750 grammes Tous les blogs Top blogs Cuisine Tous les blogs Cuisine
Tous nos blogs cuisine Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Cave du Théâtre
La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
9 mai 2024

Visite au Chlo d'Auzit à Molompize

 

 Visite au Chlo d’Auzit à Molompize

 

 

Les Palhàs (les terrasses) du Cantal ont ressuscité à la fin des années 1990 grâce à Gilles Monier (premier millésime début des années 2000) puis Stéphan Elzière et Pierre Chabasseur.

Depuis Vincent Legrand qui vient de reprendre une partie des vignes de Gilles Monier et Chloé Chassang-Itier les ont rejoint.

Chloé est une « régionale de l’étape » puisque son mari Florian Itier cultive des pommes et des légumes dans le secteur, et qu’elle possède elle-même des champs de céréales (peut-être un whisky un jour !)

 

Après ses études à Beaune et un stage chez Gilles Monier, elle a eu l’opportunité de reprendre les vignes et le stock de Simon Chabasseur, qui ne souhaitait plus continuer. Elle a ainsi créé le Chlo d’Auzit en 2022, chemin d’Auzit à Molompize.

Elle possède désormais 3,5ha sur le coteau historique des Palhàs à Massiac, 0,5 ha qui ont été plantés en 2020 à Molompize et environ autant à Pierrefort plus au sud (des altesses plantées en 2022 à 900m d’altitude).

Les vignes ici sont généralement exposés au sud, sur des sols de gneiss avec quelques schistes, à  500 mètres d’altitude en moyenne, avec un pic à 900m à Pierrefort. Le climat y est à la fois très continental et montagnard, sec, chaud les après-midi d’été mais avec une grande amplitude thermique : les nuits y sont fraîches ce qui permet de préserver de bonnes acidités. Le vent bien présent préserve plus qu’ailleurs des maladies cryptogamiques (seulement 3-4 traitements en 2023 par exemple), par contre le gel y est fréquent en avril. Les vendanges se font généralement fin septembre, un peu après celles des Côtes d’Auvergne.

 

Les vins sortent ici en IGP Comté Tolosan (une vaste IGP étendue sur 12 départements), avec l’éventuelle mention « Cantal ». Face aux complications administratives, les échantillons devant être envoyés à Toulouse par exemple, Chloé sortira tout en Vin de France à partir de 2023, ce qui permettra en plus de sortir quelques cuvées de rouge qui ne sont pas parties en malo.

 

 

Parcelle défrichée et plantée en 2020, sur des Palhàs historiques, le long de la nationale à Molompize. La route puis l’Alagnon sont juste dans notre dos. La parcelle est clôturée pour éviter le gibier. Cépages : altesse, pinot gris, chardonnay, gamay, pinot noir, syrah. Un peu moins de 5000 pieds/ha, plants de la pépinière Vullien en Savoie, pas de massales, greffés sur du 3309-Couderc. Pas de certification recherchée, mais le travail est bio, avec un accent mis sur le bien-être des plantes, une sorte de phytothérapie empirique. Comme on peut le voir il y a eu désherbage en 2023 (pour éviter la concurrence avec l’herbe sur ce millésime où l’eau a beaucoup manqué) car Chloé a dû faire dans la précipitation mais pour la bonne cause puisqu’elle est devenue maman en juillet ! Pas toujours simple de tout concilier lorsqu’on travaille seule à la vigne une grande partie de l’année.

 

 

Un pied de baco, peut-être un projet à venir…

 

 

Comme on peut le voir, le gel est passé par là en 2024, comme dans tout le Sud de l’Auvergne. La perte est estimée à un peu plus de 90%...

 

 

Parcelle historique des Palhàs, à l’entrée de Massiac le long de l’autoroute.

 

 

 

La dégustation

 

Le chai est dans un ancien corps de ferme à côté de la maison de Chloé et Florian, de l’autre côté de l’Alagnon, parfaitement équipé avec un étage pour les vinifications et un sous-sol pour le stockage.

 

Les rouges sont égrappés (les rafles ont du mal à mûrir ici), avec des vinifications douces, peu d’extraction, une majorité en cuves fibre, en levures indigènes, légèrement sulfités. Filtration tangentielle sur les 2023 (pas sur les 2022). Mise en bouteille avec vide d’air.

 

Chardonnay 2022 : (10% fûts usagés, 90% cuves) chardonnay clair en couleur, nez aromatique, floral. Bouche légère en alcool (12%), fruitée, florale, vive à l’attaque, qui termine assez simple et court, mais digeste et facile à boire.

 

Gamay 2022 : (100% cuve. Vignes du coteau historique) gamay clair en couleur, léger aussi (12%), nez de fruits rouges et poivre, bouche légère, fruitée, acidulée, légèrement poivrée, pas un gros volume, mais fraîche et digeste, avec un peu plus d’allonge et de fond que le chardonnay.

 

Syrah 2023 : (100% cuve. Vignes de 2020. Mis en bouteille il y a quelques semaines mais ne sera commercialisé qu’après quelques mois de repos en bouteille comme tous les 2023) Couleur assez claire pour une syrah, encore violacée sur les contours. Nez de mûre, cerise, poivre, violette, typique d’une syrah fraîche. Bouche légère en alcool (dans les 12% aussi, les autres cépages sont montés plus haut en 2023 par contre), pas très épaisse, là aussi très fraîche, acidulée, tannins souples, digeste et facile à boire, prometteur pour des jeunes vignes.

 

 

Un grand merci à Chloé pour la visite et la dégustation

14 novembre 2025

Soirées Vins du Chili (10/10, 07/11 et 14/11)

 

Commençons par rendre à César ce qui appartient à César. La majorité des informations ci-dessous proviennent de l'exceptionnel South America Wine Guide de la MW Amanda Barnes.

 

 

Le Chili est un pays légèrement plus grand que la France en terme de superficie, ce qui implique une grande diversité de paysages et de terroirs, entre les plages du Pacifique, les montagnes des Andes, les volcans, le désert d'Atacama, l'Antarctique, l'île de Paques...

 

 

C'est un pays quelque peu coupé du monde, ce qui a l'avantage de l'avoir toujours épargné du phylloxéra. Des scènes cocasses ont lieu dans les aéroports où la douane est intransigeante avec tous les végétaux potentiellement contaminateurs... Les vignes plus que centenaires et franches de pied sont nombreuses au Chili. C'est un pays qui vit un peu dans l'ombre du voisin, l'Argentine, avec lequel il est souvent comparé, même s'il y a des différences notables, notamment cette longue Côte Pacifique très fraîche.

 

 

C'est un pays tout en longueur, environ 4500kms par 200, ce qui implique un éloignement très important (en terme de distance mais aussi de culture, de climat...) du nord et du sud par rapport à Santiago et au centre du pays, beaucoup plus industrialisé. 

 

Et pourtant au niveau climatique, comme le dit Amanda Barnes, l'axe Nord-Sud est beaucoup moins important que l'axe Est-Ouest, à l'instar de la Californie par exemple. En effet, on distingue 3 zones au Chili :

- Costa : la côte Pacifique, fraîche et très humide grâce aux courants de Humboldt. On y trouve le pinot noir, le chardonnay, le sauvignon...

- Entre Cordilleras : la zone centrale, la plus chaude et la plus sèche, celle où l'on trouve le plus de vignes même si les vignobles se déplacent de plus en plus sur les secteurs frais. On y trouve beaucoup de cépages rhodaniens (syrah, grenache...) et bordelais (cabernet sauvignon...).

- Andes : la cordillère, plus en altitude, à nouveau plus fraîche donc, qui abrite plutôt des cépages bordelais. Les vignes en altitude ne sont pas du tout majoritaires au contraire de l'Argentine.

 

Ces trois mentions correspondent à une terminologie officielle mais rien n'oblige un producteur à le mentionner. C'est d'ailleurs assez rare, même si depuis peu la mention "Costa" se voit de plus en plus pour indiquer un vin sur la fraîcheur.

 

Il y a au Chili des régions, des sous-régions, des municipalités... et un système de DO (Dénomination d'origine). Une DO peut correspondre à tout, il y en a donc d'immenses, comme de très petites. Elles sont souvent plus politiques que climatiques. La plupart des DO sont grandes et englobent des vignes aussi bien de la Costa, de l'Entre Cordilleras ou des Andes. Mais peu à peu un travail est en train d'être fait pour que les DO respectent mieux les climats et les terroirs.

 

 

 

Les régions du Nord au Sud :

 

Atacama : la vigne ne sert que pour le Pisco.

Coquimbo : (Elqui et Limari) Beaucoup de vignes pour le pisco. Région très chaude où il faut aller soit sur la Côte soit monter dans les Andes (Alcohuaz).

Aconcagua : (San Antonio, Casablanca, Aconcagua) Région solaire, avec quelques grands cabernets et quelques grands groupes (Sena, Montes…) mais tout de même moins que dans la Vallée Centrale. Plus récemment beaucoup de vignes sur la Côte pour produire des vins plus frais, (sauvignon, pinot noir...) sur Casablanca et San Antonio.

Vallée centrale : (Maipo, Cachapoal, Colchagua avec la DO Apalta, Maule) La région principale du Chili, près de 80% des vignes. Beaucoup de cabernet dans l’Entre Cordilleras. Vins premium sur Colchagua, Cachapoal… Tandis que Maule a plutôt la réputation de faire du volume à bas prix, même si c’est en train de changer doucement.

Sud : (Itata, Bio-Bio, Malleco) très différent de la Vallée centrale, pas de grosses structures, pas d’industrialisation. Historiquement aussi, peuples qui ont toujours refusé le colonialisme. Plus de 10 000 viticulteurs, mais moins de 2 ha en moyenne. Une région historique du vin avec de vieilles vignes, mais complètement tombé dans l’oubli à partir des années 1970. Elle renaît aujourd’hui, notamment car il y fait plus frais, il n'y a pas besoin d’irriguer. Les jeunes « natures » s’installent ici, mais on voit aussi les grosses structures du Centre commencer à investir dans des vignobles.

 

 

 

Chiffres clés :

9 millions d’hectolitres. Environ 7e pays producteur de vin, juste derrière l’Argentine. Le Chili était même juste devant une année. Chiffres en forte hausse (si on regarde sur 20ans).  

Beaucoup d’’export, 5e mondial : Chine en premier, Royaume-Uni, USA, Brésil… Peu de consommation locale.

Environ 75% du pays en bio !

 

 

 

Histoire :

16e siècle : la vigne est emmené par les espagnols, avec notamment le país, aussi appelé criolla/mission/listan prieto que l'on trouve encore aux Canaries par exemple.

19e siècle : beaucoup de français d'où les cépages bordelais (merlot, cabernet, carménère, sémillon...)

1930’ à 1960’ : Prohibition. Chute énorme alors alors qu’il y avait beaucoup d’hectares de vignes jusque là.

1962-1973 : gouvernement qui redistribue les terres. Alors qu’elles appartenaient jusque là à des grands groupes très riches. 60% des terres sont redistribuées aux classes pauvres, ce qui explique qu'il y beaucoup de viticulteurs avec de toutes petites surfaces encore aujourd'hui.


1973-1990 : Pinochet au pouvoir (placé par les USA). Certains riches propriétaires arrivent à récupérer leurs terres. Beaucoup de forêts de pins et d’eucalyptus plantés, surtout dans le Sud.  Ouverture à l’import et à l’export. Mais récession dans les années 1980, et consommation locale encore en baisse. 67 000 hectares en 1985 chiffre le plus bas depuis presque toujours.


1990-début 2000 : les investisseurs étrangers commencent à arriver, même si l’ouverture a commencé sous Pinochet. Miguel Torres arrive en 1979. On modernise, et on regarde comment faire du volume. Contrat avec la Chine en 2006 qui deviendra en 2016 le pays numéro 1 de l’export. Le Chili devient un peu trop « market-driven », Errazuriz exporte 95% de sa production. Des grands groupes possèdent des milliers d’hectares et donc fixent les règles et les prix du raisin.  Au début des années 2000 image de vins pas chers, bon marché, peu qualitatifs.  Des tournées et concours sont alors organisés (Jugement de Berlin en 2004) et quelques vins Premium remportent des 100/100 ce qui commence à changer un peu l’image du pays.  


Aujourd’hui : pays en pleine mutation, beaucoup d’association pour remettre en avant les vieilles vignes, les terroirs oubliés, moins d’irrigation, plus de qualité, de « terroir », des vins moins internationalisés etc… Donc un pays très "nouveau" mais avec un patrimoine de vieilles vignes.
 

 

 

Les cépages (très internationaux du coup...) :

Cabernet Sauvignon (40,053 ha), Sauvignon Blanc (15,224 ha), Merlot (11,366 ha), Chardonnay (10,920 ha), Carmenère (10,837 ha), País (10,443 ha), Syrah (7,400 ha), Pedro Jiménez (4,892 ha), Moscatel de Alejandría (4,298 ha), Pinot Noir (4,179 ha), Malbec (2,362 ha), Cabernet Franc (1,692 ha), Cinsault (928 ha), Carignan (927 ha), Petit Verdot (905 ha), Viognier (761 ha), Semillon (701 ha)
 

 

 

Problèmes rencontrés (ils rappellent l'année 2025 en France...) :

 

- Tremblements de terre.  

- Sécheresse (85% du pays est irrigué).  Certains domaines n'ont pas eu assez d'eau pour irriguer toutes leurs parcelles ces dernières années, ils ont dû en sacrifier certaines. La situation devient compliquée, beaucoup migrent vers la côte et vers le sud.

- Feu de forêts.  

- Nématodes = des vers qui transmettent un virus responsable du court-noué : pour lutter contre cette maladie et pour contrôler la vigueur, les plantations récentes sont quasiment toutes greffées sur porte-greffe américain comme chez nous.
 

 

 

 

La dégustation 

 

Le choix a été fait de goûter principalement des projets récents, ayant pour but de remettre en avant les terroirs, des vins non standardisés, mais aussi des vins plutôt orientés sur la finesse et la fraîcheur et issus de vignes non irriguées. Bref, la nouvelle génération Chilienne, qui est en train de faire bouger le paysage viticole du pays.

 

 

Les blancs

 

Vina Tabali, Talinay Chardonnay Caliza 2022 DO Valle del Limari : (à Talinay, à 12kms de la côte, dans le calcaire. 29e parallèle Sud. Mais courants d’air frais du Pacifique, « camanchaca » donc très frais et humide. 1000mm d’eau par an. Ce sont les chardonnays les plus tendus et austères du pays. Ils y font des Sparkling avec Thiénot. Parcelle de 0,7ha plantée en 2006 à 5000 pieds/ha. Elevage 10mois fûts de chêne français non neufs. Pas de malo. Domaine créé en 2002. Aujourd’hui 150 hectares sur plusieurs sites)  Couleur très claire, nez qui à l'ouverture sauvignonne légèrement, un peu de lies, bien mieux avec une bonne ouverture, à mi-chemin entre Sancerre et Chablis, léger buis, fruits jaunes qui se développent avec l'ouverture, un côté presque "coquille d'huître", pierre humide, cire. Bouche très droite, tendue, un peu austère, grosse sensation minérale, légère en alcool (12,5%), pas du tout de gras, quand même du corps et de la longueur, on sent sur la finale que c'est encore jeune et soufré, un gros vin parti pour durer. Le côté "Costa" annoncé est très présent même si bien sûr la vinif aide un peu aussi...

 

 

RETA, Chardonnay Quebrada seca 2020 DO Valle del Limari : (Marcelo Retamal, célèbre œnologue, qui faisait notamment les vins de Vinedos de Alcohuaz. Il crée un domaine en 2019 : 3 parcelles les plus qualitatives du pays selon lui, un chardonnay et un pinot à Limari, un rouge dans le Maule. Désormais des projets en Espagne.  Ici 4,4 hectares, 236m altitude, 25kms de l’océan. Vignes plantées en 1993 franches de pied. Elevage 24 mois fûts de chêne français non neufs)  On rentre un peu dans les terres par rapport au précédent et à peine plus au Nord, couleur bien dorée, nez beurré, fruits jaunes plus mûr, plus miellé. Bouche plus puissante (13,5% vs 12,5%) avec plus de gras, très beaunois dans l'esprit, on sent que la malo a été faite ici. La finale reste cependant fraîche avec une impression de salinité. Pas de lourdeur. (Un Saint-Aubin sur gamay 2015 de Moingeon bu juste après était proche jusqu'à la finale plus pataude.) Niveau proche du précédent, dans un style opposé, celui-ci est à boire par contre.

 

 

Garces Silva, Amayna sauvignon Cordon Huinca 2023 DO Vallée de Leyda : (à 14kms du Pacifique. 7000 pieds/ha. Granit. 70% en cuves. 13,8. Ph 3,11. AT 7,1. SR 1,24) Un sauvignon clair en couleur, variétal, sur le buis et le pamplemousse, qui a le mérite d'être frais, tendu, avec une acidité élevée, tout en ayant de la concentration.

 

 

Bouchon Family, Block series semillon 2021 DO Maule : (à Batuco, vignes de 80ans, 30kms océan, 187m altitude, sols de granit. 50% cuves sur lies et 50% barriques 6mois. Vieux domaine familial. Presque 160ha sur 3 vignobles.) Couleur claire, nez très marqué par les lies, grillé, pétard. Bouche citronnée, lies, légère en alcool (12,5%), un peu diluée, pas grand fond derrière l'autolyse. Par contre c'est frais et digeste. Travaillé en légère sous-maturité façon semillon de la Hunter Valley en Australie.

 

Bouchon Family, País salvaje blanco 2022 DO Maule Secano Interior : (Vignes sauvages dans les arbres, très petits rendements. Vendanges avec des échelles, jusqu’à 6m de haut début avril. On suppose que des oiseaux ont semé des raisins depuis les parcelles voisines. A Mingre, 45kms du Pacifique. 193m altitude. Vignes d’environ 120ans. Il y aurait eu une mutation de certains país rouges en país blancs, premier millésime des rouges en 2015 et des blancs en 2016. Sols granits et limons sableux. Fermentation en levures indigènes. Elevage en amphore. Bio. Non filtré. 11,5%) Clair en couleur, nez sur la poire, les agrumes, floral. Bouche légère en alcool, fraîche, bonne acidité, très rafraîchissant et facile à boire, fruitée et florale, pas très complexe ni très long, mais parfait pour commencer.

