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La Cave du Théâtre
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  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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15 juin 2024

Soirées chardo/pas chardo ? syrah/pas syrah ? (31/05, 07/06 et 14/06)

 

Après le thème pinot/pas pinot de l’an dernier, 2024 était consacrée au chardonnay et à la syrah, toujours sur le format « match entre 2 équipes ».

 

A quoi reconnaît-on un chardonnay ? Bien souvent à l’élevage qui l’accompagne : le beurre, le gras... Ce qui fonctionne parfois certes, mais qui peut aussi être trompeur lorsque l’on rencontre un chardonnay en cuve ou un cépage différent élevé « à la bourguignonne ». Les participants étaient donc emmenés à se focaliser sur les éléments structurants du vin plus que sur les arômes. Le chardonnay donne généralement des vins avec une bonne acidité, avec du corps, sans monter trop haut en alcool (si l’on parle du chardonnay en Bourgogne de millésime « moyen »). Il tire donc sa force de son équilibre : il a l’acidité et la fraîcheur des vins du Nord (plus d’acidité que roussanne, marsanne etc…) et la densité des vins du sud (plus « épais » que riesling, sauvignon…), ce qui fait qu’il supporte bien l’élevage fût et la fermentation malolactique. On peut le confondre avec rien au sens où aucun cépage ne lui ressemble vraiment et avec tout car tout cépage est susceptible de lui ressembler si l’élevage est bourguignon.

 

 

 

La syrah a été présentée comme un cépage coloré, haut en alcool (toutefois moins que le grenache), avec une bonne acidité, du corps (mais un peu moins qu’un grenache aussi), et la possibilité de donner des vins tanniques. La syrah peut facilement être confondue avec le gamay ou la mondeuse (censés être un peu moins hauts en alcool, et moins tannique pour le gamay) et avec le carignan et le mourvèdre côté sud, qui eux donnent des vins généralement encore plus élevés en alcool.

 

 

 

Mais gardons toujours à l’esprit qu’en fonction des terroirs, des vinifications etc… il y a plus de cas particuliers que de généralités !

 

 

 

Soirée n°1

 

Desvignes, Givry blanc En Chenèves 2022 : (100% chardonnay) On commence avec un chardonnay très classique, au nez quand même assez mûr et légèrement boisé. La bouche combine gras, beurré avec une bonne acidité, de longueur moyenne. Le chardonnay est globalement identifié.

André Perret, Condrieu 2022 : (100% viognier) Un Condrieu classique marqué par la pêche, l’abricot, au nez exubérant. La bouche est fruitée, grasse, puissante (14%), avec une acidité un peu trop basse pour être un chardonnay. Le Rhône est globalement bien identifié par les participants.

Arnaud Lambert, Saumur blanc Les perrières 2022 : (100% chenin) Couleur claire, nez très citron, agrumes, un peu de pomme au four, élevage discret, la bouche est tendue, très salivante, sensation minérale, elle semble manquer un peu de corps et de puissance pour un chardonnay. Un vin très élégant qui a été globalement identifié.

Les Frères Mignon, Coteaux champenois blanc 2019 : (100% chardonnay) Couleur bien dorée, nez qui rappelle la brioche, les lies, fruits jaunes mûrs également. La bouche présente un très beau volume combiné à une acidité élevée et très bien intégrée, peu beurrée, très énergique, crayeuse, probablement proche du nature mais très propre et très long. Par déduction, les participants partent globalement sur un chardonnay. Sacré niveau sur les blancs ce soir !

A et P De Villaine, Bouzeron 2022 : (100% aligoté) Couleur claire, nez assez « neutre » principalement sur le citron. La bouche est légère en alcool, avec une belle acidité salivante, presque maigre, mais fraîche et digeste. Tout le monde s’accorde sur un cépage du Nord qui n’a pas la densité du chardonnay. Merci pour le bonus Fred !

Daniel Bouland, Morgon Corcelette sable VV 2022 : (100% gamay) Couleur sombre - mais moins que les suivants, nez de fruits noirs, violette, poivre. Bouche avec du volume, sur les arômes du nez, des tannins fins, très beau fruité, très juteux, c’est mûr et dense (14% vol) sans être alcooleux et assez long. Tout le monde tombe dans le panneau en disant syrah sur ce très joli Morgon.

Vasse Felix, Maragaret River Filius Cabernet sauvignon 2020 : (95% cabernet sauvignon, 4% malbec 1% petit verdot) Couleur sombre, nez crème de cassis, eucalyptus, élevage bien intégré. La bouche est mûre, suave, pas très tannique pour un cabernet, légèrement épicée. Tout le monde est un peu perdu avec ce vin qui pourrait être une syrah du nouveau monde ou tout autre chose.

Barge, Côtes-du-Rhône Serine 2022 : (100% syrah Lieu-dit Bonnivière en Côte-Rôtie) Couleur sombre, nez très sauvage, lardé, violette, herbes aromatiques, anchois, thé, grappe entière, à la limite de la sous-maturité. La bouche est infusée, très sauvage, peu élevée en alcool, avec du végétal, un parti pris très fort de syrah sauvage, pure, que certains ont trouvé trop en sous-maturité et que d’autres ont trouvé génial. Là aussi, beaucoup sont perdus sur le cépage.

Clos Venturi, Brama syrah IGP Ile de Beauté 2022 : (100% syrah) on termine la série de rouge par un vin un peu plus clair et un peu plus léger, plus discret, facile à boire, tout en élégance, bien travaillé mais atypique pour une syrah.

Monts Fournois, Champagne Côte 2010 : (100% chardonnay à Vertus, extra-brut. Dég 2023) On termine par un champagne peu dosé, minéral, encore jeune pour 2010 à la bulle très fine, un style noble et sérieux, où globalement le champagne blanc de blancs a été identifié.

 

 

 

Soirée n°2

 

David Reynaud, Crozes-Hermitage Blanc Aux Bêtises 2022 : (70% marsanne 30% roussanne, 2/3 œuf 1/3 bois) Couleur claire, nez très aromatique de fleurs blanches et d’abricot. La bouche est légère en alcool et pas très grasse pour un vin du Rhône, assez élégante. Les participants ne sont pas sur un chardonnay mais globalement sur une région plus fraîche que le Rhône.

Stater-West, Saumur Brézé 2020 : (100% chenin) un chenin encore un peu marqué par son élevage, légèrement beurré et toasté, avec une bouche grasse, très typée bourguignonne. Le piège fut donc fatal.

Arnot-Roberts, Watson ranch chardonnay Napa Valley 2021 : (100% chardonnay) couleur claire là aussi, un nez légèrement beurré et fruits exotiques, mais peu boisé. La bouche est différente du nez, plus minérale, énergique, légère en alcool (12,5%), tendue et très digeste. Un joli vin dont la localisation et le cépage ont bien sûr posé problème.

Maxime Cottenceau, Montagny 1er Cru Vignes Longues 2021 : (100% chardonnay) On termine par un chardonnay plus classique, qui combine gras et acidité, avec un peu d’élevage au nez mais une fin de bouche très minérale, très longue, encore un peu jeune mais avec beaucoup de fond. Très joli vin, globalement placé en Bourgogne.

Patrick Bouju, Lulu L2020 : (100% gamay, Auvergne) On passe au rouge avec un vin clair, très trouble, à la volatile marquée (un peu d’acétate au nez et d’acétique en bouche), un peu de gaz aussi, parti-pris de vinification naturelle marqué, qui a donc divisé, certain ont adoré d’autres ont détesté. Un vin qui ne laisse pas indifférent, intéressant à goûter dans cette série, tout comme le Dard & Ribo. Merci Renaud et PN.

JM Burgaud, Morgon Les charmes 2022 : (100% gamay) un gamay foncé en couleur, sur les fruits noirs, mais une bouche légère en alcool aux tannins fins avec un très beau fruité. Moins piège que le Daniel Bouland de la semaine précédente qui était un peu plus mûr.

André Perret, Saint-Joseph 2022 : (100% syrah) Couleur sombre, nez encore marqué par l’élevage, vanillé, bouche qui semble plus puissante qu’elle ne l’est réellement, très poivrée, un peu dissociée et boisée. Par déduction la syrah est globalement trouvée.

Dard & Ribo, Crozes-Hermitage 2021 : (100% syrah) un vin très clair en couleur, léger en alcool, qui ne fait pas du tout syrah, malheureusement marqué par la souris sur cette bouteille. Un producteur qui se goûte généralement mieux.

Pierre Vaïsse, IGP Hérault Aphyllante 2020 : (100% mourvèdre) Couleur sombre là aussi, un nez orienté fruits noirs, menthol, bouche soyeuse, gourmande, tannins très fins, très suave, sans jamais tomber dans la lourdeur, une belle bouteille, dont le cépage n’est pas simple à deviner.

Besse, Valais syrah les serpentines 2019 : (100% syrah) Une syrah suisse très sombre, puissante, épicée, encore quelques tannins, chaleureuse, qui demande presque à vieillir encore un peu. Les participants pensent globalement à une syrah du sud.

Clos L’Epinay, Chaflorie Pét Nat’ 2023 : (100% chenin sur Vouvray) On termine avec un pet nat, travaillé en nature, parfaitement propre, très gourmand, avec un peu de sucre, léger en alcool, facile à boire, à la bulle fine. Pas très long mais très bien pour terminer. Personne ne pense chardonnay ici.

 

 

 

 

Soirée n°3

 

Bretaudeau, Muscadet Gabbro 2021 : (100% melon de Bourgogne) On attaque par un vin clair en couleur, au nez citronné, légèrement marqué par le grillé des lies, sans bois. La bouche est tendue, dynamique, légère en alcool (12%), pas très épaisse mais avec une belle longueur. Beaucoup ont répondu chardonnay sur ce très beau Muscadet.

Riccitelli (Argentine), Gualtallary Sobre suelos calcareos chardonnay 2021 : (100% chardonnay) Un vin légèrement plus coloré, élevé en œuf béton, réduit à l’ouverture, superbe après 4-5h de carafe, un nez très marqué allumette, lies, agrumes. Bouche encore plus énergique et tendue que le précédent, un peu plus d’alcool (13%), de corps et de longueur. Un vin qui a surpris, le chardonnay a été évoqué par déduction.

Combier, Crozes-Hermitage clos des grives blanc 2021 : (95% roussanne, 5% marsanne) un vin bien plus coloré, au nez marqué par l’élevage en barrique, vanillé, toasté, beurré, avec de l’abricot, des notes florales. Une bouche grasse, opulente, pas très haute en alcool sur ce millésime mais qui manque clairement d’acidité à l’unanimité être un chardonnay.

