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La Cave du Théâtre
La Cave du Théâtre
  • Le site de la Cave du Théâtre à Clermont-Ferrand : retrouvez les nouveautés, les visites en Auvergne et l'historique des Soirées dégustation - sélection des vins pour la carte de notre restaurant, La Régalade.
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27 mars 2026

Soirée Rencontre avec Lapilli et Elémentaires (27/03)

 

On poursuit les soirées-rencontres avec la nouvelle génération de vignerons auvergnats. Cette fois-ci Géraud du domaine Lapilli et Landry du domaine Elémentaires sont venus nous présenter leurs vins. Ils se sont prêtés à cet exercice difficile, ont affronté les critiques et les nombreuses questions. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils s'en sont tirés avec brio, aussi bien par leurs réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de leurs vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes de ces deux domaines.

 

 


Lapilli

Visite et histoire du domaine ici

 

Fleur de pente (80% pinot noir-20% gamay) 2024 : une cuvée très expressive dès l’ouverture, très fruitée, légère en alcool sur ce millésime, aérienne, aux tannins fins, le pinot domine clairement avec une touche florale également. Très accessible et facile à boire.

 

Meïzou (60% gamay-40% pinot noir) 2024 : une cuvée très expressive aussi, très fruitée, un peu plus de corps et de puissance que le précédent, plus de caractère, tout en gardant la touche fraîche du millésime 2024, probablement un peu moins de plaisir immédiat mais plus de potentiel de garde.

 

Meïzou 2023 : profil très différent du précédent, on sent le millésime plus solaire, plus de puissance et de corps, fruité plus mûr, le tour en carafe lui a fait du bien, beaucoup de longueur, le vin a gardé ce qu’il faut d’acidité pour rester équilibré. Très joli vin, qui se goûte encore bien mieux qu’il y a un an. C’est aussi très prometteur de voir que les vins seront encore meilleurs avec un peu de bouteille ou avec des élevages prolongés à l’avenir.

 

Demain (gamay d’Auvergne) 2024 : un pur gamay au profil plus sérieux, avec beaucoup de tension et de profondeur, au fruité moins immédiat. Les tannins sont un peu plus présents mais sans être asséchants, la finale est très longue. Très beau vin, à attendre encore quelques années dans l'idéal.

 

Nord & blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2024 : un OVNI, dans un style différent du 2023, couleur plus saumonée, petite touche oxydative sur ce millésime (ouillage 1 fois par mois plutôt qu’1 fois par semaine à une certaine période), très complexe, il doit finir de se mettre en place, des notes de pomme verte, de noix, de fruits jaunes type abricot, de rose. La bouche est sur la tension, avec une sensation saline en finale, très salivant, très beau volume, tout en restant frais et avec peu d’alcool. Il devrait permettre d’excellents accords à table.

 

Nord & Blanc (gamay d’Auvergne-blanc de noirs) 2023 : profil un peu plus facile d’accès derrière le 2024, mais un an de plus en bouteille lui a permis de se poser, de gagner en complexité et en équilibre. C’est le seul vin du domaine (et d’Auvergne ?) qui n’est pas plus solaire en 2023 qu’en 2024, profil plus en réduction sur lies, noble, petite touche grillée, floral, brioché, aromatique proche d’un champagne blanc de noirs, avec une très belle longueur.

 

 


Elémentaires

Visite et histoire du domaine ici

 

 

L’après-minuit (cinsault) 2024 : on attaque par un cinsault du Gard, tout en fruit et en gourmandise, en rondeur, peu d’acidité, peu de tannins, avec un fruité légèrement sucré, il reste bien équilibré surtout grâce à son taux d’alcool peu élevé (12%).

 

Mutinerie (syrah) 2024 : syrah de Chiroubles dans le Beaujolais, au profil encore plus frais et léger que l’an dernier, moins de 10% d’alcool ici, mais le vin n’est pas maigre pour autant, avec une aromatique de syrah classique, sur les fruits noirs, la violette, qui commence à larder un peu, quasiment pas de tannins. Dangereusement buvable.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2024 : sur ce millésime frais, le vin semble néanmoins un peu plus gras et dense que l’an passé, sans être plus élevé en alcool, très belle texture, beau fruité, semble plutôt tond et gourmand à l’attaque mais la finale commence à se retendre et à montrer une dimension saline très intéressante et prometteuse pour l’avenir de ce vin.