 

 

Roberto Henriquez, Torrontel super estrella 2022 Wine of Chile : (Créé en 2015 sur 7 hectares dans le sud du pays à Bio Bio et Itata, sur la cordillère de Nahuelbuta. Figure du nouveau mouvement des vins naturels, notamment passé chez Mosse en Anjou. Secteur frais, vignes non irriguées. Vieux cépages. Vieilles vignes de torontes et un peu de sémillon. 15 jours de macération. 10,5%) Couleur assez claire pour une macération, nez très pinède, résine, garrigue, puis légèrement muscaté. Bouche très légère en alcool, la macération est légère, manque un peu de corps et d'intensité, mais très frais et facile à boire, aromatique plaisante sans lourdeur, parfaitement propre, assez "soft" pour un vin orange. Longueur moyenne.

 

 

Arcana, Semillon 2020 DO Valle del Itata : (Vignes de plus de 120-150ans, élevage vieux fûts sur lies fines 11mois. A Coelemu, sur des sols granitiques et quartzés, à environ 20kms de l’océan. dirigé par Alberto Barra. Né du concept de « wine coworking » imaginé par François Massoc, Arcana bénéficie d’un espace de travail collaboratif situé à Quillón, dans la région de Nublé) Couleur dorée, nez très sémillon, miel, fruits jaunes, cire, acacia. Bouche sur les mêmes arômes, avec du corps mais aussi une bonne acidité pour un semillon, on sent le climat frais, la finale est assez longue, sur des amers assez marqués, qui donnent encore plus de relief pour certains, un peu trop marqués pour d'autres. Globalement une belle découverte. La bouteille de la semaine suivante a une petite oxydation.

 

 

 

Les rouges

 

Leo Erazo, A Los vinateros bravos, País volcanico 2022 DO Itata : (Projet récent, après une expérience en Europe Leo Erazo est revenu à ses sources. collaboration avec de petits farmers sur cette gamme. Très vieilles vignes en gobelets, non irrigués, bio, vinifiés quasi en nature. Vignes de 200ans, sur basalte, 200m altitude, exposition nord. Egrappé. Elevage cuve ciment. sulfites à la mise seulement)  Couleur très claire, nez de petits fruits rouges type canneberge, des épices, réglisse, touche végétale, avec aération le côté fumé arrive, il me rappelle Envinate par exemple. Bouche légère en alcool, sans tannins, typée jus de fruit nature, le côté épicé et le fond fumé donnent un peu de relief, pointe de volatile. Finale assez courte. Le vin a divisé : découverte très sympa pour certains, d'autres ont eu du mal avec le côté "sauvage" de ce país.

 

 

Bouchon, País salvaje 2022 DO Maule Secano Interior : (vignes sauvages comme sur le blanc, égrappage et pressurage avec la "zaranda" traditionnelle en bambou qui permet un pressurage doux convenant bien au cépage) Couleur très claire, nez très fruité de framboise, groseille, pivoine, quelques épices. Bouche légère, 12%, infusée, peu tannique, fruitée et florale, assez simple mais facile à boire et très plaisante.

 

 

Laberinto, Arcillas país 2022 DO Lago colbún  : (emblème du Labyrinthe = diversité, complexité et harmonie de nos vins. La forme circulaire c’est aussi le tout, une démarche holistique… » Viti régénérative. Vignes plantées en 1993 par Rafael Tirado, à l'extrémité est de Maule, à près de 600m d'altitude, sur le lac Colbún (un des seuls domaine de la DO), sur des sols volcaniques. Il a appris chez Veramonte, puis quelques stages chez Marionnet, Terrebrune... Il quitte Veramonte en 2007 pour se consacrer à Laberinto. 23hectares. Ici 0,7ha plantés sud, sols volcaniques, 550m altitude, secteur Maiten. 30% VE. Elevage cuves béton et amphores) Couleur très claire, joli nez de cranberry, réglisse, petits fruits rouges, fumé. Bouche plus austère que le nez, qui avec l'ouverture va perdre un peu de son fruité pour laisser place au fumé et un côté presque ferrugineux.


 

Baettig, pinot noir Los Parientes 2023 DO Traiguén (Malleco) : (projet de Francisco Baettig – winemaker pour Errazuriz, Chadwik… et Carlos de Carlos. Vignes plantées en 2013 à Los Suizos, sols volcaniques, à 600kms au sud de Santiago. Donc climat frais et humide, pas d’irrigation. Traiguen = chutes d’eau. 1084mm d’eau par an. 38e parallèle sud. 9ha de pinot, 6,4ha de chardo principalement greffés, clones français. 8% grappes entières. Elevage 10mois en fûts français 300L dont 10% neufs)  Couleur pinot classique, rubis, brillante. Nez classique fruits rouges, cerise, floral, très bourguignon, pas de chaleur ni de sucrosité. Idem en bouche, pinot fruité, très bourguignon, très cadré, bien fait, on peut juste lui reprocher de ne pas nous avoir assez fait voyager.

 

 

Clos des fous, Subsollum pinot noir 2015 : (projet créé en 2008 par Pedro Parra, François Massoc, Albert Cussen et Paco Leyton. Projet de revitalisation de vignobles anciens, non irrigués, avec de vieilles vignes, en bio. Aujourd’hui environ 47 hectares sur 6 vignobles. Ici 75% sur l’Aconcagua (sur la Côte) sur sols calcaires et 25% au sud (Traiguén) sur sols volcaniques. Une partie de grappes entières. 15%) Couleur de pinot, mais ça s'arrête là, nez beaucoup plus mûr et sur des fruits compotés. Bouche puissante, dense, encore jeune, toute en rondeur, avec peu d'acidité et des tannins complètement enrobés, quand même une bonne longueur, mais un vin qui manque de fraîcheur.

 

 

Casas de Bucamelu, pinot noir fosiles 2020 DO Vallée de Leyda : (créé en 2008 sur un très vieux « ranch ». 9kms du Pacifique. Sols calcaires, bio. Elevage foudres de chêne français. 13,5%. Ph 3,35) Couleur sombre pour un pinot, nez avec des arômes toastées, café, fruits compotés. Bouche toute en rondeur, peu tannique, peu d'acidité pour un pinot, plutôt gourmand avec une petite sucrosité, un peu l'opposé du Baettig dans le style, assez simple.

 

 

Pedro Parra, Monk cinsault 2021 DO Itata : (Pedro Parra possède un Master en aménagement du territoire viticole et un doctorat, il aurait creusé plus de 22000 fosses pédologiques. Il a notamment été membre du Clos des Fous. Il a été consultant pendant 15ans, pour Comando G, Roulot, Comte Liger Belair, Marengo, Zuccardi, Altos las hormigas… avant de créer son domaine tout récemment. Tous ses vins sont sur des sols granitiques dans le sud du Chili. Ici un seul vignoble à Tinajacura, région de Guarilihue Alto, planté en 1995 (environ 25kms de l'océan). Sols sablo-limoneux, riches en fer, granites oxydés et quartz. Fermentation en cuves levures indigènes. Elevage cuves en bois 11mois. Hommage au musicien Thelenous Monk) Couleur sombre pour du cinsault, nez de chocolat, fruits noirs, eucalyptus, herbes aromatiques, semble annoncer un vin mûr et chaleureux. La bouche ne l'est pas tant que ça, de corps moyen, avec une bonne acidité, "seulement" 13,5 d'alcool, une sensation d'attaque veloutée puis d'une fine de bouche austère avec une allonge sur l'acidité et les tannins intéressantes qui donne une certaine fraîcheur et une sensation de minéralité, mais l'ensemble parait plus dissocié qu'harmonieux à ce stade, même si ça se joue à pas grand chose et qu'il y a pas mal de qualité aussi. A voir avec quelques années de plus.

 

 

Garage Wine co., Cabernet franc Las Higueras vineyard Lot#112 2019 DO Maule : (Domaine de Pilar Miranda Avendaño et Derek + le scientifique Docteur Alvaro Peña. Créé en 2001. Viticulture régénérative. Domaine de 34ha environ mais qui revend une partie des raisins, ne gardant que le meilleur. Plusieurs projets aussi d’achats à des farmers, à Maule, Itata et Maipo. Membre de plusieurs associations comme Vigno qui remet en avant les veux carignans. Ici 8ha travaillés par le domaine, vignes de 116ans, vieux gobelets, sables alluviaux, graviers, galets roulés, 2ans en vieux fûts, proche de Linares, au sud de Maule, 165m altitude mais au pied des Andes) Couleur sombre, nez avec un peu d'évolution, fruits noirs, tabac, chocolat, réglisse. Bouche légère en alcool, peu tannique, mais du corps et une aromatique assez sauvage, une touche végétale/épicée qui lui donne du caractère, pas vraiment de poivron, plutôt réglisse et herbes aromatiques, un peu garrigue, avec une finale assez longue qui garde une belle acidité. Très intéressant.


Garage Wine co., Truquilemu Vineyard Carignan field-blend Lot #107 2019 : (Proche du Pacifique. Zone la plus fraîche de Maule. Ici 90% carignan + syrah pais et autres complantés, 75ans minimum. Sols granits avec quartz et sable. Sulfitage après malo seulement. 2ans fût, 3e remplissage ou plus. Achat de raisins bio. 13,5%. Ph 3,2. AT 6,69) Couleur sombre, nez élégant, floral, fruits noirs, herbes grillées, bouche très juteuse, tannins fins, beaucoup de fruit et de floral, très elle acidité qui équilibre le fruité mûr, beaucoup de finesse, surtout pour un carignan, pas spécialement animal, très précis et long.

 

 

RETA, Romelio 2020 DO Maule : (vignes de 1945 franc de pied, malbec complanté avec un peu de pais et de carignan, 59m altitude, à Limavida, 36km du Pacifique, non irrigué. 70% VE. 30jours macération, 26mois fûts français 228L de 3e et 4e remplissage. Sol granit décomposé. 13,5%, 6,62AT)  Couleur sombre, un peu tuilée, nez de fruits noirs, violette, épices, cannelle. Bouche un peu plus puissante que les autres rouges, avec du corps et encore un peu de tannins, encore un peu jeune, aromatique intéressante, à la fois mûre, épicée, mais avec de l'acidité dans le fond et une bonne longueur, très florale et élégante. Un bon potentiel. Quelque part entre les malbecs de Cosse Maisonneuve et ceux de Riccitelli.

 

 

Vinedos de Alcohuaz, Tococo syrah 2021 DO Valle del Elqui : (30e parallèle ! Domaine créé en 2005, 20hectares aujourd’hui. 100mm eau/an. Grande amplitude thermique. Vignes plantées en 2009 85% syrah à 1788m et 15% petite syrah à 2200m. 12jours macération, grappe entière en lagares pour moins extraire car la peau est épaisse à ces latitudes. Elevage 18mois foudres. Sols de granit. 12,5%, ph3,52. 6,03AT. Marcelo Retamal était l’œnologue jusqu’à l’an dernier)  Couleur sombre, nez très marqué syrah, lardé, violette, cassis, un peu toasté, surtout à l'ouverture, moins par la suite. Très bel équilibre en bouche, peu d'alcool, acidité élevée, tannins fins, aromatique sauvage, florale, épicée, végétal noble, herbes aromatiques, viandé, finale salivante, très beau vin, qui combine vraiment ce sentiment de soleil/altitude du lieu.

 

 

Las Ninas, Tacon Alto 2002 DO Colchagua : (80% syrah + merlot, sur Apalta) Couleur sombre, nez sur le café, le tabac, la viande fumée, quelques fruits noirs, encore un peu d'élevage. Bouche puissante, encore jeune pour 2002, tannins gras et enrobés par l'alcool et le temps en bouteille, le vin manque un peu de fruit et de fraîcheur mais il y a de la longueur. Intéressant à goûter. On a le sentiment qu'il ne fallait pas l'ouvrir en jeunesse, mais sa puissance et son élevage poussé lui ont permis de traverser le temps. Merci Fred.

 

 

 

 

Conclusion : les deux chardonnays ont survolé la dégustation, d'un très beau niveau. On peut à la limite leur reprocher de ne pas être très originaux pour nos palais français. Ce sont probablement les meilleurs chardonnays du pays (avec celui de Baettig). Même si les autres vins étaient plus simples, tout le monde a apprécié leur fraîcheur. Les rouges nous ont plus fait voyager que les blancs, globalement un petit cran en-dessous mais plus originaux, avec des pinots noirs plus solaires que ce que nous connaissons du cépage et au contraire des carignans malbecs et syrahs plus frais. Les taux d'acidité sont vraiment très élevés sur les fiches techniques de ces derniers rouges, même s'ils ne se ressentent pas vraiment à la dégustation : ce sont des équilibres différents, ils compensent l'ensoleillement plus élevé. Le niveau global du pays commence à devenir très intéressant, certes encore un peu en-dessous de ce que nous avons eu récemment dans nos soirées Afrique du Sud ou Australie par exemple, mais il y a un vrai charme et une identité propre qui est en train d'être retrouvée et qui annonce un très bel avenir aux vins chiliens.

 

24 juin 2025

Cartographie des sols

 

 

Cartographie du Vignoble des Côtes d’Auvergne par l’IFV (Institut Français de la Vigne)

 

 

Sous l’impulsion de la Fédération des Côtes d’Auvergne et de l’association des Vins Volcaniques VINORA (https://volcanic-origin.com/) qui présentait son nouveau label « Volcanic Origin », l’IFV a été mandaté pour cartographier le vignoble.


Le projet complet est expliqué ici : https://www.tikographie.fr/2024/02/08/cartographier-le-vignoble-2-2-comment-la-science-des-sols-peut-repondre-au-changement-climatique/


Les résultats seront disponibles fin 2025 sur la plateforme E-Terroir.

 

Le 24 juin 2025, Véronique Genevois et Etienne Goulet de l’IFV étaient présents à Vulcania, lors de l’événement organisé par Vinora, pour livrer le résultat de leurs recherches. 

 

 

 

Dans quel but ?


L’objectif principal de cette étude est de comprendre les différents terroirs d’Auvergne, à la fois au niveau géologique, mais aussi pédologique (les premiers centimètres du sol) et topographique (altitude, vent…)
En fonction des résultats, une réflexion plus précise pourra être menée sur le choix des cépages, des clones et des porte-greffes, avec en ligne de mire le réchauffement climatique qui impose une remise en question.
En fonction de la quantité d’eau disponible, de la vigueur de la parcelle, de la précocité… les vignerons auront des informations essentielles sur la façon de travailler la vigne.


Le but est aussi de favoriser l’installation de nouveaux vignerons. L’objectif affiché par la Fédération des Côtes d’Auvergne est de doubler la surface de l’AOC. Pour cela, les communes sont aussi sensibilisées et intégrées dans le circuit, notamment pour un accès plus simple à la constructibilité des chais. Dans l’idéal, la Fédération pourrait obtenir des terres (en friche ou non) et ensuite les revendre aux nouveaux viticulteurs afin de simplifier les démarches administratives ou l’accès aux prêts. 


Enfin, un vocabulaire commun, plus précis, devrait peu à peu s’imposer.

 

 

 

La Cartographie


1215 points de sondage sur 489 hectares (les terres en AOC + quelques parcelles appartenant à des particuliers ou à des mairies) ! C’est donc un travail colossal qui a été mené, parfaitement objectif, avec une précision rarement atteinte pour ce genre d'exercice. Une carte avec une échelle inférieure au 1/5000e devrait donc être disponible sous peu.


Non seulement les types de sol et de sous-sol seront disponibles, mais aussi les « quantités de sol » avant de tomber dans le sous-sol, la quantité d’eau, la vigueur, la présence ou non de carbonate de calcium (très utile pour les porte-greffes).

 


Le classement a été établi en fonction de  :


5 grandes formations géologiques simplifiées : formation du socle géologique, dépôts sédimentaires, formations issues des édifices pépéritiques, formations volcaniques, formations superficielles-dépôts d’alluvions et de colluvions.

 

Ce qui a abouti à 18 « Groupes Terroir » : voir schéma.

 

 


Puis ces groupes terroirs ont été classés en fonction de la présence ou non de carbonate de calcium (présent s’il y a du calcaire, absent si le sol est purement volcanique), en distinguant le sol et le sous-sol.

 


Ensuite, les sols ont été classés en fonction de leur milieu pédologique, c’est-à-dire le nombre de centimètres de « terre », l’horizon organo-minéral avant de tomber dans la roche. Ce qui permet de montrer le potentiel en eau et le potentiel vigueur de la parcelle.

 

 


Enfin, ces groupes ont été une dernière fois divisés en fonction de l’influence volcanique, en 4 catégories (aucune influence, faible influence, forte influence et 100% volcanique). Comme on peut le voir sur le schéma, le nombre d’hectares de sols purement sédimentaires reste dominant, devant les sols à forte influence volcanique.

 

 

Ce qui aboutit au final à « 100 Unités de Terroir ».

 

 

En conclusion, Véronique Genevois et Etienne Goulet ont insisté sur le fait d’avoir rarement vu autant de diversité sur une aussi petite surface. Il y a parfois une hétérogénéité très forte sur une même parcelle. Très logiquement, plus on approfondit l’étude, plus on se rend compte de la complexité des sols, avec de nombreuses parcelles où volcanisme et sédimentaire se sont mélangés au fil du temps dans des proportions très variables. Pour finir, comme l’a dit Gaétan Bouvier : « Encore une raison pour le sommelier, si besoin était, de faire preuve d’humilité face à la complexité qui se cache derrière une bouteille de vin ».

 

Un grand merci à Véronique Genevois, Etienne Goulet et l’IFV pour ce travail remarquable.

 

 

On aboutira à des cartes comme celles-ci sur E-Terroir : ici la face nord  de Corent sur le mode "influence du volcanisme", et l'on pourra switcher sur les modes "Eau", "profondeur de sol" etc....

 

 

3 octobre 2025

Visite au domaine Marie et Vincent Tricot à Orcet

 

Marie et Vincent Tricot sont des historiques du vin naturel en Auvergne. Comme Jean Maupertuis par exemple, ce sont des vins réguliers, toujours propres, vendus à prix sages, par des vignerons qui sont restés humbles et discrets, malgré le succès que peuvent rencontrer leurs vins dans certains pays.

 

 

Le domaine s'étend sur environ 5 hectares, quasiment d'un seul tenant, à Orcet, sur la route des Martres-de-Veyre, sur des sols sédimentaires avec des dépôts volcaniques. Vincent et Marie se sont rencontrés dans le Beaujolais, lorsque Vincent travaillait au domaine Pierre Cotton. Après un stage au Chili et au Château de Nages en Costières de Nîmes, ils se sont installés en 2002 en Auvergne, récupérant un domaine entièrement bio depuis 1971, entouré de céréaliers en bio également, ce qui est rare dans le secteur. Le domaine est bien sûr certifié bio depuis le début, intégralement sans sulfites depuis 2011. Les élevages se font en cuves, fûts (pas mal de fûts d'occasion chauffe très douce de chez Louis Latour) ou amphores en grès de Limoges (porosité légère).

