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La Cave du Théâtre
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  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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30 juin 2019

1er Grand Concours de dégustation à l'aveugle

 Concours de dégustation à l'aveugle

 

 

Pour notre 1er grand concours de dégustation à l'aveugle, les 17 équipes inscrites devaient trouver le cépage principal (6 pts), la région (5 pts), l'AOC (4 pts), le millésime (3 pts) et le producteur (2 pts) des vins suivants :

 

 

Sauvignon Loire Menetou-Salon 2017 Dne Clément

 

Chardonnay Bourgogne Montagny 1er cru 2015 Dne JM Boillot

 

Gamay Beaujolais Morgon Les Charmes 2017 Dne JM Burgaud

 

Pinot Noir Bourgogne Marsannay 2016 Dne Bart

 

Syrah Languedoc Pic-St-Loup 2014 Dne Cazeneuve

 

Grenache Rhône Lirac 2016 Dne Maby

 

 

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Pour cette première édition, les résultats allaient de 8 à 69 points.

 

 Le Podium 

1er : Patrick Q. et Fred J. (69 points)

2ème : François M. et Manu B. (46 points)

3ème : Michel D. et Manu (41 points)

 

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Merci à tous les participants. Avec un tel succès nul doute que le concours va devenir l'événement annuel de la Cave du Théâtre et de la Régalade !

 

27 mars 2022

Soirées Chassagne/Puligny-Montrachet (11, 18 et 25/03)

puligny chassagne carte

 

 

Soirée du 11/03/2022

 

JM. Boillot - Puligny-Montrachet 1er cru Champ canet 2014 : Couleur dorée, nez encore jeune, beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes bien mûrs. Bouche encore jeune, grasse, beurrée, gourmande, presque une petite sucrosité à l'attaque, mais une bonne acidité dans le fond le relance sur la finale et l'empêche de tomber dans la lourdeur. Beau début !

 

F. Carillon - Puligny-Montrachet 1er cru Champ gain 2016 : Couleur beaucoup plus claire, nez citronné, floral, très peu d'élevage ici. Bouche toute en tension, minérale, peu d'épaisseur, semble d'abord simple, puis s'étire doucement jusqu'à une finale très longue, acidulée avec des amer nobles. Un style opposé au précédent mais tout aussi bon.

 

Leflaive - Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2014 : Couleur dorée, nez un peu plus marqué par la réduction sur lies, grillé, allumette, puis citron confit, floral. Bouche tendue et minérale, plus austère que le précédent, avec une sensation presque tannique au niveau de la texture, semble peut-être un peu moins long que les bouteilles des soirées suivantes.

 

JC. Bachelet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Macherelles 2017 : Couleur or pâle, nez encore jeune, beurré, vanillé, fruits jaunes. La bouche présente du gras, du beurré, proche du Boillot mais en plus nerveux derrière, belle acidité. Là aussi beaucoup de longueur, avec une finale plus minérale. Juste un peu compliqué entre Leflaive et Ramonet.

 

Ramonet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Vergers 2017 : Couleur dorée, le nez semble plus mûr, plus concentré aussi, fruits jaunes bien mûrs, floral, presque miellé, beurré, pointe toasté qui tire sur l'anchoiade/fumé. Bouche très grasse, beurrée, très dense par rapport aux autres, avec là encore un fond suffisant sur le terroir des Vergers pour ne jamais être lourd. Finale très longue, on reste sur la fraîcheur. Très belle bouteille, encore toute jeune avec un gros potentiel.

 

Paul Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Clos St jean 2016 : Couleur très claire, nez plus proche du Carillon, à l'opposé du Ramonet, minérale, à peine grillé sur lies, citron, poire. Bouche très épurée, peu d'élevage, toute en longueur et en minéralité, finale très longue, acide, amers nobles. Dans un style très différent, une grande bouteille aussi.

 

JM. Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Clos St Jean rouge 2017 : Couleur très claire, nez de pinot infusé, fruits rouges un peu sucrés, fraise et cerise, pivoine. Bouche très fruitée, peu tannique, semble assez solaire pour 2017 lorsqu'il se réchauffe dans le verre (effet des très vieilles vignes de la cuvée?) mais élégante à la fois, un peu moins de longueur que le suivant.

 

B. Moreau - Chassagne-Montrachet 1er cru La Cardeuse rouge 2016 : Couleur bien plus sombre, nez de fruits noirs, ronce, marqué par le côté végétal de la grappe entière. Bouche plutôt puissante avec des tannins encore un peu serrés, fruits noirs, épices, végétal-grappe entière, belle acidité derrière. Bonne longueur. Beaucoup de potentiel, mais à attendre.

 

 

 

Soirée du 18/03/2022


LEFLAIVE RAMONET

 

F. Carillon - Puligny-Montrachet 1er cru Les Combettes 2016 : Couleur plus dorée que le champ gain de la semaine dernière, nez un peu plus mûr, fruit jaunes, léger beurré. Bouche avec un gros volume, élevage bien intégré, plus grasse que Champ gain, plus puissante et plus solaire aussi, aussi large que longue, avec une finale où on retrouve les petits amers du précédent. Un gros potentiel mais semble un peu jeune et moins accessible en l'état que Champ gain.

 

M. Bouzereau - Puligny-Montrachet 1er cru Champ gain 2016 : Couleur très claire, nez dans un style épuré, fruits blancs, floral, pas de beurre, pas de bois. Bouche minérale, pure, toute en tension, pas de grillé ni d'autolyse non plus, avec beaucoup de longueur. Excellent.

 

Leflaive - Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2014 : Couleur dorée, nez un peu plus marqué par la réduction sur lies, grillé, allumette, puis citron confit, floral. Bouche tendue et minérale, plus austère que le précédent, avec une sensation presque tannique au niveau de la texture, beaucoup d'énergie et beaucoup de longueur, encore jeune. Excellent.

 

JC. Bachelet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Macherelles 2017 : Couleur or pâle, nez encore jeune, beurré, vanillé, fruits jaunes. La bouche présente du gras, du beurré, avec une belle acidité derrière. Là aussi beaucoup de longueur, avec une finale plus minérale. Juste un peu compliqué entre Leflaive et Ramonet.

 

Ramonet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Vergers 2017 : Couleur dorée, le nez semble plus mûr, plus concentré aussi, fruits jaunes bien mûrs, floral, presque miellé, beurré, pointe toasté qui tire sur l'anchoiade/fumé. Bouche très grasse, beurrée, très dense par rapport aux autres, avec là encore un fond suffisant sur le terroir des Vergers pour ne jamais être lourd. Finale très longue, on reste sur la fraîcheur. Très belle bouteille, encore toute jeune avec un gros potentiel.

 

Paul Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Clos St jean 2016 : Couleur très claire, nez plus proche du Carillon, à l'opposé du Ramonet, minérale, à peine grillé sur lies, citron, poire. Bouche très épurée, peu d'élevage, toute en longueur et en minéralité, finale très longue, acide, amers nobles. Dans un style très différent, une grande bouteille aussi.

 

JM. Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Macherelles rouge 2017 : Couleur très claire, là aussi très beau nez de fruits rouges, floral, infusé, encore plus délicat, moins solaire que St Jean. Bouche à l'attaque légère, fruitée et facille, pas un gros volume, finale un peu courte et qui chauffe un peu par contre.

 

B. Moreau - Chassagne-Montrachet 1er cru La Cardeuse rouge 2016 : Couleur bien plus sombre, nez de fruits noirs, ronce, marqué par le côté végétal de la grappe entière. Bouche plutôt puissante avec des tannins un peu moins serrés que sur la bouteille de la semaine précédente, fruits noirs, épices, végétal-grappe entière noble, belle acidité derrière. Bonne longueur. Beaucoup de potentiel, on peut l'attendre.

 

 

 

Soirée du 25/03/2022

chassagne 3

 

JM Boillot - Puligny-Montrachet 1er cru Combettes 2008 : Couleur dorée, nez encore jeune, beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes bien mûrs. Bouche encore jeune, grasse, beurrée, gourmande, mais une bonne acidité dans le fond le relance sur la finale et l'empêche de tomber dans la lourdeur. Beau début !

 

F. Carillon - Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2016 : Couleur plus claire, nez beurré aussi mais plus floral, moins boisé, jeune et élégant. Bouche minérale, très léger gras, surtout une belle tension derrière, c'est fin et élégant avec de la longueur.

 

Leflaive - Puligny-Montrachet 1er cru Clavoillon 2014 : Couleur dorée, nez un peu plus marqué par la réduction sur lies, grillé, allumette, puis citron confit, floral. Bouche tendue et minérale, plus austère que le précédent, avec une sensation presque tannique au niveau de la texture, beaucoup d'énergie et beaucoup de longueur, encore jeune. Excellent.

 

JC. Bachelet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Macherelles 2017 : Couleur or pâle, nez encore jeune, beurré, vanillé, fruits jaunes. La bouche présente du gras, du beurré, proche du Boillot mais en plus nerveux derrière, belle acidité. Là aussi beaucoup de longueur, avec une finale plus minérale. Juste un peu compliqué entre Leflaive et Ramonet.

 

Ramonet - Chassagne-Montrachet 1er cru Les Vergers 2017 : Couleur dorée, le nez semble plus mûr, plus concentré aussi, fruits jaunes bien mûrs, floral, presque miellé, beurré, pointe toasté qui tire sur l'anchoiade/fumé. Bouche très grasse, beurrée, très dense par rapport aux autres, avec là encore un fond suffisant sur le terroir des Vergers pour ne jamais être lourd. Finale très longue, on reste sur la fraîcheur. Très belle bouteille, encore toute jeune avec un gros potentiel. 

 

B. Moreau - Chassagne-Montrachet 1er cru La Maltroie 2016 : Couleur claire, nez assez pur, minéral, floral, à peine beurré. Bouche avec un léger gras à l'attaque puis tendue, finale minérale très longue. Proche de Folatières de Carillon dans le style.

 

JM. Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Clos St Jean rouge 2017 : Couleur très claire, nez de pinot infusé, très fleuri, fruits rouges un peu sucrés, fraise et cerise, pivoine. Bouche très fruitée, peu tannique, élégante puis s'ouvre sur le poivre, le lardé, presque tapenade, tout en restant plus frais que la bouteille de la première soirée.

 

Lamy-Pillot - Chassagne-Montrachet 1er cru Boudriotte rouge 2016 : couleur sombre, nez sur le cuir, encore de l'élevage, un peu trop extrait aussi. Bouche serrée, presque ferrugineuse, qui manque de pureté et de fruit, assez bonne longueur ceci-dit, il faut encore l'attendre.

 

 

 

Si le secteur sud de Chassagne (secteur Morgeot) devrait être exclusivement réservé aux vins rouges, il semble par contre difficile de différencier les Chassagne du Nord des Puligny. Comme toujours la vinification joue un rôle primordial.

 

 

Merci à tous les participants de ces 3 excellentes soirées. A la semaine prochaine pour Barbaresco !

 

25 juin 2025

Notre restaurant : La Régalade à Clermont-Ferrand

 

Juste à côté de la Cave, vous trouverez notre restaurant. Carte des vins visible dans le lien ci-dessous (mise à jour 01/2026) :

 

 carte des vins janvier 2026 La Régalade

 

 

carte regalade restaurant

 

Meilleure carte des vins de France Terre de Vins 2022

Meilleure carte des vins de France Star Wine List 2024 et 2025

Finaliste meilleure carte des vins du monde Star Wine List 2024 et 2025

 

 

 

14 octobre 2023

Soirée Vins du Portugal (13/10)

Soirée Vins du Portugal - Les trésors enfouis

carte portugal

 

Quelques chiffres

Surface : 195 000 hectares plantés en 2020 (230 000 en 2012). 9e puis 10e Mondial, en baisse. = 2,7% du monde.

50% caves coopé. Mais aussi énormément de viticulteurs avec moins d’1 ha. Moyenne nat. autour d’1 ha.

Cépages : Environ 300 cépages.  Dans l’ordre : tempranillo ou aragonez, touriga franca, castelao, fernao pires ou maria gomes, touriga nacional, trincadeira, baga, siria, arinto, syrah, loureiro.

Rendement moyen : 33 HL/ha, un des plus faibles du monde

Répartition : 70% rouge pour 30% blanc. Le blanc est encore plus en baisse.

31 DOC, 14 Vinho regional (ou IGP), et vinho (Vin de Table)

Export 35% (le Porto 64%). 10e mondial. Destinataires : France, Angola, Royaume-Uni, Etats Unis, Belgique-Allemagne.

Portugal = 70% du liège mondial

 

Comme souvent sur le bassin méditerranéen, nous voyons que la production est en baisse, car moins de consommation, travail des vignes très difficile, qui rapporte peu. Beaucoup de vignes sont à l'abandon, certaines sont arrachées au profit d'agricultures qui rapportent plus : oliviers et depuis peu amandiers dans le sud du pays.

 

 

Les principales régions

Vinho Verde : au Nord du Portugal, sous la Galice, le Vinho Verde bénéficie d'une forte pluviométrie et d'un climat frais par rapport au reste du Pays. Idéal pour produire des blancs frais, pas forcément pétillants, il y a aussi d'excellents vinho verde. Les sols sont granitiques et schisteux. La vigne est parfois plantée en pergola, on y trouve aussi quelques vignes grimpantes. Les cépages : le très fruité alvarinho, les plus secs loureiro et arinto. Quelques rouges légers également.

vinho verde

 

 

Le Douro : région du Porto, mais pas que ! Sur les pentes en terrasse, le long du fleuve, l'ensoleillement est bien plus marqué que dans le vinho verde, avec une pluviométrie de plus en plus faible lorsque l'on rentre dans les terres. En allant vers l'est on trouve des Douro rouges non mutés souvent puissants. Au Nord du fleuve par exemple, de nombreux Douro blancs très frais montrent qu'il s'agit en fait d'une région variée. Sols de schistes et granits, cépages très variés.

douro

 

 

Dao et Bairrada : régions centrales du Portugal, au climat relativement frais, car atlantique sur Bairrada où l'on produit aussi bien des blancs, des rouges que des bulles. A Dao c'est surtout l'altitude qui apporte de la fraîcheur, notamment vers la Serra de Estrela (Montagne de l'Etoile) qui culmine à 1993m. L'amplitude thermique entre le jour et la nuit permet une bonne maturité tout en préservant de belles acidités. Beaucoup de granit. Cépages variés, citons tout de même le bical en blanc et le baga en rouge.

serra de estrela

 

 

Lisbonne et Setubal : la région bénéficie d'un climat atlantique qui permet de produire des vins relativement frais. Les petites appellations Colares (rouges avec du ramisco et quelques blancs avec de la malvoisie), Bucelas (en blanc, arinto) ou Carcavelos (VDN blancs) sont des pépites en voie d'extinction. De très jolis blancs sont aussi produits à Setubal avec entre autre le Galego Dourado.

lisbonne

 

 

Alentejo : région du sud, très sèche et très solaire, où il faut absolument chercher les quelques massifs pour trouver un peu de fraîcheur. Cépages autochtones variés comme souvent.

alentejo

 

 

Madère et Les Açores : deux archipels très intéressants, au milieu de l'Atlantique, produisant surtout des VDN à Madère (et quelques ovnis..) et plutôt des vins blancs volcaniques sur les Açores.

madere et acores

 

 

 

La dégustation - Les trésors enfouis de Portugal

Plutôt que de choisir des vins représentatifs du Portugal, ou des bons rapports qualité/prix (certes très nombreux), la dégustation mettait l'accent sur le patrimoine exceptionnel de vieux cépages, de vieilles vignes et de beaux terroirs malheureusement en voie d'extinction, qui fait à mon sens tout l'attrait du pays. Ce sont donc des cuvées rares, plutôt haut de gamme, qui nous prouvent que le potentiel est là pour faire de grands vins, à condition de s'en donner les moyens bien sûr.