Benoit Girardin, Chassagne-Montrachet 2021 : (100% chardonnay) On termine par un bourgogne très classique, gras, beurré, à peu près au même niveau que le précédent en taux d’alcool et en densité, mais la finale a plus d’acidité et de longueur. Le chardonnay est vite identifié.

Edmunds St John (Californie), Barsotti ranch syrah 2014 AVA El Dorado County : (100% syrah) Une couleur sombre à peine rouillée, un nez de fruits noirs, de cuir, de fer. La bouche est finalement bien plus légère que ne le laissait présager le nez, vive, fraîche, pas très épaisse ni très longue mais très digeste. Un vin en hommage au nouvellement retraité Edmunds St John qui a beaucoup œuvré pour la nouvelle génération californienne. Très difficile à placer pour nous ce soir-là.

Fils de Charles Trosset, Savoie Arbin Mondeuse Prestige des arpents 2019 : (100% mondeuse) Une mondeuse colorée, sur les fruits noirs, la violette, un peu de poivre, légère en alcool (12,5%) mais qui semblait mûre, les tannins sont relativement fins pour une mondeuse. Difficile à placer.

Château Thivin, Côte de Brouilly Zaccharie 2019 : (100% gamay) Couleur claire, nez de fruits rouges, cerise, pivoine, très bourguignon sur ce millésime. La bouche est mûre, mais avec des tannins fins, une belle acidité, tout le monde pense à un joli pinot noir, moi le premier… Merci pour ce joli piège Olivier !

Domaine des Lises, Crozes-Hermitage Franc de pied 2015 : (100% syrah) Couleur sombre, peu d'évolution, nez de syrah racé, fruits noirs, violette, léger lardé, une bouche qui combine intensité, puissance et fraîcheur avec une très belle acidité et une trame minérale dans le fond, il reste encore des tannins mais pas secs et légèrement fondus par le temps en bouteille. Une très belle syrah, profonde, qui en a encore sous la pédale. 

Pierre Vaïsse, IGP Hérault Aphyllante 2020 : (100% mourvèdre) Couleur sombre là aussi, un nez orienté fruits noirs, menthol, bouche soyeuse, gourmande, tannins très fins, très suave, sans jamais tomber dans la lourdeur, une belle bouteille, dont le cépage n’est pas simple à deviner mais que certain(e)s ont tout de même décelé.

Domaine des Bérioles, Tressallier 2022 Méthode traditionnelle : on termine tranquillement par des bonus, toujours très efficace une bulle fruitée, légère, aérienne.

Sérol, Vin de France Turbullent : on finit par ce pétillant rosé avec 8-10gr de SR, parfait pour clôturer l’année.

 

 

Merci à tous les participants. On se retrouve en septembre pour de nouvelles aventures !

 

27 mai 2024

Soirées Vins d'Auvergne (03 et 24/05)

 

 

Une introduction exhaustive ainsi que les comptes rendus de nos visites chez les vignerons des Côtes d’Auvergne sont disponibles ici :

Les visites en Auvergne

 

 

 

 

Pour bien comprendre les différences avec l’AOC Sant-Pourçain, voici quelques éléments de comparaison :

 

L’AOC Saint-Pourçain fait environ 600 hectares répartis sur 19 communes et 20kms de long contre 400 hectares sur 53 communes et 80 kms de long pour l’AOC Côtes d’Auvergne qui est donc plus étalée et encore plus hétérogène.

 

On compte une vingtaine de producteurs à Saint-Pourçain contre une petite cinquantaine dans les Côtes d’Auvergne, où les exploitations sont donc en moyenne bien plus petites.

 

Le climat est aussi bien différent, beaucoup plus chaud et sec dans les Côtes d’Auvergne protégées par les Monts du Sancy (effet de Foehn). Il y a en moyenne 200mm/an de pluie supplémentaire à Saint-Pourçain. Cela explique en partie la meilleure réussite des blancs à Saint-Pourçain et les expérimentations comme les blancs de noirs, les vins de macération, etc... dans le Puy-de-Dôme.

 

L’encépagement est différent également avec la présence du Tressallier à Saint-Pourçain et l’arrivée de nouveaux cépages plus sudistes comme la syrah en IGP Puy-de-Dôme par exemple.

 

Enfin, les sols sont eux aussi en partie différents : on trouve du granite, de l’argilo-calcaire et du sable dans les deux appellations mais les sols volcaniques à proprement parler ne se trouvent qu’à certains endroits des Côtes d’Auvergne.

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°1

 

 

1 Terres Bariolées, Côtes d’Auvergne Les Suquets 2022 (100% chardonnay, à Chalus) : couleur or pâle un peu trouble, nez un peu fermentaire, levure, poire, agrumes. La bouche est assez simple, manquant un peu d’énergie et de tension sur ce millésime solaire dans le Puy-de-Dôme. Un vin qui se goûtait mieux il y a 6 mois finalement. 

 

2 Les Bérioles, Vin de France Autochtone 2021 (100% tressallier, à Cesset) : Couleur or, nez sur les agrumes, floral, à peine miellé, début d’évolution que l’on a senti avec l’ouverture vers des fruits plus exotiques. La bouche combine un très beau volume à une belle tension, aussi long que large, il s’est bien ouvert lui qui était un peu austère il y a un an, avec du fruit et aussi une sensation de minéralité sur la fin de bouche, finale très longue et salivante. Déjà excellent en l’état et un grand vin dans un an ou deux qui a fait l’unanimité.

 

3 Grosbot-Barbara, Vin de France Clos Jacques Chevallier 2018 (75% chardonnay + tressallier, pinot gris, à Cesset) : Couleur or pâle, nez déjà bien évolué, peut-être un peu trop pour 2018, avec un côté beurre rance. La bouche est très jolie, grasse et beurrée mais elle a aussi gardé une bonne fraîcheur et de la longueur. Un peu frustrant au final, la bouteille a probablement évolué un peu trop vite et se goûtait beaucoup mieux il y a un an ou deux. Le vin reste plutôt bon, mais pas au niveau espéré. 

 

4 Bastien Migeon, Côtes d’Auvergne Châteaugay Tiétà 2022 (75% gamay, 25% pinot noir) : couleur assez claire pour un gamay majoritaire, un nez plein de fruit et de pivoine, cerise, framboise. La bouche attaque avec ce joli fruité, puis elle se durcit sur la finale, sur des notes « volcaniques » de cendre et de fumée qui étaient plus discrètes il y a quelques mois. Le terroir est en train de ressortir, il apporte une certaine complexité mais a un peu trop resserré le vin peut-être. Ça reste d’un très bon niveau, surtout pour un premier millésime. 

 

5 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir + gamay, à Cesset) : Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées. 

 

6 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. 

 

7 Renards des Côtes, Vin de France Cheire de Poule 2022 (100% gamay, à Sayat) : dès l’ouverture de cette bouteille c’est très marqué vernis à ongle (acétate d’éthyle) et encore pire avec l’ouverture, le vin ne sera pas bu. Etonnant, car d'autres bouteilles de la même cuvée se goûtaient très bien.

 

8 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. 

 

9 Benoît Montel, IGP Puy-de-Dôme Sang des volcans 2020 (100% syrah, à St Bonnet-près-Riom) : couleur très sombre aussi, un nez sur les fruits noirs, le cacao, petite touche d’élevage vanillé. La bouche est légèrement plus puissante et plus dense que le précédent, l’élevage fût a bien arrondi les tannins, un style plus civilisé et plus en rondeur, la finale a quand même gardé une bonne acidité qui donne une allonge bienvenue. Jolie syrah là aussi, qui profite bien de ses deux ans de plus en bouteille. 

 

10  Coteau Libre, Coteau rouge 2022 (80% syrah + gamay, pinot à Saint-Privat du Dragon) : une bouteille prélevée en cours d’élevage, couleur très sombre, un nez très typé syrah du Rhône, très lardé, un peu sanguin, violette, anchois, olive, toute petite volatile. Bouche plus puissante que les précédents, mais aussi un peu plus d’allonge avec à la fois plus d’acidité et de tannins, moins de rondeur, plus de salinité aussi, un côté umami en finale, très salivant. Pour des vignes plantées en 2020 tout le monde s’est accordé à dire qu’il y avait un vrai terroir et un style à part. Très intéressant. 

 

11 Annie Sauvat, Vin de France Syrius 2018 : (Vin de paille, 100% gamay à Boudes) : couleur framboise, nez très purée de fraise, fruits rouges, un peu vineux. Bouche avec un bel équilibre, pas trop sucrée, une bonne acidité, beaucoup de fruit, reste assez frais et digeste. Parfait pour finir. Merci Seb ! 

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°2

 

 

1 Jean Wambergue, IGP Val de Loire-Allier Initial Tressallier 2022 (100% tressallier, à Saulcet) Couleur claire, nez sur le citron, les agrumes, à peine floral. Bouche vive, tendue, traçante, légère en alcool, citronnée, belle acidité qui réveille les papilles, sensation minérale et bonne longueur. Jean a choisi de ne pas faire la malo, peut-être un bon choix en 2022. Parfait pour débuter et mettre en appétit. 

 

2 Grosbot-Barbara, Saint-Pourçain Les Maltotes 2022 (50% chardonnay, 50% tressallier, à Montord) Un style complètement opposé, couleur plus marquée, nez beurré, encore jeune, sur des notes d’élevage vanille, coco, fruité plus mûr. La bouche est ronde, grasse, ample, boisée, mais heureusement l’acidité du tressallier s’impose en fin de bouche empêchant le vin de tomber dans la lourdeur en l’étirant juste ce qu’il faut. Un vin de gastronomie, qui séduit toujours l’assemblée. 

 

3 Les Bérioles, Vin de France Intrépide 2017 (100% chardonnay, à Cesset) Jean nous a ressorti un 2017 pour l’occasion, couleur bien dorée, nez très bourguignon, floral, fruits jaunes, beurré. En bouche l’attaque est grasse, large, encore en pleine forme, très vite l’acidité plus élevée que dans le vin précédent étire le vin, qui finit un peu plus austère mais plus long, sur des amers nobles. Très joli vin aussi, qui a l’avantage d’être à son apogée. 