 

2025 a été un millésime solaire, avec deux épisodes de canicule coup sur coup, et beaucoup de sécheresse. Chez les Tricot la vigne a bien résisté, les rendements restent corrects, et le tri un peu moins drastique que dans les secteurs les plus chauds de l'appellation. Les réserves emmagasinés en hiver et au début du printemps ont joué un rôle important, et le travail des sols également.

 

Les 2024 seront embouteillés en novembre 2025 soit un peu plus tard que d'habitude (sauf les petites cuvées "de fruit" qui ont déjà été mises en bouteilles).

 

 

 

Blancs

 

Rasséréné 2023 sur fût (il reste un fût qui sera assemblé avec les 2024 probablement) : sauvignon avec un peu de muscat, marqué par une légère macération, énergique, pas trop aromatique, belle allonge avec de beaux amers.

2024 : sauvignon plus marqué, un peu plus pamplemousse rose, les deux devraient bien s'assembler.

 

Escargot chardonnay 2024 : chardonnay assez classique, gras, encore un peu d'élevage, manque un poil d'allonge.

 

Désiré 2025 aligoté : cette année solaire, suivie de pluies qui ont dilué les raisins, l'aligoté a un profil aromatique manquant un peu de peps. Plutôt bon, mais ce n'est pas le profil habituel de la cuvée, elle sera probablement assemblée.

 

White Light 2025 : chardonnay/muscat et du coup aligoté cette année, pour voir ce que donnerait cet assemblage, le muscat domine encore, on reste donc sur le profil des années précédentes, aromatique, apéritif, pas trop écœurant non plus, car vif, peu d'alcool et plutôt fin pour du muscat.

 

Désiré 2023 en bouteille : en effet un profil plus vif et citronné, pas très long, mais frais.

 

 

Rosé

Rosé 2025 : encore un peu de sucres, coloré cette année, plutôt gourmand, plein de fruit.

 

 

Rouges

petites fleurs 2025 gamay d'auvergne en carbo : carbo sur le fruit, gourmande, on pourrait déjà le sortir comme ça en primeur.

 

plusieurs pinots 2024 sur fûts et amphores, plus ou moins égrappés et plus ou moins extraits, mais tous d'un beau fruité, frais, avec de belles acidités sur ce millésime. Ils rentreront dans l'assemblage des 3 Bonhommes et dans l'assemblage des Milans.

 

syrah 2025 (vigne plantée en 2021, exposition sud, syrah du Rhône) syrah vendangé plus tard que les gamays et les pinot ici en Auvergne, syrah foncée, mais tout est plus foncé en 2025, florale, très violette, plutôt fraîche, pas très élevée en alcool, tannins fins. Encore une preuve que le cépage se plaît bien ici. Il rentrera probablement dans l'assemblage des Milans (ou de la Côte Ouest).

 

parcelle des Marcottes 2024, vieux pinots en pente, plus solaire, plus puissant et un peu plus extrait, rentre dans l'assemblage de la Côte Ouest désormais, cuvée faite avec les raisins les plus mûrs en général.

 

 

Non goûtés ce jour-là MC (avec du pineau d'aunis), Rouge lux (gamay), bulleversante (pet' nat blanc) et le vin paillé (non produit depuis plus de 10ans)

 

 

 

Fiches techniques

 

Petites fleurs 2024 : 100% gamay d'Auvergne, vignes d'environ 50ans exposés ouest, 400m d'altitude. Grappes entières. 8jours de carbo puis élevage en cuve fibre. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Milans 2024 : 40% pinot noir, 35% gamay, 25% syrah (plantées en 2021). Gamay et syrah en grappe entière. Pinot égrappé à 75% environ. Elevage foudres et fûts. Mis en bouteille en avril 2025.

 

Petit rouge de la Côte Ouest 2023 : 100% gamay d'Auvergne. Vignes de 1972 et 1964. Expo ouest. Egrappage à 80%. Mêmes raisins que Petites fleurs mais vendangés 10jours plus tard + vieilles vignes de gamay (Ex-Marcottes). Elevage jarre en grès, fûts et foudres 11mois.

 

Rasséréné 2023 : 100% sauvignon, 1 parcelle en pressurage direct et 1 en carbo. Elevage 11 mois en jarre en grès.

 

17 octobre 2022

Soirée Stars VS Futures Stars (7 et 14/10)

Derrière ce titre se cache l'occasion de comparer et de confronter, sur la même appellation et le même millésime, des domaines connus et des jeunes vignerons (tous ayant repris ou créé leur domaine entre 2010 et 2014). Les participants connaissaient la liste des vins proposés, mais devaient ensuite retrouver à l'aveugle pour chaque paire où se cachait la star. Exercice bien plus compliqué qu'il n'y paraît...

 

 

Paire n°1

         Vincent Pinard, Sancerre Harmonie 2019 : couleur claire, nez discret mais élégant principalement sur les agrumes. La bouche est tendue, minérale, sans aucune note variétale, avec beaucoup d’allonge, quelques amers nobles en finale. Très joli pour commencer.     

 

VS    Matthieu Delaporte, Sancerre Monts Damnés 2019 : couleur à peine plus marquée, nez sur des fruits blancs un peu plus mûrs, plus solaire sur ce terroir, quelques notes variétales de buis. La bouche est plus puissante, un peu plus chaleureuse. Une bonne acidité lui permet de rester équilibrée mais elle semble manquer un peu de finesse et de longueur en comparaison du précédent.

 

 

Paire n°2

        Amélie Berthaut-Gerbet, Gevrey-Chambertin Combe dessus 2018 : Couleur sombre pour un pinot, caractéristique de ce millésime solaire, nez de fruits noirs, un peu confituré, très gourmand. Bouche avec un beau volume pour un village, gourmande, légèrement sucrée, aux tannins fins, beaucoup de rondeur, encore une petite touche d’élevage. Joli village, qui a beaucoup plu autour de la table.  

 

VS   Jean-Marie Fourrier, Gevrey-Chambertin Vieille vigne 2018 : Couleur très claire, nez de groseille, framboise, pivoine, fraise, très fin. Bouche sur les mêmes arômes, avec beaucoup de fraîcheur, pas très épaisse mais toute en longueur avec une belle acidité pour le millésime qui étire ce vin tout en subtilité.

 

fourrier berthaut

 

Paire n°3

       Laurent Charvin, Châteauneuf-du-Pape 2018 : (80% grenache + syrah, mourvèdre, vaccarèse, counoise) : couleur rubis très claire, nez expressif plein de fruits rouges sucrés, de fraise écrasée, rose, pivoine. Bouche aérienne pour un Châteauneuf sur ce millésime, peu tannique, beaucoup de fruit et de pureté, florale (grappe entière). Déjà prêt à boire, tout en élégance. L’effet millésime a perdu certains connaisseurs du domaine.

 

VS   Yannick Féraud, Châteauneuf-du-Pape 2018 : (85% grenache + mourvèdre, clairette rose, cinsault) couleur plus sombre, nez plus animal, plus fruits noirs, moins floral (grappe entière aussi pourtant). La bouche est plus massive, plus tannique, cuir, animal. Finale assez longue, mais serrée en l’état. Le vin se goûtait mieux à sa sortie. Soirée difficile pour Féraud : la finesse habituelle du domaine ne ressort pas sur ce millésime, à l’heure actuelle en tout cas.

 

 

 

Paire n°4

        Montcalmès, Terrasses du Larzac 2019 : (60% syrah, 20% mourvèdre, 20% grenache) Couleur sombre, nez de fruits rouges et noirs, épices, encore légèrement vanillé par l’élevage, classique. Bouche où l’on retrouve bien le côté suave du domaine, encore simple et un peu marqué par l’élevage mais très belle texture, pas trop d’alcool, ni trop de tannins, petite sucrosité. Toujours ce style assez fin, très maîtrisé, qui bien sûr aurait besoin de quelques années supplémentaires dans l’idéal.

 

VS   Clos de la Barthassade, Terrasses du Larzac Les Ouvrées 2019 : (50% syrah, 35% mourvèdre, 15% grenache) Couleur encore plus sombre, nez marqué syrah en grappe entière, lardé, tapenade, violette, fruits noirs, sauvage. La bouche montre de la fraîcheur, de la pureté, encore un peu de tannins et de puissance, un style moins « civilisé » que Montcalmès, très bien fait là aussi. Une paire qui a divisé les avis. Match nul.

 

 

Si globalement les stars se sont imposés, les jeunes n'ont pas démérité. Il y a plus souvent eu une confrontation de style qu'un réel écart de niveau. A l'aveugle, ceux qui ont cherché à reconnaître le style d'un vigneron connu se sont souvent cassés les dents, faute à l'effet millésime, à l'effet séquence probablement aussi. Preuve une nouvelle fois que rien n'est simple avec le vin... Cependant la comparaison est toujours une bonne manière de mieux comprendre et analyser le style de chacun.

 

Merci à tous les participants. On se retrouve le mois prochain pour la Soirée Suisse !

 

9 mars 2019

Soirée Crozes-Hermitage et Saint-Joseph du 08/03

 

Le thème de cette nouvelle soirée devait nous permettre de mieux comprendre les deux plus grandes appellations du Rhône nord : Crozes-Hermitage et Saint-Joseph. Comme trop souvent, il s'agit d'AOC immenses, agrandies au fil du temps mais en cours de rectification (surtout pour St Joseph), aux sols et au climat hétérogènes et avec bien sûr des vinifications différentes selon les producteurs. Les paires sélectionnées, toutes sur le même millésime, nous ont montré la diversité des vins de ces deux appellations.

 

 

soiree st jo crozes

 

 

 

Paire n°1 : vins blancs

 

Combier, Crozes-Hermitage blanc 2016 : couleur or pâle, nez sur le miel, les fruits jaunes bien mûrs. Bouche fruitée, facile, finale un peu courte.

 

Louis Chèze, Saint-Joseph « Ro-Rée » Blanc 2016 : Couleur dorée, nez sur le miel, encore un peu vanillé et beurré. En bouche l'élevage est bien intégré, plus d'épaisseur que le précédent, mais surtout plus d'acidité et de longueur.

 

 

 

Paire n°2 : vins rouges légers

 

Combier, Crozes-Hermitage 2016 : Couleur claire pour une syrah, nez sur l'olive, le lardé/fumé, voire l'anchois. Bouche légère, sur les arômes du nez avec du fruit, peu de tannins, élégante, beaucoup de classe, à défaut d'une grande longueur.

 

Monier-Perreol, Saint-Joseph 2016 : Couleur encore plus claire, nez sur les fruits rouges, la cerise, plus floral. Bouche en finesse, pas une grosse épaisseur mais une très belle minéralité, toute en longueur. Un vin très élégant.

 

IMG_20190309_142545

 

 

Paire n°3 : vins rouges plus puissants et majoritairement égrappés

 

Georges Vernay, Saint-Joseph « Terre d’encre » 2016 : robe légèrement plus foncée que les précédents, nez sur les fruits rouges et noirs, beaucoup de poivre, graphite/mine de crayon (sols granitiques). Bouche plus puissante, aux tannins très fins, belle fraîcheur, beaucoup de longueur, pas encore une grande complexité mais le temps devrait y remédier. Beau potentiel d'évolution.

 

Emmanuel Darnaud, Crozes-Hermitage « Trois chênes » 2016 : couleur presque noire, nez plus solaire (sols de galets roulés), plus chaud, mûre, cassis. Bouche puissante, mais les tannins restent fins là aussi, une petite acidité dans le fond l'empêche d'être lourd. Bonne longueur.

 

 

 

Paire n°4 : vins rouges plus puissants avec de la grappe entière

 

Alain Voge, Saint-Joseph « Les Côtes » 2016 : on renvient à une robe plus claire, nez de fruits rouges, floral, pointe d'olive et de graphite, très élégant. Bouche superbe, à la texture soyeuse, fruitée, minérale, large et longue à la fois, toute en élégance et en fraîcheur. Déjà excellent en l'état.

 

Alain Graillot, Crozes-Hermitage 2016 : robe plus sombre, nez plus sauvage et expressif, mûre, olive, anchois, herbes aromatiques, presque garrigue, plus sudiste. La bouche est de loin la plus tannique, même si on pouvait s'attendre à bien pire avec un jeune Graillot. Le millésime a donné beaucoup de fraîcheur et une certaine élégance. Finale très longue. Déjà beaucoup de plaisir, avec un potentiel de garde énorme.

 

IMG_20190309_142558

 

Bonus

 

Saint-Cosme, Hermitage 2014 : on finit sur un Hermitage, puisque le cœur historique a droit à sa propre AOC contrairement à Saint-Joseph. Robe claire aux contours tuilés, nez parfaitement équilibré entre des notes de fruits rouges, un côté animal, du floral, de l'olive, du lardé, tout est là. La bouche est très élégante, épaisse et soyeuse mais pas très puissante. On sent le "petit" millésime mais à point, qui offre un gros plaisir et qui a été parfaitement géré. On est encore monté d'un cran. La soirée se termine en beauté.

 

Merci à tous les participants. On se retrouve fin mars pour le sud-ouest et début mai pour la Côte de Nuits.

 

31 mars 2023

Soirée Coups de Cœur (31/03)

Bérêche - Champagne Brut réserve : (dég début 2022) Couleur saumonée, nez plutôt typé champagne-pinots sur les fruits rouges et la frangipane, bouche à la bulle très fine, patinée par l'élevage bois + le tirage liège, juste un poil trop dosée sur la finale pour chipoter, mais beau potentiel de vieillissement en cave.

 

Pas de l'Escalette - Mas Rousseau IGP Hérault 2020 : (carignan blanc) Couleur claire, nez sur les fruits blancs, floral. C'est surtout en bouche qu'on comprend l'intérêt du carignan blanc, très belle acidité sur ce cépage, belle texture, pas trop haut en alcool, beaucoup de fraîcheur pour le sud.

 

Emrich Schönleber - Frühlingsplätzchen riesling GG 2020 : couleur claire, nez un peu  réduit à l'ouverture, puis très citron, zestes d'agrumes, résine, léger pétrole. Bouche avec un gros volume pour un riesling, tendue par une acidité très élevée, citronnée, fruits jaunes un peu plus mûrs en se réchauffant, finale très longue, très salivante, qui fait claquer le palais. Le vin qui a le plus divisé de la soirée.

 

bereche schonleber

 

Chacra - Pinot noir Patagonia 55 2021 : (grappe entière, moitié cuves moitié fût, juste sulfité à la mise), pinot très fleuri, éclatant, aérien, tout en élégance, léger en alcool, avec une petite touche épicée. Belle découverte pour tout le monde.

 

Thibault Liger-Belair - Nuits-St-Georges La Charmotte 2019 : couleur rubis foncé, nez éclatant dès l'ouverture, fruits rouges et noirs, petite touche d'élevage, floral. Bouche en dentelle, avec un beau volume, tannins soyeux, équilibre parfait, pas trop de sucrosité, très long pour un village, surtout dans une phase sur le fruit, éclatant, où tout est à la bonne place. 

 

Henri Chauvet - De cendre et d'âme Côtes d'Auvergne Boudes 2021 : lourde tâche de passer derrière le NSG. Et pourtant, un grand vin, coloré, au nez épicé, fumé, poivré, racinaire et une bouche en dentelle, ultra digeste, soyeuse, qui se retend sur une finale épicée, saline, salivante. Bravo Henri.

 

Saladin - Paul Côtes-du-Rhône 2020 : couleur claire pour ce grenache/clairette en semi carbo, nez fruits rouges sucrés, orangette, bouche avec un peu plus d'alcool et de sucrosité que les précédents, mais peu de tannins, gourmande, fruitée. Une valeure sûre année après année.

 

Camin Larredya - Jurançon Au capceu 2021 : couleur or profond, nez sur le miel, fruits exotiques frais, ananas, coing. Bouche aérienne, pas trop sucrée (90gr), grosse acidité, digeste, presque tendue, superbe équilibre pour ce Jurançon tout en frâicheur. Parfait pour terminer.

 

chauvet saladin

 

 

Bonus :

Gripa - Saint Péray Les pins 2019 : travaillé sur le fruit et la fraîcheur, pas trop lourd pour un marsanne/roussanne, très bien fait. 

 

Clos Rougeard - Samur-Champigny 2011 : couleur claire, nez qui poivronne peut-être un peu trop, par contre une bouche en dentelle, texture soyeuse, encore jeune avec beaucoup de fruit et belle longueur.

 

Vaccelli - Ajaccio Granit 174 2018 : couleur claire, nez fruits rouges, grenadine, orangette, épices. Bouche peu tannique, un peu de sucrosité, haute en alcool, bien intégré avec bonne acidité, petite amertume, long, sans trop chauffer, semble plus fin que 2016 et 2017. Belle découverte pour beaucoup de monde là aussi.

 

 

Merci à tous les participants de cette magnifique soirée dans une superbe ambiance ! A très vite pour l'Alsace et les pinots/pas pinots.

 

5 mars 2022

Soirée Vignerons de Champagne (04/03)

 

Soirée Vignerons de Champagne

 

Les vignerons de Champagne, par opposition aux grandes maisons, ont été ici définis comme producteurs propriétaires de leurs vignes. Sans entrer dans le débat sur la qualité, le fait que les vignerons possèdent leur vignoble proche du domaine, sur un lieu géographique précis (et non un assemblage de divers secteurs) nous a permis d'étudier les différents terroirs de cette vaste région.

 

Afin de bien comprendre que le Champagne est d'abord un vin (certes avec des bulles), les bouteilles ont été servis non pas glacés (mais à 10-12°), ouvertes à l'avance, et servis dans des verres à vin larges, surtout pas dans des flûtes...

 

carte champagne a

 

 

Côte des Bar (sols calcaires et marnes du Kimméridgien - type Chablis par exemple)

 

1 Pierre Gerbais - Coteaux champenois blanc 2020 : (100% chardonnay, parcellaire. Elevage en cuves) Couleur très claire, nez floral et sur les agrumes. Bouche tendue, citronnée, fraîche, pas beaucoup de volume, assez simple, à la finale minérale calcaire. Proche d'un "jus clair" avant prise de mousse au final. Bien pour comprendre le type de sol.

 

2 Roses de Jeanne, Cédric Bouchard - Champagne Val Vilaine 2017 : (100% pinot noir, parcellaire. Elevage cuves. Dégorgement en avril 2019. Non dosé) Couleur à peine saumonée, nez un peu réduit au départ, puis se développe sur des fruits rouges, frangipane. Bouche à la fois vineuse et tendue, maturité élevée, avec une certaine richesse à l'attaque puis une finale plus minérale.