 

 

 

Les Blancs

1 Marcio Lopes, Vinho verde Pequenos rebentos Selvagem 2020 : (Winemaker qui a débuté en 2010, se considérant plutôt comme un explorateur à la recherche des cépages et terroirs oubliés du nord du Portugal et de la Galice. Cépage 100% azal, vigne sauvage qui grimpe le long des arbres, plantée en 1932 à Amarante proche de la rivière Tamega. Sols de granit. Egrappé, fermenté 30jours en amphore puis élevé 9mois en fûts non neufs avec les lies)  Couleur à peine orangée, nez d'agrumes, un peu de cire, puis des notes de melon qui font penser à une légère macération. La bouche est vive, toute en fraîcheur, basse en alcool (12%), très digeste, fruitée, acidulée, ça manque juste un peu de corps. La longueur est moyenne, mais le côté frais, salivant avec quelques amers donne envie d'y retourner.

 

2 Companhia dos profetas e dos Villoes, Porto Santo Listrao dos Profetas 2021 : (Tout nouveau domaine du winemaker Antonio Maçanita et du restaurateur Nuno Faria qui viennent de redécouvrir les vins de l'île de Porto Santo, petite île au nord-est de Madère. Cépage 100% listrao ou palomino fino. Vignes de 80ans sur calcaires limons et sables. Elevage 10mois fûts non neufs) Couleur or pâle, nez qui s'ouvre sur une petite réduction grillée sur lies, puis des notes citronnées, des agrumes, une imperssion d'embruns marins aussi. La bouche est très énergique, avec beaucoup de tension, donnant une impression de salinité, légère en alcool mais sans manque de volume, la finale très longue le pousse très loin. Superbe.

vigne porto santo

 

 

3 Antonio Maçanita, Douro As Olgas Letra F 2019 : (Winemaker sur plusieurs régions du Portugal, Antonio Maçanita a commencé dans les années 2000 ayant toujours pour but de mettre en avant les grands terroirs oubliés du pays, à l'instar de Telmo Rodriguez ou Raul Perez en Espagne. Ici vignes de 90-110ans avec une quinzine de cépages complantés à Carlao 440m d'altitude, sur granit, 20kms au nord du fleuve. Fermentations à froid, élevage 12mois barriques "neutres". Vignoble classé F en 1932 dans la notation Moreira da Fonseca car pas assez chaud, inadapté pour du porto et par conséquent oublié) Couleur dorée, nez très expressif, beurré, brioché, fruits jaunes, déjà évolué, un côté champagne blanc de blancs sans les bulles. Idem en bouche c'est gras, beurré, brioché, déjà prêt à boire, plutôt sur l'opulence, mais le taux d'alcool moyen (13%) et l'acidité élevée lui permettent de rester équilibré. Très belle longueur. Joli vin, taillé pour la table. 

 

4 Wine & Soul, Douro Guru 2016 : (Cépages viosinho, rabigato, codega, gouveio) Couleur or pâle, nez fruité, agrumes, buis, rappelle un sauvignon, très marqué par le viosinho donc, encore jeune. La bouche rappelle un peu Sancerre aussi, très minérale, fruitée, jeune, énergique, légère en alcool, pas construite sur le volume, mais une belle tension, c'est long et salivant. Très joli aussi, dans un style très différent du précédent. Merci Bertrand ! 

 

5 Antonio Madeira, Dao vinhas velhas 2019 : malheureusement une bouteille avec un défaut, dommage pour cet excellent petit producteur qu'on regoûtera un jour...

 

 

 

Les rouges

6 Azores Wine Company, A proibida 2018 : (Vignes sur les sols volcaniques de l'île de Pico. Cépage Isabella donc un cépage hybride (HPD) interdit, issu du croisement d'une vitis labrusca et de petit meslier, naturellement résistant au phylloxéra, à l'oïdium...) Couleur étonnamment claire pour un cépage hybride, un nez exubérant, très bonbon à la fraise, un peu chimique, quelques notes végétales, le côté animal de l'anthranylate de méthyle des hybrides n'est pas trop marqué. On sent que c'est "soft" pour un hybride ! La bouche est exubérante aussi, fruitée bonbon et végétale, seulement 11% d'alcool, c'est donc frais, mais l'aromatique peut quand même vite écoeurer. Un vin qui était surtout là pour évoquer le sujet bouillonnant des hybrides et qui en ce sens à rempli son rôle.

 

7 Adega Regional de Colares, Colares Arenae ramisco 2014 : (Appellation qui jadis faisait 1800ha, tombée aujourd'hui à 15ha sous l'effet de la pression immobilière. Cépage 100% ramisco. Vignes franc de pied dans du sable à moins d'1km de l'océan. Elevage long en foudres de bois exotiques puis en fût et en bouteille. 50% grappe entière) Couleur rubis, le nez évoque un nebbiolo, sur la fraise, la cerise, un côté cuir, goudron. La bouche est légère en alcool, fruitée, fraîche, avec une belle acidité, en longueur, avec des tannins qui donnent de l'allonge. Très élégant.

vigne colares

 

 

8 Viuva Gomes, Colares reserva 1969 : (emb en 1973, reconditionné en 2000. 100% ramisco. 100% grappe entière. Fermenté en cuve bois puis élevage en fûts d'acajou et de châtaignier) Couleur claire et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, café, fumé, champignon, kirsch... La bouche est encore en forme avec une belle acidité, du corps, surtout pour un vin à 11,5% d'alcool, des tannins encore présents peut-être un peu secs pour chipoter, bien sûr plus sur le tertiaire que sur le fruit frais, mais avec beaucoup de charme.

 

9 Fitapreta, Alentejo Os Paulistas Chao dos Eremitas 2019 : (Cépages tinta carvalha, castelao, moreto, alfrocheiro, trincadeira. Vignes de 1970 sur granit et sable, dans le massif de Serra d'Ossa 260m d'altitude. 30% grappe entière. Elevage 18mois fûts de chêne non neufs. Deuxième millésime de cette cuvée) Couleur rubis foncé, nez très fruité, cerise un peu sucrée, très floral aussi, gourmand. La bouche confirme, c'est rond, gourmand, beaucoup de fruit, alcool modéré (13,5%) surtout pour l'Alentejo, ça reste digeste, tannins soyeux avec une belle texture travaillée sans être marquée par le bois. Manque juste un peu d'allonge si on compare au suivant.

 

10 Quinta da Pellada, Dao Muleta 2017 : (Domaine familial de 60ha aujourd'hui sur 3 lieux. Ici vignes centenaires sur la Serra de Estrela à 450m d'altitude sur granit. Cépages jaen, baga, touriga nacional, bastardo, alfrocheiro etc… Elevage fûts non neufs) Couleur grenat, nez très élégant de cerise noir, de goudron, de pin, balsamique, de ronce... La bouche est à la fois fruitée, floral, avec un végétal noble, quelques épices, un côté graphite marqué, surtout une finale portée très loin par une belle acidité, et des tannins présents mais fins dignes des plus beaux barolos. La longueur est impressionnante. L'équilibre puissance/fraîcheur aussi. C'est déjà bon et avec un gros potentiel de garde aussi. On termine en beauté.

 

 

Les vins mutés

11 Andresen, Porto blanc 40ans (50cl, codega, rabigato, arinto, malvasia. Muté à 77°) Couleur ambre clair, nez assez proche du Madère qui suivra, sur le café, la noisette, l'amande, la datte, fruits secs, encaustique. La bouche est parfaitement équilibrée, avec une attaque sucrée et une finale plus sèche, puissant, intense, long. La preuve qu'il peut y avoir de grands portos blancs. Merci Michel !

 

12 D'Oliveiras, Madère verdelho 1986-2016 : (cépage verdelho donc demi-sec. Muté à 96°. Chauffage en canteiro puis élevage en "pipas" demi-muids avec une part des anges qui stagne autour des 10%) Couleur acajou, nez encore plus marqué café, noix, toffee, cannelle, sucre brun... La bouche est comme souvent incroyable de puissance, d'intensité, combiné à une acidité très élevée (bien plus que sur le porto blanc) et une finale d'une longueur stratosphérique, avec une impression de salinité. Le tour de force est de réussir à rester très digeste, faire saliver, avec la même buvabilité qu'un riesling.

listrao dos profetas

colares

 

 

Au final, une dégustation de très haut niveau. Tout le monde est pleinement convaincu par le niveau global des vins, avec une forte impression des vins blancs secs notamment. Je dois bien avouer qu'en travaillant sur les vins portugais depuis plusieurs mois maintenant, je ne m'attendais pas à tomber sur des vins aussi frais et aussi variés. Plein d'autres pépites n'ont malheureusement pas pu être retenues pour cette soirée. Le patrimoine de vieilles vignes et de grands terroirs semble ici sans limites. Nul doute qu'il faudra aller explorer chaque région encore plus en détail à l'avenir.

Merci à tous les participants de cette belle soirée, qui en appellera forcément d'autres.

 

24 septembre 2023

Visite au domaine Thierry Renard à Clermont-Ferrand

 

Visite au domaine Thierry Renard - Clermont-Ferrand

 

 

Premier millésime en 2002 avec des vignes à St Georges sur Allier. En 2005 premier millésime sur Clermont.

 

 

Cuvée Le Crapaud, location d'une parcelle d'environ 1ha sur les Coteaux de Clermont. Vigne plantée en 1904, à 10 000 pieds/ha "voire un peu plus", quelques vignes sont peut-être en franc de pied... Vieux gamays d'Auvergne "de plusieurs sortes" avec quelques teinturiers. Environ 1000 pieds ont été replantés en sauvignon, viognier, chardonnay, pinot noir... Exposition Sud mais plus frais qu'à Sayat, les Côtes de Clermont font de l'ombre le soir. Sols argilo-calcaires avec quelques petits cailloux de basalte. Taille principalement en guyot simple. Pas de travail des sols, herbe juste coupée. 

 

renard coteaux de clermont

 

 

Cuvée Cheire de Poule, en location depuis 2018. Environ un demi hectare à Sayat. Gamays d'Auvergne de 65ans. Quelques endroits en marcottage. Là aussi dur de savoir ce qu'il y a exactement, peut-être quelques francs de pied. Environ 10 000 pieds/ha. Exposition est, beaucoup moins de pente qu'à Clermont. Au soleil toute la journée. Sols que du caillou (basalte). Taille guyot simple, pas de labour non plus.

 

vigne sayat

 

 

A suivre : Une parcelle est en location au Puy de Var (Clermont-Nord) avec près de 7000 pieds plantés en 2021 cépages divers, secteur solaire. Et quelques massales de chardonnay de Roulot dans le jardin d'un particulier plantées en 2019 pour les premières.

 

Les plantations du Puy de Var - 2021

 

 

Les chardonnays (massales de chez Roulot) - 2020

 

 

 

2023 : les oiseaux ont tout dévoré sur Clermont (quelques renards, chevreuils aussi au Puy de Var). Aucun dégât à Sayat. Pas mal de coulures sur les pinots. Un peu de mildiou. Seulement 2 traitements au cuivre, commencés très tôt cette année (juin). Volumes limitées à venir donc... En 2023 tout sera assemblé dans la cuvée Danse avec le Moût, qui avait déjà existé en 2013 et 2022 par exemple, réalisée lorsque tout est est assemblé avec aussi les raisins provenant d'une parcelle d'un ami sur Blanzat avec des cépages variés... et réalisé si le profil est assez mûr. Danse avec le moût 2022 est élevé en fût, alors que le 2023 restera en cuve.

 

 

Vinifications : Le mini "chai" est dans la cave sous la maison. Rouges tout égrappés. Blancs non égrappés. Elevages en cuves et fûts. La plupart des fûts d'occasion proviennent de Rauzan-Ségla aujourd'hui, (il y a eu une période Camille Giroud aussi). Aucun intrant, non collé, non filtré, sans sulfites. Mise en bouteille personnelle sans gaz neutre. Tous les vins sortent en Vin de France. Pas de certif.

 

 

Nous avons juste goûté Cheire de Poule 2022, tout juste mis en bouteille. Pas le meilleur moment pour lui, on sent qu'il est chamboulé par la mise. Mais nous allons le regoûter très vite, avec succès...

 

 

3 octobre 2022

Soirées Les chenins de Loire (23 et 30/09)

 

Soirée n°1

clos rougeard et collier

 

 

Domaine du Collier - Saumur 2016 : couleur or pâle, nez qui semble déjà un peu évolué, pomme et poire bien mûres, un peu d’élevage beurre et vanille encore. Bouche plutôt en rondeur pour un chenin, avec du gras, beau volume, juste ce qu’il faut d’acidité derrière. La finale est assez longue, elle reste digeste, plus minérale et citronnée que l’attaque. Ça commence fort.

 

Guiberteau - Saumur Brézé 2017 : couleur or pâle, nez grillé, soufré, boisé, vanillé, beurré, encore marqué par l’élevage. La bouche est grasse, beurrée, dans un esprit « Côte de Beaune », encore boisée, mais ne manque pas d’acidité dans le fond pour autant (malo bloquée) avec une bonne longueur. Un vin qui a divisé.

 

Huet - Vouvray clos du bourg sec 2010 : couleur dorée, nez très fruitée, exotique, d’ananas, de coing, de miel. Bouche légèrement sucrée (5gr environ), très gourmande, fruitée, bonne acidité dans le fond, encore jeune. Un vin excellent, mais qui tranche totalement avec les Saumur. 

 

Clos Rougeard - Saumur Brézé 2012 : Couleur dorée, nez assez évolué, pomme au four, fruits jaunes mûrs, un peu torréfié, praliné. Bouche avec un gros volume, bien équilibrée entre fruits mûrs, élevage intégré, juste ce qu’il faut d’acidité pour soutenir cette matière riche, de la longueur. Semble à point. Il a fait l’unanimité.

 

T. Boudignon - Savennières Frémine 2019 : Couleur très claire, nez qui met du temps à s’ouvrir, un peu réduit/lies au départ, de mieux en mieux avec l’oxygénation, sur le pamplemousse, les fruits jaunes, des notes florales. Bouche assez pure, minérale, fruitée, qu’il faut quand même aller chercher, avec une bonne acidité et une amertume élevée qui tend le vin. Difficile à cerner en l’état ceci-dit. Le vin qui a le plus divisé : le meilleur de la soirée pour certains le moins bon pour d’autres.