 

4 Terres bariolées, Vin de France Sables de grès 2022 (100% chardonnay muscaté en macération, à Chalus) Couleur entre ambre et orange, plutôt limpide (sauf le fond de bouteille). Joli nez, exubérant, légèrement marqué par la rose, mais aussi, abricot, pêche, miel, semble proche d’un beau nez de liquoreux. La bouche est bien sûr sèche, sur des arômes de fruits secs et de fruits confits, de la rose, quelques tannins et quelques amers mais très fins pour ce vin orange qui reste accessible, complexe, avec beaucoup de peps. Par rapport au chardonnay de la semaine précédente qui manquait un peu de tension on voit là tout l’intérêt de la macération : aller chercher l’équilibre sur les amers et les tannins pour compenser le manque d’acidité. C’est réussi ! Bien sûr c’était un OVNI pour beaucoup ce soir-là, il a donc divisé l’assemblée.

 

5 Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc.

 

6 Terres d’Ocre, Vin de France Les Cailloux Pinot noir 2022 (100% pinot noir, à Châtel-de-Neuvre) Couleur framboise, nez plein de petits fruits rouges, éclatant, gourmand, marqué par la grappe entière aussi, clairement floral, pas très loin du côté bonbon mais il s’arrête juste où il faut. Bouche infusée, très pure, toute en fruit, acidulée, florale, toute en élégance, longueur moyenne mais on y retourne très facilement. (A carafer ou secouer un peu car il y a une pointe de gaz à l’ouverture - mais personne ne l’a senti du coup). 

 

7 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir, 40% gamay, à Cesset) Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées.

 

8 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay, à Boudes) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. 

 

9 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France Les terrasses 2022 (100% syrah, à Montpeyroux) : couleur claire pour une syrah, nez à peine réduit à l’ouverture au nez puis il s’ouvre sur des fruits noirs, un peu lardé. Bouche légère, facile à boire, peu d’alcool (12%), avec des tannins fins, très digeste, manque juste un peu de longueur dans cette série. On voit en tout cas clairement l’intérêt de la syrah en Auvergne, aujourd’hui très bien adaptée sur nos coteaux exposés sud. 

 

10 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme Syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. 

 

11 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France 54-55 (100% plantet ou 54-55, pet’nat’ rosé, à Montpeyroux) : un pet’ nat’ à base d’hybrides. A ouvrir 1-2h à l’avance ou à carafer car la bulle est très présente à l’ouverture et pas de soucis, couleur rose foncé trouble, nez gourmand fraise, framboise, bouche légère, facile, simple mais efficace, impression d’une toute petite sucrosité. Parfait pour finir sur une note rafraîchissante. 

 

 

 

Désolé auprès des producteurs dont nous n’avions plus rien en stock ou dont les premiers vins ne sont pas encore tout à fait sortis, et que nous aurions pourtant beaucoup aimé faire goûter… Nous comptons bien y remédier l’an prochain. Et au vu de l'engouement des participants à ces deux soirées, nul doute qu'il y en aura d'autres.

 

6 avril 2024

Soirée Coups de Coeur du 06/04

 

Soirée Coups de cœur 

 

Les coups de cœur de cette année ont en commun d’être des expressions fraîches, pures (peu boisées) et élégantes de cépages et de terroirs pourtant très sudistes pour la plupart d’entre eux. Preuve en est une fois de plus qu’il y a de grands vins partout sur la planète et que la caricature Ancien Monde/Nouveau Monde ne tient plus. Malgré le bouleversement climatique, il est encore possible de faire de jolis vins dans des secteurs très ensoleillés à condition d’adapter sa viticulture.

 

 

1 Baettig (Chili), Traiguén Los Parientes chardonnay 2021 :  (Jeune et petit domaine créé par 2 amis. Planté en 2013 à 600kms au sud de Santiago, province de Malleco. 38e parallèle. Sols volcaniques ici. Clones français, non irrigué. Pressé grappe entière, 16mois fûts français 400L 20 à 30% neufs suivant les années) Couleur or pâle, un nez exotique, ananas, gourmand, contraste avec une bouche tendue, plus sur les agrumes, très peu de bois ressenti, belle finale fraîche et salivante. 

 

2 Domaine des Notes bleues (Cédric Mottet), Arbois savagnin ouillé 2020 : (version 12 mois d’élevage) Couleur dorée et trouble, nez très finement oxydatif malgré l’ouillage, citron confit, agrumes mûrs. Bouche énergique, un peu moins oxydative que le nez, qui combine expression jurassienne assez classique et finesse. 

 

3 Arnaud Baillot, Pernand-Vergelesses A ma fille Mahaut 2022 : Couleur très claire, nez de petits fruits rouges, pivoine. Bouche légère, peu d’alcool, peu de tannins, pas un gros volume, jus de fruit acidulé très frais, qui glisse tout seul. Il ressemble plus à un 2021 qu’à un 2022 finalement. 

 

4 RETA (Chili), Valle del Limari Quebrada chalinga Pinot noir 2021 : (Domaine créé en 2019 par l’œnologue légendaire Marcelo Retamal qui a sélectionné les trois meilleurs terroirs du Chili selon lui. Ici  400kms au nord de Santiago mais proche de l’Océan. Vignes plantées francs de pied en 2006. Sols granitiques avec des dépôts calcaires. 50% grappe entière. Elevage 16 mois dans des fûts bourguignons 228L de 3e et 5e remplissage) Couleur rubis avec des contours un peu gris, plus foncé que le précédent. Un nez élégant, qui pinote sur les fruits rouges, petite touche fumée, épices, ronce. La bouche est fraîche, avec un beau volume, des tannins fins, combine un fruité mûr et une belle acidité, semble avoir un beau potentiel de garde tout en étant déjà approchable maintenant, la grappe entière se sent et lui apporte une forme de noblesse. Très joli vin. 

 

5 Cassagne et Vitailles, Vin de France Nimalaya 2021 : (vieux carignans du Languedoc, argilo-calcaires sur Montpeyroux et St Saturnin.) Couleur sombre, nez de fruits noirs, très propre, avec une petite touche amylique, encore jeune et sur le fruit. La bouche est très élégante, peu d’alcool, très fraîche, aucun boisé, plein de fruit avec une belle acidité dans le fond apportant une sensation minérale. 

 

6 Arnot-Roberts (Californie), Lodi Kirchenmann vineyard Zinfandel 2021 : (Domaine créé en 2001 par deux amis. Sols limons granitiques et sableux, raisins achetées à Sandlands. Vigne franche de pied de 1915. Un peu de grappe entière ici.) Couleur sombre, nez sur le cassis, la mûre, petite touche violette et eucalyptus. Bouche très élégante pour un zinfandel, peu d’alcool, tannins fins, peu de bois ressenti, un fruité gourmand à peine sucré et derrière une belle acidité pour ce cépage qui donne là aussi une sensation de minéralité. 

 

7 Antonio Madeira (Portugal), Dao Vinhas Velhas branco 2020 : (15% Arinto, 15% Bical, 15% Cercial, 15% Encruzado, 15% Fernao Pires, 15% Siria, 10% Autres. A 600m d’altitude sur granit dans la Serra da Estrela. Moitié 500L moitié cuve.) Retour au blanc pour le fromage, couleur or pâle et trouble, nez d’abord sur l’autolyse grillé, puis fruits bletts, notes florales, un peu brouillon. Jolie bouche énergique, tendue, minérale, citronnée, anisée, florale, à la finale salivante. 

 

8 Mas Karolina, Maury rouge 2021 : (100% grenache, 17% vol, 90gr SR.) Couleur sombre, nez plein de fruits, mûre, crème de cassis. Bel équilibre en bouche où les 17% ne se sentent pas, les 90gr de sucres non plus, plein de fruits noirs frais. Assez simple mais toujours très efficace pour finir. 

 

Bonus Mesquida Mora, VT Mallorca Gorgollassa d’Es Monjos 2022 : (1/3 grappe entière) Vieux cépage autochtone de Majorque, le gorgollassa, un vin très simple par rapport aux autres de la soirée mais qui a le mérite d’être léger en alcool (12,5%) et peu tannique. 

 

26 mars 2024

Soirées Vins d'Espagne (15 et 22/03)

 

Introduction - Viticulture 

 

- Surface : 955 000 ha en 2022, pour 35,7 millions d’hectolitres. Numéro 1 en surface viticole, environ 3e en quantité (proche de la France, l'Italie et la Chine).

- 1er exportateur mondial.  Numéro 1 du vin en vrac, même si l’Espagne se tourne de plus en plus vers du « qualitatif ».

- Peu de vignerons indépendants : on différencie souvent les viticulteurs (65% des exploitations font moins de 0,5ha. Moyenne totale 1,5ha de vignes par exploitation) des bodegas. 

- N°1 du bio.

- Plus de 600 cépages. Dans l’ordre : airen, tempranillo, bobal, grenache, mourvèdre, maccabeu-viura, cayetana blanca, cabernet sauvignon, palomino, syrah, alicante, verdejo, merlot, muscat d’alexandrie, warello, PX, mencia, parellada, chardonnay, mauzuelo-carignan, alvarinho…

- Elevages : Joven = 6mois, Crianza (24mois dont au mois 6en fût), Reserva = 36mois, Gran Reserva 60mois. Pour les blancs et rosés 18, 24 et 48mois.

- Le système d’appellation :

             - Vino (anciennement Vino de Mesa)

             - IGP (anciennement Vino De la Tierra)

             - DOP avec les alternatives possibles VCIG, DO, DOP, DOCa (Priorat et Rioja), Vino de Pago (grands crus)

- Latitude : Entre 43,5 et 36°. Une viticulture du sud donc, bien en-dessous du fameux 45e parallèle. Il va falloir compenser cette chaleur grâce à deux éléments :

- L’altitude : l’Espagne est le pays le plus montagneux d’Europe.

- L’eau : Océan Atlantique, mer Méditerranée et les fleuves Ebre, Taje, Duero...

A lire : La formidable affirmation des grands vins d’Espagne par Pierre Citerne (RVF n°649)

 

 

 

Les principales régions - Des paysages variés

 

- Galice : « L’Espagne verte », « la Bretagne espagnole ». Région fraîche, extrêmement pluvieuse (jusqu’à 1500mm/an). Sols de schistes et de granit le long des fleuves Miño et Sil. Des blancs très frais sur la Côte Ouest à base d’albariño. De plus en plus de chaleur lorsqu’on rentre dans les terres : des blancs un peu plus mûrs à base de godello et des rouges à base de mencia et de vieux cépages autochtones. Viticulture en pergola parfois, ou en terrasse sur les pentes vertigineuses.

