propre, citronnée aussi, avec du volume, de plus en plus en se réchauffant, une bonne acidité qui lui permet de garder l’équilibre, une finale sur les amers, mais il reste assez simple.

2 Suertes del Marques (Canaries), DO Tenerife Vidonia 2020 : (domaine de 11ha + 15ha négoce créé en 2006. Tendance nature. 100% listan blanco ou palomino, Vignes à Las Suertes, La Florida et La Mocana sur argiles. Elevage 11mois en foudres de 2500L et fûts de 500L.)    Nez très fumé, un peu soufré, réduit, volcanique, qui a tendance à s’accentuer avec l’aération. C’est mieux en bouche où ce côté fumé est moins dominant, jolies notes citronnées, salines, très énergique, très long et salivant. 

3 Nanclares y Prieto (Galice), DO Rias Baixas A Graña 2021 : (domaine de 5ha bio né en 1993, 100% albariño d’environ 30ans à Sanxenxo sur sols de granit et sables. Elevage de 9mois 75% fûts de châtaigniers non neufs et 25% cuves inox)     Nez un peu timide à l’ouverture, puis se développe sur des fruits exotiques et des agrumes. Très belle bouche avec du volume, presque un peu de gras pour cet alvarinho qui voit le fût, mais il garde une grosse acidité, fruits exotiques à l’attaque, la finale est plus zestée, avec de beaux amers, très longue. Très beau vin. 

4 Envinate (Galice), Vino (Ribeira Sacra) Lousas Vinas de Aldea 2020 : (Créé par 4 amis œnologues en 2005, explorateurs de parcelles rares en Galice et aux Canaries. Vinif nature, grappe entière, vieux fûts, sols d’ardoise. Cépages mencia + brancellao, merenzao, mouraton, alicante…)     Pas si clair que ça pour un Envinate qui peuvent parfois être encore plus infusés, très beau nez très fleuri, éclatant, pleine de fraise et de poivre aussi. La bouche est un beau jus de fruit très frais, pivoine, poivre et fumé, nature très propre, pas très long, mais très élégant et facile à boire. 

 

5 Comando G (Sierra de Gredos), DO Vinos de Madrid La Bruja de Rozas 2021 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis : Marcel Isart, Fernando Garcia Alonso de Marananos et Daniel Jimenez-Landi. Travail en biodynamie, parcellaires, moyenne de 1000m d'altitude, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, grenaches infusés, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise.)      Couleur très claire, nez très réduit à l’ouverture, bien mieux après 5h de carafe. Grenache infusé, très framboise, fraise, pivoine, aromatique élégante, mais fin de bouche encore très serrée, qui semble un peu jeune. 

6 Bodegas Frontonio (Aragon), Vino (Valdejalon) El Jardin de las Iguales 2020 : domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 96% grenache, 4% macabeu. Vignes de 100ans, 700m d’altitude. Sols d’ardoise et calcaire. Expo Nord. 100% grappe entière, 3mois de macération. Elevage fûts 465L.    Couleur ultra claire et limpide, brillante, nez de rose, de fraise, orangette, épices du souk, bouche en dentelle, pas très épaisse, toute en allonge et en subtilité, raffinée, qui gagnera en complexité avec le temps, mais elle est déjà excellente en l’état, très longue, fraîche, un grenache aérien. 

7 Bodega Cerron (Murcie), DO Jumilla La Servil 2021 : domaine familial de 30ha, bio depuis 1989 et bioD 2021, 95% mourvèdre 5% vieux cépages locaux. vignes de 1954 non greffées, 960m d’altitude, sols calcaires. Egrappé à 80%, fermentation en cuve bois, élevage en foudres 14 mois. Non collé, non filtré, 40mg SO2 total.       Couleur sombre derrière les grenaches, nez de fruits noirs, réglisse, cuir, violette. Très belle bouche qui semble très fine pour un jeune mourvèdre, avec une acidité haute (ph 3,4) qui équilibre bien les 14,9% d’alcool, vraie sensation minérale et calcaire, pas beaucoup de rondeur, mais de l’allonge et de la fraîcheur, très beau style. 

8 Alberto Orte Bodegas Poniente (Andalousie), DO Jerez Palo Cortado VORS : winemaker, explorateur et spécialiste des vieux cépages travaillant en Andalousie, Galice… 100% palomino fino du vignoble bio d’El Ajibe, solera de 30ans de moyenne. Elevage sous voile puis oxydatif ensuite.      Couleur ambre foncé, nez plus oxydatif, noix, fruits secs, café, bouche qui a gardé un peu de fruit, mélange subtil d’oxydatif et de fruits encore frais, c’est plutôt sur l’élégance pour un palo cortado. Mais il garde surtout une ampleur exceptionnelle avec ses 21% d’alcool et son acidité énorme, une longueur interminable. 

Bonus

Baztango Xurie (Pays basque), Vino Kiribil 2022 (Txakoli) : (courbu, mansengs riesling).   Robe trouble, nez un peu typé nature, pomme blett, simple. C’est mieux en bouche, avec beaucoup d’énergie à l’attaque, vif, tonique, sur la pomme et le citron, pas un gros volume, mais une bonne maturité tout en gardant du peps. 

Remelluri -Telmo Rodriguez (Rioja), DOCa Rioja blanco 2017 : (Rioja alavesa, 9 cépages, plutôt rhône blend)    Changement complet de registre, robe dorée, nez très pêche, abricot, un peu de beurre, de caramel. Bouche avec du volume, du gras, puissante, moins acide, plus opulente que les précédents, sur les arômes du nez, bonne longueur mais il appelle la table. Un millésime moins tendu que 2019 ou 2016 de mémoire.

Bodega Contador (Rioja), DOCa Rioja Predicador 2015 : (93% tempranillo, grenache, mazuelo, graciano)  Couleur sombre, nez boisé, fumé, fruits noirs, début d’évolution tabac, sous-bois. Bouche encore jeune, puissante, boisée, fruits noirs confits, bonne longueur. Un style plus traditionnel qui tranche avec les vins précédents. 

Sant Josep Cooperativa Clot d’Encis (Catalogne), DO Terra Alta Clot Ranci solera 1962-2023 : (grenache blanc) couleur claire et orangée, nez qui fait assez jeune, à peine oxydatif, beaucoup de fruit comme de l’abricot surtout, voire de la pêche, la bouche est étonnante aussi, facile d’accès, les 17% d’alcool ne se sentent pas, c’est frais, très fruité pour un vieux ranci, avec une belle allonge acidulée. 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Enric Soler (Catalogne), DO Penedes Nun Vinya dels Taus 2020 : (domaine bio de 1,5ha créé en 2004 par ce professeur d’œnologie de Barcelone. 100% xarello, vignes de 70ans, sols argilo-calcaires. Elevage 8mois fûts dont 50% neufs)    Couleur or pâle, nez encore un peu marqué par son élevage, très bourguignon dans l'esprit, beurré, légèrement toasté et vanillé. La bouche est plus jolie et moins marquée, avec une belle tension, des agrumes, une finale longue et fraîche plus minérale sur des amers nobles. Un beau vin, encore un peu trop jeune, qui a eu besoin d'une longue ouverture.

2 Veronica Ortega (Castille-et-Leon), DO Bierzo Cal 2020 : (domaine de 5ha bio créé en 2012. 100% godello. 650m d’altitude sur calcaire. Elevage 14mois vieux fûts et amphores)      Couleur or pâle, moins brillante que le précédent, nez qui fait penser à un chenin, sur la poire, la pomme au four, le citron. Bouche énergique, peu d'alcool (12,5°), en fraîcheur, travaillée plutôt en réduction, un peu nature mais parfaitement propre, pas un gros volume, mais une finale fraîche et minérale, citronnée, zestée.

3 Palacio de Fefinanes (Galice), DO Rias Baixas Ano III 2016 : (grand domaine créé en 1928, achat de raisins. 100% albarino sur sols de granit, élevage long en cuve puis en bouteille)     Couleur dorée, nez plein de fruits exotiques très mûrs, miel, presque beurré, exubérant. La bouche reprend ces fruits très mûrs, avec du volume mais une belle acidité qui vient étirer l'ensemble et l'empêcher d'être lourd, belle longueur plutôt sur les agrumes. Joli vin, à son apogée, dans un style plus exubérant et moins en tension que Nanclares.

4 Bodegas Ponce (Castille-La Manche), DO Manchuela Pino 2021 : (17ha + 18ha en fermage bio et bioD. Vieilles vignes. 100% bobal 900m d’altitude sur calcaires. Elevage 11 mois en demi-muids de 600L)      Couleur grenat, contours violets. Le nez évoque un gamay avec de la mûre, cerise, cassis, violette. La bouche est très fruitée, florale, élégante, fraîche avec ses 12,5% d’alcool, étirée par une belle acidité qui lui donne de la longueur et une sensation minérale, quelques petits tannins en fin de bouche accentue l’allonge du vin. Très joli bobal d’altitude. 

 

5 Telmo Rodriguez (Galice), DO Valdeorras O Diviso 2018 : (flying winemaker et explorateur en Galice, Rioja… vieilles vignes 80% mencia + merenzao, souson, grenache… sur granit entre 700 et 800m, en partie exposé nord. Egrappé, Elevage en demi-muids 600L)    Couleur grenat, le nez évoque cette fois-ci la syrah avec du poivre, des fruits noirs, de la violette, des notes lardées. La bouche reprend cette aromatique avec une texture soyeuse, tannins fins, de la fraîcheur, pas très haut en alcool (13,5%), finale poivrée assez longue. Très beau vin.

6 Comando G (Madrid), DO Vinos de Madrid La Brena 1er cru 2020 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis. Travail en biodynamie, parcellaire, 1060m d'altitude, expo nord, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, 100% grenache de 60ans, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise)       Couleur ultra claire, de l’infusion extrême, superbe nez sur la rose, la fraise, la framboise, presque des fruits exotiques à la manière d’un blanc. La bouche attaque sur la finesse, le fruit, la fraîcheur, très peu de volume, elle s’étire longuement, sur des tannins serrés mais de qualité qui donnent de l’allonge, sensation minérale fortement présente pour ce vin d’esthète, qui peut être difficile à comprendre. 