 

B. Stater-West - Saumur Les Chapaudaises 2019 : Couleur très claire, nez citronné, agrumes, minéral, encore assez simple. Bouche pleine d’énergie, très minérale, tendue, pas de gras ni de bois, pas beaucoup de volume, toute en longueur, sans aucun artifice, d’une pureté absolue, longue et salivante.

 

Clos Naudin - Vouvray demi-sec 2017 : Couleur dorée, nez sur la pomme au four, le coing, la noisette. La bouche est très légèrement sucrée, facile d’accès, peut-être un peu simple, mais efficace.

 

F. Chidaine - Vin de France moelleux 2016 (vignes sur Vouvray) : Couleur dorée, nez sur le miel, les fruits exotiques, la pâte de coing. Bouche finalement peu sucrée pour un moelleux (22gr environ), très digeste, fraîche, bien équilibrée par une belle acidité, assez longue. Parfait pour finir avec un dessert à l’ananas. 

 

 

 

Soirée n°2

chenins de loire

 

 

Roches Neuves - Saumur L’Echelier 2017 : Couleur or pâle, nez sur la pomme au four, la poire, floral. Bouche sur la tension, minérale, peu d’élevage ressenti, beau volume, mais surtout une finale très longue, très minérale, saline même, qui donne envie d’y retourner. Excellent début.

 

Domaine du Collier - Saumur 2016 : couleur or pâle, nez qui semble déjà un peu évolué, pomme et poire bien mûres, un peu d’élevage beurre et vanille encore. Bouche plutôt en rondeur pour un chenin, avec du gras, beau volume, juste ce qu’il faut d’acidité derrière. La finale est assez longue, elle reste digeste, plus minérale et citronnée que l’attaque. L'élevage se sent plus que sur la bouteille de la semaine précédente.

 

F. Chidaine - Vin de France Les Argiles 2014 (sur Vouvray) : Couleur or profond, nez très fruits, agrumes bien mûrs et miel. Bouche sans aucune trace d’élevage, pas de gras, mais un beau fruité, de la pureté, un début d’évolution, des notes minérales, avec une bonne longueur, une légère amertume, très salivant là aussi.

 

Clos Rougeard - Saumur Brézé 2011 : Couleur dorée, nez très marqué réduction sur lies, allumette, avec à l’ouverture des fruits jaunes bien mûrs, des fruits secs, des notes torréfiées. Bouche très énergique, aussi large que longue, un élevage marqué mais bien intégré aujourd’hui, encore assez jeune pour 2011, sur les arômes du nez, avec une finale salivante, interminable. Dans un style très différent du 2012 de la semaine dernière, il a lui aussi mis tout le monde d’accord.

 

B. Stater-West - Saumur Les Chapaudaises 2019 : Couleur très claire, nez citronné, agrumes, minéral, encore assez simple. Bouche pleine d’énergie, très minérale, tendue, pas de gras ni de bois, pas beaucoup de volume, toute en longueur, sans aucun artifice, d’une pureté absolue, longue et salivante.

 

Boudignon - Savennières Clos de la Hutte 2019 : Couleur très claire, nez qui met du temps à s’ouvrir, de mieux en mieux avec l’oxygénation, sur le pamplemousse, les fruits jaunes, des notes florales. Bouche assez pure, minérale, fruitée, qu’il faut quand même aller chercher, avec une bonne acidité et une amertume élevée qui tend le vin. Difficile à cerner en l’état ceci-dit. Le vin qui a le plus divisé : le meilleur de la soirée pour certains le moins bon pour d’autres là aussi.

 

Huet - Vouvray Le Mont demi-sec 2018 : (remplace un 2015 bouchonné) Couleur dorée, nez sur l’ananas, fruits exotiques, miel. Bouche très facile, gourmande, peu sucrée, manque un tout petit peu d’acidité pour étirer le vin sur ce millésime solaire. 

 

Clos Naudin - Vouvray moelleux 2009 : Couleur presque ambrée, nez sur la pâte de coing, l’abricot, le miel, un peu d’évolution noisette. Bouche qui reste assez digeste, pas trop sucrée, complexe, fraîche, qui manque un peu de longueur par rapport aux grandes bouteilles du domaine.

 

 

 

Au final, huit vins de grande qualité, très différents les uns des autres : voilà la magie du chenin ! A l'aveugle, les vins du Collier et surtout du Clos Rougeard ont fait l'unanimité, les trois ténors de Vouvray ont confirmé que ce sont des valeurs sûres.

 

 

Merci à tous les participants ! Prochain rdv la semaine prochaine avec les Stars contre les Jeunes qui montent.

 

16 septembre 2023

Soirées Chablis (15 et 22/09)

Soirées Chablis

carte chablis

La plupart des informations suivantes proviennent de l'excellent site monocépage.com : http://monocepage.com/concept-des-chablis/

 

 

Située au Nord de la Bourgogne, dans l'Yonne, l'AOC Chablis bénéficie d'un climat très froid et humide. L'AOC Chablis a été aggrandie au fil du temps, jusqu'à atteindre 6800 hectares (103 en Grands crus, 735 en Premiers crus, 4400 en Chablis ! et "seulement" 1550 en Petit chablis).

 

Chablis est une AOC très "mécanisée", avec un bon espacement entre les rangs (densité à 5 500 pieds/ha minimum), des vignes palissées taillées le plus souvent en guyot double (14 yeux par pieds maximum), des rendements autorisés élevés (60hL/ha en Chablis avec un butoir poussé à 70hL certaines années, 54hL/ha butoir à 64 en Grand cru) et un taux d'alcool minimum autorisé très bas (10° en Chablis, 11° en Grand cru). La chaptalisation y est bien sûr autorisée.

 

 

Géologie

roche chablis

 

Deux types de roches composent les sols chablisiens : le calcaire du Barrois de l'ère Portlandienne (en haut) et le fameux calcaire à exogyra virgula "fossiles d'huîtres" de l'ère Kimméridgienne. La première repose sur la seconde en suivant une pente de 2à3%. Si bien qu'au sud de l'AOC on trouve principalement du kimméridgien, au nord de l'AOC du Portlandien. Quant au secteur central (celui des premiers crus et grands crus), la vigne est plantée dans du Portlandien allant de 35cm à 1m environ, avec en-dessous une roche mère kimméridgienne. Or, nous savons aujourd'hui que ce sont bien dans les premières dizaines de centimètres que tout se joue : "Une autre idée reçue doit être mise en perspective : l'origine des nutriments dont le cep a besoin. Dans la roche mère les minéraux ne sont pas immédiatement disponibles pour les racines... Le microbiote et le complexe argilo-humique jouent alors un rôle clé dans le biodisponible de ces éléments pour la plante. Ce dernier est un peu le coffre-fort" (Mille Vignes, Pascaline Lepeltier). Bref, la légende du chablis kimméridgien est en bonne partie usurpée.

 

 

D'où provient alors ce fameux arôme "coquille d'huître" toujours associé à Chablis ? D'abord, de notre cerveau, car nous avons été conditionné depuis de nombreuses années à appeler un certain arôme "coquille d'huître". Mais conditionné par quoi/qui ? Il faut bien comprendre que sur cette grande AOC, l'INAO a longtemps eu beaucoup de vin à vendre, ce qui était loin d'être évident à une époque où les vins étaient très acides, maigres, en sous-maturité, parfois sans malo... Si le Muscadet avait pour lui la proximité de la mer pour l'accord huître/citron, le Chablis devait trouver une justification pour cet accord facile. Avec ces petits fossiles dans le sous-sol, l'accord sur le "pont aromatique" était une aubaine. Et voilà qu'on forme les futurs vignerons, les sommeliers, les consommateurs... à cette légende pendant que l'on vend sur toutes les tables parisiennes puis du monde entier du Chablis avec les douzaines d'huîtres. Demandez à un Raveneau si ses belles cuvées s'accordent bien avec l'huître ! Sancerre, par exemple, tout aussi kimméridgien n'a pas pu bénéficier de la même "typicité de son AOC" (heureusement, le silex fera bien l'affaire !). Ensuite, comprenons bien aussi que le goût particulier que l'on trouve parfois à Chablis commuément appelé "coquille d'huître" n'est guère étonnant pour un chardonnay sur climat froid, dans un sol calcaire, donc issu de sédiments marins...

 

Heureusement pour la qualité des vins de Chablis, dans les années 1980, deux domaines précurseurs, Raveneau et Dauvissat, ont eu l'ambition de montrer que de grands vins pouvaient être issus de ces terroirs, à condition de limiter les rendements, de vendanger à la main, de travailler les sols, de rallonger les élevages, de passer les vins en fûts, de faire les malos... Ils sont désormais suivis par une nouvelle génération de vignerons très talentueux.

 

 

Les expositions

 Ce n'est donc pas vraiment la géologie qui distingue les différentes parcelles du centre du village (attention tout de même aux différences géologiques entre les bas et hauts de coteaux), mais plutôt les expositions. Ce qui ne veut pas dire qu'un climat possède une homogénéité dans son exposition ici (voir le cas de Valmur par exemple). Globalement, la rive droite du Serein est exposée Ouest Sud-Ouest et bénéficie donc du soleil chaleureux du soir, alors que la rive gauche orientée Est Sud-Est bénéficie de la lumière plus fraîche du matin. Les grands crus sont donc en règle générale plus solaires et plus opulents que les premiers crus de la rive gauche. Les vallées possèdent souvent un "adroit" et un "envers", l'envers étant souvent trop dans l'ombre et "déclassé en simple" Chablis.

 

chablis expositions

 

 

 

 Soirée n°1

1 Moreau Christian & Fabien, Chablis 1er cru Vaillons 2017 : (assemblage de plusieurs climats du regroupement Vaillons. Elevage cuves et fûts) Couleur or pâle, joli nez, classique, fruits jaunes, notes minérales, floral. Bouche qui combine un léger gras confortable à l'attaque puis s'étire ensuite grâce à une belle acidité sur des des notes d'agrumes, avec une finale assez longue et salivante. On commence très bien.

vaillons et montmains

 

 

2 Vocoret Yvon & Laurent, Chablis 1er cru Fourchaume 2017 : (élevage cuves. Vignes sur Fourchaume même) Couleur qui tire sur le doré, nez plus mûr que le précédent, presque sur la mangue, la goyave, on sent le terroir plus solaire. La bouche est un peu plus simple avec moins de fond et de longueur.

 

3 Grossot Corinne & Jean-Pierre, Chablis 1er cru Mont de Milieu 2017 : (élevage cuves) Couleur or pâle, nez proche du Vaillon de Moreau, fruits jaunes... Bouche plus en tension, un peu moins de gras à l'attaque, semble du coup un peu plus minéral, jolie longueur pour un premier cru.

 

4 Dauvissat Vincent, Chablis 2012 : (élevage fûts) Couleur guère plus évoluée, nez très minéral, la fameuse "coquille d'huître", un peu croûte de fromage, miel. Bouche toute en tension, encore jeune, énergique, pas un gros volume, mais une finale vraiment salivante, qui porte le vin très loin, très digeste et très fraîche, impressionnante pour le niveau d'appellation. Un vin pile à point, pas le plus complexe, mais celui qui offre le plus de plaisir.

 

5 Raveneau Bernard & Jean-Marie, Chablis 1er cru Butteaux 2016 : (élevage fûts) Couleur un peu plus dorée, nez un peu plus mûr, petite touche d'élevage, plus jeune. Bouche avec plus de volume, léger gras à l'attaque, plus d'opulence, plus de complexité, la trame minérale est bien là dans le fond, beaucoup de longueur, encore un peu trop jeune dans l'idéal, comme souvent avec Raveneau, mais la densité est impressionnante. A peine moins de plasir immédiat que le Dauvissat mais plus de potentiel.

 

6 Pattes Loup (Thomas Pico), Chablis 1er cru Butteaux Mise Tardive 2018 : (élevage demi-muis puis cuves) couleur plus foncée, qui tire sur le doré, plus trouble aussi. Nez très typé "nature", réduction sur lies, volatile haute, citron confit, poires mûres, notes de malt/whisky. Bouche très énergique pour 2018, avec du volume, des fruits mûrs, du citron confit, portée loin par une volatile élevée. Un style très différent des autres, on adore ou on déteste.

 

7 Bessin Jean-Claude & Romain, Chablis Grand cru Valmur 2013 : (élevage cuves et fûts. Vignes dans l'envers de Valmur, la partie fraîche) Couleur dorée, nez qui semble bien mûr. La bouche semble un peu alcooleuse, manquant d'acidité. Il semble avoir vieilli un peu vite. Etrange pour cette cuvée sur ce millésime, et pas représentatif de la qualité du domaine

valmur chablis

 

 

8 Droin Jean-Paul & Benoît, Chablis Grand cru Les Clos 2013 : (élevage cuves et fûts) Couleur encore assez claire pour un 2013, très joli nez, à peine fumé/grillé, miellé, fruité. Bouche qui combine un beau volume et des notes minérales, longue et tendue, où on sent plus la fraîcheur de 2013 que l'opulence des Clos. Très belle bouteille pour finir les blancs.

 

9 Lavantureux Roland, Bourgogne Epineuil rouge Les Fauconniers 2020 : Couleur rubis, nez sur la framboise et la pivoine à l'ouverture, puis de plus en plus de fumé voire tabac et cendre, de poivre, de notes animales. Bouche plus sur le fruit que le nez, très juteuse, tannins fins, gourmande et très digeste. On termine bien avec ce joli rouge.

Chablis dauvissat raveneau

 

 

 

 

Soirée n°2

1 Piuze Patrick, Chablis 1er cru Vaillons Les Minots 2021 : couleur or pâle, nez avec un joli fruité et qui semble gourmand pour un 2021, la bouche combine ce fruité avec beaucoup de minéralité et de tension, c'est long et déjà bien en place, très salivant. Ca commence fort.

 

2 Domaine de l’Enclos (Romain & Damien Bouchard), Chablis 1er cru Montmains 2017 : Bien plus coloré, nez plus mûr, pommes au four, ananas. La bouche est plus puissante (1,5% de plus), plus opulente, moins de finesse, mais elle garde une bonne acidité. C'est bon, dans un style opposé au précédent.

 

3 Droin Jean-Paul & Benoît, Chablis 1er cru Montée de Tonnerre 2018 : On revient à une couleur plus claire, un nez plus végétal, presque des notes de buis, agrumes, citron. Bouche minérale, avec un beau volume, qui manque un peu d'acidité sur la finale.

 

4 Pattes Loup (Thomas Pico), Chablis 1er cru Butteaux Mise Tardive 2018 : couleur plus foncée, qui tire sur le doré, plus trouble aussi. Nez très typé "nature", réduction sur lies, volatile haute, citron confit, poires mûres, notes de malt/whisky. Bouche très énergique pour 2018, avec du volume, des fruits mûrs, du citron confit, portée loin par une volatile élevée. Un style très différent des autres, on adore ou on déteste.

 

5 Dauvissat Vincent, Chablis 1er cru Vaillons 2014 : couleur dorée, nez très complexe, croûte de fromage à l'ouverture, mousseron, caillou, puis du fruit, presque de l'ananas. Bouche très tendue, sans enrobage, très minérale, salivante, avec une finale qui claque d'une longueur exceptionnelle.