 

- Catalogne : secteur qui bénéficie à la fois d’un climat méditerranéen à l’est et d’altitude. Quelques jolis vins effervescents (cava), des blancs secs (cépage xarello notamment) et les grands vins rouges du Priorat (grenache, carignan…)

 

- Rioja, Castille-et-Leon (Ribera del Duero, Toro, Rueda) : climat continental, très rude en hiver, très chaud en été. Compensé par l’altitude (surtout Ribera del Duero). Rouges puissants à base du cépage tempranillo avec des élevages longs en fût. Quelques jolis blancs aussi sur Rueda (verdejo) et Rioja (viura-maccabeu). La région historique, mais globalement en perte de vitesse.

 

- Sierra de Gredos : montagnes sur les hauteurs du nord-ouest de Madrid, où les vins peuvent sortir en DO Mentrida, Vinos de Madrid… Principalement des grenaches à près de 1000m d’altitude. Nouvelle génération.

 

- Andalousie : zone la plus chaude d’Espagne, spécialisée dans les VDN (le mutage n'est plus obligatoire depuis peu). On essaye de bénéficier des courants d’air frais marins venant du sud-ouest. Sols de craie : "albariza". Cépage palomino (parfois PX) pour les blancs secs, et Moscatel et PX pour les sucrés. Quelques vins non mutés blancs et rouges en progression.

 

- Les îles : quelques jolis vins volcaniques sur les Canaries avec de vieux cépages autochtones. En progression sur Majorque également.

 

 

 

Soirée n°1

 

1 Cantalapiedra (Castille-et-Leon), VT Castilla-y-Leon Majuelo del Chiviritero 2021 : (domaine qui vinifie depuis 2014 7ha sur les 20ha qu’il possède de longue date, à La Seca (Rueda). 700m d’altitude, 100% verdejo. Sols de galets, argile et calcaire, vignes d’environ 40ans sur cette parcelle. Elevage vieux fûts puis cuves. Vinif proche du nature.)       Couleur dorée, nez citron confit, petite volatile, levure, floral. La bouche est très propre, citronnée aussi, avec du volume, de plus en plus en se réchauffant, une bonne acidité qui lui permet de garder l’équilibre, une finale sur les amers, mais il reste assez simple.

2 Suertes del Marques (Canaries), DO Tenerife Vidonia 2020 : (domaine de 11ha + 15ha négoce créé en 2006. Tendance nature. 100% listan blanco ou palomino, Vignes à Las Suertes, La Florida et La Mocana sur argiles. Elevage 11mois en foudres de 2500L et fûts de 500L.)    Nez très fumé, un peu soufré, réduit, volcanique, qui a tendance à s’accentuer avec l’aération. C’est mieux en bouche où ce côté fumé est moins dominant, jolies notes citronnées, salines, très énergique, très long et salivant. 

3 Nanclares y Prieto (Galice), DO Rias Baixas A Graña 2021 : (domaine de 5ha bio né en 1993, 100% albariño d’environ 30ans à Sanxenxo sur sols de granit et sables. Elevage de 9mois 75% fûts de châtaigniers non neufs et 25% cuves inox)     Nez un peu timide à l’ouverture, puis se développe sur des fruits exotiques et des agrumes. Très belle bouche avec du volume, presque un peu de gras pour cet alvarinho qui voit le fût, mais il garde une grosse acidité, fruits exotiques à l’attaque, la finale est plus zestée, avec de beaux amers, très longue. Très beau vin. 

4 Envinate (Galice), Vino (Ribeira Sacra) Lousas Vinas de Aldea 2020 : (Créé par 4 amis œnologues en 2005, explorateurs de parcelles rares en Galice et aux Canaries. Vinif nature, grappe entière, vieux fûts, sols d’ardoise. Cépages mencia + brancellao, merenzao, mouraton, alicante…)     Pas si clair que ça pour un Envinate qui peuvent parfois être encore plus infusés, très beau nez très fleuri, éclatant, pleine de fraise et de poivre aussi. La bouche est un beau jus de fruit très frais, pivoine, poivre et fumé, nature très propre, pas très long, mais très élégant et facile à boire. 

 

5 Comando G (Sierra de Gredos), DO Vinos de Madrid La Bruja de Rozas 2021 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis : Marcel Isart, Fernando Garcia Alonso de Marananos et Daniel Jimenez-Landi. Travail en biodynamie, parcellaires, moyenne de 1000m d'altitude, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, grenaches infusés, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise.)      Couleur très claire, nez très réduit à l’ouverture, bien mieux après 5h de carafe. Grenache infusé, très framboise, fraise, pivoine, aromatique élégante, mais fin de bouche encore très serrée, qui semble un peu jeune. 

6 Bodegas Frontonio (Aragon), Vino (Valdejalon) El Jardin de las Iguales 2020 : domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 96% grenache, 4% macabeu. Vignes de 100ans, 700m d’altitude. Sols d’ardoise et calcaire. Expo Nord. 100% grappe entière, 3mois de macération. Elevage fûts 465L.    Couleur ultra claire et limpide, brillante, nez de rose, de fraise, orangette, épices du souk, bouche en dentelle, pas très épaisse, toute en allonge et en subtilité, raffinée, qui gagnera en complexité avec le temps, mais elle est déjà excellente en l’état, très longue, fraîche, un grenache aérien. 

7 Bodega Cerron (Murcie), DO Jumilla La Servil 2021 : domaine familial de 30ha, bio depuis 1989 et bioD 2021, 95% mourvèdre 5% vieux cépages locaux. vignes de 1954 non greffées, 960m d’altitude, sols calcaires. Egrappé à 80%, fermentation en cuve bois, élevage en foudres 14 mois. Non collé, non filtré, 40mg SO2 total.       Couleur sombre derrière les grenaches, nez de fruits noirs, réglisse, cuir, violette. Très belle bouche qui semble très fine pour un jeune mourvèdre, avec une acidité haute (ph 3,4) qui équilibre bien les 14,9% d’alcool, vraie sensation minérale et calcaire, pas beaucoup de rondeur, mais de l’allonge et de la fraîcheur, très beau style. 

8 Alberto Orte Bodegas Poniente (Andalousie), DO Jerez Palo Cortado VORS : winemaker, explorateur et spécialiste des vieux cépages travaillant en Andalousie, Galice… 100% palomino fino du vignoble bio d’El Ajibe, solera de 30ans de moyenne. Elevage sous voile puis oxydatif ensuite.      Couleur ambre foncé, nez plus oxydatif, noix, fruits secs, café, bouche qui a gardé un peu de fruit, mélange subtil d’oxydatif et de fruits encore frais, c’est plutôt sur l’élégance pour un palo cortado. Mais il garde surtout une ampleur exceptionnelle avec ses 21% d’alcool et son acidité énorme, une longueur interminable. 

Bonus

Baztango Xurie (Pays basque), Vino Kiribil 2022 (Txakoli) : (courbu, mansengs riesling).   Robe trouble, nez un peu typé nature, pomme blett, simple. C’est mieux en bouche, avec beaucoup d’énergie à l’attaque, vif, tonique, sur la pomme et le citron, pas un gros volume, mais une bonne maturité tout en gardant du peps. 

Remelluri -Telmo Rodriguez (Rioja), DOCa Rioja blanco 2017 : (Rioja alavesa, 9 cépages, plutôt rhône blend)    Changement complet de registre, robe dorée, nez très pêche, abricot, un peu de beurre, de caramel. Bouche avec du volume, du gras, puissante, moins acide, plus opulente que les précédents, sur les arômes du nez, bonne longueur mais il appelle la table. Un millésime moins tendu que 2019 ou 2016 de mémoire.

Bodega Contador (Rioja), DOCa Rioja Predicador 2015 : (93% tempranillo, grenache, mazuelo, graciano)  Couleur sombre, nez boisé, fumé, fruits noirs, début d’évolution tabac, sous-bois. Bouche encore jeune, puissante, boisée, fruits noirs confits, bonne longueur. Un style plus traditionnel qui tranche avec les vins précédents. 

Sant Josep Cooperativa Clot d’Encis (Catalogne), DO Terra Alta Clot Ranci solera 1962-2023 : (grenache blanc) couleur claire et orangée, nez qui fait assez jeune, à peine oxydatif, beaucoup de fruit comme de l’abricot surtout, voire de la pêche, la bouche est étonnante aussi, facile d’accès, les 17% d’alcool ne se sentent pas, c’est frais, très fruité pour un vieux ranci, avec une belle allonge acidulée. 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Enric Soler (Catalogne), DO Penedes Nun Vinya dels Taus 2020 : (domaine bio de 1,5ha créé en 2004 par ce professeur d’œnologie de Barcelone. 100% xarello, vignes de 70ans, sols argilo-calcaires. Elevage 8mois fûts dont 50% neufs)    Couleur or pâle, nez encore un peu marqué par son élevage, très bourguignon dans l'esprit, beurré, légèrement toasté et vanillé. La bouche est plus jolie et moins marquée, avec une belle tension, des agrumes, une finale longue et fraîche plus minérale sur des amers nobles. Un beau vin, encore un peu trop jeune, qui a eu besoin d'une longue ouverture.

2 Veronica Ortega (Castille-et-Leon), DO Bierzo Cal 2020 : (domaine de 5ha bio créé en 2012. 100% godello. 650m d’altitude sur calcaire. Elevage 14mois vieux fûts et amphores)      Couleur or pâle, moins brillante que le précédent, nez qui fait penser à un chenin, sur la poire, la pomme au four, le citron. Bouche énergique, peu d'alcool (12,5°), en fraîcheur, travaillée plutôt en réduction, un peu nature mais parfaitement propre, pas un gros volume, mais une finale fraîche et minérale, citronnée, zestée.

3 Palacio de Fefinanes (Galice), DO Rias Baixas Ano III 2016 : (grand domaine créé en 1928, achat de raisins. 100% albarino sur sols de granit, élevage long en cuve puis en bouteille)     Couleur dorée, nez plein de fruits exotiques très mûrs, miel, presque beurré, exubérant. La bouche reprend ces fruits très mûrs, avec du volume mais une belle acidité qui vient étirer l'ensemble et l'empêcher d'être lourd, belle longueur plutôt sur les agrumes. Joli vin, à son apogée, dans un style plus exubérant et moins en tension que Nanclares.

4 Bodegas Ponce (Castille-La Manche), DO Manchuela Pino 2021 : (17ha + 18ha en fermage bio et bioD. Vieilles vignes. 100% bobal 900m d’altitude sur calcaires. Elevage 11 mois en demi-muids de 600L)      Couleur grenat, contours violets. Le nez évoque un gamay avec de la mûre, cerise, cassis, violette. La bouche est très fruitée, florale, élégante, fraîche avec ses 12,5% d’alcool, étirée par une belle acidité qui lui donne de la longueur et une sensation minérale, quelques petits tannins en fin de bouche accentue l’allonge du vin. Très joli bobal d’altitude. 