 

L’Etreinte (pinot gris) 2023 : profil très différent du précédent, travaillé en réduction, plus marqué par les lies, avec des notes grillées, bouche plus en tension, plus énergiques, moins de gras, moins de fruit et de gourmandise aussi, plus citronnée.

 

Suivre l’Est (gewurztraminer) 2024 : un gewurz sec, qui évite très bien l’écueil du trop variétal (rose, litchi), plutôt sur les fruits exotiques, les épices, avec une belle tension, et une sensation saline très marquée en finale. Il a réussi à convaincre les plus sceptiques.

 


On finit avec quelques Bonus : Sottu Scala 2021 de U Stiliccionu et la Framboise de Lavantureux.
 

13 mars 2026

Soirée Rencontre avec Bastien Migeon (13/03)

 

Changement de concept pour cette nouvelle soirée : Bastien Migeon, vigneron à Enval et Châteaugay est venu pour nous présenter ses vins. Il s'est prêté à cet exercice difficile, a affronté les critiques et les nombreuses questions en tout genre. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en est tiré avec brio, aussi bien par ses réponses toujours précises, avec modestie et sans dogmatisme, que par la qualité de ses vins. Aucun doute que l'expérience sera renouvelée et que nous suivrons les prochains millésimes avec beaucoup d'attention. 

 

 

 

Le parcours du vigneron et une visite des vignes sont disponibles ici : /2024/03/visite-au-domaine-bastien-migeon-a-chatel-guyon.html

 

 

Les vins dégustés 

 

Prima chardonnay 2025 : chardonnay sur le fruit, plutôt pêche, abricot, avec un élevage cuve pour préserver le maximum de fraîcheur, peu de gras. Plutôt typé apéritif.

 

Mont Oriol pinot noir 2024 : Couleur très claire, nez très floral, sur la rose et la pivoine, les petits fruits rouges. Bouche aérienne, toute en finesse, légère en alcool, peu tannique, très florale, avec la finesse et la pureté du pinot des anciens temps sur ce millésime frais, sans manquer de longueur. Délicieux et dangereusement buvable.

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2024 : On sent une trame commune sur ce millésime frais, avec là aussi un vin léger et une aromatique particulièrement florale. Le gamay donne tout de même un peu plus de couleur et de corps que le pinot noir, avec une finale finement épicée. Lui aussi a fait l'unanimité.

 

Rouges-gorges 2024 : (merlot-gamay) La trame commune du millésime frais est présente aussi, avec un vin léger et floral. Le merlot apporte un peu plus de structure et de tannins que dans les précédents, même si on reste sur un vin de fruit, à boire dans la jeunesse.

 

Mont Oriol pinot noir 2023 : Changement complet de profil, on passe sur un millésime très solaire, de 12% à un bon 14,5% en moyenne sur les 2023, un pinot surprenant au sens où il est de couleur foncé, avec beaucoup de corps, des aromes de fruits noirs confiturés, on le placerait bien plus au sud à l'aveugle. Logique lorsqu'on ne triche pas avec les millésimes (pas de chaptalisation sur les 2024 ni d'acidification sur les 2023 chez Bastien).

 

Tiétà gamays d'Auvergne 2023 : Là aussi un vin puissant, solaire, charpenté, mais l'acidité naturelle des vieux gamays d'Auvergne lui permet de garder un excellent équilibre, avec une aromatique plus orientée fraise confiturée et des notes poivrées en finale. Un vin qui a déjà bien progressé en un an, délicieux aujourd'hui et avec encore du potentiel de garde.

 

Et quelques bonus pour finir, avec une préférence pour le Schistes 2017 d'Arretxea face au Grès 2017 et pour l'Hermitge rouge 2020 de Sorrel face au Châteauneuf Colombis 2017 de Saint-Préfert.