 

6 Raveneau Bernard & Jean-Marie, Chablis 1er cru Forêt 2014 : couleur assez proche, un nez un peu plus simple, encore sur le fruit, une touche de miel, de beurre, de caillou. Bouche avec plus de rondeur, un peu plus puissante et opulente, un peu d'élevage, mais là aussi beaucoup de longueur, très belle acidité avec du volume autour, à peine moins salivant en finale, on sent qu'il peut encore vieillir très longtemps.

 

7 Bessin Jean-Claude & Romain, Chablis Grand cru Valmur 2013 : couleur qui tire sur l'ambrée, nez très évolué de fruits très mûrs et presque une petite touche oxydative. C'est beaucoup mieux en bouche où le vin a gardé une bonne acidité. Ca reste nénamoins étrange pour cette cuvée sur ce millésime, et pas représentatif de la qualité du domaine.

 

8 William Fèvre, Chablis Grand cru Vaudésir 2008 : couleur bien plus claire que le précédent, nez relativement simple, sur un fruit mûr et miellé. Bouche par contre de grande qualité qui combine volume, tension, pureté, avec une finale très minérale, encore en pleine forme. Merci Bertrand pour la bouteille. 

 

9 Laventureux Roland, Bourgogne Epineuil Les Fauconniers 2020 : Couleur rubis, nez sur la framboise et la pivoine à l'ouverture, puis de plus en plus de fumé, de poivre, de notes animales. Bouche plus sur le fruit que le nez, très juteuse, tannins fins, gourmande et très digeste. Avec l'aération les notes fumées, de tabac voire de cendrier prenent de plus en plus de place.

chablis 2

 

 

Au final, 2 dégustations très intéressantes, avec des vins extrêmement variés dans la même AOC, comme bien souvent... Les quelques participants qui avaient un a priori négatif sur Chablis sont repartis très enthousiastes. Les cadors Ravenau et Dauvissat ont parfaitement tenu leur rang. Mais beaucoup de jeunes domaines n'en sont vraiment plus très loin. Cette appellation, finalement relativement récente (en tout cas dans la recherche de vins qualitatifs) semble en nette progression. On y trouve même de très grands vins, qui n'ont pas à pâlir face à la Côte de Beaune, et l'avenir leur est grand ouvert ! 

 

 

Merci à toutes et tous, et à la semaine prochaine pour les Monts !

 

8 octobre 2023

Soirées Monts (29/09 et 06/10)

1 Taille aux loups, Montlouis-sur-Loire Clos Michet 2019 : couleur or, nez brioché, légère touche vanillée, pomme au four, fruits jaunes presque exotiques avec l’aération. Bouche avec un léger gras à l’attaque, belle acidité qui étire le vin très loin. Finale longue et salivante. Un classique, toujours très bon pour commencer.

 

2 Bachelet-Monnot, Puligny-Montrachet 2020 : couleur or pâle, nez plutôt sur un élevage grillé encore un peu marqué, notes florales et fruitées. Bouche plutôt sur la tension, léger grillé, minérale, peu de gras, assez longue, salivante. Joli vin, encore un peu jeune dans l’idéal.

 

3 Les Bruyères David Reynaud, Crozes-Hermitage Beaumont 2021 : Couleur sombre, nez très typé syrah, violette, poivre, lard… Bouche toute en finesse, légère, tannins souples, ça glisse tout seul, beaucoup de plaisir en l’état.

 

4 Castello Tricerchi, Brunello di Montalcino 2018 : Couleur rubis claire, nez plein de fruits rouges, pivoine, beaucoup pensent pinot noir, puis cinsault, en se réchauffant quelques épices, tomates séchées. La bouche est très fine, pure, fruitée, avec une belle acidité, tout en élégance. Très joli piège !

 

mont damné dagueneau

 

5 Abbatucci, Monte Bianco Vin de France 2019 : (100% sciaccarellu) Couleur très claire là aussi, nez de fruits rouges un peu plus sucrés, badiane. Bouche plus puissante que le précédent, un peu plus d’alcool et de sucrosité, mais aussi plus de volume, plus intense, plus sudiste, tannins très fins là aussi, grosse longueur. Tout le monde est séduit, une fois de plus lorsque ce cépage est bien travaillé.

 

6 Arnaud Lambert, Saumur-Champigny Montée des Roches 2020 : pour le St-Nectaire on revient à un vin plus sombre en couleur, mais plus frais, avec des notes de cassis, un peu de poivron au nez. La bouche est finalement assez mûre et fine, avec des tannins soyeux, une finale qui reste fraîche, ça semble déjà prêt à boire. Il réussit finalement très bien à passer derrière le Monte Bianco, ce qui n’allait pas de soi.

 

7 Dagueneau, Sancerre Le Mont damné 2014 : la seule déception de la soirée, un nez très marqué H2S (sulfure d’hydrogène) avec un mélange de pierre à fusil/pétrole/œuf pas très agréable, derrière des notes de buis bien marqués, avec l’aération léger fruit exotique mais qui reste timide. C’est mieux en bouche, avec une bonne minéralité, un côté salivant en finale et de la longueur. Mais on en attendait un peu plus.

 

8 L’Ancienne Cure, Monbazillac Jour de fruit 2021 : couleur dorée, nez sur les fruits exotiques, l’ananas, le miel, assez fin et frais, beaucoup pensent plutôt à du manseng. La bouche est fraîche, pas trop sucrée, acidulée, très ananas, loin du stéréotype vin lourd de Monbazillac. La dégustation à l’aveugle a encore frappé. Très joli pour finir.

 

25 février 2023

Soirée Grèce du 24/02

 

Soirée Grèce

 

 

Quelques chiffres

 

- Grand pays historique du vin, très morcelé, faisant face à de grandes difficultés économiques, produisant finalement assez peu...

- Aujourd'hui 18e producteur mondial avec environ 110 000 hectares de vignes. Un chiffre en baisse année après année.

- Environ 230 "caves à vin" dont 20% de coopératives et 80% de producteurs indépendants.

- 10% d'export environ. Consommation locale en baisse également. "Entre deux chaises" avec une volonté d'exporter plus mais aussi une volonté de conserver ses cépages locaux, son alphabet...

- Plus de 200 cépages autochtones qui font la force du pays, 90% du vin produit à partir de ces cépages locaux (le reste en cabernet, syrah, merlot, chardonnay...)

- Les cépages les plus plantés dans l'ordre : savatiano (beaucoup utilisé pour le retsina), roditis (beaucoup utilisé pour les rosés et le retsina), agiorgitiko, liatiko, muscat de Hambourg, xinomavro, cabernet sauvignon, assyrtiko...

- 2/3 de vins blancs pour 1/3 de vins rouges.

- 28 AOC (ou PDO) et 96 IGP.

 

 

 

Les Régions à retenir

 

carte grece

 

 

 

Iles de la mer Egée : l'île de Santorin a donné ses lettres de noblesse à la viticulture grecque, grâce au cépage assyrtiko et à ses sols volcaniques. On y trouve des vignes parfois plus que centenaires, franches de pied (pas de phylloxéra), plantées en Kouloura "couronnes" pour lutter contre la sécheresse et le vent. Le climat y est très sec et très solaire. Les vins sont souvent extrêmes, combinant à la fois acidité très haute et alcool élevé, puisant dans la roche beaucoup de "minéralité". L'assyrtiko de l'île de Tinos est lui un peu moins "extrême".

santorin wines

clos stegasta winery

 

 

Grèce du Nord : climat continental aux hivers froids et aux étés solaires, avec plusieurs zones d'altitude relativement fraîches. Le xinomavro est le cépage digne d'intérêt de cette région, principalement sur l'AOC Naoussa. On compare souvent ces vins aux Barolo pour leur couleur rouge très pâle, leur acidité élevée et leurs tannins marqués. A suivre la plus fraîche AOC Amyndeo.

naoussa

 

 

Grèce du Sud-Crète : climat méditerranéen très solaire et très sec. Le cépage liatiko peut donner de grands vins rouges, peu colorés, hauts en alcool avec des aromatiques "garrigue". Proche en cela du grenache ou du sangiovese du sud de la Toscane ?

crete vineyards

 

 

Grèce du Sud-Péloponnèse : moins intéressante que les trois régions ci-dessus, citons tout de même la robola de Céphalonie, cépage blanc vif très sensible à l'oxydation, et le cépage agiorgitiko en AOC Nemea donnant des vins sombres et puissants. Dans cette grande région au climat solaire mais parfois tempéré par l'altitude la nouvelle génération commence à arriver.

 

 

 

 

La dégustation

 

 

Blancs

 

1 - PDO Robola de Céphalonie « Barcarola » 2021, domaine Foivos (100% robola. Grand domaine qui a repris Mantzavino en 1999. Vignes de 20ans non greffées, à 600-800m d'altitude sur le mont Ainos, sols calcaires. Elevage d'un mois en cuves inox)  Couleur très claire, reflets gris. Nez très aromatique, fleurs blanches, pin, genépi, abricot. Bouche à l'attaque vive mais ça ne dure pas, peu d'alcool, aromatique entêtante, peu de relance en finale. A boire très frais, risque de devenir écœurant sinon. 

 

2 - IGP Cyclades « Clos Stegasta Assyrtiko » 2020, domaine T-Oinos (100% assyrtiko. Domaine de 13ha - bientôt 17 - plantés en 2002 à haute densité 11500 pieds/ha en palissage haut, à 460m d'altitude en moyenne sur sables et granits. Consulté depuis 2016 par Stéphane Derenoncourt. Pressurage en grappe entière puis élevage en 500L, amphores et foudres pendant 7mois sur lies)   Couleur or pâle, nez citronné, minéral, à peine fumé (lies), touche de fruits jaunes, à aller chercher, encore simple d'expression mais noble. Bouche d'une précision redoutable, beau volume, intense, pas très haut en alcool pour un assyrtiko (13,5), grosse tension, minérale, citronné, un peu floral, agrumes, pêche, finale très longue, saline, petits amers, me fait penser à un grand chenin personnellement. On sent un vin très précis, très maîtrisé, pas loin du trop parfait par rapport au suivant mas très efficace, et c'est encore bien jeune. 

 

3 - PDO Santorin « Cuvée n°15 Assyrtiko » 2017, domaine Hatzidakis (100% assyrtiko. Domaine de 10ha en bio, créé en 1997 par le regretté Haridimos Hatzidakis. La cuvée n°15 provient de Pyrgos et Emporio, vendagée un peu plus tôt que les autres, plus "minérales", vignes franches de pied de 15à40ans. Elevage 6mois en cuves inox)   Couleur dorée, nez très exotique, mangue, ananas, miel, cire, plus complexe et plus évolué que le précédent, clairement plus solaire. Bouche haute en alcool (14,5%), grosse acidité, le tout s'équilibre bien, sur les arômes du nez, long et intense. La finale chauffe peut-être un peu dès que la température monte. Moins bien équilibré que le précédent, un peu plus complexe, peut-être plus de charme pour certains. 

 

Bonus : PDO Santorin assyrtiko 2019, Akra Chryssos (80% assyrtiko, aïdani, athiri. Jeune domaine proche du nature, vinifié avec l'oenologue Iliana Malihin. Vignes en partie sur Louros dont les raisins étaient autrefois vendus à Hatzidakis)  Ouvert à la dernière minute, couleur or-orangé, nez un peu réduit, mais mieux après quelques minutes, toutefois un peu fermé et brouillon, cire, poire. Bouche qui attaque une grosse acidité mais qui tombe assez vite et finit bizarrement très ronde, pas très précise. Semble quand même plus en place le lendemain... 

 

 

 

Rouges

 

4 - PDO Naoussa 2019, domaine Dalamara (100% xinomavro. Vieux domaine de 3ha aujourd'hui entre les mains de Kostis Dalamaras et de sa femme Maria, situé à Paliokalias. En biodynamie depuis 2008. Vignes sur le mont Vermio à 250-300m, sols limons et calcaire. Elevage 1an fût)   Couleur claire, rubis, nez expressif, fruits rouges, kirsché, cuir, floral, joli. Bouche sur le fruit, fraîche, pas très haute en alcool (13%), bonne acidité, avec des tannins bien présents qui serrent un peu, appellent la table. Proche d'un nebbiolo. Très représentatif du cépage.

 

5 - PDO Naoussa « Alta » 2019, domaine Thymiopoulos  (100% xinomavro. Domaine familial de 37ha repris en 2000 par Apostolos Thymiopoulos à Trilofos et Fytia, majoritairement en bio. Cuvée Alta sur Fytia, zone la plus fraîche de l'AOC à 450-650m d'altitude sur schistes, granits et marnes. Petit pourcentage de grappe entière. Elevage foudres de chêne français)     Couleur claire aussi, plus brillante que le précédent, nez plus floral, pivoine, esprit pinot noir, fruits rouges, petite sucrosité. Bouche à l'attaque ronde, suave, pleine de fruit, légère, juste ce qu'il faut d'acidité en fin de bouche pour que le vin reste très digeste, pas très long, mais ultra efficace, tannins imperceptibles (macérations à froid ?). Un vin évident.

 

6 - PDO Dafnes « Potamida » 2018, domaine Idaia (100% liatiko.  Domaine de 12ha créé en 1998 à Malevizi au centre de lîle sur le mont Psiloritis. Sols argilo-calcaires à 300-400m d'altitude. Elevage 1an fût)   Couleur très claire, rubis à peine rouillé, nez de confiture de fraise, framboise à l'eau de vie, garrigue, semble pesque sucré. Bouche haute en alcool (15%), fraise sucrée, cacao, trop alcooleuse et sucrée, mais l'aromatique est intéressante.

 

7 - PDO Sitia « Antigone » 2004, domaine Economou (80% liatiko, 20% mandilari. Domaine créé en 1995 bio depuis 1997, 9ha en franc de pied. 26 parcelles à l'est de l'île. Composition des cuvées et temps d'élevage différents selon les années "au feeling". Peu interventionniste, juste 20-50mg soufre à la mise. Aime l'oxydation plus que la réduction. Antigone 2004 provient de 2 parcelles des plus vieilles vignes : Vassilikes et Pentalofos, village de Ziros. 600m d'altitude, sols de phyllites et flysch. Egrappé. Elevage d'une quinzine d'année en fûts)     Couleur grenat légèrement tuilé avec un fond de bouteille très trouble et plus clair, nez envoûtant, cerise, fraise, figue, viande fumée, noisette, garrigue, herbes séchées... Bouche en dentelle, belle acidité, fraîche, seulement 13,5 d'alcool mais du volume, de la tension, très noble, un peu cuir et balsamique aussi, fruité encore frais mêlé à du tertiaire, finale très longue, presque saline. Grand vin. 

 

8 - PDO Nemea 2015, domaine Philos (100% agiorgitiko.  Petit domaine récent situé à Dafni. Vignes à 3000pieds/ha à 400m d'altitude sur sables et argiles. Elevage 18mois en fûts de 250 et 500L 20% neufs)  Couleur grenat encore jeune, nez de vanille, coco, un peu de fruits noirs et chocolat derrière. Bouche complètement lissée par le bois, très vanille, coco.

