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La Cave du Théâtre
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  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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13 mai 2026

Francis Florentin à Saint-Julien-de-Coppel

 

Francis Florentin a repris en 2025 une parcelle de 12 ares 75, à St-Julien-de-Coppel (à l'Est de Corent). Ce sont des vignes d'environ 70ans de vieux gamays d'Auvergne plantés à 10 000 pieds/ha. Sols argilo-calcaires, avec une très légère influence volcanique.

 

Francis est un ancien caviste, qui connait très bien le milieu du vin. Depuis quelques années, il est employé à la vigne chez Henri Chauvet, qui lui prête du matériel et chez qui il vinifie.

 

 

 

Francis Florentin, A ma main 2025 Vin de France : (premier millésime donc. Grappes entières. Elevage en vieux fûts de blanc d'Alsace. Vinifié chez Henri Chauvet. 10mg SO2 à la mise uniquement. 11%) Une couleur claire, peu extraite, qui ferait plus penser à un pinot qu'à un gamay. Le nez nous ramène vite sur un gamay, plein de fruit, de cerise rouge, de framboise, avec encore une petite touche amylique. La bouche est très juteuse, croquante, pleine de fruit frais, légère en alcool, mais quand même du corps pour un vin à 11%, avec une texture très soyeuse, un profil plutôt en rondeur, avec beaucoup de gourmandise et surtout très facile à boire.

 

29 mars 2025

Visite à la Distillerie Volcanique

 

 

Visite à la Distillerie Volcanique à Brassac-les-Mines

 

 

 

 

Si le nombre de domaines qui s’installent en Auvergne est en pleine explosion, il en va de même pour les distilleries et liquoristeries. Parmi celles-ci, une à particulièrement retenu mon attention : la Distillerie Volcanique de Quentin Sicard à Brassac-les-Mines, pour sa démarche authentique, avec une mise en avant au maximum, dans la mesure du possible, du bio et du local.

 

Après des études d’œnologue et d’agronome, Quentin a travaillé de nombreuses années à Cognac avant de revenir dans son Auvergne natale… En parallèle, il est aussi formateur pour les étudiants en DNO (diplôme national d'œnologie). 

 

Il s’est installé en 2021 dans un local qu’il loue à la mairie de Brassac. S'il est très pratique et fonctionnel, le chai est sec, avec une grosse part des anges en été, ce qui concentre les alcools. Sur le long terme, si une opportunité se présente, bien sûr qu’il aimerait devenir propriétaire d’un local, plus haut en altitude, plus ergonomique, mais avec la même qualité d’eau. Ce serait aussi un moyen d’avoir un statut agricole…



Le secteur n’a pas été choisi au hasard. C’est l’approvisionnement en eau qui a été le facteur déterminant. Ici, l’eau provient du Luguet dans le Cézallier, elle est particulièrement adaptée à la distillation car peu minéralisée. En effet les roches volcaniques (les fameuses Scories) retiennent le calcium et le magnésium. 


 

 

La fabrication du whisky

 

Le malt est réceptionné en grains entiers, il est concassé au dernier moment.

 

L’empâtage est réalisé en mono-palier dans une grande cuve.

 

Après brassage manuel, l’ensemble de la cuve d’empâtage est transféré dans un pressoir viticole. Le moût fermentescible est pompé en cuve de fermentation et les drêches pressées sont valorisées en alimentation animale.

 

La fermentation alcoolique (aidée par des levures spéciale whisky de chez Lallemand Distilling) dure environ 60 heures. Le wash obtenu titre environ 8% vol. 

 

L’alambic (capacité 900L) est chargé à 600L. Chauffe naturelle, gaz nu. Les "têtes et les queues" sont coupées à dégustation. En sortie d’alambic le cœur de chauffe titre environ 82%.

 

 

L’alambic a été fabriqué sur mesure par l’atelier Lagorsse en Dordogne, une sorte d’hybride entre l’alambic continu de l’Armagnac et l’alambic à repasse du Cognac. Ici, il n’y a qu’une seule « passe » ou distillation (comme en Armagnac), mais sans les plateaux de barbotage des vapeurs d’alcool dans le vin frais (en cela, comme à Cognac). Les jus qui sortent de l’alambic sont à un degré d’alcool plus proche de celui de cognac que celui d’armagnac (qui est moins élevé). Le but est d’obtenir des eaux-de-vie concentrés tout en gardant de la finesse.

 

Réduction lente au degré souhaité avec l’eau locale, d'abord à 70% avant mise en fût. Quentin prête une grande attention au choix du tonnelier, au type de bois, et surtout au type de grain. Il possède pour le moment des fûts de chauffe moyenne/chêne grain fin du Centre, des fûts chauffe moyenne/chêne gros grain des Vosges, un fût chauffe forte gros grain des Vosges et un fût de chêne américain. Le but est d’expérimenter mais aussi d’obtenir une forme de complexité après mise en masse des différents fûts.