 

 

 

Côte des Blancs (sols de craie "tendre")

 

3 JL Vergnon - Champagne Grand cru Les Hautes Mottes 2012 : (100% chardonnay, parcelle du Mesnil-sur-Oger. Elevage barrique 300L. Mis en bt en 2013. Dégorgé en oct 2020. Non dosé) Couleur qui tire sur le doré, nez beurré, élevage fût bien intégré, fruits jaunes. Bouche large, grasse, beurrée, très confortable, où on ne sent pas du tout le zéro dosage, la finale crayeuse l'empêche de tomber dans la lourdeur et on y retourne facilement. Très joli dans un style assez typique de la Côte des Blancs.

 

4 Agrapart - Champagne Grand cru Minéral 2015 : (100% chardonnay, parcelles sur Avize et Cramant. Elevage pour partie en fûts malo faite. Dégorgé en Mai 2021. Dosage 3gr) Style opposé du précédent. Couleur un peu plus claire, nez plus floral, plus brioché, plus citronné. La bouche est toute en tension et en minéralité, avec moins de largeur mais plus de longueur où l'on sent vraiment l'impact crayeux. Très joli aussi.

 

 

 

Coteaux du Petit Morin (sols de craie tendre + silex noir)

 

5 Ulysse Collin - Champagne Le Jardin d’Ulysse 2015 : (environ 50% chardonnay, pinot noir et pinot meunier à Congy. Elevage fût. 60mois sur lattes. Dégorgé mars 2021) Couleur dorée, nez expressif, toasté, encore marqué par son élevage, fruits mûrs. La bouche est large, opulente, bulle très fine, là aussi encore un peu jeune et marquée par l'élevage. A attendre quelques années.

 

egly agrapart bereche

 

 

Montagne de Reims (sols de craie dure + argiles, sables... en surface)

 

6 Chartogne-Taillet - Champagne Les Couarres 2017 : (60% chardonnay, 40% pinot noir sur Merfy. Elevage fûts 228L. Mise en bt en juillet 2018.  Dégorgement novembre 2021. Dosage 5gr/L) Couleur à peine saumonée, nez brioché, floral, maturité élevée. Bouche encore un peu austère, plus d'effervescence que dans les précédents, encore un peu fermé, a besoin d'une bonne aération en l'état. On sent que le dégorgement est un peu trop récent. Mais une finale crayeuse, tendue, prometteur. A attendre au moins un an.

 

7 Bérêche - Champagne 1er cru Rilly la Montagne 2017 : (100% pinot noir. Elevage fûts. Dégorgé fev 2021. Dosage 3gr) Couleur saumonée voire presque rosée, nez bien marqué pinot, fruits rouges, frangipane, encore un peu plus vineux que le Roses de Jeanne. Bouche parfaitement équilibrée entre volume et tension, avec une finale longue et saline-umami, donc accord idéal avec les fromages affinés et charcuteries séchées.

 

8 Egly-Ouriet - Champagne Grand cru Blanc de Noirs Les crayères : (100% pinot noir sur Ambonnay. Elevage fût sans malo. Base 2013+2012. 72 mois en cave. Dégorgé juillet 2020) Couleur or-ambrée, nez beaucoup plus opulent, brioche, fruits secs, noisette, déjà plus évolué que les précédents. Bouche avec un très gros volume, peu de bulles, qui attaque en largeur, puissante, vineuse, taillée pour la table, mais qui finit très longue, très tendue, avec une fraîcheur qu'on ne soupçonnait pas au départ. Coup de coeur unanime.

 

9 Gonet-Médeville - Coteaux champenois rouge Ambonnay Athénaïs 2017 : (100% pinot noir sur Ambonnay. Elevage 18mois fûts dont environ 30% neufs. 100% égrappé) On termine par un vin rouge sur le même terroir, couleur quand même assez soutenue pour un pinot, nez de cerise, fruits rouges mûrs, encore une petite touche d'élevage, très bourguignon dans l'esprit. Bouche avec beaucoup de fruit, tannins fins, beau volume, quelques épices sur la finale. Très typé Côte de Nuits. Nul doute que ce genre de vin "tranquille" est l'avenir de la Champagne.

 

 

Merci à tous les participants de cette excellente soirée. A la semaine prochaine pour le début des dégustations Chassagne/Puligny-Montrachet.

 

25 mai 2019

Soirée Côte de Nuits

Située au Nord de la Côte de Beaune, de Nuits-St-Georges à Marsannay, la Côte de Nuits concentre sur un coteau d'une quinzaine de kilomètres les plus grands vins rouges de la planète, à la finesse inégalable, mais aussi quelques rares vins blancs de grande qualité.

 

IMG_20190524_190808

 

1 - Méo-Camuzet - Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits « Clos St Philibert » 2016 : (100% chardonnay) Couleur très claire, nez sur des notes grillées et soufrées, bouche toute en tension, ni grasse ni beurrée contrairement aux années précédentes, très citronnée, avec une finale salivante sur les zestes d’agrumes.

 

2 - Ponsot - Morey-St-Denis 1er cru « Clos des Monts Luisants » 2015 : (100% aligoté !) Couleur plus dorée, nez sur l’ananas, fruits tropicaux et fruits jaunes bien mûrs. La bouche garde ce fruité avec une belle épaisseur et beaucoup d’acidité dans le fond qui permet d’allonger et d’équilibrer ce vin qui a fait l’unanimité. Superbe.

 

3  - Bart - Marsannay « Les Ouzeloy » 2014 : Couleur grenat, assez foncée pour du pinot noir, nez plein de fruit sur la cerise, la mûre, bouche très fraîche, fruitée, peu de tannins, très élégante. Tout le monde se régale, pourtant on va vite l’oublier…

 

4  - Arlaud - Chambolle-Musigny 2014 : (assemblage de 4 parcelles : les bussières, les herbues, les chardannes, les gammaires) Robe de même intensité, nez plutôt marqué fruits noirs là aussi, avec quelques épices. Bouche beaucoup plus concentrée, légèrement plus tannique, beaucoup de fruit, plus d’épaisseur et plus de longueur.

5  - Hudelot-Noëllat - Vosne-Romanée 2013 : (principalement sur Basses Maizières) On change de registre avec une couleur rubis, un nez sur les fruits rouges et la rose. La bouche est moins épaisse mais plus tendue, peu de tannins, toute en finesse et en élégance.

 

6 - Dujac - Morey-St-Denis 1er cru 2014 : (assemblage des premiers crus ruchots, charières, millandes, clos sorbé) Nouveau changement de registre avec une robe un peu plus foncée, un nez très expressif et noble avec du cuir, quelques notes végétales dues à la grappe entière, du cassis. Bouche pas très épaisse mais toute en longueur et en minéralité, avec du fruit, du cuir, du floral, très belle longueur.

 

image soiree cote nuits

 

7 - Denis Mortet - Gevrey-Chambertin 1er cru « Lavaux St Jacques » 2012 : Robe de même intensité, nez plus confituré, avec encore une petite touche vanillée. La bouche est sublime, du velours, très épaisse et soyeuse à la fois, sans la petite pointe boisée du nez, du fruit, quelques épices, la fraîcheur et la minéralité de Lavaux dans le fond et beaucoup de longueur.

 

8 - JF. Mugnier - Nuits-St-Georges 1er cru « Clos de la Maréchale » 2012 : Nez bien plus animal avec un côté un peu strict, presque ferreux, bien différent des Maréchales 2013 et 2014 par exemple. Bouche puissante, encore tannique et un peu trop animale, beaucoup de longueur par contre. Il lui manque l’élégance habituelle, très étonnant pour un vin du domaine Mugnier ! Loin d’être mauvais, mais on prend moins de plaisir qu’avec les cinq vins précédents, d’un haut niveau ce soir-là.

IMG_20190524_190815

 

Merci à tous pour cette excellente soirée, comme toujours très conviviale, avec des vins d'un très haut niveau qui ont fait honneur à leur réputation. On se retrouve en septembre, avec un nouveau programme à paraître dans les jours à venir...

 

19 novembre 2021

Soirée Coups de cœur de l'année 2021 (19/11)

Soirée coups de cœur de l'année 2021 (et 2020...)

 

1 Benoît et Mélanie Tarlant - Champagne Zéro Brut nature : (pinot noir, pinot meunier, chardonnay. 2012 et vins de réserve en fûts. Mis en bouteille en 2013, dégorgé en 2019. Zéro dosage) Couleur déjà un peu évoluée, nez de fruits mûrs, de brioche, pointe oxydative. Beau volume en bouche, bulle fine, de l’acidité et des amers nobles, un peu vineux. La finale est marquée par cette touche d’oxydation ménagée, qui a divisé l’assemblée.

 

2 Thibaud Boudignon - Anjou blanc 2019 : (100% chenin en cuves et fûts) Couleur or pâle, nez expressif, élégant, sur les fruits jaunes, légèrement floral. Bouche légère, fraîche, fuitée, belle trame minérale dans le fond, très facile à boire. Parfait pour commencer.

 

3 David Croix et Damien Courbet - Arbois En Chemenot 2019 : (100% savagnin ouillé) Couleur assez proche, nez plus original de fruits blancs, de frangipane, à peine beurré. Bouche plus puissante, plus de volume et en même temps une acidité plus importante, plus de gras, plus de longueur, aucune note oxydative de noix ou autre dans ce savagnin ouillé. Belle découverte pour tout le monde, loin du stéréotype Jura.

 

4 Pierre Duroché - Gevrey-Chambertin 2019 : (100% pinot noir. 100% egrappé. Elevage fûts) Couleur rubis claire et brillante, nez éclatant plein de cerise rouge, de pivoine, très élégant. La bouche est aussi très fruitée, très accessible déjà, gourmande et fraîche à la fois, aérienne, avec une belle longueur. Coup de cœur unanime.

Tarlant

 

5 Jean-Charles Abbatucci - Vin de France Valle di Mare 2019 : (100% carcaghjolu nero. Vignes traitées à l’eau de mer. Elevage en demi-muids) Clair en couleur, nez étonnant de fruits rouges un peu sucrés, de garrigue, de thym, de lavande, très méditerranéen. La bouche est encore un peu serrée, jeune, mais prometteuse, avec un côté salin marqué sur la finale. Moins de finesse que sur les cuvées Faustine ou Monte Bianco mais pour un premier millésime de cette cuvée expérimentale c’est intéressant.

 

6 Famille Sabon Clos du Mont Olivet - Châteauneuf-du-Pape 2012 : (80% grenache + 10% syrah, 6% mourvèdre, 4% cinsault, counoise, vaccarèse, muscardin, terret noir, picpoul. Eraflage partiel. Elevage foudres) Couleur claire légèrement évoluée. Nez classique de grenache de fruits rouges confits, d’épices. Une bouche qui reste fruitée, fraîche et élégante pour Châteauneuf, début d’évolution sur le sous-bois, belle longueur. Un grand classique.

 

7 Les Frères Ravaille Ermitage du Pic St loup - Guilhem Gaucelm 2018 : (50% syrah, 50% grenache en foudres) Couleur sombre, nez très expressif, sauvage, cuir, tapenade, anchois, lardé, fruits noirs, très syrah en grappe entière. La bouche reste élégante, avec des tannins fins, du volume, beaucoup de fraîcheur pour un vin sudiste. Un vin qui a divisé : exceptionnel pour certains, trop sauvage pour d’autres.

 

8 Jean-Baptiste Semmartin Domaine Lajibe - Jurançon Serres-Seques 2018 : (100% petit manseng en fûts. 100gr SR/L) Couleur or pâle, nez élégant sur le miel, l’ananas frais, le coing, assez classique. C’est surtout en bouche qu’il fait la différence, aérien, léger en alcool, belle acidité, les 100gr de SR ne se sentent pas du tout, long et très digeste. Magnifique. Accord parfait avec le chausson aux pommes de Carno. Coup de cœur unanime !

lajibe

 

Quelques bonus pour finir tranquillement la soirée, une Natz, un vin L’Etonnant au CBD (merci Nico… ou pas), un cidre Turgowy de la Cidrerie du Vulcain et un Champagne Champ Viole de Pierre Gerbais pour finir en beauté (merci Patrice !)

 

Merci à tous pour cette excellente soirée dans la bonne humeur comme toujours. A l'année prochaine pour les coups de coeur 2022 !

 

9 octobre 2021

Soirées Anthologie des 01 et 08/10

Après un an d'attente en raison de la pandémie, les deux soirées Anthologie ont enfin pu avoir lieu : et ça en valait la peine !

 

richebourg 98

 

1 Dom Pérignon, Champagne vintage 2008 brut : (50% pinot noir 50% chardonnay, sur Montagne de Reims, Côte des blancs et Hautvillers. Elevage cuve. Malo faite)  Couleur or pâle, nez typique du domaine avec des notes beurrées et légèrement grillés. Bouche à la bulle fine, généreusement dosée en sucre, sur l’aromatique Dom Pé mais avec l’élégance et la fraîcheur de 2008, finale longue, crayeuse, bien plus tendue que sur d'auters millésimes. Ca commence bien.

 

2 Raveneau, Chablis 1er cru Vaillons 2012 : (100% chardonnay. Parcelle sur la rive gauche du Serein, exposition sud-est, sols calcaires. Elevage fût)  Couleur très claire, nez classique du domaine mélangeant coquille d’huitre, citron à des arômes plus « Côte de Beaune » beurré, fruits jaunes. Bouche qui combine une matière épaisse, un peu de gras et de beurré, à du fruité et une trame minérale très longue, très salivante en finale, d'une longueur incroyable. La magie Raveneau a encore opéré avec peut-être un supplément d'expressivité sur la bouteille du 8/10.

 

3 J.L. Chave, Hermitage blanc 2013 : (80% marsanne, 20% roussanne. Parcelles : Rocoules, Peleat, l’Hermite et Maison blanche. Elevage fût dont 20% neufs environ)  Couleur bien dorée, nez très expresif de miel, cire, abricot, pêche. Bouche grasse, très dense mais qui réussit le tour de frorce de rester digeste, très longue également. Superbe. La bouteille du 01/10 semblait avoir un petit supplément de fraicheur.

 

4 Clos Rougeard, Saumur-Champigny Les Poyeux 2012 et 2011 : (100% cabernet franc, parcelle de 2,9ha sur sols sableux. Elevage 2ans en fût d’un vin)  Deux bouteilles très proches l'une de l'autre, très claire en couleur, au nez mêlant petits fruits rouges quasi bourguignons avec un fond terreux/végétal plus typé cabernet. Une bouche aérienne, aux tannins soyeux, toute en fraîcheur et en élégance.

 

st vivant 1997

 

5 Château Giscours, Margaux 1989 : (65% Cabernet Sauvignon, 30% merlot, 5% Cabernet Franc. Vignes sur Labarde au sud de Margaux. Elevage fût dont 50% neufs)  Couleur assez claire pour Bordeaux et que très légèrement évoluée pour 1989, nez encore très frais, et fruité, qui fait peut-être un peu plus merlot que cabernet. La bouche est d’une fraîcheur incroyable pour l’âge du vin, toute en finesse, très élégante, on commence à retrouver des arômes un peu plus typés cabernet, de tabac, cuir, fumé, cassis... belle longueur en plus. Encore la preuve que les Bordeaux ont juste besoin de temps pour exprimer tout leur potentiel.

 

Bonus : un petit pinot pour "emmener" les vins de la Romanée-Conti, un Clos de la Faille 2018 d'Albert Mann lors de la première soirée, mûr, très bonbon cerise, gourmand et un Vosne-Romanée 2017 de René Bouvier lors de la seconde soirée très élégant, floral et sur les petits fruits rouges.

 

6 Domaine de la Romanée-Conti, Romanée-St-Vivant 1997 : (100% pinot noir en grappes entières. Parcelle de 5,28ha sous la Romanée-Conti et les Richebourg. 90cm d’argiles sur calcaires de Premeaux. Elevage en fûts neufs) Couleur grenat, à peine évoluée. Superbe nez expressif et très complexe, plutôt orienté violette et fruits noirs, un peu kirsché, viande fumée, végétal noble, cuir... Bouche en dentelle, soyeuse, peu de tannins, moins d'acidité et d'énergie que le Richebourg 1998, mais plus de finesse. Une finale interminable là aussi, portée par la fraîcheur et le végétal noble de la grappe entière. Exceptionnel.

 

6 Domaine de la Romanée-Conti, Richebourg 1998 : (100% pinot noir en grappes entières. Parcelle au nord de la Romanée-Conti. Le DRC possède 3,5ha des 9ha. Sols de marnes et calcaire de Premeaux. Elevage en fûts neufs) Couleur rubis, trouble et à peine évoluée. Superbe nez expressif et très complexe sur le pot-pourri, la pivoine, fruits rouges et noirs, pointe fumée... La bouche est puissante, énergique, avec une acidité élevée, une matière dense, encore beaucoup de fruits un peu plus sucrés que dans la St Vivant 1997, la noblesse de la grappe entière qui apporte beaucoup de fraîcheur, des tannins poudrés et une finale interminable. Encore une fois, tout le monde en attendait beaucoup et personne n'a été déçu.

 

7 Camille Giroud, Nuits-St-Georges 1er cru Perrières 1990 : (100% pinot noir en grappes entières. Parcelle au centre de l’appellation, exposé sud-est, dans la combe des Vallerots, sur calcaires très compacts en haut de coteau)  Couleur sombre et légèrement tuilée, le nez fait encore jeune, sur le kirsch, la terre, quelques notes animales. Bouche puissante, sur les arômes du nez, avec beaucoup d'énergie et des tannins encore durs, pour ce vin de gibier à l'ancienne, grosse longueur, avec beaucoup de minéralité, mais il manque d'élégance par rapport au précédent bien sûr.

 

8 Château d’Yquem, Sauternes 1983 : (80% sémillon, 20% sauvignon. Elevage de 3ans en fûts neufs)  Couleur ambrée, nez magnifique, de safran, ananas, fruits exotiques, miel, cire, pêche… Bouche concentrée, sirupeuse, qui attaque sur le caramel, moins exotique que le nez, la finale retrouve un bel équilibre avec de fins amers, sur l’orange, l’abricot sec, encore une belle acidité, reste finalement très digeste. Accord parfait avec le financier ananas/coco.

 

On termine tranquillement avec une Liqueur d'abricot du domaine Roulot, pleine de fruits frais, irrésistible. Un grand merci à tous les participants pour leur bonne humeur et l'ambiance conviviale. Vivement l'année prochaine !

 

richebourg 1998 romanee conti

 

18 novembre 2022

Soirée Suisse du 18/11

 

Soirée Suisse

 

vignoble suisse

 

 

 

Quelques chiffres

 

- 15 000 ha environ, soit 20e pays producteur mondial, soit la taille de l’Alsace.

- Ratio de producteurs/hectares très élevé. Quasiment 7000 viticulteurs de mémoire. Beaucoup de micro-domaines, pas toujours professionnels même.

- 4e consommateur mondial : le Suisse boit beaucoup de vin (suisse, italien et français) !