7 Frontonio (Aragon), Vino La Cerqueta 2021 : (domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 630m d’altitude sur ardoise, 100% grenache de 75ans, grappe entière. Elevage divers fûts)           Comparaison intéressante avec le Comando G, couleur rubis, très claire en soi mais beaucoup plus foncé que le précédent, nez très fraise, cerise rouge, un peu bonbon, pivoine aussi. La bouche est très fine aérienne, mais toute en rondeur, sans tannins, offrant déjà beaucoup de plaisir, un peu plus immédiat et gourmand mais un peu plus court en finale par rapport au Comando G. 

8 La rioja alta (Rioja), DOCa Rioja Gran Reserva 904 2011 : (vieux domaine de 400ha + 300 en négoce, 90% tempranillo 10% graciano. Elevage 4ans en fûts de chêne américain)   Couleur sombre, nez très coconut, vanille et fruits noirs, aussi un début d’évolution tabac et sous-bois. En bouche aussi l’élevage domine, les tannins sont bien arrondis par le bois, c’est encore jeune, il y a un peu de fruit et une acidité quand même présente. La finale est longue mais sur la sucrosité de l’élevage. Il fait son effet au départ, mais peut devenir assez vite écœurant.

9 Equipo Navazos (Andalousie), DO Jerez La bota de palo cortado n°121 : (Jeune embouteilleur indépendant et sélectionneur de fûts. 100% palomino fino. Vendange 2010. Sur Sanlucar. Elevage sous voile puis oxydatif)         Couleur ambre clair aux reflets oranges, un nez qui a gardé beaucoup de fruit sur ce jeune palo cortado, très abricot sec, orange, noisette. La bouche est élégante, peu élevée en alcool (18%) pour un palo cortado, tendue et acidulée, très longue et très saline, très umami. Superbe. Mais un petit cran en-dessous du Poniente en terme d'intensité et de longueur.     

 

Merci à tous pour ces deux excellentes soirées qui nous auront permis de voir tout le potentiel de la nouvelle génération espagnole.

 

7 février 2025

Soirées Vosne-Romanée (24/01 et 07/02)

 

Avec ses 150 hectares (400 pour Gevrey) et ses 8 Grands crus, Vosne-Romanée peut être considérée comme la plus rare et la plus prestigieuse des appellations de la Côte de Nuits.

 

Si comme toujours la pente, la hauteur sur le coteau (plus argileux en bas-plus caillouteux en haut), une combe (celle de Concoeur en l’occurrence), etc… expliquent les différences entre les parcelles, ici plus qu’ailleurs il est difficile de généraliser par secteur tant deux parcelles voisines peuvent donner des vins opposés, La Tâche et la Romanée-Conti étant l’exemple le plus flagrant.

 

Pour approfondir le sujet : https://monocepage.com/vosne-romanee-mise-en-situtation/

 

 

 

Soirée Vosne-Romanée n°1

 

 

1 Sylvain Cathiard, Vosne-Romanée 2017 : (6 parcelles, égrappé) Couleur assez sombre pour un 2017 mais moins que les suivants. Un nez légèrement toasté à l’ouverture, puis sur les fruits rouges et noirs et les épices. Une bouche finalement parmi les plus fines de la soirée, en tension, peu d’élevage ressenti, les tannins sont fins, pas un gros volume mais beaucoup d’allonge et de longueur pour un village. Ça commence fort. 

 

2 Mugneret-Gibourg, Vosne-Romanée La Colombière 2019 : (égrappé, 25% fûts neufs) Couleur très sombre, nez crème de cassis, confiture de mûre, un peu d’élevage vanillé. Bouche en rondeur et en gourmandise, beau volume et texture soyeuse travaillée par l’élevage, petite sucrosité, fruits noirs et vanille. Très joli dans son style, tout en largeur, à l’opposé du précédent qui était en longueur.

 

3 T. Liger-Belair, Vosne-Romanée Aux Réas 2018 : (égrappé, 50% fûts neufs sur cette cuvée, dévers qui donne une expo quasi sud) Couleur légèrement plus claire que le précédent, mais ça reste foncé pour du pinot, légèrement trouble. Nez très élégant, sur la rose, le pot-pourri, les petits fruits rouges. En bouche, l’élevage semble complètement absorbé, pas d’excès de chaleur ou de maturité pour ce 2018, tout en élégance et en noblesse, plus floral que les autres, il semble un peu plus à point aussi. Coup de cœur unanime. 

 

4 Amélie Berthaut, Vosne-Romanée 1er Cru Petits Monts 2020 : (petite proportion de grappes entières) Couleur très sombre aussi, un nez réduit, animal, fruits noirs. Bouche encore serrée, bonne acidité dans le fond, élevage déjà absorbé, mais clairement trop jeune et pas tout en fait en place. On ne reconnaît pas la finesse habituelle d’Amélie.

 

5 Hudelot-Noëllat, Vosne-Romanée 1er Cru Les Beaumonts 2018 : (égrappé) Couleur rubis, nez de fruits rouges type cerise croquante, élevage vanillé encore marqué. Bouche toute en rondeur, texturée, aux tannins soyeux, impression de sucrosité vanillée, gourmand mais pas beaucoup d’allonge.

 

6 Jean Grivot, Vosne-Romanée 1er Cru Beaux Monts 2015 : (égrappé) Couleur grenat, un peu trouble, nez qui demande du temps, surtout derrière le Hudelot-Noëllat bien plus exubérant, plus sauvage ici, fruits noirs, épices, presque un côté olive, ronce. La bouche est fraîche, surtout pour 2015, pas un gros volume, mais noble avec de la fraîcheur et de l’allonge, un peu plus de tannins. Un joli style, mais une impression que le vin ne se livre pas encore totalement. 

 

7 De Montille, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Malconsorts 2008 : (100% grappes entières) Couleur très claire, légèrement tuilée, premier nez évolué, sur le sous-bois, l’humus, mais le fruit arrive vite, les notes florales aussi, avec l’ouverture il nous semblera presque jeune, très rose, pot-pourri, façon Romanée-Conti, ronce, petits fruits rouges. Bouche en dentelle, pas un gros volume, mais très subtile et très longue, le raffinement bourguignon à son paroxysme, sans le côté froid de certains 2008 ni de le côté serré de certains vieux De Montille, l’équilibre est parfait. Il a l’unanimité, il a surclassé tout le monde ce soir-là. 

 

8 Arlaud, Echezeaux Grand Cru 2021 : (égrappé. Dans Les Treux) Couleur rubis, brillante, nez un peu réduit à l’ouverture, mais parfait après quelques minutes dans le verre, petits fruits rouges, floral, élégant, classique, encore simple bien sûr, surtout derrière le Malconsorts. La bouche est en dentelle, très fruitée, florale, déjà accessible, il y a quand même un beau volume pour 2021, du fond. Bref, très bien né. Il ne lui manque plus qu’à se complexifier avec le temps. 

 

Et en bonus un joli champagne de Girard-Bonnet, A mi-chemin base 2021, tendu et crayeux.

 

 

 

Soirée Vosne-Romanée n°2

 

 

1 Edouard Confuron, Vosne-Romanée Hautes Maizières 2021 : couleur sombre pour 2021, un peu de réduction et de gaz au départ, bien mieux après carafage, fruits noirs, ronce, à peine animal. Bouche mûre pour 2021, beau fruité, il y a de l’acidité dans le fond, des tannins encore un peu présents. Il a mis beaucoup de temps à se détendre. Probablement encore un peu jeune. 

 

2 Arnoux-Lachaux, Vosne-Romanée Hautes Maizières 2014 : couleur tuilée, nez très tertiaire, sous-bois. La bouche fait bien plus jeune, encore serrée, austère, un peu façon nebbiolo, manque un peu de gourmandise. 

 

3 Hudelot-Noellat, Vosne-Romanée 2016 (Bossières) : couleur claire, nez de fruits rouges et pivoine, bouche très fruitée, gourmande, tannins fins, l’élevage est bien intégré, gros plaisir immédiat. 

 

4 Mugneret-Gibourg, Vosne-Romanée 2019 (chalandins, croix blanche, pré de la folie, champs goudin) : proche de la Colombière de la semaine précédente, couleur très sombre, nez crème de cassis, confiture de mûre, un peu d’élevage vanillé. Bouche en rondeur et en gourmandise, beau volume et texture soyeuse travaillée par l’élevage, petite sucrosité, fruits noirs et vanille. Très joli dans son style, tout en largeur. 

 

5 Jean Grivot, Vosne-Romanée 1er Cru Les Beaux Monts 2015 : (égrappé) Couleur grenat, un peu trouble, nez qui demande du temps, fruits noirs, épices, presque un côté olive, ronce. La bouche est fraîche, surtout pour 2015, pas un gros volume, mais noble avec de la fraîcheur et de l’allonge, des tannins fins. Surtout beaucoup de longueur et de profondeur. Impression que le vin se livre mieux que la semaine dernière, pourtant préparé de la même manière. 

 

 

6 Sylvain Cathiard, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Reignots 2017 : couleur grenat, nez encore sur un fruité primaire sans aucune trace d’évolution, beaucoup de pureté, pas beaucoup d’élevage par rapport aux Cathiard du passé. La bouche est du velours, beaucoup de fruit, de finesse, du fond, de longueur, il manque juste un peu de complexité aromatique qui viendra avec le temps. Un grand en devenir. 

 

7 Bruno Clavelier, Vosne-Romanée 1er Cru Aux Brulées 2016 : couleur claire, nez pur et encore jeune, de fruits rouges acidulés, de ronce, de pivoine. La bouche est énergique, plus d’acidité que dans les autres vins, elle fait claquer la langue avec quelques tannins encore mais qui allongent beaucoup, une sensation de minéralité et de caillou plus forte que sur les autres vins, un très joli style, qui a divisé. 