 

 

Les premiers whiskys, millésimés 2022, sortiront en fin d’été 2025 probablement, après 40 mois d’élevage environ. Il devrait y avoir un fût de chêne neutre, un fût ayant contenu de la liqueur de raisins, un fût ayant contenu du gamay/pinot de Boudes, un fût de chardonnay de Boudes.  Une partie continuera son élevage en fût quelques années de plus !  

 

 

 

Un projet est en cours pour planter de l’orge, mais ce n’est pas simple... Il faut absolument une orge à whisky « No GN », c'est-à-dire non productrice de glycosidique-nitrile, substance très probablement cancérigène à partir d’un certain taux (une Loi devrait passer d’ici peu dans l’UE).

 

En attendant, l’orge à whisky utilisée est la Lauréate (No GN bien sûr) cultivée en Poitou-Charentes puis maltée aux malteries Soufflet. Pour le Drolle classique un petit pourcentage d’orge tourbé à 25ppm est utilisé, il ne se sent pas vraiment mais il « relève » la finale. Un 100% tourbé devrait voir le jour bientôt.

 

 

 

 

Dégustation


La gamme est désormais déclinée en 3 étiquettes distinctives : Distillerie des Scories pour les eaux-de-vie, Liquoristerie volcanique pour les liqueurs et Eruption pour une gamme où se retrouvent à la fois des spiritueux distillés et des liqueurs. Distillerie des Scories crée dès le départ est la gamme premium tandis qu’Eruption qui vient d’être lancée est une gamme plus facile d’accès.

 


Eruption Alambic, Gin : (genièvre d'Italie) un gin très classique, très marqué genièvre, un côté violette/lavande également, avec du punch, alcool bien intégré. Bien fait, mais plus simple que le suivant. 


Eruption Alambic, Vodka : une vodka de blé français, à venir bientôt

 

Eruption Alambic, Whisky : entrée de gamme facile et gourmande, sur un profil malté et vanillé en rondeur.


Eruption Liqueur, Verveine citronnée : une liqueur avec les plantes bio de la SICARAPPAM, macération des feuilles séchées d'où la couleur plus marron que verte. Très belle bouche très marquée par le côté citronné, pas trop riche en sucre.

 


Distillerie des Scories, Originel London Dry Gin : (alcool surfin à 96% à base de blé. Baies de genévrier et feuilles de verveine citronnée provenant toutes deux de la coopérative locale SICARAPPAM à Aubiat, certifié bio. Les plantes sont mises à macérer séparément en cuves inox. Puis l’ensemble des deux cuves, les macérats liquides + les baies et les feuilles sont mis à distiller en phase liquide/solide (plus complexe qu’une distillation en phase liquide seule). En sortie d’alambic le cœur de chauffe titre à 85% environ. Réduction lente pendant 2 mois environ à 42% avec l’eau locale)  On sent clairement l'influence de la verveine citronnée, le genévrier reste présent dans le fond, subtilement, la bouche arrive à combiner une sorte de gourmandise et de rondeur avec une finale sur la fraîcheur des plantes et du citron. Très digeste pour 42%. Un des tout meilleurs gins que j'ai pu goûter, qui en plus présente une vraie originalité et une touche locale.


Distillerie des Scories, Vodka citron désormais appelé Nhola-Eau de vie de citron : (macération des écorces de citron dans de l'alcool surfin. Puis distillation du macérat + des écorces. Réduction à 42% avec l'eau locale)  une eau-de-vie qui mise sur la fraicheur, assez simple derrière le gin, très citronnée, presque facile à boire, un côté rafraîchissant.


Distillerie des Scories, Rhum blanc Le Carreau : (mélasse bio achetée au Paraguay, fermentation 5 jours, donc assez longue pour aller chercher un peu d’esters. Fin de fermentation alcoolique à 10-11% vol. avant distillation. Puis réduction lente pendant 2 mois en cuves inox à 50%)  un rhum blanc qui rappelle un peu les Clairin de Velier, avec des extraits secs, du fruit exotique sans exubérance, du corps, pas trop sucré (zéro ajout de sucre), sans manquer de gourmandise.