 

6 mars 2026

Soirées Argentine (27/02 et 06/03)

 

Soirée Argentine

 

 

 

Comme pour les soirées consacrées aux vins du Chili, les informations proviennent principalement du South American Wine Guide d'Amanda Barnes.

 

 

Chiffres clés 


- 200 000 hectares plantés. 5e producteur du monde, le 1er d’Amérique du Sud. 
- Historiquement un pays avec une très grosse consommation locale et peu d’export. Mais changement depuis les années 2000. Aujourd’hui 10e pays exportateur, vers USA, UK, Brésil, Canada, Mexique.
- Peu de bio, contrairement au Chili.
- Environ 80% vins rouges.
- 52% de vignes en pergola (souvent pour plus de rendements)
- Irrigation par submersion souvent, ou systèmes de goutte à goutte pour les domaines plus récents.

 

 

 

 

Les régions du Nord au Sud 


Calchaqui Valleys et Catamarca Valleys : Peu de vignes par rapport au reste du pays. Très solaire, pour compenser la vigne peut monter jusqu’à 3000m d’altitude à La Salta. Beaucoup de torrontes notamment.


La Rioja Valleys : 3e plus grande province du pays, elle aussi en perte de vitesse. Beaucoup de torrontes notamment. Région solaire, beaucoup de vignes en pergola, moyennement voire peu qualitatives. Comme pour San Juan et Mendoza, plus intéressant en terme de climat et de géologie lorsqu’on monte dans les Andes à l’Ouest.


San Juan : 2e plus grande province du pays. Particulièrement touché par le vent de Foehn « Zonda ». Région avec beaucoup de raisins de table. Climat globalement plus chaud qu’à Mendoza. Beaucoup de syrah et de malbec aussi. A noter l’IG Pedernal au sud de San Juan bénéficie d’un climat plus frais, et de sols calcaires très intéressants.


Mendoza :  près de 70% du vin du pays. Région immense et très hétérogène. On peut passez d'un indice Winkler I à l'Ouest à un indice Winkler III à l'est, c'est-à-dire passer du climat de la Champagne à celui du Languedoc en 40kms ! Même si l’ensoleillement augmente en journée, l’amplitude thermique est plus forte, les vins gardent donc plus d’acidité. Les vignes bénéficient de l’eau des glaciers, les sols sont plus caillouteux, les vins plus frais, plus en tension, avec moins de rondeur. Des rendements plus bas donnant des vins plus concentrés.
     - L’Est est en perte de vitesse, même si on assiste à un retour des vieux cépages, comme les criollas. 
     - Maipú est une grande région historique, proche de Mendoza, produisant beaucoup de malbec, souvent ronds et solaires, bon marché.
    - Luján de Cuyo est la région du malbec (même s’il y a aussi de beaux cabernets), avec de vieilles vignes malheureusement en danger à cause de l’extension de la banlieue de Mendoza. Vins plutôt solaires et en rondeur sur l’IG Agrelo et sur l’IG Perdriel, plus de fraîcheur sur l’IG Las Compuertas au Nord-Ouest plus haute en altitude (1000m). 
    - Uco Valley (29000 ha) est la meilleure région du pays, plus à l’Ouest, la plus haute en altitude, la plus fraîche de Mendoza. Elle s’est vraiment développée dans les années 2000, même si on peut y trouver des vignes centenaires par endroits. Tupungato (10 000 ha) et ses 12 sous-régions dont Gualtallary (2300ha de vignes) qui possède les meilleurs terroirs avec de grands malbecs plus en tension, façon « Barolo », de grands blancs sur calcaires et même des effervescents. El Perral ou La Carrera donnent aussi des grands vins. Comme souvent les appellations sont hétérogènes, allant d’altitude autour de 900m à l’Est à 1500 à l’Ouest.     Tunuyan (9 800 ha) monte peut-être à peine moins haut, Los Chacayes (1000ha) est la meilleure des 9 sous-régions, là aussi variée, plus fraîche en allant vers l’Ouest, mais globalement plus intéressante pour ses vins rouges. San Pablo qui touche Gualtallary donne les meilleurs vins blancs.    San Carlos moins connu car plus éloigné de Mendoza, plus froid, plus gélif, est tout de même digne d’intérêt notamment pour son IG Paraje Altamira.