 

5 Telmo Rodriguez (Galice), DO Valdeorras O Diviso 2018 : (flying winemaker et explorateur en Galice, Rioja… vieilles vignes 80% mencia + merenzao, souson, grenache… sur granit entre 700 et 800m, en partie exposé nord. Egrappé, Elevage en demi-muids 600L)    Couleur grenat, le nez évoque cette fois-ci la syrah avec du poivre, des fruits noirs, de la violette, des notes lardées. La bouche reprend cette aromatique avec une texture soyeuse, tannins fins, de la fraîcheur, pas très haut en alcool (13,5%), finale poivrée assez longue. Très beau vin.

6 Comando G (Madrid), DO Vinos de Madrid La Brena 1er cru 2020 : (Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis. Travail en biodynamie, parcellaire, 1060m d'altitude, expo nord, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, 100% grenache de 60ans, grappe entière, levures indigènes, foudres non neufs. Juste un peu de SO2 à la mise)       Couleur ultra claire, de l’infusion extrême, superbe nez sur la rose, la fraise, la framboise, presque des fruits exotiques à la manière d’un blanc. La bouche attaque sur la finesse, le fruit, la fraîcheur, très peu de volume, elle s’étire longuement, sur des tannins serrés mais de qualité qui donnent de l’allonge, sensation minérale fortement présente pour ce vin d’esthète, qui peut être difficile à comprendre. 

7 Frontonio (Aragon), Vino La Cerqueta 2021 : (domaine de 60ha créé en 2008 par le MW Fernando Morra et Mario Lopez à Valdejalon, au nord de Catalayud. Viti régénérative. 630m d’altitude sur ardoise, 100% grenache de 75ans, grappe entière. Elevage divers fûts)           Comparaison intéressante avec le Comando G, couleur rubis, très claire en soi mais beaucoup plus foncé que le précédent, nez très fraise, cerise rouge, un peu bonbon, pivoine aussi. La bouche est très fine aérienne, mais toute en rondeur, sans tannins, offrant déjà beaucoup de plaisir, un peu plus immédiat et gourmand mais un peu plus court en finale par rapport au Comando G. 

8 La rioja alta (Rioja), DOCa Rioja Gran Reserva 904 2011 : (vieux domaine de 400ha + 300 en négoce, 90% tempranillo 10% graciano. Elevage 4ans en fûts de chêne américain)   Couleur sombre, nez très coconut, vanille et fruits noirs, aussi un début d’évolution tabac et sous-bois. En bouche aussi l’élevage domine, les tannins sont bien arrondis par le bois, c’est encore jeune, il y a un peu de fruit et une acidité quand même présente. La finale est longue mais sur la sucrosité de l’élevage. Il fait son effet au départ, mais peut devenir assez vite écœurant.

9 Equipo Navazos (Andalousie), DO Jerez La bota de palo cortado n°121 : (Jeune embouteilleur indépendant et sélectionneur de fûts. 100% palomino fino. Vendange 2010. Sur Sanlucar. Elevage sous voile puis oxydatif)         Couleur ambre clair aux reflets oranges, un nez qui a gardé beaucoup de fruit sur ce jeune palo cortado, très abricot sec, orange, noisette. La bouche est élégante, peu élevée en alcool (18%) pour un palo cortado, tendue et acidulée, très longue et très saline, très umami. Superbe. Mais un petit cran en-dessous du Poniente en terme d'intensité et de longueur.     

 

Merci à tous pour ces deux excellentes soirées qui nous auront permis de voir tout le potentiel de la nouvelle génération espagnole.

 

9 mars 2024

Soirées Prestige du 09/02 et 08/03

 

 

Soirée n°1

 

1 Vincent Latour - Meursault 1er cru Perrières 2018 : on débute par un Meursault classique, bien fait, au nez beurré, légèrement vanillé. La bouche est grasse, épaisse, beurrée, florale, elle se retend sur la fin, finassant plus minérale et sans lourdeur.

 

2 Bernard Millot - Puligny-Montrachet Les Corvées 2020 : on continue sur un second chardonnay, encore jeune, bien moins de gras, peu d’élevage, la bouche est sur la tension, beaucoup pensent plus à la Loire qu’à la Bourgogne d’ailleurs, encore un peu soufré, avec une finale très minérale qui allonge bien. Joli aussi, dans un style très différent. Merc Kevin ! 

 

3 Ganevat - Côtes du Jura chardonnay Les Grandes Teppes VV 2018 : couleur dorée et trouble, nez typique du domaine, fruits un peu bletts au départ, citron confit, volatile élevée. C’est surtout en bouche qu’il est intéressant, très énergique, explosif, toujours ce côté citron confit, volatile (acide acétique) qui donne encore plus de peps, fond minéral, beaucoup de longueur, finale umami, très salivante. Un Ovni, qui du coup a divisé les opinions.

 

4 Château Rayas - Châteauneuf-du-Pape blanc 2007 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or avec une intensité qui vire presque au fluo, le nez s’ouvre sur des notes étonnantes de carambar, avec une impression de sucrosité gourmande, puis de la pêche, abricot, miel, fleurs blanches, complexe. La bouche est puissante, probablement élevée en alcool, gros volume, complexe, sur les arômes du nez, pas beaucoup d’acidité, avec du gras, à peine beurrée, finale très longue dans un style plus rond et réchauffant que la série de chardonnay, il appelle la table.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille - Volnay 1er cru Les Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Château Giscours - Margaux 1988 : (65% CS, 30% merlot, 5% CF) Couleur sombre et tuilée, nez fumé, chocolaté, sous-bois, champignon, fruits rouges compotés, cigare, très noble. La bouche est encore relativement jeune pour l’âge du vin, les tannins sont très fins désormais, manque peut-être d’un peu de soyeux de texture, mais très noble, frais, encore du fruit, très long. Il a fait l’unanimité, comme souvent avec les Bordeaux à point. 

 

8 Grange des Pères - IGP Hérault 2016 : (40% syrah, mourvèdre, CS, counoise) Couleur sombre, nez très « Grange » anchois, olive, garrigue, fruits noirs. Bouche qui combien intensité, puissance et fraîcheur, les tannins sont fins, dans une phase très ouverte. Délicieux.

 

9 Henri Bonneau - Les Rouliers Vin de France : (lot 0921) Couleur plus claire, nez plus confituré, fruits rouges presque sucrés, épices. La bouche est très ronde, suave, à l’alcool probablement élevé mais contrebalancé par une forme de sucrosité, des tannins très fins, il passe sans difficulté derrière la Grange, le style est un peu plus lisse et plus propre que les Bonneau du passé, mais toujours délicieux. Merci Pilou !

 

10 Joliette - Vin de France 2013 : (11 gr SR/L) Couleur ambrée, nez de caramel, cannelle, noisette, petite touche oxydative, fruits secs, pas vraiment d’ananas ou ce genre de fruits frais pour Jurançon. La bouche est sur la tension, puissante, intense, avec une très belle acidité, mais c’est un Ovni, pas beaucoup de fruits, plutôt dans le style d’un oxydatif, tendu, quasi sec, avec beaucoup de longueur. Il s’ouvre dans le verre, sur du miel, de l’encaustique, très complexe. Lui aussi, un style très particulier qui a divisé.

 

11 Frédéric Savart - Champagne Blanc de Blancs : (dég déc 2023. Chardonnay sur Ecueil et Trepail. 2 gr) On termine sur une note de légèreté, un blanc de blancs à la bulle très fine, très facile, élégant, dont la sucrosité fait un peu plus que 2gr, c’est gourmand en même temps. Parfait pour finir en beauté.

 

 

 

 

 

Soirée n°2

 

1 Laculle Frères, Champagne Bourdon 2018 : (100% chardonnay, parcelle à Chervey, Côte des Bar. Malo faite. Elevage en cuves bois. Non dosé) couleur claire, nez élégant de fruits blancs, floral, pas très marqué par les lies. Bouche avec des bulles fines, sur la tension avec une jolie amertume qui donne du caractère.

 

2 Roulot, Bourgogne aligoté 2020 : couleur claire, nez de pomme verte, citron, petite touche d'élevage grillé sur lies. Bouche peu épaisse, citronnée, tendue, rafraîchissante, longueur moyenne. Merci Céline ! 

 

3 Albert Grivault, Meursault Clos des Perrières 2020 : couleur or avec des reflets verts, nez beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes, pointe de sucrosité gourmande. Bouche avec un joli gras à l'attaque, beurrée, encore un peu d'élevage mais la fin de bouche se retend sur une très belle acidité, sensation minérale, la finale est très longue et pas du tout pataude. Excellent vin, déjà étonnamment très accessible.

 

4 Rayas, Châteauneuf du Pape blanc 2012 : (50% grenache blanc, 50% clairette) Couleur or, nez évolué de cire, de miel, d'abricot, de pêche. La bouche est élégante, fruitée, miellée, du volume, peu d'élevage, avec une acidité plutôt basse, l'alcool se sent un peu en finale.

 

5 Clos Rougeard - Saumur-Champigny 2014 : Couleur claire, nez qui poivronne un peu au départ, puis de plus en plus de fruits, un côté pivoine, voire pot-pourri sur la fin, de plus en plus bourguignon avec l’ouverture. La bouche est aérienne, légère, mais avec un côté soyeux, évidente, parfaite, sans le côté poivron du nez, qui peut se boire avec une facilité déconcertante.

 

6 De Montille Volnay 1er cru Mitans 1999 : un pinot foncé, peu évolué pour un 1999, au nez légèrement kirsché, un peu de sous-bois, des fruits noirs, des épices. La bouche est très noble, mais un peu austère, tendue, avec des tannins encore présents en finale mais qui donnent beaucoup d’allonge, on sent le côté grappe entière ici. Un vrai 1999 et un vrai De Montille finalement.

 

7 Rostaing, Côte-Rôtie La Landonne 2012 : couleur un peu tuilée évoluée déjà, nez lardé, cuir, animal. Bouche sur la tension, pas de travail sur la texture, les tannins sont plutôt fins pour un Rostaing, beaucoup de longueur et de fraîcheur, très marqué par la grappe entière. Pile à point dans ce "petit" millésime. Délicieux. Merci Olivier ! 