Distillerie des Scories, Le Drolle Pur Malt 49% : (6 mois fûts neufs sur cette version) Couleur or, un nez bien sûr malté/céréalier, mais aussi pâtissier, avec des notes de crème vanillée également et quelques fruits jaunes. La bouche est intense, la dilution à 49% semble un bon compromis, il a gardé du punch, une texture épaisse, sans brûlure de l'alcool, il est même plutôt gourmand, avec ses notes de crème brûlée, de vanille et de céréales. La finale est longue, un peu plus sèche et austère que le milieu de bouche, ce qui permet de donner un peu plus d'allonge et un certain caractère. Vraiment complexe pour un 6 mois d'élevage. Déjà beaucoup de plaisir et très prometteur pour la suite.


Distillerie des Scories, Le Drolle brut de fût 70% : le nez est bien sûr plus discret à ce degré d'alcool-là, quelques gouttes devraient suffire à l'ouvrir, la bouche est bien sûr plus puissante, encore plus grasse, moins gourmande, moins vanillée, un peu plus austère, j'ai même l'impression de sentir une petite pointe tourbée, par contre beaucoup plus longue. A réserver aux amateurs de "cask strenght".


Distillerie des Scories, Fine de Bayard Eau-de-vie de Vin : (base de tressallier du domaine de la Fontaine à Saint-Pourçain + des lies de chardonnay des Côtes d’Auvergne. 4 mois en vieux fûts pour la laisser respirer sans la boiser) une fine vive et fruitée, avec la "tension" du tressallier et le côté aromatique du chardonnay. Elle me semble plutôt adaptée aux cocktails, en tout cas par comparaison au Drolle bu juste avant.

 


Liquoristerie volcanique, Liqueur de raisin : (achat en Charentes où Quentin a gardé beaucoup de contacts. C'est la même méthode que pour un ratafia champenois : mutage du jus de raisin frais (cépage Montils) avec une eau-de-vie de vin vieillie 1 an) Le nez fait penser à un vin liquoreux, on ne sent pas trop le marc ici, mais plutôt le coing, l'abricot. La bouche est très bien équilibrée entre sucre et acidité, il semble bien moins élevé en alcool qu'il ne l'est réellement. Beaucoup de finesse sur ce "ratafia".


Liquoristerie volcanique, Liqueur de framboise : (framboises locales ici) une liqueur façon Scories, épaisse, non filtrée, avec beaucoup de pulpe, où on a l'impression de croquer dans des fruits frais. Là aussi, ça se boit très facilement, un peu trop peut-être.

 

A venir : une liqueur d’abricot, une de citron, une de fruits rouges, une de poire williams et une de myrtille.
 

 

 

 

Un grand bravo à Quentin pour son initiative, ses convictions, et la qualité de son travail. Car si se lancer comme vigneron en 2025 n'est pas une partie de plaisir, c'est tout aussi compliqué pour un distillateur, voire peut-être même plus car il y a la contrainte du temps ici.

 

Une employée, Sophie, vient juste de rejoindre Quentin, la charge de travail étant trop importante, surtout sur les fortes périodes de distillation (fin automne-début printemps) où il est devenu impossible de distiller 7 jours sur 7 et d’assurer la partie commerciale en même temps.

 

L'autre difficulté majeure est que le monde des spiritueux manque de règles strictes à l’heure actuelle. Un gin français peut par exemple être produite avec des céréales achetées en Europe de l’Est et avec des baies de genièvre provenant majoritairement des Balkans… Le coût de production d’un spiritueux local est très nettement supérieur. L'effort de transparence de Quentin sur tous ses produits dans ce contexte-là mérite d'être salué.

 

En parallèle, il s’engage comme formateur pour les étudiants en DNO (diplôme national d'œnologie). Afin de transmettre son savoir-faire et ses valeurs. 

 

 

Souhaitons-lui bon courage pour la suite. Rendez-vous est pris dans quelques mois pour déguster de grands whiskys auvergnats !

 

 

 

 

Les Whiskys : même base de 30mois + des finish différents de 12 mois. Tous à 51,5%

 

Whisky finish fût de chêne BOSC : (grain fin) Le plus "neutre", pas trop vanillé, moins que le Drolle par exemple, petite touche torréfiée, très malté, céréales, petite touche fruitée, alcool bien intégré comme sur les trois autres.

Whisky finish liqueur de raisin AUR : le nez est marqué par la mistelle, raisins blancs confits, abricot, miel, bouche grasse et ronde, presque huileuse, belle texture, gourmand.

Whisky finish vin blanc CLAR : (chardonnays du domaine Pélissier à Boudes, juste après FA et avant FML pour garder une bonne acidité) Nez de fruits blancs, d'agrumes. La bouche est bien marqué par le finish, avec une sorte de tension et de minéralité, un profil plus en longueur, très original sur un whisky.

Whisky finish vin rouge ROGE : (gamay/pinot de Pélissier à Boudes, juste après FA aussi) Couleur très différente, bien plus foncée et aux reflets rouges, nez très fruits rouges, un peu toffee, pâte d'amande. Bouche avec une sorte de gourmandise fruits rouges/caramel mais aussi une forme de tension comme sur le précédent. 4 whiskys très différents et donc très intéressants à comparer.