 

8 Arnaud Baillot, Echezeaux Grand Cru 2021 : couleur claire, un nez grillé, torréfié, avec de la réduction et encore pas mal d’élevage. C’est un peu mieux en bouche, mais elle semble assez mûre pour 2021, encore de l’élevage grillé, beau volume et tannins soyeux, mais clairement trop jeune et dans une phase compliquée. 

 

Et quelques jolis bonus, H. Boillot Puligny Clos de la Mouchère 2013 pile à point, Vacheron Sancerre rouge La Belle dame 1999 encore en pleine forme, et un Patrimonio blanc Suspiri 2023 un peu trop aromatique mais avec une belle fraîcheur.

 

 

Au final, deux soirées lors desquelles les « villages » s’en sont très bien tirés, même sur des millésimes jeunes, donnant l’impression d’être de très bons rapport qualité/prix. Certains premiers crus étaient exceptionnels, d’autres tout proches de le devenir avec un peu plus de garde. Ce sont les Echezeaux qui ont un peu déçu. L’effet millésime a comme souvent paru prépondérant, probablement plus que le climat.

 

Un grand merci à tous les participants, et aux bonus, vivement la prochaine session : Nuits-St-Georges !

 

 

6 décembre 2019

Nouveautés Décembre 2019

 

vins noel cave

 

Bourgogne : Arlaud, Berthaut-Gerbet, Boillot JM, Bouvier, Bouzereau M., Carillon F., Chartron, Chevillon, Comtes Lafon, Croix, Dureuil-Janthial, Dujac, Dussort, Faure, Feuillet, Fourrier, Hudelot-Noëllat, Jobard A., Lambrays, Lamy H., Lignier-Michelot, Pernot-Belicard, Pico, Pillot, Ponsot, Prunier-Bonheur, Ramonet, Tribut, Vaupré...

Beaujolais : Dutraive, Burgaud, Lardy...

Champagne : Egly-Ouriet, Dhondt-Grellet, Roederer, Barrat-Masson, Billecart-Salmon, Delamotte...

Languedoc-Roussillon : Terrasse d'Elise, Pierre Vaïsse, Chabanon, Le Loup blanc, Lauzeta, Peyre Rose, Roc des Anges...

Rhône : Combier, Saint-Cosme, Darnaud, Gonon, Charvin, Saladin, Equis, Clos Mont-Olivet...

Loire : Delaporte, Dagueneau, Taille aux loups...

Bordeaux : Château Le Calicé, Château Haut-Beauséjour, Château Pichon-Longueville Comtesse, Château Coutet, Château Larcis-Ducasse...

Sud-Ouest : Combel-la-Serre, Dagueneau, Boiteau...

Savoie : Ardoisières, Fils de Charles Trosset, Barlet, Vullien...

Alsace : Weinbach...

Jura : Macle, Carlines...

Etranger : Cerreto Libri, Olivier Rivière, Willi Schaefer, Fritz Haag...

Whisky : Glendronach 12ans, Glendronach 15ans, Talisker Distiller's Edition, Ardbeg Uigeadail, Springbank 10ans, Jura 12ans, Clynelish 2008 Coffret...

Rhum : Worthy Park Single Estate, Hampden Trewlany 46% et Overproof, Mezan Jamaïca XO, Doorly's XO, Foursquare Premise, Bally 7ans...

Cognac, Armagnac : Tercinier, L'Encantada Armagnac 25ans Brut de fût, Cassaigne Armagnacs 1990, 1980, 1970 et 1960.

Spiritueux : Chartreuse, Marc et Abricot domane Roulot, Aalborg aquavit...

 

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17 janvier 2025

Soirée Barolo, le retour (17/01)

 

Le rendez-vous était pris depuis plusieurs mois, voire quelques années pour certains : réunir toutes nos plus belles bouteilles de Barolo afin de vivre une soirée mythique entre passionnés du Piémont. Ayant personnellement appris tout ce que je sais de cette appellation grâce au document pdf (je le transmets volontiers par mail aux intéressés) de Nicolas Herbin, ancien caviste en Suisse et désormais consultant pour Origine 1980, je décide de lui faire un mail, sans vraiment y croire… « Avec grand plaisir, l’occasion fait le larron » ! Très accessible et toujours prêt à transmettre, Nicolas sera donc notre douzième homme.

 

Nos caves étant principalement remplies de « traditionnalistes » (élevages en foudres et non en barriques pour simplifier), nous n’aurons que des représentants de ce style, avec pour la plupart une volonté de travailler sur la finesse et une majorité de crus sur l’Ouest de Barolo, la partie de l’ère tortonienne, donnant des vins globalement un peu plus souples que sur la partie Est (avec de belles exceptions bien sûr).

 

Les notes sont à relativiser, car quelque part tout était exceptionnel ce soir-là, c'est surtout un moyen de hiérarchiser nos préférences.

 

Les vins ont été pour la plupart ouverts le matin pour le soir, servis en Riedel superleggero syrah à 18° environ. Il fallait bien ça, les vins se sont encore mieux comportés après quelques minutes dans le verre.

 

 

1 Ca’ di Press, Barolo di Monforte 2019 : (à Monforte, parcelle Perno) Couleur claire, nez de fruits rouges confiturés et de fleurs. Bouche en finesse pour Monforte et 2019, déjà accessible même s’il y a encore un peu de tannins sur la finale, un joli style, traditionnel propre et maîtrisé, élégant. Belle introduction. TB.

 

2 Giacosa, Barolo Falletto 2012 : (à Serralunga) Couleur assez sombre, nez fruits noirs, menthol, eucalyptus, goudron, tabac, épices. Bouche comme souvent chez Giacosa qui manque un brin de folie à mon goût, maîtrisée, complexe, avec des tannins fins, mais qui manque un peu d’intensité. C’est très bon, mais en-dessous des suivants. TB.

 

 

 

3 Accomasso, Barolo 2012 : (à La Morra, parcelle Rocche dell’Annunziata) Couleur claire, un peu tuilée, nez fruité, floral, légèrement terreux et sous-bois. Bouche toute en finesse et en rondeur pour Accomasso, où on sent le « petit » millésime mais pile à point, avec beaucoup de gourmandise, des tannins fins, gros plaisir immédiat. Pour chipoter il manque un poil de longueur par rapport aux tout meilleurs du soir. TB++.

 

4 Borgogno, Barolo Cannubi 2013 : (à Barolo)   Couleur claire, nez étonnant, pastèque, litchi, fraise haribo, amylique, ça sent les fermentations à froid, peut-être même le levurage, ce qui serait très étonnant pour le domaine. On émet pas mal d’hypothèses, mais on ne sait pas trop. La bouche est ronde, facile, fruité bonbon, monolithique et de longueur moyenne. B-.

 

5 Vajra, Barolo Bricco delle Viole 2013 : (à Barolo) Couleur assez sombre, magnifique nez, très classique, floral, goudron, myrtille, épices, réglisse, une bouche un poil en-dessous du nez, où on sent la parcelle en altitude, le terroir tardif sur un millésime frais, il y a du menthol, des notes presque végétales, mais nobles, la finale serre juste un peu trop, avec des tannins moins gras que les suivants. Mais un sentiment de noblesse, de « beauté froide ». TB+.

 

6 Burlotto, Barolo Monvigliero 2014 : (à Verduno, un des très rares Barolo en grappe entière même sur ce millésime très pluvieux. Foudres français ici et non de Slavonie) Couleur très claire, nez très « Monvigliero » de fraise écrasée et de rose. La bouche est en dentelle, quasiment pas de tannins, fraise écrasée, rose, éclatant, avec un sentiment de perfection, tout est à la bonne place, beaucoup de gourmandise, tout en gardant du fond et juste ce qu’il faut de l’acidité du nebbiolo pour un rendu très aérien. Exceptionnel.

heureusement, nous avions le "Masnaghetti" sous la main

 

 

7 G. Mascarello, Barolo Monprivato 2009 : (à Castiglione) Couleur très claire, un peu tuilée, nez plus évolué que le précédent mais très beau aussi, fruits rouges confiturés mais un peu plus cuits, pot-pourri, léger sous-bois. Bouche fantastique, plus jeune que le nez, tannins fins et fruité gourmand bien présent, un peu moins sucré que le Monvigliero, plus d’acidité, plus « Barolo », beaucoup de fond, une belle allonge, touche quinine, la grande classe du Monprivato, équilibre parfait entre finesse et structure. Il ne tome jamais dans la lourdeur même sur ce millésime solaire. TB++.

 

8 G. Rosso, Barolo Vigna Rionda Ester Canale 2018 : (à Serralunga. Vieilles vignes héritées de la légende Tommaso Canale) Couleur très claire, le nez le plus bourguignon, petits fruits rouges, pivoine, framboise, cerise, ça pinote. Bouche ultra élégante, fruité éclatant, tannins très fins, pas forcément un gros volume mais sans que ce soit gênant, toujours ce fruit éclatant d’un grand bourgogne mais avec une tension et une sensation minérale derrière qui allonge loin. Bien sûr il va gagner en complexité avec le temps, mais quel délice en l’état, et quel style ! TB++.

 

9 G. Rinaldi, Barolo Tre Tine 2016 : (à Barolo, parcelles Le Coste, Cannubi San Lorenzo et Ravera) Couleur moyenne, à l’ouverture le nez est joli, avec de la rose, de la griotte, petite volatile au départ, balsamique, la bouche semble plutôt bien équilibrée et assez fine, mais la volatile ne cesse de prendre de la place, jusqu’à prendre même toute la place, le fond de verre ne semble pas très propre même. C’est la déception du soir pour moi. B.

 

10 Bartolo Mascarello, Barolo 2015 : (à Barolo, Canubbi, Rue, Rocche dell'Annunziata, Monrobiolo di Bussia, Nelso) Couleur moyenne, nez magnifique, fleurs séchées, goudron, réglisse, tabac, balsamique, herbes aromatiques, toute petite volatile mais qui est bien intégrée à l’ensemble et ne s’amplifiera pas. La bouche est encore jeune, puissante, tannique, me rappelle l’Accomasso 2015 bu récemment, il y a du fond, un grand vin en devenir sans nul doute, mais moins de plaisir immédiat ce soir-là. TB+.

