Soirées Volnay et Pommard (18/09, 25/09, 02/10)
Tout le monde connait la réputation des Pommard par opposition aux Volnay : la puissance contre la finesse. Il s’agit d’un stéréotype beaucoup trop schématique, mais qui, comme bien souvent, a sa raison d’être, tout du moins à la base.
Cette raison d’être est avant tout historique, peut-être en partie liée à la combe de Pommard également, mais en aucun cas géologique comme l’a montré l’étude de Françoise Vannier que l’on peut retrouver ici : https://monocepage.com/geologie-de-pommard/
En effet au 19e siècle, les vins appelés Pommard pouvaient être faits à partir de raisins provenant de n’importe où. C’est en fonction du style recherché que les noms étaient ensuite écrits sur les fûts. Avec des cuvaisons de 14 à 20 jours en moyenne, « le Pommard » était donc le plus coloré, le plus concentré et le plus tannique, juste devant le « Chambertin ». « Le Chambolle, le Volnay ou le Beaune » étaient eux réservés aux vins faisant des cuvaisons courtes, de 5 à 10 jours en moyenne. L’histoire est sensiblement la même avec le gras des Meursault… Lorsque l’INAO a créé les AOC, à partir de 1936, les raisins ne provenaient plus que de la commune que porte le nom du vin, et cependant les choix de vinification ont perduré. Afin de mieux se vendre, L’INAO a dû inventer la fameuse « typicité des AOC » : ce sera la présence de fer dans les sols pour la dureté du Pommard, à l’instar de la coquille d’huître de Chablis ou le fumé des silex de Pouilly… Bien plus tard, lorsque les AOC se sont imposés auprès du grand public, c’est alors le consommateur qui demande au vin issu d’une appellation de correspondre au style qu’il recherche. Depuis quelques années seulement, une nouvelle génération de vignerons essaye de vinifier les Volnay de la même manière que les Pommard, sans parti-pris, pour laisser parler chaque terroir.
Comme l'ont montré les travaux de Françoise Vannier, la géologie de la Côte de Beaune fonctionne (logiquement) par couches horizontales superposées. Les couches contenant des argiles rouges (les Calcaires oobioclastiques et graveleux, les calcaires de Ladoix et les calcaires de Dijon-Corton en rose, marron puis orange sur le schéma ci-dessous) sont affleurantes plus ou moins entre le milieu et le haut du coteau, pile au niveau des Rugiens-Bas. Ils forment une bande horizontale, passant par exemple par les Meursault rougeots, les Volnay Frémiets, Les Pommard Jarollières, Rugiens-Bas ou Pézerolles au Nord et continuant à Beaune au niveau du Clos des Mouches. Autrement, nous sommes soit trop haut soit trop bas sur le coteau pour que le fer ait un impact. Rappelons que ce sont principalement les 30 premiers centimètres de sols environ qui ont un impact sur les nutriments puisés par la vigne.
« Le profil géologique de Pommard et son pattern physiographique s’inscrivent intégralement dans le schéma général de celui de toute la Côte. Ne cherchons pas d’explications issues du sol ou du sous-sol alors que cette réputation ne relève que d’une pratique œnologique spécifique qui est séculaire, laquelle s’avérera bientôt révolue. » site monocépage.
L’autre différence majeure entre Volnay et Pommard tient à la présence de la combe de l’Avant-Dheune qui traverse Pommard en son centre, créant une ouverture sur l’Ouest. Elle apporte la fraîcheur des vents d’Ouest dont l'impact est primordial sur une partie de l'appellation, des expositions différentes sur ses flancs, un « cône de déjection » à sa sortie et une dolomitisation plus forte sur les bordures de l’ancienne rivière.
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Pierrick Bouley, Volnay 2023 : un vin clair en couleur, dans un style gourmand et en rondeur, où l’on ressent la puissance et la chaleur du millésime.
Pierrick Bouley, Volnay 2022 : plus coloré sur ce millésime, mais aussi plus frais, plus abouti à ce stade, avec un fruité très juteux et une belle allonge. Très beau village.
Pierrick Bouley, Volnay 1er Cru Clos des Chênes 2021 : un vin plus foncé, très complet, avec de beaux fruits noirs, beaucoup de fraîcheur et de tension, sans manquer de volume ni de maturité, un grain de tannins très fin sans boisé ressenti. Déjà délicieux, avec du potentiel aussi.
De Montille, Pommard Les Cras 2023 : couleur très claire, nez très floral avec des petits fruits rouges, bouche très élégante, peu tannique, déjà très accessible.
De Montille, Volnay 1er Cru Les Mitans 2023 : à l’ouverture un vin très réduit, beaucoup d’allumette, un côté rafle marqué aussi. Bien mieux après long carafage, beaucoup de volume, tannins très fins, grosse allonge, mais clairement à attendre.
De Montille, Volnay 1er Cru Carelle sous chapelle 2022 : très clair en couleur, infusé, floral, style tout en tension, pas beaucoup de corps, mais une finale très "minérale", salivante, à peine tannique, un vin très "vertical".