 

15 mai 2024

Visite au domaine Les Grands Pans à Saint-Sandoux

 

Visite au domaine Les Grands Pans à Saint-Sandoux

 

 

Corinne et Jean-Marie Bonny, passionnés de vin depuis longtemps, ont réalisé leur rêve : devenir vigneron. Ne trouvant pas de parcelle idéale à reprendre, ils ont fini par planter eux-mêmes des vignes ; un choix qui demande beaucoup de temps, d’argent et d’énergie mais c’était le seul moyen d’obtenir le résultat dont ils avaient toujours rêvé.

En 2017, la mairie de Saint-Sandoux leur propose une parcelle en friche depuis au moins la seconde guerre mondiale, d’un peu plus d’1 hectare, à Saint-Sandoux, de l’autre côté de l’autoroute, face à Veyre-Monton et à Corent, juste au-dessus de la parcelle de blanc de leurs amis de l’Arbre Blanc.

 

 

   Le travail a été colossal entre le défrichage, le nettoyage, l'amendement, l'engrais vert, le labour, les plantations. Détails et photos sur le site du domaine https://grandspans.fr/notre-histoire/

 

 

En 2019 la parcelle est enfin plantée, 5500 plants (dans l’idéal 6000 bouteilles les années où tout ira bien) 2/3 de pinot noir sur la gauche, 1/3 savagnin sur la droite. Jean-Marie est un grand amateur de vins du Jura, des vins jaunes mais pas uniquement. Les sols argilo-calcaires ici sont adéquats pour le savagnin, le climat aussi, et ça peut être une bonne réponse au manque d’acidité des derniers millésimes. Comme il y a beaucoup de calcaire actif, la vigne a été greffée sur fercal. Les pinots sont des massales avec une grande diversité génétique, idem pour les savagnins sélectionnés chez le pépiniériste Guillaume dans le Jura. Tout est taillé guyot-poussard.

 

D'après le site du domaine : «  La taille Guyot-Poussard que nous tentons de mettre en place est une forme de taille douce. Les coupes annuelles doivent être ordonnées de telle sorte que les plaies de taille aient des surfaces réduites et soient situées sur la face supérieure des rameaux. En dehors de cette zone, le bois est sain et sans plaie. La sève circule alors librement. En outre, deux bras sont construits, la baguette portant les fruits est ainsi alternée chaque année. Chaque plant étant différent, cette taille est très chronophage, mais passionnante. Heureusement, Caroline du domaine de l’arbre blanc nous conseille et nous corrige patiemment. L’ambition est évidemment de mettre en place une vigne vigoureuse et de limiter le dépérissement des pieds. » 

 

 

La parcelle est très pentue, exposée sud très légèrement à l’est, solaire, très lumineuse le matin, protégée des vents d’Ouest. Ici, il n’a pas gelé en 2024 contrairement à tout le sud de Clermont, probablement grâce à ce soleil très matinal, peut-être aussi grâce aux haies et au fait de ne pas être trop bas dans la plaine. L’autre avantage ici c’est que la pression des maladies fongiques est faible, il y a peu de vignes autour, pour le moment 2 à 3 traitements par an suffisent.

 

 

 

Le travail à la vigne est bio, certifié. Jean-Marie est un passionné de biodiversité : il y a des haies tout autour, des composts sont réalisés en bas de la parcelle, les couverts végétaux sont déjà magnifiques après 4ans, avec beaucoup d’avoine, des coquelicots… Pas de labour, piochage de l’intercep. La vigne est palissée très haute pour avoir à la fois de la photosynthèse et le maximum d’ombre. Ebourgeonnage sévère sur ces jeunes vignes. Le savagnin se comporte très bien pour le moment, « il cherche toujours à monter, il est plus simple à gérer que le pinot qui a toujours besoin d’être redressé lui ». D’ailleurs tous les manquants sont replantés en savagnin, Jean-Marie regrette presque de ne pas en avoir planté un peu plus…

 

 

 

La Cave

 

Direction Veyre-Monton, dans le garage pour le moment. Mais un bâtiment est en construction à Saint-Sandoux pour l’avenir.

L’hygiène est parfaite, Jean-Marie y accorde beaucoup d’importance, nécessaire lorsqu’on travaille en nature.

Les raisins rentrent très tôt des vendanges, c’est l’avantage de travailler sur une petite surface. Sur une année chaude comme 2023, tout était rentré à 10h. Peu de vignerons peuvent se le permettre. C’est pour cette raison que le domaine n’a pas vraiment prévu de s’agrandir…

Tout passe dans le petit pressoir vertical, « c’est pratique parce qu’on voit ce qu’on fait, et parce que les jus traversent les rafles, ils sont en quelque sorte filtrés ».