 

 

Autres

 

9 - PDO Sitia blanc « Heliades » 2014, domaine Economou (50% vilana, 50% thrapsathiri.  Heliades est la cuvée haut de gamme de Sitia blanc, vignes moins en altitude que les rouges, sols sables, arigles, graviers et calcaire. Non egrappé. Elevage légèrement oxydatif 4 mois fûts et trois ans en cuves)   Couleur or profond, nez très légèrement oxydatif, complexe, miel, cire, cédrat confit, orange, coing... Autant le nez semblait gourmand, autant la bouche est sèche, que très légèrement oxydative, tendue, beau volume, avec un peu de tannins, des amers, semble clairement avoir connu une macération, c'est long, salin, austère, mais noble. Un OVNI qui a beaucoup divisé. Très joli sur des fromages brebis ou chèvre secs.

 

10 - PDO Santorin Vinsanto 2013, domaine Gavalas (85% assyrtiko, 10% aïdani, 5% athiri. 210gr SR, 10,3% vol. Domaine de 7ha créé vers 1900 mais premiers embouteillages en 1998. Vendanges en août, passerillé sur paille 15jours. Elevage 6ans en vieux fûts)  Couleur ambrée-marron aux reflets rouges, nez sur la figue, le pruneau, la pâte de fruit, confit, mais intéressant. Bouche riche, sirupeuse, un petit côté caramel, manque un peu d'acidité pour réussir à équilibrer tout ça.

 

dalamaras

economou et gavalas

 

 

Conclusion

 

Un échantillon finalement assez représentatif, avec des assyrtiko secs d'un très haut niveau, qui ont convaincu tout le monde. L'avis a été un peu plus mitigé sur les rouges, avec deux grands vins (Alta et Antigone) qui ont surpris par leur fraîcheur et leur élégance mais aussi des vins moins bien équilibrés. Mais globalement tout le monde est reparti avec une image très positive des vins grecs.

 

 

 

Pour approfondir

Revue Le Rouge et le Blanc n°87 (Naoussa), 127 (Economou)

Le site du MW Y. Karakasis https://www.karakasis.mw/

 

 

Merci à tous les participants de cette très belle soirée. Prochain thème étranger : le Portugal !

 

17 juin 2023

Soirée pinot ou pas pinot ? (09 et 16/06)

Soirée pinot ou pas pinot ?

 

 

Le concept est simple : 2 équipes, 1 point par bonne réponse (+ quelques bonus...), 1 chance sur 2 de trouver. Et en cas d'égalité : prolongation et mort subite !!!

 

C'est aussi un moyen de travailler sur les "faux frères" du pinot noir : poulsard, cinsault, nebbiolo, sciaccarellu (trousseau, gamay, grenache... auraient pu marcher dans certains cas). Une petite aide a été donnée aux deux équipes avant le début de la rencontre :

 

Le pinot est un cépage clair, acide, avec peu d'alcool et peu de tannins. En théorie bien sûr... Tout est question d'équilibre. Et attention aux pinots des pays chauds, aux millésimes solaires, à certains types de vinificaton... Les cas particuliers sont probablement plus nombreux que les "cas d'école". Exercice donc très difficile, encore une fois ce fut une belle leçon d'humilité.

 

 

fiche technique pinot noir

PINOT NOIR

 

 

Vaccelli - Ajaccio Vaccelli 2019 : (cépage sciaccarellu) Couleur très claire et brillante, aromatique grenadine, anis étoilé, petits fruits rouges. Bouche avec des tannins souples et une bonne acidité mais alcool très présent qui chauffe un peu trop la finale pour du pinot. Tout le monde s'accorde pour partir plus au sud.

 

Bass Philipp - Pinot noir Estate Gippsland (Australie) 2020 : couleur très claire, nez éclatant et un peu sucré, orangette, fraise, framboise. Bouche aux tannins soyeux, avec du corps, fruité éclatant, mais assez solaire par sa sucrosité, on sent bien le 14,2 d'alcool, belle longueur. Très joli vin. Une contrée solaire est majoritairement évoquée.

 

Giulia Negri - Langhe Nebbiolo 2020 : (cépage nebbiolo) Toujours très clair en couleur, petits fruits rouges, anis étoilé, réglisse. Bouche en dentelle, pas beaucoup de corps, fruit très pur, petits tannins qui allongent la finale mais ils restent fins pour du nebbiolo. Personne ne sent que l'alcool est autour des 14 avec cette belle acidité. Très beau piège.

 

Terrasse d’Elise - IGP Hérault Les Hauts de Carol’s 2018 : (cépage cinsault) Couleur à peine plus foncée que les autres, nez qui mêle un fruité de pinot avec quelques épices, réglisse, garrigue, élevage bourguignon légèrement vanillé. Bouche avec un beau volume, tannins soyeux, du fruit, l’alcool ne sent pas, la sucrosité non plus bien équilibrée par l'acidité, aussi une certaine rondeur apportée par l’élevage, très bourguignon pour tout le monde (on entend des Chambolle et autres). Très beau vin.

 

vaccelli negri

 

René Muré - Alsace pinot noir clos st landelain 1999 : Couleur sombre et contours marrons, nez évolué, tertiaire, kirsch, cuir, puis viande fumé, thé noir, poivre, menthol, très complexe, même s'il manque de "fruits frais" bien sûr, un peu rustique, on sent de la grappe entière. Bouche puissante, avec du corps, des tannins, arômes évolués, mais encore beaucoup d'énergie, de volume, structure encore jeune finalement et qui "reprend vie" dans le verre, très viande fumée, cuir, tabac, beaucoup de longueur. Certains vont dans le sud, d'autres évoquent des vieux Chambertin/Corton... Toujours difficile avec ces vins évolués auxquels nous ne sommes plus habitués. Merci Olivier pour la bouteille !

 

Bérêche - Champagne Grand cru Ambonnay pinot noir 2017 : Couleur dorée, nez fruité, mûr, fait un peu plus que son âge (élevage fût et tirage liège ?), coing, ananas, fruits jaunes, bouche opulente, avec du volume, de la largeur, pas une très grosse acidité pour ce producteur, bulle très fine, garde une bonne longueur minérale et crayeuse mais toujours dans un style assez opulent. Beau champagne de gastronomie. L'hésitation était surtout entre pinot noir et pinot meunier.

 

Fumey-Chatelain - Arbois Ploussard 2020 : (cépage poulsard) Couleur la plus claire, beaucoup de gaz à l'ouverture, clairement nature infusé, jus de fruit, peu de matière, léger, acidulé, petite volatile, dans un style simple et facile à boire. Pour beaucoup on sent plus la vinification que le cépage. 

 

Bachelet-Monnot - Maranges 1er cru La Fussière pinot noir 2020 : Couleur très sombre pour un pinot, nez fruits noirs, épices, poivre. Bouche épaisse, concentrée, mûre, encore jeune, un peu de tannins. Le millésime solaire ressort clairement même si on n'est pas très haut en alcool. A attendre mais joli potentiel. Placé sur du gamay ou de la syrah pour beaucoup.

 

Tissot - Macvin du Jura pinot noir : (2018) Couleur très claire, un peu rouillée, avec du dépôt, nez qui fait un peu oxydé au départ, puis marc de raisin bien sûr, kirsch, chocolat. Bouche par contre pleine de fruit, on croque dans une cerise noire, sucre présent mais bien équilibré, très gourmand, reste digeste pour un macvin. Si le nez a dérouté, tout le monde a adoré la bouche. Un OVNI impossible à placer si l'on ne connait pas ce vin. Parfait pour finir sur une note sucrée.

 

fumey chatelain

 

 

Un grand merci à tous les participants qui se sont pris au jeu et qui ont animé la soirée dans la bonne humeur. Des variantes de ce thème sont déjà en cours d'étude ! 

Ainsi s'achève la session de début 2023. Reprise en septembre !!!

 

9 avril 2022

Soirée rhum du 08/04

 

1 Bally 7ans 45% Rhum vieux agricole (AOC Martinique - Vesou. Alambic à colonne) : Colonne transférée à Saint James en 1996. Vieillissement sur place en fûts de chêne du Limousin. On commence avec un classique du rhum agricole, sec, boisé, pas trop austère, sur la boîte à cigare, la banane, l'ananas, la réglisse. Manque juste un peu d'ampleur par rapport au suivant, mais une belle mise en bouche.

 

2 Bellevue 1998-2016 18ans The Rum Cask 56,6% (Guadeloupe - Mélasse. Alambic à colonne) :  Mélasse achetée à Damoiseau. Probablement vieilli en fût sur place jusqu’en 2005 puis transféré en Europe en cuves pendant quelques années puis repassé en fût. Couleur acajou, très joli nez chocolaté, bois précieux, fruité (figue, datte...), épicé. Bouche finalement assez sèche pour un rhum traditionnel, avec beaucoup d'ampleur, de la finesse, de l'élégance et beaucoup de longueur.

soiree rhum

 

3 Caroni 1997 19ans BB&Rudd 46% (Trinidad - Mélasse, alambics à repasse et à colonne) : vieillissement tropical puis continental. Distillerie fermée officiellement en 2003. Découverte par Luca Gargano en décembre 2004. Un rhum assez typique du mythe Caroni, avec un nez bien lourd, d'hydrocarbures, tabac, encaustique, résine, goudron, fruits mûrs, viande fumée. La bouche manque un peu d'ampleur par rapport aux plus grands Caroni mais elle propose une version accessible, pas trop haute en alcool.

 

4 Hampden LROK 2000-2017 Excellence Rhum 54,6% (Jamaïque - Mélasse, alambic à repasse) : vieillisssement 20% tropical, 80% continental. LROK = 200à400 gr/HL d’esters. 195bouteilles.  Couleur très claire, nez très frais, plein de fruits exotiques, très accessible, bas en esters pour Hampden (donc haut quand même), un peu vernis, olive. Bouche très élégante, fraîche, acidulée, saline, très longue. 

 

5 Hampden Great house 1e édition, sortie en 2019 59% (Jamaïque - Mélasse, alambic à repasse) : assemblage du maître de chai Vivian Wisdom l’OWH (40-80 gr/hl) millésimé 2012 à hauteur de 80% et le DOK (1500-1600 gr) millésimé 2016 à hauteur de 20%. Vieilli sur place.  Une version beaucoup plus chargée en esters, plus colorée, violente au nez, très solvant, caoutchouc, anchois, olives, puis mangue, fruits surmûris... Bouche puissante, sans concession, très longue, pour les amateurs d'high esters.

 

6 Savanna Grand Arôme millésime 2007 11ans single cask n°322 50,3% (La Réunion - Mélasse, alambic à colonne de cuivre Savalle) : environ 10jours de fermentation. Autour de 500 gr/hl d’esters. Vieillissement sur place en fût de cognac. 871 bouteilles.  Couleur ambrée, quelque part entre les deux Hampden, plein de fruits exotiques, fraise, très fruits rouges, presque floral, vernis. Bouche avec des esters et aussi beaucoup de fruit, de l'élégance, légère sucrosité, finale longue, légèrement saline.   

 

7 Diamond 2003-2018 15ans Rum Nation Small Batch Casks 5245/6/7/8 58%  (Guyana Demerara - Mélasse, alambic à repasse avec retors) : SXG = Single wooden Pot Still Versailles. Vieillissement tropical fût de bourbon puis continental. Finition 14mois fûts de whisky du Speyside. 981 bouteilles.  Assez clair en couleur, nez un peu alcooleux, mélange de chocolat, toffee et notes maltées. Bouche très puissante, sèche, austère, qui manque un peu de gourmandise, mais avec une jolie longueur. Un Demerara atypique.

 

8 Foursquare 2004-2015 11ans Ex bourbon cask 59% (Barbades - Mélasse, alambics à colonne et à repasse) : vieillissement sur place. Couleur dorée, nez très vanille, coco, bien marqué par le fût de bourbon. Bouche sucrée, ronde, facile, vanille, coco, épices, pas très complexe par rapport aux autres mais gourmande et efficace.

 

Une très belle soirée avec les distilleries en forme du moment, et une série Bellevue-Caroni-Hampden-Savanna exceptionnelle. Merci à tous les participants. On se retrouve en juin pour les Coups de coeur de l'année !

 

5 novembre 2021

Soirée Whisky d'Anthologie (05/11)

 

1 - Balblair 1983-2013 Official bottling 1st release Ex-bourbon barrels 46% : Couleur presque ambrée, nez vanillé, épicé, légèrement caramélisé. Bouche très fine, élégante puis une finale plus punchy sur le chêne et les épices. Bonne entrée en matière.

 

2 - Royal Brackla 1984-2015 30ans Cadenhead Single Cask Bourbon hogshead 54,1% : Plus clair en couleur, beaucoup plus frais, cire, pomme granny, fruits jaunes, miel, vanille. Bouche très intense, d’une ampleur phénoménale, quelques gouttes tapissent le palais, la finale est interminable, encore jeune, fraîche, fruitée, miellée et acidulée.

 

tomatin 1976

 

3 - Glendronach 1995-2013 18ans Oloroso sherry puncheon n°1774 pour The Nectar et LMDW 54,8% : Couleur acajou, presque noire, nez très chocolat noir, café, noisette, fruits secs, pointe poudre à canon. Bouche intense à l’attaque sur les arômes du nez mais finale relativement courte par rapport aux précédents, un peu trop marquée par le fût.

 

4 - Littlemill 1989-2011 21ans Daily Dram  50,7% : Couleur ambre clair, nez très élégant, sur les fruits exotiques avec une petite touche florale. Bouche en dentelle, légère, aérienne, pleine de fruit, très facile à boire, beaucoup de fraîcheur.

 

5 - Tomatin 1976-2010 34ans Daily Dram Sherry butt pour LMDW 51% : couleur ambre clair, nez encore plus fruité, encore plus exotique, à peine miellé, un peu plus de caractère. La bouche aussi rappelle le Littlemill mais avec un peu plus de tout, plus d’ampleur surtout, plus de longueur, une bombe de fruits exotiques (mangue, passion, ananas…). On aimerait le garder toute la soirée. Pas de surprises, la star sur le papier a confirmé son statut dans le verre à l’unanimité.

 

Bonus - Amrut Triparva Triple distilled 50% : Un whisky indien travaillé sur le fruit exotique lui aussi, probablement très jeune, bu à l’aveugle pour voir comment il se comporte face aux légendes écossaises. Couleur un peu plus foncée, le nez est un peu moins éclatant, puis il vient sur les fruits jaunes, à peine moins exotique, plus miellé, un peu plus de sucrosité. La bouche est très fruitée, l’alcool un peu plus sensible que dans les précédents, une finale plus courte. Cependant il est loin d’être ridicule, bien au contraire, surtout pour un whisky 7à8 fois moins cher. Le climat tropical (12% de part des anges par an !) apporte vraiment des arômes intéressants en quelques années.

 

map whisky dist

 

6 - Springbank 2001-2018 17ans Distillery private bottling Fresh port hogshead n°123 50,1% : Couleur acajou, nez puissant, légèrement tourbé, pointe soufrée, chocolat, sel, viande fumée, épices, poivre, très complexe. La bouche est puissante, violente, pas trop vineuse ni écœurante pour un fût de porto, beaucoup de caractère, presque trop pour certains. Un très bon whisky, mais à boire à petites doses.