 

11 Cavallotto, Barolo Riserva Vignolo 2008 : (à Castiglione) Couleur sombre, nez évolué, sur le thé noir, la viande fumée, très différent des autres. La bouche est encore puissante, massive, à l’ancienne. Un vin qui a bien joué son rôle de faire-valoir pour le suivant, mais pas plus. B+.

 

12 G. Conterno, Barolo Riserva Monfortino 2008 : (à Serralunga, parcelle Francia) Une couleur parmi les plus sombres de la soirée, le nez est exceptionnel dès le départ, combinant un fruité intense, noir et rouge à des notes très nobles d’herbes, de balsamique, de pot-pourri, réglisse, fumé. La bouche, comme le nez, est la synthèse de tout ce que nous avons eu de mieux jusqu’ici, combinant finesse et structure, avec une attaque plutôt large et soyeuse, et une finale qui allonge très loin, avec de l’acidité, des tannins de qualité, le vin semble sur un plateau, excellent aujourd’hui, parti pour durer des années. D’entrée, Nicolas qui a surtout eu l’occasion de boire des vieux Monfortino reconnait le style de la cuvée, « ça goûte Monfortino, même jeune ». Un grand terroir, sublimé. Il fallait réussir à passer derrière tous ces grands vins : la légende a été à la hauteur de sa réputation. Exceptionnel.

 

 

 

 

Un grand merci à tous les participants de cette soirée exceptionnelle, et notamment à Nicolas pour toutes ses explications et anecdotes, mais aussi pour avoir transmis sa passion pour cette si belle région. En espérant bien évidemment que ce ne soit pas la dernière…

 

9 mars 2024

Soirées Prestige du 09/02 et 08/03

 

 

Soirée n°1

 

1 Vincent Latour - Meursault 1er cru Perrières 2018 : on débute par un Meursault classique, bien fait, au nez beurré, légèrement vanillé. La bouche est grasse, épaisse, beurrée, florale, elle se retend sur la fin, finassant plus minérale et sans lourdeur.

 

2 Bernard Millot - Puligny-Montrachet Les Corvées 2020 : on continue sur un second chardonnay, encore jeune, bien moins de gras, peu d’élevage, la bouche est sur la tension, beaucoup pensent plus à la Loire qu’à la Bourgogne d’ailleurs, encore un peu soufré, avec une finale très minérale qui allonge bien. Joli aussi, dans un style très différent. Merc Kevin ! 

 

3 Ganevat - Côtes du Jura chardonnay Les Grandes Teppes VV 2018 : couleur dorée et trouble, nez typique du domaine, fruits un peu bletts au départ, citron confit, volatile élevée. C’est surtout en bouche qu’il est intéressant, très énergique, explosif, toujours ce côté citron confit, volatile (acide acétique) qui donne encore plus de peps, fond minéral, beaucoup de longueur, finale umami, très salivante. Un Ovni, qui du coup a divisé les opinions.

 

4 Château Rayas - Châteauneuf-du-Pape blanc 2007 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or avec une intensité qui vire presque au fluo, le nez s’ouvre sur des notes étonnantes de carambar, avec une impression de sucrosité gourmande, puis de la pêche, abricot, miel, fleurs blanches, complexe. La bouche est puissante, probablement élevée en alcool, gros volume, complexe, sur les arômes du nez, pas beaucoup d’acidité, avec du gras, à peine beurrée, finale très longue dans un style plus rond et réchauffant que la série de chardonnay, il appelle la table.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille - Volnay 1er cru Les Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Château Giscours - Margaux 1988 : (65% CS, 30% merlot, 5% CF) Couleur sombre et tuilée, nez fumé, chocolaté, sous-bois, champignon, fruits rouges compotés, cigare, très noble. La bouche est encore relativement jeune pour l’âge du vin, les tannins sont très fins désormais, manque peut-être d’un peu de soyeux de texture, mais très noble, frais, encore du fruit, très long. Il a fait l’unanimité, comme souvent avec les Bordeaux à point. 

 

8 Grange des Pères - IGP Hérault 2016 : (40% syrah, mourvèdre, CS, counoise) Couleur sombre, nez très « Grange » anchois, olive, garrigue, fruits noirs. Bouche qui combien intensité, puissance et fraîcheur, les tannins sont fins, dans une phase très ouverte. Délicieux.

 

9 Henri Bonneau - Les Rouliers Vin de France : (lot 0921) Couleur plus claire, nez plus confituré, fruits rouges presque sucrés, épices. La bouche est très ronde, suave, à l’alcool probablement élevé mais contrebalancé par une forme de sucrosité, des tannins très fins, il passe sans difficulté derrière la Grange, le style est un peu plus lisse et plus propre que les Bonneau du passé, mais toujours délicieux. Merci Pilou !

 

10 Joliette - Vin de France 2013 : (11 gr SR/L) Couleur ambrée, nez de caramel, cannelle, noisette, petite touche oxydative, fruits secs, pas vraiment d’ananas ou ce genre de fruits frais pour Jurançon. La bouche est sur la tension, puissante, intense, avec une très belle acidité, mais c’est un Ovni, pas beaucoup de fruits, plutôt dans le style d’un oxydatif, tendu, quasi sec, avec beaucoup de longueur. Il s’ouvre dans le verre, sur du miel, de l’encaustique, très complexe. Lui aussi, un style très particulier qui a divisé.

 

11 Frédéric Savart - Champagne Blanc de Blancs : (dég déc 2023. Chardonnay sur Ecueil et Trepail. 2 gr) On termine sur une note de légèreté, un blanc de blancs à la bulle très fine, très facile, élégant, dont la sucrosité fait un peu plus que 2gr, c’est gourmand en même temps. Parfait pour finir en beauté.

 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Laculle Frères, Champagne Bourdon 2018 : (100% chardonnay, parcelle à Chervey, Côte des Bar. Malo faite. Elevage en cuves bois. Non dosé) couleur claire, nez élégant de fruits blancs, floral, pas très marqué par les lies. Bouche avec des bulles fines, sur la tension avec une jolie amertume qui donne du caractère.

 

2 Roulot, Bourgogne aligoté 2020 : couleur claire, nez de pomme verte, citron, petite touche d'élevage grillé sur lies. Bouche peu épaisse, citronnée, tendue, rafraîchissante, longueur moyenne. Merci Céline ! 

 

3 Albert Grivault, Meursault Clos des Perrières 2020 : couleur or avec des reflets verts, nez beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes, pointe de sucrosité gourmande. Bouche avec un joli gras à l'attaque, beurrée, encore un peu d'élevage mais la fin de bouche se retend sur une très belle acidité, sensation minérale, la finale est très longue et pas du tout pataude. Excellent vin, déjà étonnamment très accessible.

 

4 Rayas, Châteauneuf du Pape blanc 2012 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or, nez évolué de cire, de miel, d'abricot, de pêche. La bouche est élégante, fruitée, miellée, du volume, peu d'élevage, avec une acidité plutôt basse, l'alcool se sent un peu en finale.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille Volnay 1er cru Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Rostaing, Côte-Rôtie La Landonne 2012 : couleur un peu tuilée évoluée déjà, nez lardé, cuir, animal. Bouche sur la tension, pas de travail sur la texture, les tannins sont plutôt fins pour un Rostaing, beaucoup de longueur et de fraîcheur, très marqué par la grappe entière. Pile à point dans ce "petit" millésime. Délicieux. Merci Olivier ! 

 

8 Clos Venturi, Chemin de croix 2020 : (sciaccarellu Corse) Couleur grenat clair, nez éclatant dès l'ouverture, fruits des bois, framboise, cranberry, notes de pivoine, réglisse, en se réchauffant un peu garrigue et menthol. Bouche pleine de fruits et de fleurs, éclatante aussi, très fraîche, tannins fins, il se comporte mieux à l'ouverture servi un peu fais, en se réchauffant il tire sur un grenache un peu rond avec l'alcool qui ressort. La finale est très longue, toujours de la fraîcheur et de l'élégance, un peu plus épicée. Merci Arnaud ! 

 

9 Pichon Longueville Comtesse, Pauillac 1986 : (62% CS  35% Merlot  3%CF) Couleur sombre et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, cuir, le fruit à du mal à sortit. C'est mieux en bouche, encore fraîche, avec une certaine austérité, noble, mais à aller chercher, manque une touche de gourmandise. 

 

10 Grange des Pères, IGP Hérault 2017 : par rapport au 2016 bien plus chaleureux, chocolaté, encore un peu jeune probablement.

 

11 Albert Mann, riesling grand cru Schlossberg L’Epicentre SGN 2018 : nez plein de fruits exotiques, miel, bouche à l'équilibre parfait, personne ne devine qu'il y a autant de sucre grâce à une superbe acidité dans le fond, c'est long et très digeste.

 

25 janvier 2020

Soirées Verticale Grange des Pères (23 et 24/01)

Les vins ont été servis dans l’ordre décroissant, en partant de 2014 pour finir en beauté avec 2007. Les bouteilles ont été ouvertes en début d’après-midi pour le soir, avec carafage en fin d'après-midi pour essayer de détendre 2013 et 2010.

 

 

Les rouges

(syrah, mourvèdre + cabernet sauvignon, counoise. Elevage de 2ans en barriques, dont 1/3 de fûts neufs)

 

2014 et 2012 : deux millésimes plutôt frais et légers, aux rendements pourtant faibles (drosophiles sur les mourvèdres en 2014, grêle en 2012) qui ont donné des vins facilement abordables en jeunesse, très expressifs à l’heure actuelle. Ce sont les deux bouteilles sur lesquelles l’aromatique « Grange des Pères » (tapenade, anchois, thym, laurier…) est la plus marquée. Tout le monde s’est régalé, bien que les vins ne soient probablement pas encore à leur apogée.