 

Il y a ensuite un inertage dans la carboglace et tout part dans des cuves inox. Les blancs sont sur lies, il n’y a pas de bourbes en sortie de pressoir pour le moment.

Les rouges sont travaillés grappe entière, une sorte de semi-carbo avec une macération préfermentaire. Les jus de goutte vont dans une cuve et les jus de presse dans l’autre.

A l’heure actuelle les 2023 sont encore dans les cuves, ils attendent la mise en bouteille des 2022 en juin pour prendre leur place dans les fûts non neufs de chez Olivier Leflaive où Jean-Marie a un peu travaillé. Ce sont donc des élevages longs. « Ça c’est l’avantage d’être tous les deux doubles-actifs avec Corinne, quand tu n’as pas la pression financière et que tu peux te permettre de prendre le temps, ça change tout. Il faut le reconnaître, c’est une chance que nous avons ».

Tout est en levures indigènes, avec des pieds de cuve (sauf le cas du vin de voile), pour le moment aucun vin n’a eu besoin d’être sulfité que ce soit les 2022 ou les 2023. Le rouge 2022 verra probablement 10mg à la mise, mais ce sera décidé en fonction des analyses au labo.

Les levures du savagnin sous voile ont été sélectionnées avec l’INRA où Jean-Marie a ses entrées puisqu’il y travaille. Mais en faisant des essais sur des petites dames-jeannes on se rend compte que le savagnin même en Auvergne fait spontanément du voile !

Tout est embouteillé avec vide d’air, bouchons liège de qualité, dans l’optique d’une bonne garde.

 

 

 

Les 2022 sur fût

 

Tout est là !

 

228L de blanc, 300L de rouge et un fût de vin jaune qui sera mis en bouteille dans 2-3ans probablement (non goûté car difficile de toucher à un vin de voile en cours d’élevage). Il devrait y avoir le double de bouteilles en 2023 et on espère le triple en 2024.

Pas vraiment de volatile à l’analyse, pourtant le vigneron n’y est pas complètement hostile lorsqu’elle s’intègre bien dans l’équilibre du vin.

 

Résonance Savagnin 2022 : couleur or pâle, un nez un peu sur la retenue en l’état, il ne laisse pas présager d’une telle bouche. L’attaque est énergique, très bien équilibrée entre une matière dense, surtout pour d’aussi jeunes vignes, et une acidité élevée. Les 14% d’alcool ne se sentent que par le volume et l’intensité pendant que le pH très bas (2,9 en 2022 ! il y aura environ 3,1 en 2023) équilibre le vin, le porte très loin, sur une finale saline très longue. Le profil rappelle clairement de beaux savagnins ouillés du Jura, comme les Notes bleues par exemple. C’est parfaitement propre. Déjà un des plus jolis blancs d’Auvergne dès le premier millésime. Bien sûr c’est un vin de gastronomie, qui avec de telles « mensurations » n’est probablement pas fait pour tout le monde. Il faut clairement aimer la tension. Mais l’élevage long l’a quand même bien patiné. J’ai hâte de le revoir avec quelques années et aussi de voir le 2023.

 

Magnétique Pinot noir 2022 : un peu le contraire du précédent, un pinot clair en couleur, léger (entre 12,5 et 13%), acidulé, aux tannins souples, qui n’est pas maigre pour autant, mais très digeste, sur la griotte, la groseille, avec aussi une note fumée bien présente, typique des 2022 apparemment puisqu’on retrouve la même chez l’Arbre Blanc sur ce millésime-là. Pour le moment les deux s’équilibrent bien. Il va être important que le fumé ne prenne pas trop les devants par rapport au fruit je pense. Un pinot élégant, frais, qui devrait s’aborder facilement en jeunesse.

 

 

Un grand merci à Jean-Marie pour la visite. Je venais au départ pour la curiosité de goûter les premiers savagnins d’Auvergne, et force est de constater que c’est une vraie réussite. Le pinot est lui aussi très intéressant sur cette très belle parcelle parfaitement « jardinée ». Mais le savagnin par son originalité, et surtout les pH qu’il peut donner aux vins tout en gardant volume et longueur m’a semblé ce jour-là la meilleure réponse au réchauffement climatique qui est le grand problème des blancs d’Auvergne à l’heure actuelle.

 

Le savagnin : l’avenir de l’Auvergne ? Et pourquoi pas ? Il me semble en tout cas bien mieux adapté que le chardonnay !