Patagonie : Climat plus frais, mais reste très sec (200mm/an) donc irrigué. Principalement sur la rive du Rio Negro, plus fraîche où l’on trouve des chardonnays, pinots noirs etc… La partie Ouest, Neuquen, est un peu plus solaire, on peut y trouver des malbecs par exemple.


Chubut : partie sud de la Patagonie. Plantation récentes. Vignobles les plus au sud du Monde avec Otronia (45,3e parallèle). Froid et humide, pas besoin d’irriguer.

 

 

 

Système d’appellation

- des DOC (seulement 2), - des GI (106 pour le moment, qui sont de plus en plus classées par terroir même si elles restent hétérogènes.  - des IPO (indication of Provenance)

 

 

 

Histoire 


- 16e siècle : premières vignes emmenées par les Espagnols  
- 19e siècle : Immigration massive de Français et d’italiens. Beaucoup de vignes (pas forcément dans les plus hautes altitudes).
- 1950-1970 : apogée du vin en Argentine, avec 350 000 ha et une conso de 92 L/ha !   (200 000 ha et 18L/ha aujourd’hui)
- 1980’ : Crise, période de la Guerre sale (l’armée et Jorge Rafael Videla contre Isabel Peron et le peuple)
- 1990’ : début des exportations, en prenant exemple sur le Chili, période néolibérale de Carlos Nemen. Les œnologues comme Paul Hobbs, François Lurton ou Michel Rolland (puis Robert Parker ensuite) arrivent dans les années 1990.
- 2001 : crise économique. Le peso argentin est très faible, ce qui rend les vins très compétitifs à l’export.
- 2000’ : le malbec devient à la mode, les vins s’orientent vers la qualité désormais.
- 2020’ : de plus en plus de vins de terroir, moins standardisés.

 

 

 

Les Cépages 


Malbec (45 K hectares), Cereza (26 K), Bonarda = douce noire (18 K), Cabernet sauvignon (14 K), Criolla grande (13K), Syrah, Torrontes, Pedro Gimenez, Chardonnay, Tempranillo, Merlot, Moscatel, Pinot noir, Sauvignon, Chenin, Sangiovese, Cabernet franc, Criolla chica = pais ou listan prieto, Sémillon...

Le malbec : emmené par les français au 19e siècle avant le phylloxéra, c’est donc un malbec qui n’est plus tout à fait celui de la France actuelle. Dans les années 2000 beaucoup de plantation de malbecs très productifs, souvent greffés. Mais depuis quelques années beaucoup de sélections massales à partir de vieilles vignes. Il y a donc plusieurs malbecs. C’est un cépage idéal pour mettre en avant les différents terroirs, d’un style très rond et confituré à un style plus tendu et minéral à Gualtallary. Si dans les années 2000 les vinifications avaient tendance à masquer les terroirs avec beaucoup de bois neuf et des macérations poussées, c’est de moins en moins le cas, avec des vinifications moins interventionnistes et des contenants plus neutres (en béton par exemple)
 

 


Problèmes rencontrés 


- Peu de phylloxéra (probablement à cause du sable et de l’irrigation), les vignes peuvent être greffées ou franches de pied. 
- Peu de mildiou (beaucoup de vent, le « Zonda »)
- Beaucoup d'esca et de nématodes. 
- Beaucoup de gel
- Le problème majeur reste la sécheresse. Peu d'eau de ce côté de la Cordillère (effet de Foehn). Très majoritairement irrigué.

 

 

 

 

Les Blancs

 

Altar Uco, Edad Moderna (sauvignon/chardonnay) 2023 El Peral et Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Juan Pablo Michelini à Tupungato. Projet en parallèle de son activité dans le domaine familial, Vina Zorzal, plus classique. Ici raisins de El Peral, San José et Gualtallary. 75% sauvignon et 25% chardonnay. 1200m en moyenne. Elevage 9 mois en béton. Sols en partie calcaires)  Couleur claire, nez fruité, plutôt marqué sauvignon, sur les agrumes. Bouche fraîche, vive, fruitée, pas beaucoup de corps, mais c’est élégant, sans exubérance, avec une finale salivante. Parfait pour commencer.