 

7 - Bowmore 1989-2014 25ans Douglas Laing XOP Refill hogshead n°10581 55,1% : Couleur presque translucide, le nez est finement tourbé, iodé, légèrement vanillé, citronné, un peu de coquille d’huître, d’algues, il transporte en bord de mer. La bouche est très élégante, très fine pour un Islay, petite sucrosité vanillée gourmande, alcool très bien intégré, presque facile à boire, tout en ayant de l’ampleur et de la longueur. On termine en beauté.

 

Merci à tous les participants pour cette excellente soirée. Prochain thème : les coups de coeur de l'année le 19 novembre.

 

23 avril 2022

Peyre Rose 2012 à La Cave du Théâtre

Après sa dernière venue pour la sortie des 2009, Marlène et Raphaël étaient de retour pour la dégustation des 2012, qui ont brillé par leur fraîcheur et leur minéralité sur ce millésime :

Cistes 2012

Belle Léone 2012

Marlène n°3 2012

Oro blanc 2007

peyre rose cave theatre

marlene à la cave theatre

peyre rose 2012

 

 Encore un grand merci à Marlène et Raphaël pour leur venue et leur générosité. En espérant les revoir très vite à la Cave du Théâtre !

 

28 janvier 2023

Soirée Clos (20 et 27/01)

 

Pour être appelé "clos", un vin doit sortir en AOC et soit :

- être issu de raisins dont les vignes sont délimitées par une clôture de murs ou de haies vives de chaque côté.

- être issu de raisins dont la parcelle est inscrite au cadastre sous le nom "clos" même si les murs ne sont plus présents

- être produit par une entreprise historiquement dénommée "Clos ..." qui pourra ensuite être cédée sous le même nom

 

 

 

Soirée n°1

 

clos joliette

 

Frantz Chagnoleau - Mâcon-villages Clos st pancras 2020 : Couleur très claire, nez légèrement grillé (réduction bourguignonne sur lies), citronné. Bouche avec beaucoup de pep's, minérale, toute en fraîcheur pour un Mâcon 2020, salivante, elle réveille bien les papilles. Parfait pour commencer.

 

Ponsot - Morey-St-Denis 1er cru Clos des monts luisants 2014 : (100% aligoté) Couleur déjà bien dorée, nez très porté sur le beurre et la crème avec des fruits exotiques également. Bouche moins beurrée que le nez, opulente, très dense, énergique, sur les fruits exotiques, les fleurs blanches, beaucoup de longueur. Excellent.

 

Thierry Germain Roches Neuves - Saumur Clos romans 2017 : Couleur or profond, nez de chenin très pur, sur la poire, floral, agrumes. Bouche toute en tension et en énergie, avec un volume suffisant pour passer derrière le Ponsot. Beaucoup de longueur, finale presque saline. Excellent là aussi.

 

Arlaud& - Morey-St-Denis Clos Solon 2017 : Couleur claire, nez expressif, très élégant, plein de petits fruits rouges et de pivoine. Bouche légère, fruitée, fraîche, pas très longue mais très facile à boire.

 

Elian Da Ros - Côtes du Marmandais Clos Bacquey 2016 : Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, touche végétale type poivron qui rappelle un cabernet ligérien. Bouche assez fine sur ce millésime, élégante, reste fraîche, avec des tannins fins. Belle découverte pour tout le monde.

 

Henri Gouges - Nuits-St-Georges 1er cru Clos des Porrets St Georges 2017 : Couleur plus sombre que le Morey d'Arlaud, fruit plus noir, plus de profondeur, avec une trame minérale/calcaire marquée, une finale plus longue, plus tendue, sur des petits tannins donnant beaucoup d'allonge et de fraîcheur, presque salivant. Déjà délicieux, avec un bon potentiel encore.

 

Combier - Crozes-Hermitage Clos des Grives 2019 : Couleur noire, nez expressif, encore marqué par l'élevage vanillé/toasté, sur les fruits noirs très mûrs, lardé, anchois, violette. Bouche massive à l'attaque, encore jeune, mais avec des tannins soyeux sur la finale et un retour d'acidité bienvenu. Finalement bien plus frais que ce que laissait présager le nez.

 

Clos Joliette - Jurançon sec 1971 : Couleur jaune dorée, nez extrêmement complexe de café, mangue, fruits secs, herbes médicinales, thé vert...que seuls les vieux vins peuvent offrir. Bouche encore en pleine forme, sèche mais très fruitée, légèrement amère, avec beaucoup de fraîcheur et de longueur. A la hauteur du mythe. Merci Vincent !

 

Schoffit - Rangen Grand Cru Clos St Theobald riesling VT 2015 : Couleur dorée, nez de fruits mûrs et de miel déjà évolué qui ne fait pas vraiment riesling. Bouche digeste, peu de sucres pour une VT (60gr environ), mais qui manque un peu d'acidité et de longueur pour un tel grand cru.

 

 

 

Soirée n°2

 

soirée clos 1

soiree clos 2

 

Clos Nicrosi - Corse Coteaux du cap corse sec 2018 : Couleur qui tire déjà sur l'ambrée, nez de fruits du verger très mûrs, le miel, la cire, floral. Bouche construite sur l'amertume, qui manque un peu de volume mais qui garde une bonne fraîcheur. Merci Fred !

 

Ponsot - Morey-St-Denis 1er cru Clos des Monts Luisants 2013 : semble un peu moins évolué et beurré que le 2014 bu la semaine précédente, plus en tension, même si on reste sur un vin gras/beurré/exotique. Du même niveau, avec peut-être un plus gros potentiel de garde.

 

Clos des Papes - Châteauneuf-du-Pape rouge 2013 : couleur assez claire et encore jeune pour un Châteauneuf 2013, nez classique très élégant de fruits rouges et noirs légèrement confiturés, de cacao... Bouche en dentelle, avec du volume, des tannins fins, l'alcool pourtant élevé ne se sent pas. Très belle bouteille sur ce "petit" millésime frais.

 

 

Merci à tous les participants. On se retrouve en février pour la soirée Grèce !

 

24 mars 2023

Soirées Gevrey-Chambertin 17 et 24/03

Avec ses 408 hectares, l'appellation Gevrey-Chambertin est la plus grande de la Côte de Nuits. Si les vins ont la réputation d'être puissants, "masculins", c'est avant tout pour des raisons historiques, mais la réalité est bien plus complexe... Comme Chambolle-Musigny c'est une appellation à combe, avec des sols variés, des expositions variées, des altitudes variées... En ajoutant à cela les styles de vinification et les "effets millésime", on aboutit à des vins très hétérogènes.

 

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet : http://monocepage.com/gevrey-chambertin-breffage/

carte gevrey chambertin

 

 

 

Les Gevrey « de la Combe » 

1 Claude Dugat, Gevrey-Chambertin 2019 (15 parcelles dont une partie dans la combe) : couleur assez sombre pour du pinot, nez avec des notes de vanille, de cassis. Bouche en largeur, ronde, gourmande, mûre, qui garde une bonne longueur pour un village.

 

2 Pierre Duroché, Gevrey-Chambertin Le clos 2018 (dans Le Village) : du gaz et de la réduction à l'ouverture, long carafage. Couleur très claire, vinification opposée au précédent, plus nature, infusée, moins de bois, pas un gros volume mais plus en longueur avec une acidité plus haute, une sensation plus minérale.

 

gevrey ostrea

 

 

 

Secteur nord ou « secteur St-Jacques » 

3 JL Trapet, Gevrey-Chambertin Ostrea 2019 (En Dérée, Champerrier…) : couleur claire pour un 2019, nez éclatant de fruits rouges et pivoine, bouche toute en dentelle, fruitée, florale, avec une allonge minérale qui porte loin la finale. Superbe.

 

4 René Bouvier, Gevrey-Chambertin 1er cru Combe aux moines 2018 : couleur plus sombre, trouble, nez sauvage, très grappe entière, épicé, fumé, fraise écrasée. Bouche avec du volume, de la "mâche", et une jolie tension minérale dans le fond là aussi. Superbe.

 

5 Berthaut-Gerbet, Gevrey-Chambertin 1er cru Cazetiers 2018 : couleur sombre, plus violacée, nez plus cassis et fruits noirs, fruité gourmand, un peu bonbon. Bouche plus en rondeur, civilisée, où rien ne dépasse, texture soyeuse, bien travaillée, sans être trop boisée, la finale garde une bonne longueur et de la fraîcheur. Confirme lui aussi la grandeur de ce secteur des premiers crus.

 

6 Henri Magnien, Gevrey-Chambertin 1er cru Estournelles St Jacques 2020 : couleur sombre, nez de fruits noirs, graphite. Bouche encore jeune, mûre, un peu serrée, mais avec un joli fond calcaire, de l'allonge, long. Beau potentiel.

 

 

Secteur sud ou « secteur des grands crus »

7 Ponsot, Gevrey-Chambertin Cuvée de l’abeille 2007 (les Epointures) : couleur à la fois très claire et tirant sur le marron, nez évolué, de sous-bois, kirsch, cuir, viande fumée. Bouche encore très énergique, pas un gros volume (vieux fûts), toute en longueur, noble, avec une finale presque salée sur la viande fumée très longue pour un village.

 

8 Jérôme Castagnier, Chambertin Clos de Bèze Grand cru 2012 : robe peu évoluée, nez assez classique de pinot entre deux âges, avec un début de tertiaire et encore du fruit. Beau volume en bouche mais pas beaucoup de profondeur, des tannins un peu secs et une longueur moyenne pour un grand cru.

 

Bonus : Dugat-Py, Gevrey-Chambertin Coeur de roy 2002 : couleur sombre et évoluée, trouble, nez très cuir, fruits noirs, animal. Bouche encore énergique, jeune pour son âge, avec des tannins présents mais de qualité, beaucoup de longueur et de fond. Merci Fred !

 

gevrey estournelles

 

 

Merci à tous les participants de ces deux belles soirées. Prochain thème : les coups de coeur de l'année !

 

12 février 2020

Soirée Méditerranée du 07/02

 

Le thème de cette soirée nous a permis de faire un tour des vignobles historiques du vin : Roussillon, Languedoc, Provence, Corse, Espagne et même Liban !

 

" Y a-t-il une typicité méditerranéenne ? Climatique, politique, culturelle, ampélographique ? " (Voir RVF n°691)

 

 

Les blancs

Château de Pibarnon - Bandol blanc 2016 : (45% clairette, 30% bourboulenc, marsanne, ugni blanc) Couleur clair, nez floral, anisé, fruits jaunes. Bouche vive à l'attaque, qui finit un peu courte et sur l'alcool.

 

Domaine Vaccelli - Vin de France « Sirocco » 2017 : (vermentino, carcaghjolu bianco, genovese, cudiverta, riminese) Couleur à peine plus foncée, très beau nez beurré, fleurs blanches, pêche, miel. Bouche à la fois grasse et tendue, élégante, boisée très bien intégré, belle longueur. Le blanc de la soirée à l'unanimité.

soiree medietrranee

 

Les rouges

Château Musar - Rouge 2011 : (cinsault, cabernet sauvignon, carignan à parts égales) Vin plutôt léger et fruité à l’ouverture, puis marqué par des notes de cèdre et de truffe à la bordelaise avant de finir sur des fruits rouges confiturés et beaucoup de rondeur comme un grenache. Très évolutif. Intéressant. Merci Loïc.

 

Domaine de la Tour du Bon - Bandol rouge « En Sol » 2014 Mag : (100% mourvèdre en jarres) Couleur très claire, nez de grenadine, groseille, pivoine. Bouche aérienne, très fraîche, fait presque pinot, avec une finale plus épicée et réglissé. Très joli qui a divisé l’assemblée. Merci Pascal.

 

Ermitage du Pic St loup - Languedoc Pic-St-Loup « Guilhem Gaucelm » 2016 : (50% syrah, 50% grenache) Couleur sombre, superbe nez typé syrah, lardé, olive, anchois, épices, fruits noirs, violette, très sauvage. Bouche fraîche, concentrée, tannins fins et belle longueur. La nouvelle pépite du Languedoc.

 

Mas Martinet - Priorat 2005 : (65% grenache, 20% carignan + syrah, cabernet sauvignon, merlot) Couleur sombre et légèrement tuilée, nez de sous-bois et fruits cuits. Bouche puissante, tannins fondus, fruits rouges cuits, assez long. L'alcool se fait sentir dès que le vin se réchauffe. Un peu en-dessous des deux Languedocs.

 

Peyre Rose - Coteaux du Languedoc « Clos des Cistes » 2008 : (90% syrah, 10% grenache) A la hauteur de sa réputation comme toujours, dans un registre assez fin pour un vin de Marlène, avec du soleil, de la fraîcheur, juste ce qu'il faut d'évolution et de fruit.

 

 

Le VDN

Terres de Fagayra - Rivesaltes ambré 1986 : (maccabeu + grenaches blancs et gris) Couleur ambre foncé, nez de fruits secs, noisette, caramel. Bouche assez ronde, encore pas mal de fruit, un peu de sucre, pas trop marqué noix, alcool très bien intégré. Parfait pour finir.

 

 

Difficile de répondre à la question initiale d'après ce trop bref échantillonnage. Il semble néanmoins que le caractère solaire couplé à une forme de fraîcheur soit une piste à étudier... 

 

 

Merci à tous pour cette excellente soirée, dans des conditions un peu particulières... Prochaine date : Whiskys d'Anthologie le 21 février.

 

15 novembre 2019

Soirée Rhône sud (15/11)

 

Le « Rhône sud » est bien différent du « Rhône Nord », d’abord par la taille (environ dix fois plus grand), par le climat plus solaire et par l’encépagement qui donne la première place au grenache. Les appellations sont bien plus nombreuses, avec d’excellents rapports qualité/prix dans les divers Côtes du Rhône villages, « satellites » des prestigieux Châteauneuf-du-Pape.

 

 

Château de Beaucastel - Châteauneuf-du-Pape blanc 2016 : (80% roussanne, 15% grenache blanc, + picardan, clairette et bourboulenc) Couleur or pâle, nez légèrement beurré, sur le miel, les fruits jaunes. Bouche grasse, opulente, plus florale que le nez, avec juste ce qu'il faut d'acidité pour ne pas tomber dans la lourdeur. Un grand classique au niveau attendu.

 

Laurent Charvin - Châteauneuf-du-Pape Blanc 2017 : (95% clairette rose, 5% bourboulenc) Parcelle exposée nord, récupérée tout récemment par Laurent Charvin. Couleur presque translucide, nez floral, notes minérales et anisées, pas du tout d'élevage ici. Bouche sans aucun gras, tout en fraîcheur et en minéralité, finale saline avec de l'anis et des amers qui finissent d'étirer le vin. Style opposé du précédent, mais tout aussi bon.

 

Elodie Balme - Côtes du Rhône 2018 : (75% grenache, 15% carignan, 10% syrah) Couleur rubis foncé, nez tout en fruit, cerise rouge et cassis. Bouche qui semble légère, fraîche et pleine de fruit. Pas très complexe mais très facile à boire.