 

2013 et 2010 : deux millésimes assez proches, considérés comme de grands millésimes par la critique, qui possèdent à la fois concentration et fraîcheur. Cependant, les vins sont apparus trop jeunes, fermés, austères, par comparaison avec les précédents bien évidemment : il va falloir être patient. Le 2010 du vendredi (ouvert plus longtemps à l'avance car il a fallu remplacer une bouteille bouchonnée le jeudi...) semblait beaucoup plus évolué avec un nez presque truffé. Deviendront-ils grands un jour ? Réponse dans quelques années…

 

2008 : un vin un peu à part, léger, frais, déjà bien évolué sur ce « petit » millésime, non dénué d’un certain charme, mais qui manque d’intensité, surtout coincé entre 2009 et 2007.

 

2011, 2009 et 2007 : le tiercé gagnant, 2011 en tête, suivi de près par 2007, puis 2009. Des vins solaires, voire confituré pour 2009 surtout la bouteille du vendredi, mais sans jamais manquer de fraîcheur, avec de belles acidités dans le fond, qui viennent tous les trois d’entrer sur leur plateau de maturité, et devraient y rester encore pas mal d’années. 2011 a peut-être bénéficié d’être le seul vin servi en magnum...

 

De l’avis de tous, l’effet millésime a été frappant, tant les vins différaient les uns des autres, tout en gardant un niveau d’ensemble particulièrement élevé. Forcément, lorsque le travail se fait à la vigne plus qu'à la cave, il ne peut en être autrement.

 

 

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Le bonus : le blanc

(Roussanne + marsanne. Elevage en demi-muids, dont 1/3 de fûts neufs)

 

Pour terminer en beauté, un blanc du domaine était proposé à la dégustation. Le 2011 du jeudi est apparu marqué par une « réduction bourguignonne » d’élevage sur lies, à la Lalou-Bize Leroy, moins opulent, plus énergique que le suivant, mais un peu court. 2010 est beaucoup plus ample, plus puissant, plein de miel et de fruits jaunes, plus long aussi, avec peut-être un peu d'alcool en se réchauffant. L'opposition était un peu la même que sur un Meursault "old school" pour 2010 vs "Nouvelle génération" pour 2011. Les deux vins ont intéressé, voire déstabilisé par leur originalité, mais ont moins convaincu que les rouges.

 

 

Merci à tous les participants de ces deux soirées mémorables, et toutes nos excuses à ceux qui n'ont malheureusement pas pu s'inscrire. Prochaine date : Méditerranée le 7 février !

 

11 mars 2024

Visite au domaine Bastien Migeon à Châtel-Guyon

 

Visite au domaine Bastien Migeon

 

 

Tout nouveau domaine créé en 2022 par Bastien Migeon. Après un BTS viti-oeno en Bourgogne et son apprentissage chez Pierre Goigoux, Bastien a répondu a un appel d'offre lancé par la mairie pour reprendre les vignes du village vigneron historique d'Enval, non classé en AOC Côtes d'Auvergne car les vignes historiques n'étaient pas déclarées.

 

En parallèle de son activité d'employé viticole chez Philippe Heyraud, Bastien s'est lancé d'abord sur un fermage de près d'1 ha sur Châteaugay (cuvée Tiétà - premier millésime en 2022). 

 

Il a ensuite récupéré en fermage plusieurs petites parcelles (environ 1,5ha en tout) sur Enval, Châteaugay, Riom et Saint-Bonnet-près-Riom (premier millésime en 2023).

 

 

 

Une des parcelles d'Enval, merlot à droite (les bâtons en bois), gamay au centre et pinot noir à gauche. A 50cm de profondeur on tombe dans du calcaire lacustre, quelques basaltes sur le dessus. Exposition Est. Les sols viennent d'être labourés. Les vignes étaient en mauvais état mais après 2 saisons de taille, un peu d'engrais organiques et quelques "grattages" des sols, il y a une nette amélioration. Les merlots sont taillés en cordon de royat, les gamays et les pinots en guyot-poussard. Le but est de convertir le domaine en bio dès que possible.

 

 

 

Les plantations

 

En 2024 un demi-hectare de syrah sera planté sur Enval (en IGP), terroir un peu plus frais que Châteaugay, à 450m d'altitude, clones de Côte-Rôtie 471 et le nouveau clone 188. Environ 4700 pieds/ha en 2m * 0,90m dans le sens de la pente donc Nord-sud. Sols très sableux avant de tomber dans des marnes. Exposition sud. Face à nous (photo du haut), le versant Nord de Châteaugay et la ville de Riom à gauche. La photo du bas a été prise quelques semaines plus tard.

 

 

 

Une nouvelle parcelle d'un demi-hectare prête à accueillir du viognier et du côt l'an prochain. Base de granit avec au-dessus du basalte et de l'argile. Exposition sud. Nous sommes juste au-dessus de la parcelle de la précédente photo et pourtant les sols sont différents. Les côt seront des massales de Touraine.

 

 

Une autre parcelle en friche devrait accueillir des massales de pinot noir de Sancerre l'an prochain et plusieurs projets de plantation sont en cours pour essayer à terme d'atteindre environ 5ha dans l'idéal.

 

 

 

 

La dégustation des 2023

 

Tous les 2023 sont 100% cuves. Année de sécheresse. Petits rendements ici aussi. Le chardonnay est déjà en bouteille, pour les rouges il faudra attendre juin-juillet environ.

 

 

 

chardonnay Prima : (sur Enval et Riom, cuve de 200L, pas de malo. Sols calcaires expo sud à Riom) Un chardonnay au nez fruité, mûr, très pêche, abricot, des accents de viognier (mais moins qu'il y a quelques semaines me dit Bastien). Bouche épaisse, concentrée, pas trop haute en alcool, grasse, acidité moyenne. Une jolie longueur. L'équilibre reste bon, mais dans un registre plus rhodanien que bourguignon.

 

pinot noir Mont-Oriol : (Enval, St Bonnet terroirs proches d'Enval, et environ la moitié à Riom sur argilo-calcaires plein sud. 50% grappe entière) un pinot concentré, coloré, au nez un peu confit, caramel, une bouche puissante, solaire, (environ 14,5%) qui a encore besoin de s'affiner. Regoûté en bouteille quelques mois plus tard, il s'est effectivement affiné, il a gardé une belle fraîcheur et son côté caramel a totalement disparu.

 

gamay Tiétà : (à Châteaugay, 100% gamay cette année. Egrappé car rapport peau-jus compliqué. 19 hL/ha cette année) Là aussi c'est très coloré, concentré, un bon 14,5%, mais les vieux gamays d'Auvergne ont réussi à donner une belle acidité, l'équilibre est bon, les tannins sont déjà bien arrondis, il y a du corps, de la longueur, un fruit noir très mûr, le profil est plutôt languedocien. Rien à voir avec le 2022 mais c'est très bon. Regoûté en bouteille, c'est le vin le plus puissant et le plus concentré de la gamme, très bon mais à mettre en cave quelques années.

 

gamay-merlot Rouge-gorge : (à Enval, 40% gamay, 60% merlot et un rang de cabernet sauvignon. Merlot égrappé, 40% grappe entière sur le gamay, d'abord vinifiés séparément) On retrouve la concentration, la couleur, mais le merlot d'Enval apporte une certaine fraîcheur, une forme de végétal noble, une acidité plus haute, peut-être un peu plus de tannins aussi mais ils donnent de l'allonge. Regoûté en bouteille, c'est le vin le plus léger (12,5%) et le plus frais, un peu plus simple que les deux précédents mais aussi plus immédiat et plus facile à boire.

 

 

Les 2024

Peu de gel ici, contrairement à la majorité des Côtes d'Auvergne. Le millésime est marqué par le climat froid de l'année, avec en moyenne 2% d'alcool en moins qu'en 2023. Les mêmes cuvées ont été produites : blanc, rosé, Rouges-gorges, Mont Oriol, Tiétà. Des vins aériens, sur le fruit, très floraux, légers, très digestes, à boire avant les 2023 dans la mesure du possible. Bastien vient de récupérer Le Clos d'Yvan Bernard à Blanzat. Il devrait bientôt posséder suffisamment d'hectares pour arrêter son activité d'employé viticole et se consacrer à 100% à son domaine.

 

 

 

Le 2022

 

Cuvée Tiéta (= têtu) 2022 : 75% gamay d'Auvergne centenaire sur la roche, coulée volcanique, et 25% pinot noir. Exposition sud sud-ouest, pas une grosse pente. 30% de grappe entière. Elevage 25% fûts non neufs et 75% cuves fibres. Entre 35 et 40mg SO2 total. 

Couleur rubis avec des contours violets, le nez sent plus le gamay que le pinot, cerise, violette, toute petite note amylique, pas d'élevage ressenti. La bouche est très fruitée, belle fraîcheur, pas du tout confite pour 2022, un beau volume, l'acidité dans le fond tient bien le vin, surtout une très belle finale avec des tannins fins et racés et une impression d'allonge minérale assez longue. Très beau niveau, surtout pour un premier millésime.

migeon bastien tiéta

 

 

 

Nul doute que cette dégustation en appellera beaucoup d'autres. Bien sûr, Bastien doit faire face à tous les problèmes des jeunes vignerons : vignes à remettre en état, manque de matériel et de moyen, manque de temps car il faut travailler à côté... Mais on sent un vigneron passionné, discret, travailleur mais surtout très professionnel, ayant réfléchi à tous les aspects de sa viticulture, capable de répondre à toutes nos questions avec science et humilité. Nous avons hâte de voir ce qu'il nous réserve à l'avenir.

 

10 août 2024

Les Terres Bariolées à Chalus

 

Visite au domaine Les Terres Bariolées à Chalus

 

 

Domaine de 5 hectares repris fin 2021 (premier millésime en 2022) + 2,5 hectares en plantation. Chardonnay majoritaire pour le moment + chardonnay muscaté, pinot noir et gamay. Plantations de Syrah, aligoté, chardonnay et chardonnay muscaté à venir...

 

Claire Freist et Edoardo Veltroni se sont rencontrés en Bourgogne, chez Trapet et Bernard Moreau notamment. Edoardo est auparavant passé chez Elisabetta Foradori, André Beaufort, La Vougeraie.