 

 

Les 2023

pinot noir version cuve : (étiquette rouge) léger, sur la griotte, petits fruits rouges, floral, légère volatile, style en fraîcheur.

pinot noir version fût : (étiuette blanche) très différent, plus "hivernal", plus coloré, plus dense, en rondeur, soyeux, sur des arômes plus chaleureux pomme/cannelle très originaux, très accessible, on sent que le fût a oxygéné mais sans marquer l'aromatique.

savagnin 2023 : encore en cours d'élevage pour au moins une année supplémentaire.

 

14 juin 2026

Soirée Coups de cœur (29/05, 12/06 et 19/06)

 

Clos de l'Ecotard Quarts St Vincent 2020, A. Jobard Bourgogne chardonnay 2024, Peyre Rose Rose 2024, Anglore Jardin d'Orfeuil 2020, P. Bouley Monthelie Aux Fournereaux 2023, Clos Venturi Guarando 2023, Prieuré St Jean de Bébian rouge 2023, Minimalist No place like home 2023, Les Bariolés Suquets 2024, Ganevat les cèdres 2020, Suenen C+C.

 

Mayard Lirac rosé 2025, H. Chauvet Qui Sait 2022, Vacheron Sancerre Paradis 2011, Abbott Claim chardonnay X Omni 2023, V. Courregès Senzo 2024, Birichino Enz mourvèdre 2023, Clos Constantin Kaolinite 2024, Dureuil Rully En Guesnes 2023, Clos de l'Epinay Clos Palet 2024, Coulée de Serrant 1988, Burmester Vintage 1994.

 

Grange d'Ernest Blanc 2023, JM Pillot Chassagne-Montrachet 2024, Mas Jullien Lous rougeos blanc 2022, Tarlant Louis 1996 dég. 2025, Ferraris Ruchè Sant'Eufemia 2024, Dubuet Monthélie Champs Fulliot 2019, Phelan Farm Autrement 2022, B. Montel Lueurs 2023, Apollin Aux vignettes 2024, Distillerie Volcanique Verveine.

 

 

10 août 2024

Les Terres Bariolées à Chalus

 

Visite au domaine Les Terres Bariolées à Chalus

 

 

Domaine de 5 hectares repris fin 2021 (premier millésime en 2022) + 2,5 hectares en plantation. Chardonnay majoritaire pour le moment + chardonnay muscaté, pinot noir et gamay. Plantations de Syrah, aligoté, chardonnay et chardonnay muscaté à venir...

 

Claire Freist et Edoardo Veltroni se sont rencontrés en Bourgogne, chez Trapet et Bernard Moreau notamment. Edoardo est auparavant passé chez Elisabetta Foradori, André Beaufort, La Vougeraie.

 

Travail en bio (certifié à partir des 2024) et biodynamie (non certifié pour le moment). Vinifications sans intrants ni sulfites.

 

Toutes les vignes sont sur Chalus - un des 3 villages de la DG Côtes d'Auvergne Boudes.

 

Suite à la sécheresse de 2023 et au gel de 2024, des cuvées de négoce (achats de raisins bio en Bourgogne, Languedoc, Auvergne) devraient bientôt voir le jour. Ce n'était pas forcément prévu au départ, mais il n'y a pas le choix après 2023 et 2024, comme pour la plupart des jeunes vignerons d'Auvergne...

 

Débuts très compliqués au niveau quantité (mais pas qualité). 2022 : rendements moyens autour de 20hL/ha. 2023 moyenne autour de 9hL/ha (sécheresse). 2024 se profile autour de 9hL/ha (gel puis mildiou principalement, malgré 13 traitements et 12 à 14 heures quotidiennes dans les vignes)...

 

 

La commune de Chalus avec son château, sur un éperon basaltique, juste avant d'arriver à Boudes. Plus que 2 producteurs ici : Abbonnat et Les Terres Bariolées, tous les deux en bio. Les vignes sont principalement à l'Est et au Sud. Comme à Boudes il s'agit d'un secteur solaire et surtout très sec.

 

 

 

Les bouteilles sorties sur le millésime 2022 

 

 

 

Au printemps :

Les Suquets : (100% chardonnay) un chardonnay élégant, frais, pur et minéral.

La boudeuse : (100% pinot noir) un pinot noir léger, infusé, avec une petite volatile.

Frizzette pet' nat' rosé : (chardonnay et gamay) une bulle fraîche et vineuse.

 

 

A l'automne

Sables de grès : (100% chardonnay muscaté en macération, égrappé) vin de macération au nez aromatique, à la bouche très fine et élégante pour une macération de six mois.

Chalenta : (100% chardonnay) un chardonnay avec un élevage plus long que Les Suquets, plus de volume, plus exotique, plus de potentiel de garde, il appelle la table.