 

8 Clos Venturi, Chemin de croix 2020 : (sciaccarellu Corse) Couleur grenat clair, nez éclatant dès l'ouverture, fruits des bois, framboise, cranberry, notes de pivoine, réglisse, en se réchauffant un peu garrigue et menthol. Bouche pleine de fruits et de fleurs, éclatante aussi, très fraîche, tannins fins, il se comporte mieux à l'ouverture servi un peu fais, en se réchauffant il tire sur un grenache un peu rond avec l'alcool qui ressort. La finale est très longue, toujours de la fraîcheur et de l'élégance, un peu plus épicée. Merci Arnaud ! 

 

9 Pichon Longueville Comtesse, Pauillac 1986 : (62% CS  35% Merlot  3%CF) Couleur sombre et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, cuir, le fruit à du mal à sortit. C'est mieux en bouche, encore fraîche, avec une certaine austérité, noble, mais à aller chercher, manque une touche de gourmandise. 

 

10 Grange des Pères, IGP Hérault 2017 : par rapport au 2016 bien plus chaleureux, chocolaté, encore un peu jeune probablement.

 

11 Albert Mann, riesling grand cru Schlossberg L’Epicentre SGN 2018 : nez plein de fruits exotiques, miel, bouche à l'équilibre parfait, personne ne devine qu'il y a autant de sucre grâce à une superbe acidité dans le fond, c'est long et très digeste.

 

29 janvier 2024

Soirées Saints (19 et 26/01)

 

Chagnoleau, Saint-Véran Prélude 2022 : on commence par un St-Véran assez classique mais bien réalisé, notes de fruits mûrs au nez, presque exotiques. La bouche reste bien minérale, fraîche, tendue, peu de gras et peu d’élevage sur cette cuvée. Une bonne longueur. Une excellente entrée de gamme, qui est en train de devenir un grand classique millésime après millésime.

 

Balassa, Tokaji sec Szent Tamàs (Saint-Thomas) furmint 2019 : Couleur dorée, nez de liquoreux, coing, fruits exotiques, miel, pourrait faire penser à un Huet moelleux par exemple, élevage bien intégré. La bouche est par contre bien sèche, avec des notes d’agrumes, des fruits exotiques aussi, du volume, de puissance moyenne, acidité élevée mais il faut bien ça pour équilibrer cette maturité du fruit. Ca fait un peu plus vieux que 2019 et ça semble prêt à boire, la finale est très longue. Superbe vin qui a bluffé tout le monde à l’aveugle.

 

Barge, Saint-Joseph Clos de la Ribaudy 2021 : Couleur claire pour une syrah, nez très poivré, un peu de violette, de viande séché. Bouche très légère, facile à boire, typique de 2021, manque un peu de concentration, mais offre du plaisir.

 

balassa pilon

 

Héritage du Pic St Loup, Pic-Saint-Loup Sainte-Agnès 2021 : couleur sombre, très beau nez, éclatant, sauvage, poivré, lardé, garrigue, fruits noirs. La bouche garde ce côté sauvage mais le combine à une certaine finesse, pas très haute en alcool, belle fraîcheur dans le fond. Encore une très belle bouteille pour ce domaine phare de l’appellation.

 

Château Tertre de la Mouleyre, Saint-Emilion Grand cru 2014 : couleur sombre, nez de cassis, mûre, encore un peu d’élevage vanillé et épicé qui demande à s’intégrer, un début d’évolution noble sur la truffe, mais surtout un joli fond de type eucalyptus (végétal sans être vert) qui apporte beaucoup de fraîcheur à l’ensemble. La bouche est très suave, tannins très fins, pas trop haute en alcool (13,5%), là aussi encore un peu d’élevage mais aussi de jolis fruits noirs pas trop confits, une belle acidité, et toujours cette fraicheur végétale, la finale est longue avec une vraie allonge et une sensation minérale. Un joli vin, qui a encore un beau potentiel d’évolution.

 

Thibault Liger-Belair, Nuits-St-Georges 1er cru Les St Georges 2017 : Couleur assez sombre pour un pinot avec un début d’évolution. Le nez est très kirsché, noyau de cerise, cuir, début de sous-bois. Bouche avec du caractère, encore jeune, où l’on sent bien le grand terroir des St Georges plus que le millésime facile 2017, c’est sérieux, noble, demande une bonne ouverture, finale très longue sur des tannins encore présents mais de qualité qui allongent très loin. Un grand vin, qui demanderait encore quelques années dans l’idéal.

 

tertre mouleyre

 

Domaine des Croix, Saint-Romain Combe Bazin 2021 : couleur très claire, nez un peu fermé, austère, très citronné, un peu de brioché des lies, bouche toute en tension, peu de volume, acidité élevée, pas du tout de gras, style très frais et austère, un peu trop froid peut-être.

 

Méo-Camuzet, Hautes-Côtes de Nuits Clos Saint-Philibert 2019 : Couleur or pâle, nez encore un peu marqué par l’élevage, très grillé/soufré, à peine beurré, citron, floral. Bouche imposante, encore jeune mais avec une belle intensité, à l’alcool élevé mais qui ne sent pas vraiment, équilibré par une acidité élevée, avec une finale sur le citron confit, très tartrique et soufrée.

 

 

Les Bonus

de montille

 

Julien Pilon, Saint-Joseph blanc Dimanche à Lima 2022 : couleur bien dorée, nez de fruits mûrs, abricot, pêche, floral, joli mais fait craindre une certaine surmaturité en bouche. Pas du tout, la bouche a gardé une bonne fraîcheur pour 2022, moins exubérante que le nez, élégante. Déjà prêt à boire. Merci Denis !

 

Racines (De Montille), Santa Rita Hills pinot noir 2020 : couleur rubis clair, nez plein de fruits rouges, pivoine, gourmand, toute petite sucrosité. Bouche pleine de fruits, tannins souples, élégante, reste fraîche, pas très haute en alcool, pas de sucrosité marquée, très bourguignonne dans l’esprit, tout le monde s’y trompe d’ailleurs. Bluffant !

 

Maison De Montille, Saint-Romain blanc 2008 : couleur légèrement dorée, mais encore jeune pour 2008, ça se confirme au nez, un peu de cire, d’encaustique, légèrement beurré, un petit côté croûte de fromage à la chablisienne. La bouche est encore très fraîche, énergique, tendue, complexe, minérale et très longue. Très beau vin. Merci Fred.

 

Chartogne-Taillet, Champagne Sainte-Anne Extra-Brut : (4 gr. Base 2020) Nez très pomme à l’ouverture, un peu d’agrumes, peu de lies. Bouche à la bulle fine, fruitée, facile, un peu de sucre mais un joli fond minéral et de l’allonge. Merci Fred.

 

 

Merci à tous pour cette belle reprise ! On se retrouve très vite pour les deux soirées Prestige !

 

1 décembre 2023

Soirées Vignerons de Champagne (24/11 et 01/12)

Montagne de Reims

 

1 Adrien Renoir, Vignes Goisses 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot meunier. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur à peine saumonnée, nez fruité, fruits roses, frangipane, gourmand, bouche avec un joli fruit, très fraîche, tension et gourmandise à la fois, pas du tout d'austérité pour le faible dosage, c'est long, avec du fond. Super pour commencer.

 

2 Adrien Renoir, Les Epinettes 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot noir. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur bien plus foncée et un peu plus rosée, nez plus vineux, plus fruits rouges. Bouche plus vineuse, plus dense, avec un côté crémeux, large à l'attaque, la finale est très longue, sur un côté presque tannique, crayeux, amers nobles, a besoin d'un peu plus de temps probablement. Taillé pour la table, mais quel vin !

 

3 Chartogne-Taillet, Les Barres 2017 (100% pinot meunier. Franc de pied. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 4gr) Couleur or, nez plus évolué, plus brioché. Bouche avec un beau volume, attaque assez large avec un dosage plus haut que les Renoir mais la finale d'étire sur une acidité plus haute, avec beaucoup de minéralité et d'élégance.

 

4 Egly-Ouriet, 1er Cru Les Vignes de Bisseuil : (70% chardonnay, 15% P.Noir, 15% P.Meunier. Base 2017 + 40% 2016. Dég 07/2022. Elevage fût. Pas de malo. Dosage 2gr) Couleur dorée, nez très chardonnay, presque bourguignon, léger beurré, toasté. Bouche crémeuse, arrondie par l'élevage, peu de bulles (encore moins que les précédents, qui semblaient ne pas en avoir beaucoup), beau champagne de gastronomie, déjà un peu évolué, commence à truffer presque, manque un poil de tension en finale où on reste un peu trop sur la rondeur pour chipoter.

 

renoir les barres

 

 

Vallée de la Marne

 

5 JM Sélèque, Soliste chardonnay 1er cru Pierry Les Tartières et les Porgeons 2016 : (100% chardonnay. Dég 01/2021. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur bien plus claire, nez très élégant, fruits blancs, floral, encore jeune. Bouche toute en finesse et élégance, attaque avec un peu de confort mais très vite tout en tension et en minéralité, sans austérité, bulle très fine, pousse loin.

 

 

Côte des Blancs

 

6 Bérêche, Grand Cru Cramant 2017 : (100% chardonnay. Parcelles Le Bateau et Chemin de Chalons. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur or, nez qui a besoin d'un peu de temps, certains le trouvent un peu vineux pour un chardo mais très joli, avec l'ouverture il tire sur des fruits presque exotiques, la bouche est incroyable, très large, gros volume, mais aussi très longue, peut-être le plus long de la série, à l'équilibre parfait, plus marqué chardonnay que le nez, grosse maturité sans manquer d'acidité. On peut juste lui reprocher d'être encore tout jeune.

 

krug bereche

 

 

Bonus 

 

7 Krug, Grande cuvée n°169 : (Dég. 2021. Base 2013 + 40% de vins de réserve. 43% PN, 35% chardo. 22% PM. 146vins de 11années différentes de 2000 à 2013) Couleur or pâle, nez plus brioché, plus pain grillé, complètement différent. La bouche est plus ronde, plus sucrée, plus simple, moins dense, un peu plus de bulles, encore jeune, sur les arômes du nez, grillé, brioché, fruits secs, la finale semble un peu plus courte et plus simple, manque d'allonge. Rien de mauvais, mais assez quelconque finalement, et donc assez décevant dans la série en comparaison.

 

8 René Muré, Crémant d'Alsace Grand millésime 2010 : (dég 2014, chardonnay et riesling) plus évolué dans la série, plus brioché, noisette, quand même un beau volume, moins crayeux en finale bien sûr, plutôt bon. Mais si son rouge a largement surclassé bon nombre de Chambolle la dernière fois, ici ce n'est pas le cas.