 

Domaine Saladin - Côtes du Rhône villages « Fan dé Lune » 2016 : (majorité mourvèdre + grenache, syrah) Couleur assez claire pour lui aussi, nez sur les fruits rouges confiturés, pointe végétale, laurier, à peine animal. Bouche très fine et fruitée pour un mourvèdre, peu d'alcool et peu de tannins, très frais et assez long. Un régal, comme souvent avec ce domaine. A noter qu'il a eu besoin d'un long carafage pour enlever toute réduction.

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Oratoire St Martin - Cairanne « Réserve des Seigneurs » 2017 : (60% grenache, 30% syrah, 10% mourvèdre) Couleur grenat, nez sur le cassis, la mûre, avec des notes de violette. Bouche très élégante, pleine de fruit, tannins fins, fraîcheur minérale dans le fond, on sent clairement la différence avec les vins sur galets roulés, plus d'acidité, moins confituré. La découverte de la soirée à l'unanimité.

 

Domaine de l’Espigouette - Vacqueyras 2017 : (80% grenache, 15% syrah, 5% mourvèdre) Couleur sombre, nez de fruits noirs, d'épices sud, de réglisse. Bouche puissante, un peu trop chaleureuse avec des tannins qui demandent encore à se fondre. A attendre quelques années, il souffre aussi de la comparaison avec le précédent.

 

Château de St Cosme - Gigondas 2016 : (70% grenache, 14% syrah, 15% mourvèdre, 1% cinsault) Couleur un peu plus claire, nez très différent, lardé, fumé, cuir, notes animales, fruits rouges, très complexe. Bouche puissante, alcool bien intégré, elle garde juste ce qu'il faut de fraîcheur pour l'équilibrer, finale très longue avec encore quelques tannins. Un grand Gigogndas, à l'aube de sa vie.

 

Château d’Or et de Gueules - Costières de Nîmes « La Bolida » 2013 : (90% mourvèdre, 10% grenache) Couleur très sombre, nez fruits noirs et boisé, tabac, cèdre. Bouche puissante, bodybuildée, boisée, épaisse, avec une finale astringente et sèche. Toujours pas prêt à boire, mais le sera-t-il un jour....

 

Clos du Mont Olivet - Châteauneuf-du-Pape 2011 : (80% grenache, 10% syrah, 6% mourvèdre, 4% cinsault, counoise, vaccarèse, muscardin, terret noir, picpoul noir) Couleur rubis foncé, nez sur le kirsch, un peu de sous-bois à l'ouverture, puis finalement bien plus "jeune" après aération, sur la confiture de fraise. Bouche avec beaucoup de fruit, puissante mais alcool bien intégré, finale avec des tannins soyeux, sur les fruits rouges compotés et des arômes de garrigue. On termine sur une bonne note.

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Merci à tous les participants de cette belle soirée. Dernière étape pour 2019 : la soirée d’Anthologie du 29 novembre. Le nouveau programme arrivera à la fin du mois...

 

3 avril 2022

Soirée Barbaresco du 01/04

 

Vivant dans l’ombre du célèbre voisin Barolo, Barbaresco est une petite appellation d’un peu moins de 700ha, située à 50kms au sud de Turin environ. Le seul cépage autorisé est ici le nebbiolo, planté sur les versants sud des collines, donnant des vins peu colorés, tanniques et à l’acidité élevée. Grâce au fleuve Tanaro qui sert ici de régulateur, les vins sont vendangés en moyenne 7 à 10 jours plus tôt qu’à Barolo, les degrés d’alcool sont souvent un peu plus bas, les sols sont globalement des marnes du Tortonien (comme sur la partie Ouest de Barolo, la plus en finesse), et la durée d’élevage requise un peu plus courte. Si ces éléments donnent la réputation de vins plus fins qu’à Barolo ce n’est pas toujours justifié au sens où les vins peuvent parfois apparaître comme plus froids, plus austères, avec des tannins moins mûrs et donc plus serrés.

 

 

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1 Cascina delle Rose - Barbaresco Rio Sordo 2014 : (domaine traditionnel et bio de 4ha repris en 1992 par Giovanna Rizzolio et ses enfants. Fermentations courtes, Elevage foudres de Slavonie 10-30HL. Rio Sordo = 25ha sud-ouest très argileux avec calcaire, un peu de manganèse) Couleur rubis très claire, nez proche d’un pinot, petits fruits rouges, pivoine, élégant. Bouche peu épaisse sur ce millésime froid, fruitée, fraîche, à l’acidité élevée, tannins un peu trop serrés sur la finale. Un nebbiolo assez simple mais d’une jolie pureté pour commencer.

 

2 Castello di Neive - Barbaresco Gallina 2010 : (domaine historique de 60 hectares, traditionnel, élevage foudres. Gallina : grand cru de 50ha, sols marnes et sables fins) Couleur bien plus sombre, nez assez classique encore fruité avec un début d’évolution cuir, champignon. Bouche puissante, encore jeune, dans l’esprit du nez. Tannins encore un peu trop serrés en finale.

 

3 Giuseppe Cortese - Barbaresco Rabaja 2013 : (domaine familial 8ha, traditionnel. Macérations 30j + élevage 22 mois foudres de 17à25HL. Rabaja 4ha sud-sud/ouest sols argile, calcaire, sable) On revient sur une couleur pinot, très claire, superbe nez fraise, rose, pivoine, fruits rouges, tomates séchées… Bouche d’une grande pureté de fruit, beaucoup de fraîcheur, pas forcément très épaisse mais toute en longueur avec une trame calcaire bien marquée dans le fond. Finale très longue, salivante, minérale, calcaire, portée par de petits tannins bien intégrés.

 

4 Bruno Giacosa - Barbaresco Asili 2012 : (domaine de 18ha + du négoce repris en 1982 par Bruno Giacosa auparavant négociant « haute couture ». Macérations en cuves inox thermorégulées, élevage en foudres de bois français Gamba ou Stockinger de 52 et 110hL. Asili : acheté en 1996 environ 2ha sur les 14. Exposition sud-ouest /sud. Sols argilo-calcaire avec du sable) Couleur plus sombre que le précédent, nez plus sur les fruits noirs, un peu plus confituré, plus évolué aussi. Bouche un peu plus en largeur, plus « gourmande », dans une bonne phase entre deux âges, peut-être un peu moins de longueur que le précédent. Grand aussi dans un style plus charmeur.

 

5 Serafino Rivella - Barbaresco Montestefano 2012 : (domaine de 2ha géré par Teobaldo Rivella depuis 1967, très traditionnel, sans chimie. Elevage 36mois foudres de 20-30HL. Montestefano : sud sud-est. Près d’1m de calcaire compact avant de toucher les marnes. Très « Barolo » dit-on parfois) Couleur très brique, nez très évolué, figue, kirsch, goudron, cuir, assez noble, manque peut-être d’un peu de fruits frais, tire à peine sur l’oxydatif. Bouche étonnamment parmi les moins tanniques de la soirée, sur les arômes du nez, avec une belle longueur.

 

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6 Luca Roagna - Barbaresco Pajè 2011 : (domaine familial de 15ha poursuivi par Luca depuis 2001. Biodynamie, peu sulfité. Macérations de 2à3 mois en chapeau immergé. Elevages près de 5ans en foudres.  Pajè : 1,8ha sud-ouest riche en calcaire et en calcium. Bas en altitude mais ouvert sur le fleuve Tanaro) Couleur très brique aussi, semble un peu réduit au départ, puis fruits noirs, là aussi un peu oxydatif, figue, kirsch, puis de plus en plus végétal avec l’oxydation. La bouche semble un peu dissociée, avec de l’amertume, des notes végétales, puis une oxydation qui arrive rapidement, des tannins serrés. Très peu de plaisir sur cette bouteille.

 

7 Produttori del Barbaresco - Barbaresco Montefico Riserva 2008 : (cave coopérative qui vinifie l’équivalent d’une centaine d’hectares. Style très traditionnel. Elevage foudres. Montefico : plein sud, riche en calcium, assez puissant, proche de Montestefano) Couleur sombre pour du nebbiolo, nez plutôt fruits noirs, encore jeune, simple mais joli. La bouche est aussi sur les fruits noirs, pas très tannique pour Montefico Riserva, une certaine rondeur même, de la fraîcheur. Un peu simple, mais plutôt bon.

 

8 Giuseppe Cortese - Barbaresco Rabaja Riserva 2004 : Couleur claire et évoluée, nez magnifique qui a gardé du fruit rouge, du goudron, cuir, tomates séchées, prune, pot-pourri, viande fumée… Bouche à point, là aussi dans une belle phase entre deux âges, les tannins sont présents mais bien intégrés, avec un côté viande fumée bien marqué. Finale très longue. Encore bravo Gabriele !

 

9 Ca’ del baio - Barbaresco Asili 2009 : (domaine familial de 28ha sur Treiso et Barbaresco. Certifié Green experience. Macérations longues. Elevage de 2ans en foudres de Slavonie et barriques françaises. Asili 14ha : ici 2ha exposés sud-ouest, sols marnes argilo-calcaires bleutées et sable) On passe sur les modernistes. Couleur sombre, nez très différent, où l’on ne sent plus le nebbiolo, mûre, crème de cassis. Bouche ronde, facile, un peu de sucrosité, peu de tannins, moins d’acidité, peu de longueur. Assez simple, gourmand.

 

10 Sottimano - Barbaresco Pajoré 2008 : (domaine familial de 18ha depuis les années 1960 par Rino et son fils Andrea. Style moderniste. Macérations 25jours, élevage 2ans en barriques dont 15% neuves mais sans contrôle des températures. Pajoré à 420m d’altitude, calcaire, exposé sud-ouest) Couleur assez sombre aussi, nez boisé sur la noix de coco, la mangue, les fruits exotiques (comme un vin blanc), la vanille, les fruits noirs. Bouche à l’attaque ronde, veloutée, encore toute jeune, mais les tanins du nebbiolo ressortent en finale, mêlés à une aromatique boisée coco/vanille. Décevant.  A attendre encore.

 

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Au final, quelques très beaux vins (les deux Cortese, Giacosa…) et d’autres plus compliqués comme souvent sur cette appellation. Mais en tout cas, 9 vins très différents sur un secteur pourtant minuscule avec le même cépage.

 

26 janvier 2018

Soirée pinot noir du 26/01/2018

Le pinot noir nous a montré toutes ses nuances en fonction des climats, des sols, des millésimes et bien sûr du travail des vignerons. Les vins étaient servis par paires, à l'aveugle, le jeu consistant à retrouver lequel était un Bourgogne. Bien plus difficile qu'il n'y paraît !

 

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Paire n°1 - Pierre Gerbais, Coteaux champenois 2015  vs  Paul Pillot, Bourgogne 2015 : on commence par deux vins légers, aux robes très claires, encore plus pour le Coteaux Champenois. Ils sont tous les deux marqués par des fruits rouges acidulés, plutôt fraise/framboise chez Pillot et griotte/airelles chez Gerbais. Le Coteaux champenois manque un peu d'épaisseur et finit plus serré (élevage cuves) là où le Bourgogne est plus épais et plus soyeux (élevage fûts, mais peu marqué) mais surtout plus gourmand. Avantage Bourgogne.

 

Paire n°2 - Elephant Hill, Central Otago 2013  vs  Vincent Dureuil-Janthial, Rully 2015 : le pinot de Nouvelle-Zélande est plus sombre, plus solaire, plus puissant, il finit sur une amertume désagréable. Le Rully est très gourmand, plein de fruit, à peine sucré, avec une petite touche vanillée déjà bien intégrée et surtout une belle acidité derrière qui lui permet d’être assez long et pas écœurant. Victoire du Bourgogne.

 

Paire n°3 - Vacheron, Sancerre « Belle dame » 2012  vs  Dujac Fils & Père, Morey-St-Denis 2011 : un duel de style plus que de terroir : moderne chez Vacheron avec une belle texture, un fruité mûr, à peine vanillé, des tannins bien lissés par le bois mais quand même une belle minéralité sous-jacente avec une touche de silex, le Dujac est plus austère (un peu de vendanges entières ?), moins épais, plus tendu et plus long, peut-être plus complexe, du haut niveau pour un "village". Match nul.

 

Paire n°4 - Albert Mann, Alsace « Clos de la faille » 2013  vs  Robert Chevillon, Nuits-St-Georges 1er cru « Les Bousselots » 2011 : Des terroirs différents (sols de grès, calcaire et fer en Alsace/argilo-calcaire sur les Bousselots) mais surtout des vinifications différentes, peu de sulfites chez Albert Mann, avec une réduction très marquée au nez même après un long carafage mais une belle pureté de fruit en bouche. Le NsG est plus classique, assez fin, sur un fond minéral, fumé, terreux, il plaît à tout le monde, alors que l'Alsace divise l'assemblée.

 

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Bonus 1 - Clos des fées, IGP Côtes Catalanes Pinot Noir 2015 : Robe plus sombre que tous les précédents, joli nez beaucoup plus confit avec des fruits noirs, de la prune… L’attaque en bouche est gourmande, solaire, confite, mais la finale encore un peu chaleureuse en l’état. Très intéressant de voir ce que donne un pinot du sud. Merci Fred !

 

Bonus 2 - IGP Charentais Maison Boiteau 2016 :  On revient à une couleur claire, un nez de petits fruits rouges légèrement beurré, une bouche fine, légère, gourmande, pleine de fruits, pas très complexe mais facile à boire. 

 

Merci à tous les participants. Pour ceux qui le souhaitent, on se retrouve début mars pour les vins de Loire.

 

15 novembre 2018

Soirée Cote de Beaune du 16/11/2018

Difficile de faire le tour de toute la Côte de Beaune en 8 vins : il a fallu faire des choix et sacrifier quelques appellations prestigieuses (Puligny, Pommard notamment) afin d'avoir un petit aperçu des blancs et des rouges du sud, du centre et du nord. Les finages moins célèbres (Santenay, Savigny...) s'en sont d'ailleurs très bien sortis, preuve qu'il y a encore de "jolis coups" à faire en Côte de Beaune pour les curieux.

 

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Les rouges

1 Santenay « Les Prarons » 2014, domaine Bachelet-Monnot : Couleur claire, nez très expressif plein de fruits rouges. Bouche gourmande, peu tannique, très fraîche et fruitée, pas une très grande longueur mais très facile à boire. Tout le monde se régale. Ca commence bien.

 

2 Chassagne-Montrachet Vieilles vignes 2015, domaine Bernard Moreau : Couleur claire pour lui aussi, nez de fruits rouges un peu plus sucrés que le précédent. Bouche plus puissante avec un peu plus de tannins, plus de longueur, encore un bon potentiel de vieillissement même si on se régale déjà.

 

3 Savigny-les-Beaune 1er cru « Les Peuillets » 2015, Domaine des Croix : Couleur plus sombre, nez plus marqué fruits des bois et mûre, plus floral aussi. Bouche plus tendue, plus minérale et encore beaucoup plus longue, la grande classe !

 

4 Aloxe-Corton 2008, domaine Rollin : On passe à une robe tuilé, un nez de sous-bois et de noyau de cerise, la bouche est plus fruitée que le nez, moins évoluée, avec l’acidité des 2008 mais sans manquer d’épaisseur pour autant. Beau vin à son apogée.