 

Escala Humana, Semillon Credo 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Créé par Ayelen et German Masera en 2015. German travaille en parallèle comme œnologue chez Matias Michelini. vignes de 1902 à El Peral, Uco Valley.  1200m d’altitude. Elevage en vieux fûts. 12,5%)  Couleur dorée, nez bien typé sémillon, miellé, floral, acacia. Bouche en rondeur, léger beurré, miellée, fruits jaunes, manque un peu de tension mais le taux d’alcool peu élevé lui permet de rester digeste.

 

Canopus, Blanco Viejas Vinas semillon 2022 La Consulta, Valle de Uco-Mendoza : (domaine de 10ha en biodynamie, créé en 2009 par l’ancien journaliste de guerre Gabriel Dvoskin, à El Cepillo, au sud de la vallée d’Uco, lieu particulièrement frais. Vinifications avec peu voire pas de sulfites. Ici 100% sémillon de La Consulta sur ce millésime. Une partie en macération. 12,4%) Couleur légèrement orange, trouble, nez discret sur le melon, les agrumes confits. Bouche très légère, maigre, assez plate, la macération est légère, peu de longueur, un côté dilué. Par contre c’est frais et facile à boire. Peut-être une bouteille sans.

 


Catena Zapata, Adrianna Vineyard White Bones chardonnay 2022 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (domaine historique de Nicola Catena Zapata puis sa fille Laura Catena qui possède aussi les domaines Nico et Luca désormais. Un des pionniers de Mendoza. 200 hectares aujourd’hui. Vinifié par Alejandro Vigil (El Enemigo, Casa Vigil…). White bones  « recouvert de dépôts calcaires ainsi que d'ossements d'animaux fossilisés - vestiges d'une rivière qui traversait la région.» 2,2 ha à 1450m . 13 %   AT: 8.2 gr/L  pH: 3.2. 12-16 mois en 100% en fûts français de 2e, 3e et 4e remplissage)   Couleur or pâle, nez ultra expressif, très herbacé, sauge, lavande, thym, menthol, genépi, orangette, tellement violent au premier nez qu’il nous repousse presque, puis on y retourne avec curiosité. La bouche est sur les mêmes arômes, plutôt fraîche et tendue, pas de gras, peu d’élevage, assez longue. Un OVNI, tout le monde a du mal à savoir s’il aime ou non tant le vin est déstabilisant. Il doit pouvoir permettre de beaux accords à table. 

 


Otronia, 45° Rugientes Corte Blancas (pinot gris, chardo, gewurz) 2019 Chubut : (Otronia est le producteur phare de la région de Chubut. Le vignoble occupe une cinquantaine d’ha dans l’extrême sud de la province, à Sarmiento, sur les rives du lac Musters appelé « Otrón » par les anciens colons, à 300 m d’altitude. Vignoble le plus au sud du monde ! Beaucoup de gel. Sols souvent calcaires. Le projet est né en 2008, mais premiers millésimes autour de 2017, le temps de tout planter. Ici assemblage de plusieurs parcelles. Entrée de gamme par rapport aux « blocks »)    Couleur dorée, nez très fruité, très exotique, pourrait faire penser à un liquoreux, ananas, mangue, miel, pas vraiment marqué par le litchi/rose du gewurz. La bouche garde ce fruité, vive et légère en alcool, facile à boire, de longueur moyenne.

 

 

Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3)  Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer.