- Pays au climat continental globalement frais, entre les Alpes et le Jura, où l’on va chercher le soleil grâce aux expositions, à la pente, à l’effet « miroir » du soleil sur l’eau. Les vins que nous avons goûtés sont en moyenne autour de 400-500m d’altitude.

- Histoire assez « classique » : du vin avec les Romains, puis avec les moines au Moyen-Age. Crise du phylloxéra : quasiment plus de vin au début du 20e siècle. Puis la viticulture reprend dans les années 60 avec une viticulture de masse, peu qualitative. Dans les années 1990 on comprend que les vins seront trop chers et pas assez nombreux pour faire de l’export, on se tourne alors vers la qualité, des vins de terroir, identitaires et on replante les vieux cépages autochtones.

- Forte proportion de vins en biodynamie certifiée (de mémoire autour de 4% certifié. N°1 mondial). Ils sont un peu moins bons en Vins certifiés bio par contre (« seulement » 5%).

- Seulement 1% d’export !

 

 

 

Les cépages (par ordre décroissant)

 

Cépages rouges : pinot noir 26%, merlot 8%, gamay 8%, gamaret 3%, garanoir, syrah, cornalin, humagne rouge, diolinoir, cabernet franc…

Cépages blancs : chasselas/fendant 24%, müller-thurgau 3%, chardonnay 3%, sylvaner, petite arvine, pinot gris, savagnin/païen/heida, sauvignon, pinot blanc, viognier, muscat, ermitage/marsanne, amigne, johanniter, humagne blanche, malvoisie/pinot gris…

L’humagne et le cornalin, s’ils restent minoritaires, sont en très fortes progression depuis 10ans. Lire à ce sujet le numéro 140 de la revue Le rouge et le blanc. Passionnant, comme toujours ! De même que le livre « Cépages suisses » de José Vouillamoz.

 

 

 

Les Régions

 

Valais : De loin la plus grande région en terme de volume produit. Vignes en terrasse le long du Rhône. Climat chaud et sec qui lui vaut parfois le surnom de « Californie suisse ». Sur le versant Nord des Alpes ; le canton bénéficie de l’effet de Foehn. C’est là qu’on trouve le plus de cépages autochtones. 61% de rouge / 39% blanc. Sols de granit dans le « coude », de Martigny à Fully environ, puis sols argilo-calcaires en allant vers l’est.

valais suisse

 

Vaud : 2e région en terme de volume. Région fraîche. Les vignes sont exposés au sud, en terrasse au-dessus du lac Léman pour la majorité. Le chasselas est largement majoritaire. Sols argilo-calcaires.

 

Genève : 3e région en terme de volume. 56% de vins rouges. Le gamay est le cépage dominant.

 

Trois Lacs : Neuchâtel, Bienne, Morat. Région fraîche, où l’on plante sur les meilleures expositions en bord de lac. 55% de rouges. Le pinot domine devant le chasselas. Sols argilo-calcaires.

 

Suisse alémanique : grande région fraîche, humide. Sols principalement argilo-calcaires. Légère majorité de rouge. Le pinot noir domine nettement, on trouve aussi du chardonnay et du müller-thurgau.

 

Tessin : petite région de Suisse italienne, sur granit, à la fois très chaude et très humide. Région du merlot.

 

 

 

La Dégustation

 

1 Raymond Paccot La Colombe, AOC La Côte Mont-sur-Rolle Petit clos chasselas 2016 : (vieux domaine de 20ha en biodynamie. Elevage cuve 7 mois, malo faite. Vignes entre 35et60ans, 500m altitude, pente forte, sols à dominante d’argile)    Couleur très claire, nez encore jeune pour 2016 très minéral, caillou mouillé, notes discrètes de citron, fleurs blanches, cire derrière. Bouche avec du volume pour chasselas, presque une certaine opulence pour ses 12%, acidité moyenne, très « terroir », avant tout minérale, aromatique assez neutre derrière, de légers amers. La finale manque un peu de tension, surtout dès que le vin se réchauffe.

 

2 Gérard Dorsaz, AOC Valais Ma petite arvine Fully 2017 : (domaine de 5ha créé en 1998. Sols granitiques de Fully. Elevage 8 mois cuves sans malo en règle générale)   Couleur or pâle, nez encore jeune, typique de la petite arvine sans être trop exubérant non plus, très miellé, fruits exotiques, floral. Bouche avec de la puissance, de l’opulence, une superbe texture presque huileuse, c’est long, avec de légers amers, mais la finale manque un peu d’acidité pour que ce soit parfait.

 

3 Simon Maye, AOC Valais Syrah Chamoson 2017 : (Domaine de 10ha créé en 1948 en conversion bio. Lieu-dit Près des Pierres à Chamoson. Sol calcaire très graveleux. Elevage cuves béton, égrappé à 100%)  Couleur noire aux contours violets, nez très syrah, très pur, lardé, violette, fruits noirs. Bouche légère en alcool (13%), pas un gros volume, mais toute en pureté, racée, belle acidité, facile à boire, avec une finale salivante aux tannins poudrés.

 

4 Valentina Andrei, AOC Valais Rouge du Pays (cornalin) 2020 : (Premier millésime en 2015 pour cette élève de Chappaz et du domaine de Beudon. En biodynamie sur 4ha. Lieu-dit La crête à Chamoson, argilo-calcaire. Elevage barrique usagée court et aujourd’hui une amphore. Un peu de vendange entière.)   Couleur noire, nez à peine réduit à l’ouverture, très bien le soir, sur des fruits noirs, réglisse, cerise noire, violette. La bouche est plutôt en finesse, avec des tannins qui restent fins pour un jeune cornalin, pas du tout de bois ni de sucrosité, fruits noirs frais, notes végétales et florales, belle acidité, alcool moyen (13,3%), une finale de longueur moyenne mais très fraîche et jamais saturante. Déjà accessible, mais bon potentiel de garde.

 

5 Christophe Abbet, AOC Valais Humagne rouge 2016 : (Domaine de 4ha créé dans les années 1990, pas de certification mais plutôt peu interventionniste. Sols de granit, élevage en cuves, sur Martigny et Fully. 450m altitude environ. Egrappé. L’humagne descend du cornalin et d’un cépage inconnu. Attention qu’on l’appelle cornalin dans le val d’Aoste)   Couleur rubis très claire et trouble, nez magnifique dès l’ouverture, de sureau/cranberry, groseille, framboise, rose, pot-pourri. Bouche aérienne, légère en alcool (12%), acidulée, toute en fruit et floral, pure, évidente, évanescente même, on a peur que le vin s’oxyde mais le fond de bouteille était nickel, peu de volume, finale acidulée, très fraîche, petite note végétale noble, ultra digeste, évident. 

 

andrei

 

6  Les Landions, AOC Neuchâtel Pinot noir Les Cailloutis 2019 : (famille de Morgan Meier à Cortaillod. Depuis 2010 5ha des 25 sont vinifiés par le domaine. 20% fûts neufs 18mois. Egrappé. Plusieurs parcelles, calcaire surtout + cailloux de rivière)   Couleur rubis claire, nez sur l’élevage vanillé, derrière quelques notes cerise, fraise. Bouche marquée par le bois aussi, derrière on sent le fruit du pinot et l’acidité à l’attaque est bonne, pas trop d’alcool (13% environ). La finale est très sucrailleuse, avec des notes de vanille et de coco écœurantes. Impossible de se resservir tant l’élevage est marqué.

 

7 Daniel & Martha Gantenbein, AOC Graubunden Pinot Noir Fläscher 2017 : (Créé en 1982, 6ha environ, sols schistes et argilo-calcaires. Pas d’études d’oeno mais les Gantenbein ont beaucoup voyagé et ont une cave personnelle énorme grâce à des échanges dans le monde entier. Planté à 8000 pieds/ha à 500m d’altitude avec les meilleurs clones bourguignons. Plusieurs parcelles à Fläsch et Malans. 100% bois neuf. Chai ultra-moderne, machine qui permet d’égrapper par vibration tout en laissant les baies entières par exemple. Puis 1 pigeage par jour ensuite…)   Couleur très claire et à peine rouillée, nez exubérant dès l’ouverture sur la viande fumée, presque anchois, pain grillé, fruits rouges acidulés derrière. Bouche avec une grosse densité, très bonne acidité, il y a du vin, moderne, exubérante, pas sucrée pas contre, alcool moyen (13% environ), marquée par un élevage fumé très présent, beaucoup de longueur, le côté à la fois acidulé et salé l’empêche d’être trop lourd. Doit être attendu quelques années. Mais des qualités indéniables. 

 

8 Christian Zündel, DOC Ticino Terraferma merlot 2018 : (4ha sur gneiss bruns. Domaine créé fin 1970’, une vigne de 1905 (début merlot en Tessin) et des vignes plus récentes. Certifié demeter. 1an et demi barriques bourguignonnes usagées. Peu interventionniste. Vignes sur Nisciora) Robe rubis foncée, nez à peine réduit à l’ouverture mais très bien le soir, avec un côté végétal presque poivron qui rappelle le cabernet franc, un floral plutôt typé pivoine, beau fruité rouge et noir frais. Bouche légère en alcool (12,5% environ), pas gros volume, toute en fraîcheur, fruitée, floral, végétale, dur d’identifier le merlot, aucune sucrosité, les tannins serrent un peu la finale par contre.

 

9 Marie-Thérèse Chappaz, AOC Valais Grain Noble 2018 50cl : (Prononcez « Chappa ». Début en 1987, passage biodynamie vers 1997. 10ha environ. Assemblage en 2018 de 55% ermitage, 40% petite arvine, 5% malvoisie, passerillé sur souche (peu de botrytis cette année). 80gr de SR « seulement » contre environ 140 les années où ça botrytise. 2ans en fût de 228 et 500L. Parcelles sur Fully et Leytron, donc granit 450à650m altitude.)   Couleur dorée, nez magnifique de mangue, ananas, passion, en fruits frais, miel, cire d’abeille, pêche, thé…d’une grande fraîcheur et complexité. La bouche n’est pas trop sucrée, elle attaque assez vive et toujours sur les fruits exotiques, mais la finale manque un petit peu de tension et finit un peu courte pour être un grand vin. 

 

CHAppaz

 

BonusDomaine Mia - Mercurey clos de la marche monopole 2019 : bu derrière le Gantenbein donc pas facile pour lui... couleur assez foncé, nez classique de pinot fruits rouges et noirs, pas trop riche ni trop mûr, ni trop d'élevage. Bouche facile, fruitée, ronde, gourmande, sans être chaleureuse pour un mercurey 2019, la longueur est moyenne mais on y revient facilement. Merci Bertrand !

 

 

Merci à tous pour cette soirée passionnante. On se retrouve la semaine prochaine pour Chambolle-Musigny, et l'an prochain pour la Grèce...

 

11 septembre 2020

Soirée Jura du 11/09

Le Jura est l'un des plus petits vignobles français avec ses 2000 hectares de vignes. Il est pourtant l'un des plus à la mode depuis quelques années, notamment pour ses vins bio et ses vins sans sulfites. Longtemps réputé pour le vin jaune, la jeune génération s'attache à montrer que les rouges et les blancs "ouillés" (non oxydatifs) peuvent être tout aussi intéressants.

 

carte jura

 

 

Les rouges

 

1 Carlines, Côtes du Jura Poulsard 2018 : très clair en couleur, léger en alcool (11%), plein de petits fruits rouges acidulés, très frais, très pur, infusé, quasiment sans tannins, parfait pour commencer.

 

2 Labet, Côtes du Jura Trousseau "massale" 2018 : couleur claire et très trouble, le vin a besoin d'être carafé pour enlever le gaz. Très joli nez de groseille, framboise, pivoine. La bouche commence très bien aussi mais finit malheureusement sur un "goût de souris" de plus en plus présent à l'aération.

 

3 Marnes Blanches, Côtes du Jura Trousseau 2018 : couleur claire, moins trouble que le précédent, le nez est encore assez réduit même après une journée de carafe, la bouche est elle très belle, fruitée, épaisse, aux tannins très fins, avec une belle acidité sous-jacente.

 

4 Tissot, Arbois Trousseau en Amphore 2015 : couleur plus foncée, superbe nez sur la rose, la fraise écrasée, légèrement fumé. Bouche puissante, avec un peu d'alcool peut-être, beaucoup de fruit, des tannins très ronds, beaucoup de longueur.

soiree jura 1

 

 

Les blancs « ouillés »

 

5 Rijckaert, Côtes du Jura Savagnin Les Sarres 2016 : couleur dorée, nez sur le beurre, les fruits jaunes surmûris, la noisette. Bouche grasse, opulente, beurrée, dans l'esprit d'un Meursault à l'ancienne, légèrement évolué.

 

6 Granges Paquenesses, Côtes du Jura Chardonnay La Mamette 2016 : couleur plus claire, nez sur la pomme blette, la poire, avec des notes pâtissières, pourrait faire penser à un chenin. Bouche légère, plutôt vive et tendue, mais très courte par comparaison avec le suivant.

 

7 Ganevat, Côtes du Jura Chardonnay-Savagnin Orégane 2016 : couleur dorée, nez citronné, floral, à peine grillé, fruits jaunes, tout en nuances mais très complexe. Bouche à la fois large et très longue, énergique, minérale, interminable. La bouteille de la soirée.

 

 

 

Les blancs oxydatifs

 

8 Macle, Côtes du Jura chardonnay sous voile 2014 : couleur assez claire pour un vin de voile, nez sur la noix bien sûr, mais aussi quelques agrumes. Bouche oxydative mais élégante, avec une finale très longue, presque saline, sur les fruits secs. Accord simple mais toujours efficace avec le comté.

 

9 Berthet-Bondet, Château-Chalon 1995 : couleur évoluée, orange foncé, nez un peu plus oxydatif que le précédent, plus marqué par les fruits secs, encore assez jeune. Bouche plus épaisse et légèrement plus longue, mais le style reste fin pour un vin jaune, pas si éloigné que ça du style de Macle. Merci Michel !

soiréee jura 2

 

 

Les curiosités

 

10 Ganevat, Vin de France Sul Q : (vin paillé, 2010, assemblage de vieux cépages jurassiens) Couleur entre ambrée et orange, trouble, très beau nez, sur le coing, la tarte tatin, le cidre de glace, la confiture d'abricot, bouche parfaitement équilibré avec à la fois beaucoup de sucre et beaucoup d'acidité, reste au final très digeste. Parfait pour finir. Merci Fred !

 

 

Merci à tous pour cette soirée. Prochaine date : Gevrey-Chambertin, le 25/09.

 

6 juin 2020

Soirée Chambolle-Musigny (05/06)

Si les vins de Chambolle-Musigny sont réputés pour leur élégance, c'est en grande partie dû à la Combe Ambin qui coupe l'appellation en son milieu. Cependant, dès que l'on s'approche des extrémités sud et surtout nord, mais aussi en fonction des expositions, des types de sols, des millésimes, des styles de vinification...les vins peuvent devenir bien plus puissants que ce qu'on croit souvent. Les dix vins dégustés, provenant de parcelles, de milésimes et de producteurs différents nous l'ont bien montré.

 

Pour approfondir le sujet : http://monocepage.com/geologie-de-chambolle-musigny/  

 

carte chambolle

  

Les Chambolle « du sud »

1  Anne Gros - Chambolle-Musigny La Combe d’Orveau 2015 : couleur très claire, superbe nez plein de petits fruits rouges et de pivoine. Bouche légère, fruitée, gourmande. Seule la finale à peine chaleureuse rappelle le millésime. A servir assez frais.

 

 

Transition

2  JF. Mugnier - Chambolle-Musigny 2015 : (assemblage Combe d’Orveau + 1er cru Les Plantes) Un vin beaucoup plus sombre, au nez plus discret, la bouche est concentrée, sur les fruits noirs et les épices, elle reste plutôt fermée aussi. Un gros potentiel, mais il faudra revenir plus tard. Le millésime l’emporte sur le style habituellement très fin du domaine.

 

 

Les Chambolle « de la combe »

3  Bertagna - Chambolle-Musigny 1er cru Les Plantes 2015 : Couleur une nouvelle fois très sombre, nez sur un boisé toasté un peu trop présent. Bouche puissante, serrée, sur des arômes torréfiés. Le vin manque d’élégance. Les 2015 vont désormais demander beaucoup de patience.

 

4  Nicolas Groffier - Chambolle-Musigny 1er cru Les Hauts doix 2013 : On revient sur une robe plus claire, plus classique pour du pinot, très joli nez sur la cerise, la mûre, un peu de rafle et d’épices. Bouche toute en longueur avec beaucoup d’énergie, de fraîcheur et de longueur. Certains lui reprochent un côté végétal légèrement trop marqué.

 

5  Denis Mortet - Chambolle-Musigny 1er cru Aux beaux bruns 2011 : Une robe claire et à peine tuilé, le nez commence à montrer un peu d’évolution avec des notes de sous-bois, du fruit rouge. Très belle bouche à la fois fruitée, acidulée, tannins bien arrondis et belle longueur. Un délice, qui a fait l'unanimité.

 

6  Camille Giroud - Chambolle-Musigny 1er cru Les Charmes 1988 : Couleur sombre et évoluée, trouble. Très beau nez de vieux pinots, feuilles mortes, humus, sous-bois, rose fanée, fruits confits, à peine toasté, très complexe. La bouche a gardé une belle fraîcheur, encore du fruit, des tannins fondus par le temps. La magie des vieux vins a opéré. Merci Fred !

 

 

Les Chambolle « du nord »

7  Anne & Hervé Sigaut - Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2013 : Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, gourmand, même s’il fait très sudiste. La bouche est puissante, concentrée, avec des tannins légèrement asséchants. A l’opposé du stéréotype Chambolle.

 

8  Cyprien Arlaud - Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2013 : Couleur sombre aussi, nez sur la mûre, la cerise noire, gourmand. Bouche mieux maîtrisée que le précédent, avec des tannins très fins, de l’élégance et de la concentration, beaucoup de fraîcheur et une finale très longue. Superbe bouteille.

Ghislaine Barthod - Chambolle-Musigny 1er cru Les Cras 2009 : bouchonné

 

 

Bonus - Les assemblages

9  Cyprien Arlaud - Chambolle-Musigny 2011 : on reste sur une couleur sombre, un nez un peu sucré avec de l’orangette, intéressant. La bouche reprend aussi ces étonnantes notes un peu sucrées, la finale est plus courte que sur le premier cru, mais cela reste un très bon "village". Merci Olivier !