 

5 Volnay 1er cru « Le Ronceret » 2012, domaine Jean-Marc Boillot : Couleur sombre et légèrement tuilée, nez sur le kirsch, le fer des sols rouges est bien présent. Bouche puissante, semble solaire, manque un peu d’élégance, tannins encore un peu durs. Il y a de la longueur, mais au final peu de plaisir sur ce Volnay bien plus proche du stéréotype Pommard. Petite déception…

 

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Les blancs

6 Meursault « Grands charrons » 2015, domaine Michel Bouzereau : couleur très claire, nez plein de fruits, agrumes et fruits du verger. Bouche toujours aussi fruitée, tendue par une belle acidité, peu de gras, belle longueur pour un village, beaucoup d’élégance, comme souvent chez Bouzereau.

 

7 Chassagne-Montrachet 1er cru « Morgeot » 2015, domaine Lamy-Pillot : Couleur à peine plus dorée, nez un peu grillé et citronné, la bouche n’est pas très grasse non plus, moins fruitée que le Meursault, mais avec un peu plus de volume et de longueur. Encore un bon potentiel de vieillisement.

 

8 Corton Grand cru 2013, domaine Maillard : Couleur or pâle, nez solaire sur le miel, les fruits mûrs, presque ananas. La bouche est puissante, massive, mais une belle minéralité dans le fond l’empêche de tomber dans la lourdeur. Très beau vin qui peut lui aussi vieillir encore longtemps.

   

8 décembre 2018

Anniversaire de la Cave

3ans déjà ! Merci à tous ceux qui sont venus fêter cet anniversaire avec nous. Pour rappel, voici ce que vous avez dégusté :

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Champagne Jean-Louis Vergnon, Eloquence Blanc de Blancs Grad cru Extra-Brut

Champagne Billecart-Salmon, Brut Reserve

Château Soucherie, Anjou Blanc Ivoire 2017

Jean-Marc Boillot, Montagny 1er cru 2017

Leroy SA, Bourgogne Blanc 2016

Leroy SA, Bourgogne Rouge 2014

Vaccelli, Ajaccio Unu Rouge 2015

Les Lys, Duché d'Uzès 2016

 

Et surtout, le vin mystère : il s'agissait du Pur Cinsault du domaine de la Barthassade (IGP Pays d'Hérault, domaine à Aniane en Terrasses du Larzac). Félicitations à l'unique gagnant !

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8 avril 2019

Dégustation Peyre Rose 06/04/2019

Après leur venue il y a presque 3 ans pour les 2006, Marlène Soria et son fils Raphaël nous ont fait l'honneur de revenir pour nous présenter leur tout nouveau millésime. Les vins en dégustation étaient les suivants :

 

- Clos des Cistes 2009 : grande majorité syrah sur une parcelle très caillouteuse en haut de coteau. Elevage en cuves et en foudres comme pour les deux suivants. Un vin très élégant.

- Syrah Leone 2009 : grande majorité syrah sur des parcelles moins caillouteuses. Un vin plus solaire et plus puissant.

- Marlène n°3 2009 : majorité syrah avec une proportion plus importante de grenache. Un vin aux tannins plus fermes mais d'une fraîcheur incroyable pour le millésime.

- Oro 2004 : vermentino, roussanne, viognier. Elevage de près de 15ans en cuves. Pas particulièrement oxydatif cette année, d'une jeunesse éblouissante pour un 2004.

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Les avis ont été très partagés quant à la meilleure cuvée du domaine, mais tout le monde s'est accordé à dire que les quatre vins sont exceptionnels, avec beaucoup de complexité et de caractère, à l'image de Marlène et de Raphaël.

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Un grand merci à tous ceux qui sont venus goûter et bien sûr à Marlène et Raphaël qu'on espère revoir très vite.

 

11 novembre 2017

Soirée Bourgogne du 10/11/2017

 

1 - Arlaud, Bourgogne Roncevie 2014 : Robe rubis, nez classique sur des petits fruits rouges acidulés, bouche fruitée, très fraîche, avec une belle acidité, pas très concentrée, facile à boire. Parfait pour commencer la soirée.

 

2 - René Bouvier, Marsannay Le Finage 2015 : Robe rubis, nez plus gourmand, où on sent le millésime solaire, avec des fruits rouges sucrés, très légère pointe vanillée déjà bien intégrée. Bouche souple (peu tannique), très fruitée, moins d'acidité que le précédent, plus sucré, un peu plus concentré aussi. Très charmeur, comme beaucoup de 2015.

 

3 - Jean-Marc Boillot, Pommard 1er cru Jarollières 2011 : Robe grenat, plus sombre que les précédents, nez un peu plus fermé qui laisse quand même entrevoir du cassis, de la réglisse, des épices. Bouche puissante, assez austère mais très noble, bien dans le style des Pommard du sud aux sols ferrugineux, il contraste avec la gourmandise du précédent. La finale est plus longue. Très intéressant mais pas exceptionnel ce soir-là, il mériterait d'être attendu encore quelques années.

 

4 - Rossignol-Trapet, Gevrey-Chambertin 1er cru Petite Chapelle 2006 : Robe rubis à peine tuilée sur les bords. Le nez est sublime, sur des fruits rouges confiturés, de très légères notes d'évolution qui commencent à apparaître, un côté floral. La bouche est parfaitement équilibrée, puissante mais avec des tannins fins, fruitée, fraîche, concentrée, "une main de fer dans un gant de velours". Très bonne longueur. Par rapport au précédent, on sent surtout que le vin est bu à son apogée, ça change tout !

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Place aux blancs puisque comme on dit en Bourgogne "blanc sur rouge, rien ne bouge ; rouge sur blanc, tout fout le camp"

 

5 - Vincent Dureuil-Janthial, Rully 2014 : Robe or pâle, le nez pourrait faire penser à un Meursault (à l'ancienne), gras, beurré, vanillé, floral, une pointe d'amande, boisé/toasté à peine présent dans le fond. La bouche est à la fois grasse, beurrée et tendue par une belle acidité et des notes d'agrumes. Très beau vin, qui a convaincu tout le monde.

 

6 - Michel Bouzereau, Meursault Les grands charrons 2014 : Robe presque translucide, le nez est un peu fermé, très citronné, minéral. Bouche toute en tension, à l'opposée du vin précédent, dans le style de beaucoup de Meursault d'aujourd'hui, puissante, un peu austère, avec beaucoup de longueur, mais le vin manque d'un peu de gras et de gourmandise.

 

7 - Bernard Moreau, Chassagne-Montrachet 2014 : Robe or pâle, le nez a pas mal de similitudes avec le Rully, avec un léger boisé encore mieux intégré, de beaux fruits jaunes, des agrumes, des notes florales. Bouche à la fois large, beurrée, épaisse, et longue, fraîche. Très belle finale  légèrement saline qui donne envie d'y retourner. Le meilleur blanc de la soirée à l'unanimité.

 

8 - Domaine de la Bongran, Viré-Clessé Cuvée E.J. Thévenet Quintaine 2011 : Robe dorée, nez très marqué miel et ananas, on sent le côté surmûri des vins de Thévenet. Bouche grasse, opulente, légèrement sucrée, beurrée, miellée, avec une finale de belle longueur. Très original, parfait pour finir.

 

 

Merci à tous les participants de cette excellente soirée. Nous espérons vous revoir très vite. La soirée Champagne de décembre étant déjà complète, ce sera pour 2018 !

 

17 décembre 2017

Julie Gonet-Médeville

Pour fêter Noël, la Cave recevait Julie Gonet-Médeville pour une dégustation prestigieuse de Bordeaux et de Champagne :

 

Champagne Tradition Premier cru brut : (70% chardonnay, 25% PN, 5% PM, sur Bisseuil, Trépail, Mareuil et le Mesnil) Belle vivacité (élevage cuves, sans malo), plutôt léger et fin, très facile, bon champagne d'apéritif.

Champagne Blanc de noirs Premier cru brut : (100% PN, sur Bisseuil) Robe à peine saumonée, belle tension pour lui aussi, pas trop vineux pour un blanc de noirs, avec surtout une belle très fine et très agréable.

Champagne Théophile Grand cru 2006 : (40% PN sur Ambonnay, 60% chardo sur Le Mesnil) On retrouve la tension des précédents, une superbe matière, des bulles qui ne se sentent presque pas tant elles sont fines, déjà excellent et devrait pouvoir traverser le temps. Grand chamapgne.

Cru Monplaisir - Bordeaux 2015 : (75% merlot) Belle entrée de gamme, pleine de fruits, très gourmand, assez léger, frais, quand même un peu de longueur. On sent le joli millésime.

Ch. Respide-Médeville - Graves rouge 2015 : (40% merlot, 60% CS) Assez sombre, nez légèrement boisé, sur le cassis, bouche puissante, encore un peu trop jeune en l'état, à regoûter dans quelques années.

Ch. les Eyrins - Margaux La closerie des Eyrins 2013 : (majorité CS) Vin avec une belle finesse, déjà prêt à boire, à peine évolué, fruité, frais, un petit côté sous-bois qui commence juste à apparaître, plutôt noble. Une belle réussite dans ce millésime difficile.

Ch. les Justices - Sauternes 2011 : (88% sémillon, 18 mois cuves) Robe légèrement dorée, très beau nez plein de fruits exotiques, idem en bouche avec beaucoup de fraîcheur, assez léger, frais et digeste, très facile à boire contrairement à de nombreux Sauternes.

Ch. Gilette - Sauternes Crème de tête 1997 : (90% sémillon, environ 18ans en cuves béton) Robe dorée, nez encore jeune, plus complexe que le précédent, fruits jaunes, miel, beaucoup d'épices, safran, cannelle, un peu d'ananas. Bouche avec une belle concentration, pas trop lourde ni trop sucrée (à peine plus de 100gr de SR), fruitée, épicée, avec une très belle longueur. Grand Sauternes.

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29 janvier 2024

Soirées Saints (19 et 26/01)

 

Chagnoleau, Saint-Véran Prélude 2022 : on commence par un St-Véran assez classique mais bien réalisé, notes de fruits mûrs au nez, presque exotiques. La bouche reste bien minérale, fraîche, tendue, peu de gras et peu d’élevage sur cette cuvée. Une bonne longueur. Une excellente entrée de gamme, qui est en train de devenir un grand classique millésime après millésime.

 

Balassa, Tokaji sec Szent Tamàs (Saint-Thomas) furmint 2019 : Couleur dorée, nez de liquoreux, coing, fruits exotiques, miel, pourrait faire penser à un Huet moelleux par exemple, élevage bien intégré. La bouche est par contre bien sèche, avec des notes d’agrumes, des fruits exotiques aussi, du volume, de puissance moyenne, acidité élevée mais il faut bien ça pour équilibrer cette maturité du fruit. Ca fait un peu plus vieux que 2019 et ça semble prêt à boire, la finale est très longue. Superbe vin qui a bluffé tout le monde à l’aveugle.

 

Barge, Saint-Joseph Clos de la Ribaudy 2021 : Couleur claire pour une syrah, nez très poivré, un peu de violette, de viande séché. Bouche très légère, facile à boire, typique de 2021, manque un peu de concentration, mais offre du plaisir.

 

balassa pilon

 

Héritage du Pic St Loup, Pic-Saint-Loup Sainte-Agnès 2021 : couleur sombre, très beau nez, éclatant, sauvage, poivré, lardé, garrigue, fruits noirs. La bouche garde ce côté sauvage mais le combine à une certaine finesse, pas très haute en alcool, belle fraîcheur dans le fond. Encore une très belle bouteille pour ce domaine phare de l’appellation.

 

Château Tertre de la Mouleyre, Saint-Emilion Grand cru 2014 : couleur sombre, nez de cassis, mûre, encore un peu d’élevage vanillé et épicé qui demande à s’intégrer, un début d’évolution noble sur la truffe, mais surtout un joli fond de type eucalyptus (végétal sans être vert) qui apporte beaucoup de fraîcheur à l’ensemble. La bouche est très suave, tannins très fins, pas trop haute en alcool (13,5%), là aussi encore un peu d’élevage mais aussi de jolis fruits noirs pas trop confits, une belle acidité, et toujours cette fraicheur végétale, la finale est longue avec une vraie allonge et une sensation minérale. Un joli vin, qui a encore un beau potentiel d’évolution.

 

Thibault Liger-Belair, Nuits-St-Georges 1er cru Les St Georges 2017 : Couleur assez sombre pour un pinot avec un début d’évolution. Le nez est très kirsché, noyau de cerise, cuir, début de sous-bois. Bouche avec du caractère, encore jeune, où l’on sent bien le grand terroir des St Georges plus que le millésime facile 2017, c’est sérieux, noble, demande une bonne ouverture, finale très longue sur des tannins encore présents mais de qualité qui allongent très loin. Un grand vin, qui demanderait encore quelques années dans l’idéal.

 

tertre mouleyre

 

Domaine des Croix, Saint-Romain Combe Bazin 2021 : couleur très claire, nez un peu fermé, austère, très citronné, un peu de brioché des lies, bouche toute en tension, peu de volume, acidité élevée, pas du tout de gras, style très frais et austère, un peu trop froid peut-être.

 

Méo-Camuzet, Hautes-Côtes de Nuits Clos Saint-Philibert 2019 : Couleur or pâle, nez encore un peu marqué par l’élevage, très grillé/soufré, à peine beurré, citron, floral. Bouche imposante, encore jeune mais avec une belle intensité, à l’alcool élevé mais qui ne sent pas vraiment, équilibré par une acidité élevée, avec une finale sur le citron confit, très tartrique et soufrée.

 

 

Les Bonus

de montille

 

Julien Pilon, Saint-Joseph blanc Dimanche à Lima 2022 : couleur bien dorée, nez de fruits mûrs, abricot, pêche, floral, joli mais fait craindre une certaine surmaturité en bouche. Pas du tout, la bouche a gardé une bonne fraîcheur pour 2022, moins exubérante que le nez, élégante. Déjà prêt à boire. Merci Denis !

 

Racines (De Montille), Santa Rita Hills pinot noir 2020 : couleur rubis clair, nez plein de fruits rouges, pivoine, gourmand, toute petite sucrosité. Bouche pleine de fruits, tannins souples, élégante, reste fraîche, pas très haute en alcool, pas de sucrosité marquée, très bourguignonne dans l’esprit, tout le monde s’y trompe d’ailleurs. Bluffant !

 

Maison De Montille, Saint-Romain blanc 2008 : couleur légèrement dorée, mais encore jeune pour 2008, ça se confirme au nez, un peu de cire, d’encaustique, légèrement beurré, un petit côté croûte de fromage à la chablisienne. La bouche est encore très fraîche, énergique, tendue, complexe, minérale et très longue. Très beau vin. Merci Fred.

 

Chartogne-Taillet, Champagne Sainte-Anne Extra-Brut : (4 gr. Base 2020) Nez très pomme à l’ouverture, un peu d’agrumes, peu de lies. Bouche à la bulle fine, fruitée, facile, un peu de sucre mais un joli fond minéral et de l’allonge. Merci Fred.

 

 

Merci à tous pour cette belle reprise ! On se retrouve très vite pour les deux soirées Prestige !

 

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