 

 

Riccitelli, Old Vines Semillon 2023 Rio Negro, Patagonie : (reprend la suite de son père Jorge Ricitelli en 2009. Situé à Las Compuertas. Une cinquantaine d’hectares sur plusieurs sites à Mendoza + 17 ha en Patagonie depuis 2015, en bio.  Ici 100% sémillon, vignes des années 60, franc de pied, Allen et Ingeniero Huergo sur le Rio Negro. Sols limoneux. Macération de 2 jours environ suivant les millésimes. Vieux fûts et cuves béton)  Couleur dorée, nez de cire, miel, acacia, fruits jaunes, mais aussi un peu fruits secs, bouche très droite, encore plus que le Certezas, riche en extraits secs, très longue et salivante, la légère macération donne du volume, de la texture aussi, tout en restant bien intégrée. Superbe blanc, plutôt gastronomique.

 


Michelini i Mufatto, Certezas semillon 2021 El Peral, Valle de Uco-Mendoza : (Domaine créé en 2008 par Andrea Mufatto, Gerardo Michelini, et leur fils Manuel Michelini. Ils possèdent aussi un domaine dans le Bierzo et un en Uruguay. Ici vignes à El Peral, Mendoza, vignes de 120ans, sols sables argiles et graves. 1300m altitude. 50% pressé en grappes entières, Elevage en 500 et 1000L. Une petite partie sous voile. 12,5%)  Couleur dorée, nez complexe de miel, acacia, tilleul, abricot, pêche, brioche. La bouche est à la fois dense, large, mais aussi fraîche avec peu d’alcool et une bonne acidité, la touche de voile est discrète mais apporte une forme de salinité à la finale. Très beau vin.

 

 

Les Rouges

 

Otronia, 45° Rugientes pinot noir 2019 Chubut : (50% égrappé. Elevage 1an et demi en foudres de chêne français et cuves béton) Couleur très claire, à peine rouillée. Nez de petits fruits rouges, groseilles, airelles, pivoine, notes végétales. Bouche très légère, peu de corps, peu de tannins, acidité élevée, tout en fruit et en fraîcheur, pas très loin d’un rosé. Très digeste et facile à boire, on sent clairement le climat froid. Intéressant à goûter, les nouveaux millésimes du projet ont déjà bien progressé. Un domaine à suivre.

 

 

Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6)  Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante.

 

 

Nico (Laura Catena), Grand-Père pinot noir 2020 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : (projet de Laura Catena, en parallèle de sa célère Bodega Catena Zapta, avec l’œnologue Roy Urvieta. Sélectaions massales bourguignonnes commencées vers 2008, mais le domaine commence vraiment en 2016. Situé à Tupungato (Villa Bastias et Gualtallary), zone fraîche de la vallée de Uco. Projet avec 5 parcelles présentées comme des climats en Bourgogne. Ici : 2 hectares plantés en 1993  Clone Dijon 115 à Villa Bastías, sols argiles et graves)  Couleur rubis claire, nez très engageant, expressif, qui pinote clairement sur la fraise, la cerise, un peu d’élevage vanillé. Bouche gourmande aussi, fruits rouges un peu sucrés, toute en rondeur, léger boisé, avec du corps mais pas trop d’alcool, manque un peu de tension en finale.

 

Nico (Laura Catena), Grand-Mère pinot noir 2022 Villa Bastías, Valle de Uco-Mendoza : Même esprit que le Grand-Père 2020, un peu plus mûr et solaire ici peut-être, l’élevage est déjà bien intégré pour 2022, joli pinot aussi dans un style rond et gourmand.

 


Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela Los Nidos (bonarda, barbera, grignolino…) 2021 Calingasta valley, San Juan : (Domaine à Barreal, créé par Sebastian Zuccardi, qui possède aussi le célèbre domaine Zuccardi à Mendoza, et ses associés en 2011. Partie Ouest de San Juan, à 1500m d’altitude. Vignes en pergola. Vinifs peu interventionnistes. Ici : Paraje Hilario,1.2 acres, planté en 1940. Grappe entière. 8 mois œuf béton. 85% bonarda ou douce noire, 15% Barbera, Grignolino, et autres cépages complantés non identifiés)   Couleur très sombre, probablement des cépages teinturiers dedans, nez très réduit à l’ouverture mieux après carafage, fruits noirs confiturés, café, notes animales. Bouche rustique, puissante, tannique, avec des arômes très mûrs mais une bonne acidité derrière, le vin manque d’élégance pour la plupart des dégustateurs, de précision également.