 

9 Gonet-Médeville, Coteaux Champenois Grand Cru Ambonnay Athénaïs 2017 (100% pinot noir, égrappé) pinot coloré pour un coteaux champenois, encore un peu d'élevage au nez, un côté lacté, bouche mûre, sérieuse, joli fruit, encore quelques tannins, commence juste à rentrer dans une bonne phase, dans un style très Côte de Nuits, mûr, sérieux. On compare avec un Gevrey 2017 de Feuillet qui semble plus fin, plus léger, frais, mais peut-être un peu plus court.

 

 

Merci à tous pour cette très belle soirée lors de laquelle les vignerons de Champagne ont montré qu'ils ont atteint un niveau exceptionnel depuis quelques années.

 

18 novembre 2023

Soirée Thème mystère (17/11)

 

Le thème Mystère était : Trouve le vin de Saint-Pourçain ! Huit vins à l'aveugle + quatre très jolis bonus (merci à tous !), un seul vin fait sur St Pourçain, par les Bérioles et tout à l'aveugle !

 

 

1 Domaine Vaccelli - Ajaccio blanc Aja Donica 2021 : un peu jeune et sur la retenue, miellé, floral, fruits jaunes, belle texture sans être très boisé, frais, élégant, bonne acidité pour un vermentino. Très prometteur.

 

2 Gros Ch. Père & Fils - Ladoix 1er cru Les Gréchons blanc 2018 : nez toasté, encore un peu marqué par l'élevage, très chardonnay classique. La bouche garde un peu de toasté, pas très beurrée, un peu de noisette et brioche, taillée pour la table. Seule la finale manque un peu de tension sur ce millésime en comparaison avec le suivant.

 

3 Bouzereau - Puligny 1er cru Le Cailleret 2018 : moins toasté, un peu plus beurré, fin, élégant, finale plus minérale et plus longue. Merci R.

 

4 Pierre-Henri Rougeot - Pommard Clos des roses 2021 : (sans sulfites ajoutés) Explose de fleurs et de petits fruits rouges, tout en finesse, très élégant, pas un gros volume, mais évident, beaucoup de plaisir. Ca semble déjà prêt à boire. 

 

5 L'Anglore - Véjade 2019 : dans une bonne phase, superbe nez, éclatant, bouche en finesse, jus de fruit là aussi très propre et gros plaisir immédiat. Merci PN.

 

vaccelli anglore

 

6 Les Bérioles - IGP Val de Loire La Chabanne 2019 : (pinot noir, à St Pourçain) coloré, assez puissant et mûr pour un pinot de St Pourçain, mais du volume, de la longueur, un joli vin, que certains auraient mis plus au sud, sauf PN qui a trouvé bien sûr... Bravo !

 

7 Château Mazeyres - Pomerol 2018 : un Pomerol nouvelle génération, peu boisé, fruits noirs assez mûrs et gourmands avec une belle trame acidulée derrière. Beaucoup sont dans le Languedoc à l'aveugle ! Belle surprise pour tout le monde.

 

8 Henri Chauvet - Vie Ordinaire 2022 : (pinot noir) pinot éclatant, avec des fruits rouges presque exotiques, un fond fumé, une bouche fraîche et texturé à la fois. Il ne craint pas de passer derrière un Pomerol. Merci R.

 

9 Cassagne & Vitailles - Les Célis Vin de France 2021 : (100% grenache) grenache rond, infusé, soyeux, peut-être un peu lissé par l'élevage, mais ultra gourmand, fleuri, déjà superbe en l'état. 

 

10 Xubialdea - Irouléguy blanc Ardan Harri 2020 : on ressort les blancs pour le fromage, nez un peu noisette, déjà évolué, bouche très fraîche, minérale, énergique, belle finale salivante. Bel accord sur le brebis. Merci B.

 

11 Bordaxuria - Irouléguy blanc Erotik 2021 : semblait un peu plus mûr et chaleureux derrière, mais plus de matière, un peu trop jeune mais un beau potentiel de garde ici.

 

12 Scagliola - Brachetto d'Acqui : on termine par une petite douceur, une bulle rose légère (l'équivalent du Moscato d'Asti en rouge), sucrée, simple, qui glisse comme un bonbon.

 

celis chauvet

 

 

Merci à tous pour cette soirée une nouvelle fois très conviviale ! A la semaine prochaine pour les Champagnes !

 

14 octobre 2023

Soirée Vins du Portugal (13/10)

Soirée Vins du Portugal - Les trésors enfouis

carte portugal

 

Quelques chiffres

Surface : 195 000 hectares plantés en 2020 (230 000 en 2012). 9e puis 10e Mondial, en baisse. = 2,7% du monde.

50% caves coopé. Mais aussi énormément de viticulteurs avec moins d’1 ha. Moyenne nat. autour d’1 ha.

Cépages : Environ 300 cépages.  Dans l’ordre : tempranillo ou aragonez, touriga franca, castelao, fernao pires ou maria gomes, touriga nacional, trincadeira, baga, siria, arinto, syrah, loureiro.

Rendement moyen : 33 HL/ha, un des plus faibles du monde

Répartition : 70% rouge pour 30% blanc. Le blanc est encore plus en baisse.

31 DOC, 14 Vinho regional (ou IGP), et vinho (Vin de Table)

Export 35% (le Porto 64%). 10e mondial. Destinataires : France, Angola, Royaume-Uni, Etats Unis, Belgique-Allemagne.

Portugal = 70% du liège mondial

 

Comme souvent sur le bassin méditerranéen, nous voyons que la production est en baisse, car moins de consommation, travail des vignes très difficile, qui rapporte peu. Beaucoup de vignes sont à l'abandon, certaines sont arrachées au profit d'agricultures qui rapportent plus : oliviers et depuis peu amandiers dans le sud du pays.

 

 

Les principales régions

Vinho Verde : au Nord du Portugal, sous la Galice, le Vinho Verde bénéficie d'une forte pluviométrie et d'un climat frais par rapport au reste du Pays. Idéal pour produire des blancs frais, pas forcément pétillants, il y a aussi d'excellents vinho verde. Les sols sont granitiques et schisteux. La vigne est parfois plantée en pergola, on y trouve aussi quelques vignes grimpantes. Les cépages : le très fruité alvarinho, les plus secs loureiro et arinto. Quelques rouges légers également.

vinho verde

 

 

Le Douro : région du Porto, mais pas que ! Sur les pentes en terrasse, le long du fleuve, l'ensoleillement est bien plus marqué que dans le vinho verde, avec une pluviométrie de plus en plus faible lorsque l'on rentre dans les terres. En allant vers l'est on trouve des Douro rouges non mutés souvent puissants. Au Nord du fleuve par exemple, de nombreux Douro blancs très frais montrent qu'il s'agit en fait d'une région variée. Sols de schistes et granits, cépages très variés.

douro

 

 

Dao et Bairrada : régions centrales du Portugal, au climat relativement frais, car atlantique sur Bairrada où l'on produit aussi bien des blancs, des rouges que des bulles. A Dao c'est surtout l'altitude qui apporte de la fraîcheur, notamment vers la Serra de Estrela (Montagne de l'Etoile) qui culmine à 1993m. L'amplitude thermique entre le jour et la nuit permet une bonne maturité tout en préservant de belles acidités. Beaucoup de granit. Cépages variés, citons tout de même le bical en blanc et le baga en rouge.

serra de estrela

 

 

Lisbonne et Setubal : la région bénéficie d'un climat atlantique qui permet de produire des vins relativement frais. Les petites appellations Colares (rouges avec du ramisco et quelques blancs avec de la malvoisie), Bucelas (en blanc, arinto) ou Carcavelos (VDN blancs) sont des pépites en voie d'extinction. De très jolis blancs sont aussi produits à Setubal avec entre autre le Galego Dourado.

lisbonne

 

 

Alentejo : région du sud, très sèche et très solaire, où il faut absolument chercher les quelques massifs pour trouver un peu de fraîcheur. Cépages autochtones variés comme souvent.

alentejo

 

 

Madère et Les Açores : deux archipels très intéressants, au milieu de l'Atlantique, produisant surtout des VDN à Madère (et quelques ovnis..) et plutôt des vins blancs volcaniques sur les Açores.

madere et acores

 

 

 

La dégustation - Les trésors enfouis de Portugal

Plutôt que de choisir des vins représentatifs du Portugal, ou des bons rapports qualité/prix (certes très nombreux), la dégustation mettait l'accent sur le patrimoine exceptionnel de vieux cépages, de vieilles vignes et de beaux terroirs malheureusement en voie d'extinction, qui fait à mon sens tout l'attrait du pays. Ce sont donc des cuvées rares, plutôt haut de gamme, qui nous prouvent que le potentiel est là pour faire de grands vins, à condition de s'en donner les moyens bien sûr.

 

 

 

Les Blancs

1 Marcio Lopes, Vinho verde Pequenos rebentos Selvagem 2020 : (Winemaker qui a débuté en 2010, se considérant plutôt comme un explorateur à la recherche des cépages et terroirs oubliés du nord du Portugal et de la Galice. Cépage 100% azal, vigne sauvage qui grimpe le long des arbres, plantée en 1932 à Amarante proche de la rivière Tamega. Sols de granit. Egrappé, fermenté 30jours en amphore puis élevé 9mois en fûts non neufs avec les lies)  Couleur à peine orangée, nez d'agrumes, un peu de cire, puis des notes de melon qui font penser à une légère macération. La bouche est vive, toute en fraîcheur, basse en alcool (12%), très digeste, fruitée, acidulée, ça manque juste un peu de corps. La longueur est moyenne, mais le côté frais, salivant avec quelques amers donne envie d'y retourner.