 

Travail en bio (certifié à partir des 2024) et biodynamie (non certifié pour le moment). Vinifications sans intrants ni sulfites.

 

Toutes les vignes sont sur Chalus - un des 3 villages de la DG Côtes d'Auvergne Boudes.

 

Suite à la sécheresse de 2023 et au gel de 2024, des cuvées de négoce (achats de raisins bio en Bourgogne, Languedoc, Auvergne) devraient bientôt voir le jour. Ce n'était pas forcément prévu au départ, mais il n'y a pas le choix après 2023 et 2024, comme pour la plupart des jeunes vignerons d'Auvergne...

 

Débuts très compliqués au niveau quantité (mais pas qualité). 2022 : rendements moyens autour de 20hL/ha. 2023 moyenne autour de 9hL/ha (sécheresse). 2024 se profile autour de 9hL/ha (gel puis mildiou principalement, malgré 13 traitements et 12 à 14 heures quotidiennes dans les vignes)...

 

 

La commune de Chalus avec son château, sur un éperon basaltique, juste avant d'arriver à Boudes. Plus que 2 producteurs ici : Abbonnat et Les Terres Bariolées, tous les deux en bio. Les vignes sont principalement à l'Est et au Sud. Comme à Boudes il s'agit d'un secteur solaire et surtout très sec.

 

 

 

Les bouteilles sorties sur le millésime 2022 

 

 

 

Au printemps :

Les Suquets : (100% chardonnay) un chardonnay élégant, frais, pur et minéral.

La boudeuse : (100% pinot noir) un pinot noir léger, infusé, avec une petite volatile.

Frizzette pet' nat' rosé : (chardonnay et gamay) une bulle fraîche et vineuse.

 

 

A l'automne

Sables de grès : (100% chardonnay muscaté en macération, égrappé) vin de macération au nez aromatique, à la bouche très fine et élégante pour une macération de six mois.

Chalenta : (100% chardonnay) un chardonnay avec un élevage plus long que Les Suquets, plus de volume, plus exotique, plus de potentiel de garde, il appelle la table.

La Condamine : (100% gamay) un gamay sérieux, coloré, avec un bon potentiel de garde.

Les Chirouzes : (100% pinot noir) un pinot à peine plus puissant que La Boudeuse, mais dans un style toujours tout en finesse et en fraîcheur, qui s'aborde déjà très bien en jeunesse. 2023 sera plus puissant et solaire.

 

 

 

Visite des vignes (été 2024)

 

La Boudeuse, pinots noirs plantés en 1993 (+ un bout en 2003) à 4500-5000 pieds/ha, des sélections de Bourgogne sur porte-greffes 5C et 161-49. La seule qui a plutôt bien résisté au gel de 2024, malheureusement touchée en partie par le mildiou malgré les traitements. Ici aussi taille physiologique guyot-poussard (l'idéal c'est 5 rameaux, 12 grappes, 35hL/ha). Parcelle en haut de coteau qui culmine à 550m d'altitude. 

Comme sur l'ensemble de Chalus les sols sont argilo-calcaires avec du basalte, ce sont les proportions qui changent légèrement d'une parcelle à l'autre, avec parfois un peu de sable aussi.

 

Début de véraison août 2024 dans La Boudeuse

 

 

 A gauche du chemin les pinots de La Boudeuse, à droite les pinots des Chirouzes. Sols assez proches. Exposition qui tourne vers le Sud sur les Chirouzes (= roches volcaniques), plus solaire et toutes petites grappes millerandées comme on rencontre parfois en Bourgogne.

 

 

Les pinots noirs des Chirouzes. Sur l'ensemble du domaine les vignes sont magnifiques : palissées hautes et tressées, travail sur les couverts végétaux (avoine surtout), dans l'idéal plus de labour dans les années à venir, pulvérisation de lait de chèvre pour mieux "coller" la bouillie bordelaise.

 

 

Après être passé devant Les Suquets (= pieds de vignes ?), tout en bas du coteau Est où les sols contiennent un peu plus d'argiles rouges, puis des gamays de La Condamine (terre du Seigneur, du château de Chalus probablement. Gamay d'Auvergne et Beaujolais 1963 et 1998) à mi-coteau où tout a gelé, voilà les vignes de Chalenta en haut de coteau. Les 10 rangs de chardo muscaté sont tout à gauche de la parcelle.

 

 

Plantations de chardonnay et aligoté, plein Est. Les sols sont un peu plus sableux et plus calcaires. A droite les plantations de syrah. Entre les deux un peu d'espace pour un projet de plantations d'arbres, de végétaux voire peut-être quelques animaux... 

 

 

Les nouvelles plantations de syrah. Achat des meilleures sélections massales chez Lilian Bérillon. Densité à 6000 pieds/ha. Greffage à l'anglaise (une sorte de Z à l'envers) sur porte-greffes paulsen, fercal et 140 ruggieri. Premier millésime en 2025 si tout va bien...

 

 

 

 

A la Cave - sur fûts (embouteillage pour début 2025)

 

Tous les 2023 seront embouteillés avec la nouvelle embouteilleuse partagée (avec Bastien Migeon, Lisa et Paul...), avec inertage à l'azote, sans sulfites ajoutés. Bouchons garantis sans TCA sur toutes les cuvées domaine. Analyses en labo tous les mois.

 

 

Chalenta 2023 : goûté sur 2 fûts différents, il reste quelques sucres à finir sur l'un. Chardonnay mûr avec des notes de fruits exotiques, une bouche dense, avec une petite volatile sur l'un des fûts qui lui fait du bien, intégrée à l'ensemble, apporte du peps et une sensation d'allonge. L'élevage reste discret à chaque fois. Les finales sont énergiques claquantes, ne saturent jamais le palais.

 

Suquets 2023 : (élevage plus long que l'an passé donc) Un chardonnay plus citronné (sols plus riches en argiles rouges), moins de volume, un peu plus austère, plus sur la tension que le précédent. Un autre style, très bon aussi. Regoûtés en bouteille, les deux blancs ont gardé quelques sucres résiduels (ils ont été à peine sulfités à la mise du coup), bien équilibrés par une très belle acidité. Ils combinent gourmandise, fraîcheur et tension. Ce sont probablement les meilleurs blancs 2023 de la région.

 

Sables de grès 2023 : (méthode différente cette année, seulement 1 mois de macération en jarre mais grappes entières) Un nez orange, plantes amères, moins muscaté, moins aromatique, plus subtil que l'an dernier. Une bouche moins tannique, plus suave, là aussi moins muscaté, mais qui allonge bien. Très prometteur.

 

Chirouzes 2023 : goûté sur 2 fûts différents, un pinot plus coloré que l'an passé, plus puissant, plus dense (on reste sur du 13-13,5% vs environ 11,5-12% l'an passé, pH bas autour des 3,4 qui lui donne une belle acidité, c'est équilibré, grain de tannins très fin, un pinot plus sérieux que l'an dernier, qui sera probablement moins gourmand au départ mais qui ira loin. Comme tous les vins précédents, parfaitement propre, aucune déviance ni problème bactérien sur ce millésime solaire.

 

(Pas de condamine en 2023 ni de Boudeuse)

 

 

 

 

En bouteille - Vins de négoce avec une étiquette différente, mis en bouteille en juillet 2024

 

 

Moitié route 2023 : (gamay de la condamine, pinot de la boudeuse et pinot de Bourgogne. Environ moitié gamay moitié pinot au final. Tout en grappe entière) Un vin coloré, nez plutôt marqué par le gamay, fruits noirs. Bouche gourmande, ronde, facile, avec une petite sucrosité, sudiste sur ce millésime. Pas très complexe mais c'est bon, sans défauts. Objectif atteint.

 

Bariolage 2023 : (chardonnay et aligoté de Bourgogne + 20% chardonnay muscaté) Un nez aromatique, exotique, papaye, goyave, beurre. Bouche qui est en fait légère en alcool, qui a gardé de la fraîcheur, une bonne acidité, qui finit sur le peps de l'aligoté et donne envie d'y retourner. Parfaitement propre là aussi.

 

 

2024 : 90% de perte à cause du gel ! Trois cuvées de négoce sont sorties en mai 2025 :

 

Bariolage blanc 2024 : (80% aligoté de Bourgogne + 20% chardonnay muscaté d'Auvergne. 7 mois en fûts de 350L) Un nez aromatique marqué par le muscaté, la bouche est moins aromatique, plus marquée par l'aligoté, très bel équilibre entre rondeur et tension, belle texture à l'attaque apportée par l'élevage, finale qui reste traçante et salivante.

 

La Pigné 2024 : (80% gamay + 20% chardonnay muscaté. Raisins du domaine de Gergovie en Auvergne. 7 mois en amphore de grès) Un rouge très clair, plein de fruit, très pivoine, à peine bonbon au nez sans aller trop loin, bouche en rondeur, légère, peu tannique, pas très longue, mais très facile à boire, gourmand et très efficace.

 

Moitié route 2024 : (50% syrah, 25% cinsault du Larzac + 25% chardonay muscaté d'Auvergne. 7 mois fûts de 350L) Un vin sombre, au nez marqué par la syrah, lardé, floral, très légère touche muscatée dans le fond. Bouche marquée par la syrah aussi, avec beaucoup de fraîcheur, de l'allonge, un profil vertical, très long et salivant, umami. Moins en gourmandise immédiate que la Pigné, mais plus de profondeur et de potentiel de garde, même s'il est déjà excellent aujourd'hui.

 

 

2024 : les sorties de janvier 2026

Quantités très faibles à cause du gel (3hL/ha en blanc, 7hL/ha en rouge), cependant Chalenta, Suquets, Sables de grès, Condamine et Chirouzes ont été produits. Côté négoce, un pet'nat' rosé Frizzette (100% gamay du domaine de Gergovie), Lave Story (rouge léger 100% gamay de Gergovie également) et Maceratino (blanc avec une légère macération à base d'ugni et de chardonnay muscaté).

 

29 janvier 2026

Soirées Saint-Aubin, Beaune et Savigny (16, 23 et 30/01)

 

Saint-Aubin

 

 

 

 

Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.