 

10  Christophe Roumier - Chambolle-Musigny 2012 : On revient sur une couleur plus claire, rubis. Le nez est sur la fraise, la framboise, la pivoine, petite impression de rafle. Bouche concentrée pour un village, encore toute jeune, très noble, il faut aller la chercher, beaucoup de fraîcheur et de longueur même si on sent qu’il n'est pas encore tout à fait à son apogée.

soiree chambolle

soirée chambolle 2

 

17 octobre 2021

Soirée Toscane - Montalcino du 15/10

 

Situé au sud de la Toscane, Montalcino est réputée pour être une zone particulièrement chaude et sèche.

 

carte de toscane

 

Sur un peu moins de 20kms par 20, près de 240 producteurs aujourd'hui se partagent un peu plus de 2000ha de vignes. La différence de climat est énorme entre le Nord et le Sud de l'appellation, avec environ 3 semaines d'écart dans les dates de vendange. Si des sous-régions ont clairement été identifiées, elles n'ont pour le moment rien d'officiel ; mais les débats sont nombreux pour savoir s'il faut ou non les intégrer dans les règles de la DOCG, comme c'est le cas dans le Chianti par exemple. Pour Soldera la variété de terroirs est de toute façon trop forte même au sein d'une même sous-région. Pour Salvioni, il aurait fallu les créer dès le début car segmenter c'est forcément classer ce qui entraînera de meilleures ventes par endroits et donc jalousie, procès... Et que faire des domaines qui assemblent des parcelles du Nord avec des parcelles du sud ? 

 

sub region montalcino

 

Montalcino est l'un des secteurs du monde où la géologie est la plus complexe. Les premières cartographies commencent à apparaître mais restent encore très schématiques. On trouve cependant des cartes précises sur les sites des domaines ayant mis en place un système parcellaire.

 

soil map

 

Tous les vins sont en 100% sangiovese grosso, un clone trouvé à la fin du XIXe siècle par la famille Biondi Santi, particulièrement résistant au phylloxéra. Les domaines choisis sont dits "traditionnalistes" (élevages en foudres) par opposition aux "modernistes" (élevages en barriques). Seul Salicutti est parfois considéré comme "intermédiaire". 

 

La dégustation commence par les Rosso di Montalcino (élevages plus courts, faits avec les jeunes vignes ou des parcelles plus propices à des vins "de fruit") puis continue avec les Brunello di Montalcino (élevage minimum 2ans sous bois, 6 mois en bouteille et commercialisation en janvier de la 5e année suivant la récolte). Et enfin un Brunello di Montalcino Riserva (un an de plus sous bois et commercialisation la 6e année).

 

Les vins ont été pour la plupart ouverts à midi pour le soir, non carafés, servis en Zalto Universal.

 

 

1 Castello Tricerchi, Rosso di Montalcino 2018 : (domaine de 13ha autour du château historique de 1441. Vignes replantées en 1995, d’abord vente aux coopératives puis premier millésime de Tommaso Squarcia en 2012. 2 parcelles proches du domaine, au Nord de l’appellation, secteur frais donc. Elevage 1an en foudres. Sols argile et sable surtout.)    Couleur très claire, limpide. Nez ouvert, sur des petits fruits rouges acidulés, pivoine, facile et élégant. Bouche légère, pas un gros volume, fruits rouges avec une petite pointe de sucrosité bien équilibrée par une bonne acidité. Pas une grosse longueur mais beaucoup de fruit, frais et gourmand.

 

2 Poggio di Sotto, Rosso di Montalcino 2016 : (domaine de 10ha créé fin des années 1980 par Pierro Palmucci, à Castelnuovo dell'abate, secteur chaud mais tempéré par le Monte Amiata. Certifié Bio. Collaboration avec l’Université de Milan pour trouver les meilleurs clones. Domaine vendu en 2011 à Claudio Tipa déjà propriétaire de ColleMassari. Jeunes vignes de Brunello, autour du domaine. Elevage 2ans en foudres. Sols marnes et galestro surtout.)      Couleur à peine plus sombre que le précédent mais on reste sur une teinte rubis « pinot », brillante. Nez expressif avec un fruité un peu plus mûr que dans le précédent, fraise, cerise, un peu plus de profondeur, tomate séchée, pivoine. Bouche avec un peu plus de volume, fruité éclatant, très frais, pas très riche en alcool, tannins très fins, assez « bourguignon » dans l’esprit, juteux, gourmand et bonne longueur en plus. Au niveau de nombreux Brunello.

 

3 Stella di Campalto Podere San Giuseppe, Rosso di Montalcino 2014 : (5,5ha en biodynamie et proche du nature à Sant’Antimo, créé dans les années 1990. Domaine reçu comme cadeau de mariage, Stella est tombée amoureuse du lieu qui en plus l’aurait soigné de sa maladie. Rencontres avec Piero Palmucci, Nicolas Joly... Plusieurs parcelles toutes autour du domaine, sols variés galestro, argiles, sables, quartz... Elevage 19 mois foudres, assemblage + 34 mois en bouteille.)        Couleur rubis à peine rouillée, nez plein de fruits rouges sucrés, de rose, petite touche balsamique, garrigue. Bouche à la fois solaire, fruité gourmand, mais une belle fraîcheur, des tannins très fins, un peu plus solaire que Poggio, un peu plus évolué et peut-être un peu plus "vivant". Mais là aussi un Rosso au niveau des autres Brunello.

 

4 Podere Le Ripi, Brunello di Montalcino Cielo d’Ulisse 2016 : (30ha en biodynamie + jardin, chai écologique…, créé en 1998 par Francesco Illy, vinification parcellaire. Domaine au sud-est mais parcelle à l’Ouest vers Camigliano. Elevage 33mois foudres + 12mois cuves ciment. Sol schiste et calcaire avec alluvions et sables.)      Couleur rubis foncé, nez sur la cerise, fruits un peu plus noirs, violette. Bouche puissante (15°), très dense, reste bien équilibrée grâce à une acidité élevée, intense, tannins encore présents, grosse longueur, beau potentiel mais encore jeune en l’état. Il a permis de voir le style de 2016 qui s’annonce un grand millésime de garde avec du fruit, de la matière, alcool et acidité élevés. 

 

soldera 2013

 

5 Salicutti, Brunello di Montalcino Piaggione 2013 : (domaine créé dans les années 1990 par Francesco Leanza, ancien ingénieur en chimie, racheté par les restaurateurs Munichois Felix et Sabine Eichbauer en 2016. 4,5ha bio depuis 1994 - Premier domaine bio de Montalcino. Vinification parcellaire. Parcelle de 1,2ha riche en calcaire et marnes, assez solaire. Vignes de 1994 et 2007. Elevage 3ans foudres 5HL, 10HL, 20HL puis 40HL.)      Couleur sombre et légèrement évoluée, nez complexe, changeant, fruits cuits, presque pruneau, fumée, champignon, notes légèrement oxydées, balsamique. Ca part un peu dans tous les sens. Idem en bouche où le vin semble déjà évolué, un peu fatigué presque, mais tout en gardant une certaine fraîcheur et une bonne longueur. 

 

6 Gianni Brunelli Le Chiuse di Sotto, Brunello di Montalcino 2013 : (domaine de 6,5ha créé en 1987 par cet ancien restaurateur de Sienne. Bio non certifié. Des parcelles à Pordenovone au sud-est (sable, galestro…) et à Le Chiuse di Sotto au Nord (argiles). Elevage foudres. Depuis la mort de Gianni en 2008 c’est sa femme Laura qui continue au domaine.)       Couleur grenat, sans aucune note d’évolution, nez qu’il faut aller chercher, fruits noirs, un peu floral, délicat. La bouche est très élégante, toute en sobriété et en retenue mais très noble, du fruit, de la matière, pas encore d’évolution. C’est long, pas très haut en alcool (13,5°), très frais et très juteux.

 

7 Gianfranco Soldera Azienda Case Basse, IGT Toscana 2013 : (créé en 1972, 9ha biodynamie non certifiée avec un jardin botanique. 2 parcelles proches du domaine, sols variés. Elevage 5ans en foudres. Devenu légendaire depuis qu’un ancien employé (pour des raisons encore controversées – Gianfranco était soi-disant à l’origine des dénonciations entraînant le scandale du Brunellopoli en 2008) a ouvert les robinets des foudres contenant les récoltes de 2007à2012. Depuis sa mort en 2019, sa femme gère le domaine.)          Couleur rubis très brillante, nez exubérant, plein de fruits rouges confiturés, très fraise confiturée, cerise rouge, très éclatant, puis un peu de viande fumée, de garrigue, d’herbe grillée, de tomate séchée… La bouche impressionne par sa densité, très peu de tannins, texture soyeuse, le fruité est sucré, un côté bonbon, pourtant il reste digeste grâce à une bonne acidité dans le fond, une longueur incroyable, avec beaucoup de gourmandise. Un OVNI, qui n’a rien à voir avec les autres vins, qui met une vraie claque d’entrée, déjà prêt à boire. Le maître a parlé ! 

 

8 Biondi Santi Tenuta Greppo, Brunello di Montalcino 2008 : (domaine de 25ha, créé en 1840. Le domaine historique de l’appellation, à l’origine de la création du Sangiovese rosso. Plusieurs parcelles autour du domaine. Elevage 3ans en foudres. Domaine récemment vendu au groupe EPI (Piper-Heidsieck…)      Couleur grenat, légèrement évoluée, nez plus austère, plus « traditionnel », fruits plus noirs, cuir, girofle, réglisse, sous-bois, très complexe. La bouche est droite, très noble, un peu austère, pas de sucrosité ici, peu d’alcool, acidité élevée, tout en tension, avec une grande longueur, des tannins poudrés. Un style complètement à l’opposé de l’exubérance Soldera mais grand aussi.

 

 

Bonus n°1 Col d’Orcia, Brunello di Montalcino Poggio al vento Riserva 2010 :  (grand domaine en bio au sud de l’appellation. Long élevage en foudres)   Couleur rubis foncé peu évoluée. Nez expressif, à mi-chemin entre Soldera et Biondi Santi, fruits rouges, prunes, réglisse, menthol, mûr mais beaucoup moins sucré que Soldera. Bouche puissante, élevée en alcool (15°) mais parfaitement équilibrée, grosse acidité, beaucoup de fruit, tannins de qualité, encore dans sa phase de jeunesse, mais déjà grandiose par son équilibre. Grande série ! Merci Stan pour la bouteille.

 

Bonus n°2 Tenuta dell’Ornellaia, Bolgheri superiore rosso Ornellaia 2004 : (Propriété ayant d’abord appartenu à Antinori, consulté par Michel Rolland puis vendu à Mondavi puis à Frescobaldi. Cabernet sauvignon, merlot, en barriques)     Changement complet de style, de secteur et de cépage avec cette légende des « super-toscans » à la couleur très noire, au nez encore légèrement boisé vanillé, beaucoup de cassis, très mûr, confituré, un peu de menthol, tabac, cèdre. Bouche encore toute jeune, pleine de cassis un peu sucrée, des tannins présents mais gras, de la puissance, du volume, un style bien sûr plus « international » que les précédents, une sorte de Bordeaux solaire, parti pour vivre très longtemps, avec un travail sur le volume, la texture, la rondeur, complètement différent des Sangiovese en foudres et très intéressant à comparer. Merci Manu pour la bouteille ! 

ornellaia 2004

 

Une dégustation de très haut niveau, qui a pleinement convaincu tous les participants, même ceux qui n'étaient pas familiers avec le sangiovese. Les vins se sont montrés très variés, combinant fruit, gourmandise, puissance liée à l'alcool mais restant toujours digestes, ne saturant jamais les palais. Et pourtant beaucoup d'entre eux étaient encore trop jeunes dans l'idéal.

 

Merci à tous les participants de cette magnifique soirée. L'an prochain la soirée Vins étrangers devrait nous conduire à Barbaresco...

 

26 mars 2018

Dégustation Vins italiens du 24/03/2018

La cave recevait l'importateur et grand spécialiste des vins italiens, Marc Moignoux, pour une dégustation dépaysante des appellations transalpines les plus célèbres :

IMG_20180324_145112

 

Caruso & Minini, Nerello Mascalese 2016 : on commence par un petit vin léger de l'Ouest de la Sicile, travaillé sur le fruit, peu tannique, très gourmand et facile à boire, qui donne une image différente du Nerello Mascalese planté sur l'Etna.

Caruso & Minini, Nero d'Avola 2016 : même domaine et même façon de travailler mais avec un cépage différent, le célèbre Nero d'Avola. La couleur est plus sombre, un peu plus de puissance mais le même caractère fruité, peu tannique et gourmand.

Giovanni Rosso, Langhe Nebbiolo 2015 : on passe au Piémont avec un vin presque bourguignon dans l'esprit, fin, plein de fruits rouges, avec une belle acidité, pas très épais, mais très long. Le plus gros succès de la soirée.

Giovanni Rosso, Barolo "Ceretta" 2008 : cette grande cuvée du même producteur reprend le même style avec un peu plus d'épaisseur, plus de longueur, mais la même finesse, avec de belles notes de rose et de cuir qui commencent à apparaître au nez, qui pourraient rappeler quelques grands crus de Vosne-Romanée.

Le Fonti, Chianti classico "Meraviglie" 2014 : on descend en Toscane pour les deux bouteilles suivantes. Ce petit Chianti est plus sombre que les vins du Piémont, plus solaire, avec des notes de confiture de fraise. Simple mais efficace.

La Fortuna, Brunello di Montalcino 2009 : une première bouteille paraissait très évoluée, comme un vieux Bordeaux, sur la prune, le kirsch, le sous-bois... Puis la seconde bouteille ouverte semblait plus en forme, plus fraîche, sur le cassis, le cèdre. Les mystères du vin !

Le Salette, Amarone della Valpolicella "La Marega" 2011 : vin de Vénétie qui a la particularité d'être élaboré grâce à des raisins mis à sécher sur claies mais qui finissent ensuite leur fermentation. C'est un vin puissant, mais très gourmand avec quelques grammes de sucre et des notes de confiture de mûre, puis une finale très longue qui garde quand même de la fraîcheur.

La Tordera, Prosecco Treviso "Saomi" Brut : on finit par une bulle légère, fruitée, presque désaltérante, qui se boit très bien sans Campari...

 

Un grand merci à Manu, à Marc et à tous ceux qui ont pris le temps de venir goûter les vins à la cave.

 

30 juin 2017

Domaine Plageoles

Après Alain Chabanon et Marlène Soria (domaine Peyre Rose), la Cave recevait Romain et Florent Plageoles, les petits-fils de Robert, qui nous ont présenté les vins suivants :

 

Gaillac Premières Côtes Mauzac vert 2015 : nez légèrement marqué par la pierre-à-fusil, bouche citronnée, avec une belle tension rafraîchissante.

Gaillac Braucol 2016 : plein de fruits rouges, réglisse, poivre, assez gouleyant, tannins bien fondus, glisse tout seul.

Gaillac Syrah 2016 : plus marqué fruits noirs, avec un peu plus de matière, des tannins encore plus fins, très juteux et facile à boire.

Gaillac Duras 2014 : moins fruité que les deux 2016, plus rustique, plus tannique, des notes d'agrumes, d'orange sanguine et de fruits noirs.

Côtes du Tarn Prunelart 2013 : là aussi c'est rustique, épicé, réglissé, plus tannique encore que le Duras, beaucoup de caractère.

Gaillac doux Loin de l'oeil 2015 : pas trop sucré, beaucoup de fruit, poire, pomme au four, brioche, très digeste.

Gaillac Mauzac 2015 pétillant naturel : beau nez fruité, floral, bulle assez fine, légère amertume rafraîchissante en finale.

Gaillac Vin de Voile 2000 : (mauzac, élevage de 7ans en vieux demi-muids sans ouillage) vin oxydatif sur la noix et les fruits secs, mais avec beaucoup plus de finesse qu'un vin jaune du Jura.

plageoles

 

7 avril 2018

Soirée Initiation au vin du 06/04/2018

image soiree init

 

1 Agapé, AOC Alsace Gewurztraminer « expression » 2015 (100% gewurztraminer) Couleur claire, nez bien marqué par le litchi et la rose. La bouche est vive, peu épaisse, à peine sucrée et très fruitée. Finale plus courte que les deux derniers blancs.

 

2 Louis Chèze, IGP Collines rhodaniennes Viognier 2016 (100% viognier) Robe plus dorée, nez très ouvert aussi sur la pêche et l'abricot surtout. Bouche grasse, épaisse, manquant à peine d'acidité. Finale un peu courte pour lui aussi par rapport aux suivants.

 

3 Dominique Cornin, AOC Mâcon-Chaintré « Les Serreuxdières » 2016 (100% chardonnay en cuves) Couleur claire, nez très fruité sur la pomme et les agrumes. Bouche toute en longueur grâce à une belle acidité, peu épaisse, mais très fraîche et longue.

 

4 Guffens-Heynen, AOC Mâcon-Pierreclos « Le Chavigne » 2013 (100% chardonnay en fûts) Robe plus colorée avec le vieillissement en fûts, nez très marqué par un boisé toasté/grillé. Bouche grasse, épaisse, un peu beurrée et vanillée par les fûts mais avec derrière beaucoup de fruits et d'acidité, puis une finale très longue qui laisse présager un grand avenir à ce vin.

IMG_20180407_141857

 

5 Arlaud, AOC Bourgogne Hautes Côtes de Nuits 2015 (100% pinot noir) Robe cerise, nez un peu réduit, qui sent le renfermé au départ, puis de belles notes de cerise et de fraise apparaissent après agitation du verre. Bouche légère, peu tannique, pleine de fruit, toute en finesse.

 

6 Château Respide-Médeville, AOC Graves 2015 (60% cabernet sauvignon, 40% merlot) Couleur grenat, nez sur les fruits noirs, la prune. Bouche puissante, encore quelques tannins mais pas trop secs, beaucoup de fruits et une belle longueur. Probablement encore un peu jeune.

 

7 Le pas de l’Escalette, AOC Terrasses du Larzac «Le pas de D » 2014 (50% carignan, 30% grenache, 20% cinsault en foudres) Robe plus claire que le suivant, nez plutôt sur les fruits rouges, la garrigue, à peine végétal (sous-maturité ?). L'élevage en foudres donne une bouche peu épaisse, avec beaucoup de fruit, de fraîcheur et une grosse acidité, à la limite de l'austérité ici.

 

8 Montcalmès, AOC Terrasses du Larzac 2014 (60% syrah,20% mourvèdre, 20% grenache en fûts) Couleur plus sombre, nez sur les fruits noirs, les épices, le poivre. Bouche plus épaisse grâce aux fûts, avec une texture plus soyeuse, des tannins plus lisses. Finale encore à peine marqué par la vanille du fût de chêne même si c'est très léger. Très bon en l'état avec un beau potentiel de garde.