Yvon Clerget, Volnay 1er Cru Les Mitans 2022 : parcelle du bas de coteau, un vin clair en couleur, très gourmand, tout en rondeur, avec un peu d’élevage, semble déjà prêt à boire.
Yvon Clerget, Volnay 1er Cru Clos des Angles 2022 : parcelle juste au-dessus de la précédente, un vin plus austère, caillouteux, petite réduction au nez, plus animal, élevage mieux intégré, bouche avec plus de tension et de longueur, qui offre moins de plaisir en l’état mais qui ira probablement plus loin. Très différent du précédent.
Yvon Clerget, Volnay 1er Cru Les Brouillards 2022 : un style en rondeur, très gourmand, avec un beau volume, dans le style es Mitans avec un côté un peu plus toasté ici.
Yvon Clerget, Pommard Les Chanlins 2022 : Couleur claire, nez un peu solaire, cerise rouge et fraise confiturée. Bouche avec de la puissance, du corps, un très beau fruité, des tannins encore un peu marqués mais de qualité.
Jean-Marc Bouley, Pommard 2019 : Comme le précédent, un vin clair en couleur, avec une impression de fruits rouges légèrement sucrés, un côté solaire, mais une bouche un peu plus en tension.
Comte Armand, Pommard 1er Cru Clos des Epeneaux 2017 : plus coloré que les précédents, un nez qui pinote clairement, plus épicé aussi, encore une touche d’élevage. Bouche très noble, qui combine fruité, fraîcheur, volume, avec beaucoup de longueur. Un vin qui commence à bien se livrer avec aussi un gros potentiel de garde.
Albert Grivault, Pommard 1er Cru Clos blanc 2020 : couleur sombre, nez de cerise noire, d'épices. Bouche bien équilibrée entre un fruité mûr et une acidité élevée, peu de tannins, pas très long, mais déjà très accessible.
Comtes Lafon, Volnay 1er Cru Santenots du Milieu 2020 : couleur très sombre, nez de fruits noirs, cassis, café, olives, même des notes de viande fumé et d’anchois qui feraient penser à de la syrah. Bouche dense, aux tannins très fins et bien enrobés, un profil sudiste mais parfaitement équilibré, beaucoup de longueur. Un excellent vin, même s’il ne fait pas vraiment pinot sur ce millésime très chaud.
Henri Boillot, Volnay 1er Cru Chevrets 2008 : couleur rouille, nez évolué, sous-bois, fer, orange sanguine. La bouche est finalement plus en finesse que ce qu’on attendait, assez ronde et presque facile pour un Chevrets 2008.
De Courcel, Pommard 1er Cru Grand Clos des Epenots 2004 : un style très « à l’ancienne », avec un nez complexe, sur le cuir, le sous-bois, animal, fumé, mentholé, kirsché. Bouche aux tannins encore très serrés, avec une touche végétale, qui demande nécessairement la table.
De Courcel, Pommard Les Vaumuriens 2018 : un vin avec un peu de gaz, qui a eu besoin d’un long carafage, nez de cassis, de garrigue, thym, herbes séchées. Bouche puissante, dans un esprit « Châteauneuf » avec un fruité confituré mais assez rond, beaucoup de corps et de gourmandise, très long, vraiment excellent même s’il ne pinote pas du tout.
Feu Madame Jean Meneveaux, Pommard Les Riottes 1996 : très prometteur à l’ouverture, malheureusement le vin s’est ensuite très vite oxydé. A boire dans les minutes qui suivent l’ouverture.
Les Horées, Volnay Le Matin blanc 2023 (sur roches et paux bois) : robe très claire, nez éclatant, très floral, bien dans le style du domaine, qui tire sur le nature. Bouche qui n’a pas un gros volume, aérienne, élégante, avec une certaine tension sur ces parcelles du haut de coteau. Très joli dès maintenant.
Louis Billard, Volnay 2023 : couleur sombre, nez au fruité mûr et noir avec un peu d’élevage. Bouche avec du corps, encore jeune, on sent qu’il y a eu de l’extraction, il y a quand même de l’acidité derrière. Un vin ambitieux pour un village, à attendre.
Buisson-Charles, Pommard 1er cru Clos Micault 2021 : couleur sombre, nez frais, mentholé, un peu d’élevage, touche végétale. Bouche légère, peu tannique, manque un peu de corps mais facile à boire.
Jean-Marc Boillot, Pommard 1er Cru Les Jarollières 2017 : Couleur sombre un peu évoluée, nez kirsché, ferrugineux, déjà un peu évolué. Bouche terreuse, tannique, avec un beau volume et de la longueur. Bien dans l’archétype du Pommard à l’ancienne.
Arnaud Baillot, Volnay 1er Cru Les Mitans 2022 : couleur claire, nez très fruits rouges et fleurs, bouche toute en rondeur, ultra gourmande, soyeuse, déjà prêt à boire.
Les vins étaient globalement d’un très bon niveau, sans bouteille vraiment en-dessous ni vraiment au-dessus du lot. Les styles étaient très variés, allant du très fin au très rustique. Globalement, les Pommards ont semblé un peu plus fermes au niveau du grain de tannins que les Volnays.