 

2 Companhia dos profetas e dos Villoes, Porto Santo Listrao dos Profetas 2021 : (Tout nouveau domaine du winemaker Antonio Maçanita et du restaurateur Nuno Faria qui viennent de redécouvrir les vins de l'île de Porto Santo, petite île au nord-est de Madère. Cépage 100% listrao ou palomino fino. Vignes de 80ans sur calcaires limons et sables. Elevage 10mois fûts non neufs) Couleur or pâle, nez qui s'ouvre sur une petite réduction grillée sur lies, puis des notes citronnées, des agrumes, une imperssion d'embruns marins aussi. La bouche est très énergique, avec beaucoup de tension, donnant une impression de salinité, légère en alcool mais sans manque de volume, la finale très longue le pousse très loin. Superbe.

vigne porto santo

 

 

3 Antonio Maçanita, Douro As Olgas Letra F 2019 : (Winemaker sur plusieurs régions du Portugal, Antonio Maçanita a commencé dans les années 2000 ayant toujours pour but de mettre en avant les grands terroirs oubliés du pays, à l'instar de Telmo Rodriguez ou Raul Perez en Espagne. Ici vignes de 90-110ans avec une quinzine de cépages complantés à Carlao 440m d'altitude, sur granit, 20kms au nord du fleuve. Fermentations à froid, élevage 12mois barriques "neutres". Vignoble classé F en 1932 dans la notation Moreira da Fonseca car pas assez chaud, inadapté pour du porto et par conséquent oublié) Couleur dorée, nez très expressif, beurré, brioché, fruits jaunes, déjà évolué, un côté champagne blanc de blancs sans les bulles. Idem en bouche c'est gras, beurré, brioché, déjà prêt à boire, plutôt sur l'opulence, mais le taux d'alcool moyen (13%) et l'acidité élevée lui permettent de rester équilibré. Très belle longueur. Joli vin, taillé pour la table. 

 

4 Wine & Soul, Douro Guru 2016 : (Cépages viosinho, rabigato, codega, gouveio) Couleur or pâle, nez fruité, agrumes, buis, rappelle un sauvignon, très marqué par le viosinho donc, encore jeune. La bouche rappelle un peu Sancerre aussi, très minérale, fruitée, jeune, énergique, légère en alcool, pas construite sur le volume, mais une belle tension, c'est long et salivant. Très joli aussi, dans un style très différent du précédent. Merci Bertrand ! 

 

5 Antonio Madeira, Dao vinhas velhas 2019 : malheureusement une bouteille avec un défaut, dommage pour cet excellent petit producteur qu'on regoûtera un jour...

 

 

 

Les rouges

6 Azores Wine Company, A proibida 2018 : (Vignes sur les sols volcaniques de l'île de Pico. Cépage Isabella donc un cépage hybride (HPD) interdit, issu du croisement d'une vitis labrusca et de petit meslier, naturellement résistant au phylloxéra, à l'oïdium...) Couleur étonnamment claire pour un cépage hybride, un nez exubérant, très bonbon à la fraise, un peu chimique, quelques notes végétales, le côté animal de l'anthranylate de méthyle des hybrides n'est pas trop marqué. On sent que c'est "soft" pour un hybride ! La bouche est exubérante aussi, fruitée bonbon et végétale, seulement 11% d'alcool, c'est donc frais, mais l'aromatique peut quand même vite écoeurer. Un vin qui était surtout là pour évoquer le sujet bouillonnant des hybrides et qui en ce sens à rempli son rôle.

 

7 Adega Regional de Colares, Colares Arenae ramisco 2014 : (Appellation qui jadis faisait 1800ha, tombée aujourd'hui à 15ha sous l'effet de la pression immobilière. Cépage 100% ramisco. Vignes franc de pied dans du sable à moins d'1km de l'océan. Elevage long en foudres de bois exotiques puis en fût et en bouteille. 50% grappe entière) Couleur rubis, le nez évoque un nebbiolo, sur la fraise, la cerise, un côté cuir, goudron. La bouche est légère en alcool, fruitée, fraîche, avec une belle acidité, en longueur, avec des tannins qui donnent de l'allonge. Très élégant.

vigne colares

 

 

8 Viuva Gomes, Colares reserva 1969 : (emb en 1973, reconditionné en 2000. 100% ramisco. 100% grappe entière. Fermenté en cuve bois puis élevage en fûts d'acajou et de châtaignier) Couleur claire et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, café, fumé, champignon, kirsch... La bouche est encore en forme avec une belle acidité, du corps, surtout pour un vin à 11,5% d'alcool, des tannins encore présents peut-être un peu secs pour chipoter, bien sûr plus sur le tertiaire que sur le fruit frais, mais avec beaucoup de charme.

 

9 Fitapreta, Alentejo Os Paulistas Chao dos Eremitas 2019 : (Cépages tinta carvalha, castelao, moreto, alfrocheiro, trincadeira. Vignes de 1970 sur granit et sable, dans le massif de Serra d'Ossa 260m d'altitude. 30% grappe entière. Elevage 18mois fûts de chêne non neufs. Deuxième millésime de cette cuvée) Couleur rubis foncé, nez très fruité, cerise un peu sucrée, très floral aussi, gourmand. La bouche confirme, c'est rond, gourmand, beaucoup de fruit, alcool modéré (13,5%) surtout pour l'Alentejo, ça reste digeste, tannins soyeux avec une belle texture travaillée sans être marquée par le bois. Manque juste un peu d'allonge si on compare au suivant.

 

10 Quinta da Pellada, Dao Muleta 2017 : (Domaine familial de 60ha aujourd'hui sur 3 lieux. Ici vignes centenaires sur la Serra de Estrela à 450m d'altitude sur granit. Cépages jaen, baga, touriga nacional, bastardo, alfrocheiro etc… Elevage fûts non neufs) Couleur grenat, nez très élégant de cerise noir, de goudron, de pin, balsamique, de ronce... La bouche est à la fois fruitée, floral, avec un végétal noble, quelques épices, un côté graphite marqué, surtout une finale portée très loin par une belle acidité, et des tannins présents mais fins dignes des plus beaux barolos. La longueur est impressionnante. L'équilibre puissance/fraîcheur aussi. C'est déjà bon et avec un gros potentiel de garde aussi. On termine en beauté.

 

 

Les vins mutés

11 Andresen, Porto blanc 40ans (50cl, codega, rabigato, arinto, malvasia. Muté à 77°) Couleur ambre clair, nez assez proche du Madère qui suivra, sur le café, la noisette, l'amande, la datte, fruits secs, encaustique. La bouche est parfaitement équilibrée, avec une attaque sucrée et une finale plus sèche, puissant, intense, long. La preuve qu'il peut y avoir de grands portos blancs. Merci Michel !

 

12 D'Oliveiras, Madère verdelho 1986-2016 : (cépage verdelho donc demi-sec. Muté à 96°. Chauffage en canteiro puis élevage en "pipas" demi-muids avec une part des anges qui stagne autour des 10%) Couleur acajou, nez encore plus marqué café, noix, toffee, cannelle, sucre brun... La bouche est comme souvent incroyable de puissance, d'intensité, combiné à une acidité très élevée (bien plus que sur le porto blanc) et une finale d'une longueur stratosphérique, avec une impression de salinité. Le tour de force est de réussir à rester très digeste, faire saliver, avec la même buvabilité qu'un riesling.

listrao dos profetas

colares

 

 

Au final, une dégustation de très haut niveau. Tout le monde est pleinement convaincu par le niveau global des vins, avec une forte impression des vins blancs secs notamment. Je dois bien avouer qu'en travaillant sur les vins portugais depuis plusieurs mois maintenant, je ne m'attendais pas à tomber sur des vins aussi frais et aussi variés. Plein d'autres pépites n'ont malheureusement pas pu être retenues pour cette soirée. Le patrimoine de vieilles vignes et de grands terroirs semble ici sans limites. Nul doute qu'il faudra aller explorer chaque région encore plus en détail à l'avenir.

Merci à tous les participants de cette belle soirée, qui en appellera forcément d'autres.

 

8 octobre 2023

Soirées Monts (29/09 et 06/10)

1 Taille aux loups, Montlouis-sur-Loire Clos Michet 2019 : couleur or, nez brioché, légère touche vanillée, pomme au four, fruits jaunes presque exotiques avec l’aération. Bouche avec un léger gras à l’attaque, belle acidité qui étire le vin très loin. Finale longue et salivante. Un classique, toujours très bon pour commencer.

 

2 Bachelet-Monnot, Puligny-Montrachet 2020 : couleur or pâle, nez plutôt sur un élevage grillé encore un peu marqué, notes florales et fruitées. Bouche plutôt sur la tension, léger grillé, minérale, peu de gras, assez longue, salivante. Joli vin, encore un peu jeune dans l’idéal.

 

3 Les Bruyères David Reynaud, Crozes-Hermitage Beaumont 2021 : Couleur sombre, nez très typé syrah, violette, poivre, lard… Bouche toute en finesse, légère, tannins souples, ça glisse tout seul, beaucoup de plaisir en l’état.

 

4 Castello Tricerchi, Brunello di Montalcino 2018 : Couleur rubis claire, nez plein de fruits rouges, pivoine, beaucoup pensent pinot noir, puis cinsault, en se réchauffant quelques épices, tomates séchées. La bouche est très fine, pure, fruitée, avec une belle acidité, tout en élégance. Très joli piège !

 

mont damné dagueneau

 

5 Abbatucci, Monte Bianco Vin de France 2019 : (100% sciaccarellu) Couleur très claire là aussi, nez de fruits rouges un peu plus sucrés, badiane. Bouche plus puissante que le précédent, un peu plus d’alcool et de sucrosité, mais aussi plus de volume, plus intense, plus sudiste, tannins très fins là aussi, grosse longueur. Tout le monde est séduit, une fois de plus lorsque ce cépage est bien travaillé.

 

6 Arnaud Lambert, Saumur-Champigny Montée des Roches 2020 : pour le St-Nectaire on revient à un vin plus sombre en couleur, mais plus frais, avec des notes de cassis, un peu de poivron au nez. La bouche est finalement assez mûre et fine, avec des tannins soyeux, une finale qui reste fraîche, ça semble déjà prêt à boire. Il réussit finalement très bien à passer derrière le Monte Bianco, ce qui n’allait pas de soi.

 

7 Dagueneau, Sancerre Le Mont damné 2014 : la seule déception de la soirée, un nez très marqué H2S (sulfure d’hydrogène) avec un mélange de pierre à fusil/pétrole/œuf pas très agréable, derrière des notes de buis bien marqués, avec l’aération léger fruit exotique mais qui reste timide. C’est mieux en bouche, avec une bonne minéralité, un côté salivant en finale et de la longueur. Mais on en attendait un peu plus.

 

8 L’Ancienne Cure, Monbazillac Jour de fruit 2021 : couleur dorée, nez sur les fruits exotiques, l’ananas, le miel, assez fin et frais, beaucoup pensent plutôt à du manseng. La bouche est fraîche, pas trop sucrée, acidulée, très ananas, loin du stéréotype vin lourd de Monbazillac. La dégustation à l’aveugle a encore frappé. Très joli pour finir.

 

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