 

IMG_20180407_141902

 

10 mars 2018

Soirée Loire du 09/03/2018

Tous les vins ont été dégustés à l'aveugle, pas forcément dans le but de trouver l'appellation mais plutôt pour ne pas avoir d'a-priori en voyant certaines belles étiquettes. L'ordre peut paraître étonnant mais il est dû aux apports de dernières minutes et à la volonté de brouiller les pistes entre les nombreux cépages représentés.

 

1 - Gérard Boulay, Sancerre rouge 2013 (100% pinot noir): Couleur rubis, le nez pinote sur de beaux petits fruits rouges. Bouche élégante, fine, très fruitée, peu tannique, fraîche, avec une belle finale légèrement épicée. Beau début.

 

2 - Philippe Alliet, Chinon "L'huisserie" 2004 (100% cabernet franc) : Apport mystère de Fred. Couleur très trouble, vin non filtré apparemment, le nez est très végétal, sur le poivron surtout, légèrement animal. Bouche rustique, végétale, avec des tannins un peu trop secs en fin de bouche. Une bouteille décevante pour un si bon producteur, probablement à cause du faible millésime.

 

3 - Saint-Verny, Côtes d'Auvergne "Petites Grappes sur Basalte" 2013 (100% gamay) : Apport mystère d'Olivier. Robe assez claire par rapport au précédent, beau nez fruité, surtout sur la cerise, la framboise, bouche très poivrée, fruitée, avec une belle fraîcheur, des tannins fins. On pense au pineau d'aunis pour le côté vraiment très poivré. Perdu. C'est un excellent Côtes d'Auvergne de la coopérative locale, bien moins boisé et plus fin que sur d'autres millésimes. Belle surprise.

 

4 - Domaine des Roches Neuves, Saumur blanc "Insolite" 2015 (100% chenin) : on commence par un blanc à la couleur or pâle, avec un nez sur les agrumes, floral, un peu reglissé et une bouche minérale, tendue, belle concentration, finale très longue sur les agrumes avec de beaux amers. Certains l'ont trouvé un peu austère (un peu jeune ?). C'est une très belle bouteille, qui devrait être grandiose dans 4-5ans.

 

5 - Domaine de Belle Vue-Jérôme Bretaudeau, Muscadet Sèvre-et-Maine 2015 (100% melon de bourgogne) : Couleur un peu plus claire, nez sur la pomme granny, les fruits blancs. Bouche vive, légèrement perlante, moins concentrée que le précédent, finale plus courte. Un peu simple derrière le Saumur, mais très bien fait pour un vin à moins de dix euros.

 

6 - Domaine des Bérioles, Vin de France (vignes à Saint-Pourçain) "Autochtone" 2014 (100% tressallier) : Couleur claire, nez étrange avec de l'ananas, de la pomme blette, de l'amande, un peu brouillon. Mieux en bouche, très minéral, belle acidité pour lui aussi, plus citronné, avec une belle longueur, bien équilibré, mais l'aromatique gêne la plupart des dégustateurs. Pas la meilleure bouteille d'Autochtone.

IMG_20180310_101331

7 - Domaine Dagueneau, Blanc fumé de Pouilly 2010 (100% sauvignon) : Couleur très claire là aussi, nez un peu variétal avec du bourgeon de cassis, voire même pour certains le côté "pipi de chat" du sauvignon, des agrumes, de la pierre-à-fusil. Bouche vive, très tendue, minérale, peu de gras, moins variétale, plus d'agrumes, finale très longue qui laisse une impression de bonbon aux agrumes. Très apprécié dans l'ensemble même si certains ont eu un peu de mal avec le côté variétal du nez.       

 

8 - Domaine de la Taille aux loups, Montouis-sur-Loire "Rémus" 2014 (100% chenin) : Couleur presque dorée, nez beurré, à peine vanillé, plus boisé que les autres dans la série. Bouche tendue aussi, mais avec du gras et du beurre par dessus cette fois-ci, on finit sur les amers du chenin. Belle bouteille, qui aurait besoin de 2-3ans de plus pour que l'élevage s'intègre mieux.

 

9 - Château Soucherie, Savennières "Clos des perrières" 2014 (100% chenin) : Robe plus claire, nez minéral sur le pamplemousse, le citron vert, un peu floral. Bouche très tendue, minérale là aussi, à l'élevage parfaitement intégré, une belle matière, et une finale saline très longue. Superbe bouteille encore toute jeune qui devrait donner un grand vin dans 4-5ans.

 

10 - Domaine Huet, Vouvray "Haut-Lieu" demi-sec 2003 (100% chenin) : Apport mystère de Fred. Robe dorée, nez sur le coing, l'ananas, un peu de miel, très gourmand. Bouche avec un peu de sucre, mais très digeste, avec des fruits exotiques, pas trop chaud pour un 2003, bien équilibré. Voilà qui rattrape largement la déception sur le Chinon.

 

11 - Domaine Huet, Vouvray "Clos du bourg" Moelleux 1e Trie 2005 (100% chenin) : Le hasard a fait qu'un Huet était déjà prévu dans la dégustation. Robe encore plus dorée, nez là aussi sur l'ananas, le coing, plus confit, plus de miel, une pointe de caillou. Bouche plus concentrée, mais là aussi un équilibre parfait grâce à une belle acidité, très digeste, un peu plus de longueur.

 

12 - Château de L'écharderie, Quarts-de-Chaume "Clos Paradis Pour Lucien" 2009 (100% chenin) : Apport de Philippe. Robe bien dorée là aussi, plus sur le miel, les fruits jaunes, une pointe d'épices, de caramel. Bouche plus sucrée, plus concentrée, mais bien équilibrée aussi par une petite acidité. Très belle longueur. Déjà bon avec un potentiel de garde énorme.

IMG_20180310_101339

 

Voilà un beau petit tour de la Vallée de la Loire en 12 vins (il manquait obligatoirement quelques appellations). Un grand merci à tous les participants ! Prochains rendez-vous : 23 mars pour le whisky, 20 avril pour Bordeaux, 5 mai pour les Vins de Vigneronnes.

 

26 mai 2019

Dégustation Pas de l'Escalette et Thierry Germain

image zernott

 

Les vins proposés à la dégustation étaient les suivants :

- Saumur Blanc Insolite 2017

- Saumur Blanc Echelier 2017

- Saumur-Champigny domaine 2018

- Saumur-Champigny La Marginale 2017

- Saumur-Champigny Les Mémoires 2017

 

- Languedoc Blanc Les Clapas 2017

- Terrasses du Larzac Petits pas 2018

- Terrasses du Larzac Clapas 2017

- Terrasses du Larzac Grands Pas 2017 

- Terrasses du Larzac Frieys 2017

 

Un grand merci aux vignerons pour cette belle dégustation et à tous ceux qui sont venus goûter ! 

 

 

24 septembre 2021

Soirée Corse du 24/09

Comme de nombreuses régions, la Corse a connu une période faste au Moyen-Age (sous l'influence de Gênes) avant de souffrir du phylloxéra et des guerres mondiales. Dans les années 1960, à l'instar du Languedoc-Roussillon, on assiste au retour des pieds-noirs et à un production de masse, privilégiant la quantité. Ce n'est en fait que tout récemment (années 1990-2000) que la Corse a pris conscience de son potentiel, et cherche désormais à produire des vins de grande qualité, identitaires, et remettant en avant les vieux cépages autochtones. C'est pour cela que nombre de grands vins sortent en "Vin de France", ayant un temps d'avance sur la législation des AOP...

 

Les Blancs

 

1 - Antoine-Marie Arena, Vin de France San Giovanni 2020 : (Bioà Patrimonio. 100% vermentino. Elevage cuve) Couleur très claire, nez très aromatique, fruité et floral. Bouche simple, légère, facile. Bien pour commencer.

 

2 - Clos Venturi, Vin de France Chiesa Nera 2016 : (BioDà Ponte Leccia. vermentino, genovese et bianco gentile. Elevage œuf béton) Couleur dorée, nez bien plus complexe, miellé, légèrement beurré, fruits jaunes, noisette, déjà un peu évolué. Bouche très fraîche, plus jeune que le nez, fruitée, grasse, très dense, un côté Bourgogne légèrement évolué sans notes boisées, finale très longue. Un grand blanc Corse.

 

abbatucci vaccelli

  

Les Rouges

 

3 - Abbatucci, Vin de France Faustine 2020 : (BioDsud d’Ajaccio. sciaccarellu + niellucciu. Elevage cuve et foudre) Couleur très claire, nez de fraise et de framboise confiturées, un peu de poivre et d’épices. Bouche toute en fruit, légère, fraîche, pas de tannins, un vin de soif mais avec une belle longueur en plus.

 

4 - U Stiliccionu, Vin de France Kalliste 2017 : (BioDsud d’Ajaccio. sciaccarellu + niellucciu. Elevage cuve et demi-muid) Couleur un peu plus sombre et trouble, nez plus animal, plus sauvage, plus complexe mais peut-être moins précis, avec aussi du cuir, des fruits noirs, des épices. Bouche plus épaisse que le précédent, un vin proche du nature mais qui reste propre, finale très longue avec une impression de salinité. Très différent mais très joli aussi.

 

5 - Vaccelli, AOP Ajaccio Granit 2018 : (Bio100% sciaccarellu. Elevage fût) On revient à une couleur extrêmement claire et brillante, nez de petits fruits rouges et de rose, très bourguignon. Bouche soyeuse, pleine de fruit, dans laquelle les 15% ne se sentent absolument pas, l’impression d’un pinot légèrement plus solaire et épicée, à la longueur et à l’élégance incroyable. Il a remporté tous les suffrages ! Du grand art.

 

6 - Yves Canarelli et Patrick Fioramonti, Vin de France Tarra di Sognu 2018 : (BioDà Bonifacio. Carcaghjolu nero, minustellu, sciaccarellu. Elevage foudre) Couleur un peu plus sombre, nez élégant avec un peu de violette, de la mûre, des fruits des bois. Bouche légère en alcool (13,5) par rapport au Vaccelli, toute en délicatesse, peu de tannins, là aussi un côté bourguignon même si le fruit est plus mât que dans le précédent. Beaucoup de rondeur et d’élégance. Très précis, tout est parfait mais presque trop. Certains lui reprochent d’être un peu trop lisse pour remporter cette série de 4 grands vins de la Corse du sud ayant chacun sa personnalité.

 

7 - Leccia, AOP Patrimonio Pettale 2017 : (Bio100% niellucciu. Elevage cuve) On change complètement de style avec les niellucciu du Nord. On passe sur une couleur plus foncée, un nez plus sauvage, cannelle, orangette, fruits noirs, cuir. Bouche encore serrée, les tannins sont encore bien présents. Belle complexité aromatique mais le vin est clairement trop jeune.

 

8 - Mariotti Bindi, AOP Patrimonio Porcellese 2015 : (Bio100% niellucciu. Elevage cuve) Couleur foncée et trouble, nez très animal, un côté confit, de la prune, voire du pruneau. La bouche est plus fraîche que le nez, puissante, sauvage, complexe, encore des tannins mais bien mieux intégrés que dans le précédent. Il commence à être prêt à boire lui.

 

 

VDN (Vin Doux Naturel)

 

9 - Leccia, AOP Muscat du Cap Corse 2019 : (Bio100% muscat à petits grains, VDN. Elevage cuve. 117gr SR) Couleur or pâle, nez bien évidemment très expressif avec l’impression de croquer du raisin blanc, ça reste assez fin et élégant pour un muscat, sans trop de notes de parfum de rose. L’équilibre sucre/acide en bouche est bon, les 16% bien intégrés. Un joli vin de dessert pour finir.

 

 

Une soirée avec des vins divers et de haut niveau, lors de laquelle les vins du sud de la Corse (cépage sciaccarellu surtout) ont particulièrement brillé, avec des expressions bien plus en finesse que ce que l'on pourrait croire.

 

Merci à tous les participants. Prochain thème la Toscane !

 

2 décembre 2019

Soirée d'Anthologie n°2 du 29/11/2019

soiree anthologie 2

 

rayas 2008

 

Selosse, Champagne Brut Initial : (100% chardonnay sur les grands crus Avize, Cramant et Oger. Dégorgé en novembre 2014)  Couleur or foncé, nez brioché, avec es notes oxydatives de noix et fruits secs bien marqués comme toujours chez Selosse. La bouche reprend ces arômes, avec une bulle très fine, une matière épaisse, presque grasse et une bonne acidité dans le fond. Longueur moyenne.

 

Bonneau du Martray, Corton-Charlemagne 1998 : Couleur dorée, nez sur le miel, sur des notes beurrées, quelques fruits jaunes, encore assez jeune. Bouche très ronde, grasse, acidité assez faible, c’est même un peu mou pour certains, à la texture soyeuse, qui renforce l’impression d’un vin sur le miel et le beurre frais. Finale plutôt longue. Mais ce vin peut être déstabilisant par son équilibre pas du tout construit sur l’acidité, et en cela plus proche de certains vins du Rhône que d’un Bourgogne.

 

Rayas, Châteauneuf-du-Pape blanc 2008 : (50% grenache blanc, 50% clairette sur sables) Couleur plus claire que les précédents, or pâle, nez avec un côté résine/pétrole au départ, citron vert, cédrat, fleurs blanches, abricot, envoûtant. Bouche grasse, épaisse, puissante, avec ce qu’il faut d’acidité et de fraîcheur dans le fond pour l’équilibrer. Beaucoup de longueur. Clairement le blanc de la soirée pour tout le monde.

 

Clos Rougeard, Saumur-Champigny Les Poyeux 2011 : (100% cabernet franc. Parcelle de 2,9ha, sols sableux) Couleur rubis, très claire, nez plein de petits fruits rouges, très légères notes végétales sans aller jusqu’au poivron non plus, qui donne ici un côté noble à ce vin. Bouche en dentelle, tout en fruit, peu de tannins, texture soyeuse, plus dans l’esprit d’un Chambolle que d’un Saumur. Belle longueur en plus. Tout le monde est un peu surpris mais entièrement convaincu par la finesse de ce vin.

 

la tache 2004

 

Coche-Dury, Volnay 1er cru 2011 : (100% pinot noir. Assemblage des premiers crus Taillepieds et Clos des Chênes) Couleur rubis proche du précédent, là aussi une aromatique sur les petits fruits rouges, la fraise surtout, moins de notes végétales, plutôt une pointe épicée et un peu de cuir. La bouche est toute en fruit, à peine plus de tannins que le Clos Rougeard, surtout dans le fond une minéralité et une acidité plus élevées, qui vont vraiment étirer ce vin tout en longueur et en fraîcheur, encore plus long. Il a parfaitement emmené La Tâche, jouant dans la même cour, dans un registre plus fin.

 

Domaine de la Romanée-Conti, La Tâche 2004 : Couleur grenat, bien plus foncée que le précédent, sans trace d’évolution. Le nez s’ouvre d’abord sur un côté lardé, viande fumée, plus typique d’un Rhône Nord que d’un pinot, on sent un vin puissant, très solaire pour 2004. Peu à peu le côté lardé se mêle au côté pot-pourri/rose fanée typique du domaine, avec du cuir, cassis, framboise… Très complexe et évolutif dans le verre. La bouche reprend ses arômes, plutôt puissante et mûre pour un pinot, mais une acidité très élevée dans le fond l’étire et lui permet de rester équilibré. Les tannins sont très fins. Finale encore plus longue que les précédents. Même si elle n’était probablement pas encore à son apogée, cette bouteille était exceptionnelle. Malgré des attentes très fortes, elle n’a déçu personne, bien au contraire.

 

Jean-Louis Chave, L’Hermitage 2011 : (100% syrah. Assemblage des parcelles Bessards, Méal, Beaume, Diognères, Ermite et Péléat) Couleur noire, on change clairement de registre. Nez de fruits noirs, graphite, qui semble un peu sur la retenue même après très long carafage, notes végétales dans le fond. Bouche puissante, sur les fruits noirs, avec une fraîcheur et une acidité très hautes derrière. Beaucoup de longueur, mais une aromatique qui refuse de se livrer complètement. Il faut vraiment aller chercher ce vin, contrairement aux précédents. Probablement encore un peu trop jeune. Mais comme on dit parfois, « un Chave c’est toujours trop jeune ».

 

Justino’s, Madère Terrantez Old Reserve : (100% Terrantez. Vin muté. Assemblage de fûts de 10 à 50 ans environ) Couleur ambrée, reflets rougeâtres. Nez exubérant, sur la noix, la noisette, l’abricot sec, la figue, la datte, les plantes méditerranéennes, très complexe. Bouche puissante (19%), à l’ampleur impressionnante, sur les arômes du nez, plutôt demi-sec, voire presque sec sur la finale. Il finit très long, avec une belle acidité, une impression de salinité, qui donne envie d’y retourner. Ce vin atypique a pour beaucoup a pleinement convaincu. Accord parfait avec la tarte aux noix.

rayas chave romanee conti

 

L’année 2019 s’achève en beauté. C’est avec grand plaisir que l’on vous retrouvera l’an prochain pour de nouvelles soirées, avec encore plus de découvertes et de bouteilles prestigieuses, partagées dans la bonne humeur. Bonnes fêtes de fin d’année à tous.

Cyril & Tomy

 

15 décembre 2017

Soirée Champagne du 15/12

1 - Charles Heidsieck, Champagne Brut réserve (1/3 chardonnay, 1/3 pinot noir, 1/3 pinot meunier) : couleur dorée, nez marqué par des fruits bien mûrs, coing, ananas, pêche, rappelle un liquoreux, on sent les vins de réserve de 8-10ans. Bouche puissante, toujours sur les fruits mûrs, un peu de miel, bulle très fine et peu présente, bonne longueur.

 

2 - Gosset, Champagne Brut Grande réserve (45% chardonnay, 45% pinot noir, 10% pinot meunier) : robe plus claire que le précédent, nez sur des fruits moins mûrs, des agrumes surtout, pamplemousse, citron. Bouche plus vive, plus tonique, on sent que le champagne n’a pas fait sa malo, plus de bulles que le précédent, plus de fraîcheur et de tension, mais moins gourmand. Un autre style.

 

3 - Pierre Gerbais, Champagne « L’original » Extra-Brut (100% pinot blanc sur la Côte des Bar) : Robe encore plus claire, nez plus floral, quelques agrumes aussi, légèrement minéral. Bouche légère, fine, avec une bulle bien présente et une bonne acidité, on sent le côté plus sec, moins gourmand de l’extra-brut, belle longueur pour lui aussi.

 

IMG_20171216_122848

 

4 - Delamotte, Champagne Blanc de blancs Brut  (100% chardonnay sur la Côte des blancs) : On revient à une couleur plus dorée, le nez fait de suite penser à un beau bourgogne blanc, beurré, légèrement citronné, un peu de brioche et d’amande. Bouche presque « crémeuse », beurrée, qui reste plutôt légère avec une bulle fine. Un beau blanc de blancs.