 

 

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.


De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.


Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.


Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.


Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.


Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.


PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.


Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.

 

 


Savigny-lès-Beaune

 

 

Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuse. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.

 

 

Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.


JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.


P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.


Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.


Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !


Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !

 

 


Beaune

 

 

L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.

 

 

Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.


De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.


Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.


Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.

 

 

6 mars 2026

Soirées Argentine (27/02 et 06/03)

 

Soirée Argentine

 

 

 

Comme pour les soirées consacrées aux vins du Chili, les informations proviennent principalement du South American Wine Guide d'Amanda Barnes.

 

 

Chiffres clés 


- 200 000 hectares plantés. 5e producteur du monde, le 1er d’Amérique du Sud. 
- Historiquement un pays avec une très grosse consommation locale et peu d’export. Mais changement depuis les années 2000. Aujourd’hui 10e pays exportateur, vers USA, UK, Brésil, Canada, Mexique.
- Peu de bio, contrairement au Chili.
- Environ 80% vins rouges.
- 52% de vignes en pergola (souvent pour plus de rendements)
- Irrigation par submersion souvent, ou systèmes de goutte à goutte pour les domaines plus récents.

 

 

 

 

Les régions du Nord au Sud 


Calchaqui Valleys et Catamarca Valleys : Peu de vignes par rapport au reste du pays. Très solaire, pour compenser la vigne peut monter jusqu’à 3000m d’altitude à La Salta. Beaucoup de torrontes notamment.


La Rioja Valleys : 3e plus grande province du pays, elle aussi en perte de vitesse. Beaucoup de torrontes notamment. Région solaire, beaucoup de vignes en pergola, moyennement voire peu qualitatives. Comme pour San Juan et Mendoza, plus intéressant en terme de climat et de géologie lorsqu’on monte dans les Andes à l’Ouest.


San Juan : 2e plus grande province du pays. Particulièrement touché par le vent de Foehn « Zonda ». Région avec beaucoup de raisins de table. Climat globalement plus chaud qu’à Mendoza. Beaucoup de syrah et de malbec aussi. A noter l’IG Pedernal au sud de San Juan bénéficie d’un climat plus frais, et de sols calcaires très intéressants.


Mendoza :  près de 70% du vin du pays. Région immense et très hétérogène. On peut passez d'un indice Winkler I à l'Ouest à un indice Winkler III à l'est, c'est-à-dire passer du climat de la Champagne à celui du Languedoc en 40kms ! Même si l’ensoleillement augmente en journée, l’amplitude thermique est plus forte, les vins gardent donc plus d’acidité. Les vignes bénéficient de l’eau des glaciers, les sols sont plus caillouteux, les vins plus frais, plus en tension, avec moins de rondeur. Des rendements plus bas donnant des vins plus concentrés.
     - L’Est est en perte de vitesse, même si on assiste à un retour des vieux cépages, comme les criollas. 
     - Maipú est une grande région historique, proche de Mendoza, produisant beaucoup de malbec, souvent ronds et solaires, bon marché.
    - Luján de Cuyo est la région du malbec (même s’il y a aussi de beaux cabernets), avec de vieilles vignes malheureusement en danger à cause de l’extension de la banlieue de Mendoza. Vins plutôt solaires et en rondeur sur l’IG Agrelo et sur l’IG Perdriel, plus de fraîcheur sur l’IG Las Compuertas au Nord-Ouest plus haute en altitude (1000m). 
    - Uco Valley (29000 ha) est la meilleure région du pays, plus à l’Ouest, la plus haute en altitude, la plus fraîche de Mendoza. Elle s’est vraiment développée dans les années 2000, même si on peut y trouver des vignes centenaires par endroits. Tupungato (10 000 ha) et ses 12 sous-régions dont Gualtallary (2300ha de vignes) qui possède les meilleurs terroirs avec de grands malbecs plus en tension, façon « Barolo », de grands blancs sur calcaires et même des effervescents. El Perral ou La Carrera donnent aussi des grands vins. Comme souvent les appellations sont hétérogènes, allant d’altitude autour de 900m à l’Est à 1500 à l’Ouest.     Tunuyan (9 800 ha) monte peut-être à peine moins haut, Los Chacayes (1000ha) est la meilleure des 9 sous-régions, là aussi variée, plus fraîche en allant vers l’Ouest, mais globalement plus intéressante pour ses vins rouges. San Pablo qui touche Gualtallary donne les meilleurs vins blancs.    San Carlos moins connu car plus éloigné de Mendoza, plus froid, plus gélif, est tout de même digne d’intérêt notamment pour son IG Paraje Altamira.


Patagonie : Climat plus frais, mais reste très sec (200mm/an) donc irrigué. Principalement sur la rive du Rio Negro, plus fraîche où l’on trouve des chardonnays, pinots noirs etc… La partie Ouest, Neuquen, est un peu plus solaire, on peut y trouver des malbecs par exemple.


Chubut : partie sud de la Patagonie. Plantation récentes. Vignobles les plus au sud du Monde avec Otronia (45,3e parallèle). Froid et humide, pas besoin d’irriguer.

 

 

 

Système d’appellation

- des DOC (seulement 2), - des GI (106 pour le moment, qui sont de plus en plus classées par terroir même si elles restent hétérogènes.  - des IPO (indication of Provenance)

 

 

 

Histoire 


- 16e siècle : premières vignes emmenées par les Espagnols  
- 19e siècle : Immigration massive de Français et d’italiens. Beaucoup de vignes (pas forcément dans les plus hautes altitudes).
- 1950-1970 : apogée du vin en Argentine, avec 350 000 ha et une conso de 92 L/ha !   (200 000 ha et 18L/ha aujourd’hui)
- 1980’ : Crise, période de la Guerre sale (l’armée et Jorge Rafael Videla contre Isabel Peron et le peuple)
- 1990’ : début des exportations, en prenant exemple sur le Chili, période néolibérale de Carlos Nemen. Les œnologues comme Paul Hobbs, François Lurton ou Michel Rolland (puis Robert Parker ensuite) arrivent dans les années 1990.
- 2001 : crise économique. Le peso argentin est très faible, ce qui rend les vins très compétitifs à l’export.
- 2000’ : le malbec devient à la mode, les vins s’orientent vers la qualité désormais.
- 2020’ : de plus en plus de vins de terroir, moins standardisés.

 

 

 

Les Cépages 


Malbec (45 K hectares), Cereza (26 K), Bonarda = douce noire (18 K), Cabernet sauvignon (14 K), Criolla grande (13K), Syrah, Torrontes, Pedro Gimenez, Chardonnay, Tempranillo, Merlot, Moscatel, Pinot noir, Sauvignon, Chenin, Sangiovese, Cabernet franc, Criolla chica = pais ou listan prieto, Sémillon...

Le malbec : emmené par les français au 19e siècle avant le phylloxéra, c’est donc un malbec qui n’est plus tout à fait celui de la France actuelle. Dans les années 2000 beaucoup de plantation de malbecs très productifs, souvent greffés. Mais depuis quelques années beaucoup de sélections massales à partir de vieilles vignes. Il y a donc plusieurs malbecs. C’est un cépage idéal pour mettre en avant les différents terroirs, d’un style très rond et confituré à un style plus tendu et minéral à Gualtallary. Si dans les années 2000 les vinifications avaient tendance à masquer les terroirs avec beaucoup de bois neuf et des macérations poussées, c’est de moins en moins le cas, avec des vinifications moins interventionnistes et des contenants plus neutres (en béton par exemple)
 

 


Problèmes rencontrés 


- Peu de phylloxéra (probablement à cause du sable et de l’irrigation), les vignes peuvent être greffées ou franches de pied. 
- Peu de mildiou (beaucoup de vent, le « Zonda »)
- Beaucoup d'esca et de nématodes. 
- Beaucoup de gel
- Le problème majeur reste la sécheresse. Peu d'eau de ce côté de la Cordillère (effet de Foehn). Très majoritairement irrigué.

 

 

 

 

Les Blancs

 

Altar Uco, Edad Moderna (sauvignon/chardonnay) 2023 El Peral et Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Juan Pablo Michelini à Tupungato. Projet en parallèle de son activité dans le domaine familial, Vina Zorzal, plus classique. Ici raisins de El Peral, San José et Gualtallary. 75% sauvignon et 25% chardonnay. 1200m en moyenne. Elevage 9 mois en béton. Sols en partie calcaires)  Couleur claire, nez fruité, plutôt marqué sauvignon, sur les agrumes. Bouche fraîche, vive, fruitée, pas beaucoup de corps, mais c’est élégant, sans exubérance, avec une finale salivante. Parfait pour commencer.

 

Escala Humana, Semillon Credo 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Ayelen et German Masera en 2015. German travaille en parallèle comme œnologue chez Matias Michelini. vignes de 1902 à El Peral, Uco Valley.  1200m d’altitude. Elevage en vieux fûts. 12,5%)  Couleur dorée, nez bien typé sémillon, miellé, floral, acacia. Bouche en rondeur, léger beurré, miellée, fruits jaunes, manque un peu de tension mais le taux d’alcool peu élevé lui permet de rester digeste.

 

Canopus, Blanco Viejas Vinas semillon 2022 La Consulta, Valle de Uco-Mendoza : (domaine de 10ha en biodynamie, créé en 2009 par l’ancien journaliste de guerre Gabriel Dvoskin, à El Cepillo, au sud de la vallée d’Uco, lieu particulièrement frais. Vinifications avec peu voire pas de sulfites. Ici 100% sémillon de La Consulta sur ce millésime. Une partie en macération. 12,4%) Couleur légèrement orange, trouble, nez discret sur le melon, les agrumes confits. Bouche très légère, maigre, assez plate, la macération est légère, peu de longueur, un côté dilué. Par contre c’est frais et facile à boire. Peut-être une bouteille sans.