La Condamine : (100% gamay) un gamay sérieux, coloré, avec un bon potentiel de garde.

Les Chirouzes : (100% pinot noir) un pinot à peine plus puissant que La Boudeuse, mais dans un style toujours tout en finesse et en fraîcheur, qui s'aborde déjà très bien en jeunesse. 2023 sera plus puissant et solaire.

 

 

 

Visite des vignes (été 2024)

 

La Boudeuse, pinots noirs plantés en 1993 (+ un bout en 2003) à 4500-5000 pieds/ha, des sélections de Bourgogne sur porte-greffes 5C et 161-49. La seule qui a plutôt bien résisté au gel de 2024, malheureusement touchée en partie par le mildiou malgré les traitements. Ici aussi taille physiologique guyot-poussard (l'idéal c'est 5 rameaux, 12 grappes, 35hL/ha). Parcelle en haut de coteau qui culmine à 550m d'altitude. 

Comme sur l'ensemble de Chalus les sols sont argilo-calcaires avec du basalte, ce sont les proportions qui changent légèrement d'une parcelle à l'autre, avec parfois un peu de sable aussi.

 

Début de véraison août 2024 dans La Boudeuse

 

 

 A gauche du chemin les pinots de La Boudeuse, à droite les pinots des Chirouzes. Sols assez proches. Exposition qui tourne vers le Sud sur les Chirouzes (= roches volcaniques), plus solaire et toutes petites grappes millerandées comme on rencontre parfois en Bourgogne.

 

 

Les pinots noirs des Chirouzes. Sur l'ensemble du domaine les vignes sont magnifiques : palissées hautes et tressées, travail sur les couverts végétaux (avoine surtout), dans l'idéal plus de labour dans les années à venir, pulvérisation de lait de chèvre pour mieux "coller" la bouillie bordelaise.

 

 

Après être passé devant Les Suquets (= pieds de vignes ?), tout en bas du coteau Est où les sols contiennent un peu plus d'argiles rouges, puis des gamays de La Condamine (terre du Seigneur, du château de Chalus probablement. Gamay d'Auvergne et Beaujolais 1963 et 1998) à mi-coteau où tout a gelé, voilà les vignes de Chalenta en haut de coteau. Les 10 rangs de chardo muscaté sont tout à gauche de la parcelle.

 

 

Plantations de chardonnay et aligoté, plein Est. Les sols sont un peu plus sableux et plus calcaires. A droite les plantations de syrah. Entre les deux un peu d'espace pour un projet de plantations d'arbres, de végétaux voire peut-être quelques animaux... 

 

 

Les nouvelles plantations de syrah. Achat des meilleures sélections massales chez Lilian Bérillon. Densité à 6000 pieds/ha. Greffage à l'anglaise (une sorte de Z à l'envers) sur porte-greffes paulsen, fercal et 140 ruggieri. Premier millésime en 2025 si tout va bien...

 

 

 

 

A la Cave - sur fûts (embouteillage pour début 2025)

 

Tous les 2023 seront embouteillés avec la nouvelle embouteilleuse partagée (avec Bastien Migeon, Lisa et Paul...), avec inertage à l'azote, sans sulfites ajoutés. Bouchons garantis sans TCA sur toutes les cuvées domaine. Analyses en labo tous les mois.

 

 

Chalenta 2023 : goûté sur 2 fûts différents, il reste quelques sucres à finir sur l'un. Chardonnay mûr avec des notes de fruits exotiques, une bouche dense, avec une petite volatile sur l'un des fûts qui lui fait du bien, intégrée à l'ensemble, apporte du peps et une sensation d'allonge. L'élevage reste discret à chaque fois. Les finales sont énergiques claquantes, ne saturent jamais le palais.

 

Suquets 2023 : (élevage plus long que l'an passé donc) Un chardonnay plus citronné (sols plus riches en argiles rouges), moins de volume, un peu plus austère, plus sur la tension que le précédent. Un autre style, très bon aussi. Regoûtés en bouteille, les deux blancs ont gardé quelques sucres résiduels (ils ont été à peine sulfités à la mise du coup), bien équilibrés par une très belle acidité. Ils combinent gourmandise, fraîcheur et tension. Ce sont probablement les meilleurs blancs 2023 de la région.

 

Sables de grès 2023 : (méthode différente cette année, seulement 1 mois de macération en jarre mais grappes entières) Un nez orange, plantes amères, moins muscaté, moins aromatique, plus subtil que l'an dernier. Une bouche moins tannique, plus suave, là aussi moins muscaté, mais qui allonge bien. Très prometteur.