 

Cara Sur (S. Zuccardi), Parcela La Totora criolla chica 2021 Calingasta valley, San Juan : (Cépage criolla chica ou pais ou listan prieto)  Couleur rosé foncé, contours un peu orangés. Nez très fruité et floral, fraise, pivoine, un peu orange sanguine, façon Tavel de l’Anglore par exemple. La bouche a de la puissance (14,5%), du corps pour un rosé, plus d’acidité et de tension qu’un Tavel, avec des petits tannins qui allongent le finale. Il reste du coup très digeste et facile à boire, plus précis que la cuvée Los Nidos.

 

 


Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin.


 

 

Altos Las Hormigas, Malbec 2019 Paraje Altamira, Valle de Uco-Mendoza : (domaine créé en 1988, avec notamment Attilio Pagli un précurseur du malbec argentin dans les années 1990, lui qui était pourtant venu à la base pour développer le sangiovese. Consulté par le géologue Pedro Parra. Environ 200 hectares aujourd’hui. En bio. Un jardin en biodiversité a été créé dans les années 2010. Période vin boisée dans les années 90-2000, vin beaucoup plus terroir désormais. Ici Paraje Altamira : 20mois élevage 50% foudres non toastées 3500L , 50% cuves béton. 30% VE.  Sols granit galets et graviers recouverts de calcaire, 1200m d’altitude) Couleur pas trop sombre pour un malbec, nez d’herbes grillées, fruits noirs, épices, chocolat, orange sanguine. Bouche fraîche, élégante, pas très élevée en alcool, acidité moyenne, tannins plutôt souples, semble prêt à boire. Très typique de Paraje Altamira, frais et élégant, mais presque un peu trop sage, manquant un peu d’intensité et de longueur par rapport au Chacayes.

 


Riccitelli, Malbec Vino de Los Chacayes 2019 Los Chacayes, Valle de Uco-Mendoza : (1500m partie la plus à l’ouest, un peu de calcaires, sables et graviers calcaires.  30% VE, fermente en cuve béton puis 16mois foudres de chêne français. 14%  7,4gr AT)  Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, le café, la violette, les herbes aromatiques, intense. Bouche à la fois très mûre et très dense, avec une grosse acidité derrière qui équilibre bien le tout, les tannins sont encore bien présents sans être secs, c’est très long, encore un peu jeune dans l’idéal.


Riccitelli, Cabernet Franc sobre suelos calcareos 2021 Gualtallary, Valle de Uco-Mendoza : (Guatallary, dans la vallée d'Uco, à 1 400 mètres d'altitude, plutôt partie Ouest, sur des sols calcaires composés de gravier et de sable fin. Egrappé. Fermente en cuves béton levures indigènes, élevage 1an fûts de chêne non neufs) Couleur très sombre, le nez rappelle bien le cabernet franc, légèrement poivronné et végétal, cassis, une petite touche herbes grillées en plus. Très belle bouche, juteuse, avec une acidité élevée, beaucoup de fraîcheur, de la tension, très salivante.

 

Riccitelli, Old vines Bastardo 2022 Rio Negro, Patagonie : (100% trousseau, vignes des années 1960, franc de pied, une partie de grappes entières, fûts français) Couleur claire, contours violets, nez plein de fruits rouges et noirs, un peu de violette, pas d’élevage ressenti. La bouche semble légère en alcool, avec une belle acidité, beaucoup de fruits, peu de tannins, quand même du corps, à la façon d’un beau pinot, avec une belle allonge. Très beau vin, très élégant, déjà très accessible ainsi et avec un potentiel de garde.

 

 

Conclusion

Quelques très beaux vins. Dans l'ensemble beaucoup de fraîcheur (les vins ont été choisis dans cette optique là). Peut-être un meilleur niveau que le Chili à l'heure actuelle, avec plus de moyens. Mais le Chili a peut-être un peu plus de potentiel pour l'avenir avec une plus grande diversité de terroir, sa longue côte très fraîche, sa possibilité de ne pas irriguer.