 


Catena Zapata, Adrianna Vineyard White Bones chardonnay 2022 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (domaine historique de Nicola Catena Zapata puis sa fille Laura Catena qui possède aussi les domaines Nico et Luca désormais. Un des pionniers de Mendoza. 200 hectares aujourd’hui. Vinifié par Alejandro Vigil (El Enemigo, Casa Vigil…). White bones  « recouvert de dépôts calcaires ainsi que d'ossements d'animaux fossilisés - vestiges d'une rivière qui traversait la région.» 2,2 ha à 1450m . 13 %   AT: 8.2 gr/L  pH: 3.2. 12-16 mois en 100% en fûts français de 2e, 3e et 4e remplissage)   Couleur or pâle, nez ultra expressif, très herbacé, sauge, lavande, thym, menthol, genépi, orangette, tellement violent au premier nez qu’il nous repousse presque, puis on y retourne avec curiosité. La bouche est sur les mêmes arômes, plutôt fraîche et tendue, pas de gras, peu d’élevage, assez longue. Un OVNI, tout le monde a du mal à savoir s’il aime ou non tant le vin est déstabilisant. Il doit pouvoir permettre de beaux accords à table. 

 


Otronia, 45° Rugientes Corte Blancas (pinot gris, chardo, gewurz) 2019 Chubut : (Otronia est le producteur phare de la région de Chubut. Le vignoble occupe une cinquantaine d’ha dans l’extrême sud de la province, à Sarmiento, sur les rives du lac Musters appelé « Otrón » par les anciens colons, à 300 m d’altitude. Vignoble le plus au sud du monde ! Beaucoup de gel. Sols souvent calcaires. Le projet est né en 2008, mais premiers millésimes autour de 2017, le temps de tout planter. Ici assemblage de plusieurs parcelles. Entrée de gamme par rapport aux « blocks »)    Couleur dorée, nez très fruité, très exotique, pourrait faire penser à un liquoreux, ananas, mangue, miel, pas vraiment marqué par le litchi/rose du gewurz. La bouche garde ce fruité, vive et légère en alcool, facile à boire, de longueur moyenne.

 

 

Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3)  Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer.

 

 

Riccitelli, Old Vines Semillon 2023 Rio Negro, Patagonie : (reprend la suite de son père Jorge Ricitelli en 2009. Situé à Las Compuertas. Une cinquantaine d’hectares sur plusieurs sites à Mendoza + 17 ha en Patagonie depuis 2015, en bio.  Ici 100% sémillon, vignes des années 60, franc de pied, Allen et Ingeniero Huergo sur le Rio Negro. Sols limoneux. Macération de 2 jours environ suivant les millésimes. Vieux fûts et cuves béton)  Couleur dorée, nez de cire, miel, acacia, fruits jaunes, mais aussi un peu fruits secs, bouche très droite, encore plus que le Certezas, riche en extraits secs, très longue et salivante, la légère macération donne du volume, de la texture aussi, tout en restant bien intégrée. Superbe blanc, plutôt gastronomique.

 


Michelini i Mufatto, Certezas semillon 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Domaine créé en 2008 par Andrea Mufatto, Gerardo Michelini, et leur fils Manuel Michelini. Ils possèdent aussi un domaine dans le Bierzo et un en Uruguay. Ici vignes à El Peral, Mendoza, vignes de 120ans, sols sables argiles et graves. 1300m altitude. 50% pressé en grappes entières, Elevage en 500 et 1000L. Une petite partie sous voile. 12,5%)  Couleur dorée, nez complexe de miel, acacia, tilleul, abricot, pêche, brioche. La bouche est à la fois dense, large, mais aussi fraîche avec peu d’alcool et une bonne acidité, la touche de voile est discrète mais apporte une forme de salinité à la finale. Très beau vin.

 

 

Les Rouges

 

Otronia, 45° Rugientes pinot noir 2019 Chubut : (50% égrappé. Elevage 1an et demi en foudres de chêne français et cuves béton) Couleur très claire, à peine rouillée. Nez de petits fruits rouges, groseilles, airelles, pivoine, notes végétales. Bouche très légère, peu de corps, peu de tannins, acidité élevée, tout en fruit et en fraîcheur, pas très loin d’un rosé. Très digeste et facile à boire, on sent clairement le climat froid. Intéressant à goûter, les nouveaux millésimes du projet ont déjà bien progressé. Un domaine à suivre.

 

 

Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6)  Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante.

 

 

Nico (Laura Catena), Grand-Père pinot noir 2020 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : (projet de Laura Catena, en parallèle de sa célère Bodega Catena Zapta, avec l’œnologue Roy Urvieta. Sélectaions massales bourguignonnes commencées vers 2008, mais le domaine commence vraiment en 2016. Situé à Tupungato (Villa Bastias et Gualtallary), zone fraîche de la vallée de Uco. Projet avec 5 parcelles présentées comme des climats en Bourgogne. Ici : 2 hectares plantés en 1993  Clone Dijon 115 à Villa Bastías, sols argiles et graves)  Couleur rubis claire, nez très engageant, expressif, qui pinote clairement sur la fraise, la cerise, un peu d’élevage vanillé. Bouche gourmande aussi, fruits rouges un peu sucrés, toute en rondeur, léger boisé, avec du corps mais pas trop d’alcool, manque un peu de tension en finale.

 

Nico (Laura Catena), Grand-Mère pinot noir 2022 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : Même esprit que le Grand-Père 2020, un peu plus mûr et solaire ici peut-être, l’élevage est déjà bien intégré pour 2022, joli pinot aussi dans un style rond et gourmand.

 


Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela Los Nidos (bonarda, barbera, grignolino…) 2021 Calingasta valley, San Juan : (Domaine à Barreal, créé par Sebastian Zuccardi, qui possède aussi le célèbre domaine Zuccardi à Mendoza, et ses associés en 2011. Partie Ouest de San Juan, à 1500m d’altitude. Vignes en pergola. Vinifs peu interventionnistes. Ici : Paraje Hilario,1.2 acres, planté en 1940. Grappe entière. 8 mois œuf béton. 85% bonarda ou douce noire, 15% Barbera, Grignolino, et autres cépages complantés non identifiés)   Couleur très sombre, probablement des cépages teinturiers dedans, nez très réduit à l’ouverture mieux après carafage, fruits noirs confiturés, café, notes animales. Bouche rustique, puissante, tannique, avec des arômes très mûrs mais une bonne acidité derrière, le vin manque d’élégance pour la plupart des dégustateurs, de précision également.

 

Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela La Totora criolla chica 2021 Calingasta valley, San Juan : (Cépage criolla chica ou pais ou listan prieto)  Couleur rosé foncé, contours un peu orangés. Nez très fruité et floral, fraise, pivoine, un peu orange sanguine, façon Tavel de l’Anglore par exemple. La bouche a de la puissance (14,5%), du corps pour un rosé, plus d’acidité et de tension qu’un Tavel, avec des petits tannins qui allongent le finale. Il reste du coup très digeste et facile à boire, plus précis que la cuvée Los Nidos.

 

 


Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin.


 

 

Altos Las Hormigas, Malbec 2019 Paraje Altamira, Valle de Uco-Mendoza : (domaine créé en 1988, avec notamment Attilio Pagli un précurseur du malbec argentin dans les années 1990, lui qui était pourtant venu à la base pour développer le sangiovese. Consulté par le géologue Pedro Parra. Environ 200 hectares aujourd’hui. En bio. Un jardin en biodiversité a été créé dans les années 2010. Période vin boisée dans les années 90-2000, vin beaucoup plus terroir désormais. Ici Paraje Altamira : 20mois élevage 50% foudres non toastées 3500L , 50% cuves béton. 30% VE.  Sols granit galets et graviers recouverts de calcaire, 1200m d’altitude) Couleur pas trop sombre pour un malbec, nez d’herbes grillées, fruits noirs, épices, chocolat, orange sanguine. Bouche fraîche, élégante, pas très élevée en alcool, acidité moyenne, tannins plutôt souples, semble prêt à boire. Très typique de Paraje Altamira, frais et élégant, mais presque un peu trop sage, manquant un peu d’intensité et de longueur par rapport au Chacayes.

 


Riccitelli, Malbec Vino de Los Chacayes 2019 Los Chacayes, Valle de Uco-Mendoza : (1500m partie la plus à l’ouest, un peu de calcaires, sables et graviers calcaires.  30% VE, fermente en cuve béton puis 16mois foudres de chêne français. 14%  7,4gr AT)  Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, le café, la violette, les herbes aromatiques, intense. Bouche à la fois très mûre et très dense, avec une grosse acidité derrière qui équilibre bien le tout, les tannins sont encore bien présents sans être secs, c’est très long, encore un peu jeune dans l’idéal.


Riccitelli, Cabernet Franc sobre suelos calcareos 2021 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Guatallary, dans la vallée d'Uco, à 1 400 mètres d'altitude, plutôt partie Ouest, sur des sols calcaires composés de gravier et de sable fin. Egrappé. Fermente en cuves béton levures indigènes, élevage 1an fûts de chêne non neufs) Couleur très sombre, le nez rappelle bien le cabernet franc, légèrement poivronné et végétal, cassis, une petite touche herbes grillées en plus. Très belle bouche, juteuse, avec une acidité élevée, beaucoup de fraîcheur, de la tension, très salivante.

 

Riccitelli, Old vines Bastardo 2022 Rio Negro, Patagonie : (100% trousseau, vignes des années 1960, franc de pied, une partie de grappes entières, fûts français) Couleur claire, contours violets, nez plein de fruits rouges et noirs, un peu de violette, pas d’élevage ressenti. La bouche semble légère en alcool, avec une belle acidité, beaucoup de fruits, peu de tannins, quand même du corps, à la façon d’un beau pinot, avec une belle allonge. Très beau vin, très élégant, déjà très accessible ainsi et avec un potentiel de garde.

 

 

Conclusion

Quelques très beaux vins. Dans l'ensemble beaucoup de fraîcheur (les vins ont été choisis dans cette optique là). Peut-être un meilleur niveau que le Chili à l'heure actuelle, avec plus de moyens. Mais le Chili a peut-être un peu plus de potentiel pour l'avenir avec une plus grande diversité de terroir, sa longue côte très fraîche, sa possibilité de ne pas irriguer.

 

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