 

Chirouzes 2023 : goûté sur 2 fûts différents, un pinot plus coloré que l'an passé, plus puissant, plus dense (on reste sur du 13-13,5% vs environ 11,5-12% l'an passé, pH bas autour des 3,4 qui lui donne une belle acidité, c'est équilibré, grain de tannins très fin, un pinot plus sérieux que l'an dernier, qui sera probablement moins gourmand au départ mais qui ira loin. Comme tous les vins précédents, parfaitement propre, aucune déviance ni problème bactérien sur ce millésime solaire.

 

(Pas de condamine en 2023 ni de Boudeuse)

 

 

 

 

En bouteille - Vins de négoce avec une étiquette différente, mis en bouteille en juillet 2024

 

 

Moitié route 2023 : (gamay de la condamine, pinot de la boudeuse et pinot de Bourgogne. Environ moitié gamay moitié pinot au final. Tout en grappe entière) Un vin coloré, nez plutôt marqué par le gamay, fruits noirs. Bouche gourmande, ronde, facile, avec une petite sucrosité, sudiste sur ce millésime. Pas très complexe mais c'est bon, sans défauts. Objectif atteint.

 

Bariolage 2023 : (chardonnay et aligoté de Bourgogne + 20% chardonnay muscaté) Un nez aromatique, exotique, papaye, goyave, beurre. Bouche qui est en fait légère en alcool, qui a gardé de la fraîcheur, une bonne acidité, qui finit sur le peps de l'aligoté et donne envie d'y retourner. Parfaitement propre là aussi.

 

 

2024 : 90% de perte à cause du gel ! Trois cuvées de négoce sont sorties en mai 2025 :

 

Bariolage blanc 2024 : (80% aligoté de Bourgogne + 20% chardonnay muscaté d'Auvergne. 7 mois en fûts de 350L) Un nez aromatique marqué par le muscaté, la bouche est moins aromatique, plus marquée par l'aligoté, très bel équilibre entre rondeur et tension, belle texture à l'attaque apportée par l'élevage, finale qui reste traçante et salivante.

 

La Pigné 2024 : (80% gamay + 20% chardonnay muscaté. Raisins du domaine de Gergovie en Auvergne. 7 mois en amphore de grès) Un rouge très clair, plein de fruit, très pivoine, à peine bonbon au nez sans aller trop loin, bouche en rondeur, légère, peu tannique, pas très longue, mais très facile à boire, gourmand et très efficace.

 

Moitié route 2024 : (50% syrah, 25% cinsault du Larzac + 25% chardonay muscaté d'Auvergne. 7 mois fûts de 350L) Un vin sombre, au nez marqué par la syrah, lardé, floral, très légère touche muscatée dans le fond. Bouche marquée par la syrah aussi, avec beaucoup de fraîcheur, de l'allonge, un profil vertical, très long et salivant, umami. Moins en gourmandise immédiate que la Pigné, mais plus de profondeur et de potentiel de garde, même s'il est déjà excellent aujourd'hui.

 

 

Les 2024 domaines + nouveaux négoce (sortis en janvier 2026)

Quantités très faibles à cause du gel (3hL/ha en blanc, 7hL/ha en rouge), cependant Chalenta, Suquets, Sables de grès, Condamine et Chirouzes ont été produits. Côté négoce, un pet'nat' rosé Frizzette (100% gamay du domaine de Gergovie), Lave Story (blanc de noirs tranquille 100% gamay de Gergovie également) et Maceratino (blanc avec une légère macération à base d'ugni et de chardonnay muscaté).

 

Les 2025 négoce (sortis en juin 2026)

La Pigné rouge 2025 (100% gamay d'Auvergne), Bariolage blanc 2025 (aligoté de Côte de Beaune et chardo muscaté d'Auvergne), Chez Georgette blanc 2025 (chardo du Mâconnais et chardo muscaté d'Auvergne)

 

30 novembre 2019

Dégustation Jean-Marc Boillot

Les vins proposés à la dégustation ce jour-là :

Bourgogne Blanc 2018

Mâcon-Chardonnay 2018

Montagny 1er cru 2018

Puligny-Montrachet 2017 

Puligny-Montrachet 1er cru Champ Canet 2016

Volnay 2017

Pommard 1er cru Jarollières 2015

IGP Pays d’Oc La Truffière Vermentino 2005

 

degustation boillot

 

5 mai 2025

Peyre Rose Cave du Théâtre 2025

 

 

Cistes 2015

Belle Léone 2015

Marlène n°3 2015

Oro 2011

étaient en dégustation. Tous ont été embouteillés en 2022. (Pas de récolte de blanc en 2010)

 

 

Encore merci à Marlène et Raphaël pour leur venue, et peut-être à l'année prochaine !

 

3 juin 2019

Concours dégustation

Concours de dégustation à l'aveugle

 

 

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