 

5 - JL. Vergnon, Champagne « Eloquence » Grand cru Blanc de blancs Extra-Brut (100% chardonnay sur les grands crus Avize, Oger et Le Mesnil-sur-Oger) : Robe plus claire, nez très différent du précédent, sur l’abricot, la pomme verte, pas de « malo » ici. Bouche tonique, vive, tendue par une grosse acidité, pas du tout de gras, le côté extra-brut a un peu de mal derrière le Delamotte Brut sur les premières gorgées. On s’y fait progressivement. Là encore un style très différent du précédent.

 

6 - Gonet-Médeville, Champagne Blanc de noirs 1er cru Brut (100% pinot noir sur le premier cru Bisseuil) : Robe légèrement saumonée, nez sur les agrumes avec quelques petites notes de groseille, de framboise. Bouche puissante, "vineuse", tendue par une belle acidité, légèrement briochée. Très beau champagne, fait pour la table plus que pour l'apéritif.

 

7 - Billecart-Salmon, Champagne Brut rosé (40% chardonnay, 30% pinot noir dont une partie vinifiée en rouge, 30% pinot meunier) : Couleur rose pâle, nez de petits fruits rouges, légères notes de brioche et de pain grillé, bouche assez fine, très fruitée, à peine sucrée, gourmande, très facile avec quand même une bonne longueur. Le grand classique du champagne rosé.

 

8 - Gonet-Médeville, Coteaux champenois rouge "Athénaïs" 2014 : (100% pinot noir) On finit par un des rares vins "tranquilles" de champagne, couleur rubis, nez qui "pinote", sur la fraise, la griotte, avec une petite touche végétale, bouche légère, peu tannique, très fruitée, avec une belle trame minérale derrière, un petit côté vanillé dû à l'élevage qui doit encore se fondre, très belle longueur. Une belle bouteille qui dans quelques années rivalisera avec des grands bourgognes rouges.

 

Merci à tous pour cette excellente dernière soirée de l'année 2017. On se retrouve avec grand plaisir en 2018. Ne tardez pas trop à réserver, certaines soirées sont déjà complètes !

 

15 novembre 2023

Visite au domaine Les Chemins de l’Arkose à Montpeyroux

 

Visite au domaine Les Chemins de l’Arkose à Montpeyroux

 

Pour le coup j'ai l'impression de déjà bien connaître les vins d'Yvan chez qui j'ai eu l'occasion d'aller plusieurs fois ces dix dernières années. Ce sont pour moi des valeurs sûres si on cherche du bio, pas tout à fait nature mais presque (une dizaine de mg à la mise en moyenne), propres, de bon rapport qualité/prix, et dans un style un peu "rustique" dans le bon sens du terme : des vins de terroir et de caractère. Je dois avouer que je n'avais pas forcément prévu de repasser chez Yvan et Audrey jusqu'à ce que j'apprenne par hasard dans le Rouge et le Blanc qu'ils travaillaient une vigne d'hybride ! Et je ne regrette pas du tout ma visite, bien au contraire, puisqu'en plus des hybrides j'ai eu la bonne surprise de voir un nouveau chai et des nouvelles cuvées. Ici aussi ça bouge, ça se remet en question et ça progresse constamment.

 

 

Yvan Bernard s’est installé sur le village de Montpeyroux en 2001. Il s’est officiellement associé avec Audrey Baldassin (déjà employée au domaine depuis quelques années) en janvier 2021, d’où le nouveau nom du domaine : les Chemins de l’Arkose. Nous venons cependant d'apprendre le départ d'Audrey en mai 2025. Le domaine est certifié bio depuis 2009, et certifié en biodynamie par Demeter depuis 2021.

 

 

Il possède désormais 13 hectares + l’équivalent de 4ha environ en négoce :

1/3 sur Montpeyroux/Authezat/La Sauvetat 

1/3 sur Corent : un peu à l’est, au Nord, au sud (mais les vignes du sud vont être arrachées, replantées au nord)

1/3 sur Blanzat/Sayat : des gamays et quelques pinots qui donnent principalement la cuvée le Clos, rachetés plus récemment à JP Prunière.

 

 

Une nouvelle cave vient d’être construite sur Montpeyroux-Ouest avec plus d’espace, il y aura la possibilité de faire un petit caveau de dégustation face aux vignes, une petite chambre à l’étage et une salle de réception.

nouvelle cave chemins de l'arkose

pinots noirs montpeyroux

 

 

Les 2023 ont été vinifiés dans le nouveau chai. « On commence à apprendre ce qu’il y a comme levures. Tout a été fait en levures indigènes, ça s’est bien passé. Ça a moins patiné qu’en 2022, on n’a pas pris de volatile cette année. On a tout de même préparé des pieds de cuve une semaine avant les vendanges pour être tranquilles. »

 

 

 

Quelques 2023 sur cuve

 

nouvelle cave Yvan

 

L’autre rive chardonnay : (négoce, à Dallet. Achat de raisins bio à de jeunes viticulteurs qui autrefois vendaient à la coopé. Depuis 3ans les raisins sont vendus à Yvan et à Patrick Bouju. Sols calcaires et basaltes. Expo Nord-Ouest, ça regarde Pont-du-Château. Vignes de 10ans. Parcelle solaire, mais il y a eu de l’eau ici contrairement à Montpeyroux) chardo assez floral, vif, fruité, manque un peu de tension en 2023 mais facile à boire.

 

Au pied du mur chardonnay muscaté : (parcelle d’à côté, 10ans aussi environ. En 2023 la moitié a fait une macération de 6 jours) un chardo qui sent en effet bien le muscat au nez. La bouche n’a pas une grosse acidité en 2023, mais la macération emmène du peps avec une finale sur les amers, pas trop tannique non plus.

 

Aligotés plantés sur Corent Nord il y a 4ans (vont remplacer l’aligoté de négoce Fleuve tranquille. 2023 sera le premier millésime) non goûté.

 

Oppidum (chardonnay Corent sud pour le moment) : non goûté.

 

Les Dômes rouge 2023 : (tous les gamays de Corent, surtout des gamays d’Auvergne, Corent Nord et à peine à l’Est. En semi-carbo) Coloré en 2023, très juteux, plein de fruit, belle acidité derrière, se goûte déjà très bien, presque prêt. Délicieux. « Sur cette cuvée il faut ramasser à la limite de la sous-maturité ». Ça + Corent Nord aujourd’hui ça permet vraiment de trouver un bel équilibre sur les millésimes chauds.

 

Le Clos lot 1 : (gamays du Beaujolais plantés à Blanzat en 2000 et quelques pinots. Ici c’est solaire, plus marneux) Couleur très noire, le nez fait syrah je trouve, fruits noirs, presque lardé. Bouche mûre, large, puissante, mais bien faite, qui ne tombe pas dans le trop confit. C'est bon, mais il faut savoir à quel type de vin s'attendre.

 

Le Clos VV : (« ça ira en demi-muids bientôt, je verrai ensuite si j’assemble ou non avec le précédent ». Veux gamays d’Auvergne des années 50 avec quelques hybrides, des teinturiers, des chasselas, « à l’ancienne ». Vinifié à la Jacques Néauport en millefeuilles, une couche égrappé/une couche grappe entière. Macération plus longue, 20jours) Couleur plus violacée mais plus claire, bouche plus tendue, moins large, acidité plus haute, impression minérale, une finale qui allonge beaucoup plus, sur des tannins un peu serrés mais ça pousse très loin. « Les vieux gamays d’Auvergne, sur nos terroirs, c’est autre chose que les gamays Beaujolais ! »

 

Pinots d’Authezat, Vieilles vignes, jus de goutte : (en 2023 il a fallu s’adapter, mettre beaucoup de grappe entière notamment, les gouttes sont vinifiées à part cette année, on verra à la fin…) un jus étriqué, serré, compliqué en l’état.

 

 

 

Et les hybrides ?

 

Pour les plus motivés quelques pistes de lecture/visio : Vitis Prohibita, documentaire de Stéphan Balay (2019), Pascaline Lepeltier, Mille Vignes (2022), Valentin Morel, Un autre vin, comment penser la vigne face à la crise écologique (2023) et surtout Le Rouge et le Blanc n°144 (2022).

 

Pour faire simple : un hybride est un croisement d'une vigne européenne (vitis vinifera - quasiment tous nos cépages aujourd'hui) avec une vigne américaine le plus souvent (vitis riparia, rupestris, berlandieri, labrusca - que nous connaissons très mal...). Au 19e siècle, pour tenter d'améliorer nos rendements, nous avons importés, entre autres, des cépages américains qui portaient sur eux le mildiou, l'oïdium (des champignons) puis le phylloxéra (un puceron). Ces cépages-là s'étant acclimatés au fil du temps, ils sont, eux, résistants. Le vignoble européen est entièrement détruit, il faut trouver une solution : les vitis vinifera seront greffées sur des pieds américains. Jusque-là l'histoire est connue. Ce que l'on sait moins c'est que pendant longtemps, des cépages hybrides côtoient nos vitis vinifera. Au début du 20e siècle près d'un tiers du vignoble français est en cépages hybrides et l'on a recensé près de 3000 cépages différents. Dans les années 1930, la France est en surproduction de vin : pour des raisons politiques l'Etat décide de garder toutes les vitis vinifera plantées dans nos colonies et interdit la commercialisation des hybrides. Puis dans les années 50, l'Etat doit rembourser les Etats-Unis (source : le documentaire Vitis Prohibita) : il décide de lui acheter des produits phytosanitaires à grande échelle, il fait la promotion des vitis vinifera très sensibles au mildiou et à l'oïdium et demande l'arrachage des cépages résistants ! Il faut trouver une raison : on prétexte donc un fort taux de méthanol qui rendrait fou. La mauvaise réputation est faite ; les vitis vinifera et les produits chimiques l'ont emporté. Depuis quelques années certains hybrides ont été autorisés à nouveau, hors AOC bien évidemment...

 

 

Qu'en pense Yvan ? Comme Valentin Morel, son combat ce sont les traitements : " En 2023 je finis à 11 traitements cuivre/soufre, environ 3,5kg/ha, si tu ajoutes le coût des produits phyto qui n'arrêtent pas d'augmenter, l'essence pour le tracteur, le temps et l'énergie que ça coute, c'est plus possible ! " On sait aujourd'hui que sur le long terme la "bordelaise" est mauvaise pour les sols et pour les eaux. "Tu peux pas traiter comme ça et te revendiquer bio/ écolo, tout faire pour te passer de SO2 en cave etc... il faut être logique, et agir". Le livre de Valentin Morel n'est pas sorti comme ça, les vignerons commencent à être nombreux à se poser les mêmes questions.

 

 

parcelle 5455

 

 

Voici la vigne de Plantet ou 5455. C'est une parcelle qui appartenait à la grand-mère d'Audrey qu'Yvan a récupérée il y a quelques années ((à l'époque il ne connaissait pas encore Audrey !). "Ca fait 25ares en tout, les vignes ont environ 70-80ans. C'est planté "à l'ancienne" en 10000 pieds/ha avec 2/3 de gamay dont quelques teinturiers parce qu'il fallait bien donner un peu de couleur au vin, quelques chasselas pour avoir du raisin de table et les 5 rangées les plus à gauche ce sont les hybrides. C'était l'assurance climatique. Même les années de gel ou les années où on n'avait pas le temps de s'occuper de la vigne ça donnait un bon rendement". La plupart sont en franc de pied, mais pas toutes, c'est pas évident de savoir exactement. En blanc ce sont des pieds qu'Yvan vient de remplacer. "Juste devant nous on est directement dans le caillou, l'arkose (roche diétritique issue du granit riche elle aussi en quartz et feldspath), la sécheresse de 2019 a eu raison de pas mal de pieds, au fond c'est plus argileux en surface, ça a moins souffert." Yvan fait quand même un labour, "on peut s'en passer à certains endroits mais ici c'est compliqué". Ce qui est replanté est greffé. En 2023 il sort 80hL/ha et un seul traitement. 

 

Voici ce qu'on peut lire du plantet sur les cépages.fr : "Cépage plantet ou 5455 Seibel aurait été obtenu par André Seibel au début du 20e siècle par un croisement de 4461 Seibel et d’un vitis berlandieri. Un seul clone agréé, le 1330. Avant 1960 il était le second HPD (hybride producteur direct - non greffé) le plus planté derrière le chancellor. Un cépage qui donne de gros rendements, riche en couleur, faible en tannins, avec une bonne acidité, aux arômes foxés."

 

Il y a une seconde petite parcelle comme celle-là avec du plantet et quelques pieds de chambourcin et de rayon d'or. Les nouveaux plants ne sont pas si difficiles que ça à trouver, les plantet proviennent de chez un papy en Haute-Savoie. "En cherchant et en discutant avec les collègues on trouve pas mal de variétés aujourd'hui".

 

A l'avenir Yvan a prévu de planter entre 0,5 et 1ha d'hybrides sur Authezat, avec peut-être 5-6 cépages différents afin de pouvoir faire des tests. Le but n'est pas forcément de passer tout le domaine en hybride. Mais un petit pourcentage, c'est un gain de temps, d'énergie, l'assurance que tu vas récolter, un gain financier donc, qui te permet de mieux t'occuper du reste. Ca permet de garder un prix de vente abordable sur la gamme. Ca permet aussi d'échanger les résultats avec les collègues, c'est comme ça qu'on pourra avancer.

 

 

 

Quid de la qualité des hybrides ?

 

Si tout le monde s'accorde sur les avantages écologiques et économiques des hybrides, le grand débat réside sur leur niveau qualitatif. D'après Yvan la mauvaise réputation des cépages résistants vient du fait qu'à l'époque on ne savait pas vinifier. "Va goûter les hybrides de Vin Nu dans la Creuse, de Chamounet en Lozère ou ceux de Francis Rousset-Coteaux des Girondales en Haute-Savoie, notamment son Divico, un rouge originaire de Suisse et tu verras qu'il y a des vins excellents". Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd... Il faut bien avouer qu'on ne leur a jamais laissé leur chance : lorsque la bonne variété sera plantée sur le bon terroir avec des rendements relativement limités et des vinifs de qualité, nous verrons alors ce qu'il en est vraiment...

 

Le Plantet 2023 sur cuve : (vinifié en rosé, goûté sur une cuve qui a fini de fermenter, elle sera assemblée avec une cuve en fermentation, le tout mis en bouteille à 15gr de SR restant pour finir la fermentation et faire un pét' nat' rosé, la cuvée 5455) Couleur rose-framboise, nez fruité, framboise, fraise, assez classique au sens où il n'y a rien de très différent d'une vitis vinifera, absolument rien de foxé. Idem en bouche, c'est très bon, très fruité, pas trop d'alcool, une bonne fraîcheur dans le fond, très bon et très gourmand, on pourrait presque l'embouteiller comme ça. 

 

 

Alors est-ce que les hybrides sont l'avenir du vin ? Je dois avouer que je n'en sais rien du tout, mais plus je m'intéresse au sujet et plus je trouve que les partisans de ces cépages résistants ont d'excellents arguments.

 

 

Un grand merci à Yvan pour le temps accordé et pour toutes ces discussions. Ici, le bio c'est un état d'esprit et une façon de vivre au quotidien. D'ailleurs il paraît que l'on parle de plus en plus de l'irrigation dans les Côtes d'Auvergne ! Quel scandale ! Encore une raison de plus de mettre en avant les hybrides qui eux n'ont pas besoin d'autant d'eau...

 

25 février 2020

Soirée Whisky d'Anthologie du 21/02

 

soiree whisly cave theatre

 

1 - Speyside (Balvenie) 1990-2009 19ans Daily Dram 48% : Couleur dorée, nez sur le miel, la céréale, la vanille,pêche, ananas dans le fond. Bouche ronde et miellée, facile pour débuter, avec peut-être un peu d’alcool sur la finale.

 

2 - Speyside (Glenfarclas) 1977-2015 38ans The Whisky Agency Letters 46,8% 586bts : couleur ambrée, nez marqué par le fût de sherry : chocolat, noisette, fruits secs, bois précieux, figues, épices, très complexe. Bouche plutôt légère et sèche, chocolatée, avec une finale à peine asséchante pour chipoter. Il était probablement temps de le sortir du fût.

soiree whisky 2 cave theatre

 

3 - Glen Ord 1983-2014 31ans Cadenhead Bourbon hogshead n°3159 51% 204bts : couleur très claire, nez très élégant sur la poire, la cire d’abeille, le miel. Bouche toute en finesse, sur les arômes du nez avec un fruité acidulé en plus, finale sur le citron vert, la mandarine et la cire. On monte d’un cran.

 

4 - Ben Nevis 1996-2019 23ans Thompson Bros Amber Light Refill sherry butt 52,2% 497bts : couleur or profond, nez à peine fumé/soufré, sur l’abricot, l’orange, le cuir, le tabac. Bouche puissante, épaisse, sur les arômes du nez avec un peu de miel en plus. Longue finale sur le côté cuir/tabac. Moins élégant que le précédent, mais peut-être plus complexe.

soiree whisky 3 cave theatre

 

5 - Invergordon 1972-2016 43ans WhiskyBase Bourbon barrel n°13-04 49,7% 242bts : whisky de grain aux notes de caramel, épices, vanille, coco, avec une bouche un peu trop sucrée, sur les céréales caramélisées. Intéressant à goûter au milieu des malts mais limité malgré son grand âge.

 

6 - Talisker 25ans release 2009 Refill Casks 54,8% : un grand classique toujours aussi efficace, légèrement tourbé, très iodé et poivré, citronné, puissant et très long. Accord parfait avec le saumon fumé.

 

7 - Port Ellen 1983-2011 28ans Daily Dram 1/2bt pour Spirits in the Sky Festival 54,5% : Couleur or, nez qui demande du temps pour se livrer, d’abord marin sur le sel, la saumure, les algues, avec une tourbe très élégante plutôt typée cendre froide à la Lagavulin, puis de la vanille, un peu de citron, et une pointe médicinale. Bouche très élégante, ni trop tourbée ni trop iodée, à peine poivrée et médicinale, parfaitement équilibrée et longue. A la hauteur de sa réputation.

 

8 - Laphroaig 10ans CS Red stripe release 2008 55,7% : Couleur or profond, nez sur la viande fumée, la tourbe, notes médicinales, un côté sherry chocolat/orange et sauce soja. Bouche puissante et sirupeuse à la fois, bien tourbée. Très longue finale sur le bacon fumé et le feu de cheminée. Il tient tout à fait son rôle même derrière le Port Ellen.

 

soiree whisky

 

On finit tranquillement avec une bière Girardin (Gueuze black label, embouteillée en 2010)

 

 

Merci à tous les participants. Au vu du succès de cette soirée, nul doute qu'il y en aura d'autres : nous travaillons déjà dessus !

 

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>